Réponses review:
Snow: merci beaucoup ! ^^ C'est vraiment intéressant parce que j'étais sûr que la partie sur Bill était la moins intéressante xD Merci pour ce retour
Paladin Thorn: De base j'ai failli le faire sur Ombrage... mais elle mérite pas d'être aidée ahaha. Content que ça plaise, merci pour ta review ! :)
Chapitre 4 : Et choisir ce que l'on veut devenir
Ron ne tenta pas de se rendormir. Il resta assis sur son lit, en silence, encore en sueur et les mains tremblantes.
L'image de Voldemort pointant sa baguette sur Harry et Hermione continuait de le hanter. Il ne cessait de s'imaginer là-bas, avec eux, et cette idée, la simple idée qu'il aurait pu être présent le terrorisait. Pourtant elle s'accrochait à son esprit comme s'il s'était agit d'une perspective presque réconfortante.
Il ne savait plus quoi penser. Est-ce qu'il avait prit les bonnes décisions? Le Passé disait qu'il avait oublié ce qu'il avait toujours été capable de faire et ce qu'il avait représenté pour son entourage. Le Présent qu'il était aveugle à ce qu'il aurait pu accomplir et qu'il était peut-être déjà trop tard, que le résultat de ses erreurs était déjà là. Ils avaient prétendus l'aider, le guider, mais Ron se sentait plus perdu que jamais. Bill s'efforçait de profiter des fêtes de Noël et avait même hâte d'être à demain alors qu'il était si malade. Comment Ron avait-il pu ne pas le voir? Il n'avait pensé qu'à lui-même. En fait, il en était venu à croire que penser aux autres signifiait simplement ne pas leur infliger sa présence. Pourtant, il y avait bien des gens qui auraient eu besoin de lui. Mais Ron n'était plus cette personne. Celui qu'il était avant n'aurait jamais pu passer à côté de la détresse de Bill, mais tout ce qu'il avait cru déceler dans son regard fatigué, c'était de la déception parce que son petit-frère avait abandonné ses amis.
« La force dont tu as besoin n'est pas celle de te résigner. »
Qu'aurait-il bien pu faire d'autre? Pourquoi ne lui donnaient-ils pas simplement la réponse, s'ils voulaient l'aider?! Oui, peut-être avait-il fait de terribles erreurs. Mais alors, est-ce qu'elles ne signifiaient pas qu'il était bien cette personne qu'il avait craint de devenir, qu'il n'était plus ce Ron qui aurait pu faire quelque-chose et qu'il était déjà trop tard? C'était sans doute pour cela que le prochain Esprit à paraître devait être celui des Noëls A Venir.
En fait, il était déjà là. C'était comme s'il l'avait été depuis le début, même lorsqu'étaient venus le Passé et le Présent, et que Ron ne l'aperçevait que maintenant. Il était dissimulé dans l'ombre, dans un coin de la pièce – non, il était l'ombre. Une silhouette encapuchonnée, enveloppée dans un manteau rapiécé et effiloché. On n'entraperçevait que son nez crochu et son menton tordu. Lorsqu'il s'avança Ron reconnu des traits dans ses traits, comme s'il avait croisé quelqu'un qu'il connaissait portant un masque. Le Colin enfant si innocent et si doux représentait le passé, et Hagrid impossible à ignorer lorsqu'il était dans la pièce et aussi franc que brutal était le présent.
Rusard, car c'était lui qui se tenait là, était à Poudlard la silhouette que l'on guettait au détour des couloirs sans jamais vraiment savoir quand elle allait surgir, en sachant toujours qu'elle finirait par fondre sur nous à un moment ou un autre. Il était le visage des sombres conséquences des actes des élèves, et ils ignoraient toujours quelle punition il leur réserverait sans jamais douter qu'il en trouverait une. Il n'était guère étonnant qu'il soit aussi le visage avec lequel Ron imaginait l'avenir en ce moment.
-Je suis simplement une idée, chuchota la créature avec un sourire difforme. Une idée qui t'apparaîs sous la forme que tu seras le plus à même d'apréhender.
-Je sais tout ça.
-Oui. Tu as beaucoup appris, n'est-ce pas? Et tu ne sais plus rien. Lorsqu'on ne sait plus qui on est, plus on en apprends et moins on en sait. Jusqu'à ce qu'on sache qui on va devenir.
Sa voix était aussi rauque que si on l'étranglait pour le faire taire.
Il tenait à la main une petite lanterne qui n'était d'aucune utilité, qui jetait à peine des ombres chatoyantes sur son visage émacié là où le Passé avait brillé assez fort pour éclairer la nuit toute entière. Tout comme pour Hagrid, c'était Rusard et en même temps ce n'était pas lui. Les traits de cette créature étaient plus fins, presque androgynes. En fait il n'était pas vraiment laid, juste... inhumain. Insaisissable et toujours profondément inquiétant sans que l'on comprenne tout à fait pourquoi, comme ce qu'il représentait. C'était le visage de l'avenir selon quelqu'un qui n'y croyait plus du tout.
L'Esprit des Noëls A Venir fit un mouvement de tête pour l'inviter à le suivre. Il n'y eu aucun artifice. L'Esprit ouvrit simplement la porte de la chambre. Mais Ron savait où elle le mènerait. La fenêtre, elle, avait disparue.
-C'est l'unique sortie, déclara Rusard de sa voix rauque comme lorsqu'il trainait les élèves dans son bureau. On ne peut se diriger que par là. Et on a beau attendre, trainer des pieds...
-Je sais.
Ron ne doutait pas qu'il n'avait pas réellement le choix. Pourtant, il hésita. Le futur. C'était une chose que d'avoir un aperçu du passé, du présent. Maintenant il pouvait savoir où ses choix allaient le mener, ce que ses erreurs allaient lui coûter. Mais avait-il vraiment envie de le savoir?
Tout à coup il réalisa que s'il était réellement encore certain d'avoir fait les bons choix il n'aurait pas peur d'y aller. Hors, il était terrorisé. Il tremblait de tous ses membres.
-Je vois que tu gagnes en sagesse, fit tranquillement l'Esprit. C'est une chance, tu sais, de ne pouvoir ignorer les conséquences de ses actes.
Et Ron passa la porte.
C'était un cimetière, plongé sous la neige. Les tombes s'étendaient à perte de vue, Ron n'en avait jamais vu de si grand. Tout le monde finissait ici, quel que soit ses actes. Mais il y avait des pierres tombales branlantes à peine représentées depuis longtemps à l'abandon, et des caveaux couverts de gerbes de fleurs où ceux qui reposaient ensemble n'avaient jamais été oubliés malgré les dates bien plus anciennes gravées dans le marbre.
-Pourquoi ici ?, murmura le rouquin sans oser regarder son inquiétant guide. Qu'est-ce... qu'est-ce qu'il y a ici ?...
-Souris, Ron Weasley. C'est Noël. Et ce n'est là que l'avenir que tu as choisi. Nous avons tous l'incroyable pouvoir de poser les yeux sur notre vie et choisir ce que l'on veut devenir. N'as-tu pas hâte de découvrir ce que tu as fais de ce pouvoir?
Harry et Hermione s'en étaient sortis. Ron ne parvenait à penser à rien d'autre. Ils s'en étaient forcément sortis, ils avaient tout ce qu'il leur fallait. Ils avaient retrouvés la piste des horcruxes, c'était tout ce que signifiait leur combat dans la maison abandonné. Harry n'avait jamais, jamais perdu une bataille aux côtés de ses amis. Et il avait Hermione.
L'Esprit des Noëls A Venir pointa un doigt calleux vers une scène qui se déroulait un peu plus loin. Il n'y avait que trois personne dans le cimetière. Un fossoyeur qui achevait péniblement en ronchonnant de faire descendre un cercueil rudimentaire dans un trou grossier, une vieille femme portant un parapluie rose... et un homme de mise élégante avec des chaussures cirées à la va-vite et une canne. Son large chapeau haut de forme semblait plus voué à jeter une ombre sur ses traits prématurément usés qu'autre chose.
Un homme roux aux yeux bleus.
Le cœur de Ron accéléra dans sa poitrine en répandant une sensation glacée dans son corps. Il s'approcha sans que l'Esprit ne l'y invite. Le fossoyeur avait négligemment jeté sa cape en travers de la pierre tombale, mais on pouvait encore y lire un nom de famille. Prewett. Pas Potter. Ni Granger. En fait, Ron ne connaissait personne de ce nom là. Mais ce qu'il y avait à en savoir se tenait tout autour de lui, le peu qu'il y avait. Quelqu'un qui était mort sans personne, et dont même la mort n'avait qu'à peine ravivé un vieux souvenir qui avait poussé un unique intéressé à se présenter par correction à son enterrement. C'était quelqu'un qu'on avait abandonné. On n'aurait pu imaginer plus piètre conclusion à une existence.
Et cet homme qui se tenait là avec son chapeau haut de forme, c'était Ron.
-La succession s'arrangera sans trop de soucis, monsieur Weasley, dit la vieille dame au parapluie rose. Le pauvre bourge ne possédait quasiment rien.
Sa voix fit écho dans la mémoire de Ron. Ce débit rapide, faussement enjoué, tranchant sous la douceur de convenance. Il regarda un peu mieux la femme. Une discipline de vie impeccable et milimétrée l'avait laissée inchangée malgré les dizaines d'années qui étaient sans doute passées, seules de nouvelles rides altéraient son visage sec. Sa coiffure était encore exactement la même jusqu'à la moindre boucle.
Dolores Ombrage.
Ron comprenait de moins en moins ce qu'il se passait. Le Ron du futur ne répondit rien, l'expression de son visage encore dissimulée par son couvre-chef. Mais il n'y avait pas de larmes. Cet homme las et fatigué semblait incapable d'en verser, comme Ron s'en sentait incapable depuis quelques temps. Il semblait... vide. Vidé.
-Nous sommes à Godrick's Hollow, déclara l'Esprit aux côtés de Ron en glissant un œil vers lui dans l'ombre de son capuchon. Bien après ce que tu appelles aujourd'hui. C'est étrange, d'ailleurs, d'avoir choisi cet endroit pour terminer.
-Pour terminer quoi? Qu'est-ce qui est étrange?
Ombrage, qui couvrait des papiers officiels de pattes de mouches à une vitesse stupéfiante, poursuivit dans un soupir sans compassion:
-Il vivait seul, caché ici. Tout le monde croyait qu'il n'avait ni famille ni amis. Pas aimable. Et cette affreuse cicatrice au visage, qu'il avait...
Le cœur du vrai Ron manqua un battement. Une cicatrice? Non...
Son double parla pour la première fois, d'une voix qui semblait rendue rauque par une mauvaise toux persistante ou l'abus de toutes sortes de substances.
-Savez-vous quand est-ce qu'il a... changé de nom de famille?
Ombrage éclata d'un rire dénué de joie.
-Dés qu'il a jeté l'éponge, j'imagine, au beau milieu de la guerre! Ou peut-être juste après. Enfin, qu'est-ce que vous croyez? Une fois le calme revenu dans le pays les forces de l'ordre l'aurait retrouvé à une vitesse! Plus personne ne tenait à le cacher. Lorsqu'on a défié Son-Eminence-Dont-l'On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, une vie ne suffit pas pour se faire oublier. Mais si vous voulez mon avis, il avait renié tout le reste bien avant son nom. Sans quoi il y aurait peut-être quelqu'un d'autre que vous, ici.
-Je ne tenais pas à venir.
-Allons donc, ce n'est qu'une formalité. La succession sera bien plus simple si vous affectez un minimum de décence. Et de nos jours, chaque sou est bon à prendre, n'est-il pas? Chacun sait que votre situation est plus précaire que vous ne tenez à le laisser paraître avec vos derniers beaux manteaux.
Le vieux Ron s'agita, mal à l'aise.
-Oh, ce n'est qu'un cousin éloigné. Issu de germain. On ne s'est jamais rencontrés. Je ne comprends vraiment pas ce que mon nom faisait sur ce testament.
-Hmm hmm. J'ai meilleur mémoire que ce que vous semblez croire, monsieur Weasley. Je garderai tout ceci entre nous, croyez-le bien. C'est mon rôle, c'est pourquoi je suis ici. Allons allons, c'était il y a longtemps. Il n'a plus la moindre importance, aujourd'hui. Il en eu, fut un temps. Mais à présent qui ne renierait pas une relation d'aussi mauvais goût?
Ron serra les doigts sur sa canne.
-Vous me menacez?
Ombrage leva pour la première fois depuis le début de la conversation de grands yeux faussement étonnés, l'air contrit.
-Allons allons, fit-elle avec commisération en secouant doucement la tête, je ne fais qu'éclairer l'évidence. La chose ferait scandale au Ministère si on devait apprendre d'où vous venez, ou plutôt qui vous connaissiez à l'époque. Il s'agit de politique. Je n'ose imaginer le nombre de dizaines d'années qu'il vous a fallu pour laver votre nom. Mais je vous le répète: pour mes bons amis, je sais toujours garder un secret. Nous sommes amis, n'est-ce pas, monsieur Weasley?
Elle ferma le dossier qu'elle tenait dans un claquement sec et s'éloigna aussitôt à petits pas rapides, comme si l'affaire, glaçante, s'arrêtait là. Le défunt était déjà de l'histoire ancienne. Mais Ron n'allait pas s'en aller si vite, n'est-ce pas ?
-Qui est-ce ?, chuchota le vrai Ron le cœur au bord des lèvres. Pourquoi... pourquoi je suis comme ça? Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui a bien pu se passer?
-Tu ne le sais donc pas?, fit l'Esprit avec une curiosité teintée de mépris. Tu ne comprends donc pas, même maintenant? Nous nous trouvons trente ans plus tard. Tu as survécu longtemps, en renonçant à tout. Tout le monde n'a pas eu cette chance.
« cette affreuse cicatrice au visage, qu'il avait... »
« il a... changé de nom de famille... »
Ron ne parvenait plus à respirer. Des aiguilles de glace lui engourdissait le bout des doigts, les bras, gagnaient sa poitrine et bourdonnaient sous la surface de son visage. Quand il parvint à prononcer le nom, il lui sembla qu'une lame de froid s'enfonçait lentement dans son cœur.
-Harry...
-Il s'est noyé, fit Rusard en secouant lentement la tête. Il est mort piégé sous la glace, sous la surface d'un lac gelé.
-Ce n'est pas possible, ce n'est pas... pourquoi il aurait... qu'est-ce qu'il faisait là-bas?...
-Une mort bien laide. Terrifiante, sans nul doute.
Harry était mort. Ron l'avait laissé mourir seul après s'être caché des années durant, il avait été poursuivi par le monde entier, il avait dû vivre ainsi comme un animal traqué jusqu'à son dernier jour. Tout le monde l'avait oublié. Harry avait-il vraiment pu finir ainsi? Méprisé par tous, vivant en otarcie dans un lieu où tout le monde le détestait après qu'il ait abandonné peu à peu tout ce qui comptait à ses yeux? Ron ne pouvait pas le croire.
« -Ron... on sera amis pour toujours, pas vrai?
-Ben oui... demande pas des trucs évidents comme ça... »
Ron recula en secouant la tête et manqua basculer en arrière lorsqu'il réalisa qu'il ne sentait plus ses jambes.
-Vous mentez! Tout le monde aimait Harry! Il n'aurait jamais... il n'aurait jamais été seul, il...Hermione! Où est-elle? Pourquoi elle n'était pas avec lui quand c'est arrivé, pourquoi elle n'est pas là, où est Hermione? Je veux voir Hermione, vous avez gagné je veux voir, emmenez-moi voir Hermione!
-Hermione? Après la mort d'Harry, elle t'a cherché. Alors même que tu étais si persuadé qu'elle n'avait pas besoin de toi, elle ne se sentait pas capable de continuer toute seule. Elle aurait pu aller n'importe-où mais plutôt que les horcruxes c'est toi qu'elle a recherché désespérément pendant que tu étais convaincu que tu ne comptais pas. Elle a pu atteindre la maison de tes parents, mais tu n'y étais pas. Et nul ne sait ce qui est advenu d'elle ensuite.
-Non... NON !
-Tu ne la reverras jamais. Personne ne l'a jamais revue. Elle a dû finir par être capturée. Les choses qu'ils ont dû lui faire avant d'en finir avec sa vie... je crois qu'elle criait ton nom, à la fin.
-Vous... vous venez de dire que vous ne saviez pas...
-Le futur est ainsi, déçevant, incertain, plein de promesses jamais tenues. C'est bien pourquoi tu m'as abandonné, moi aussi. Tu as renoncé à aller de l'avant, renoncé à l'avenir et à te battre pour lui. Dis-moi, Ron, pourquoi donc t'être enfuis si tu laissais derrière-toi absolument tout ce qui fait que la vie valait la peine d'être vécue? Jusqu'où peut-on ramper lorsqu'on a laissé son cœur derrière-soi, où donc peut-on même encore vouloir se rendre?
-VOUS MENTEZ! On ne l'aurait jamais laissé tout seul ici, sa tombe ne ressemblerait pas à ça.
En le disant, il se rendit compte que quelque-chose clochait. Est-ce que l'Esprit des Noëls à Venir ne venait pas de dire que la personne qui était enterrée là était morte toute seule? Il avait dit qu'Hermione avait été là pour Harry jusqu'au bout, pas qu'il avait fini caché dans ce vieux village où il avait fini sans personne.
Rusard le dévisagea.
-L'enterrement d'Harry a été magnifique, Ronald. Bien des gens ont risqués leur vie pour y assister. Sa tombe à lui se trouve là-bas.
Il porta le regard sur la plus belle et fleurie des pierres tombales, un caveau de marbre blanc qui indiquait les noms de trois personnes et que des sortilèges avaient parés de lierre et de bouquets qui ne faneraient jamais.
-Harry n'a pas eu des dizaines d'années. Il est mort seulement quelques jours après ton présent, presque le lendemain de Noël. Mort noyé dans ce lac gelé.
-Non... non ça n'a pas de sens. S'il est mort depuis longtemps, si je suis là alors il... je... qui vient d'être enterré à l'instant ?...
-Alors tu n'as vraiment pas compris? Approche-toi encore, Ron. Regarde mieux.
Ron s'approcha de l'homme qui continuait de contempler la tombe tandis que le fossoyeur recouvrait le cercueil de terre en hahannant.
Et enfin, sous ce chapeau, il reconnut son grand-frère Percy.
-Personne ne croyait comme toi à l'amour et à l'amitié, au début, murmura Percy de sa voix ravagée alors que disparaissait le cercueil. J'aurais voulu y croire aussi. Mais regarde où ça t'a mené.
Et sur ces simples mots, il partit lui aussi. Un coup de vent particulièrement violent fit tomber à terre la cape du fossoyeur en travers de la tombe, et enfin Ron pu contempler le nom qui s'affichait sur la pierre.
Ron Prewett
1er mars 1980 - 1er septembre 2017
« ce n'est qu'un cousin éloigné »
« Tout le monde croyait qu'il n'avait ni famille ni amis »
« Savez quand est-ce qu'il a... changé de nom de famille? »
Ce n'était pas la tombe de Harry. C'était la sienne.
C'était celle de Ron.
-Non! NON!
Le rouquin tomba à genoux, terrassé par une abominable nausée alors qu'une crise de panique se saisissait de lui pour de bon. Il ne voulait plus que perdre connaissance.
-C'est pas possible! Ca ne peut pas se finir comme ça! Ils ne peuvent pas être morts, je ne peux pas être mort comme ça! Ce n'était pas ce qui était censé se passer!
Il voulu s'aggriper aux robes de l'Esprit et s'effondra dans la neige sale en ne trouvant que de la brume entre ses mains.
-Ma famille! Les autres à Poudlard! Bill ?!...
-Tes parents sont morts. Percy est l'un des derniers survivants. Il a pu se faire une bonne place au Ministère en perdant peu à peu la foi comme tu l'as fais, en coupant les liens avec tous ceux qu'il avait connu auparavant. Ta foi inébranlable et ton courage étaient un exemple pour lui, il y pensait rarement et il s'aimait beaucoup mais il aurait voulu être un peu plus comme toi, plus empli d'amour. Te voir renoncer a presque été un soulagement, il a pu commencer à croire que cette voie était vaine, tu as cessé d'être la preuve que c'était possible. Bill ne se souvient plus de personne. Il est à Sainte Mangouste. Tes parents et Ginny ont été tués, comme la plupart de ceux qui ont osés soutenir Harry Potter. Mais c'est surtout parce que tu as été vu avec lui, tu le sais bien. Les jumeaux n'ont pas tenu longtemps non plus. Je n'ai plus nul-part où t'emmener. Parce qu'il n'y a plus rien. Il ne reste personne.
-Je n'y pouvais rien... je n'aurais jamais pu, je...
-Il ne s'agissait pas que de ce que tu aurais pu faire. Il s'agit des choses dont sont capables les autres lorsque tu les soutiens, de ceux qu'ils ont envie d'être quand tu es à leurs côtés. Il s'agit de la lumière. Tu leur as refusé ta lumière, Ron. Et quand les ténèbres l'ont emportés c'est tout le monde qui a oublié ce dont il était capable.
-Il doit y avoir quelque-chose que je peux faire, il doit y avoir...
-Tu prétends être parti pour leur épargner un poids, mais la vérité est là, elle est dans ce que tu es devenu, dans ce que tu as fais de ta vie jusqu'au jour de ton trépas. Tu es parti parce que tu avais peur. Tu es parti par jalousie, par égoïsme, tu es parti parce qu'au moment décisif, lâchement, tu ne voulais plus que te réfugier dans les bras d'une famille que tu finiras par renier elle aussi.
-Je ne suis pas comme ça...
-Tout le monde peut être comme ça. Chacun a sa part d'ombre. Mais tu n'as jamais été doué pour te battre contre elle, tu as laissé la tienne gagner. Lorsque le Seigneur des Ténèbres se lève le moindre éclat de lumière fait la différence. Tu leur as refusé ta lumière. Harry est mort. Et les conséquences sont là, autour de toi. Hermione. Percy. Tous les autres. Tu aurais pu faire quelque-chose. Et tu ne supportes pas cette idée parce que tu es parti. C'est l'avenir que tu voulais.
-Non, non je n'ai jamais voulu ça. Ce n'est pas ce que je voulais!
-Bien-sûr que si. Pourquoi serions-nous là, dans le cas contraire? Voilà le fruit de ton labeur et de tes sacrifices, Ronald Weasley. A présent, il faut le récolter.
Soudain, Ron reçu un violent coup de pelle qui traça un sillon sanguinolent en travers de son visage, et bascula dans sa propre tombe. Le rouquin tomba dans un hurlement atroce et le fossoyeur continua de le recouvrir de terre. Aveugle, sourd, de la terre plein la bouche, Ron continua à hurler tout en sachant qu'il était déjà trop tard :
-Il doit y avoir quelque-chose que je peux faire! C'est pas possible! Esprit! ESPRIT! PERCY! BILL! HARRY, HERMIONE! JE PEUX CHANGER! JE VOUS JURE QUE JE PEUX CHANGER !
-Joyeux Noël, Ron Weasley !, s'exclaffa la voix de l'Esprit au creux de son oreille avec une joie mauvaise. Joyeux Noël, ahahaha!
-NON, NOOOOON!
Et alors, Ron s'aperçut qu'il ne revenait pas dans le présent. Il était coincé ici.
Merci d'avoir lu :D
