Notes : Je vois bien Kaiba vanner les PT Cruiser. La chanson m'est venue naturellement, déjà parce que je pense que c'est le genre de chanson que Seto pourrait apprécier en secret. Certains ici penseront peut-être à la scène où la limousine de Chuck Bass s'encastre dans un mur avec cette chanson en fond. Même si dans la version française Chuck et Seto sont tous deux doublés par Nessym Guetat (chose amusante, étant donné qu'ils ont souvent le même comportement lorsqu'on fait le parallèle Chuck/Dan et Seto/Katsuya (Joey)), ça n'a rien à voir.
C'est la fin de ce préquel que j'ai choisi décrire volontairement sur un ton léger, histoire de voir Kaiba se lâcher pour une fois. Je n'avais pas envie d'écrire une histoire où tout le monde finit malheureux encore une fois (j'ai l'univers d'Harlock pour écrire sur ça). Enjoy.

Disclaimers : le coupé appartient à Ferrari (et aussi à Kaiba, vu le chèque qu'il a fait lors du seul braquage où il a acheté ce qu'il est venu braquer) . La chanson citée plus bas appartient à Florence + The Machine. Les personnages, vous le savez.


"La rivière, elle coule librement,et j'y ajouterai la joie qu'elle m'apporte,mais je sais que je devrais m'y noyer avant de pouvoir à nouveau respirer"

Au réveil, il ne sentait plus son dos ni ses jambes restées étendues trop longtemps. Avec une micro expression de douleur, il réussit à replier de façon normale ses jambes, ses genoux craquant au passage. Il se frotta ensuite les yeux. Lorsque ses yeux furent un peu plus ouverts, il analysa l'environnement dans lequel il se trouvait. Sur le coup il fut incapable de reconnaître l'appartement dans lequel il venait de se reveiller, en revanche l'odeur de transpiration le prit à la gorge.
Il entendit des pas derrière lui, méfiant, il se redressa comme un piquet dans le modeste canapé.

— Bien dormi ?

Kaiba tourna sa tête d'un coup vers celle qui venait de le questionner. Ah, c'était Ishizu. Tout devenait plus clair. Les souvenirs de sa soirée d'anniversaire remontèrent, lui assénant une grosse claque au passage.
Tentant de faire bonne figure, malgré ses cheveux coiffés n'importe comment et son ses cernes à faire pâlir la momie d'Akhenamkhanen.

— On va dire ça.

Portant sa main à sa bouche d'une façon qui laissait penser qu'il allait entrer en grande réflexion, il devint rouge.

— Apporte moi juste une précision : je n'ai rien fait de très humiliant ?

Ishizu fit les gros yeux. Elle hésitait entre le laisser mariner ou lui dire la vérité. Elle opta pour la seconde option.

— Non. Enfin rien de plus humiliant que ce qu'un homme ivre fait d'ordinaire.
— Sois plus précise, dit Seto après avoir claqué sa langue, d'une façon sèche qui laissait penser qu'il prenait peur quant à ce que l'égyptologue allait lui dire
— Tu as vomis dans la fontaine, tu es monté sur une table, tu m'as faite danser et pour finir tu as tenu à semer le reste du groupe.

Par malchance, il s'en souvenait très clairement. Le visage blême, perdant instantanément son aura de CEO super agressif, il se risqua à poser une question dont il n'était pas sûr de vouloir connaître la réponse.
Seto se râcla donc la gorge, croisa ses bras, tout en tapotant nerveusement son index et son majeur sur son bras.

— Si je suis sur ton canapé, est-ce qu'on a,euh, comment dire...
— Couché ensemble ? Non, le coupa Ishizu

Surpris par la rapidité de la réponse,son tapotement de doigts se stoppa net. Il devint soudainement très rouge.

— Tu-tu-tu es s-sûre ? bégua-t-il
— Tu es habillé comme hier non? Ton pull n'est pas sorti de ton pantalon,tu as encore tes chaussures.
— J'aurais très bien pu remettre mes vêtements, dit-il tout en passant son index entre le col de son pull et son cou
— Vu ton état d'hier soir, je ne crois pas que tu en aurais été capable.

Il le prit mal. S'était-il mis si mal que ça hier soir ? Non, il en doutait. Il voulait bien reconnaître qu'il avait été plus gai, et qu'il avait eu le coeur à la fête pour la première depuis des lustres, mais de là à être incapable de faire quelque chose de simple comme de se rhabiller,ça non.

"Pas se rhabiller simplement. Se rhabiller après avoir couché avec une femme,c'est ça qu'elle dit" lui dit une voix dans sa tête.

— La ferme ! vociféra le CEO, plus fort que ce qu'il aurait désiré.

Ishizu qui venait de lui poser un café sur la table, le contempla se frotter nerveusement le visage, devinant qu'il était rouge comme une pivoine.

— Est-ce que tout va bien ? Tu m'as l'air plutôt tendu Seto.

Bien sûr qu'il était tendu ! Que croyait-elle ? Qu'elle pouvait lui lancer une pique sur son état d"hier qui incluait une incapacité à remettre ne serait-ce que des chaussettes dans le cas où il aurait fini à poil ? Inspirant un bon coup, il se créa une expression composée, bien que le rouge de ses joues trahissait une gêne intense.

— Tout va bien, répondit simplement le CEO en levant les mains devant lui histoire de se convaincre lui plus qu'Ishizu qu'il allait bien

Kaiba recroisa les bras. Le malaise était palpable. Il n'avait pas jeté un regard au café fumant qu'Ishizu venait de lui apporter.

— Il va refroidir, dit simplement la brune en s'asseyant à coté de lui maintenant qu'il s'était assis à peu près normalement

Mal à l'aise qu'elle soit soudainement si proche de lui, il tourna la tête à l'opposé d'elle.
Le silence se faisant plus pesant, il décida de le briser, contrairement à ses habitudes. D'ordinaire Seto était la personne qui s'arrangeait pour que le silence soit le plus lourd possible.

— Dis moi, je n'ai pas été trop lourd avec toi au moins ?
— Hmmm ? Non, du tout. Tu as même bien dansé aussi, déclara Ishizu, jugeant qu'elle devait le préciser
— Tant mieux.
— Tu as même évoqué une possible "prochaine fois".

Tournant à nouveau sa tête vers Ishizu, la regardant comme si elle venait de l'insulter, le souvenir d'avoir dit ça agit sur son esprit comme s'il venait de se prendre un coup de batte de base-ball. Il constata que ça n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde.

— Je sais.

Et comme il faisait toujours ce qu'il disait, il se rendit compte qu'il allait devoir remettre ça. Or, il ne le prenait pas comme une punition.

— Je ne serai pas ivre la prochaine fois.

Ishizu éclata d'un rire cristallin.

— Pourtant tu n'es pas désagréable avec des verres dans le sang, loin de là. Tu avais l'air presque heureux.

"Parce que tu l'étais !" tonna la petite voix qui venait de faire son désagréable retour. Effaçant cette pensée comme il aurait effacé des données son ordinateur, il saisit sa tasse de café pour se donner une contenance. Hier soir il s'était senti heureux, n'avait pas voulu être seul, quitte à prendre le risque de donner à Ishizu des raisons de l'humilier plus tard. Sauf qu'elle n'avait pas l'air encline à se moquer de lui,et quelque part ça lui donnait envie de ne plus être seul en permanence.

"C'est surtout qu'elle te plaît bien, admets le."
Pourquoi ne pouvait-on pas exterminer les petits voix de ce genre ? Ce qui donna encore plus de crédit à cette affirmation, c'est que la voix était celle de Seto lui-même. Elle ne cessait de marquer des points depuis tout à l'heure, et il avait horreur de se sentir si facilement cernable,y compris quand ça venait de lui.

— Tu veux bien passer la journée avec moi ? lâcha le CEO assez vite pour ne pas avoir à regretter sa question, bien qu'il la regrette déjà.

Ishizu cligna plusieurs fois des yeux. Si elle avait été une page internet, Seto aurait pu facilement lire "Error 404" .
Elle se reprit rapidement.

— Je ne pensais pas que la prochaine fois était le soir d'après.

Elle ne l'avait pas vue venir celle-là. Mais alors pas du tout. Kaiba défiait encore l'avenir. Pourtant, cette idée ne lui déplaisait pas. Elle estimait que ça n'était pas une façon désagréable de passer la journée.

— Je peux même passer la soirée, si tu n'as pas trop de travail, continua-t-elle

Et toc. Au tour du CEO de faire une erreur système. Ironique pour un génie de l'informatique.
Elle voulait jouer à ce jeu ? Elle venait de trouver un adversaire de taille. Kaiba ne disait jamais non à un duel, même si sa rivale n'avait pas les cheveux en forme d'étoile.

— Moi aussi je peux prendre une pause.

"Tu te crois malin ? Tu sais très bien qu'elle va surenchérir." Encore sa voix qui résonnait dans sa tête, d'un ton accusateur.

— Alors c'est une bonne nouvelle. Tu sais, j'ai beaucoup apprecié cette soirée à arpenter les rues, comme des fugitifs. J'avais bien fait d'enlever les talons.

"Droit dans les points de vie mon grand." Kaiba se dit mentalement de fermer sa gueule.
La goutte de sueur fit son apparition. Ishizu venait de le mettre au tapis, jouant certainement sur sa gêne pour le faire plier, avec un calme olympien. Kaiba but son café d'une traite, se brûlant la langue au passage, mais refusa de laisser sa douleur transparaître. Il se leva d'un coup ensuite, sentant son dos craquer comme s'il était aussi âgé que Sugoroku Mûtou.

— Bien, alors je suppose qu'on ne va pas rester plantés là. Je rentre me doucher et me changer alors.

Il évita d'ajouter qu'il n'avait pas envie de sentir le fauve toute la journée.

— Le manteau ? questionna Ishizu, sachant qu'elle n'avait pas besoin d'être plus explicite pour qu'il comprenne.
— Bien sûr. Un problème ?
— Pas vraiment. Disons que je comprends aussi bien comment il agit sur les lois de la physique que tu comprends les talons.

Restant coi, il se dirigea vers la porte. Sa main abaissant la poignée puis entrouvrant la porte qui donnait sur le couloir de l'immeuble, il sortit du logement.

— Je préférais le violet ! dit Ishizu au moment où il refermait la porte, rieuse.

Il l'avait entendu. Et il ne l'avait pas jeté.

— Pas de problème alors, dit le CEO en descendant les escaliers du bâtiment, sachant pertinemment qu'elle venait de lui lancer implicitement un défi.

Se rappelant qu'il n'avait plus de batterie, il pesta sur le fait de devoir rentrer au manoir seul.


Kaiba essaya de se faire le plus discret en entrant de le manoir, avant que Mokuba ne lui tombe dessus.

— Merde, lâcha-t-il, sentant les questions de son cadet le menacer
— C'est maintenant que tu rentres ? Tu n'avais plus de batterie ? Pourquoi tu nous a fuis ? C'était bien avec Ishizu ? lança Mokuba comme une mitraillette

Traçant sa route jusqu'à sa chambre, il s'arrêta en plein milieu des escaliers, ayant toujours son petit frère sur les talons. Il se retourna d'un coup sec.

— Non mais ça va ? Je ne te dérange pas ? Tu veux me faire une prise de sang tant qu'on y est ?
— Mais Seto je..
— Rien du tout. Lâche moi.

Mokuba fut vexé. Seto se comportait comme si le petit frère pris en faut c'était lui. Alors déjà qu'il était l'aîné, en plus il n'avait commis aucune faute grave. D'autant plus que s'il ne disait rien, pas même à Mokuba, c'est qu'il n'avait pas envie de s'épancher sur sa soirée. Il agissait comme si on essayait de lui voler ces instants, gardant farouchement tout pour lui.

— Tu n'as rien besoin de savoir si ce n'est qu'aujourd'hui, et éventuellement demain matin, je serai absent. Autre chose ou je peux rejoindre ma chambre sans escorte ?

Il reprit sa course dans les escaliers, laissant Mokuba planté là. Il n'allait pas le dire de suite à son petit frère, mais il se maudissait déjà de lui avoir parlé de cette manière.

Il prit rapidement sa douche, se changea, remettant encore un col roulé noir, à croire qu'il n'avait que ça dans sa garde-robes, un énième pantalon en cuir-noir, sa ceinture et tout ce qui accompagnait ses tenues habituelles. Il balança ses autres vêtements à même la moquette de sa chambre. Engouffré dans son immense dressing, il tomba enfin sur le fameux manteau violet. Victoire.
Le calant sous son bras, il repartit de sa chambre en trombe, attrapant au passage les clés de sa voiture posées sur le guéridon du vaste hall d'entrée du manoir.

Le train arrière du coupé sport rouge italien chassa sur les graviers, quittant rapidement l'allée du manoir.


Le coupé était garé n'importe comment devant une sortie de garage, à un emplacement barré d'une croix. Kaiba mit simplement les warnings. Qui oserait lui dire quoique ce soit ?
Il sortit du véhicule, attrapant au passage ses lunettes de soleil qui étaient toujours dans la boîte à gants. Les lunettes ne quittaient jamais la voiture. Il les mit sur son nez. Il dirait que c'est parce que les yeux bleus sont sensibles à la forte lumière du soleil. Enfin,ça sera la version officielle, la vraie version étant qu'il voulait cacher ses cernes.

Au moment où il voulut se saisir du téléphone portable, il vit la porte d'entrée de l'immeuble des Ishtar s'ouvrir, laissant apparaître ishizu. Il la regarda de la tête aux pieds.

— Comment tu as su que j'étais déjà là ? Encore un tour de magie ?
— Non, c'est juste que ta voiture fait un boucan d'enfer.

D'accord, il avait du déranger quelques pâtés de maison.

— Tu n'as pas mis tes armes blanches aux pieds, dit-il comme s'il énonçait une vérité générale
— Non. Tu marches trop vite pour moi sinon.

Elle s'installa ensuite dans la voiture, avant lui. Elle aurait pu le dire plus tôt ça ! Ishizu a attendu d'avoir marché toute la nuit avec lui en ville pour s'en apercevoir ?
Un fin sourire aux lèvres il s'engouffra dans sa voiture.
En mettant sa ceinture, Ishizu aperçut le manteau violet. Puis elle sourit.

— Tu l'as pris. Tu as été si sensible que ça à ma remarque ?
— Considère qu'il me manquait, répondit le CEO, cachant sa fierté derrière ses lunettes de soleil, ravi de son effet.
— En tout cas, tu as plus pensé à ça qu'à te garer normalement, pouffa la brune
— Si tu n'es pas contente, tu conduis la prochaine fois.
— Encore une prochaine fois ?
— Tu m'exaspères. Tiens, conduis maintenant, dit Kaiba, ouvrant la portière d'Ishizu, avant de lui enlever la ceinture de sécurité.

Il poussa la brune dehors, et passa du côté conducteur au côté passager.
Ishizu se sentit un peu pantoise lorsqu'il tapota le siège conducteur d'une façon qui signifiait "allez magne toi".

— Seto, sérieusement ?
— Oui. Dépêche toi. J'aime ma voiture, mais je ne compte pas y passer la journée.

S'exécutant, elle fit les réglages qui s'imposaient, devant avancer le siège de ce qui semblait être plusieurs mètres.

— Tu touches les pédales au moins ? Mokuba ne s'avance pas autant, lâcha le CEO d'un ton moqueur
— Tais-toi, j'aimerai te voir dans ma voiture. Tu serai ridicule toi aussi.
— Tout dépend de la voiture.
— Un PT Cruiser.

Kaiba eut une réaction d'effroi, lâchant un son exprimant son dégoût, se remémorant l'énergie dépensée à démonter verbalement cette voiture.
Ishizu, partante pour qu'il ne continue pas à se moquer de sa taille, se chargea de préciser la couleur.

— Violet.

Deuxième son de dégoût.

— Donc tu fais partie des ces gens qui achètent ça de bon coeur. Moi qui croyait qu'on allait passer une bonne journée, me voila refroidi.
— Hé ! Il a un toit ouvrant.
— Génial, et il a des clignotants ton corbillard ?
— Oui, pourquoi ?
— Parce qu'il serait judicieux que tu les mettes avant de sortir de l'emplacement.

Ishizu lui mit une tape sur le bras. Presque vexé, il eut une idée.

— J'ai pas confiance.

Le CEO ouvrit sa fenêtre, cherchant du regard des passants sur le trottoir. Bingo : une famille entière attendait de traverser le passage piéton.
Il sortit sa tête de la voiture, mettant ses mains en porte-voix.

— Mesdames et messieurs, votre attention s'il-vous plaît. La conductrice de ce véhicule conduit d'ordinaire une chose appelée PT Cruiser, pour votre sécurité, ne traversez pas !

La brune ouvrit grand la bouche. Elle était scandalisée par l'aplomb de Seto.
Sérieusement ? Quand elle disait qu'il était agréable quand il se sentait jovial, elle aurait dû lui préciser qu'il n'était pas obligé de faire un show alors que la voiture n'avait pas esquissé un seul mouvement.
Cherchant rapidement une issue, elle balaya du regard le tableau de bord épuré de la voiture. Tombant sur le bouton qui décapotait le coupé, elle appuya dessus.

— Mais qu'est-ce que tu fiches ? questionna Seto, pas trop sûr de la suite
— Moi aussi j'aime jouer.

Il savait d'avance qu'elle n'allait pas le laisser s'en sortir aussi facilement. Elle quitta l'emplacement où Seto avait mal garé la voiture, et s'arrêta à hauteur des gens sur le passage piéton.

— N'écoutez pas cet homme, il suffit de voir comment il se gare pour comprendre que son code de la route est approximatif.

Kaiba fit une bouche en cul de poule. Il venait de se faire prendre à son propre jeu. Ishizu profita de son étonnement, pour reprendre sa route.

— Tu as osé.
— Quand on joue, il faut s'attendre à perdre.

Si les circonstances étaient autres, son ego en aurait pris un sacré coup, mais pas là.
Il s'accouda à la portière de la voiture en marche.

— Où va-t-on ?
— Je ne sais pas vraiment, c'est toi qui es au volant après tout.
— D'accord. Je choisis alors.
— Je n'ai pas vraiment le choix. Je ne peux rien faire d'autre que prier.
— Depuis quand tu pries toi ?
— Depuis que j'ai accepté que tu restes à cette place, malgré ce que tu conduis.

Le vent leur claquait le visage. Plutôt attentif à la conduite d'Ishizu avec sa décapotable, il ne faisait pas trop attention au fait qu'ils sortirent de Domino.
Après ce qu'il estimait être une centaine de kilomètres parcourus, l'égyptologue stoppa le coupé dans une station-service.

— Mais pourquoi ? On a encore les trois quarts du plein, lâcha Kaiba, suspicieux

Mystérieuse, la brune sortit de la voiture sans prendre la peine de lui répondre. Interloqué, il se passa quelques minutes avant que le CEO ne la voit revenir avec deux sandwichs et deux bouteilles d'eau.

— Il n'en est pas question, grogna Seto.
— Comme tu as dit avant, tu n'as pas trop le choix.

Ishizu redémarra. Kaiba sentit la désagréable sensation de traquenard refaire son apparition. Ce sentiment ne le lâcha pas jusqu'à que la voiture s'arrête près d'une falaise. L a brune coupa le contact et tendit les clés à Kaiba.
Il sortit à la suite de la brune, analysant l'époustouflant paysage autour de lui. Comment cette merveille pouvait se trouver aussi proche de Domino sans qu'il le sache ?
Il aperçut du coin de l'oeil Ishizu s'asseoir sur l'arrière de la voiture, passant ses jambes sous l'aileron. Elle déballa ensuite son sandwich, puis s'accouda au spoiler pour mordre dans le sandwich.

— Je peux savoir ce que tu me fais là ?
— Je mange.
— Tu es au courant que ça n'est pas une table ?
— Maintenant si.

Sans répliquer, il déballa à son tour son sandwich de station-service. Comment ça pouvait être mangeable cette chose ? Il mordit dedans pourtant, il était affamé. Mais il resterai debout, ses jambes étaient toujours engourdies par sa nuit sur le canapé.
Avalant une bouchée de son repas, Ishizu eut une autre idée.

— La radio fonctionne moteur éteint ?
— Bien évidemment , répondit le CEO comme si toutes les voitures faisaient ça, pourquoi ?
— Ah. La mienne ne le fait pas.
— Si encore c'était la seule chose qui ne fonctionnait pas dessus...

Ishizu se retira du spoiler pour se précipiter vers le poste audio de la voiture. Mettant la première station de radio qu'elle put trouver vu l'endroit, une chanson commençait, sur un bruit d'envol de mouettes. C'était bien dans le thème, vu la vue sur la mer dont ils jouissaient.
Oubliant les bonnes manières, Kaiba n'attendit pas d'avoir fini sa bouchée pour parler.

— Je connais ça ! dit-il la bouche pleine, dès que les premières notes de chanson de batterie se firent plus fortes
— Ah bon ?
— Oui. Je crois que le titre c'est "Heartlines" ou quelque chose comme ça. Je le sais parce que je l'aime bien.

Ishizu fut étonnée de savoir que Kaiba appréciait ce genre de chanson.

— Cette chanson parle de destinée pourtant, de lignes de vie.
— Merci je parle anglais couramment, je suis au courant.

Les hauts-parleurs de la voiture diffusèrent le refrain de la chanson "Just keep following the heartlines on your hand.." ce qui étonna d'autant plus Ishizu, étant donné que Kaiba se mit à le fredonner tout en buvant une gorgée d'eau.
Conscient de l'effet qu'il provoquait, il se mit à chanter pour de bon, quitte à mettre la brune mal à l'aise.


Le soleil s'était couché, la voiture avait repris sa route. Ishizu s'était endormie, Kaiba ayant repris le volant. Il n'avait jamais expérimenté le spoiler en guise de table, les sandwich de station- service, ni chanter un refrain assez fort pour effrayer des mouettes sur le bord d'une balaise.
Il ne trouvait pas tout ça désagréable, c'était plutôt nouveau pour lui. La routine ça n'était pas pour lui de toute façon.

Cette fois-ci il fit l'effort de garer convenablement la voiture, et secoua l'épaule de sa passagère.

— Réveille-toi, on est arrivés... dit-il tout en baillant
— Mhhhh...

Ishizu frotta ses yeux tout en se réveillant pour de bon.

— Bonne nuit, lui dit Kaiba lorsqu'elle se redressa et attrapa la poignée de la portière pour sortir.

Encore une fois, elle ne l'honora pas d'une réponse, et fit le tour de la voiture pour ouvrir la porte conducteur.

— Un problème ?
— Non justement, détache toi.
— Pardon ?
— Détache ta ceinture et sors de cette voiture.

Désarçonné, il obéit sagement, sortit et referma la porte, avant de se faire tirer d'un coup sec le bras par Ishizu, lui laissant à peine le temps de fermer la voiture à la volée. Il perdit ses lunettes à la volée, qu'il n'essaya même pas de ramasser tant Ishizu ne semblait pas prête à le lâche si l'on en croyait la vitesse à laquelle elle avait tapé son code d'entrée. Elle ouvrit tout aussi rapidement la porte d'entrée de son appartement, ayant inséré la clé dans la serrure avec une dextérité légendaire.

— Ma voiture n'a pas pris feu que je sache, pourquoi cette agitation ?

Les lèvres d'Ishizu se plaquèrent sur celles du CEO, qui ne s'y attendait pas du tout. Il était sous le choc mais cette sensation passa très vite lorsqu'il se rendit compte que non, il n'avait pas spécialement envie que ça s'arrête. Il encadra la tête de sa partenaire de ses grandes mains, tandis qu'il sentit des mains se glisser sous son éternel col roulé.

— Tu ne serais pas un peu entrain de tester ma capcité à enlever mes vêtements ? dit-il contre les lèvres d'Ishizu
— Pour te dire, enlève les, et ne les remets pas immédiatement je te prie.
— Ah. AH.

Dans son cerveau tout se mit en route, les lumières s'allumèrent. Depuis ce matin, il avait l'impression d'accéder sans broncher à toutes les requêtes d'Ishizu. Et depuis ce matin il n'avait pas rencontré un seul problème avec ça.

Ishizu le poussa contre la porte de la chambre.

— On s'était pas mis d'accord sur le fait que je restai la nuit ici,dit Seto, impressionné par tant de vigueur
— C'est vrai, mais je me suis mise d'accord avec moi-même.
— Donc pas de canapé pour moi je suppose ?

Pas de réponse, juste le parfum d'Ishizu qui envahit ses narines.
Carresses, baisers et autres choses qu'incluait une partie de jambe en l'air plus tard, tous deux ne se posèrent même pas la question suivante : avaient-ils fait le bon choix ? Tous deux diraient oui, mais jamais au principal intéressé. Son long bras étendu sur Ishizu en travers du lit, Kaiba avait la tête enfoncé dans l'oreiller.

— Demain c'est dimanche Seto, dit simplement Ishizu, elle aussi abonnée aux vérités générales.
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