CHAPITRE 5 : Dean

Je gare ma moto sur le parking du lycée lorsque j'aperçois Castiel à vélo. Nous avons beaucoup parlé via Instagram, samedi soir et même hier toute la journée. Le mode rapprochement est lancé.

A présent, j'ai pas mal d'éléments pour jouer en ma faveur. Plus un gros point que je ne savais pas, on habite dans la même rue.

Il fixe son anti-vole sur son vélo quand je m'avance vers lui. Je n'avais pas encore remarquer mais sur son vélo est inscrit en gros « Jimmy », étrange. Il a toujours son trench-coat beige, que je trouve démodé, avec ses cheveux en bataille.

- Salut Cas' ! Euh... je veux dire Castiel.

Ce surnom est sorti naturellement. Il est surpris de me voir mais finit par me sourire.

- Tu peux m'appeler Cas', si tu veux.

- D'accord, Cas' ! répété-je en ajoutant un clin d'oeil.

Nous déambulons dans les couloirs à la recherche de mes potes qui doivent sûrement se trouver à notre endroit habituel. Castiel marche à ma droite, les yeux baissés.

C'est une occasion pour engager la conversation mais je ne sais quoi lui dire. Je continue donc d'avancer, en saluant les personnes que je reconnais.

Nous arrivons bientôt, j'aperçois mes potes et vois Benny une clope à la main, comme à son habitude. Crowley me repère et me sourit puis regarde Castiel et son visage se referme.

- Salut les trous duc, m'exclamé-je avant de faire un check à chacun.

Ils me sourient contents de se retrouver après ce petit week-end.

- Tu as ramené Castiel, remarque Benny.

- Ouais, affirmé-je en donnant une légère claque sur le dos de Castiel. Vous pouvez l'appeler Cas' maintenant, pas vrai ?

Je le regarde en lui souriant pour le mettre à l'aise.

- Oui bien sûr, confirme-t-il d'une voix timide.

J'allais renchérir la conversation lorsque j'entends Crowley marmonner :

- Je préfère encore l'appeler Castiel.

Je le dévisage, ne comprends pas pourquoi il réagit ainsi, heureusement Garth prend la parole et enchaîne comme s'il n'avait rien entendu.

- Alors Cas', tu as fait quoi ce week-end ?

- J'ai invité Charlie pour que l'on commence l'exposé, explique-t-il, je la trouve très sympathique et je crois qu'elle m'aime bien.

Il sourit, content de lui.

- Normal, personne te déteste, murmure Crowley mais assez fort pour que je l'entends.

Je suis confus et agacé par ses réflexions. Je me tourne vers Crowley.

- Tu viens Crowley, il faut que je te parle.

Il me suit sans dire un mot.

Je m'écarte du groupe assez loin pour que Castiel nous entende pas. Crowley me regarde l'air de rien.

- Qu'est-ce qui te prends Crowley ? haussé-je le ton. Si tu continues comme ça, Castiel va se douter d'un truc.

- J'ai réfléchi et au final, je veux qu'on arrête le plan, avoue-t-il. Mais qu'est-ce qui lui prend bon sang !

- Je ne comprends pas, tu étais d'accord pourtant.

- Ouais mais je le sens vraiment pas ce mec, il a un petit truc qui m'énerve, grimace-t-il avec dégoût.

Une colère s'anime en moi mais je l'a fait taire, ce n'est pas le moment que l'on se dispute.

- Je comprends que tu veuilles arrêter mais c'est ma seule chance pour aller à l'université. On peut continuer deux, trois jours puis si tu veux, on arrête. Tu veux bien ?

Je fais mes yeux doux, le suppliant du regard.

- Bon d'accord mais seulement deux, trois jours.

- Promis !

Personne ne résiste à ce regard.

Nous sommes en plein cours d'histoire, lorsque mon esprit divague sur Lisa. Pendant le week-end, je suis allé la voir à son entraînement de pom- pom girl. Je savais qu'elle était là-bas car mes potes et moi traînons souvent près du stade.

Elle a été surprise lorsqu'elle m'a vu mais elle semblait ravie que je sois présent. On a parlé un peu puis je l'ai emmenée, à l'arrière de ma bécane, se promener en ville seulement tous les deux. On a appris à se connaître et c'était plutôt sympa.

A la fin de la journée, j'ai voulu l'embrasser mais c'était trop facile donc j'ai laissé durer le plaisir. Maintenant, elle n'arrête pas de m'envoyer des messages, preuves qu'elle ne peut plus se passer de moi et j'aime ça !

Je sors mon portable discrètement et lui envoie « je pense à toi ». Juste assez pour la mettre K.O. Ce soir, je compte l'inviter boire un verre pour cette fois-ci l'embrasser et peut-être même plus.

- C'est à Lisa que tu envoies des messages ? Me questionne Benny à mi- voix, qui se trouve juste à côté de moi.

- Ouais et je crois même que ce soir, ça va être la fête !

Je lui fais un clin d'oeil et il comprend exactement ce que je veux dire.

- Tu l'invites chez toi ?

- Non je ne peux pas il y a mon père, mais je vais l'emmener boire un verre au Wendigo's Burger, décidé-je.

- Mais Betty ? déclare-t-il confus.

- Betty ?! Répété-je, me demandant qui c'est.

Il lève les yeux au ciel.

- La serveuse que tu draguais l'autre soir, explique-t-il exaspéré.

- Ahh oui, m'exclamé-je en me remémorant son visage, ne t'inquiètes pas, elle ne travaille pas le lundi.

Benny fait un rictus.

- T'es extraordinaire toi !

Je sais ce qu'il me reproche.

- C'est pas parce que je suis en couple que je ne peux pas draguer d'autres meufs.

- Et la fidélité tu connais ? grince-t-il.

- Rrrro ça va, tu ne vas pas commencer et en plus, je te rappelle que je suis célibataire pour le moment.

On a eu cette discussion au moins une centaine de fois. Benny n'est pas d'accord avec mes principes, il n'arrête pas de me dire que si je sors avec une meuf, il faut que je reste fidèle et que je ne drague personne même si c'est pour le challenge.

Mais il a beau me le répéter encore et encore, je ne l'écoute pas car ma philosophie et que peut importe avec qui tu es, tu as le droit de vivre ta vie même si cela signifie de tromper ta meuf.

Benny lève les yeux au ciel, fatigué de mon attitude. Moi je souris, imaginant ce qu'il va se passer ce soir.

Nous sommes assis sur les chaises de la cantine devant nos plateaux. Castiel est avec nous. Il est timide et ne parle pas beaucoup mais il me sourit de temps à autre.

Le repas de la cantine n'est pas très appétissant, comme d'habitude, mais je suis heureux car en dessert il y a de la tarte aux pommes. J'adore la tarte ! Je suis capable de tuer pour avoir rien qu'une part. Je commence à la manger et je savoure son goût onctueux. Je regarde le plateau de Castiel, il a fini son assiette mais ne touche pas à sa part de tarte.

- Je peux prendre ta tarte ? demandé-je la bouche pleine.

Il rit et acquiesce d'un hochement de tête. Je prends sa tarte et croque un morceau sans même avoir fini celui que j'ai dans la bouche.

- C'est écoeurant, Dean, se plaint Garth.

- Bah quoi ? interrogé-je en laissant des miettes s'échapper de ma bouche.

Garth détourne les yeux pendant que les trois autres rigolent.

Je finis ma tarte tranquillement et vu que personne ne parle j'en profite pour lancer la conversation.

- Alors Cas', j'ai vu sur insta que tu aimes lire, déclaré-je. Tu lis quoi comme genre de livres ?

Castiel qui semble dans ses pensées revient sur terre.

- Cela dépend, je lis beaucoup des revues ou des romans scientifiques dans lesquels j'apprends considérablement mais quelques fois, je lis des romans historiques.

- La vache tu ne rigoles pas toi ! rugit Crowley.

- Il n'y a pas d'humour dans ces genres de livres, explique-t-il dans le plus grand des sérieux.

Son attitude nous fait rire mais je le vois dans l'incompréhension.

Je regarde Benny pour qu'il lui pose à son tour des questions. Il comprend.

- Tu as une passion ?

- Oui, c'est l'espace ! Plus précisément l'univers, j'adore me dire que l'on n'est pas seuls dans tout ce néant. Que l'on est rien face à l'immensité de l'univers et que notre existence se résume à une poussière.

Il est vraiment passionné, j'entends son excitation dans sa voix et ses yeux pétillent lorsqu'il parle.

- Tu es le nouveau Luke Skywalker ! m'exclamé-je.

Tout le monde se met à rire sauf Castiel qui me regarde les sourcils froncés puis penche légèrement sa tête.

- Je ne comprends pas cette référence, Dean.

Je ne relève pas et reste à le contempler dans les yeux.

- Tu ne connais pas Star Wars ?! hurle Crowley.

Castiel quitte mon regard pour répondre à Crowley. Je cligne plusieurs fois des yeux, ne comprenant pas ce qu'il vient d'arriver.

- Je connais de nom mais je n'ai jamais regardé.

Nous continuons notre discussion jusqu'à ce qu'on nous vire de la cantine.

Castiel est parti rejoindre Charlie pour continuer leur exposé, je crois.

Nous nous sommes bien marrés en plus d'apprendre à connaître Castiel. Je l'apprécie, il a une façon de parler assez soutenue et son innocence me fait rire.

Nous sommes à présent dehors. Benny sort une clope de son paquet et me demande mon briquet. Je ne fume pas, car je dois garder mes poumons intactes pour le Base-ball, mais j'ai toujours un briquet sur moi, par instinct. Je le lui passe et le silence s'abat. J'observe les gens défilés sous mes yeux.

- Il m'insupporte, râle Crowley.

- Qui ça ? demande Garth regardant au alentour.

- Bah Castiel, ajoute Crowley comme si c'était une évidence, on a l'impression qu'il vient d'un autre monde. Il ne connaît pas l'humour, il sait toujours tout et en plus il a une façon de s'habiller chelou. Non mais sérieux qui met des cravates à part les petits bourges.

Ça m'irrite, je sais pas pourquoi, après tout, il a le droit de ne pas l'aimer même si c'est à l'encontre de mon opinion. Je ne relève pas mon agacement et me concentre sur mes pensées.

Crowley continue ses injures et je ne l'écoute plus. Je cherche au loin une personne avec laquelle parler pour pouvoir m'échapper de cette conversation et mes yeux se posent sur Lisa, comme si elle m'attirait à elle.

- Je vous laisse je vais voir Lisa, déclaré-je sans les laisser protester.

Je m'avance vers elle et quand elle m'aperçoit, elle me sourit automatiquement. Je lève légèrement la tête, fier. Je m'approche d'elle et passe mon bras sur ses épaules.

- Salut Beauté ! la salué-je en prenant une voix rauque.

Je lève un sourcil et me mords légèrement la lèvre inférieure.

- Arrête, fait-elle en souriant.

Elle me pousse faiblement mais juste assez pour me dégager mon bras. Je reprends mon sérieux.

- Ça te dit de venir boire un verre avec moi ce soir ? Je t'attendrai après les cours sur ma bécane.

- Je sais pas, j'ai des leçons et en plus mes parents vont pas être d'accords.

Dans ses yeux la réponse est oui mais elle veut se faire désirer.

- Allez, juste un verre et après je te ramène chez toi.

Je fais mes yeux doux et elle ne peut s'empêcher de me sourire.

- C'est vrai ce que tu as dit dans ton message ?

- Oui bien sûr, je n'ai pas arrêté de penser à toi toute la journée et je n'ai qu'une hâte, c'est d'être ce soir pour te retrouver.

Cette phrase peut rendre n'importe quelle fille gaga.

- C'est ok je viendrai, confirme-t-elle.

- A ce soir alors, poupée !

Je me penche vers elle et lui dépose un baiser sur sa joue toute chaude. Je pars la tête haute, confiant pour ce soir.

L'après-midi se déroule de manière habituel. Après mon escapade avec Lisa, Castiel est revenu ce qui contrarie Crowley. Puis nous sommes allés en cours et comme d'habitude je n'écoute rien mais je n'ai pas manqué de mater la prof de Français.

On a eu également maths donc j'ai parlé à Castiel qui arrivait à suivre le cours en même temps. J'apprécie être en sa compagnie, lorsque je lui parle, il m'écoute attentivement et me répond simplement. Mais ce que j'apprécie par dessus tout, c'est qu'il sait se taire quand il le faut. Il est encore timide avec moi mais étrangement cela me plaît.

Je suis à présent assis sur ma moto à attendre Lisa. J'envoie un message à Sammy pour le prévenir que je rentrerais plus tard que d'habitude. Quelques minutes après, mon portable se met à vibrer, c'est mon frère qui me répond : « Encore une fille ? ».

Je sais ce que pense Sammy de tous ces enchaînements de filles, que ces filles sont des êtres humains et qu'à chaque fois que j'en quitte une, je la fait souffrir. Et il pense également que je suis un connard. J'avoue qu'il n'a pas tord sur ce point mais ce n'est pas tellement de ma fautes si elles ne résistent pas à mon corps de rêve.

Je lui réponds vite fait : « Et ouais encore une, désolé qu'aucune fille veuille sortir avec toi. ». J'imagine sa tête lorsqu'il va découvrir mon message, il va lever les yeux au ciel puis faire une grimace.

Je lève les yeux de mon téléphone et aperçois Lisa au loin. Elle parle avec une fille, sûrement une amie à elle. Mon portable se remet à vibrer mais cette fois-ci le message est très court : « Jerk ! ». Je lui envoie, tout naturellement : « Bitch ! ». C'est un jeu entre nous, je peux même pas dire quand on a commencé mais j'ai l'impression que ça fait une éternité.

Lisa vient, enfin, dans ma direction. Je range mon portable, lui passe un casque et nous partons, sans dire un mot, au Wendigo's Burger.

J'admire Lisa, qui est en train de siroter sa limonade. Le vent s'élève ce qui lui fait voler quelques petits cheveux. Je ne peux m'empêcher de sourire. Je la trouve ravissante. Les quelques rayons restant du soleil, illuminent son visage et éclairent ses yeux bruns.

Nous sommes assis en terrasse, l'un face à l'autre, parlant de tout et de rien. J'ai tenté quelques rapprochements qu'elle n'a pas esquivés et je vois même dans ses yeux qu'elle en redemande.

Je bois une gorgée de ma bière et je sens un coup de vent qui rafraîchit l'atmosphère. Je vois Lisa frissonner. C'est une belle occasion qui se présente.

- Tu as froid ? demandé-je le plus innocemment possible.

- Oui un peu, avoue-t-elle.

D'un coup brusque, j'enlève ma veste, me rapproche d'elle et la pose le plus délicatement possible sur ses épaules nues.

- Merci, murmure-t-elle.

- Tu es magnifique.

Je contemple chaque trait de son visage et me concentre sur sa bouche légèrement ouverte que j'ai irrésistiblement envie d'embrasser. Je la vois rougir.

Je caresse sa joue de ma main chaude, prends une petite mèche de ses cheveux et la fait tournoyer entre mes doigts. Je lève les yeux et son regard plonge dans le mien. Je m'avance lentement et elle fait de même jusqu'à ce que nos lèvres se touchent.

Elle ferme les yeux et je passe ma main dans ses doux cheveux. Elle a les joues en feu. J'intensifie le baiser en glissant finement ma langue dans sa bouche. Elle met sa main fraîche sur ma nuque ce qui me fait frissonner.

Tout d'un coup, elle s'arrête net et me repousse légèrement.

- J'aimerais que ça reste entre nous un temps, déclare-t-elle.

- Comme tu voudras.

Je lui souris et m'avance vers elle pour l'embrasser de nouveau.

*
- Alors comment ça s'est passé avec Lisa ? beugle Benny alors que je n'ai pas encore fini d'enlever mon casque de moto.

Je descends de ma bécane et marche en direction du lycée en silence.

J'adore le faire mijoter un peu. Puis je m'arrête net et me tourne vers lui.

- Ça s'est plutôt bien passé, me venté-je avec un sourire narquois.

Il a beau me faire la moral à propos des filles, il adore quand je lui raconte tout en détail.

- Petit filou, s'exclame-t-il en me donnant un coup dans les côtes.

Avec Lisa, on a passé un marché : personne doit savoir que l'on est en couple et on l'annoncera quand elle en aura envie. J'espère seulement que ce petit jeu s'arrêtera vite, que je montre à tout le monde la prise que j'ai faite.

Malgré notre deal, je confesse à Benny, Garth et Crowley ce qu'il s'est passé. Ils me félicitent et j'avoue que je suis plutôt fier de moi.

- Vous avez révisé le contrôle d'histoire ? s'exclame Garth comme s'il venait de s'en rappeler, ce qui est probablement le cas.

- Ah il y a un contrôle, balbutié-je étonné.

Je n'étais même pas au courant, en même temps, je note pas mes leçons et je n'écoute pas non plus. On se regarde tous espérant qu'au moins l'un d'entre nous a révisé mais personnes ne l'a fait, je ne suis pas très surpris.

- C'est l'occasion d'utiliser Castiel, déclare Crowley un sourire diabolique dessiné sur son visage, qu'il nous serve enfin à quelque chose.

Je n'ai clairement pas envie d'utiliser Castiel comme d'un vulgaire pion. Mais c'est mon plan et si je me défile tout de suite, mes potes ne vont pas comprendre. Puis, c'est l'opportunité d'avoir une bonne note. En plus, le contrôle d'histoire est en deuxième heure, donc pas le temps de réviser, Castiel est notre seule chance.

- Tu as raison, acquiescé-je, il faut s'en servir. Nous élaborons, alors, notre stratagème.

Après la première heure de cours, nous avons prévu que je rejoigne Castiel pour lui proposer de s'asseoir à côté de moi.

Lorsque la sonnerie retentit, je cours donc vers lui.

- Salut, Cas' !

Il est avec Charlie mais s'arrête lorsqu'il m'entend.

- Hello Dean !

Ils attendent que j'explique cette brusque interruption.

- Ça te dit de marcher avec moi ?

Je pousse un léger soupir en comprenant que ce que je viens de dire est extrêmement gênant. Mais contrairement à Charlie qui me dévisage, Castiel me sourit amusé et je ne peux m'empêcher de lui rendre son sourire.

- Avec joie !

Nous marchons alors côte à côte dans le silence.

- Pourquoi tu voulais qu'on marche tous les deux ? me demande-t-il finalement, sûrement étonné de cette entrevu.

Je tourne ma tête dans sa direction et ses yeux bleus m'accueillent avec sa tête légèrement penchée. Je rigole intérieurement de cette façon de pencher la tête lorsqu'il ne comprend pas, non pour me moquer mais par amusement.

- J'admet, j'ai juste envie d'être en ta compagnie.

- Oh ! se contente-t-il de répondre.

Il ne demande pas plus, s'efforçant de comprendre davantage par respect.

- Bon j'avoue, je voulais te demander si tu veux bien être à côté de moi pour l'heure prochaine ?

- Charlie me l'a déjà proposé...

Tout espoir est perdu, il va aller à côté de Charlie et mes potes et moi allons nous taper une mauvaise note, encore.

- Mais je vais refuser pour pouvoir être à côté de toi, ajoute-t-il.

Mon espoir renaît et je lui souris.

Le silence s'abat sur nous mais j'apprécie sa présence. Nous sommes bientôt arrivés devant la salle.

- Je voulais te dire merci, déclare-t-il tout d'un coup.

Je le regarde, surpris par ce remerciement.

- Pourquoi ?

Il ne me répond pas de suite et je le vois jouer avec ses doigts, comme un enfant ayant une bêtise à avouer. Il me fait penser à Sammy et j'ai envie de le prendre dans mes bras pour le rassurer comme je l'aurais fait pour Sammy. Je dégage cette pulsion de ma tête et attends sa réponse.

- De m'avoir accueilli dans votre bande et de ne pas me laisser tout seul. Je sais que je suis divers de vous mais vous m'acceptez malgré mes différences et cela me touche beaucoup.

- Il n'y a pas de quoi.

En cette instant, je regrette profondément d'avoir proposé ce plan stupide. Mes potes font peut-être semblant de l'apprécier mais pas moi.

Je me sens sale. Sale de l'avoir utilisé. Il a accepté de nous filer les réponses, sans protester, mais quand je lui ai posé la question fatidique : « Est-ce que tu me donner quelques réponses ? », j'ai vu dans ses yeux du mépris mais surtout de la tristesse. Comme s'il savait que notre amitié ne tenait qu'à un bout de papier. Il a sûrement comprît et à présent je me sens sale.

La journée passe d'une lenteur abominable. Je m'en veux pour Castiel mais je ne veux pas m'excuser, ni aller le voir mine de rien.

Je reste donc avec Crowley qui n'arrête pas de l'insulter dans son dos. Comme par exemple : « Quel con ! Il s'est douté de rien. » ou encore « Il sert au moins à une chose. » mais sa moquerie préférée reste : « lorsqu'il va découvrir pourquoi on est 'amis' avec lui ».

Benny et Garth ne disent rien mais ils n'incitent pas non plus Crowley à s'arrêter. Crowley me gonfle rapidement donc la plupart du temps je change de sujet mais quand il me saoule trop, je me casse voir d'autres personnes.

Lorsque la fin de journée arrive enfin, j'ai qu'une envie, me barrer au plus vite mais je reçois un message de Lisa me disant de l'attendre près du grand arbre. Cet endroit est très calme et seules les personnes qui veulent fumer autre chose que du tabac viennent ici.

J'attends donc, pressé de rentrer chez moi. Au bout de quelques minutes, qui me paraissent des heures, je la vois arriver vers moi. Je n'ai pas le temps de la saluer qu'elle m'embrasse avec vigueur et force.

- Tu m'as tellement manqué, admet-elle.

Cette douceur me redonne le sourire.

- Toi aussi, murmuré-je dans son oreille, tu ne trouves pas ça frustrant de se voir mais de ne pas pouvoir s'embrasser ?

Elle pose son front contre le mien.

- Si, beaucoup, avoue-t-elle, j'ai réfléchie et j'ai pensé que demain aprèm' notre couple pourrait être officiel, ça te convient ?

Je l'embrasse tendrement puis ajoute :

- Demain aprèm c'est très bien.

Je suis enfin rentré chez moi. J'enlève mes chaussures, pose ma veste sur le porte manteau et découvre Sammy en train de regarder la télé dans le salon.

- Tu ne fais pas tes devoirs ? demandé-je étonné.

Il ne me prête aucune attention, sûrement que la télé doit être plus importante que son grand frère, mais il répond tout de même à ma question.

- Je les ai déjà faits.

Je me dirige dans la cuisine, prends une barre de céréales puis je descends au sous-sol, crevé de cette journée.

J'allume la lumière, prends une serviette et mets mes protections. Le sous-sol est aménagé en salle de sport avec un sac de frappe, des haltères, un banc de muscu et assez d'espace pour se défouler.

Une fois mes gants de boxe en position, je m'approche du sac de frappe et commence à me défouler. Il m'arrive de me battre contre mon père pour m'apprendre les différentes techniques mais ça m'aide surtout à extérioriser ma colère.

Je me concentre sur mes gestes et sur tout ce qui a pu m'énerver dans la journée à commencer par Crowley. Il commence sérieusement à me gonfler avec ses remarques sur Castiel. Il ne manque jamais une occasion de le mépriser.

Je me focalise sur cette colère et frappe aussi fort que je le peux. Je sens cette adrénaline monter en moi et je défonce littéralement le sac.