J'avais pas spécialement prévu de continuer, pourtant voici une petite suite. Après il y aura encore un chapitre, voire plus si j'ai de l'inspiration et que vous me le demandez.

En espérant que ça vous plaira.

« Maître Kakashi, vous êtes sûr que vous allez bien ? »

Le jounin baissa les yeux et découvrit le visage de Sakura. Si ce n'était pas la quinzième fois qu'elle lui demandait ça, il aurait peut-être été touché par l'inquiétude sincère qu'il lisait dans ses traits. Au lieu de quoi, il balaya sa question d'un geste agacé et la renvoya s'entraîner auprès de ses deux camarades (si compter que le fait de se taper dessus constituait un entraînement).

Le ninja copieur posa un regard fatigué sur ses élèves. La fillette aux cheveux roses, au lieu de calmer les stupides ardeurs viriles de ses compagnons, les avait renforcées en décidant de les assommer de remontrances et d'injures. En temps normal, il serait intervenu et les aurait ramené vers leur entraînement.

Sauf que Sakura, avec sa stupide lucidité, n'avait pas complètement tort. Peut-être qu'il n'allait pas bien. Peut-être que le célèbre ninja dont le seul nom faisait trembler ennemis et alliés avait trop bu, et peut-être qu'il avait une gueule de bois monumentale.

Un nom surgit des tréfonds de sa mémoire embrumée et se marqua au fer rouge dans sa tête, disputant à l'alcool le titre de cause de mal. Il le repoussa aussitôt. La gueule de bois était plus facile à gérer que ce souvenir… Peut-être pas si facile à gérer que ça, se dit Kakashi lorsque un haut le coeur fit se pencher son corps et remonter un goût acide le long de sa gorge. L'espace d'un instant, il se demanda ce que ça ferait de vomir dans son masque. Ça ferait probablement hurler de rire Iruka.

Les pensées de Kakashi dérivèrent vers son petit ami et il se demanda si lui aussi se retenait de vomir devant ses élèves. Des souvenirs de la soirée de la veille flottèrent devant ses yeux : Gaï qui lui lançait des défis type « qui boit le plus de shots en faisant des roulades » avec son stupide sourire, Kurenai qui essayait de mettre Iruka à l'aise en lui faisant la conversation, tandis que Anko s'amusait à le faire rougir avec des sous-entendus lourds, Asuma qui se plaignait de son équipe avec un air peu convainquant, une clope au bec, Iruka qui lui arrachait ses verres et les finissait pour qu'il ne soit pas ivre, Kurenai et Asuma qui se tenaient la main sous la table en croyant être discrets, Iruka qui riait à une blague de Gaï, Anko qui lui demandait si Iruka et lui avaient déjà fait l'amour en public, le visage d'Iruka qui rosissait de manière charmante à cause de l'alcool, sa voix qui devenait plus forte, plus libre et ses regards désinhibés et aguicheurs depuis l'autre bout de la table, et enfin Iruka qui l'emmenait danser, sous les applaudissements et remarques goguenardes de leurs amis.

Un sourire étira les lèvres du ninja copieur tandis qu'il se remémorait la danse sensuelle de son amant, la façon dont son corps se pressait contre lui, l'entraînant vers lui puis le fuyant, comme pour le narguer, ses mains chaudes dans son dos, ses hanches qui ondulaient en rythme, ses jambes qui le frôlaient , ses mèches noires de cheveux qui virevoltaient autour de son visage, son front qui brillait de sueur, ses joues roses et ses yeux qui brillaient, …

Kakashi n'aimait pas danser. Son corps habitué à tuer n'avait jamais été à l'aise sur une piste, incapable de se laisser aller à l'abandon de la danse. Mais il adorait voir Iruka danser. Bien avant qu'ils ne se mettent ensemble, il avait repéré ce jeune homme aux cheveux noirs et à la peau brune qui évoluait d'une manière si gracieuse et envoûtante sur une piste de danse. Et il lui semblait qu'il ne se lasserait jamais de ce spectacle enivrant et terriblement sensuel. Lorsqu'il dansait, il offrait une image de plaisir pur, et Kakashi avait toutes les peines du monde de ne pas se jeter sur lui pour lui faire l'amour sur la piste, entre les flaques de bière et les danseurs, dans ce mélange de musique, de rires et d'odeurs d'alcool.

« Je vous avais dit qu'il était bizarre ! » tempêta Sakura.

Arraché à ses douces rêveries, Kakashi rencontra les regards curieux de ses trois élèves. La jeune fille affichait une expression victorieuse des plus horripilantes.

« Mouais, ça sert à rien qu'on vienne s'il est comme ça. Je progresserai plus vite en m'entraînant seul, grommela Sasuke.

- Je vous ai laissé vous débrouiller seuls tout le matin, commença le maître ninja.

- … Tout le matin, vite dit ! Vous êtes arrivé avec deux heures de retard ! l'accusa Naruto, soutenu par un hochement de tête féroce de Sakura.

- … Et au vu des bleus dont vous avez écopé, je doute que cet auto-entrainement ait été très efficace » acheva Kakashi d'une voix faussement égale.

Le visage de Sasuke s'assombrit encore plus. Il faudrait vraiment que ce gosse apprenne à sourire un jour.

Sakura revint à la charge :

« Dîtes, maître Kakashi, pourquoi vous êtes autant.. euh…

- Dans les vapes! Compléta joyeusement Naruto.

- A quoi vous pensez ? Renchérit Sakura. Vous aviez l'air plutôt content… Vous avez une bonne nouvelle ? Quelque chose de bien s'est passé récemment ? »

Brusquement, toute l'attention des trois enfants était sur lui. Même Sasuke avait l'air un peu moins indifférent que d'habitude. Se rendant enfin compte qu'il était dangereux pour lui de laisser ces gosses hyperactifs désœuvrés, surtout lorsque l'une d'elle était bien trop perspicace pour son âge, Kakashi entreprit de leur occuper l'esprit en leur faisant jeter des shuriken sur des cibles mobiles.

Il se posta un peu à l'écart, contre un arbre, pour les surveiller -et accessoirement pour que son corps ne tangue pas trop. Il s'efforça de garder son attention focalisée sur ses infatigables et bruyants élèves, disséminant des conseils pour donner illusion, mais bientôt l'image des lèvres d'Iruka formulant ce satané nom s'imposa et se mêla au douloureux tambourinement dans son crâne.

Avec ce nom menaçant, remonta le souvenir du bras de son amant contre son torse, le repoussant en arrière, le rejetant. Un souvenir cruel et douloureux. Incompréhensible.

Amer, Kakashi rappela les souvenirs de leur fin de soirée, y cherchant une explication, un signe avant-coureur. Il se perdit vite dans les souvenirs...

Ils avaient dansé longtemps l'un contre l'autre, mêlant leur sueur et leur haleine, ou plutôt Iruka avait longtemps dansé et lui l'avait suivi, le dévorant des yeux. Puis lorsque la dernière note s'était évanouie dans l'air, après un tonnerre d'applaudissements auquel Iruka avait répondu par une courbette charmeuse, ils étaient sortis dans la nuit, slalomant entre les au-revoirs enjoués et les blagues graveleuses de leurs amis.

L'air était frais, mais leurs deux corps, réchauffés par un mélange d'alcool et de désir, gardaient la chaleur de la danse. Ils avaient titubé ensemble dans les ruelles désertes de Konoha, riant et se poussant. Puis des vagues insatiables les avaient jeté l'un sur l'autre dans une impasse sombre et ils s'étaient dévoré de baisers et de caresses voraces, roulant contre les murs noirs avec ivresse.

Soudain Kakashi s'était retrouvé agenouillé sur les pavés, à presser Iruka contre la porte fermée d'une maison inconnue. Ses mains avaient naturellement agrippé les hanches du plus jeune et sa bouche s'était plaquée contre la bosse dans le pantalon serré. La respiration de son amant s'était accélérée et il avait aggripé les cheveux blancs, mais embrasser à travers le tissu n'avait pas suffi à rassasier la soif montante du jounin.

Avec des gestes fiévreux, il avait descendu le pantalon qui lui faisait obstacle puis s'était jeté sur la virilité tendue, entourant Iruka de sa bouche avide. Il embrassait, suçottait, titillait et aspirait le membre gonflé, emplissant sa bouche, sa gorge et ses poumons de la sensation et de l'odeur de celui qu'il aimait, et c'était un nectar plus ennivrant encore que l'alcool.

Au dessus de lui, les yeux fermés et la gorge ouverte sur une respiration irrégulière, Iruka serrait ses cheveux et gémissait de plaisir, désinhibé par l'alcool. Rendu fou par ces petits bruits sensuels, le jounin avait remonté sa main le long des jambes frissonnantes puis glissé un doigt entre les fesses rebondies de son amant. Lorsqu'il avait envahi son intimité, Iruka avait eut un petit hoquet puis avait approfondi les deux unions par de petits mouvements de bassin.

Kakashi se rappelait encore de la sensation d'Iruka autour et dans lui, de cette étroitesse tiède autour de ses doigts, de sa dureté palpitante dans sa gorge, et de ses allées et venues avides entre la bouche et les mains du jounin. Il entendait encore ses gémissements torrides et halètement incontrôlables, et il savait qu'alors, le professeur avait eu l'esprit plein de lui. Et lorsque ses fesses s'étaient contractées autour de ses doigts, les emprisonnant delicieusement, tandis qu'il jouissait violemment dans sa bouche, emplissant sa gorge du goût et de l'odeur familière, ce n'était pas un nom étranger que ses lèvres avaient crié, mais bien son propre nom. Alors qu'est ce qui avait pu se passer après ce moment de fusion totale pour que le professeur prononcece matin le nom d'un autre homme?

« Ca a un lien avec professeur Iruka ? »

Cette fois, Kakashi ne put se retenir de sursauter.

Un large sourire s'étala sur le visage de Sakura. Lorsqu'on est un jounin aguerri, une telle réaction est l'équivalent d'un "OUI JE LE CONFESSE" crié sur tous les toits du village.

« Je le savais ! Naruto, tu me dois une semaine comme esclave ! » Fanfaronna la jeune fille.

Mais Naruto ne réagit même pas à cette provocation. Le regard tiraillé qu'il tourna vers Kakashi, entre méfiance, colère et amusement, accentua le mal de tête du jounin.

« Bon, moi je me tire. Ça sert à rien ce qu'on fait aujourd'hui. » lâcha Sasuke.

Il tourna le dos au jounin et partit de sa démarche décidée, aussitôt suivi par une Sakura sautillante. Le fait que cette dernière adressa un clin d'œil complice à son maître avant de disparaître et que même le ténébreux Sasuke n'avait pu dissimuler un léger sourire lors de son aveu mortifia profondément Kakashi. Il se promit qu'il reprendrait les choses en main le lendemain et ferait regretter aux morveux les libertés qu'ils avaient prises.

Mais aujourd'hui, il avait quelque chose d'autre à faire. Et ce crétin de Naruto, avec son expression hébétée, allait l'aider.

« Naruto, tu connais un certain Mizuki ? »

Kakashi avait pris un ton égal, mais la réaction du garçon fut impressionnante. En entendant le fameux nom, ses traits se fermèrent et ses yeux brillèrent de colère.

« Oui. »

Le cœur battant, Kakashi attendit qu'il complète.

« C'était un professeur ninja. Sauf que c'était un connard. Il a essayé de m'utiliser pour gagner plus de pouvoirs, contre le village. Et il a essayé de tuer Iruka. »

Kakashi s'était attendu à tout sauf à ça.

« Et qu'est ce qu'il est devenu ?

- Je lui ai cassé la gueule et depuis il rôtit en prison. »

Kakashi hocha la tête. Plus aucun doute n'était possible : Mizuki n'était pas l'amant de son petit ami. Mais savoir que c'était une ordure qui avait essayé de l'assassiner ne le rassurait pas spécialement. Et soulevait de nouvelles interrogations sur la scène qui s'était passée ce matin.

« Ok. Merci pour ces infos Naruto. Tu peux partir maintenant.

- Attend, j'ai une question avant. »

Kakashi détailla son élève et n'aima pas la lueur décidée dans son regard.

« Ça a un lien avec 'Ruka ? »

Le garçon hocha vivement la tête.

Alors Kakashi disparut en sautant dans un arbre voisin. C'était peut-être lâche comme réaction, mais il avait décidé qu'aujourd'hui il se laisserait aller à ses envies, même les plus contestables. Il serait toujours temps de faire oublier cet incident à Naruto le lendemain, quand il n'aurait plus de gueule de bois et serait en pleine possession de ses moyens. Au pire, il l'achèterait avec des ramen.

Et en attendant, il allait rendre visite à un certain Mizuki…

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