CHAPITRE 18 : Castiel

Une sonnerie me réveille en sursaut. Je tends mon bras pour éteindre ce son affreux qui résonne dans ma tête. Je ferme les yeux pour me rendormir étant encore fatigué lorsque je réalise qu'il y a un poids sur mon ventre. Je n'y prête pas attention, cela doit être Gabriel. Je me réinstalle confortablement.

Mais attend, ce n'est pas possible que ce soit Gabriel ! Je me remémore l'accident d'hier. Qu'est-ce que cela peut bien être ? Un sentiment de peur m'envahit. Je ne veux pas ouvrir les yeux mais je dois découvrir quel est ce poids. J'entrouvre mes yeux sentant mon rythme cardiaque s'accélérer.

Le soulagement prend place en moi. Ce n'est simplement qu'une main, la main de Dean. Je me tourne et perçois celui-ci endormi à mes côtés. Il est allongé sur le ventre écartant bras et jambes. Je le contemple.

Il a les cheveux en bataille, sa bave coule sur l'oreiller. Il est torse nu, dévoilant son dos musclé parfaitement dessiné et son caleçon Batman. Voilà le super-héros des temps moderne ! Je pourrais rester des heures à l'admirer dormir.

Mais au fait, pourquoi est-il dans mon lit ? Je jette un coup d'oeil au matelas vide à côté de moi. Après tout, cela m'est égal.

Je dégage son bras aussi délicatement que possible et me lève. Je me dirige vers ma fenêtre et ouvre mes rideaux en grand. J'entends un grognement mécontent.

- Hello Dean !

Pour toute réponse, il me lance un oreiller qui atterrit à un mètre de moi.

- Il faut que tu apprennes à viser si tu veux être le meilleur joueur de baseball, ironisé-je.

- La ferme ! dit-il en mettant l'autre oreiller sur sa tête.

Je souris. Je pense soudainement à Gabriel. Je prends mon téléphone et vérifie si je n'ai reçu aucun appel du vétérinaire durant la nuit. Rien n'est affiché. Je regarde l'heure et réalise que nous sommes lundi.

- Dépêche-toi Dean ! On va être en retard en cours.

J'attrape quelques affaires propres et me dirige en courant vers la salle de bains. J'espère que Dean va se lever. Je me prépare à la hâte et sors de la pièce. J'allais monter dans ma chambre pour secouer Dean lorsque j'entends du bruit dans la cuisine. Ce n'est pas possible que ma mère soit déjà rentrée. Je vais donc vers celle-ci et vois Dean en train de manger un bout de gâteau, entièrement habillé.

- Tu ne manges pas ? m'interroge-t-il.

Comment a-t-il pu se préparer en si peu de temps ? Je m'empare d'une part de gâteau et monte dans ma chambre. Je fais mon sac de cours, dispose mon portable dans ma poche et sors de ma chambre pour me diriger vers l'entrée.

- Dean, nous y allons ! crié-je en enfilant ma veste.

Il s'introduit dans l'entrée, manteau et chaussures enfilés et sac sur son dos.

- Je n'attends que toi.

Il me sourit pour se vanter de sa rapidité. Je soupire n'arrivant pas à faire mes lacets avec mon plâtre.

- Laisse moi faire.

Dean s'accroupit à mes pieds et fait mes lasser. C'est à la fois adorable et humiliant. Une fois terminé, il sent mon regard insistant et se sent gêné. Je le sais car il passe sa main sur sa nuque.

- Bon, on y va !

Il me tourne le dos sans me regarder et sort de la maison. Je lui emboîte le pas et nous allons jusqu'à chez lui pour prendre sa moto. Puis, nous partons au lycée.

Nous ne sommes pas si en retard que cela. Beaucoup de personnes sont dehors ce qui prouve que la sonnerie n'a pas encore retentit.

Je me presse tout de même et Dean me suit avec difficulté. Il salue plein de personnes mais je ne l'attends pas, voulant être dans la salle avant le signal sonore. De plus, il faut que je parle à Charlie.

- Hey Cas', marche moins vite ! Tu vas être à l'heure en cours.

Je m'arrête net et me tourne vers Dean qui court derrière moi. J'ai une chose importante à régler avant les cours.

- J'ai besoin de parler à Charlie, expliqué-je avant de repartir pour une marche rapide.

- Tu ne peux pas bavarder après les cours, genre à la récrée ?

Je regarde Dean et il comprend juste à mon visage que c'est important.

- Bon d'accord, alors on se rejoint en cours.

Je suis sur le point de continuer ma route mais après tout ce que j'allais demander à Charlie concerne Dean également. Je m'approche de Dean.

- Suis-moi cela te concerne aussi.

Il paraît étonné mais je l'entraîne avec moi dans ma course.

Nous sommes arrivés devant notre salle de cours. J'aperçois, grâce à la porte ouverte, mon groupe d'amies. C'est Meg qui me voit la première et elles se retournent toutes vers moi le sourire aux lèvres puis leurs regards se posent sur Dean, interloquées. Meg zigzague entre les tables pour me rejoindre et m'enlacer. Je me sens rougir par le fait que Dean soit juste à côté. Celui-ci semble mal à l'aise.

- Je vais vous laisser entre vous, je ne veux pas vous dérangez.

- Non reste, insisté-je, tu dois entendre ce que j'ai à dire à Charlie.

Meg s'écarte légèrement et me dévisage surprise. Ce n'est pas ce que tu penses Meg, lui fais-je comprendre d'un léger non de la tête. On se dirige vers Charlie qui continue sa conversation avec les autres filles.

- Charlie, il faut que je te demande un service, déclaré-je avant de voir la mine intriguée de celle-ci.

Dean ne comprend toujours pas ce qu'il se passe, mais ne relève rien. J'entraine Charlie à l'écart avec Dean.

- Je me demandais si cela est-il possible que tu découvres qui se cache derrière le pseudonyme qui a été utilisé par celui qui a diffusé les photos de Dean et moi ?

Les deux me regardent surpris, ils ne devaient pas s'attendre à une telle question. L'idée m'est venue ce week-end mais je n'avais aucune envie de me préoccuper avec ce soucis chez ma grand-mère. Mais je sais que Charlie à quelques notions en piratage, d'après ce qu'elle m'a dit.

- Oui, c'est possible mais à vrai dire j'ai déjà essayé mais ça n'a abouti à rien, annonce-t-elle, il doit utiliser un système de sécurité.

- Dommage, soupire Dean, ça aurait été l'occasion de donner une bonne leçon à ce fils de pute.

Le visage de Charlie ne s'est pas assombri, elle a même encore le sourire aux lèvres.

- Mais je peux réussir à avoir quelques données sur lui sans problème. J'en étais sûr, elle en est capable. Dean fait un sourire diabolique avec, dans ses yeux, une lueur de vengeance.

- Comment on s'y prend ? interroge-t-il.

- Pour ma part, je m'occupe de pirater ses données et pour vous, faites une liste des potentiels coupables.

On hoche tous deux la tête et au même moment, la sonnerie s'enclenche. Nous nous installons chacun sur notre table respective. Charlie à côté de Jody, Dean à côté de Benny et moi à côté de Meg. Je jette un coup d'oeil à Dean qui me fait un clin d'oeil et à Charlie qui me sourit, déterminée. Le professeur commence son cours et je l'écoute attentivement sans m'empêcher de penser à Gabriel. Je m'inquiète vraiment de ne pas avoir de nouvelles. Je vais appeler le vétérinaire pendant la récréation.

Les deux heures de cours sont passées et me voilà dehors le téléphone à la main en faisant les cents pas. Cela fait la troisième sonnerie qui se répercute à mon oreille. J'espère tellement que Gabriel aille bien.

- Vétérinaire d'Eldon, je vous écoute.

La voix est douce et posée, ce qui m'apaise légèrement.

- Bonjour, c'est pour avoir des renseignements sur un chien se nommant Gabriel déposé hier soir en état critique.

- Ah oui, Gabriel, sa voix s'éteint petit à petit, le vétérinaire ne vous a pas appelé ?

Je sens mon coeur battre plus vite et un stress immense m'envahir.

- Non, répondis-je, la voix cassée.

- Les vétérinaires l'ont opéré, maintenant il se repose et tout s'est déroulé comme prévu. Il va bien.

Je soupire de soulagement. Pourquoi fait-elle des frayeurs ainsi ? Je sens des larmes de joie rouler sur mes joues.

- Vous pouvez venir le chercher en fin d'après-midi, ajoute la secrétaire.

Dean avait raison, c'est un dur à cuire mon clebs.

- D'accord, je viendrai le chercher vers 17h30, merci.

Puis, je raccroche. Je me tourne vers le petit groupe composé de Dean et des filles duquel je me suis mis à l'écart. Dean me regarde avec appréhension. Je m'approche d'eux et ils se retournent tous vers moi, attendant impatiemment le verdict. Dean pose sa main sur mon épaule voyant surement mes joues brillantes de larmes.

- Gabriel va bien, déclaré-je avant que des larmes ne coulent de nouveau sur mes joues déjà mouillées.

Toute mon angoisse s'est envolée laissant pour seule trace des larmes. Ils sont également soulagés d'après ce que je peux apercevoir. Meg s'approche de moi et me fait un câlin pour me consoler. Charlie fait de même en nous enlaçant tous les deux. Je perçois la présence de Dean à mes côtés, ce qui me rassure.

Je sèche mes larmes. Gabriel est vivant donc arrête de pleurer. Je me libère de l'emprise des filles et leur souris pour les rassurer. Mon regard se pose sur les yeux vert émeraude de Dean. Ce sourire qui se dessine sur ses lèvres m'apaise plus que tout autre chose.

Maintenant il ne reste plus qu'un problème à régler, trouver le coupable des photos.

Je monte dans la voiture de ma mère. Elle est venue me chercher au lycée après les cours pour aller récupérer Gabriel directement. Je l'ai prévenue après l'appel du vétérinaire.

- Coucou mon chéri, comment vas-tu ?

- Ça va, répondis-je dans un soupire.

Elle ne démarre pas tout de suite la voiture.

- Je suis vraiment désolée de ne pas avoir était présente pour emmener Gabriel au vétérinaire et pour m'occuper de toi. Je n'imagine pas à quel point ça a dû être dur pour toi... Si tu savais comment je m'en veux, mon fils...

- Il ne faut pas maman, je sais qu'avec ton travail c'est difficile et que tu fais de ton mieux. Je n'accepte pas tes excuses car je n'ai pas besoin d'en recevoir de ta part. Et puis, le point positif c'est que je me suis réconcilié avec Dean.

Je lui souris et elle passe ma main dans mes cheveux ébouriffés.

- Bon, on va chercher Gabriel ! J'en peux plus d'attendre !

Elle hoche la tête en souriant et nous partons. A peine garés, je saute de la voiture et cours jusqu'à arriver à l'accueil du vétérinaire.

- Je viens récupérer Gabriel, m'exclamé-je avant même que la secrétaire ne me demande.

- Je vous laisse patienter un petit instant, je vais le chercher.

Puis elle disparaît derrière la porte. Je sens la main de ma mère se poser sur mon épaule. J'attends quelques minutes, qui durent une éternité, et vois apparaître Gabriel dans les bras de la secrétaire. Il a un bandage autour du ventre et semble épuisé, dépourvu de toute force.

- Salut, Gabriel !

Il reconnaît ma voix car je perçois sa queue remuer légèrement. Je le prends dans mes bras et je ne peux m'empêcher de verser quelques larmes. Il a perdu des forces car il est plus léger. Il me lèche le visage pour montrer son excitation de me retrouver. Je vois ses yeux qui pétillent pleine de vie. Je suis tellement heureux de le retrouver que les mots ne suffisent plus pour l'exprimer.

Je m'assieds sur une chaise libre en attendant que ma mère règle tout ce qui est administratif. J'admire Gabriel un temps puis pose ma tête dans le creux de son cou.

Une fois que ma mère a fini, nous montons dans la voiture et durant tout le trajet je ne lâche pas une seconde Gabriel qui est sur mes genoux.

Arrivés à la maison, je monte dans ma chambre et dépose Gabriel sur mon lit et emmène tout ce dont il a besoin dans ma chambre. Je lui aménage un vrai coin douillet.

Je regarde l'heure, Dean et Charlie ne devraient plus tarder. Je leur ai dit de venir pour que nous trouvions enfin le coupable. En attendant, je m'allonge aux côtés de Gabriel qui s'est endormi. Je lui fais un câlin et ferme les yeux.

- Cas', réveille-toi.

Je sens quelqu'un secouer ma jambe. Je bronche avant d'ouvrir les yeux et découvre ce visage parfait avec un sourire lumineux et ses yeux vert étincelants.

- Qu'est-ce que tu fais là, Dean ?

Il rit.

- Tu nous as donné rendez-vous à Charlie et moi, tu t'en souviens ?

C'est pas vrai, je me suis endormi.

- Oui bien sûr, excuse-moi.

Je me frotte les yeux avant de m'asseoir en faisant bien attention de ne pas réveiller Gabriel.

- Ta mère m'a dit de monter directement dans ta chambre et je t'ai trouvé profondément endormi, accroché à Gabriel. Tu sais que t'es mignon quand tu dors ?

Je me stoppe net. J'ai bien entendu ? Il vient de dire que je suis mignon ? D'après le passage frénétique de la main de Dean sur sa nuque et son regard baissé, j'ai très bien entendu. Je sens mes joues me chauffer.

- Euh, non je l'ignorais.

Je lève le regard pour le poser sur Dean et m'élève. Celui-ci me regarde à son tour. On reste un moment ainsi, sans bouger, sans rien faire, juste à s'admirer. Je m'apprête à m'avancer lorsque ma porte s'ouvre.

- Salut les mecs !

Charlie vient de faire irruption dans ma chambre. Dean baisse instantanément le regard, gêné.

- Je vous dérange peut-être ?

Elle a senti la tension dans la pièce. Dean marche vers mon bureau sans me prêter aucun attention.

- Non pas du tout, on s'y met ?

Charlie comprend et me fait une mine désolée. Je ne lui en veux pas, Dean n'est pas prêt, cela se sent.

Charlie s'installe sur mon bureau et ouvre son ordinateur portable qu'elle a apporté. Dean est debout et moi je suis assis sur mon lit. Notre nouveau trio est réuni : Charlie, Dean et moi. Nous pouvons commencer nos recherches.

- J'ai déjà essayé en rentrant chez moi après les cours mais je n'ai pas totalement terminé. Et vous, vous avez fait une liste ?

Dean sort un papier chiffonné de sa poche et le déplie.

- Oui, on a quelques coupables, annonce-t-il en lui tendant la feuille.

Nous l'avons fait durant l'heure de maths. Nous n'avons pas trouvé beaucoup de noms mais je pense que cela est suffisant. Dean a émis plusieurs hypothèses et en a conclut à ses trois noms : Amara, Fabio et Crowley.

Amara étant une de ses ex les plus jalouses et ténébreuse. Cela paraît donc logique d'avoir poster ses photos pour que Dean se dispute avec Lisa. Fabio est un garçon que Dean a rabaissé car il était « grande gueule » et qui a toujours voulu la popularité de Dean. Ses photos est donc un moyen d'ébranler la réputation de Dean. Pour finir, Crowley dont je n'ai pas besoin de rappeler les faits.

- Trois noms seulement ? s'étonne Charlie.

- C'est les plus probables, les autres je les ai en tête, explique Dean, maintenant c'est à toi de jouer.

Elle hoche la tête et commence à tapoter sur son clavier. J'entrevois ce qu'elle écrit mais ne comprends strictement rien. Dean paraît aussi désemparé que moi.

Nous attendons un bon moment dans le silence voulant seulement savoir qui se cache derrière ses photos.

- C'est bon ! s'écrit Charlie en s'étirant, contente.

Je me lève m'approchant de l'ordinateur et Dean fait de même.

- J'ai réussi à avoir quelques données, énonce Charlie, alors d'après ce que je vois il est fan de Kpop, adore le nougat vu tout ce qu'il achète et s'intéresse aux tortues, d'après les nombreuses recherches qu'il a effectuées à ce sujet.

Toutes ces informations ne me disent rien. Mais Dean ne semble savoir qui c'est.

- Jordan... souffle-t-il.

- Le Jordan ?! s'exclame Charlie étonnée.

- Qui est-ce ? interrogé-je ne comprenant toujours rien.

- C'est un gars sans histoire qui ne ferait pas de mal à une mouche, m'informe Dean déconcerté, quel intérêt a-t-il de poster ses photos ?

- Aucune idée, dit Charlie.

Nous restons un moment dans le silence le plus total, chacun réfléchissant.

- Sauf si on l'a forcé à mettre ses photos en ligne, conclut Dean.

L'idée n'est pas mauvaise, menacer une personne innocente pour avoir une protection supplémentaire.

- Il ne reste plus qu'à aller lui demander, déclaré-je.

Nous déambulons dans les couloirs à la recherche de Jordan. Nous le trouvons en train de ranger ses affaires dans son casier. Dean s'élance en premier.

- Salut Jordan !

Il se retourne en sursautant. Il n'a aucune chance de s'enfuir car Dean, Charlie et moi l'encerclons.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

- On ne va pas aller par quatre chemins, commence Charlie, on sait que c'est toi qui à poster les photos de Dean et de Castiel.

- Vous n'avez aucune preuve, se défend-il peu convaincant.

Il est sur la défensive, ce qui se comprend vu notre ton agressif.

- On sait également que tu n'as aucun intérêt à publier ses photos sauf si on t'a obligé, ajouté-je.

Dean ferme son casier brusquement, ce qui le fait sursauter de nouveau.

- Alors tout ce qu'on veut, c'est que tu nous dises le prénom de la personne qui t'a demandé de faire ça.

Il ne répond pas, intimidé.

- Réponds ! s'énerve Dean en haussant la voix ce qui le fait trembler.

- Je... Je n'ai pas le droit de le dire, balbutie-t-il.

Nous nous approchons de lui et celui-ci se colle dos aux casiers.

- Dit-le nous ou sinon on va se faire une joie de te refaire le visage, renchérit Dean, menaçant.

Il a peur.

- Ok, ok, je vais vous le dire... C'est... C'est Crowley qui m'a forcé à le faire, capitule-t-il.

- J'en étais sûr, s'exclame Dean en donnant un coup de poing dans un casier.

Jordan tressaille toujours. Je ne m'occupe plus de lui et me dirige vers Dean.

- Dean calme-toi, essayé-je en posant ma main sur son épaule.

- Je vais le défoncer ! s'écrit-il.

- Non, nous allons trouver un moyen de riposter intelligemment sinon ça sera un cycle infernal, ok ?

Je le force à me regarder et lorsque ses yeux plongent dans les miens, je sens ses muscles se détendre.

- Ok, crache-t-il à contrecoeur.

Nous élaborons le plan tous les trois et décidons d'agir le soir même, juste après les cours. Ce qui explique que Dean et moi attendons dans une rue, dont le passage est fréquent.

- Tu es sûr que tu veux pas que je le tabasse ?

Dean ne digère toujours pas que nous n'allions pas lever la main sur Crowley. Il n'est pas d'accord avec notre plan mais ne veux pas me laisser seul avec Crowley.

- Non, merci Dean, avec ce genre de personne la violence ne règle rien.

Il soupire. Bien sûr, nous n'avons pas donné rendez-vous à Crowley, il ne serait jamais venu, mais nous attendons qu'il sorte de la salle de musculation dans laquelle il a l'habitude d'aller, suivant Dean. Nous sommes sur le trottoir d'en face.

Je le perçois sortir de salle avec son sac de sport sur son épaule.

- Le voilà ! informé-je à Dean.

Celui-ci se contracte.

- Nous faisons comme nous avons dit, rappelé-je avant de traverser la route au côté de Dean.

Arrivés sur le trottoir nous nous arrêtons, attendant que Crowley arrive en face de nous. Lorsqu'il nous voit, il arrête sa marche, surpris. Il ne se laisse pas intimidé et continue son chemin en regardant ses pieds.

Une fois que nous sommes assez proches, il nous ignore totalement.

- Crowley ! l'interpellé-je.

Celui-ci me jette un regard noir.

- Qu'est-ce que tu veux ? dit-il d'un ton agressif.

Je reste de marbre, contrairement à Dean qui s'apprête à s'approcher de lui. Je lui coupe la route avec mon bras et m'avance d'un pas. Crowley ne bouge pas.

- Je veux simplement m'excuser, répondis-je.

Je le prends de court. Il est étonné, ne s'attendant sûrement pas à des excuses. Puis, il reprend son air inexpressif.

- Pourquoi ? me demande-t-il sèchement.

Il est méfiant, ce qui se comprend.

- Parce que je comprends ton attitude.

Il est toujours distant.

- Je comprends pourquoi tu m'as battu et je te demande pardon, renchéris- je, j'aurais dû te prévenir que je ressentais un certain sentiment envers Meg et je sais également que c'est toi qui a demandé à Jordan de publier les photos de Dean et de moi, mais je ne t'en veux pas. J'imagine ta colère et ton désarroi et je m'excuse de t'avoir fait subir cela. Et sache que Dean est de mon avis, par vrai Dean ?

Il prend une inspiration.

- Ouais, souffle-t-il.

Je l'incite à poursuivre en lui donnant un petit coup de coude dans les côtes.

Il lève les yeux au ciel.

- Je suis désolé Crowley de t'avoir fait souffrir, lâche-t-il enfin.

Crowley nous regarde, désemparé. Il ne comprend pas ce qu'il se passe.

- Vous êtes chelou, déclare-t-il comme seul réponse avant de partir.

C'est exactement le but que je recherche. Il ne va plus nous approcher ni faire quoique ce soit à notre encontre. Dean ne semble pas avoir tout saisi mais l'important, c'est qu'il ne nous fera plus rien.