Bonjour, me revoilà avec une nouvelle histoire, évidemment, sur Neji et Tenten.
Je préfère vous prévenir, cette histoire m'a été inspirée par un film que j'aime beaucoup donc si vous reconnaissez des similitudes avec un film, c'est probable qu'on pense au même.
Autre petite chose, j'ai bien conscience que vous trouverez Neji sans doute un peu OOC, certains traits de son caractère vont évoluer au fur et à mesure de l'histoire, le faisant s'écarter davantage de son tempérament naturel, grâce à Tenten. J'espère que vous ne détesterez pas ce que je vais faire de lui
De plus, quand j'ai imaginé cette fiction, je suis partie du postulat que Neji était un artiste car j'avais besoin qu'il « travaille » à la maison et quand cette idée m'est venue, elle n'a plus voulu me quitter ….
En tout cas, j'aime le résultat et j'espère que vous apprécierez (et saurez me le faire savoir au besoin et d'ailleurs, faites-moi savoir si cela ne vous plait pas !)
-Neji, tu m'écoutes ?
La voix de Sakura sortit Neji de ses pensées. L'attention de Neji sur elle, Sakura répéta ce qu'elle lui avait dit.
-Je vais partir quelques jours chez mes parents avec les enfants. Peut-être que ton inspiration reviendra loin de l'agitation des enfants pendant quelques jours…
Sakura profitait de quelques jours de congés dans son emploi du temps d'infirmière pour rendre visite à ses parents et changer les enfants d'air. Les parents de Sakura et Neji ne s'entendaient pas particulièrement bien. Pour eux, Sakura perdait son temps avec lui. Il n'était qu'un artiste médiocre, sans talent à leurs yeux, qui profitait de leur fille et de sa situation. Sakura tenait bon malgré le dénigrement constant de son mari. Ils s'aimaient voilà tout ce dont Sakura avait besoin. Elle était perpétuellement dans un rôle de médiation entre eux. Aussi quand elle souhaitait voir ses parents, elle ne lui proposait même plus de venir. Les deux parties étaient ainsi ménagées, elle seule n'était pas vraiment satisfaite de ne pouvoir profiter d'eux tous ensemble.
Elle avait préparé les valises pour leurs deux enfants et elle. Il s'était chargé de mettre les bagages dans le coffre de la voiture. Il se glissa dans la fenêtre ouverte de la voiture et glissa un chaste baiser sur les lèvres de sa femme et adressa un rapide au revoir à ses enfants. La voiture quitta le jardin de leur petite maison de banlieue. Il se retrouvait seul.
Il traîna ses pieds jusqu'à son atelier. Le soleil inondait dans le petit atelier attenant à la maison. Quelques toiles de sa création reposaient contre les murs. Il prépara une toile qu'il posa sur son chevalet, choisit les peintures qu'il voulait utiliser, sélectionnant les pinceaux avec lesquels il allait peindre. Il s'assit sur le tabouret face à la toile.
Rien.
Rien ne vint.
Il avait perdu l'inspiration, perdu l'envie de peindre ou de sculpter. Il avait perdu l'attrait pour tout ce qu'il aimait jusque-là. Il se sentait étriqué, vivant au crochet d'une épouse qui le baignait de doux réconforts de pitié. Il se trouva honteux de médire sur Sakura, alors qu'elle le soutenait dans chacun de ses projets, du plus fou au plus absurde.
Il déambula jusque dans la cuisine. L'horloge affichait 13h07. Il n'avait pas tellement faim, déçu de ne pas trouver l'inspiration dont il avait tant besoin pour s'épanouir.
Il était face à la boîte aux lettres, à compter les factures, quand une vieille voiture s'arrêta devant son portail. Neji dévisagea la jeune femme qui en sortit. Une jolie brune d'environ son âge, les cheveux révélés en deux petits chignons, le front caché par une frange. Elle portait un débardeur uni blanc et un jean.
-Bonjour, excusez-moi de vous déranger, par hasard vous ne connaîtriez pas un coin vraiment sympa d'où je pourrais prendre des photos du Mont Fuji ?
-Allez plutôt embêter quelqu'un d'autre…. Ce n'est pas les gens qui manquent dans le quartier.
La voix de Neji n'était pas réellement brutale, mais remplie de désintérêt.
Tenten regarda la rue dans laquelle elle se trouvait.
Un quartier résidentiel, aux nombreuses maisons mais aux clôtures hautes et épaisses, indiquant le souhait de tranquillité de chacun, avec le Mont Fuji en arrière-plan. Elle s'était justement arrêtée à cette maison voyant qu'une personne était sortie et que le portail permettait de discuter sans devoir s'adresser à un interphone.
-Et bien, à vrai dire, il n'y a que vous qui semblez être un peu ouvert aux autres.
Elle avait dit ça avec un beau sourire espiègle. Cela arracha un faible sourire à Neji, il ne se décrirait pas lui-même ouvert aux autres. Cela correspondait plus à Sakura.
-Vous pouvez en prendre de n'importe où des photos, le Mont Fuji reste le Mont Fuji, qu'importe d'où il est pris.
-Roh, allez quoi… Je suis reporter pour le magazine Géo et je ne me contente pas de photos moyennes, j'ai besoin de prises de vues vraiment uniques, celles qui vont rêver les gens et rendent justice à la beauté des choses.
Disant cela, elle avait sorti son appareil photo et des magazines Géo pour appuyer ses dires.
-Je ne peux pas vous y conduire, ma femme est partie avec la voiture ce matin.
-J'ai une voiture, moi… Et comme ça, je pourrais vous offrir le déjeuner en dédommagement de votre temps.
Neji prit quelques instants de réflexion. Il considéra que la balade pourrait être un élément de distraction. Cela le sortirait de sa monotonie et de ses réflexions maussades. Et il devait admettre que la passion qui avait transpirée des propos de la jolie brune attisait son intérêt.
Il alla fermer sa maison à clé. Il s'assit à côté de la jolie brune, inspectant le désordre régnant dans le véhicule. Elle tendit le bras pour ramasser rapidement une veste qui traînait et des magazines.
-Au fait, moi c'est Tenten !
Il la considéra un moment avant de répondre :
-Neji…
Elle sentait qu'il ne voulait pas discuter alors elle ne lui imposa pas une discussion qu'il ne souhaitait pas. Il avait été assez clair dans son langage corporel pour qu'elle n'insiste pas. Il ne parla que pour lui indiquer le chemin.
-Waouh, c'est à couper le souffle.
Neji sondait Tenten du regard, elle semblait s'émerveiller de tout, si facilement.
-Vous êtes facilement satisfaite…
-Non, pas du tout, c'est, peut-être, vous qui êtes blasé devant tant de beauté, dit-elle légèrement vexée.
Il prit le temps de regarder. La lumière du soleil rendait la couche neigeuse incroyablement blanche. Ils avaient roulé longtemps et avaient marché encore près de 30 min avant de trouver ce petit spot d'où Tenten prit de nombreuses photos. La lumière décroissante rendait le moment vraiment spécial.
Elle lui envoya un sourire plein de reconnaissance, loin des sourires entendus que lui envoyait Sakura. Neji se surprit à répondre à l'un de ses sourires.
-Je crois que j'ai ce qu'il me faut pour aujourd'hui, merci de vous être montré si patient avec moi. Je crois que je vous dois bien ce restaurant.
Ils n'avaient pas mangé le midi et commençaient à avoir faim l'un et l'autre.
-Je connais un petit restaurant où on y mange bien….
Ils dinèrent en discutant, Neji se détendait peu à peu au contact de Tenten, il lui proposa même de se tutoyer. Tenten savait le mettre à l'aise.
-Finalement tu es moins rustre que je le croyais au début.
Il pinça ses lèvres ne sachant réellement dire s'il s'agissait d'un compliment ou non.
-Je suis désolée, je vais te ramener chez toi bien tard, ta femme risque de s'inquiéter.
-Ne t'en fais pas pour ça. Elle est partie chez ses parents.
Elle lui jeta un regard interrogateur, à quoi il répondit :
-Je suis en froid avec ses parents alors quand elle veut y aller, elle y va sans moi.
-Te voilà chez toi, merci pour cette journée.
-Voudrais… Voudrais-tu boire un dernier verre ?
Il s'étonnait lui-même d'avoir proposé ça, il n'était pas sociable d'ordinaire et ne souhaitait pas l'être. Sauf avec elle. Sa simplicité la rendait abordable, sans arrogance. Elle ne jugeait pas, démontrant une curiosité pour tout. Elle accepta et entra dans la maison.
La maison était décorée simplement. Seuls des cadres photo coupaient la monotonie des murs blancs.
-Je croyais que ta maison serait plus fantaisiste quand tu m'as dit que tu peignais et sculptais.
-Ma femme ne désire pas que j'expose mes œuvres dans notre maison, elle aurait peur de la voir se transformer en galerie d'art.
-J'aimerais voir ce que tu fais, tu voudrais bien me montrer ?
-Ce n'est pas grand-chose, à vrai dire.
-Laisse-moi me faire mon avis, je te dirais sincèrement ce que j'en pense.
Elle avait dit ça avec simplicité et espièglerie.
Il alluma la lumière de son atelier. Elle jeta un œil à tout ce qui s'y trouvait, détaillant chaque peinture ou sculpture.
-C'est très beau, Neji.
Elle avait soufflé ça du bout des lèvres, effleurant de ses doigts les toiles qu'elle regardait. Il y avait de tout, deux mains qui s'enlacent, une femme de dos contemplant un paysage, un oiseau en cache regardant la beauté du monde l'entourant.
-J'ai perdu l'inspiration en ce moment. Je n'arrive pas à faire ce que je veux.
Il sortit la dernière toile sur laquelle il a travaillé. Une esquisse de corps de femme. Les proportions du corps étaient inégales, la position du corps complètement irréaliste.
-Celle-ci me donne du fil à retordre. Je n'arrive pas à la finir et je n'arrive pas à en commencer une autre tant que celle-ci restera inachevée.
Tenten perçut la déception dans la voix du brun.
-Peut-être qu'il faut simplement arrêter un peu… Attendre que l'envie et le plaisir reviennent.
-Je ne fais que ça depuis des mois et rien ne vient !
Il s'était presque énervé. Elle prit sa main avec compassion. Neji sentit la chaleur de Tenten inonder sa main puis remonter le long de son bras jusqu'à réchauffer tout son corps. Il rompit le contact, mal à l'aise.
-Peut être as-tu seulement besoin d'un déclic…
-Peut-être..., admit-il en baissant la tête.
La conversation sur son désœuvrement avec quelqu'un comme Tenten, parfaitement étranger, lui faisait étonnamment se sentir bien. C'était le genre de conversations qu'il n'arrivait plus à avoir avec sa femme. Il savait que Tenten parlait avec honnêteté, elle n'avait nullement besoin d'être complaisante avec lui. Il voulut quitter son atelier dans lequel il ne trouvait plus de plaisir, alors il lui proposa de lui servir enfin le verre qui lui avait proposé plus tôt.
Ils s'installèrent sur la petite terrasse pour profiter de la douce chaleur qui perdurait encore à l'heure tardive.
-Comment t'es venue l'idée de devenir reporter itinérante pour Géo ?
-En fait, c'est plutôt banal comme histoire… J'adore la nature, j'adore la photo et ce métier m'offre la liberté que j'aime tant ! Je suis chez moi partout et nulle part. Je n'ai aucune routine, je ne suis guidée que par mes reportages.
-Tu n'as personne qui t'attend chez toi ?
-Qui attendrait quelqu'un qui est toujours sur les routes ?, dit-elle avec amusement. Ma vie est riche de tout ce que je vois, de toutes les rencontres que j'ai faites et que je ferais encore.
-Je t'envie, ça a l'air si simple.
-Ma vie mérite tous les sacrifices que ça a pu me coûter, je ne changerais absolument rien, si c'était à refaire
-Tu es si insouciante, Tenten…
Elle se tourna vers lui et l'embrassa.
Le baiser ne dura qu'un bref instant, tout le corps de Neji fut parcouru d'un frisson, une secousse, un séisme.
-Pourquoi m'as-tu embrassé ?
-Tu l'as dit, je suis insouciante…
Elle prit quelques secondes supplémentaires :
-Et il m'a semblé que tu en avais aussi envie…
-Ce n'est pas une raison Tenten…
La jolie photographe roula des yeux
-Bien sûr que si c'en est une !
-Je suis marié, Tenten et pas le genre de mec qui fait ça quand sa femme a le dos tourné.
-J'ai simplement cru que tu le voulais aussi, je te demande pardon… Je… Je vais y aller… Je dois y aller sinon je ne trouverais plus aucun hôtel dispo. Merci pour tout, j'ai bien assez abusé de ta gentillesse, je suis désolée…
Tout en parlant, elle déposa le verre sur les lames en bois de la terrasse puis prit la direction de sa voiture.
-Tenten, attends, a-t-il dit faiblement.
-C'est toi qui as raison, Neji… C'est mieux que je m'en aille, de toute façon.
Elle ferma la porte de son véhicule, inséra les clés puis les tourna afin d'allumer le contact.
Il ne se passa rien.
-Bordel, il faut que tu me lâches maintenant toi !
Elle claqua ses mains de colère sur le volant. Il vint se mettre tout proche de la portière.
-Veux-tu dormir ici et que je regarde demain ce que je peux faire pour ta voiture ?
Tenten avait les larmes aux yeux et accepta à contre cœur.
-Voici la chambre d'amis, la salle de bain est à droite en sortant. Fais comme chez toi.
-Merci Neji, pour tout, dit-elle dans un murmure avant de refermer la porte presque à son nez.
Elle se changea et s'allongea sur le lit. Cette journée avait été éprouvante pour elle. Il s'était adoucit au court de la soirée et elle avait analysé les signaux qu'il lui avait envoyés comme un désir partagé. Elle s'était trompée et elle le savait. Il avait raison, il était marié. Ce n'était pourtant pas son genre de faire ce genre de chose. Quand était-elle devenue ce genre de femme ? Elle avait, pourtant, eu l'impression qu'il en avait eu envie aussi, qu'il semblait être d'accord…
Il était dans le lit qu'il partageait avec Sakura et pourtant il ne pensait qu'à elle. Ses lèvres sur les siennes et le désir qui l'a submergé, la chaleur de sa main sur son corps quand elle l'a touché. Depuis combien de temps n'a-t-il pas été envahi de désir comme ça ? Il ne pouvait pas être ce genre d'homme. Ça ne lui ressemblait pas.
