Et voici le dernier chapitre. Bonne lecture !
Remus avait si bien vécu cette pleine lune qu'il put sortir de l'infirmerie le lendemain soir, après avoir avalé une dernière potion et mangé un bon plat. Ses amis le raccompagnèrent au dortoir mais alors qu'ils montaient les escaliers, ils s'arrêtèrent soudain dans le fameux couloir du sixième étage, où Remus les avait surpris. Le lycanthrope comprit que l'heure des révélations était venue.
– On a découvert un super endroit, tu vas adorer.
Peter fit trois allers-retours dans le couloir. Il devait penser à quelque chose car ses lèvres bougeaient en silence. À son dernier retour, la fameuse porte qu'il avait aperçu l'autre jour apparut. De plus en plus intrigué, Remus suivit ses amis.
– Comment ça fonctionne ?
– Tu vas voir. Viens.
Ils avaient tous les trois un sourire triomphant. Remus les suivit donc, curieux. Il atterrit dans une grande salle parfaite pour s'entraîner à la magie. Il y avait un grand espace en son centre avec quelques coussins, quelques fauteuils confortables et une grande bibliothèque tout le long de l'un des murs. Remus voulut s'en approcher.
– Attends.
Il s'arrêta et se retourna vers James, qui l'avait retenu.
– Bon, Remus, ne panique surtout pas, commença Sirius.
– Tu devrais peut-être t'asseoir, conseilla Peter.
Remus ne comprenait toujours rien mais il obéit et s'assied dans le fauteuil le plus proche. Sirius s'éclaircit alors la gorge.
– Alors, voilà. Notre projet top secret, c'était de t'aider pendant les nuits de pleine lune.
Remus les regarda tour à tour, les sourcils froncés.
– En deuxième année, quand on a découvert pour ton petit problème de fourrure, on s'est jurés tous les trois de tout faire pour t'aider.
Remus ouvrit la bouche pour intervenir, pour leur dire qu'ils l'aidaient déjà beaucoup par leur présence les matins à son réveil, par les chocolats et par les cours qu'ils prenaient pour lui. Mais il ne put émettre un seul mot car Sirius ajouta précipitamment :
– Non, laisse-nous parler. Donc, on a voulu t'aider davantage. Du coup, on a passé beaucoup de temps à la bibliothèque.
– Mais on n'a pas trouvé grand-chose sur le sujet, intervint James. On a même regardé les livres de la réserve mais il n'y avait rien.
– Au final… on a eu une idée, déclara Peter.
– Une idée un peu folle, commenta James.
– Une idée de génie ! surenchérit Sirius.
Remus était perdu mais il joua le jeu :
– Et c'était quoi, cette idée ?
Les trois comparses se sourirent à nouveau, apparemment très fiers d'eux.
– On va te montrer. James, à toi l'honneur ! Déclara Sirius.
James sortit sa baguette magique et afficha une expression profonde de concentration. Remus le regarda faire, se demandant ce qu'il comptait bien faire. Allait-il lui jeter un sort ?
Apparemment non. Il avait pointé sa baguette sur lui-même. Et soudain, James disparut dans un incroyable tour de magie. À sa place, se trouvait à présent un magnifique cerf. Remus cligna des yeux.
– Il est passé où ? Demanda-t-il bêtement.
Remus sentait que le cerf était lié à James. Mais son cerveau refusait d'admettre ce que ses yeux voyaient. Sirius et Peter souriaient à présent de toutes leurs dents.
– Remus, voici Cornedrue ! À toi, Peter.
Peter mit un peu plus de temps que James mais finit par se transformer à son tour. Remus crut d'abord qu'il s'était raté car aucun animal ne se trouvait à sa place. Jusqu'à ce qu'il baisse les yeux et aperçoive un petit rat.
– Voici Queudver !
Remus avait bien compris à présent que ses amis se transformaient en animaux. Mais pourquoi ? En quoi était-ce censé l'aider ? Il regarda Sirius et son regard accrocha le sien. Son cœur rata un battement alors qu'il comprenait enfin.
Le chien noir, à son réveil… était-ce lui ? Il lui avait paru si familier.
– Quant à moi, je suis Patmol.
Et il se transforma à nouveau. Un immense mais magnifique chien noir se trouvait à présent à l'endroit où se trouvait Sirius une seconde plus tôt. Remus déglutit avec difficulté. Ses amis étaient devenus des animagi. Pour lui.
James et Peter se retransformèrent mais Sirius resta un moment dans son corps de chien. Il se mit sur ses pattes arrière pour poser ses pattes sur les genoux de Remus. Remus qui d'une main un peu absente, le caressa entre les deux oreilles. Il eut le droit, en retour, à un aboiement joyeux. Un aboiement qui, il s'en rendait compte à présent, ressemblait fortement au rire de Sirius. Celui-ci s'écarta et se retransforma.
– Vous êtes devenus des animagi… mais pourquoi ?
– Un loup-garou est agressif et sanguinaire envers les humains…, commença Sirius d'une voix un peu hésitante.
Comme s'il savait que Remus n'allait pas apprécier du tout.
– … mais il ne s'intéressera pratiquement jamais aux autres créatures, continua James d'une voix plus posée.
L'effarement apparut sur le visage de Remus alors qu'il se mettait à comprendre. Blême, il protesta :
– Non, c'est trop dangereux. Même en animagus, c'est trop dangereux…
– Pas du tout, répondit Peter. Au contraire, le loup était content !
Remus lui jeta un regard effrayé. « Le loup était content. » Ils n'avaient quand même pas osé…
– Parce que vous… vous…
L'image du chien à son réveil lui revint. Si, ils avaient osé. Bien sûr, qu'ils avaient raison. Sirius et James osaient tout. Ils n'avaient aucune limite, aucune barrière. Et Peter suivait.
Sentant que Remus allait perdre son sang-froid, James intervint :
– Peter a raison. Le loup était content d'avoir des compagnons de jeu. Au début, il a mis un peu de temps à nous apprivoiser mais après il est devenu beaucoup plus docile et il s'est mis jouer avec nous.
– Et du coup, tu t'es moins blessé toi-même, surenchérit Sirius. On voulait pouvoir t'accompagner dans cette épreuve mais ça a fonctionné au-delà de nos espérances.
Le choc était difficile à encaisser. Remus se donna un moment pour tenter de réaliser tout ce qu'il venait d'apprendre.
Premièrement, ses amis étaient devenus des animagi. Non déclarés, apparemment, ce qui était parfaitement illégal.
Deuxièmement, ils l'avaient fait pour lui. Pour qu'il ne soit plus tout seul pendant les nuits de pleine lune. Seule l'épouvante face au risque l'empêchait de fondre en larmes de gratitude.
Troisièmement, ils l'avaient accompagné durant cette nuit de pleine lune sans le prévenir. Était-ce pour lui faire surprise ou bien parce qu'ils savaient qu'il refuserait obstinément leur présence s'il avait été mis au courant de leur « projet top secret » ?
Il déglutit avec difficulté. Ne se rendaient-ils donc pas compte du danger qu'il représentait pour eux ?
– Je… j'aurais pu vous tuer… ou pire, vous mordre…
– Mais non, tenta de le rassurer Sirius. On a fait attention et puis le loup n'était pas agressif. Il voulait simplement jouer.
– Il semblait vraiment content de notre présence, rajouta James. Vraiment.
Remus avait du mal à y croire.
– Vous ne vous rendez pas compte…
James s'impatienta :
– De quoi ? Que tu te transformes en monstre sanguinaire toutes les nuits de pleine lune ? On est au courant, on a passé la nuit avec toi. Mais fais-nous un peu confiance, Remus. Ça fait quatre ans qu'on se renseigne et qu'on essaie de devenir des animagi. On s'entraîne dès que tu as le dos tourné. On n'est pas idiots, on sait que c'est dangereux et que tu te transformes pas en petit toutou bien gentil. Mais on est responsables, on sait ce qu'on fait, d'accord ?
« Responsable ». Voilà un mot bien étrange dans la bouche de James Potter. Pourtant, ses paroles l'apaisent. James avait raison. Ils avaient sacrifié énormément de temps pour lui et plutôt que de les en remercier, il les blâmait. Il était pourtant ému, terriblement ému que ses amis, qu'il avait accusé récemment de le laisser tomber et de le mettre à l'écart, aient fait tout ça pour lui. Il en avait les yeux embués et ne savait même plus quoi dire.
– Allez Lunard… Avoue que c'était bien pensé.
Remus n'eut pas besoin de demander qui avait eu l'idée de tout ça. Il était vraiment reconnaissant envers Sirius même s'il avait toujours un peu peur. Sa curiosité fut cependant piquée.
– Lunard ?
– Ouais, on s'est dit que ça serait bien d'avoir tous des surnoms. Mais si t'aimes pas le tien, on peut chercher autre chose !
Un surnom. On ne lui en avait jamais donné. À part « Rem » mais c'était plutôt un diminutif. Touché au-delà des mots, il esquissa son premier sourire depuis qu'il était entré dans cette salle.
– Non… ça me plaît. Merci.
Il se souvenait que Sirius avait prononcé des noms étranges tout à l'heure. Corne-quelque chose… Queue de quoi ? Et pattes molles ?
– C'est quoi déjà, les vôtres ? Demanda-t-il.
Il avait une bonne mémoire mais là, ça faisait beaucoup d'un coup. Patient, Sirius reprit donc :
– C'est Cornedrue pour James, à cause des bois, Queudver pour Peter parce que sa queue ressemble à un ver et Patmol pour moi parce…
– … parce que tes pattes sont matelassées, finit Remus.
Sirius acquiesça, un grand sourire lui mangeant le visage.
– Exactement !
Remus resta un moment silencieux, puis…
– Je ne sais pas quoi dire. Ça… Ça me touche vraiment.
– Dis « merci » dans ce cas. Ça nous suffit, répondit Peter dans un éclat de sagesse.
Remus lui sourit.
– Merci. Vraiment.
Il regarda autour de lui et demanda, curieux :
– Et cette salle ?
Ce fut James qui répondit.
– On avait besoin d'un endroit pour s'entraîner à devenir de animagi. On cherchait un endroit plus tranquille pour s'entraîner et alors qu'on marchait dans le couloir en réfléchissant à un endroit, elle est apparue, répondant à toutes nos prières. C'est la Salle sur Demande. Faut passer trois fois devant en pensant à ce que tu as besoin et la salle s'adapte selon ce dont tu as besoin. C'était parfait pour s'entraîner et elle nous a même fourni des livres pour nous aider avec la théorie et des soins pour quand on se ratait.
Remus préféra ne pas demander ce qu'il se passait, quand ils se rataient. Il en avait déjà une petite idée et il avait suffisamment eu d'émotions fortes pour aujourd'hui. À la place, il se leva, émerveillé par les propriétés de la salle, et se dirigea vers la bibliothèque – ce qui était prédictible. Il put alors voir que tous les livres concernaient le sujet des animagi. Cette pièce était une vraie mine d'or. Tout ce qui était possible d'y faire… C'était incroyable.
Ce fut le cœur léger et avec un sentiment de bonheur indicible que Remus quitta la salle pour retourner avec ses trois amis jusqu'à la Salle Commune. Alors qu'ils arrivèrent devant, Remus laissa James et Peter passer devant.
– Attends Sirius, le retint-il alors que son ami allait les suivre.
Le brun se retourna, étonné.
– Par rapport à ce matin… merci.
Sirius lui sourit, le regard brillant.
– C'est normal. Je pouvais pas partir. J'allais pas te laisser dans le froid comme ça.
Remus lui sourit, profondément touché.
– Merci. Vraiment. Par contre…
– Oui ?
Remus se fit hésitant.
– Tu m'as léché, Sirius…
– Un chien, ça lèche les gens que ça aime, non ?
Difficile de répliquer. Surtout quand son cœur faisait une embardée comme en ce moment. Il faisait partie des gens que Sirius aimait.
– Tu lèches aussi les visages de James et Peter ?
– Non, avoua Sirius.
C'était bien ce qu'il pensait.
– Ça te gêne que je le fasse avec toi ?
Remus se posa sincèrement la question. C'est les joues un peu rouges qu'il avoua :
– … Non.
Oui, bon... je n'ai pas pu m'empêcher de sous-entendre un peu une relation Wolfstar. Merci beaucoup de m'avoir lu. J'espère que cette petite histoire vous a plu, n'hésitez pas à me donner votre avis en commentaire !
