CHAPITRE 16 : Castiel

Les larmes me montent aux yeux. Ne pleure pas, pas maintenant. Je marche vite pour arriver chez moi le plus rapidement possible. Pourquoi j'ai accepté que Dean m'emmène ce matin ? A cause de lui, je dois rentrer à pieds.

Mon coeur se serre rien qu'à l'évocation de son nom. Je ne pensais pas que l'idée d'être en couple avec moi l'horripilerait à ce point, du moins je l'espérais. Lorsque Meg m'a montré les photos, j'aurais aimé que cela soit la vérité. Mais la réaction de Dean qui en découle, m'enlève tout espoir que cela puisse arriver un jour. Je savais que la possibilité que Dean et moi formons un couple était minime mais je me raccrochais à cet espoir tellement fort. Et maintenant tout s'écroule. Pourtant on m'avait prévenu.

Je ne peux retenir mes larmes plus longtemps, elles roulent le long de mes joues. Les passants me dévisagent et je baisse la tête, afin de cacher mes pleurs au maximum. J'essaye de me ressaisir et sèche mes larmes d'un revers de main.

Mon téléphone sonne. Je le sors de ma poche, c'est Charlie. J'ai aucune envie de bavarder, en tout cas pas maintenant. Je refuse l'appel avant de remettre mon portable dans ma poche.

Me voilà devant chez moi. La voiture de ma mère est dans l'allée. Il faut que je ne laisse rien paraître pour qu'elle ne s'inquiète pas. Je respire profondément avant d'ouvrir la porte. J'espère que je n'ai pas les yeux rouge. Je pénètre dans l'entrée en silence, enlevant mon trench-coat et mes chaussures. Gabriel m'a entendu malgré ma discrétion, descendant l'escalier dans un vacarme pas possible. Il me saute dessus content de me retrouver. Je le caresse pour le calmer.

- Coucou, mon chéri !

Ma mère est dans la cuisine en train de préparer le dîner pour ce soir.

- Salut maman.

Ma voix ne doit pas être assez enthousiaste car ma mère arrête tout et se tourne vers moi.

- Mon coeur, viens ici.

Je lui obéis. J'aurais dû être plus convainquant.

- Tu vas bien ?

- Oui super, réponds-je avec un faux-sourire.

Elle me caresse la joue.

- Ne me mens pas, je vois bien que tu ne vas pas bien. Qu'est-ce qu'il y a?

- Je me suis disputé avec Dean, lui avoué-je.

Je ne suis pas d'humeur à lui raconter toute l'histoire en détails. Elle me prend dans ses bras et me caresse les cheveux. Je me mets à pleurer et elle amplifie sa prise.

- Je suis là, mon coeur.

Sa voix est douce et mélodieuse. Elle me chantonne une comptine qu'elle me murmurait pour me bercer quand j'étais petit. Je connais les paroles par coeur. Je me concentre sur sa voix pour calmer mes sanglots.

Une fois la comptine achevée, je me sens déjà mieux. Je m'écarte de ma mère et lui souris.

- Merci maman.

Elle me rend mon sourire et me dépose un baiser sur le front.

- Je t'aime, mon fils.

- Moi aussi je t'aime, maman.

Nous nous regardons un moment dans les yeux, puis, je monte dans ma chambre suivi par Gabriel.

Je m'assieds sur mon lit, au même endroit où Dean m'a dit que je comptais pour lui. Ce n'était que paroles creuses, sans signification. Je croyais que j'étais un véritable ami, mais ce n'était qu'illusion pour avoir de bonnes notes.

Je m'allonge sur ma couchette admirant le plafond. Gabriel saute et commence à me lécher le visage.

- Je ne suis pas d'humeur Gabriel.

Il comprend et se couche sur mon ventre. Je le caresse longuement pour me réconforter. Je ne suis pas seul. Je contemple mon plâtre sur lequel Meg, Charlie, Jody et Rowena ont signé avec un petit mot. Je les regarde avec attention. Une idée me vient.

- Gabriel, tu veux signer mon plâtre ?

Celui-ci remue la queue même si je doute qu'il est compris. Je le décale et me lève pour atteindre mon bureau. Est-ce que j'ai de l'encre ? Dans un tiroir, j'en trouve une boîte entière pour stylos plumes. Yes ! Je vide un pot à bords bas sur mon bureau, prends un ciseaux et remplis le réceptacle avec l'encre.

Gabriel me regarde avec attention. Je m'approche de lui avec le pot dans ma main. Je prends une des pattes de Gabriel qui se laisse faire, la trempe dans l'encre et la pose sur mon plâtre. Une belle empreinte de patte se dessine. Parfait ! J'essuie la patte de Gabriel avec un mouchoir afin qu'il n'en mette pas partout. Je repose le pot sur mon bureau et prends un marqueur pour écrire Gabriel en dessous de l'empreinte. Tout le monde est réuni.

Je prends mon ordinateur et me laisse choir sur mon lit, Gabriel à mes côtés. Les filles doivent s'inquiéter. J'allume mon ordinateur et appelle Charlie en vidéo. Elle décroche instantanément.

- Salut mon Cas' ! Qu'est-ce que t'a dit Dean ?

A mon expression, elle se doute que c'était rien de bien.

- Tu peux faire un appel groupé ? Je ne sais pas comment faire.

- Je m'en occupe.

En seulement quelques minutes, tout le monde est devant sa caméra. Elles étaient toutes impatientes que je leur raconte. Je ne change pas mon expression et leur sourire s'efface.

- Ça s'est mal passé ? m'interroge Jody.

Je hoche la tête.

- Qu'est-ce qu'il s'est produit ? demande Meg.

- Nous nous sommes disputés.

- Merde ! s'exclame Charlie.

- A cause des photos ? intervient Rowena.

- Oui mais pas seulement, expliqué-je, il m'a insulté de tafiole ultérieurement et après il m'a déclaré que l'on devait garder des distances.

Je me remémore le visage de Dean lorsque je lui ai dit la vérité. Je reviens dans la conversation.

- Désolée de te le dire Cas', mais c'est qu'un con et un lâche en plus, crache Jody, tu mérites beaucoup mieux que lui.

Sauf que je ne veux personne d'autre que lui.

- Jody a raison, renchérit Meg, Dean ne t'arrive même pas à la cheville.

Charlie s'approche de sa caméra.

- A quel moment il t'a insulté ?

- Quand il parlait à Lisa.

Lisa m'avait vu mais n'a pas arrêté Dean pour autant. Peut-être qu'elle voulait qu'on se dispute. Remarque, c'est pas une excuse.

- Il ne le pensait peut-être pas, argumente Charlie. - Possible, mais il ne m'a pas demandé pardon.

Une boule au ventre s'y forme en réalisant que Dean n'a vraiment rien fait pour éviter le conflit.

- En tout Cas', si tu as besoin, nous sommes là, lance Rowena.

- Tu peux toujours compter sur nous, ajoute Jody.

Charlie et Meg le confirment également d'un hochement de tête. Elles me sourient toutes. Cela fait bizarre de se sentir soutenu.

Nous restons en vidéo pendant plus d'une heure. Elles essaient de me réconforter mais cela ne fonctionne pas tellement car je suis autant dépité qu'avant. Elles font de leur mieux. Je peux dire que j'ai des vraies amies.

Je ferme mon ordinateur et le repose sur mon bureau. Avec tout ce qui s'est passé, j'en ai même oublié de faire mes leçons. J'ouvre mon sac et ouvre mon manuel de mathématiques afin de faire les exercices demandés par le professeur. Je me concentre le mieux possible mais je me souviens, malgré moi, des moments où j'essayais d'expliquer à Dean comment résoudre les exercices de mathématiques.

Il ne comprenait jamais rien, même si je lui expliquais cinq fois d'affilés. Je crois que c'est la matière où il a le plus de difficulté, avec le français. Dans les deux matières, il n'est pas souvent concentré. Pour le français, c'est la professeure qui le déconcerte, et pour les mathématiques, il abandonne beaucoup trop rapidement et il ne cessait de me parler.

Je reviens à mes exercices et me focalise dessus pour les résoudre. Environ dix minutes après, je bâcle mon travail, ce qui n'est pas mon style, faute de concentration. J'ai faim et ma mère ne devrait pas tarder à m'appeler. En attendant, je sors mon portable de ma poche et lis les différents messages que j'ai reçu. Peu de personnes ont mon numéro donc les messages viennent pratiquement tous d'Instagram. La plupart sont peu instructifs et insultants. Je découvre également des photomontages de Dean et moi où nous nous embrassons.

C'est impressionnant la vitesse à laquelle une rumeur circule. Des personnes que je ne connaissais pas on prit du temps pour commenter, m'envoyer des messages et faire des photomontages.

Je reste un temps à observer cette image de Dean et moi. Cela se voit que c'est faux mais j'imagine si Dean m'avait réellement embrassé. Ses lèvres contre les miennes, ma main passant dans ses cheveux, nos corps qui s'enlacent... J'ouvre les yeux et réalise que cela n'arrivera jamais.

Je pose mon téléphone sur ma table de chevet et descends au rez-de- chaussé, en essayant de chasser les images que j'ai en tête.

*
Une semaine est passée depuis la circulation des photos. La rumeur s'est

dissipée, mais je ne parle toujours plus à Dean. Je pensais que plus nous voir pourrait l'affecter mais il n'en a pas l'air. D'après ce que je perçois au lycée, il s'est rabiboché avec Lisa. Il semble content, comme si je n'existais pas à ses yeux. C'est cela le plus dur, vivre dans son ignorance et le voir bienheureux.

Dans mon cas, j'essaye de passer outre également mais c'est plus difficile que pour lui, car moi, je me suis attaché à Dean. Lorsque nous nous croisons dans les couloirs du lycée, il arrive que nous nous regardions mais je baisse instantanément les yeux.

Les cours de mathématiques me paraissent très longs. Dean n'a pas demandé à changer de place mais nous nous adressons pas la parole, comme convenu pour ma part.

Heureusement que les filles me soutiennent. Elles m'aident à l'oublier pour quelques heures. Elles proposent des sorties ou viennent chez moi, elles essayent de ne jamais me laisser seul. Je suis très reconnaissant envers elles.

Gabriel aussi sent que je suis triste et n'arrête pas de me faire des câlins, heureusement qu'il est là lui aussi. Il a toujours été là pour moi.

Quant à ma mère, je cache mon désarroi pour ne pas qu'elle s'inquiète. Mais je pense qu'elle le perçoit tout de même.

Aujourd'hui, elle m'a proposé qu'on passe le week-end chez ma grand- mère qui habite à Michael dans l'Illinois. J'ai accepté volontiers, cela fait longtemps que je l'ai vu et ça va me changer les idées.

Je prépare mon sac, prenant de quoi me divertir et quelques vêtements ainsi que les affaires de Gabriel.

Nous voilà dans la voiture, Gabriel à l'arrière et moi devant avec ma mère. Nous sommes partis pour trois heures de route.

Je regarde le paysage défiler, tout en écoutant la musique à la radio. Je me perds dans mes pensées.

- Tu t'es réconcilié avec Dean ?

Je quitte le fil de mes songes et me tourne vers ma mère.

- Il n'est pas venu s'excuser donc j'attends toujours, lui expliqué-je.

Elle hoche la tête.

- C'est pas trop douloureux de ne plus lui parler ?

- Je fais avec.

Je marque une pause.

- Je pense que je ne compte pas pour lui, avoué-je.

- Je pense plutôt, que s'il ne vient pas s'excuser c'est par fierté. Mais ne doute pas de ton amour envers Dean, ça va s'arranger.

Je ne vois pas où elle veut en venir.

- Comment ça ?

Elle ne quitte pas la route du regard.

- Je vois bien comment tu le regardes. Tu as les yeux qui pétillent avec le sourire aux lèvres. A ses côtés, tu es heureux et c'est tout ce qui m'importe.

Je reste silencieux. Je ne pensais pas que cela se voyait à ce point. Mais c'est vrai qu'à ses côtés, je n'ai peur de rien.

- Mais sache que Dean te regarde de la même manière.

Je ne veux pas la croire, de peur d'être déçu une nouvelle fois.

- Mon grand garçon, dit-elle en me caressant les cheveux.

Je détourne le regard vers la vitre pour ne pas qu'elle perçoive ma détresse. Elle accepte ma différence et je l'en remercie, mais me faire croire que ce que je ressens pour Dean soit réciproque, c'est cruel. Après tout, quel intérêt a-t-elle à mentir ?

J'essaye de ne pas y songer mais durant tout le long du trajet, je ne cesse d'imaginer différentes possibilités que Dean avoue ses sentiments à mon égard.

Nous venons de nous garer dans l'allée du garage de ma grand-mère. Je crois que j'ai sommeillé à la fin du trajet car je n'avais pas remarqué que nous étions déjà arrivés.

Ma mère sort de la voiture la première et je fais de même, puis ouvre la portière de derrière pour libérer Gabriel. Il saute de la voiture et commence à renifler partout. Pour ma part, je m'étire pour dégourdir mes muscles. La porte d'entrée s'ouvre et ma grand-mère sort de la maison. Ses cheveux blancs, qui étaient à l'origine bruns, retombent sur ses épaules couvertes par un gilet gris. Elle est habillée d'une robe à fleurs de couleur vive et à ses pieds, je distingue des chaussons. C'est la règle numéro un, enlever ses chaussures avant d'entrer dans la maison.

Je lui souris, content de la voir, mais elle s'approche de moi d'un air paniqué.

- Castiel ! Mais que t'est-il arrivé ? me questionne-t-elle en pointant du doigt mon plâtre.

- Je suis tombé à vélo, mens-je.

Je ne veux pas lui raconter toute l'histoire en l'inquiétant d'avantage.

- J'ai toujours dit que ces engins sont dangereux. Mais bon, vu que ta mère ne m'écoute jamais.

Je me tourne vers elle et nous nous lançons un regard complice.

- Entrez donc, vous n'allez pas coucher dehors.

Je lui souris. Nous n'avons même pas le temps de prendre nos sacs dans la voiture, qu'elle veut déjà qu'on rentre. Elle est encore pleine de vie, pour son âge.

J'attrape mon sac dans le coffre et me dirige vers la porte d'entrée. Gabriel me suit et je lui fais signe de frotter ses pattes sur le paillasson avant de pénétrer dans la demeure. Dans mon cas, j'enlève mes chaussures et enfile les chaussons que ma grand-mère m'a préparé à l'avance.

- Au fait Castiel, tu regarderas sur la table, je t'ai trouvé des livres dans des brocantes.

Elle me fait rire, c'est grâce à elle que ma passion pour la littérature m'est venue. Pendant que mes camarades jouaient au dernier jeu vidéo, moi, je lisais des vieux livres.

Je la remercie en prenant les livres avant de monter dans ma chambre attitrée. Je découvre la même chambre sans rien de changé. Des étagères remplies de livres, des bibelots en signe de décorations et même mes anciens jouets rangés dans un coin de la pièce. Ça me fait plaisir de la retrouver. Je pose mes affaires et feuillette les livres qu'elle a négociés.

L'après-midi passe à une vitesse folle. J'ai aidé ma grand-mère à préparer à manger en parlant de livres, bien sûr, du lycée, me faisant penser à Dean que j'avais réussi à chasser de mon esprit, et aussi de choses peu importantes.

Gabriel n'a pas arrêté de me suivre partout. Contrairement à moi, ma grand-mère n'apprécie pas tellement les chiens mais la présence de Gabriel ne la dérange pas.

Je suis également parti promener Gabriel, laissant ma mère retrouver la sienne. Nous nous sommes baladés dans les rues dans lesquelles jadis j'adorais jouer. Cela me fait drôle, à chaque fois, de retrouver tous ses bâtiments et champs que j'admirais autrefois, imaginant mon avenir. Je n'aurais sûrement pas deviné qu'il se déroulerait ainsi.

Puis, je suis rentré pour dîner, parlant de choses et d'autres tout en rigolant. Je me sens bien, entouré de celles que j'aime.

Je suis allé me coucher tôt. J'ai lu un peu, puis je me suis endormi, Gabriel à mes pieds.

*
Je me réveille à cause de la lumière qui transperce le rideau. Une

sensation de mal-être m'envahit avant de s'évaporer aussi vite qu'elle est apparue. Étrange. Je me lève et me dirige vers la salle de bains qui se trouve juste à côté de ma chambre.

J'enlève mon tee-shirt et mon caleçon puis m'examine dans le miroir. La grande majorité des ecchymoses sont parties mais certaines persistent. J'enveloppe mon plâtre d'un sac poubelle pour éviter de le mouiller et prends ma douche. Je m'habille et descends vers la cuisine.

Tout est déjà prêt pour le petit-déjeuner. L'odeur des crêpes embaume la maison et donnerait faim à quiconque en sentirait le parfum. Ma grand- mère est dos à moi, faisant cuire les dites crêpes.

- Bonjour, grand-mère.

Elle se tourne brusquement vers moi.

- Oh mon petit, tu es déjà levé. Installe-toi avant que ça refroidisse.

Je m'assieds sur une chaise et attends sagement.

- Sers-toi donc, tu dois avoir faim.

C'est vrai que j'ai faim, j'attrape une crêpe pour la mettre dans mon assiette et la recouvre de beurre de cacahouète avant de la manger.

- Grand-mère, comment sait-on si on est amoureux ? l'interrogé-je après avoir fini ma bouche.

Cette question m'est venue d'un seul coup. Ma grand-mère, un peu surprise par mon interrogation, se tourne vers moi et s'installe à table.

- Comment te l'expliquer ? Quand on est amoureux, plus rien ne compte à part l'être aimé, on est prêt à tout pour lui même mettre sa propre vie en danger et on est comblé seulement d'être à ses côtés.

C'est techniquement ce que je ressens pour Dean.

- Et comment sait-on si l'être qu'on aime ressent les même sentiments pour soi ?

Elle réfléchit un instant.

- Je crois que tu ne le sais pas tant que tu ne lui as pas avoué ton amour, conclut-elle.

Je dois donc dire à Dean ce que je ressens pour lui. Je n'aurais jamais le courage.

- Ne désespère pas Castiel, je suis sûre qu'elle t'aime aussi.

Je lui souris malgré le désespoir qui grandit en moi. Il faut que je pense à autre chose mais Dean hante mon esprit, quoi que je fasse. Je reprends une crêpe mais la remplie, cette fois-ci, de sirop d'érable.

La journée passe également rapidement. Après le petit-déjeuner, nous sommes allés tous les trois, enfin quatre avec Gabriel, au marché. Ma grand-mère a acheté des légumes frais et moi j'ai acheté des bonbons pour Gabriel. Il était ravi !

Ensuite, nous sommes rentrés et j'ai aidé ma grand-mère à faire la cuisine, comme la veille. En attendant que cela cuise, j'ai commencé un livre parlant de l'espace qui est très intéressant.

Le début d'après-midi est « repos », j'ai donc continué le livre et j'ai fait les devoirs que j'ai amenés.

Nous partons en milieu d'après-midi car ma mère dois être à l'heure pour son travail de nuit. Je salue ma grand-mère et nous rentrons chez nous après trois longues heures de route.

A peine arrivés, ma mère part déjà me laissant seul dans cette grande maison. Heureusement qu'il y a Gabriel. Je défais tous les sacs, rangeant chaque objet à sa place.

Une fois fini, je m'assieds sur mon lit et allume mon portable que je n'avais pas touché du week-end. J'ai reçu quelques messages de Charlie et Meg mais à ma grande déception, aucun de Dean.

Déçu, je pose mon téléphone sur ma table de chevet. Gabriel n'arrête pas de sauter partout, il n'attend qu'une chose : sa promenade. Je soupire. Je n'ai pas envie d'aller me promener à cette heure-ci. Je fais quand même l'effort de me préparer pour sortir. J'ouvre la porte, la nuit est tombée. Les lampadaires éclairent les trottoirs. Gabriel sort de la maison à son tour et ne semble pas préoccupé par la nuit. Plus vite partis, plus vite rentrer, comme dirait ma grand-mère.

Nous marchons. Gabriel est content de gambader. Je repense à ce que m'a dit ma grand-mère, ce matin même. Ce que je ressens pour Dean est tel qu'elle l'a décrite mais une chose m'interloque. Dean a risqué sa vie pour moi, il s'est mis en danger pour me défendre. Peut-être que... Non Castiel, ne te fait pas de faux espoirs. Il m'a fait souffrir. Il ne m'aime pas.

Gabriel aboie. Je lui dis de se taire mais il continue. Je me tourne vers lui pour voir ce qui peut bien le mettre dans un état pareil. C'est simplement un écureuil traversant tranquillement la route. Je me remets à marcher mais Gabriel court sur la route pour pourchasser l'écureuil. Sauf qu'une voiture arrive au même moment.

- Gabriel ! Non !

Ce que je redoutais arriva. La voiture percute Gabriel mais ne s'arrête pas pour autant. Mes yeux se remplissent de larmes. Gabriel est allongé sur la route et ne bouge plus.

Je cours vers lui, sans même regarder s'il y a des voitures. Je m'agenouille près de Gabriel. Je ne vois que du sang, du sang partout. Il a la gueule ouverte laissant ressortir sa langue. Son regard semble vide et il ne bouge plus ses yeux. Le sang coule de son flanc ouvert. Je n'arrive pas à examiner la profondeur de la blessure avec tous ses poils mélangés au sang. J'essaye de ne pas être pris de panique et l'examine, voir s'il respire. Je pose délicatement mon oreille sur son torse.

J'attends quelques secondes qui me paraissent une éternité. Je n'arrive pas à entendre son coeur car le mien tambourine dans mes oreilles, mais son torse se lève et se baisse. Il respire ! Faiblement mais il respire ! Je le prends dans mes bras. Que faire ? Ma mère est au travail, la voiture qui l'a renversé est partie et il faut que j'aille le plus rapidement au vétérinaire. Je n'ai plus qu'une seule solution...