CHAPITRE 14 : Castiel
Note de l'auteure : Réponse à PlumedeSobier : Je te remercie :-) Je vais gardé ce rythme de publication. Et oui c'est vrai que Crowley l'avait bien chercher ;-)
Réponse à Butterfleaz : Merci beaucoup pour ton commentaire ! Ça fait plaisir de se sentir suivie. J'espère que la suite te plaira et n'hésite pas à laisser d'autre commentaire si le coeur t'en dit :-)
J'ouvre mes paupières et je suis ébloui par une lumière étincelante. Je m'habitue à cette luminosité et découvre que je ne me trouve pas dans ma chambre.
Le plafond est aussi blanc que la lumière, face à moi je vois un tableau très laid et je distingue des «Bip...Bip...Bip...» réguliers.
Je me sens vaseux et j'ai mal partout. Je tourne la tête et aperçois une vitre qui donne dans le couloir. Je me concentre et perçois des personnes en blouse blanche ou habillés tout en bleu défiler devant ma chambre, en marchant vite, et parfois même en courant.
Cela me donne mal à la tête alors je détourne mon regard vers ce tableau affreux. Je ne vois même pas ce qu'il représente, je me sens lourd et fatigué.
Puis, je constate que je sens un poids peser sur ma main. Je regarde celle- ci et aperçois une tête endormie. Je reconnaîtrais ce visage entre mille, avec ses cheveux brun plein de gèle, son teint frais et sa bouche sensuelle, c'est bien Dean. Je me demande pourquoi il est endormi à mes côtés à l'hôpital puis je me rappelle. Crowley m'a battu et Dean est venu à mon secours. J'ai une soudaine pensée pour Gabriel en espérant qu'il va bien. Tout mon corps n'est que douleur. Je découvre que mon bras gauche est plâtré.
Ma mère rentre dans la chambre, un café à la main. - Oh mon chérie ! Tu es réveillé !
Elle court vers moi, déposant son café sur la table à côté du lit et me caresse le visage. Je lui souris, bien qu'elle me fait mal.
- J'ai eu tellement peur. Ne me refais plus jamais ça, ok ? Des larmes montent aux coins de ses yeux.
- D'accord.
- Tu me l'avais déjà promis la dernière fois, râle-t-elle. Je ne cesse de lui sourire.
- Je te le re-promets. J'en ai assez d'être en blouse blanche.
Elle pose son front délicatement sur le mien. Je sens ses larmes couler sur mon visage. Je sers ma mâchoire, malgré la douleur. Je te donne ma parole maman, je ne te ferai plus jamais pleurer.
- Dean t'a expliqué ? questionné-je me remémorant le poids sur ma main.
- Oui, il m'a tout expliqué... Il a insisté pour rester à tes côtés au cas où tu te réveilles.
Elle s'approche de mon oreille.
- C'est un jeune homme très serviable, me chuchote-t-elle, il tient beaucoup à toi...
Elle se redresse et ses yeux disent tout. Elle a compris ce que représente Dean à mes yeux et juste pour ça, je lui dois beaucoup.
Je regarde Dean, toujours en train de dormir. Il devait être vraiment épuisé. Ma mère me fait signe de le réveiller.
- Dean, l'appelé-je d'une voix douce.
Il n'engage aucun mouvement. Je recommence, toujours aucune réaction.
Cette fois-ci, je répète mais en bougeant ma main encore valide, qui se trouve sous son visage. Il se réveille en sursaut. Il passe ses mains sur son visage, en oubliant sa blessure à son arcade. Il a un bandeau autour de son bras.
- Cas' tu es réveillé, constate-t-il.
Il a des petits yeux, ce qui m'amuse. Une constatation me vient à l'esprit.
- Gabriel ? dis-je paniqué. Comment j'ai pu l'oublier ?!
- Oh t'inquiète pas pour ton clébard, il est sûrement en train de courir partout avec Sam.
Je pousse un soupire de soulagement. Ma mère prend son café, qu'elle n'avait pas touché et se dirige vers la porte.
- Je vais aller voir le médecin, déclare-t-elle avant de me faire un clin d'oeil.
J'enfonce ma tête dans l'oreiller.
- Comment tu te sens ?
Je lui soulève mon plâtre pour lui montrer que ce n'est pas la grande forme.
- À part ça ?
- J'ai mal partout mais sinon cela peut aller.
Il fait un rictus.
- En tout cas, tu as une sale gueule.
- Merci pour ton encouragement.
Il sort son téléphone de sa poche. Je rêve où il me prend en photo ?
- Qu'est-ce que tu fais ?
La confirmation est donné lorsqu'il me tend son téléphone. Je distingue des ecchymoses et des enflures sur les parties visibles de mon corps et je remarque que ma lèvre est fendue.
- J'avoue que je n'ai pas un physique agréable à admirer.
Il sourit. Je lui rends son portatif.
- Tu sais combien de temps je vais rester ici ?
- Le médecin a dit deux ou trois jours, je crois, se rappelle-t-il.
Je soupire. Je n'aime pas les hôpitaux.
- Te plains pas, tu vas louper les cours.
- Tu sais très bien que je trouve les cours intéressants et passionnants.
- Parles pour toi.
Un silence envahit la pièce. Je le regarde se balancer sur sa chaise.
- Merci.
Il me contemple un instant avant de détourner le regard.
- Au fait, j'ai prévenu Meg et tous les autres. Ils vont venir te rendre visite normalement.
Il a ignoré mon remerciement mais je sais qu'il l'a entendu. Je sens mes yeux s'alourdir.
- Bon je vais te laisser, tu as besoin de repos. Je reviendrai te voir demain. Salut !
Il s'oriente vers la porte et m'adresse un dernier signe de la main. Je l'aperçois à travers la vitre saluer ma mère avant de partir. J'aurais tellement voulu le serrer dans mes bras pour le remercier de ce qu'il a fait pour moi. Mais Dean n'est pas comme ça, il préfère ignorer que montrer qu'il est le héros.
Mes yeux se ferment doucement et je m'endors.
Dean a tenue sa promesse. Il est venu durant les deux jours qui ont succédé. Il ne reste pas très longtemps mais il m'aide à moins souffrir et à penser à autre chose. Dean m'apporte les leçons et me dresse le résumé de chaque journée, bien qu'il soit toujours un peu succinct.
À part lors des visites de Dean, je m'ennuie longuement. Ma mère m'a rapporté quelques livres, mais je n'ai pas la tête à cela. Je passe le plus claire de mon temps à regarder par la fenêtre, me laissant bercer par mon imagination sauf quand le docteur m'interrompt pour vérifier que j'aille bien, du moins physiquement. Il se nomme Dr. Sexy. Drôle de nom mais il est plutôt attrayant. Les infirmières et infirmiers sont, pour la plupart, attentifs et appliqués.
J'ai eu la visite de Meg et Charlie, hier. Elles se sont excusées au minimum quarante-deux fois, j'ai perdu le compte à un moment donné.
Aujourd'hui je rentre, enfin, chez moi ! Je n'en peux plus d'être enfermé dans cette pièce à longueur de journée, surtout avec ce tableau hideux. J'en fais des cauchemars !
Ma mère vient me chercher dans une heure environ. Vivement que je parte de cet endroit et que je retrouve ma maison, surtout Gabriel qui m'a horriblement manqué.
Il n'a pas pu venir me voir car les animaux sont interdit dans les hôpitaux parce qu'ils peuvent apporter des maladies. Mais dans les hôpitaux, les personnes viennent parce qu'ils sont déjà malades !
Mes douleurs vont pour le mieux. J'ai évidemment toujours le bras gauche dans le plâtre et des hématomes éparpillés sur mon corps mais je me sens mieux tout de même.
Ma mère est là ! L'infirmière m'a donné les vêtements que ma mère a rapportés. Je me change en attendant que ma mère signe des décharges pour que je parte. Elle m'a apporté un des rare tee-shirt que j'ai, plus pratique à enfiler avec un plâtre, avec un pantalon des plus basique.
Une fois habillé, je rejoins ma mère qui se tient à l'accueil. Elle passe sa main dans mes cheveux tout en me souriant. Elle m'a manqué aussi. Nous partons de cet enfer pour se diriger vers la voiture et ainsi rentrer à la maison.
J'ouvre la porte et attends. Aucun chien à l'horizon. Je fais le tour de la maison mais toujours rien.
- Maman, Gabriel est encore chez Dean ?
- Oui, si tu veux aller le chercher tu peux. J'ai prévenu Dean que tu allais passer.
A peine de retour, il faut déjà que je parte. Je dépose mon sac d'affaires sur mon lit avant de sortir de la maison.
La température extérieure n'est pas très torride mais peu m'importe, cela fait du bien de sentir l'air pur battre sur mon visage.
Devant l'habitacle de Dean, je sonne. La porte s'ouvre quelques secondes après.
- Hey Cas' ! Te voilà revenu d'entre les morts.
Dean et ses blagues que je ne comprends jamais. Je m'introduis dans la maison et ferme la porte derrière moi. Dean me fait signe de le suivre, ce que je fais. Nous montons à l'étage et il ouvre la porte de la chambre de Sam. Je découvre un Sam en train de tapoter sur son ordinateur, allongé sur sa couche, avec Gabriel à ses côtés. Celui-ci se repose.
- Bonjour Gabriel !
Rien qu'au son de ma voix, il saute du lit et court à toute vitesse pour au final me sauter dessus. Je tombe sur les fesses, mais Gabriel ne semble pas s'en préoccuper, me léchant le visage.
- Il est ravi de te voir, remarque Dean.
Je le caresse en essuyant la bave sur ma figure. Je finis par me lever. Sam se tient adossé sur l'encadrement de sa porte.
- Je veux te remercier de t'être occupé de lui.
- C'est avec plaisir, c'est un vrai ange.
Je lui souris.
- Tu viens Cas', on va faire un tour. J'ai besoin de prendre l'air.
C'est physiquement impossible ! Comment veut-il réussir à attraper de l'air ? Je ne relève pas mais acquiesce pour la promenade.
Nous sortons, accompagné par Gabriel. Nous marchons sans but précis. Nous ne parlons pas, profitant des murmures du vent et le chantonnement des oiseaux. Nous nous baladons ainsi, jusqu'à ce que Dean se dirige vers un terrain vague. Je le suis dans le silence et nous nous installons sur un banc, Gabriel couché à mes pieds.
Je ne connais pas cet endroit. Des enfants jouent au football, courant partout pour récupérer le ballon. Quelques riverains promènent leur chien. Certains parents s'amusent avec leur enfant et d'autres sont seuls préoccupés à lire ou à ne rien faire. J'aime bien ce lieu.
Je me tourne vers Dean, qui a les yeux fermés, la tête légèrement vers le ciel. Je souris. Je me sens bien. Dean à mes côtés, admirant le ciel, dans le silence. Cette simple banalité me réjouit. Nous restons un long moment ainsi.
Le ciel se couvre. Je regrette de ne pas avoir pris de veste. Un frisson me parcours le corps.
- Tu veux ma veste ?
Dean l'a remarqué. Je n'ai pas le temps de répondre qu'il enlève sa veste et la pose sur mes épaules. Je suis un peu gêné mais je passe, tout de même, mon bras dans la manche de sa veste.
- Merci.
Il ne laisse rien paraître, regardant cette fois-ci les enfants courir.
- Je n'ai pas eu l'occasion de te le dire mais je suis désolé que tu te sois disputé avec Crowley par ma faute. Je sais que c'est un ami de longue date et que vous vous entendiez merveilleusement mais aussi que...
Je ne finis pas ma phrase sentant la main de Dean se poser sur mon épaule. Je lève la tête et tombe droit dans les yeux vert de Dean.
- Cas', en aucun cas c'est de ta faute. C'est moi qui aie choisi d'aller vers toi et d'apprendre à te connaître. Si Crowley ne l'a jamais accepté, c'est son problème. Tu ne mérites pas ce qu'il t'a fait subir. C'est un gros connard et je le savais depuis un petit bout de temps. Tu n'y es pour rien.
Je perçois la sincérité à travers ses yeux. Je lui souris et il fait de même. Puis, il quitte mon regard pour le tourner vers le ciel, mettant son bras sur le banc derrière mon dos. Je continue à le contempler.
Son collier brille sous les quelques rayons de soleil qui transpercent les nuages. Il le porte constamment, peut-être un cadeau de sa mère. Je ne voulais pas le déranger en ravivant des souvenirs sûrement douloureux mais ma curiosité est plus forte.
- Dean, ton collier, qu'est-ce qu'il représente ? interrogé-je en le pointant du doigt, le plus innocemment possible.
Dean le tourne entre ses doigts.
- Oh, je ne sais pas trop. C'est une sorte d'amulette avec un visage dessiné dessus.
- Je peux le regarder ?
- Oui si tu veux, accepte-t-il, interloqué.
Dean ne le détache pas de son cou. Je m'approche et la prends en main pour l'admirer de plus près. Elle est plus lourde que je ne le pensais, le matériel est à l'évidence du cuivre. Elle est vraiment unique. Le visage gravé possède des cornes, des grandes oreilles et un long menton. Je distingue également un tourbillon dessiné sur son front.
Dean est incommodé. Je lâche son bijoux et me recule pour sortir de son espace vital.
- Quelqu'un te l'a offert ?
Il me regarde en levant un sourcil.
- Euh... Oui, c'est Sammy.
- À quelle occasion ?
- Tu es bien curieux, pourquoi ce collier t'intéresse tant ? Je hausse les épaules.
- Tu ne l'enlèves jamais de ton cou, je pense qu'elle est importante pour toi et je veux simplement savoir pourquoi.
Il reste un moment silencieux. Je le regarde avec insistance pour qu'il me réponde. Il soupire voyant que je n'en démords pas.
- C'est Sammy qui me l'a offert à Noël quand il avait huit ans. Il n'en dis pas plus.
- Et ? insisté-je pour savoir toute l'histoire.
Il prend une inspiration.
- Et normalement, c'était un cadeau pour mon père mais il n'était pas présent donc Sammy me l'a offert à la place, m'explique-t-il.
- D'accord.
Je suis content qu'il m'ait raconté l'histoire de son collier. Je ne sais pas pourquoi mais cela me tenait à coeur.
- D'autres questions ?
- C'est suffisant pour aujourd'hui, déclaré-je.
Il pousse un rictus. Les nuages commencent à s'assombrir, ne laissant plus aucune chance aux rayons du soleil de les traverser.
- Il faudrait que nous rentrions, proposé-je.
Dean accepte et nous marchons jusqu'à chez moi.
A peine passés la porte, qu'un déluge tombe du ciel. Dean n'a pas le choix que de rester à la maison, à moins qu'il préfère être trempé pour rentrer chez lui. Vu son expression, il ne compte pas partir.
Gabriel est ravi de retrouver sa maison. Il court partout en reniflant chaque recoin. Je suis également réjoui, après ce séjour à l'hôpital.
J'informe ma mère de notre arrivée et nous montons dans ma chambre. Celle-ci n'a pas bougé depuis mon départ, tout est rangé à sa place sauf les quelques feuilles de cours qui traînent sur mon bureau.
- Mais c'est mon tee-shirt que je cherchais partout ! s'exclame Dean en prenant le dit vêtement et en m'interrogeant du regard.
Il était posé sur mon lit, ma mère a dû le laver.
- Pourquoi c'est toi qui l'a ?
Pas étonnant qu'il ne se souvienne pas, dans l'état qu'il était.
- C'est Sam qui m'a dit de t'emprunter un tee-shirt car tu avais vomi sur ma chemise après la fête, expliqué-je.
Il me regarde, perplexe.
- C'est toi qui m'a ramené ?
- Bien sûr, tu étais trop lourd pour que Lisa le fasse, donc, je me suis proposé. Puis, tu m'as confié que tu ne voulais pas que Lisa te ramène.
Dean devient tout blanc. Pourquoi semble-t-il si embarrassé que ce soit moi qui l'ai ramené ?
- Benny et Garth ne t'ont pas aidé ?
- Non ils étaient déjà partis. Je t'ai raccompagné tout seul.
Dean est tourmenté. Je penche légèrement la tête.
- Dean, tu vas bien ?
Il secoue sa tête et s'efforce de me sourire. Je ne comprends vraiment pas son attitude.
- Oui je vais bien, c'est juste... Je t'ai dit quelque chose de déplacée ?
Je cherche dans mes souvenirs.
- Non, déclaré-je.
Il soupire et s'assoit sur mon lit, son tee-shirt dans sa main. Il paraît rassuré.
- Tu m'as dit que je mérite mieux que Meg et...
Je ne sais pas s'il faut que je le dise. Son air paniqué revient.
- Et ? s'impatiente-t-il.
Je baisse le regard.
- Et que tu me considères comme un frère.
Ces mots ont eu peine à sortir. Je repose mes yeux sur Dean qui passe sa main sur sa nuque. J'attends qu'il réagisse mais il ne dit rien.
- Tu n'en as aucun souvenir ? l'interrogé-je pour ne pas laisser ce silence planer trop longtemps.
Il prend son temps pour répondre.
- Non, avoue-t-il.
J'enlève sa veste, qu'il m'a gentiment prêté, et la pose délicatement sur ma chaise de bureau. Il a ses coudes sur ses genoux et sa tête entre ses mains, comme s'il priait. Mais je ne pense pas que ce soit le genre de Dean, il doit simplement réfléchir.
Le silence commence à peser sur l'atmosphère. Je me dirige vers mon sac, posé sur le lit, afin de défaire mes affaires à l'intérieur. Je l'ouvre, puis prends mes livres pour les remettre à leur place sur l'étagère.
- Ce que je t'ai dit, je le pense vraiment.
Je me retourne vers Dean, qui n'a pas bougé de sa position initiale, hormis le fait, qu'il me regarde droit dans les yeux, à présent. Je ne sais quoi lui répondre. Je lui souris ne détachant pas mon regard de ses yeux émeraudes. Tu es bien plus pour moi, Dean.
