Voici un nouveau chapitre qui va éclairer le précédant et amener la fameuse confrontation Kakashi-Mizuki.

ATTENTION /!\ Évocations d'une relation malsaine.

Ce matin là, Kakashi s'était réveillé avec une sale gueule de bois (fichu Gaï et ses défis débiles). La lumière du jour dans la chambre et les oiseaux sur le toit l'avaient tiré du sommeil et agressaient sa tête meurtrie, et il sentait son ventre remuer à chaque fois qu'il se retournait. Il savait que la seule solution était de se rendormir et de laisser son corps évacuer l'alcool dans un sommeil le plus long possible (tant pis pour les mômes). Pourtant, il avait une autre idée en tête, plus alléchante encore…

C'est que Iruka dormait à côté de lui, le visage enfoui dans son bras et ses cheveux noirs répandus sur son dos, en une posture absolument craquante. Avec ses joues encore un peu roses, sa respiration plus lourde du fait de l'alcool et les petites perles de sueur sur son corps nu, il était l'image même de la tentation.

Kakashi se pencha sur le corps endormi, ignorant les protestations de son ventre, et déposa un baiser sur le front brun. Iruka émit un léger grognement puis se tourna sur le dos, les yeux toujours clos, la respiration toujours lourde. Le jounin le regarda un instant, attendri, puis résolut de mettre son plan à exécution.

C'était un plan très simple : réveiller Iruka de manière tendre, puis lui proposer de faire l'amour avant qu'il parte à l'Académie, histoire de se donner mutuellement du courage pour cette journée qui s'annonçait longue et difficile.

Pourtant rien ne se passa comme prévu. Kakashi, ses genoux de part et d'autre des hanches d'Iruka, venait à peine de se baisser et de poser ses lèvres dans son cou lorsque le chuunin fronça les sourcils et marmonna dans son sommeil :

« Mizuki ».

Ce nom inconnu glaça Kakashi. Il s'immobilisa aussitôt, sa bouche pressée contre la peau humide et ses jambes contre les hanches du jeune homme. A nouveau, le nom terrible fut prononcé, chassant tout désir chez le jounin :

« Mizuki... Non.»

Et comme pour l'achever, Iruka posa une main sur son torse et le repoussa, les yeux toujours clos.

Cette fois, le rejet était définitif. Kakashi s'écarta de l'homme qu'il aimait, hébété. Un profond sentiment de malaise s'ajouta à sa nausée. Il s'habilla avec des gestes froids et précis puis enjamba la fenêtre et sauta sur le toit voisin, partant pour une fois le premier, avant même le réveil d'Iruka… (Ce qui ne l'empêcha pas d'attendre d'avoir deux heures de retard avant de rejoindre ses élèves, mais c'est une autre histoire.)

Et maintenant qu'il approchait de la prison où était retenu le fameux Mizuki, ces souvenirs dansaient dans sa tête, cherchant à s'assembler de manière cohérente avec les informations que lui avait délivré Naruto. Mizuki avait été professeur, comme Iruka. Il s'en était pris à Naruto, l'élève préféré du jeune homme, et avait essayé de le tuer. Pourtant le brun n'avait jamais évoqué cet homme. Jusqu'à ce matin, alors qu'il l'embrassait…

La seule chose qu'il savait avec certitude, c'est que ça ne sentait pas bon...


« Le célèbre ninja-copieur est venu me rendre visite ? Je suis flatté. »

Kakashi ne répondit pas. Le regard qu'il posa sur le prisonnier était étudié pour sembler vaguement ennuyé, mais sous son masque, il mordait sa lèvre inférieure, en proie à de violentes émotions. Mizuki était un homme non dénué de charme, avec des traits fins et de beaux cheveux blancs qui tombaient sur ses épaules. La ressemblance avec ses propres cheveux, qu'Iruka affectionnait tant, mettait mal à l'aise le jounin. Mais surtout, le prisonnier respirait une folie froide et cruelle. Sa voix était mordante et son sourire malsain. Les paroles de Naruto dansaient dans son esprit « Il a essayé de tuer Iruka. »

Cachant son émotion, Kakashi s'accroupit devant les grilles et dit d'une voix traînante :

« Tu connais Naruto. »

Le rire de Mizuki le glaça.

« Le démon renard. Évidemment que je le connais. C'est à cause de lui et de son crétin de protecteur que je suis là. Mais tout ça est connu. Je ne comprends pas ce qu'un illustre maître ninja vient faire ici. »

Ignorant ces dernières remarques, Kakashi le relança :

« Son crétin de protecteur ? Qui est-ce ?

- Iruka Umino. »

Kakashi n'aimait pas la façon dont le prisonnier prononçait ce nom aimé, en faisant rouler le r sur sa langue d'un air pervers.

« Parle moi un peu de cet Umino. »

Pour la première fois depuis son arrivée, Mizuki releva la tête et le regarda en face. Une lueur étrange dansait dans ses yeux sombres.

« Intéressant comme question… Iruka n'est pas quelqu'un d'assez important pour qu'on aille rechercher un vieux prisonnier oublié au fond de sa geôle. Ce n'est pas un démon renard, ou un ninja-copieur…

- Contente toi de répondre à mes questions, ça vaut mieux pour toi » rétorqua Kakashi d'une voix menaçante.

Mizuki eut un nouveau rire sans joie.

« Bien… Après tout, Iruka n'est peut-être pas très puissant, mais ce ne serait pas la première fois qu'il attire l'attention des puissants. Ça m'a toujours étonné, non fasciné, de voir comment ce garçon banal attirait les éminents ninjas comme du miel. A commencer par le Troisième. Puis le démon renard, et maintenant le ninja-copieur… Oui, Iruka a quelque chose du miel. Il est sucré et doux, et tous les chasseurs sont attirés et veulent plonger leur museau dedans, quitte à le saccager. »

Kakashi n'aimait pas la tournure que prenait la conversation. Cette métaphore était trop dérangeante. Il coupa abruptement les considérations du jeune homme :

« Quel lien as tu avec Umino ? »

Mizuki cligna des paupières, comme étonné par la question. D'une voix douce, il répondit :

« J'étais son ami… »

Puis harponnant le regard de Kakashi, il rectifia :

« Son amant. »

Tous les muscles du jounin se contractèrent et il bénit son masque de cacher ses mâchoires serrées.

« Un type fascinant, ce Iruka. Pas le plus puissant ninja du village, mais très doué avec les gens... et délicieux au lit. Quand je m'ennuie, je repense à la façon dont son corps se cambrait quand je le pén…

- On s'égare, articula Kakashi entre ses dents serrées. Depuis quand tu le connais ? »

Mizuki s'étira, passa ses bras derrière sa nuque et répondit d'une voix légère :

« Je l'ai repéré quand on était gosses, après la mort de ses parents. Il avait l'air si triste, et il faisait tellement d'efforts pour ne pas le montrer, c'était fascinant. Et puis tous ces gens qui tournaient autour de lui, qui le consolaient, le grondaient, l'aimaient, c'était fou… Même le Troisième l'avait pris en affection, alors que c'était qu'un gamin somme toute assez commun qui faisait des bêtises… »

Mizuki avait l'air de beaucoup s'amuser.

« Je suis devenu son ami, parce que je voulais comprendre. Et que j'adorais le voir souffrir… Je sais pas pourquoi, mais j'ai toujours aimé ça. Ça me faisait bander. La première fois que je me suis masturbé, je l'ai imaginé pleurer. Il a des yeux très expressifs. Quand il a compris que je l'avais utilisé, j'ai pu voir son cœur se briser dans son regard. »

Kakashi se força à respirer profondément pour s'empêcher de tuer cet homme détraqué.

« Comment Iruka a pu sortir avec toi, un psychopathe ? »

Il y eut un silence, puis Mizuki éclata de rire. Ses quintes résonnèrent longtemps dans la prison.

« Ainsi j'avais raison, le grand ninja-copieur connaît Iruka… Et probablement intimement pour être venu jusqu'ici interroger l'obscur Mizuki.

- Contente toi de répondre, ou je te ferai regretter tes éclats.

- La douleur ne me fait pas peur… Au contraire. »

Mizuki releva le menton en signe de défi. L'estomac de Kakshi remua douloureusement, et pas à cause de l'alcool.

« J'ai toujours été doué pour la dissimulation. Aux yeux des autres gens, j'étais un homme sensible et prévenant, souriant, doux. Certes, je n'ai jamais eu l'éclat d'Iruka, mais personne n'a jamais soupçonné mes vraies pensées avant le soir où le démon-renard a tout fait foiré. »

Le prisonnier fit mine de réfléchir puis ajouta :

« A la réflexion, Iruka est le seul qui a eu des doutes. Des remarques que je laissais parfois échapper, un regard un peu trop sincère sur un enfant… Ou des gestes déplacés au lit… Mais il a toujours refusé d'y croire, chassant ces signes trop dérangeants. Jusqu'à ce que le démon-renard lui raconte tout. Ce morveux a réussi en un soir à détruire toute la confiance, toutes les illusions dont j'avais entouré Iruka pour l'endormir et le faire mien, pour l'utiliser comme je voulais. »

Kakashi avait envie de vomir. La seule pensée que cet homme tordu ait pu manipuler l'homme qu'il aimait, le toucher, le faire souffrir, lui donnait envie de réduire cette prison et son occupant en cendres.

« Tu aimes la cicatrice que je lui ai faite sur le dos ? J'avais prévu de le tuer avec ce Kunai, mais j'admets que l'idée de l'avoir marqué à vie me donne des frissons de plaisir.

- Il suffit, j'ai entendu ce que je voulais, souffla le jounin, en proie à une violente nausée.

- Ah bon ? Je pensais que ça t'intéressera d'en savoir plus sur ces gestes déplacés au lit qu'il s'efforçait de minimiser. Comme lorsque je le manipulais en jouant le sensible pour lui faire faire des choses qu'il ne voulait pas, ou lorsque je le droguais puis lui faisais l'amour alors qu'il dormait. »

C'en fut trop pour Kakashi. Son masque d'indifférence ne résista pas à cette révélation horrible et bien trop éclairante sur la réaction étrange de ce matin. Sa main crépita et la foudre se forma dans sa paume, hors de contrôle. La voix basse et menaçante, il dit :

« Tais toi, vermine. »

Mizuki regarda le légendaire éclair pourfendeur qui grossissait dans la main du ninja de génie, puis il sourit et s'avança, collant son visage contre la grille de fer.

« Sinon quoi, tu me tues ? Je n'attends que ça. La captivité à vie, ça devient long à la fin. »

Kakashi agrippa le col du prisonnier de sa main vide, sa raison balayée par une haine et une répulsion trop intenses pour être maîtrisées.

« Une fois il s'est réveillé alors que j'étais en lui, et il a eu l'air si horri…

- TAIS TOI ! »

Le jounin pressa sa main contre la gorge de l'immonde jeune homme, étranglant ses mots empoisonnés dans sa gorge. Mais ce n'était encore pas assez : Mizuki le regardait toujours, les yeux embrumés de larmes et le sourire triomphant.

Alors il déchaîna son éclair de feu sur le bas-ventre du prisonnier puis s'enfuit sans un regard en arrière, sans savoir si le monstre vivait encore…

Il courut à travers les arbres, l'esprit enragé. Finalement, il aurait voulu ne rien savoir. L'idée de son Iruka violé par ce malade le rendait fou. Il finit par déboucher sur Konoha, trop tôt pour sa colère qui brûlait et lui intimait de courir jusqu'à l'épuisement. Alors il s'élança dans les rues remplies de lumière, le pas furieux et la tête pleine de noirceur, et il erra pendant des heures, sans un regard pour les passants.

Jusqu'à ce qu'il repère une queue de cheval noire familière dans la foule. Son sang ne fit qu'un tour, et en l'espace d'une seconde, il était auprès de son professeur, pour l'heure occupé à bavarder avec Kotetsu tout en portant une petite fille -probablement une de ses élèves- sur ses épaules.

Iruka tourna un visage surpris vers le nouvel arrivant et fronça légèrement les sourcils devant son expression chamboulée, puis il lui adressa son beau sourire et la rage de Kakashi s'atténua un peu. Il regarda le professeur déposer la fillette devant une maison et saluer sa mère avec chaleur, non sans rougir lorsque celle-ci fit une remarque sur la présence du ninja-copieur (est ce que quelqu'un dans le village ignorait encore qu'ils étaient ensembles?). Puis Kotetsu s'éclipsa à son tour, en partie parce que le regard de Kakashi se faisait de plus en plus insistant.

Alors seulement Iruka se tourna vers son petit ami et demanda, le front barré par une ride soucieuse :

« Qu'est ce que tu as ? Et pourquoi tu es parti sans un au-revoir ce matin ? Tu... »

Le reste de sa phrase fut étouffé dans un câlin intense. Iruka allait protester qu'il ne s'en tirerait pas comme ça, et puis il remarqua que les bras de Kakashi tremblaient et que son cœur tambourinait dans sa poitrine, encore plus vite qu'après ses retours de mission. Alors il se laissa couler dans l'étreinte serrée et enroula ses bras autour de son petit ami. Des secondes s'écoulèrent, puis des minutes. Les passants filaient autour d'eux, et les murmures se faisaient de plus en plus nombreux.

Quand enfin Kakashi le relâcha, son corps avait cessé de trembler et ses yeux avaient retrouvé leur apparente indifférence, bien qu'Iruka pouvait voir le feu qui couvait en dessous. Le chuunin glissa une main douce sur sa joue, sous son masque qu'il aurait arraché pour dévoiler son visage s'ils n'étaient pas au milieu d'une des rues les plus fréquentées du village.

« Tu es encore bourré, c'est ça ? »

Kakashi explosa de rire. Les passants ralentirent, curieux de surprendre le ninja légendaire en train d'agir comme un être humain normal. Iruka était lui de plus en plus gêné de se donner en spectacle et ne rêvait que de retourner chez eux pour consoler en privé l'homme qu'il aimait de quoi que ce soit qui lui était arrivé (l'alcool ? Naruto et ses deux comparses?).

Kakashi devait avoir une envie similaire, car il lui prit tendrement la main et avança vers ce qu'il avait fini par considérer leur maison. En chemin, il pencha sa tête vers l'oreille du professeur et lui souffla d'une voix étonnement vibrante :

« Je t'aime. »

Un Iruka rougissant lui répondit un « Je sais » embarrassé avant de lui taper sur la tête et d'ajouter « Tu es interdit d'alcool jusqu'à nouvel ordre ».

Comme le reste des passants et habitants de la rue, trois petites silhouettes regardèrent la scène avec intérêt. Puis Sasuke dissimula son ombre de sourire et haussa les épaules, marmonnant que Kakashi ferait mieux de les préparer à devenir de grands ninja et Sakura s'éventa en babillant sur la « mignonitude absolue de ce couple », jusqu'à ce que Sasuke fasse remarquer que ce mot n'existait pas. Naruto, lui, se contenta pour une fois de regarder en silence les deux jeunes gens disparaître, partagé entre l'amusement, le malaise, l'attendrissement et la frustration d'être exclu. Puis il décida de se faire inviter chez Ichiraku et courut après eux avec un grand sourire...

J'ai déjà quelques idée pour un nouveau chapitre (avec un lemon haha, et plus de douceur que dans ce chapitre un peu dur), alors n'hésitez pas à me dire si vous êtes partants et ce que vous avez pensé de ce chapitre ci!