Je vais peut-être bientôt mettre un terme à cette fanfic. A moins que j'ai une nouvelle idée pour la suite. N'hésitez pas à suggérer des pistes si vous avez des envies particulières (je ne dis pas que je le ferai forcément, mais parfois ça donne des idées).
Kakashi était dans la chambre d'Iruka, entouré des souvenirs de leurs deux ans de bonheur commun.
Dans son dos, il y avait la fenêtre à laquelle Iruka s'accoudait parfois pour l'embrasser quand il partait en mission, le soir. A sa gauche, la bibliothèque où après de nombreuses disputes, ses livres de Icha Icha avaient fini par rejoindre ceux d'Iruka sur la pédagogie, la cuisine et la relaxation. A sa droite, le lit où le professeur s'était si souvent endormi contre lui, son dos pressé contre son ventre, ses longs cheveux noirs éparpillés et sa main serrée dans la sienne. En face de lui, le mur contre lequel ils avaient pour la première fois uni leurs corps, après deux mois de flirt timide, leur désir dévorant ne leur ayant pas laissé le temps d'atteindre le lit.
Il y a deux ans, Iruka le laissait entrer dans son corps, sa chambre et sa vie pour la première fois. Cette découverte avait empli sa vie jadis terne de lumière et de bonheur. Guidé par le professeur, Kakashi avait découvert avec délice les petits plaisirs d'un quotidien simple et heureux, loin du fracas des combats et des missions, et il avait peu à peu fait sien cette vie, cette chambre et ce corps aimant.
Et maintenant, Iruka était empalé sur le mur où ils avaient pour la première fois uni leurs corps et leur vie, transpercé par un shuriken géant.
Kakashi se rendit compte qu'il était en train de hurler, comme une bête qui se sait condamnée et met dans son ultime cri tout le désespoir, la terreur et la colère face à ce destin. Mais il s'en fichait. Le sens de sa vie avait disparu avec le dernier souffle de celui qu'il aimait.
Mizuki se retourna lentement et le regarda. Ses yeux étaient aussi froids et cruels que ceux d'Iruka avaient été sincères et bienveillants. Avec un sourire féroce, l'assassin posa une main possessive sur le torse baigné de sang, sous la pointe du shuriken, et la descendit lentement, traçant une ligne rouge sur la peau brune avant de se refermer brutalement sur la bosse du pantalon.
Une vague de pure colère embruma l'esprit du ninja copieur. Il fondit sur sa proie, l'arracha au cadavre de son amant et enroula des doigts implacables autour de son cou. Des larmes montèrent aux yeux de Mizuki, mais son sourire pervers resta collé aux lèvres. Kakashi enfonça ses ongles dans la peau et appuya contre sa trachée, mais son sourire indécent s'accentua encore, déformant son visage en un masque de pure malfaisance...
Et puis soudain le sourire se figea et les yeux de Mizuki s'écarquillèrent. La pointe d'un kunai ressortit de sa poitrine. La rage de Kakashi disparut, remplacée par un océan d'incompréhension et il lâcha sa proie.
Iruka retira son kunai de son ancien amant et le regarda tomber. Mizuki se tortilla sur le sol et monta deux yeux éberlués vers le professeur.
« Tu m'as peut-être manipulé pendant des années, mais j'ai aussi appris à te connaître et à savoir comment tu fonctionnes » articula Iruka d'une voix sombre.
Il s'agenouilla près de l'homme transpercé.
« Quand tu es excité, tu deviens imprudent. Il suffit de te faire croire que tu as eu ce que tu voulais pour te faire baisser tes barrières.
- Comment ? » coassa Mizuki en levant une main faible vers la joue brune griffée.
Kakashi avança son bras pour s'interposer, mais Iruka intercepta le poignet de Mizuki avant que les doigts pointus ne l'atteignent.
« Un simple clone. »
Le choc s'inscrivit sur les traits de l'homme au sol. De violents spasmes agitaient son corps, et sa main retomba brutalement sur le sol. Ses yeux, légèrement hagards, se raccrochèrent à Iruka et son visage dur.
« Tu m'as vaincu Iru'. »
Une quinte de toux déchira sa gorge, projetant des gouttes de sang sur sa poitrine.
« Je t'ai aimé, à ma façon. »
Mizuki eut un sourire doux, pour une fois dépourvu de mordant, son dernier, ou peut-être était-ce son premier. Puis ses yeux se révulsèrent et son corps cessa de trembler.
Le visage d'Iruka se décomposa. Kakashi s'accroupit et leva son bras vers lui, par dessus le corps inerte. Il prit avec douceur le visage aimé dans sa main et recueillit la larme qui coulait sur la joue brune.
« 'Ruka, tu... »
Mais l'arrivée fracassante de quatre des ninjas les plus forts du village emporta le reste de sa phrase.
« IRUKA SENSEI, MON RESPLENDISSANT AMI, MIZUKI S'EST ÉCHAPPÉ ET NOUS AVONS DES RAISONS DE CROIRE QU'IL VA BIENTÔT VENIR ICI! » mugit maître Gaï.
La tirade enflammée retomba dans la pièce. Iruka et Kakashi regardaient les nouveaux arrivés, paralysés, la main du plus âgé entourant le visage du plus jeune. La griffure sur la joue, la larme écrasée et le cadavre à leurs pieds retinrent les attention de tous. Pendant un moment, personne ne bougea.
Puis Shizune s'ébroua et prit les choses en main:
« Maîtresse Hokage, vous pouvez peut-être examiner Mizuki. L'Anbu pourra l'interroger s'il reste une once de vie en lui. Et Gaï... euh tu peux nettoyer le cadavre du clone d'Iruka. C'est glauque de le voir fiché dans ce gros shuriken. »
La ninja se tourna ensuite vers le professeur et ajouta d'une voix douce :
« Iruka sensei, vous pouvez disposer. Kakashi peut peut-être vous ramener chez lui pour voir si vous n'avez rien. Tsunade vous rappellera pour faire votre rapport. »
Iruka continua de regarder la jeune femme d'un air absent. Ses épaules tremblaient légèrement.
Kakashi hocha lui la tête. Il sauta par dessus le corps de Mizuki et passa deux bras tendres sous les épaules et les jambes de son amant, l'entraînant dans un câlin protecteur, puis il sauta par la fenêtre avec son précieux fardeau et disparut dans la nuit.
Tsunade soupira puis s'accroupit à côté du cadavre.
« Que veux tu que j'examine Shizune. Je guéris les blessés, je ne ressuscite pas les morts. »
L'Anbu s'assit sur le rebord de la fenêtre et balança mollement ses jambes dans le vide, l'air d'approuver cette constatation.
« Pour l'interrogatoire, je vais devoir me contenter des dépositions de Iruka et Kakashi. Si ce dernier daigne me répondre... » bougonna l'Hokage.
Shizune haussa les épaules et revissa ses lunettes sur son nez avec ce petit air supérieur qui exaspérait tant Tsunade. Cette dernière soupira bruyamment. Elle ne comprenait pas pourquoi son assistante lui avait coupé l'herbe sous le pied et avait renvoyé les deux témoins -et vraisemblablement assassins- de la scène.
Le regard de la ninja de légende dériva vers Gaï, occupé à récurer le shuriken géant maculé de sang à l'aide d'une éponge sortie de nulle part. Puis ses yeux accrochèrent le cadavre que Gaï avait posé derrière lui. Elle avait beau savoir que ce n'était qu'un clone, voir le professeur que tout le monde aimait à Konoha avec un teint grisâtre et un trou béant au milieu de la poitrine lui donnait la nausée. Et puis il y avait cette ligne de sang, tracé par des doigts humains sur le torse déchiré, jusqu'au pantalon où il y avait la trace d'une paume ensanglantée, à hauteur de l'entre jambe.
Tsunade regarda la main ensanglantée du deuxième cadavre, à ses pieds. Elle fronça les sourcils.
Finalement, elle allait peut-être laisser un peu de répit à Kakashi et Iruka avant de leur demander des comptes...
Iruka était recroquevillé sur le sol de la salle de bain de Kakashi et le jounin lui séchait les cheveux avec une serviette. Des tremblements agitaient sans discontinuer le corps brun humide, déchirant le coeur de Kakashi. Mais il avait eu beau monter la température de la douche jusqu'à ce que sa propre peau rougisse puis frictionner vigoureusement la peau de son amant, rien n'avait effacé les terribles spasmes. Alors une fois la douche finie, il s'était contenté d'entourer de son corps tiède celui frissonnant et prostré de son petit ami, plaquant ses jambes contre les siennes et son ventre contre le dos frémissant, et il avait entreprit de sécher ses longs cheveux noirs gorgés d'eau, mèche après mèche.
La chevelure que Kakashi aimait tant était presque sèche lorsque son propriétaire prononça ses premiers mots, d'une petite voix fatiguée:
« Mizuki n'était pas un homme bien. »
Le jounin marqua une pause, signalant qu'il écoutait. Puis il embrassa doucement la nuque devant lui et reprit son travail. Quoi que son petit ami veuille lui dire, il serait là, à l'écouter et le soutenir.
« Il a trahi Konoha pour augmenter ses pouvoirs. Il voulait sacrifier Naruto, un simple enfant, dans le processus. Il a aussi essayé de me tuer... »
Un spasme particulièrement violent secoua le dos brun.
« Il m'a fait croire qu'il m'aimait pour mieux m'utiliser. Il jouait au petit ami attentionné. Parfois, je me posais des questions, mais il suffisait qu'il me dise qu'il m'aime ou me regarde avec un air triste et je balayais mes doutes. »
Kakashi fixait de tout son être la mèche noire qu'il frottait, essayant de ne pas laisser son coeur tambouriner trop fort dans sa poitrine, contre le dos d'Iruka, pour ne pas l'alerter. Mais sous sa peau, son sang était devenu un bouillon brûlant de rage et d'impuissance. La voix d'Iruka s'éleva à nouveau, amère.
« Il m'a violé. Plusieurs fois. J'aurais pu me défendre, mais il savait toujours quoi dire, quoi faire pour éteindre mes résistances... Et une fois, la nuit, je me suis réveillé et...»
La voix du professeur se brisa. Lorsqu'elle reprit, elle était déchirée par la tristesse:
« Alors pourquoi je m'en veux de l'avoir tué? »
N'en tenant plus, Kakashi lâcha la serviette et enroula ses bras autour du torse de son petit ami. Il le serra avec tant de force qu'Iruka eut le souffle coupé. En même temps que ses bras agrippaient avec désespoir le corps tremblant, ses jambes entouraient celles du plus jeune et il pressait son visage dans son cou, comme si son corps pouvait devenir un bouclier protecteur et confortant.
Peu à peu, les frissons diminuèrent et le rythme cardiaque d'Iruka devint plus serein. Avec un petit rire doux, le professeur monta une main vers le visage de Kakashi, dans son cou, et il caressa distraitement la peau sensible habituellement cachée par le masque noir. Le ninja copieur se détendit un peu, mais il ne desserra pas son étreinte. Il lui semblait que s'il lâchait son amant, les terribles frissons allaient reprendre.
« Je suis désolé 'Kashi, tout çac' est du passé. Je ne devrais pas t'embêter avec. Surtout le jour de nos deux ans. »
Le jounin referma ses mains sur la poitrine brune, capturant ce cœur aimé.
« Ne t'excuse pas 'Ruka. Je veux être là pour toi. Je déteste le fait que tu as tant souffert dans le passé et que je n'étais pas là pour te protéger. Mais je déteste encore plus l'idée que tu souffres en silence pour m'épargner. Dis ce que tu veux, je t'écoute. Quand tu veux. Quoi que puisse penser Naruto, je ne suis pas là que pour les moments rigolos et le sexe -même si le sexe est fantastique. »
Iruka gloussa. Puis il prit une grande inspiration qui fit gonfler sa poitrine sous les mains de Kakashi, avant de laisser reposer sa tête en arrière, sur l'épaule du plus âgé. Les cheveux encore un peu humides roulèrent sur les épaules nues du ninja copieur.
« Je t'aime 'Kashi. »
Le jounin tourna la tête et déposa un baiser tendre sur la joue brune.
« Moi aussi je t'aime, 'Ruka. »
Ils passèrent les dernières minutes de leurs nuit d'anniversaire collés l'un contre l'autre sur le sol humide de la petite salle de bain, à accorder leurs battements de coeur. Puis le ninja copieur sentit le corps de son petit ami s'amollir et devenir plus pesant à mesure que sa respiration ralentissait. Il attendit immobile que le sommeil ait cueilli son amant avant de se lever lentement, Iruka pressé contre son cœur, puis d'emmener sa silhouette assoupie dans sa chambre. Il allongea le jeune homme sur son lit avec des gestes lents et précautionneux, disposant les cheveux enfin secs autour de sa tête pour qu'ils ne se froissent pas. Puis il embrassa chastement le front brun, se coucha à côté du corps aimé et tira le drap sur eux.
Il emporta dans ses rêves le visage de celui qu'il aimait et de ses traits enfin sereins.
Un chapitre intense et mélancolique. Pauvre 'Ruka. Je pense qu'on est tous d'accord que Mizuki est une enflure de la pire espèce!
N'hésitez pas à lâcher un comm, ça prend pas beaucoup de temps et ça me fait toujours très plaisir.
