Notes : Sachez juste que mon PT Cruiser est bleu, mais que les dialogues de son esthétique son réels. Mon amie pas convaincue par le design du PT le jour où je lui ai présenté cette chose à dit les lignes de Kaiba. J'ai dit les lignes d'Ishizu. Mais je l'aurai préféré en rouge aussi. KaylinMei appréciera la référence de toute façon. De ce préquel il existera trois parties.

Disclaimers : Le PT Cruiser appartient à Daimler-Chrysler (qui du coup appartenait à Mercedes-Benz avant sa dissolution). Kaiba,Ishizu, la ville et les autres personnages mentionnés à Kazuki Takahashi. Les deux premières lignes sont la traduction d'une partie du refrain de la chanson "The Sound Of Silence" interprétée par Simon & Garfunkel.


[...] Et la vision imprimée dans mon esprit reste encore, dans le son du silence. Dans des rêves agités j'ai marché seul dans ces ruelles pavées, sous le halo d'un réverbère, j'ai tourné mon col vers le froid et l'humidité, quand mes yeux ont été poignardés par le flash d'un néon qui a touché le son du silence.

La porte claqua. La musique du bar se fit plus lointaine et Seto se débarassa rapidement de son blouson. Il se rendit compte seulement à ce moment à quel point ledit blouson était en majeure partie responsable de sa sudation excessive. Son éternel col roulé noir lui collait à la peau. Kaiba passa son blouson par dessus son épaule, le tenant de sa main gauche, tandis qu'avec l'index de sa main droite il écarta légèrement le col de son pull de son cou, légèrement haletant.

— La prochaine fois, je m'habillerai plus léger, souffla le CEO dont le front devenait luisant à la lumière des lampadaires

Ishizu, qui l'avait suivi, pencha la tête sur le côté,dubitative.

— Tu voudrais qu'il y'ait une prochaine fois ?

Kaiba, les joues rosies par l'alcool, fixa, Ishizu.

— C'est si étonnant que ça que je l'envisage ? Il faudrait savoir à un moment donné : si je m'éclipse ça ne va pas, et si je parle d'une potentielle autre soirée de ce type, ça choque. Je suis un peu perdu là...

Ishizu posa doucement une main sur l'épaule du CEO.

— Ce n'est pas ça. D'habitude tu fuis tout ce qui concerne de près ou de loin l'amitié. Il fut un temps où jamais personne n'aurait osé te proposer de faire ça. Tu es plutôt du genre à lancer des regards assassins si jamais ils se prétendent être tes amis.

Là ou Ishizu n'avait pas toutes les informations, c'est qu'à maintes reprises, son rival de toujours et sa bande lui avaient montré qu'ils étaient là. Ils avaient été présents lorsque Dartz lui avait volé sa société, ils avaient été là lorsque Noah fit son cinéma dans le monde virtuel.. En bref ils ne l'avaient pas abandonné, quitte à prendre plus de temps à atteindre leurs objectifs. Kaiba n'aurait certainement pas fait la même chose si les rôles avaient été inversés. Ceci dit, il fallait aussi admettre qu'il leur avait sauvé les miches pas mal de fois. Et ils ont sauvé à maintes reprises Mokuba des galères perpétuelles qui tombaient dessus. Mais il avait fallu qu'il mûrisse un peu plus pour s'en apercevoir.

— Tu sais Ishizu, je suis souvent un connard, un insensible, ou un homme de glace comme on le dit, voir même le roi des emmerdeurs, un ingrat pathenté, ou bien un porte-feuilles sur pattes, et je suis souvent impitoyable de part mon travail.. Mais je sais aussi voir quand des gens me veulent du bien. Et cette bande ne m'a jamais laissé tomber, et pourtant je peux te dire que je leur en ai fait voir de toutes les couleurs.

Par toutes les couleurs, Kaiba n'entendait pas que les piques et les accès de fureur menant à la destruction d'une immense tour,non, il entendait aussi "Death-T" et d'autres choses dont il n'était pas spécialement fier.
Seto se râcla la gorge.

— Il est clair que je n'aurai pas cette idée de soirée pour mon anniversaire, mais ils se sont donné du mal pour que ça me soit agréable. Même le cabot.
— Kaiba ! Tu recommences !
— D'accord, Jonoûchi s'est donné du mal aussi.

Il soupira. Il n'allait pas perdre ses mauvaises habitudes comme ça, doucement.
La main droite dans la poche, il commença à marcher, désireux de quitter la rue où il se confiait depuis tout à l'heure. Bien que ne montrant pas trop de pudeur de par son taux d'alcool dans le sang, demain il redeviendrai le CEO hargneux craint et respecté. Il n'était pas pressé d'être "demain".

— Tu sait où l'on va, Kaiba ? questionna Ishizu, un peu perdue quant à la suite de la soirée, ou plutôt de la nuit
— J'avais promis de te raccompagner.

Oh, alors il n'avait pas oublié. Surprise, mais fière de lui, Ishizu esquissa un sourire, lui emboitant le pas. Il faudrait qu'il songe à marcher plus doucement, ses petites jambes ne feraient pas long feu face aux échasses du CEO.

— Et si je te disais que je n'avais pas spécialement envie de rentrer immédiatement ? tenta Ishizu, taquine
— J'ai dis que je te raccompagnai, pas qu'il était exclu de faire un détour. En plus j'ai besoin d'un café.
— Soit, mais, un café à cette heure ? Plus personne ne fait ça. Il est plus d'une heure du matin.

Kaiba se décida à rallumer son smartphone.

— Tu as encore beaucoup de choses à apprendre. Le long de la berge, il existe une petite cabane qui fait office de snack le midi, et qui fait office de bar tout en servant des cafés jusque tard.

Après avoir tapé son code, son portable s'afficha sur l'écran d'acceuil. Après quelques manipulations de la part de Seto, il accéda la caméra de surveillance du pont qui avait une vue directe sur le petit cabanon dont il parlait.

— Tu vois ?

Ishizu était mi-admirative, mi -effrayée. Il avait la possibilité de voir les faits et gestes de chacun en tout temps et en tout lieu.

— D'accord. Mais c'est un peu effrayant quand même .
— Dans cette ville, c'est quasiment moi qui établirai les règles si je le souhaitai, mais ça n'est pas mon rôle. Et non, je ne fouine pas dans la vie privée des gens quand je m'ennuie.
— C'est sûr,ça ?
— Oui. Déjà il est plutôt rare que je m'ennuie avec la tonne de travail que j'ai, affirma Seto en rangeant son portable.

Ishizu voulait bien le croire,vu l'instant confession qu'il venait de lui offrir elle savait qu'il ne me mentait pas. Kaiba ne s'occupait que rarement des affaires des autres. Pas de son propre chef en tout cas.
Kaiba se stoppa, attendant Ishizu qui était restée plantée en voyant l'accès très facile que le brun avait aux caméras de surveillance de Domino.

— Qu'est-ce que tu attends ? Tu n'as pas tes armes blanches aux pieds, ça devrait aller pour marcher non ?
— C'est pas ça Kaiba, c'est que..
— Je peux appeler la voiture si tu veux,même si la température est assez agréable pour y aller à pied, coupa Kaiba, craignant qu'elle ne décide de rentrer finalement chez elle.

Elle était gênée par l'épisode de la caméra. S'il avait essayé de l'impressionner,c'était raté. Reprenant son téléphone, il fouilla dans l'application à la recherche des caméras qu'il était susceptible d'utiliser le plus souvent. Le plan avec le nom des rues et des avenues apparut. Il tendit son portable ensuite à l'égyptologue.

— Regarde, ce ne sont que les caméras du pont qui mène au cabanon, ou les caméras aux abords de la Tour Kaiba Corp. Pas de quoi s'inquiéter !

Bien que Kaiba ait les connaissances informatiques nécessaires pour effacer en un temps record toutes les preuves d'un éventuel comportement à la Big Brother, Ishizu soupira soulagée en prenant le téléphone du CEO.

— Et là je me dis que j'ai eu raison de te croire, donna-t-elle comme seule réponse à Seto tout en lui rendant le smartphone.

Un sourire s'afficha sur le visage du brun. Il en faisait beaucoup ce soir ! Pas peu fier, il rangea son portable et reprit sa marche. Le passage sur le grand pont était obligatoire pour accéder au cabanon. Les lumières fatiguées du pont faisaient mal aux yeux bleu polaire bien vitreux de avait eu vent d'une histoire de Katsuya qui avait sauté par dessus la balustrade pour venir en aide à Aigami, sans rien se casser. Bien qu'impressionnant, il aurait bien aimé que Katsuya laisse ce rat d'Aigami moisir. Avec une pierre attachée aux pieds, de préférence.

Le cabanon se dessina devant eux. Ishizu constata que ça s'appelait vraiment "Le Cabanon". Simple,clair,concis.
Dehors, des jeunes continuaient leur soirée bien entamée à coups de rires

et de bières bon marché. Il était étonnant que Kaiba connaisse ce genre d'endroits.

— Tu ne l'as pas découvert par le biais des caméras, cet endroit, n'est-ce pas, Seto ?

Légèrement surpris qu'Ishizu emploie son prénom, il haussa les épaules.

— Il se peut que quelques fois j'ai envie d'un café.
— Tu peux avoir tous les cafés que tu veux au Manoir,non ?
— C'est sûr, mais je pense que tu te doutes qu'il arrive que je reste très tard à la Tour, et ici c'est bien plus proche.
— C'est aussi plus agréable car ça se situe aussi le long de la berge n'est ce pas ?
— Aussi, mais ça il ne faut pas le dire, ça ne ferait pas très professionnel sinon ! blagua-t-il

Ishizu se rendit aussi compte qu'il était un peu plus enclin à un autre type d'humour que le sarcasme qu'il pratiquait avec un talent fou. Si son rival était le Roi des Jeux, il était le Roi du Sarcasme.

— Il faudrait faire ça plus souvent, sortir comme ça,affirma la brune, plantant ses iris violettes dans celles bleues de Seto
— Ivresse inclue ?
— Non, sinon tu parles sans cesse, rit-elle
— Hé!
— Je blague bien sûr, mais c'est bien mieux quand tu es comme ça. Ce qui serait idéal c'est que tu apprenes à l'être plus souvent, rétorqua-t-elle tout en l'abandonnant pour aller commander deux cafés, ne lui laissant pas le temps de répondre.

Elle avait raison, il le savait pertinemment, Mokuba et les autres le lui disaient assez souvent. La seule chose négative de ce soir, c'est qu'il lui avait fallu une sacrée dose d'alcool pour en arriver là, et ça ne lui plaisait pas du tout.
Alors qu'Ishizu revenait avec deux grands cafés noirs, il l'attendait, accoudé à une haute table circulaire sans tabourets, il vit un des jeunes essayer de s'avancer. Certainement un pari merdique lancé par le reste de sa bande d'ados ivres. Si Seto n'avait pas entendu les premières réponses d'Ishizu, en revanche il vit l'ado devenir plus insistant, jusqu'à la suivre à table. D'un geste sec, elle posa les deux cafés, et avant que le CEO ai pu

dire quoique ce soit , il vit le poing de la brune s'écraser contre le nez de l'adolescent. Ses émotions, et son réactions en roue libre, il plissa les yeux, la bouche ronde et inspirant d'un coup. Il n'aurait pas aimé se le prendre celui là. Il se marra ensuite lorsqu'Ishizu revint, s'essuyant la main avec un mouchoir sorti de son sac, ayant des traces du sang de l'indésirable.

— Joli crochet. Où tu as appris ça ?
— En devant me débrouiller toute seule. Tu as un aperçu de ce que vit une femme quotidiennement. Et encore, ils ont bien vu que j'étais accompagnée.
— Les talons. Tu aurai pu les sortir.
— Je prends note, siffla Ishizu en portant son gobelet de café à la bouche

Kaiba comprenait difficilement comment on ne pouvait pas comprendre un refus de la part d'une femme. Il savait en revanche que l'adolescent n'était pas un cas isolé.

— C'est pas quelque chose qui serait arrivé dans le bar en tout cas, déclara Seto, persuadé d'avoir pensé sans toutefois ouvrir la bouche
— C'est clair, malheureusement vous n'êtes pas toujours là.

le CEO avait failli s'étrangler avec son café lorsqu'elle lui répondit et que, de fait, il s'aperçut qu'il ne s'était pas contenté de penser. Bon, au moins il n'avait pas dit quelque chose d'hautement mysogine, il n'avait donc pas à craindre un uppercut de la boxeuse qui se tenait en face de lui.
Ensuite, il eut une idée. Pas forcément galante, il le savait. Il plongea sa main libre dans le sac de sa partenaire de soirée, lui subtilisa son téléphone portable. L'absence de verrouillage l'étonna, avant de s'apercevoir que le fond d'écran était celui d'origine. Pas très portée sur le portable donc. Ishizu, qui l'avait laissé faire, ne l'ayant pas vu venir, se demandait ce qu'il allait trafiquer.

— Je te trouvais très sympathique ce soir, jusqu'à ce que tu t'empares de mon portable,Kaiba, déclara la brune
— Tu as vu ça ? Trois grammes dans chaque oeil et pourtant toujours aussi rapide ! scanda le CEO, légèrement vexé qu'Ishizu emploie à nouveau son nom de famille
— J'aurais dit vicieux.

Ne relevant pas, Kaiba pianota rapidement un numéro sur le portable d'Ishizu. Le sien en l'occurence. Son nom de contact fut sobrement intitulé KAIBA Seto. Il verrouilla ensuite l'écran et le rendit à Ishizu qui s'empressa de voir ce qu'il avait trafiqué, un fin sourire aux lèvres.

— Mais pourquoi ?
— On ne sait jamais, si les crochets du droit ne suffisent plus.
— Est-ce une façon détournée de me donner ton numéro de téléphone personnel ?
— Je dirai qu'il se peut que je sois un oiseau de nuit, et que tu puisses avoir à rentrer seule le soir. Et vu la réserve d'idiots planqués à chaque coin de rue, on est jamais trop prudent. Les types de ce genre sont rarement courageux et ne se présentent pas seuls, dit Kaiba en faisant référence au parasite de tout à l'heure

Avant qu'Ishizu ne puisse répondre, Kaiba leva les yeux vers le pont. Il aurait reconnu entre mille la coupe en forme d'étoile de son ami et rival, escorté du reste de la bande, dont son cadet, qu'il avait plutôt oublié ce soir là. Et là, il désirait vraiment sa paix.
Appeler une voiture ? Non, la limousine serait de suite grillée par Mokuba.

— La cavalerie arrive, dit-il simplement à Ishizu qui était toujours interloquée du stratagème dont il avait usé pour lui refiler son numéro.
— La quoi ?

Kaiba empoigna le bras d'Ishizu sans oublier son café. En regardant vers le pont à son tour, elle comprit de quelle cavalerie le CEO parlait. Son regard croisa celui vitreux de Mokuba.

— ILS SONT ICI ! scanda le cadet de Seto

Voyant Kaiba s'activer, elle décida de le suivre à la même allure, sous le pont.
Sous les pilliers, se trouvait un tunnel, étroit et sombre, mais il ferait l'affaire pour fuir.

Une fois à l'intérieur, Ishizu éclata de rire.

— Je rêve où tu viens de fuir ton petit frère adoré ?
— Tu sais ce que j'adore encore plus que lui, actuellement ?
— Euh, pas vraiment non.
— Le côté agréable de la prolongation de cette soirée depuis qu'on a quitté le bar. Et j'ai pas l'intention d'y renoncer, dit-il en secouant la tête comme si ça allait

évacuer les vapeurs d'alcool plus rapidement, tout en continuant d'avancer dans le tunnel qu'il éclairait à la lumière de son smartphone

Ishizu esquissa un sourire qu'il ne pourrait pas voir dans le noir.
Arrivant tous deux à la sortie du tunnel, qui donnait directement sur l'avenue la plus empruntée de la ville, malgré l'heure, Ishizu sentit le bras de Kaiba la plaquer d'un revers contre le mur. Un PT Cruiser rouge avait failli écraser la brune.

— Chauffard ! hurla le CEO alcoolisé, tout en se promettant d'aller crever ultérieurement les pneus de l'horrible break compact de chez Chrysler.

Il aurait bien racheté Chrysler Asie, juste pour faire cesser la producteur de ces horreurs. Une idée à explorer ça, tiens.

— Quand on a une voiture aussi laide, on fait l'effort de rouler normalement, dit Seto tout en attrappant le bras d'Ishizu pour la motiver à traverser plus vite
— Moi j'aime bien son design atypique, répondit-elle avec sincérité tandis qu'ils atteignaient le trottoir d'en face
— Sérieusement ? Tu me fais de plus en plus peur attention ! Comment peut-on se lever un matin, et acheter ça de plein gré ?
— Les goûts et les couleurs Seto..

Il profita du fait de remettre son blouson, bien sali par la traversée du tunnel pour cacher son sourire lorsqu'elle employa à nouveau son prénom.

— Tu sais qu'ils vont finir par nous retrouver ? dit Ishizu
— Qu'ils nous cherchent, il y'a pleins de petites ruelles désertes, et nous avons jusqu'aux aurores pour les semer. Partante ?
— D'accord, mais j'espère que la fin de ton parcours amène chez moi !
— Peut-être, je n'ai pas encore décidé, dit-il, mêlant cette fois de son plein gré son bras à celui de la brune


Le jour commençait à se lever. Pourtant il y avait déjà un moment que Seto avait posé avec soin son blouson maintenant bien froissé sur l'accoudoir du canapé. Cela faisait également un moment que le CEO somnolait, le portable vidé de sa batterie posé sur la table basse en dessous de laquelle étaient étendues ses grandes jambes. Le bras plié à la verticale sur l'accoudoir où était posé le blouson, Seto avait posé sa tête dans son coude, dormant d'un sommeil léger. Ce n'était pas un sommeil habituel. Pas celui qu'il piquait après une semaine acharnée de travail. Non, un petit somme qu'il était content de piquer, sans rien de désagréable pour le trouver.
Il n'était pas non plus pressé de quitter un canapé tout à fait lambda du commun des mortels, et qu'importe si les autres l'avaient cherché. Sans savoir si c'était dans son sommeil ou en vrai, il réalisa qu'il avait décuvé mais que la sensation de quiétude ne l'avait pas quitté, tout en cherchant à tâtons la main de la brune.