/!\ ce chapitre inclut une scene de harcèlement moral et sexuel (évidemment condamnée). Sautez le passage entre "..." si cela vous dérange.

« Vous avez été injoignable ces derniers temps, constata Tsunade avec un froncement de sourcils. Maître Gaï n'a jamais réussi à vous délivrer l'information que je lui avais donné.

- Je ne pensais pas que c'était quelque chose de sérieux, répondit Kakashi d'une voix traînante. J'avais la tête occupée ailleurs.

- Mmh, le meilleur professeur de Konoha avait aussi l'air assez distrait ces derniers jours » lâcha Tsunade.

S'il n'avait pas mieux connu Shizune, la sérieuse et consciencieuse assistante de l'Hokage, le maître-ninja aurait pris sa soudaine crise de toux pour une maladroite tentative de dissimuler un gloussement.

« Que me vouliez vous ? »

Le regard de la Cinquième Hokage se fit inquisiteur.

« Savoir pourquoi vous avez déchaîné votre attaque la plus meurtrière sur un prisonnier. »

Kakashi bénit son masque de dissimuler ses mâchoires serrées. Il essaya de répondre, comme son devoir lui intimait, mais la colère que ces mots avaient réveillé lui avait dérobé toute pensée construite, ne lui laissant qu'une haine corrosive pour l'objet de la conversation. Tsunade haussa un sourcil et le relança :

« Je doute que vous ayez agi par pure gratuité. Vous deviez avoir vos raisons. »

Un silence tendu lui répondit. Shizune pencha la tête sur le côté, l'air intrigué.

« Kakashi, avez vous eu connaissance d'un projet de la part du détenu Mizuki menaçant la sécurité de Konoha ? J'ai confiance en vous, mais je dois savoir pourquoi vous avez agi ainsi, contre les lois de notre village, sans m'en référer. »

Au prix d'un effort intense, le jounin réussit à desserrer la mâchoire et à répondre d'une voix froide :

« Ce n'était pas pour Konoha. C'était une affaire personnelle. »

Shizune et Tsunade échangèrent un long regard, puis cette dernière dit d'une voix douce :

« Qu'est ce que c'était ? Ce qui est dit dans ce bureau reste dans ce bureau.

- C'est privé. Cette information n'a aucune incidence sur Konoha. »

Il y eut un flottement, puis le poing de Tsunade s'abattit violemment sur son bureau, cassant le meuble en deux, faisant sursauter Shizune. Elle s'avança vers le ninja-copieur et lui hurla au visage :

« QU'EST CE QUE C'EST QUE CES CONNERIES KAKASHI ? COMMENT VOULEZ VOUS QUE JE VOUS JUGE SANS CONNAÎTRE VOS RAISONS ? VOUS ÊTES UN NINJA, PAS UN CIVIL. LE PRIVE N'EXISTE PAS POUR VOTRE HOKAGE. »

Kakashi inspira profondément puis répliqua :

« Je sais que j'outrepasse mes droits, comme lorsque j'ai porté la main sur ce prisonnier. Je me soumettrai à votre punition, quelle qu'elle soit. »

Le regard de Shizune passa du visage de l'Hokage à celui de l'ex Anbu, paniquée à l'idée de ce qui allait suivre. La tension était telle entre eux que l'air crépita.

Puis le poing de Tsunade se desserra un peu et la ninja guérisseuse marcha vers son bureau d'un pas énervé, tournant le dos à son inférieur hiérarchique.

« Je vous recontacterai lorsque j'aurai décidé quoi faire de vous. Je compte sur vous pour ne plus prendre ce genre d'initiative, c'est compris ?

- C'est compris.

- Vous pouvez disposer. »

La ninja de légende passa une main sur son bureau en grimaçant. Shizune, rassurée que personne ne soit décédé, s'accroupit et entreprit de réunir les dossiers et feuilles volantes que le choc avait précipité à terre.

« Juste une question, Mizuki est-il mort ? »

Shizune releva aussitôt la tête, affolée. A première vue, le regard de Kakashi semblait toujours aussi éteint que d'habitude, mais une lueur dangereuse dansait au fond de ses pupilles. Le soupir de Tsunade balaya les feuilles sur le sol.

« Non. Il est à l'hôpital depuis une semaine. Il devrait bientôt retourner dans sa cellule...»

Fronçant les sourcils, elle ajouta :

«Et sa chambre d'hôpital est surveillée en permanence.

- Je ne comptais pas aller l'achever.

- Eh bien c'est très bien ! répondit la Cinquième avec humeur. Maintenant, retournez célébrer vos deux ans avec votre petit ami avant qu'il m'en veuille à vie, et arrêtez d'agir de manière inconsidérée ! »

Le ninja-copieur inclina légèrement la tête puis s'éclipsa.

Tsunade se laissa tomber par terre avec rage.

Shizune passa les quinze minutes suivantes à réunir les dossiers qui jonchaient le sol en une pile rangée pendant que la ninja légendaire roulait sur elle même en grognant des phrases inintelligibles. Une fois sa tâche accomplie, son assistante se releva et alla se planter devant Tsunade :

« Peut-être serait-il temps d'aller vous coucher ? Vous pourrez réfléchir à tout ça demain. »

Sauf que le destin en avait décidé autrement. Car au moment où les deux femmes quittaient le bureau, maître Gaï déboulait dans la pièce, suivi d'un Anbu, et délivrait la nouvelle suivante :

« Maîtresse Hokage, Mizuki s'est enfui. »


Iruka serrait Kakashi dans ses bras avec délice, surpris et heureux d'avoir si vite retrouvé son amant.

« Que te voulait Tsunade ? »

Le ninja copieur marqua une courte pause avant de répondre :

« Une mission. Rien de très passionnant. »

Le professeur rit dans le cou de son amant puis susurra :

« J'ai une mission plus passionnante pour toi alors, mon 'Kashi. »

Le regard du jounin se chargea d'une expression inhabituelle. Le chuunin frotta langoureusement le bas de son corps nu contre celui habillé de son petit ami et poursuivit d'une voix chaude :

« Accepte tu ma mission secrète ? »

La lueur étrange grandit dans l'oeil visible, mais le hochement de tête précipité et la main avide posée sur ses fesses nues balayèrent les doutes d'Iruka. Il avait encore une fois pris son aîné au piège.

« Eh bien va réchauffer ton repas raffiné pendant que je vais me laver. »

Le professeur assortit cet ordre d'un baiser chaste sur le menton de son petit ami (qu'il avait gardé dissimulé sous son masque, pour Dieu sait quelle raison). Puis il s'écarta en riant et avança vers la douche.

...,...,...,...

Sauf que Kakashi en avait décidé autrement. Une main forte arrêta son bras puis le tira en arrière. L'instant d'après, Iruka était plaqué dos au mur, contre le ninja habillé. Le désir consumait l'oeil visible de son amant, si intense que le professeur laissa les doigts blancs parcourir son corps nu. Les caresses étaient plus pressantes, plus brutales que d'habitude, comme si sa brève escapade nocturne avait transformé Kakashi en une bête assoiffée. Un attouchement particulièrement bestial sur sa virilité lui arracha un sursaut et le chuunin emprisonna la main fautive entre ses doigts, reprenant le contrôle.

« Hola 'Kashi, calme un peu tes ardeurs. C'est peut-être toi qui devrais prendre une douche ! »

Le ninja-copieur baissa légèrement la tête. Interprétant ce signe comme de la honte, Iruka passa une main affectueuse dans ses cheveux et ajouta :

« Allez, j'y vais, et après le repas, on célébrera comme il se doit ces deux ans. Si tu es sage, peut-être que je te referai même une pipe. »

Iruka fit mine de s'éloigner, mais à nouveau, la main de son amant le rabattit en arrière, le plaquant violemment contre le mur. Un peu sonné, le professeur monta des yeux chargés d'incompréhension vers son petit ami.

« Iruka, j'ai envie de toi maintenant. »

Le professeur ouvrit la bouche, agacé, mais le masque du jounin s'écrasa sur ses lèvres et avala ses protestations. En même temps qu'il l'embrassait avec une soif brusque, Kakashi emprisonna ses poignets d'une main et releva ses bras au dessus de sa tête. Son autre main caressa la joue brune de chuunin du bout de son ongle, griffant la peau. Suffoquant, Iruka mordit les lèvres à travers le tissu et récupéra sa bouche. Puis il dégagea brutalement ses bras de l'emprise de son amant et cracha vers lui :

« Mais qu'est ce qu'il te prend Kakashi ? Tu me fais mal ! »

Les yeux noirs brillèrent à nouveau et la main blanche quitta la joue pour plonger vers la chevelure noire. Le ninja copieur retira la rose rouge de derrière l'oreille du professeur puis la passa sous son nez en une caresse délicate.

« Je suis désolé. Tsunade m'a donné une mission difficile, et ça m'a ébranlé. J'avais juste besoin de te retrouver... Besoin de te toucher, pour oublier... Je ne voulais pas te brusquer. »

La colère d'Iruka fondit. Il écarta la fleur rouge et ramena Kakashi contre lui, le serrant dans ses bras avec tendresse.

« Bon, on peut un peu se câliner avant le repas. »

Les cheveux blancs tombaient devant son visage et il sentait le rythme cardiaque rapide de Kakashi contre sa poitrine, bien plus désordonné que d'habitude. Il ne savait pas ce qu'était cette fameuse mission, mais elle devait être terrible. Il n'avait jamais vu son amant dans cet état. Il le serrait avec force, comme si c'était la dernière fois qu'il le voyait, le broyant presque entre ses bras.

Peu à peu, la main du ninja copieur descendit le long de son dos et agrippa sa fesse. Lorsque les doigts de son amant écartèrent ses cuisses et glissèrent dans le mélange de sperme et de salive de leur dernière union, Iruka étouffa ses réticences et plongea sa tête dans le cou de son amant. Toute excitation l'avait quitté après la scène précédente.

Soudain, Kakashi le pénétra de ses deux doigts. Ils s'enfoncèrent jusqu'aux phalanges en un coup brusque, tirant un cri de douleur chez Iruka.

« Je t'aime Iruka. Laisse moi t'aimer. »

Le professeur se paralysa, glacé par ces paroles d'amour. Il sentait un profond sentiment de malaise l'envahir, mais il ne parvenait pas à écarter son amant, prisonnier de ses bras et de ses mots, de sa fragilité actuelle. Pendant ce temps, Kakashi parcourait avidement son intimité, cognant contre les parois avec rudesse, l'emplissant d'un feu vorace et sombre.

Deux autres doigts forcèrent l'entrée d'Iruka et le dévorèrent de l'intérieur. Le corps du professeur se mit à trembler et ses yeux s'embuèrent. Il ne reconnaissait plus son petit ami, d'habitude si doux et attentionné. Il avait l'impression d'être englué dans un cauchemar malsain, comme à l'époque de Mizuki…

Le trouble d'Iruka s'évanouit brutalement. Débarrassé du gaze de l'amour pour Kakashi, il prit conscience de ce que lui faisait subir l'homme en face de lui, contre lui, en lui. Il lança ses deux mains contre la poitrine de l'autre.

...,...,...,...,...

Les doigts de l'autre s'attachèrent à son corps, tandis que l'homme tombait en arrière. Iruka chancela, déstabilisé par la légère douleur que lui avait laissé en cadeau l'homme masqué à ses pieds. Celui ci montait un oeil blessé vers lui et demanda d'une voix troublée :

« Qu'est ce que tu as Iruka ? J'ai fait quelque chose qu'il ne faut pas ? »

Mais la manipulation ne prenait plus. Le professeur lança d'un ton haineux vers l'intrus :

« Il suffit. Tu n'es pas Kakashi. »

L'œil visible s'écarquilla tandis que la bouche masquée balbutiait, mimant une incompréhension très convaincante. L'homme aux cheveux blancs rampa vers les jambes nues du chuunin, cherchant à l'atteindre, à le convaincre de sa bonne foi. Mais Iruka retira sa jambe et écrasa le bras aventureux, les mâchoires serrées. Le cri de douleur de l'homme à terre ne lui fit ni chaud ni froid.

« Arrête ton cinéma Mizuki. »

Le visage masqué se releva soudain vers le professeur. L'intérêt avait remplacé la douleur dans l'oeil apparent.

« Aux dernières nouvelles, tu étais en prison. Qu'est ce que tu fais là ? »

Le ninja à terre laissa tomber sa tête sur le sol. Lorsqu'il la releva, il avait les traits de Mizuki. D'une main ennuyée, il baissa son masque, dévoilant le visage qu'Iruka voyait encore parfois en cauchemar. Le chuunin ne put empêcher un léger frisson en revoyant l'éclat malsain dans les yeux noirs et le sourire indéchiffrable. Il était bien trop familier de ces lèvres qui avaient dévoré son corps maintes fois, avec ou sans son consentement.

« Je suis flatté que tu m'aies reconnu après tout ce temps. »

Avec un froncement de sourcil théâtral, le ninja ajouta :

« Bien qu'un peu vexé que tu m'aies si vite remplacé par un autre. Tu as choisi Kakashi parce que ses cheveux blancs te rappelaient les miens, c'est ça ? Maintenant que je suis de retour, tu n'as plus besoin de lui mon Iru'. »

L'ancien prisonnier se releva et s'accroupit sur le sol, en face de son ancien petit ami. Il détailla son corps nu d'un regard insistant et se lécha les lèvres. Instinctivement, le professeur se couvrit le corps de ses bras, la colère initiale se mêlant au dégoût et à la peur. N'en tenant plus, il plongea derrière le lit et attrapa un pantalon qui traînait. Il l'enfila avec des mains tremblantes, sans quitter des yeux l'intrus.

« Tu ne faisais pas tant de chichis quand nous étions ensemble mon Iru'.

- Nous ne sommes plus ensemble, et je ne suis plus ton Iru'» marmonna le professeur.

Une fois le bas de son corps protègé par son pantalon, Iruka reprit ses esprits. Sa voix se fit cinglante:

« Comment ça se fait que tu es hors de ta cellule? Je doute que tu aies été relâché et aies le droit d'être ici.

- Peut être bien que tu as raison. Et qu'est ce que tu vas faire si c'est le cas ? Demanda Mizuki d'un air faussement innocent.

- Te ramener devant notre Hokage, par la force s'il le faut. »

Les lèvres de l'ancien prisonnier se tordirent en un rictus froid et ses yeux se fixèrent sur la poitrine nue. Mal à l'aise, Iruka se baissa pour attraper un t-shirt. Mizuki en profita pour tirer deux shuriken de sa manche et les lancer vers lui.

Sauf que le professeur avait anticipé l'attaque. Il s'aplatit sur le sol et roula sous le lit d'un geste adroit. Lorsqu'il parut de l'autre côté, vers son assaillant, il tenait lui aussi des shuriken dans sa main.

Les deux anciens amants fondirent l'un sur l'autre et commencèrent à se battre...


Kakashi sut que quelque chose clochait lorsqu'il vit que les pièges pour accéder au toit d'Iruka avaient été désamorcés. En tant que professeur, il vit d'un regard que ce n'était ni Naruto, ni un de ses insupportables élève.

Sans attendre, le jounin utilisa son Shunin no Jutsu. L'instant d'après, il apparaissait dans une tornade de feuilles dans la chambre qu'il partageait avec Iruka.

Mais c'était trop tard. Au moment où il apparaissait, Mizuki poussait Iruka contre le kunai fiché dans le mur. Le professeur s'empala sur l'arme avec un petit hoquet de surpris. Il baissa les yeux sur son torse traversé de part en part par la branche en métal, puis son regard s'éteignit et sa tête tomba sur sa poitrine...

Kakashi hurla.