CHAPITRE 25 : Dean

Je suis assis seul, regardant la nuit tomber en sirotant une bière. J'ai besoin de calme et de m'isoler. Tout le monde doit être à la fête et moi, je suis dans le fameux Wendigo's Burger.

Je reçois un message, c'est Benny « Qu'est-ce que tu fous ? Ça fait une heure qu'on t'attend ». J'ai aucunement envie d'aller à ce bal ridicule. Je ne lui réponds pas et regarde les gens défiler dans la rue.

Certains passent sans aucune envie, d'autres sont bien habillés pour aller en soirée. Mais un couple attire mon attention.

Ils doivent avoir la vingtaine. Ils se tiennent main dans la main et rigolent ensemble. Ils passent devant le fleuriste et le mec s'arrête et achète une rose pour sa bien aimée. Celle-ci la remercie en lui donnant un baiser et lui fait un câlin.

Ils ont l'air de s'aimer et ça me dégoute. Comme s'ils vont s'aimer toute leur vie. Un jour, leur amour s'estompera et ils se feront du mal mutuellement. En attendant ils s'aiment, s'embrassent et se chérissent.

Je tourne mon regard, écoeuré par cet amour. Je regarde ma bière à moitié pleine et pense à Castiel. Je me remémore les bons souvenirs que l'on a eu tous les deux.

Je sens mon coeur battre plus fort et cette sensation se manifeste à chaque fois que je pense à Castiel. Puis, je serre mes poings et sens la colère monter en moi.

Je suis en colère contre moi-même, pour tout ce que j'ai fait subir à Castiel, tout ce que JE me fait subir. Tout ça car mon cerveau me dit que ce n'est pas normal d'aimer un autre garçon.

Il me fait croire que c'est une honte, que c'est une faiblesse mais tout ça c'est à cause de ces principes de merde. Ces principes que l'on nous met dans la tête dès qu'on est petit.

Toutes ces histoires pour enfant ou le chevalier conquis toujours le coeur de la princesse et si je veux conquérir le coeur du prince moi. Et si je ne veux pas obéir à ces principes car après tout, ce n'est pas moi qui choisit.

Je l'aime putain et je ne lui dis pas par peur que tous les autres nous regardent et nous jugent. J'en suis réduis à enfouir cet amour au plus profond de moi car mon coeur sait mais mon cerveau dit que c'est mal.

Donc je suis là, à me battre contre moi-même pour accepter ce que je ressens, pour être prêt à l'accueillir dans mes bras, à l'embrasser sans ressentir la moindre gène. Si seulement il veut encore de moi...

Cette phrase fait écho dans ma tête. Depuis le début je ne pense qu'à moi alors que Castiel a peut-être changé d'avis, peut-être qu'il en a marre de m'aimer sans retour.

Je le rejette car je ne suis pas prêt mais lui, il l'est depuis le début et au lieu d'être avec lui je suis là dans ce bar seul à attendre. Mais attendre quoi bordel ! Qu'il vienne me chercher, alors que c'est moi qui lui ait fait du mal. Il faut que j'aille lui dire ce que je ressens pour lui.

Je me lève, balance du fric sur la table et pars à toute vitesse. Je sais parfaitement où le trouver.

J'arrive devant le gymnase du Lycée. Certains retardataires arrivent en même temps que moi. Ils sont tous déguisés. Bordel, j'ai oublié que c'est déguisé. La difficulté sera de trouver Castiel parmi tous ses costumes. Surtout que je ne sais pas en quoi il est déguisé.

J'entends la musique flotter dans l'air et je reste un moment assis sur ma bécane. Et si je ne le trouve pas, s'il refuse de me parler, s'il m'ignore comme il l'a fait ces derniers jours, s'il me rejette comme je l'ai fait...

L'angoisse me tord le ventre. Je peux encore faire demi-tour. Non, il faut absolument que j'aille lui parler.

Je me lève de ma moto et va en direction de l'entrée du gymnase. Je suis sur le point d'entrer dans le bal lorsqu'un mec me fait barrage.

- Ticket, s'il te plait.

Ça doit être un organisateur du bal.

- J'en ai pas. Mais je veux juste parler à quelqu'un, expliqué-je en cherchant Castiel du regard.

- Pas de ticket, pas de bal.

Il a une vrai tête de con. Dommage pour lui, j'ai pas la tête à ça.

- Laisse moi passer, l'ordonné-je sentant la colère monter en moi.

- Non, tu ne rentreras pas tant que tu n'as pas un ticket.

Il m'a saoulé. Je le prends par le col et le plaque au mur.

- Ton ticket, tu vas te le mettre où je pense, grommelé-je en serrant les dents.

Celui-ci n'avait pas peur et me provoque avec son sourire débile.

J'allais le soulever lorsque que j'entends une protestation.

- On se calme. Il est avec nous.

Je me tourne et aperçois Benny et Garth qui essayent de calmer la situation. Je lâche ce con et me dirige vers eux. Benny est déguisé en vampire et Garth en loup garou.

- Alors, t'es venu finalement, me fait Garth, mais t'es pas déguisé ?

- Je ne suis pas venu pour m'amuser, déclaré-je en avançant dans la salle, je cherche Cas'.

Je fouille le gymnase des yeux mais il y a trop de monde.

- Tu veux te réconcilier avec lui ? me questionne Benny.

- En quelque sorte.

- Suis-moi. Je sais où il se trouve.

Je me laisse guider par Benny qui me fait traverser la foule et me dirige vers un coin de la salle.

- Il est là, m'informe-t-il en le pointant du doigt.

Je pousse le mec qui est devant moi et lorsque je vois Castiel, je suis scotché. J'aurais du m'en douter.

Il est tout en blanc avec des ailes dans le dos et une auréole qui flotte au dessus de sa tête. On dirait un vrai ange.

- Bon bah, tu vas lui parler, m'incite Garth.

Je prends une grande inspiration. Plus question de faire marche arrière.

- Au fait, cool les déguisements, dis-je avant de me diriger vers Castiel.

Je marche donc vers lui. Mon souffle s'accélère, je me sens stressé et mes mains se mettent à trembler. Je serre mes poings pour ne rien laisser paraître.

Charlie m'aperçoit et signale ma présence à Castiel qui est dos à moi. Lorsqu'il se retourne et me regarde mon seul réflexe est de lui faire un sourire. Quel débile. Il me regarde de la tête au pied et commence à partir.

- Attends, crié-je à travers la musique en lui attrapant le poignet.

Il se dégage de mon emprise avec une telle force que je reste bouche bée.

- Qu'est-ce que tu veux ? me demande-t-il froidement.

Je suis surpris par tant de sévérité dans sa question que j'en perds mes moyens.

- Euh... Je voudrai te parler...

- Et si je n'ai pas envie, me défie-t-il.

Il est froid et distant. Lui qui est tellement chaleureux à mes côtés comme une lumière qui réchauffe mon coeur. Maintenant, cette lumière est éteinte et à la place, il me laisse une boule au ventre dont je ne peux me défaire. Je ne le reconnais pas, ça ne lui va pas d'être orgueilleux. J'ai honte car c'est de ma faute s'il est devenu comme ça.

Mais au fond de lui, je sais qu'il m'aime encore, du moins je l'espère.

- Castiel serait ravie de te parler, s'exclame Charlie toute souriante.

- Mais... rétorque Cas' qui n'a pas le temps de finir sa phrase car Charlie le pousse vers moi.

Il me regarde droit dans les yeux et part en dehors de la salle. Je vais le rejoindre lorsque que je sens une main me retenir.

- Dis-lui ce que tu as sur le coeur, me déclare Charlie avant de me lâcher.

Je la regarde et me fait signe de rejoindre Castiel, ce que je fais.

Il est dehors les bras croisés à m'attendre. Je regarde les alentours pour voir si personne nous observe mais je ne vois rien. Je m'approche de Castiel mais il recule d'un pas.

- Je comprends... Je comprends si tu ne veux pas me parler car je suis un pauvre con qui ne porte pas ses couilles. Mais juste, écoute moi ! Je sais que je suis un connard qui n'assume pas ce que je ressens pour toi, parce que j'ai trop peur du jugement des autres. Mais je me rends compte, trop tard, que l'on s'en fout des autres ! Tu sais, le soir de ton anniversaire quand je t'ai emmené à l'écart et je t'ai embrassé, c'était pas un jeu... c'est parce que j'en avais terriblement envie. Mais juste après, je t'ai repoussé pour que tu ne souffres pas... car j'ai ressenti cet amour que tu avais pour moi et j'ai eu peur... peur de ne pas t'aimer comme tu m'aimais. Je suis vraiment désolé.

Un moment de silence pèse entre nous.

- C'est tout ? T'as fini ? Je peux partir maintenant ?

Il fait demi tour et commence à partir.

- Cas' ! S'il te plaît, parle moi...

Je lui prends le poignet pour qu'il se tourne.

- Ne me touche pas ! hurle-t-il d'une voix enrouée.

- Que veux-tu que je te dise de plus ?

Il lève les yeux au ciel avec un sourire qui me glace le sang.

- Mais putain, Dean ! Je t'aime, tu comprends ça ?! Tu sais ce que ça signifie ? Ça signifie que là je souffre comme personne ! Je souffre de ton absence, de ton ignorance, du manque de tes nouvelles, du manque de ton contact... Je souffre comme j'ai jamais souffert, j'ai mal, mal à l'intérieur, mal à en crever... Et toi, tout ce que tu trouves à dire c'est que tu es désolé et que tu m'as repoussé parce que tu as eu peur ?! Mais je te rappelle que pendant que je souffrais et que je t'attendais, tu couchais avec Lisa !

Je baisse le regard, honteux.

- J'ai largué Lisa...

C'est la seule chose que je trouve à dire.

- Tu l'as larguée trop tard, Dean. Tu aurais dû le faire bien avant, avant même de m'avoir embrassé mais au lieu de cela, tu l'as larguée hier, Dean ! HIER !

Des personnes passent en nous regardant étrangement.

- Parle moins fort Cas', protesté-je.

Il fronce les sourcils puis se retourne et vois les personnes à quelques mètres de nous. Il rit.

- Cela ne sert à rien de parler avec toi, conclut-il avant de commencer à partir.

Je cours pour lui bloquer le passage.

- Je ne peux pas défaire ce que j'ai fait, et je sais que ce que j'ai fait est impardonnable, mais laisse-moi une chance de me rattraper.

Il croise les bras.

- Pour cela, il faut que tu la mérites et pour l'instant, je vois seulement un mec ne sachant pas ce qu'il veut.

- Je sais ce que je veux Cas', dis-je tout en m'approchant de lui, c'est toi et rien que toi.

Il baisse le regard et se mordille sa lèvre inférieure. Je lui lève le menton pour qu'il me regarde dans les yeux. J'admire ses lèvres et m'approche de celles-ci mais il se dégage à seulement quelques centimètres.

- J'ai envie d'y croire, Dean... Vraiment ! Mais je sais que tu n'es pas prêt.

Je m'approche encore de lui prenant son visage entre mes mains.

- Cas' regarde-moi... je crois en notre histoire, je crois en notre amour, je crois en nous... Alors, je te le promets, j'irai décrocher la lune pour tes beaux yeux et je t'appellerai à 3h du mat pour te déclarer ma flamme, je te promets de te demander pardon quand je fais des conneries et de pardonner les tiennes, je te promets de t'offrir tout ce que je peux dans ce monde, à commencer par mon coeur, mon âme et mon corps. Oui, prends-les c'est à toi, uniquement à toi. Parce que je veux la vivre cette histoire... notre histoire. Je veux t'embrasser tous les jours si possible et regarder Raiponce en pleurant à 8h du mat dans mon pyjama et dans tes bras. Je veux tout ce que tu es en mesure de me donner. Je te veux. Corps et âme. Rien d'autre ne m'intéresse. Quelqu'un a dit un jour que l'on devrait au moins une fois dans sa vie croire assez en quelque chose pour tout donner pour cette chose... et moi bordel... moi je crois en nous...