CHAPITRE 15 : Dean
Pour une rare fois, je ne vais pas être en retard au lycée. J'ai proposé à Cas' de l'emmener avec ma moto au lieu qu'il y aille avec son vélo. Il a accepté mais il a bien spécifié que l'on devait absolument être à l'heure au lycée. J'ai donc fait l'effort de me réveiller plus tôt et d'arriver en avance devant la maison de Cas'. Je frappe à la porte. La mère de Cas' m'ouvre et me fait rentrer.
- Castiel ne devrait pas tarder, m'informe-t-elle.
Je hoche la tête, puis, elle part vers la cuisine. J'attends donc à l'entrée. Je regarde la déco que je commence à bien connaître mais une chose attire mon attention.
Je m'approche de la commode sur laquelle est disposé des cadres photos, différentes clefs et le courrier. Je regarde de plus près l'une des photos. Cas' devait avoir environ dix ans, il souriait à pleine bouche à côté d'une sorte de ruche d'abeilles, tenant dans sa main un pot de miel. Il est heureux. Je comprends mieux pourquoi il est si protecteur envers les abeilles.
J'allais me repositionner près de la porte lorsque je découvre une lettre adressée à la mère de Castiel. Pour l'instant, rien de bien étonnant sauf que sur la lettre, il est écrit : Pour Ellen Harvelle. Je suis surpris. Pourquoi « Harvelle » et pas Novak ?
- Alors comme ça, tu lis mon courrier ?
Je pose la lettre en vitesse, embarrassé. La mère de Castiel vient de faire irruption dans l'entrée. Elle me sourit. Elle n'est pas fâchée contre moi.
- Non c'est juste que..., cafouillé-je cherchant à me défendre, pourquoi c'est écrit « Harvelle » ? Vous avez gardé votre nom de jeune fille ?
Je ne trouve que ça comme explication.
- Non, c'est mon nom de fiançailles. Castiel ne te l'a pas dit ?
- De quoi ? demandé-je ne comprenant pas ce qu'elle insinue.
- C'est vrai que c'est un sujet dont il évite de parler, c'est aussi douloureux pour lui que pour moi... Je préfère que ce soit lui qui te l'annonce après tout, c'est ton ami.
Elle me sourit d'un sourire forcé, cherchant à cacher sa souffrance. Ça aurait pu prendre avec un autre mec, mais pas à moi. Je connais trop la douleur pour ne pas voir les signes. J'ouvre la bouche pour renchérir mais j'entends les marches grincer.
- C'est bon, je suis là ! crie Castiel en descendant les escaliers à toute vitesse.
Il est enjoué, comme à son habitude. Je ne vais pas lui demander de but en blanc la raison pour laquelle sa mère se nomme Ellen Harvelle. C'est ni le moment ni l'endroit. Je fais comme si rien n'était et salue Ellen avant de sortir de la maison. Nous roulons jusqu'au lycée.
La matinée passe et le début d'aprèm' aussi. Rien n'a signaler. Je passe la plus claire partie de mon temps avec Benny et Garth, pour leur prouver que je ne les abandonne pas. Je n'ai toujours pas digéré leur réaction.
Je n'ai pas croisé Crowley depuis un moment, et franchement, tant mieux. Je ne veux plus voir cette tête de con.
Cas', pour sa part, reste avec son groupe de filles. Je ne sais pas comment il fait pour réussir à les supporter. Quoique maintenant il est en couple avec Meg... D'après ce que je vois, il n'est pas trop tactile contrairement à Meg qui n'arrête pas une seconde de le toucher. Je ne sais pas pour quelle raison mais ça m'énerve.
Je marche dans le couloir pour aller rejoindre Benny, dehors en train de fumer, lorsque j'entends des sonneries de téléphones et des rires s'en suivre. Je sais très bien ce que ça signifie, une rumeur ou une photo ou une vidéo circule pour toucher quelqu'un de précis.
Je sors mon portable de ma poche, mais bizarrement, je n'ai rien reçu. En tant qu'élève populaire j'aurais été dans l'un des premiers à le recevoir. Pourquoi je n'ai rien ? Les sonneries des téléphones ne s'arrêtent pas et les rires non plus. Je lève la tête et remarque que tout le monde me regarde en rigolant. Impossible que ce soit sur moi...
Je m'approche du premier abruti le plus proche qui rigole.
- File moi ton portable, dis-je d'un ton sec.
Il ne semble pas comprendre. Impatient je lui arrache son téléphone des mains et regarde ce qu'il vient de recevoir. Je n'en crois pas mes yeux !
C'est une photo de moi et de... Cas'. Nous sommes assis sur un banc, Cas' est très proche de moi avec ma veste sur le dos et on se regarde dans les yeux. La photo date sûrement d'hier, lorsqu'on était au terrain vague. De l'angle où la photo a était prise, on a l'impression que nous allons nous embrasser. Comment... Qui... C'est pas possible.
Je vérifie qu'il a bien qu'une photo, mais à ma grande déception, ce n'est pas la seule. Une autre dans laquelle je pose ma veste sur les épaules de Cas', tout en lui souriant, et la dernière où j'ai le bras sur les épaules de Cas', en regardant le ciel. Je me rappelle très bien que j'avais simplement posé mon bras sur le rebord du banc derrière Cas' et non SUR Cas'.
Il y avait également un commentaire : Dean et Castiel 4ever.
Je recule. Je comprends mieux les réactions des autres, maintenant. Je suis pris d'une immense colère et rends le portable au mec en le posant violemment sur sa poitrine. Celui-ci ne se démonte pas.
- La vérité éclate au grand jour !
- Ta gueule !
J'ai une grosse envie de lui foutre mon poing dans sa gueule mais je me ressaisis.
Tout le monde continue de rigoler. Je pars en bousculant tous ceux qui se trouvent sur mon chemin. Je ne sais pas où aller. Je marche sans destination précise, je veux juste fuir les regards qui me poursuivent et les rires qui me résonnent dans le crâne. J'ai envie de tous les massacrer un par un pour qu'ils se taisent, pour ne plus voir ses têtes qui se moquent de moi.
J'ouvre la première porte et me retrouve dans les toilettes. Il y a personne, heureusement. Il faut que j'évacue toute cette colère en moi.
- Merde ! hurlé-je en donnant des coups de pieds dans les portes des WC.
Je m'approche des miroirs et donne un grand coup contre le mur juste à côté de l'un d'eux. Je finis par me calmer, à cause de mon poing qui me fait un mal de chien. Ma main blessée tremble, et je contemple les gouttes de sang tomber dans le lavabo. Je pose mes deux mains sur le lavabo et me regarde dans le miroir que j'ai manqué d'éclater.
Je reste là, devant mon reflet, un bon moment. Après tout, je ne voulais simplement pas que Cas' attrape froid. Puis, je l'ai laissé admirer mon collier. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ? Ensuite, oui on peut le dire, j'ai risqué de me faire poignarder par Crowley pour le défendre. Mais c'est tout naturel lorsque l'on est ami, non ?
Je ne sais plus où j'ai la tête. J'aime bien être en sa compagnie. On rigole bien ensemble, sans que personne ne nous juge, ni conteste nos conneries. Je veux le voir sourire et rire, le voir heureux quoi... Mais cette sensation de la soirée lorsque Castiel a embrassé Meg, me hante toujours. Malgré l'alcool, je n'ai pas réussi à l'oublier et elle refait surface dès que je vois ou pense à Cas'.
Et maintenant ces photos qui circulent... Tout le monde croit que l'on est ensemble. Comment je vais leur expliquer que ce n'est pas le cas ? Que ça ne sera jamais le cas ! Car je suis Dean Winchester, et que j'ai aucune envie d'embrasser Castiel ! Au grand jamais, non ! C'est un mec et je ne suis pas pd !
Ma colère remonte en moi mais elle se dissipe rapidement lorsque j'entends la sonnerie. Je ne retourne pas en cours. Tant pis pour le cours de français, surtout pour la prof de français.
J'attends quelques minutes pour que les retardataires rentrent en cours. Je ne veux croiser personne. Je scrute le couloir, personne. Génial !
Il faut que je parle à Castiel mais bon élève comme il est, il doit être en classe. Je l'attendrai à la sortie.
J'arrive à m'échapper du lycée sans grande difficulté. Je réfléchis à où je peux aller et opte pour le Wendigo's Burger. Je décide d'y aller à pied.
Sur le chemin, je ne vois pas grand monde. Seulement quelques couples se tenant la main en pensant que rien, ni personne peut les séparer mais aussi quelques potes rigoler tout en essayant d'aborder les filles qui passent devant eux. Pour la première fois, je regarde ces différentes personnes avec attention, sans savoir pourquoi.
Me voilà devant Wendigo's Burger. Je rentre et m'installe sur ma banquette habituelle. Je regarde par la fenêtre attendant que l'on prenne ma commande.
J'hésite longuement avant de sortir mon portable de ma poche, de peur de ce que je peux y trouver. Je ne bouge pas pendant un temps, téléphone à la main sans le déverrouiller. Je me lance et ce que je découvre me rends furieux mais en même temps abattu.
Les messages sont de toutes sortes, de "T'inquiète pas Dean, ces photos ne prouvent rien" à "Suceur de queues", de "Je serais toujours là pour toi" à "T'approche plus de moi !" et de "C'est du n'importe quoi" à "Je l'ai toujours su". Mais la grande majorité des messages sont haineux.
Je ne regarde pas plus de quelques secondes et jette mon portable sur la table comme s'il était devenu brûlant. Je pose mes mains sur mon visage, tout en soupirant. Qui a bien pu faire ça ?
Une main se pose sur mon épaule ce qui me fait sursauter.
- Excuse-moi, je ne voulais pas te faire peur.
C'était simplement la serveuse, Betty.
- C'est rien, ce sera une bière, déclaré-je d'un ton monotone.
- Tu es sûr que ça va ?
Je n'ai clairement pas envie de discuter.
- Oui je vais bien, une bière s'il te plaît.
Mon ton devait être un peu sec car Betty n'insiste pas et part chercher ce que j'ai demandé.
Je reprends mon portable et envoie un message à Castiel : « Je t'attends à la sortie, faut qu'on parle ». Une révélation me vient à l'esprit, j'ai complètement oublié Lisa. J'espère qu'elle n'a pas cru à toutes ces conneries.
Reprenons depuis le début. Qui veut nuire à ma réputation ? Si je pars de ce principe là, il y a une très longue liste. Par rapport à toutes les meufs que j'ai piquées alors qu'elles avaient déjà un copain, les vengeances des filles jalouses que j'ai larguées et aussi tous ceux que j'ai insultés ou frappés. Ça ne m'aide pas pour trouver le ou la coupable.
La serveuse arrive, me coupant de mes pensées, et pose ma bière sur la table tout en me souriant. Elle n'est pas contrariée par la façon dont je lui ai parlé tout à l'heure. C'est déjà ça.
J'avale une gorgée de ma bière, ce qui me fait du bien. Je reprends le cours de mes pensées. Je réfléchissais à quoi ? Ah oui, le ou la coupable de ces photos. Je dois réduire ma liste et me poser les bonnes questions. Bon, voyons voir. Pourquoi faire une chose pareille ? Il y plein de façons de détruire ma réputation, mais pourquoi ces photos avec Castiel ? Ça le touche aussi donc le ou la coupable lui en veux aussi. Qui peut bien nous en vouloir à tous les deux ?
Je reprends une gorgée de ma bière et tout me parait claire.
Mais oui bien sûr ! C'est tellement évident ! Pourquoi je n'ai pas pensé à lui ? Ça doit être lui, sans aucun doute. Il faudrait que je le chope pour lui "parler" de ses photos.
Je bois ma bière. Ma main me lance et je réalise que je ne l'ai même pas soignée avec toutes ses pensées. Je l'examine et elle commence sérieusement à enfler. Je me lève, ma bière dans l'autre main, et me dirige vers le comptoir.
- Betty ! Tu pourrais m'apporter une poche de glace ?
Elle me regarde perplexe. Je pose alors ma main gonflée sur le bar et elle part me chercher un truc.
J'attends un instant avant de la voir réapparaître avec un torchon rempli de glaçons, je suppose.
- Tiens, voilà.
Je la remercie et dépose le torchon sur ma main. Je tire une grimace de douleur mais le froid me fait du bien.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? me questionne Betty.
Je n'ai toujours pas envie de parler.
- Rien.
- Comme tu voudras, déclare-t-elle avant de partir servir d'autres clients.
Je m'assois sur le tabouret, attends que ma main dégonfle tout en sirotant ma bière.
Je suis à présent devant le lycée, adossé contre un arbre. Ma main va beaucoup mieux, prête à redonner des droites ! Maintenant, j'attends la sortie de Lisa et Castiel, il faut que je parle aux deux. Je commencerai d'abord par Lisa, de toutes façons, je ramène Castiel en moto donc, il attendra.
Les minutes passent d'une lenteur abominable et j'ai comme une boule au ventre. Ça fait longtemps que je n'ai pas ressenti le stress. Pourquoi maintenant ? Je cesse de réfléchir en entendant la sonnerie.
Une multitude d'élèves sort du bahut et je guette si j'aperçois Lisa. Une fille avec un sac rose et un ruban rouge dans ses cheveux brun, ressort de la foule. C'est elle ! Je détale vers elle, me frayant un chemin parmi la foule. Je l'appelle et elle se tourne dans ma direction.
- Lisa, il faut que je te parle, m'exclamé-je avant même de la saluer. Vu sa tête, je savais qu'elle voulait faire de même.
- Ah te voilà ! Je t'ai cherché partout. Tu étais où ?
- J'ai sécher les cours, avoué-je.
- Pourquoi ? Tu as trop honte que la vérité soit sortie ?
Je lève les yeux au ciel. Moi qui la croyais assez intelligente pour savoir que c'est faux.
- Tu ne vas pas croire à ces conneries !
- Ces conneries, tu dis ? Je sais que les photos n'ont pas été photoshopées. De plus, je trouve que tu passes un peu trop de temps avec « ton pote ».
J'en reviens pas ! Comment peut-elle croire que c'est la vérité ?!
- Je passe du temps avec Cas' parce que justement c'est mon pote, et il regardait simplement mon collier !
- Ah ouais ? Et ta veste sur ses épaules, tu m'expliques ?
Elle est en colère, moi frustré.
- Je lui ai passé parce qu'il avait froid, c'est tout !
- C'est exactement la même technique que tu as utilisé pour m'embrasser.
J'essaye de contrôler ma colère qui commence à monter.
- Mais, c'est Castiel ! C'est un mec ! Tu crois vraiment que je suis gay ?!
- Là n'est pas le problème, mais si tu me trompes avec Castiel, dit-le moi franchement.
J'ai peine à y croire.
- Mais putain ! Je n'ai jamais embrassé Castiel ! C'est simplement un pote ! C'est même une tafiole que j'ai manipulée pour avoir des bonnes notes ! Lisa, c'est toi que je veux... Personne d'autre...
Lisa me regarde avec attention, enfin c'est ce que je pensais lorsque je me rends compte que son regard se porte vers la droite. Deux options, soit elle a un strabisme, que je n'aurais pas remarqué jusque là ce qui est étrange, soit elle regarde quelqu'un derrière moi. Elle me confirme ma deuxième hypothèse quand elle me fait signe de me retourner.
Pitié que ce ne soit pas celui à qui je pense. Je t'en supplie, faite qu'il n'a pas entendu ce que je viens de dire. Je t'en prie !
Je me tourne le plus lentement possible. C'est bien lui, Castiel, les yeux larmoyants. Tu sers vraiment à rien Dieu !
- Je te rappelle que maintenant, tu me demandes mon aide pour les cours, dit-il d'un ton sec avant de partir.
- Cas' attends !
Je ne sais pas quoi faire. Rester avec Lisa pour me justifier et laisser Castiel partir avec notre amitié ou rejoindre Castiel pour essayer de me réconcilier et prendre le risque de dire adieu à mon couple avec Lisa. Rester avec Lisa ou rejoindre Castiel ? Lisa ou Castiel ?
Je ferme les yeux pour réfléchir quelques seconde puis les rouvre en partant en courant vers Castiel. Tant pis si Lisa m'en veut, je trouverai un moyen de la rendre de nouveau folle de moi. Au pire, je change de meuf.
C'est qu'il marche vite ! Je fonce droit sur Cas' et lui attrape le poignet pour le forcer à se retourner. Il se libère de mon emprise avec une telle force que je reste stupéfait. J'ai quand même réussi à l'arrêter.
- Qu'est-ce que tu veux ? m'interroge-t-il sèchement.
- Je...
Je ne trouve plus mes mots devant ce Castiel froid.
- Tu m'as envoyé un message me disant que tu voulais parler. Je t'écoute. Qu'est-ce que tu veux me dire ?
Je me ressaisis.
- Je veux te parler des photos.
- Je suis au courant, j'ai reçu énormément de messages à ce sujet comme toi, je suppose.
Rien qu'en me rappelant des messages, je me sens fâcheux.
- Ouais et justement il faudrait que l'on s'éloigne, du moins un moment...
Il fait un rictus.
- Attends, tu as couru jusqu'ici pour me dire que l'on doit garder nos distances ? Tu es sérieux ?!
- C'est pas contre toi, c'est juste que je ne veux pas que l'on croit qu'on est en couple, tu comprends ?
Il prend un temps de réaction.
- Oui, je comprends parfaitement ! Je comprends qu'après m'avoir insulté de tafiole, tu me laisses tomber pour sauver ta réputation. Je comprends également, que tu penses qu'à ta petite personne et que tu fuis comme un lâche car tu ne veux pas affronter le regard des autres pour ne pas souffrir. Mais moi je les ai combattu tous ces regards qui te jugent. Seul ! Car j'étais seul ! Et moi qui croyais sincèrement que j'étais un frère pour toi...
- Tu l'es..., chuchoté-je.
- Alors pourquoi tu ne veux pas qu'on affronte ce problème ensemble ?!
Je baisse le regard ne sachant quoi répondre.
- C'est bien ce que je pensais... Tu sais que celui ou celle qui a publié les photos n'attend que ça, que notre amitié soit détruite. Le pauvre petit Dean suit le plan à la lettre car il a peur que son image soit endommagée. Mais elle l'ai déjà ! Le grand Dean Winchester, l'un des garçons les plus populaires du lycée, est bisexuel ! C'est sûr que cela fait parler. Même si on sait tous les deux que ce n'est pas vrai. Mais ne t'inquiète pas, je ne t'adresserai plus la parole. C'est bien cela que tu veux, non ?
Devant l'absence de réponse, Castiel s'en va. Je reste planté, devant la vérité. Je ne peux pas le nier, Castiel a raison. J'ai eu envie de le frapper pour qu'il se taise mais ça n'aurait servi à rien.
Un mec passe à côté de moi, un sourire narquois aux lèvres.
- On s'est disputé avec son petit copain ?
Il fallait pas me chauffer. Je l'attrape par le col et le plaque contre le mur.
Son sourire s'enlève instantanément laissant place à la panique. Je ne connais pas ce mec mais aucune importance, j'ai envie de me défouler. Je brandis mon poing prêt à le frapper mais des personnes arrivent pour nous séparer. Je ne me laisse pas faire, m'agitant pour me dégager de leur emprise.
Ils finissent par me pousser et me demandent de partir. J'obéis, non sans lancer un regard noir au mec que j'ai manqué de frapper.
Je vais jusqu'au parking, passant devant le lycée en essayant de retrouver Lisa qui est partie. Je me rattraperai par message. Arrivé devant ma moto, je suis fou de rage. Qui a osé faire une chose pareille ! Ma pauvre bécane est recouverte de détritus, de toutes sortes. Œufs, tomates, déchets et même poissons. Les gens sont vraiment des cons ! D'abord les photos, puis, l'engueulade avec Lisa et Castiel, et pour finir, ça ! Quelle journée de merde !
