Une brève tentative d'écrire un OS sur Bailong et Tezcat, un de mes duos préférés d'Inazuma Eleven. Étrangement, je n'arrive jamais à bien écrire sur eux – ce qui me désole. Je trouve toujours qu'ils sont trop OOC, ce qui est très dommage mais bon, je vous laisse juger par vous même et vous souhaite malgré tout une bonne lecture.
Lorsque la lumière et l'ombre se rencontrent
La première fois que Bailong le vit, le garçon était assis sur une branche, appuyé contre le tronc d'un arbre et l'observait avec un mélange de curiosité et d'animosité. Comme s'il se demandait ce que Bailong faisait ici, en bordure de forêt à s'entraîner au football.
L'Impérial arrêta son ballon pour s'adresser à lui.
« Hé toi ! On peut savoir ce que tu regardes ? »
L'étrange garçon parut surpris qu'on s'adresse à lui et pencha la tête sur le côté. Bailong vit ses lèvres bouger mais n'entendit pas ce qu'il murmura et avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, il sentit le vent souffler et le feuillage recouvrir le garçon. Quand le vent se calma, le garçon avait disparu et Bailong se demanda un bref instant s'il l'avait tout simplement imaginé.
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Lorsque Bailong se renseigna auprès des responsables du Sanctuaire au sujet d'un garçon au teint pâle, avec des cheveux bruns courts ornés de deux plumes blanche et noir et vêtu d'un costume noir, on lui répondit à chaque fois qu'il n'y avait aucun Impérial correspondant à cette description sur l'île. Par la suite, Bailong n'y pensa plus, trop occupé à devenir plus fort pour se soucier de cette étrange rencontre.
Pourtant leurs routes se recroisèrent, exactement comme la dernière fois. Bailong s'était de nouveau isolé pour intensifier et perfectionner son entraînement et le garçon réapparut, devant l'orée de la forêt.
Pour s'assurer qu'il ne prenne pas la fuite, Bailong décida d'utiliser une manière plus radicale que simplement lui parler et le visa avec son ballon de football avant de tirer dedans avec force. À sa surprise, le garçon arrêta son tir sans la moindre difficulté : il ne prit même pas la peine de bouger, les contentant de percuter la balle avec sa chaussure droite.
Le garçon fixa le ballon de football les sourcils froncés avant de se tourner vers Bailong, ses traits s'adoucissant aussitôt.
« Pourquoi as-tu fait ça ? lui demanda-t-il d'une voix calme.
— Pour que cette fois tu disparaisses pas, répondit Bailong avant de sourire narquoisement. Ça a fonctionné, semblerait-il. »
Ce jour là, Bailong apprit le nom de ce mystérieux garçon : Tezcat.
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Tezcat était une énigme. Il vivait sur cette île, n'était référé sur aucun document d'État, parlait parfois de manière détachée et énigmatique du monde comme s'il en connaissait un d'une autre époque et qu'importe combien il essayait de l'ignorer, Bailong ne pouvait s'empêcher de sentir une étrange force invisible se dégager de Tezcat, comme s'il était l'hôte d'un être d'une puissance inimaginable. Peut-être s'agissait-il d'un Esprit Guerrier qui sommeillait en lui mais pourtant Tezcat ne semblait pas être un joueur de football : il ignorait même ce nom lorsque Bailong l'avait rencontré.
« Je ne comprends pas. Si ce n'est pas par tradition ou pour protéger quelque chose qui te soit cher, pourquoi donc t'entraîner si fort ?
— Il n'y a pas besoin de raison pour vouloir s'améliorer. Je veux atteindre la perfection pour surpasser mes rivaux mais avant tout pour moi. Pour que mes efforts ne soient pas vains et aient un sens. »
Le concept de sport ne paraissait pas être compris par Tezcat, qui continuait de le dévisager. Alors Bailong changea de tactique.
« Et toi ? Pourquoi détestes-tu tant le football ? »
Il n'ignorait pas le changement de comportement du mystérieux garçon lorsqu'il regardait Bailong s'exercer ou que le sujet du football était évoqué. Rancœur, mépris et tristesse. Quelqu'un ignorant complètement ce qu'était le football ne pouvait pas réagir ainsi. Peut-être qu'il ignorait son nom, mais Tezcat paraissait parfaitement savoir ce qu'était le football – ou bien une de ses variantes. Sinon il n'aurait jamais arrêté si facilement le tir de Bailong. Un ignorant ne pouvait pas réaliser un tel exploit.
« Je… Je ne le déteste pas.
— Alors pourquoi parais-tu si en colère ? »
Il n'obtint pas de réponse à sa question. Le soleil se couchait et Tezcat en profita pour partir, lui souhaitant une bonne soirée.
Bailong l'observa s'en aller, les sourcils froncés en se demandant ce qui le dérangeait tant chez ce garçon.
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Il essaya de ne pas se mêler de quelque chose qui ne le concernait pas mais Bailong ne put pas s'en empêcher. Il comprenait enfin pourquoi le comportement distant de Tezcat à l'égard du football l'énervait autant et le força à faire face au sport qu'il répugnait tant.
« Faisons un match », proposa-t-il.
Tezcat se crispa aussitôt et plissa des yeux.
« Je ne veux pas.
— Tu n'auras pas le choix. »
Bailong posa le ballon de football avant de faire appel à toute l'énergie qu'il pouvait. Une lumière entoura la balle, qui s'éleva au dessus du sol tandis que le ciel se couvrit de nuages.
« Ouragan Opalin ! »
L'attaquant de lumière tira dans le ballon, qui fonça à toute allure vers Tezcat. Il ne pouvait pas esquiver un tel tir. Il n'en aurait pas le temps. Sa seule solution était de riposter.
L'espace d'une seconde, il vit les yeux de Tezcat se remplir brièvement d'effroi n'ayant rien à voir avec le danger qui fonçait sur lui, avant que le garçon croise les bras devant lui et qu'une aura ténébreuse l'entoure. Sans crier garde, une gigantesque épée noire et violette fendit les cieux et se planta dans le sol, suivit par un être à la peau sombre et aux longs cheveux hérissés semblable à une divinité tribale ancienne qui attrapa le poignée de la lame, la souleva dans les airs avant de l'abattre violemment devant lui en même temps que Tezcat frappa dans le ballon, qui passa près de Bailong à une vitesse folle avant de percuter un arbre.
Bailong fut incrédule. C'était donc ça, l'Esprit Guerrier de Tezcat ?
Il sourit. Il ne s'était donc pas trompé. Qu'importe que ce Tezcat prétendait, il avait le football dans le sang. Ce garçon était doué.
« Tezcat… que dirais-tu de rejoindre le Cinquième Secteur ? »
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L'équipe Zéro, la plus forte qui n'ait jamais existé. Le duo d'ombre et de lumière, le coeur même de cette équipe ultime. Deux forces normalement opposées dont l'alliance créait une énergie encore plus forte que si deux galaxies entraient en collision pour n'en former plus qu'une. Zéro Magnum, leur Supertechnique issue de cette corrélation, en était la preuve mais Arthur, le Paladin sacré, en était la concrétisation finale, l'Esprit Guerrier le plus puissant qu'il soit.
Bailong ne s'attendait pas à cela au départ. Ces Supertechniques reflétant la perfection de l'entente entre deux êtres à l'immense talent… il aurait dû les réaliser avec quelqu'un d'autre, celui qu'il considérait autrefois son rival mais qui ne méritait plus ce titre, tout comme Bailong ne pouvait plus se qualifier d'Impérial.
Le Cinquième Secteur l'avait certes aidé à accroître sa puissance mais celui lui ayant permis de la faire évoluer à un stade que personne d'autre ne pourrait atteindre, c'était Tezcat – son opposé direct mais également celui qui le complétait le mieux.
Leur rencontre était issue du hasard mais leur association pour rivaliser avec les pouvoirs des dieux eux-même était un choix. La lumière s'était volontairement alliée à l'ombre pour que son éclat en ressorte plus étincelant que jamais et illumine le monde de sa splendeur, celle de la perfection absolue.
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« Qu'est-ce que tu fous, Tezcat ? Cela fait une heure que l'entraînement a commencé ! »
Bailong fulminait mais ce fut à peine si Tezcat parut remarquer sa présence et leva lentement la tête, lui offrant un sourire d'une tristesse si évidente que Bailong se sentit mal de lui avoir crier dessus une fraction de secondes plus tôt.
« Bailong… Mes excuses pour ne pas être venu à l'entraînement. Je ne me sentais pas bien. »
Sans ajouter quoi que ce soit, il reprit ce qu'il était en train de faire. L'attaquant de lumière l'observa en silence, avant de marmonner à voix basse et de s'asseoir en tailleur en face de son partenaire. Tezcat le fixa sans rien dire.
« Quoi ? grogna finalement Bailong. J'ai pas le droit de m'asseoir ici ?
— Ce n'est pas ça, déclara Tezcat en secouant la tête. Je pensais juste que tu retournerais à l'entraînement. Je sais que cela te tient à coeur.
— Ouais, mais si tu n'y es pas, il n'a plus aucun intérêt. Je vais pas perdre mon temps à y aller si c'est pour me tourner les pouces avec des incompétents qui sont incapables de suivre mon rythme. Autant rester avec toi à faire quelque chose d'utile comme… euh… qu'est-ce que tu fais, au juste ? »
Il venait de remarquer ce sur quoi Tezcat travaillait, assis à l'ombre d'un arbre et entouré de dizaines de fleurs aux multiples couleurs.
Le rire de Tezcat résonna à ses oreilles. Bailong fronça les sourcils, s'apprêtant à lui demander ce qu'il y avait de si drôle mais se retenu au dernier moment. Il réalisa que c'était la première fois qu'il l'entendait vraiment rire – en général, celui-ci était toujours retenu et réservé, non pas comme signe qu'il n'était pas heureux ou amusé mais comme s'il n'osait pas exprimer ce qu'il ressentait réellement.
« Je fabriques des couronnes de fleurs, expliqua Tezcat avec un doux sourire, empli de cette nostalgie qui hantait ses yeux.
— Pourquoi ? ne put s'empêcher de demander Bailong.
— Sans raison particulière. Cela me rappelle juste des souvenirs… Tu veux en faire ? »
En temps normal, Bailong aurait refusé et se sentirait presque insulté de cette offre, comme si on le prenait pour une jeune fille amourachée n'ayant rien de mieux à son temps. Sauf que cette proposition était tout sauf ordinaire.
Bailong ignorait en quoi ce jour était si symbolique et impactant pour Tezcat mais, en temps que son partenaire, sut quel était son devoir. Alors faisant mine de râler pour tout de même faire comprendre qu'il ne ferait pas ça tous les jours, il attrapa des fleurs éparpillées par terre et s'attela à faire une couronne de fleurs.
Sachant qu'il n'en avait jamais fait auparavant, la sienne ne ressemblerait clairement pas à celles de Tezcat…
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« Bailong ?
— Ouais ?
— Tu te rappelles le jour où tu m'as demandé pourquoi je détestais le football ?
— Oui. »
Un moment de silence passa, où seul le bruissement du feuillage provoqué par le souffle du vent crépusculaire se fit entendre. Une réticente, une hésitation, puis un aveu.
« Je ne déteste pas le football en lui-même mais parce que c'est un rappel de ma propre faiblesse, celle qui m'a coûté ce qui m'était le plus précieux au monde. »
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Leurs colères étaient à leur image, opposées.
Celle de l'attaquant de lumière était comme une tempête déchaînée et éphémère qui voulait dévaster tout ce qui osait se mettre en travers son chemin, des sentiments négatifs dirigés vers son entourage et leurs erreurs vis à vis de lui.
Celle qui animait Tezcat était d'un tout autre genre. Profonde, intérieure et durable. Elle bouillonnait au fond de lui sans jamais exploser, restant enfermée pour ne pas provoquer de dégâts à ce qui l'entourait, comme une chose qui ne devait pas être exposée, une honte à dissimuler et une culpabilité à garder pour soit.
Bailong était en colère contre ceux qui remettaient des parts de son existence en question et doutaient de ce qu'il était. La colère de Tezcat ne se concentrait que sur une personne : lui-même. Une erreur faite que rien ne pourrait jamais réparer et qui le remplissait donc d'un tel chagrin qu'il ne lui restait qu'à ressasser sur un acte qui aurait pu se passer différemment et où, au fil du temps, la tristesse s'était changée en rancœur puis en colère, envers le seul coupable qu'il ait pu trouver et accuser de sa perte, sa propre personne.
Il répugnait sa propre faiblesse. Était-ce pour cela qu'il avait accepté de rejoindre le Cinquième Secteur ? Bailong avait du mal à le croire : Fléau Obscur, Seigneur des Ténèbres était probablement un des Esprits Guerriers les plus forts existant, peut-être même plus qu'Astral, Dragon de l'Aube, ce qui expliquait que la fusion de leurs deux forces puisse produire un Esprit Guerrier comme Arthur, le Paladin Sacré.
Bailong ne savait donc pas les raisons ayant poussé Tezcat à former l'équipe Zéro avec lui mais, après réflexion, s'en fichait pas mal. Ils avaient chacun leurs problèmes mais ne pouvaient pas rester éternellement rivé sur le passé. Pour sa part, Bailong avait balayé le sien comme s'il n'existait plus, pour se concentrer sur le futur, vers un avenir où il atteindrait les cieux lumineux de la perfection. Il ne pouvait pas aider son alter-égo avec ses propres soucis – cela n'avait jamais été dans sa personnalité – mais s'il parvenait au moins à le soutenir lorsqu'il traversait des moments difficiles, il considérerait cela comme suffisant et acceptait de remplir ce rôle.
Parce qu'il savait que parfois l'obscurité avait besoin de la lumière éternelle pour la sortir des ténèbres qui la hantaient, au même titre que son éclat trouvait parfois du repos auprès de l'ombre ancestrale. Ils formaient un ensemble qui ne pouvait se permettre d'être séparé et brisé.
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« Notre prochain adversaire est le collège Raimon. Leur équipe s'oppose au Cinquième Secteur. L'équipe Zéro doit les faire disparaître. »
Un souffle rageur. Un regard interrogateur et soucieux.
« Es-tu en colère ? Tu connais cette équipe ?
— L'un d'eux… devait être le coeur du projet Zéro mais au lieu de cela, il a trahi le Cinquième Secteur pour rejoindre la Rébellion.
— Oh… Il s'agit de celui dont je suis le remplaçant ?
— Tu n'es le remplaçant de personne, Tezcat. Le traître a fait son choix et il en payera les conséquences. Nous sommes la lumière et l'ombre d'où naît la puissance infinie du néant. Nous leur montrerons ce qu'est l'excellence, à ces optimistes naïfs au grand coeur. Raimon s'inclinera face à Zéro. Nous prouverons une bonne fois pour toutes que nous sommes la perfection absolue, l'achèvement idéale de l'union de deux énergies opposées. »
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5-5.
Une égalité. Zéro était à égalité avec Raimon. Arthur le Paladin sacré s'était trouvé un adversaire capable de lui tenir tête : Griffon, Seigneur du Règne Animal. Le Sanctuaire, l'apogée de l'entraînement du Cinquième Secteur s'était fait dépassé par le Vent de la Rébellion, guidé par Arion Sherwind et Mark Evans.
Bailong aurait voulu être énervé de cette conclusion mais seul le sentiment agréable d'avoir pu jouer au véritable football animait son coeur. Il ressentait à nouveau cette passion qu'il pensait perdue à tout jamais et même le fait de ne pas avoir surpassé Victor Blade malgré tous ces efforts pour atteindre la perfection ne pouvait changer cela, au contraire. Il se sentait bien plus léger après avoir pu affronter son rival de toujours et faire disparaître cette amertume liée à son souvenir.
Maintenant, Raimon avait quitté l'Île du Sanctuaire pour renverser une bonne fois pour toutes le Cinquième Secteur. Le duo de l'équipe Zéro l'avait regardé partir en bateau, plongé dans un profond et confortable silence pendant que le soleil disparaissait derrière l'horizon maritime et que le crépuscule apportait avec lui la fraîcheur du soir.
Bailong ne se rappelait plus quand, pour la dernière fois, il s'était assis contre un tronc d'arbre pour prendre du repos avec Tezcat, ces dernières semaines – peut-être même derniers mois – étant consacrées à un entraînement encore plus intensif pour surpasser leurs limites. Tout cela pour finir sur une égalité face à des amateurs qui jouaient au football avant tout pour le plaisir.
Il ne pouvait vraiment pas être déçu de cette conclusion. Parce que ce match lui fit ouvrir les yeux sur ce qui était vraiment important. Sa rivalité avec Victor, il ne s'en préoccupait plus. La perfection, il l'atteindrait à un moment ou un autre mais n'en ferait plus une priorité au point de délaisser tout le reste.
Non, désormais, il allait devenir meilleur en jouant au véritable football, en prenant du plaisir à pratiquer ce sport qu'il aimait tant et, plus que tout, il voulait faire tout cela aux côtés du seul qu'il désirait avoir comme partenaire, Tezcat.
Ce match lui avait fait réaliser qu'ils n'étaient pas de simples coéquipiers réunis pour créer l'équipe ultime parce qu'ils se complétaient à merveille et possédaient une force quasiment égale.
Leurs âmes étaient synchronisées, leurs auras s'associaient pour créer une harmonie inébranlable et leurs cœurs s'accordaient comme s'ils ne formaient qu'un. Tezcat n'était pas seulement son alter-égo de l'ombre. Il était sa moitié. Le compagnon jusqu'alors manquant à la lumière.
Bailong avait remarqué le changement chez Tezcat depuis que les Raimon étaient arrivés sur l'Île du Sanctuaire. Celui qui portait en son être une culpabilité qui le faisait se haïr paraissait maintenant s'être débarrassé de ce poids qui pesait tant sur ses épaules, comme s'il s'était enfin pardonné ses vieilles erreurs.
Tout ça grâce à ce Arion Sherwind. Bailong aurait préféré être celui libérant sa moitié des ténèbres qui la rongeaient mais à défaut de cela, il était reconnaissant que les Raimon aient réussi là où il avait échoué. Un ballon fermement serré dans ses bras et un sourire apaisé aux lèvres, Tezcat était un garçon changé.
« Bailong ? Est-ce normal que je ne me sentes pas fâché de ne pas avoir surpassé Raimon ?
— Aucune idée. Je me posais la même question. »
Il sentit le regard insistant de Tezcat sur lui et grimaça.
« Quoi ?
— Il est étrange que tu ne sois pas en colère de ne pas avoir gagné.
— Hein ? Cela veut dire quoi ? Je ne pense pas qu'à la victoire, non plus ! »
Sa réaction exagérée et râleuse fit rire Tezcat, à son grand dam.
« Qu'est-ce que j'ai dit de si drôle ? grommela-t-il.
— Rien, déclara Tezcat. J'ai juste l'impression que tu es… différent. »
Bailong se calma et le fixa en silence. Ainsi donc, tous deux seraient ressortis changés de ce match ? Probablement.
« Peut-être bien, reconnu-t-il en croisant les bras, mais je ne suis pas le seul. »
Tezcat ne protesta pas, au contraire : il fredonna gaiement, souriant.
Bailong ferma les yeux et se laissa bercer par le souffle du vent. Il sentit Tezcat se rapprocher de lui et leurs épaules se touchèrent.
Il rouvrit nonchalamment les yeux et fixa le feuillage de l'arbre au dessus d'eux.
« Hé, Tezcat… Même si le Cinquième Secteur venait à être dissous et que l'équipe Zéro devait disparaître… tu voudrais toujours qu'on fasse équipe ? »
Tezcat gloussa doucement.
« Bien sûr, Bailong. Je ne refuserai jamais de jouer au football avec toi.
— Je croyais que tu n'aimais pas le football ? railla amicalement Bailong.
— Avant, oui, reconnut Tezcat. Maintenant, je l'apprécie.
— Ah bon ? Et qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
— Toi. Tu es celui qui m'a forcé la main pour que je joue au football et grâce à ça, je comprends pourquoi ce sport est tant aimé. »
Bailong n'était pas sensible à la flatterie mais exceptionnellement, il se permit de sourire à l'éloge reçue – il rougit aussi un peu mais tenta de faire comme si de rien n'était. Il avait pu aider sa moitié à retrouver le plaisir de jouer au football, alors il s'autorisait à s'en sentir fier et heureux.
Qui aurait crû que d'une rencontre fortuite entre d'un attaquant de lumière se tournant vers le futur pour guérir sa fierté blessée et un garçon de l'ombre tourmenté par ses erreurs du passé les auraient conduit jusque là ? Non pas que Bailong allait s'en plaindre. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait réellement heureux et savait que Tezcat aussi.
Maintenant il ne leur restait plus qu'à en profiter…
Voilà, donc un OS qui me laisse très mitigée mais je n'arrive pas à l'améliorer. Peut-être qu'il faudrait que j'en écrive un plus court la prochaine fois ? Enfin, à la base il devait être court… puis je suis passée de 800 mots – 1 000 mots à plus de 3 000 mots, ne me demandez pas comment, je ne sais pas.
