Bonjour ! Merci de vous attarder ici, n'hésitez pas à faire quelques remarques (respectueuses ;)) je prend toujours ! C'est une histoire écrite juste pour m'amuser un peu, je n'avais pas forcément l'intention de la poster mais pourquoi pas, après tout ! J'ai ajouté le nom d'une chanson que j'ai bcp écouté en écrivant l'histoire de notre chère Amelia ;) si ça vous intéresse ! Bonne lecture.
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young volcanoes : fall out boy
AMELIA STANFORD
Chapitre 1 : L'étrange passage du quatrième étage.
Le couloir principal du quatrième étage était du genre particulièrement bruyant.
Les hauts murs étaient tapissés de tableaux, qui, si entassés, étaient toujours à deux millimètres de se monter dessus, et passaient leur temps à se lancer dans des discours sans queue ni tête. Et en ce vendredi après – midi de mai, alors que le soleil frappait violemment le lieu de ses doux rayons d'or, Amelia Stanford profitait de son temps - libre le sourire jusqu'aux oreilles. Sans l'ombre d'un doute, le fait que son professeur de défense contre les forces du mal ait fini à l'infirmerie y était pour beaucoup. Personne ne savait encore comment le pauvre homme s'était retrouvé désartibulé sans même avoir transplané. Mais la population soupçonnait vigoureusement Peeves, qui arrivait toujours à rendre ses farces originales, étonnantes, et pour le coup, plutôt dangereuses. Durant toute la matinée, Rusard avait vociféré jurons sur menaces envers l'esprit frappeur, qui, en seule réponse appropriée, l'avait attaqué à l'aide de bomba-bouses géantes. Ce début de journée s'était donc révélé particulièrement éreintant.
Les hauts murs du couloirs étaient taillés à la manière des cathédrales anglaises, formant des colonnes ouvragées qui entouraient avec charme les longues fenêtres rectangulaires. Celles – ci étaient si translucides que souvent, de pauvres oiseaux pas très rusés fonçaient dans le verre comme si il n'existait pas, avant de remarquer que si, et de tomber à la renverse. Le Soleil du jour y entrait aisément, apportant une calme plénitude à l'endroit. Malheureusement, à quelques pas de là, un sorcier philosophe des premiers siècles et une sorcière à la longue robe noire étaient absorbés dans une conférence dédiée à tous ceux passant par là, et portant sur l'incroyable sujet qu'était : pourquoi le feu est – il chaud ? Évidemment, leur voix ne dépassait pas le cadre de leur propre peinture, mais ils avaient néanmoins réussi à appâter la moitié des œuvres d'art du couloir. De toute façon, le champ était libre car les élèves se trouvaient pour la majorité en cours, enfermés dans des salles de classes surpeuplées et inaccessibles à de simples coups de pinceau.
Ce n'était justement pas le cas de Amelia, qui déambulait le nez collé au mur, attirant la surprise des quelques esquisses ici et là. De sa paume droite, elle tâtait les pans de la pierre d'ivoire, l'air d'être emportée dans une féroce curiosité. Et dans sa main gauche trônait un morceau de parchemin rempli d'une fine écriture bleutée, qu'elle brandissait toutes les secondes devant ses yeux. Et, parlons – en, de ses yeux. Amelia avait l'étrange particularité de posséder un regard d'une couleur si rare que tous lui disaient n'en avoir encore jamais vu une telle. Pour cause, ses orbites brillaient d'un noisette si clair qu'il pouvait facilement être confondu avec les rayons du soleil ou avec l'or de Gringotts. Elle se souvenait notamment d'un vieux guérisseur de Sainte – Mangouste – sénile, à tous les coups - qui avait tenté des années auparavant de retirer ses iris, persuadé qu'elles n'étaient ni plus ni moins que des gallions d'une étrange rareté, ensorcelés dans le corps d'une gamine terrorisée. Amelia espérait que ce dégénéré avait maintenant pris sa retraite, car elle se voyait très mal remettre les pieds là bas en sa présence.
Mais, en ce vendredi après – midi, le vieux guérisseur était loin de traîner dans son esprit. Et pour cause, Amelia avait un tout autre objectif : trouver le passage secret qui emmenait dans les salles communes de toutes les maisons. Oh, impossible, vous vous dites. Et pourtant. Et pourtant, rien n'était impossible à Poudlard, et ce n'était pas la première fois que Amelia tentait de prouver ce fait.
Du coin de l'œil, la jeune fille se focalisa sur les mots qu'elle avait elle - même écrits des heures auparavant. Son parchemin comportait tous les indices dénichés à la bibliothèque et agencés par ses soins, mais face à ce mur raide qui sentait le sans - secret, cela ne semblait pas être assez.
Un des passages créés par Godric Gryffondor et Rowena Serdaigle. Quatrième étage. 356ème pierre, quatrième rangée. Droite ou gauche ? Mon Choixpeau est flou, mdp. Un truc du genre, en tout cas. Toujours en activité ?
Amelia pesta silencieusement, secoua le parchemin et se recula des épaisses pierres blanchâtres. Elle venait d'arriver à la 356ème pierre du mur, en partant de gauche. Mais malheureusement, aucun mécanisme ne s'était déclenché, rien n'avait bougé, le mur semblait plus innocent que jamais. Amelia supposa donc qu'elle était partie du mauvais côté. C'était la seule solution restante, encore plausible. Et comme frappée par un éclair de motivation, ce qui lui arrivait souvent, la jeune femme se redressa et s'élança le long du couloir, sous les regards interloqués des peintures qui l'entouraient. Elle mit moins de cinq minutes à dévaler l'entièreté du corridor, prêtant si peu d'attention à la conversation sur la chaleur du feu des philosophes du coin qu'ils en devinrent verts de rage, maugréant à travers leur toile.
Puis, Amelia s'arrêta face au croisement qui délimitait la fin du couloir et de l'étage, celui conduisant aux escaliers mouvants. Elle prit une longue inspiration, ramena ses épais cheveux châtains derrière ses oreilles puis saisit sa baguette. Ce fin objet ornementé était d'une taille relativement moyenne, d'environ 30 centimètres. Il était issu d'un jeune cèdre, un bois connu pour son discernement et sa perspicacité, que personne ne pouvait jamais tromper. Le vieux marchand Ollivander avait déniché sa baguette du premier coup, Amelia s'en souvenait parfaitement. Il avait ressenti une aura autour de la fillette, et sans avoir à lui poser la moindre question, il s'était rué sur celle – ci, sculptée dans un tournoiement de traits, qui ressemblaient à des rafales de vent. Pour finir, l'objet contenait du ventricule de dragon, un cœur plutôt flamboyant et tempétueux, comme sa propriétaire.
D'un mouvement vif et allongé, Amelia posa le bout de sa baguette sur la première pierre du mur, à la quatrième rangée en partant supposément du bas. Puis, elle se mit à compter, en avançant à grande vitesse, sûre d'elle.
Mais, au bout de cinq bonnes minutes, alors que la jeune femme passait devant la 299ème pierre, un tableau l'arrêta, avec un grognement du type : Heh, toi là !
Plantant sa baguette magique sur la pierre, Amelia tourna sa tête vers la source du bruit, désormais en proie à un agacement certain. C'était une large toile, réalisée avec de la peinture à l'huile mouvante très sombre, qui se dressait là, face à elle, entourée de dizaines de minuscules esquisses à peine discernables. A l'intérieur, un homme dont seul le haut du corps était visible se caressait la barbe, l'air amusé et hautain. Il semblait être dans sa cinquantaine, mais sa chevelure noire restait de cette même couleur ébène sans la moindre mèche de cheveux blancs à l'horizon, et portait une épaisse et longue robe, noire également, décorée d'une dizaine d'insignes éclatantes.
- Ah... encore … Mais qui voilà … , murmura t – il en lui offrant un sourire narquois. Dois – je m'en aller informer Monsieur Rusard qu'une sale feignante de traître – à – son - sang traîne dans les couloirs en pleine heure de cours … ?
Ses yeux brillèrent d'une sombre lueur mesquine, et d'un seul regard, Amelia comprit qu'elle avait en face d'elle le portrait d'un très ancien préfet – en – chef de Serpentard, qui, d'après la légende, s'était spécialisé dans la fabrication de potions et était l'auteur du « Livre des empoisonnements en tous genres. » Autrement connu sous le charmant nom de Aragnan de Sansoeil, que Amelia repéra également dans le petit encadré argenté situé sous la peinture. La jeune fille vrilla, et, toujours la main brandie sur la pierre, grogna :
- Traîner dans les couloirs, comme vous dites, n'est pas un crime.
- Et c'est bien malheureux … ! À mon époque, Poudlard était plus disciplinaire que cela … Ah, mon cher maître Serpentard, souffla le vieux sorcier, si vous pouviez voir cette déchéance … On croise d'horribles vermines ces temps – ci, … d'abord Black l'immonde traître, et son imbécile d'ami, et puis Stanford l'odieuse et perfide parjure … finit – il par murmurer, plus pour lui - même que pour sa spectatrice.
- C'est sympathique tout cela … , marmonna Amelia en le fusillant du regard. Et, alors qu'elle se tournait vers le mur, elle ne put s'empêcher d'ajouter : On devrait vous enfermer dans les cachots, vous y seriez très bien, parmi les gros ahuris.
Tout en ignorant du mieux qu'elle le pouvait les hurlements du tableau en réaction à ses mots, Amelia se replongea dans sa chasse au trésor et s'éloigna le plus possible. Elle faillit se tromper dans ses comptes quand elle repensa aux paroles de Sansoeil. Que voulait – il dire par « d'abord Black l'immonde traître, et son imbécile d'ami » ? Personne n'était ici, Amelia s'en était assurée. Mais l'avait – on devancée ?
D'un brusque mouvement de la tête, la jeune femme tenta de mettre de côté cette pensée. Elle était si proche du but, et il était quasiment impensable que quelqu'un d'autre ait trouvé tous les indices pour se présenter au même endroit, le même jour. Bon sang, elle y avait passé près d'un mois ! Non, c'était inenvisageable. Elle serra les poings. Au même moment, ses yeux se posèrent sur la 356ème pierre, et elle esquissa un léger sourire réjoui.
Retirant lentement sa baguette de la large pierre, Amelia approcha ses doigts de cette surface granuleuse et en fit le tour d'un élégant mouvement de la main. Elle eut alors la délicieuse impression que c'était la bonne. Enfin.
Les yeux grands ouverts, Amelia resta une bonne minute plantée face au mur du couloir, avec un air béat collé sur le visage. Son cerveau fulminait, elle était sûre, certaine … Puis l'étudiante se décida à de nouveau brandir sa baguette en plein centre de la pierre, et, alors qu'elle la manipulait avec une complexe gestuelle, murmura : Mon Choixpeau est, et sera, toujours flou.
Évidemment, cela pouvait sembler absolument faux, d'un regard extérieur. Mais, même si Amelia Stanford était une Serdaigle dans le sang, la maison Gryffondor l'avait toujours attirée, au fond. Elle avait d'autant plus été déçue, lors de la répartition, quand le Choixpeau avait hésité comme un forcené pendant cinq bonnes minutes entre ces deux maisons, en ne tenant, au final, absolument pas compte de son avis personnel. La jeune fille le soupçonnait toujours de l'avoir envoyée à Serdaigle car il y avait déjà trop de monde à Gryffondor.
Amelia recula de quelques pas. Mais, alors qu'elle contemplait la pierre comme si celle - ci allait ouvrir la bouche, la surface laiteuse resta aussi immobile que ses voisines, et la jeune femme fut prise d'un immense doute. D'un geste fébrile, Amelia tapota le bout de sa baguette sur sa cuisse, dans un rythme rapide. Elle se refit nerveusement le chemin en tête, se demandant où elle pourrait avoir perdu le compte, quand un étrange phénomène se produisit, en face de son regard ambré. La pierre se mit à trembler, comme si elle s'ébouillantait face au soleil qui l'éclairait. Amelia stoppa tous ses mouvements, son esprit fut pris d'une vague immense de fascination. Et devant elle, la pierre glissa en arrière, vite suivie par une partie de ses congénères, pour révéler un étroit passage plongé dans la pénombre.
La bouche d'Amelia s'étira alors en un franc sourire, et sans même s'en rendre compte, elle se mit à sautiller sur place, intenable. Puis, vérifiant d'un coup d'œil si le couloir était toujours vide de monde, elle sortit de la poche de sa robe un épais morceau de parchemin. Celui-ci avait en vérité l'air d'être composé de plusieurs feuilles, attachées entre elles comme un paquet de Noël. Sur la première page étaient inscrits en arabesques bleutées les mots ' Atlas de Poudlard.' Autrement dit, l'apogée de ses recherches, de ses découvertes. Dessus étaient déjà répertoriés la plupart des salles et des étages, et bien que Amelia ait commencé cette carte gigantesque en pleines vacances d'été, elle n'avait eu aucun mal à cartographier les lieux dans lesquels elle était déjà passée si souvent. Mais c'était une toute autre histoire pour la face cachée de l'école. Les passages secrets, les mécanismes ensorcelés, la forêt interdite, la cabane hurlante, les souterrains des cachots, les cuisines … Il lui restait encore tant de choses à trouver. Et là était la véritable aventure. Amelia n'avait pas pour objectif de pondre une carte parfaite au millimètre près, mais plutôt un journal attestant de ses découvertes absolument passionnantes à l'intérieur de ce château qui cachait tant de secrets. Un manuscrit sur lequel seraient inscrits diverses anecdotes, rencontres et dispositifs. Poudlard était le lieu parfait, elle se le disait souvent. L'Eldorado du monde, la Route de la Soie des commerçants, la Caverne d'Ali Baba des plus démunis, l'Atlantide des aventuriers. On pouvait s'y perdre, y trouver par malentendu le plus grand des trésors. L'endroit n'était jamais épuisé en ressources, et même les livres n'avaient pas assez de pages pour absolument tout aborder. C'était magique, le lieu le plus incroyable dans lequel elle n'ait jamais mis les pieds.
Amelia feuilleta rapidement les différentes pages de parchemin, toutes ornées de la même écriture bleue foncée, et s'arrêta finalement sur celle qui portait le nom de : 'quatrième étage.' De ses longs doigts, elle parcourut une ligne, qui représentait le mur devant lequel elle était. Puis, Amelia s'arrêta un peu au milieu, face à une minuscule inscription qui disait 'seule nature morte de Poudlard : felix felicis et nécessaire à potions.' La jeune femme se retourna, le passage dans le dos, et vit avec satisfaction que la petite toile accrochée pile en face d'elle représentait bien un large chaudron, un livre de potions, une boîte à ingrédients, un étui de protection, et une petite flasque de mixture argentée, le felix felicis en huile et en couleur. Amelia griffonna alors, à l'aide d'un vieux crayon retrouvé dans sa robe, sur la partie du trait concerné, un petit cercle sauvage et replia ses parchemins, l'air enchanté.
Puis, sa baguette de nouveau à la main, Amelia secoua vaguement sa longue robe et entra la tête la première dans l'étroit passage, bordé de noir dans toutes les directions. Et quand, à peine quelques pas plus loin, la Serdaigle entendit les pierres se remettre petit à petit en place, l'obscurité fut alors plus saisissante et embuée d'une étrange atmosphère. Amelia murmura un calme 'lumos' et le bout de sa baguette s'illumina soudainement, projetant une lueur bleutée sur les parois du chemin, qui était si petit qu'elle dû se contorsionner pour passer. Heureusement, cet espace froid et exiguë se transforma bientôt en une artère plus large, qui pourrait sûrement accueillir un petit groupe de trois ou quatre personnes à l'horizontal si celles – ci se serraient bien. La jeune fille remarqua que les pierres qui l'entouraient des pieds à la tête étaient plus grisâtres, plus humides et plus étouffantes que les précédentes. Elle crut même entendre un souffle de vent, comme si le vide se trouvait à quelques centimètres de son corps, mais secoua la tête en se disant que ça ne devait être qu'un rat ou autre chose du genre. De toute façon, rien ne pourrait la faire rebrousser chemin. Amelia tremblait d'excitation, elle avait l'impression d'avoir posé les pieds sur des pierres vieilles de plusieurs millénaires, encore étouffantes sous la poussière du vide ambiant. Amelia trouvait cela fascinant. Ce secret, ce mystère encore irrésolu. Peut-être que ce chemin la conduirait d'abord chez les Gryffondor, qui savait ? Ou peut-être qu'il déboucherait sur tout autre chose, une salle inconnue par exemple, ensorcelée par Dumbledore lui - même, ou mieux, par l'un des fondateurs de l'école. Ah, Amelia pourrait s'effondrer de curiosité si son désir ardent ne la faisait pas avancer.
Au bout d'un bon quart d'heure, la jeune femme remarqua au loin que le passage redevenait de plus en plus court et étroit, peut-être même plus que la première fois. Et, sur la surface froide de la pierre, un morceau de parchemin semblait avoir été épinglé à la va - vite, comme si quelqu'un s'était trouvé là quelques secondes auparavant. Amelia souleva un sourcil, étonnée. Tout en s'approchant doucement du minuscule message, elle parcourut l'endroit de son regard solaire, se sentant curieusement comme entourée, comprimée. Maintenant qu'elle se concentrait bien, Amelia ressentait quelque chose d'anormal. La flagrance qui l'avait suivie depuis le début du passage était, et avait toujours été, symbolique d'une fraîcheur proche, d'une brise puissante, qui ne pouvait néanmoins pas l'atteindre. Le tout était entouré d'odeurs de renfermé et d'humidité assez poussées, auxquelles elle s'était habituée sans sourciller. Mais là, l'air était empli d'autre chose, un parfum plus réel, plus humain. Comme si elle n'était pas seule, au milieu de ces pierres. Comme si ces murs pouvaient s'animer, vivre comme des hommes. De plus, elle avait l'étrange impression d'entendre un souffle de respiration. Amelia n'était pas aussi stupide qu'un troll des montagnes, et l'expérience avait fait qu'elle s'était déjà retrouvée cachée dans un silence de mort, à guetter le moindre bruit suspect. Cette respiration lente et contrôlée avait un jour été le pire des sons, comme si de nouveau, quelqu'un la traquait. Amelia étouffa un tremblement à cette idée, puis secoua violemment la tête. 'Impossible, pensa – t – elle. Comment quelqu'un pourrait être ici, avec moi ? Je dois rêver.' Par simple précaution, la jeune fille fit quelques mouvements avec sa baguette, afin que la lumière bleutée de son sortilège fasse le tour du large couloir. Puis, elle se saisit du morceau de parchemin. Une première chose lui sauta aux yeux : l'encre, qui brillait encore, n'était pas encore sèche.
Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue vous informe que ce chemin ne mène nul part, la faute à un effondrement. Pour plus de précisions, merci d'aller vous faire voir.
Amelia cligna des yeux à plusieurs reprises, attendant sans grand entrain la fin de cette vaste blague. Elle eut la désagréable impression d'être plongée dans une farce à la Peeves, comme si une bomba - bouse allait lui sauter à la gorge dans moins d'une seconde. A sa propre surprise, sa bouche se mit à rire d'une hilarité bancale, sa voix prenant un ton amer presque trop apparent. Puis, dans un mouvement brusque, Amelia secoua rageusement le parchemin à plusieurs reprises en scrutant de nouveau l'espace vide et obstrué. Elle eut envie de déchirer le message et de faire comme si rien ne s'était passé. De toute façon, elle n'en croyait pas un mot. Un effondrement ? Soit, ses doutes étaient grands et elle irait le voir de ses propres yeux, mais encore fallait – il que le dit effondrement existe.
Agacée, Amelia poussa un long soupir, et entreprit de relire la note, écrite avec une encre noire qui avait bavé à certains endroits. 'Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue.'
- Merlin, qu'est ce que c'est que ces noms ridicules …, murmura la jeune femme en levant les yeux au ciel. Mais, d'un seul coup, la perspective que ces personnes soient encore là la frappa. Cette impression de proche respiration à quelques pas d'elle était toujours présente, et s'était même intensifiée. Pourtant, Amelia ne voyait rien, sauf des pierres sombres et glacées. La main cramponnée à sa baguette, la jeune Serdaigle se décida alors à, juste au cas où, marmonner quelques mots :
- … Lun- mince c'est quoi le truc déjà … , elle parcourut encore le message de ses yeux dorés, Heu … Lunard ?
Sa tentative fut accueillie par un silence de plomb, dans lequel elle ne parvint même pas à entendre ce soufflement étrange. Comme si quelqu'un ici bas retenait sa respiration à grandes peines. Amelia fronça les sourcils, et, quitte à parler toute seule dans un couloir apparemment vide, donc sans risque, enchaîna :
- Peut – être Cornedrue, ou Queue de ver ? … Non ?
De nouveau, aucune réponse ne se fit clairement entendre. Mais, en même temps, Amelia ne s'attendait pas à grand chose. Elle avait déjà l'impression d'agir comme une abrutie. Cependant, moins d'une seconde plus tard et à sa grande surprise, ses oreilles perçurent une sorte de reniflement, presque inaudible. Elle manqua de se mettre à courir sur chaque centimètre carré, afin d'enfin mettre un nom sur cet écho infime, aussi léger qu'une petite brise d'air en plein été. Mais Amelia se résolut à continuer sur sa lancée et ajouta :
- Patmou ... ? Patmol, pardon … Oh, et puis mince, qui est là ?
Cette fois – ci, Amelia entendit très distinctement un éclat de rire. Elle se renfrogna au moment même où ses sourcils firent un bond. Toujours personne visible à la lueur de sa baguette, pourtant quelqu'un, ici, venait de se foutre d'elle. Les murs pouvaient – ils parler ? Elle s'empêcha de le demander à haute voix, se disant qu'elle serait définitivement catégorisé comme folle si quelqu'un, un élève, un fantôme, ou pire, un professeur, l'apercevait par le plus grand des hasards. Puis, d'un seul coup, Amelia repensa au portrait de Sansoeil, le maître des potions vieux de plusieurs siècles, qui avait des idées particulièrement conservatrices. 'D'abord Black l'immonde traître, et son imbécile d'ami'
Avait – il croisé Black et un autre membre des Maraudeurs au même endroit quelques temps avant ? Amelia fronça les sourcils. Oui, mais Black et Potter – elle supposait que l'ami en question devait être lui – n'avaient pas, à sa connaissance, la capacité de devenir invisibles à volonté. Elle n'était néanmoins sûre de rien puisqu'elle ne leur avait jamais réellement adressés la parole à ce jour. Mais, tout de même, cela relevait de la logique. Amelia resta aussi immobile qu'une des statues de Poudlard. Ses oreilles grandes ouvertes, elle déclara, la voix assez forte pour que quiconque ici présent ne puisse faire semblant de ne pas l'entendre.
- Black, alors ?
De nouveau, un silence glacial lui servit de réponse. Aucun gloussement à l'horizon, ces étranges esprits avaient – ils déguerpi ? Amelia commençait à avoir froid, plantée au milieu de ce chemin de pierres gelées qui semblaient avoir des propriétés hallucinogènes. Son agacement monta d'un cran, et commença un duel acharné avec sa curiosité. Amelia finit par marmonner, les poings serrés, les poils hérissés.
- Tu rêves, ma pauvre Amelia … Voilà que tu entends des- ... Oh my god
A la seconde même, la jeune femme manqua de s'étouffer avec ses propres mots, interloquée par ce qui se tenait devant elle. Son fort accent britannique ressortit instantanément sous la surprise. Et pour cause, à quelques mètres de là, une ombre noire s'était extirpée du passage exigü et plus sombre qu'une nuit sans lune. Petit à petit, alors que l'intrus se rapprochait de la lueur bleutée de sa baguette, Amelia distingua la taille et la forme d'un animal, car, oui, il s'agissait bien d'un animal. Un grand chien, au pelage d'un noir obscure et ténébreux, avançait doucement, une patte après l'autre, vers elle. Ses grands yeux métalliques brillaient d'un étonnant éclair de mystère, et Amelia crut même y déceler une profonde curiosité, semblable à la sienne.
Elle resta sans mot, ses orbites dorées fixées sur la créature, qui dégageait un étrange charme. Mais Amelia était loin de ressentir de la peur. Le chien n'avait pas l'air de vouloir l'attaquer à gros coups de crocs, il semblait même très peu enclin à devenir violent. Il avait simplement envie de savoir qui elle était, pensa la jeune femme. Une curiosité qu'elle pouvait aisément comprendre. Alors, Amelia se baissa pour faire face au chien, qui laissa échapper un petit glapissement impénétrable. Pendant un moment, la Serdaigle se contenta de l'observer. Dans sa tête, tout se remettait en place. C'était donc lui, l'être vivant qu'elle avait cru entendre à plusieurs reprises. Un grand chien noir, sorti de nul part. Peut-être était – elle sur son territoire ?
Dans une envie de mieux l'observer, de mieux le détailler, Amelia souffla en un faux murmure la formule 'lumos maxima' et sa baguette s'illumina de plus belle. Le chien n'eut aucun mouvement de recul, il se contentait de scruter ses pupilles mordorées comme si elles relevaient de l'impossible. Mais, pour une fois, Amelia se fichait bien de cet intérêt à l'égard de ses yeux, car le chien avait lui aussi un regard captivant : d'un noir grisonnant, qui brillait comme le métal d'une armure de chevalier. Et face à la franche lueur de sa baguette, la jeune femme avait même l'impression de se plonger dans la contemplation du croissant de lune, en pleine nuit, noire et sans étoiles. Elle n'était pas prête d'oublier de telles prunelles, et fut prise d'un étonnant élan de sympathie envers cet étrange canidé.
Une note mentale germa dans sa tête, et, désormais assise sur la pierre réfrigérante à quelques centimètres de la bête, Amelia se mit à fouiller dans les poches de sa robe avec sa main libre. Le chien suivit tous ses mouvements d'un œil captivé et impatient, ne bougeant néanmoins pas d'un poil. Amelia sortit enfin son paquet de parchemins, et un léger sourire s'inscrivit sur ses lèvres. Elle avait hâte de noter cette étrange rencontre dans son journal des merveilles, aussi officiellement appelé 'Atlas de Poudlard.' Amelia coinça sa baguette entre ses genoux, dans une position qui relevait de l'absurde mais ce n'était pas comme si elle était face à un humain, s'était – elle dite. Puis, elle sortit son vieux crayon à moitié mort d'une seconde poche de sa robe, et entreprit de retrouver la page de l'étage. Le chien se mit alors à fixer avec une intense force chaque plan et chaque note qui passait devant ses yeux : il avait l'air de savoir ce que c'était. Mais, alors que la jeune femme trouvait enfin la page qui l'intéressait, le chien se mit à aboyer, rompit le contact visuel, et s'enfuit à une vitesse assez impressionnante. Amelia eut à peine le temps de cligner des yeux.
- … Quoi ?
Elle resta assise au milieu du passage, abasourdie. Puis, ce fut au tour de ses sourcils de se lever d'un bond, et ses pied suivirent bientôt. Amelia rangea instantanément sa carte, oubliant même d'y noter son idée, et contempla encore quelques secondes le passage sombre dans lequel le chien s'était évaporé à la vitesse de l'éclair. Heureusement, les animaux n'étaient pas son fort, elle ne s'y attachait pas comme si sa vie en dépendait, bien que dans ce cas précis, les étonnantes pupilles du chien resteraient un petit moment gravées dans sa mémoire. Oh, maintenant qu'elle y pensait, il ressemblait vaguement à un sinistros, mais un sinistros pas vraiment sinistre, pour ne pas mentir. Elle étouffa un petit rire espiègle quand l'idée que cette bête venait de lui annoncer sa propre mort imminente frappa son esprit. C'était fou, elle avait toujours autant de mal avec la divination.
