Bonjour ! Merci beaucoup de vous attarder sur cette petite fanfiction, j'espère qu'elle plaît ! J'ai changé la mise en page du texte (maintenant à gauche) suite à quelques avis. N'hésitez pas à me donner le votre également, je trouvais que le texte centré donnait un côté original et marquait un peu plus les phrases d'accroches, mais je me suis peut-être trompée ! Ce chapitre est un peu court, mais il fait office "d'introduction" à une nouvelle aventure ;) Bonne lecture !
AMELIA STANFORD
Chapitre 3 : Chasse à l'Amélia
Le village de Pré – Au – Lard demeurait l'endroit préféré d'une multitude d'étudiants de Poudlard. Marcher le long de ces ruelles sorcières, avec la certitude de ne rencontrer que des êtres magiques, pouvait en rassurer certains, mais c'était surtout l'atmosphère libre et envolée que leur offrait l'endroit sur un plateau doré qui les ensorcelait. D'immenses boutiques regorgeant de sucreries enchantées ou d'objets métamorphosés attiraient chaque jour des centaines de clients, et les alentours arrivaient à appâter de leur mystère ambiant : en bref, les élèves pouvaient aller où ils voulaient, dans la limite du raisonnable. Prendre une bierreaubeurre avec des amis aux Trois Balais, courir entre les maisons colorées, manger des plats typiques et atypiques, discuter ragots et Quidditch à la Tête de Sanglier, sillonner les magasins … Il y avait tant d'activités à faire, alors généralement, tous se laisser emporter par cette sortie mensuelle, amenant une indépendance dont les étudiant raffolaient tant.
Ce samedi là, une large ribambelle d'élèves de Poudlard se promenait dans le village, pour leur toute dernière sortie avant la fin de l'année et le début de l'été. Ils étaient tous habillés de courts vêtements, et une bonne partie n'avait pas résisté à la tentation d'acheter une glace réfrigérante, certains s'amusant avec les goûts citrouille citronnée ou mélasse gelée. Et pour cause, le soleil tapait fort en ce samedi de juin. Il frappait la peau avec une puissance que l'on voyait rarement en Écosse, essoufflait et créait transpiration sur sueur, au plus grand malheur des plus sensibles à la chaleur. Mais finalement, après un dur et long hiver et des examens en béton armé, les élèves pouvaient enfin relâcher la pression. Et cette lourde chaleur leur importait peu. Ils en profitaient plus que n'en souffraient.
Enfin, pour la majorité.
Le long d'une des ruelles du village, près de la lisière de la forêt d'où sortaient le chant des cigales, le soufflement de la légère brise, et les gazouillis des oiseaux, un groupe de jeunes hommes riait aux éclats, alors qu'en leur centre, le plus grand semblait suer à grosses gouttes, avec un air de détresse qu'on lui connaissait peu. La vérité était là Remus Lupin supportait très mal la chaleur, on pouvait même dire qu'il avait une dent contre elle. Le jeune homme ne savait pas, et n'avait jamais su, si la raison était en rapport avec son petit problème de fourrure, ou si il n'était simplement pas de l'été. Cette question arrivait parfois à lui ronger l'esprit, aussi peu importante soit – elle.
Et aujourd'hui, la température avait drastiquement augmenté. Dans la main gauche du jeune homme trônait un cornet dont la glace dégoulinait déjà sous forme de liquide depuis un certain temps, et dans l'autre, un pull en laine tentait de ne pas finir sur les pavés. Plusieurs fois, Sirius et James s'étaient moqués de cette prévenance sans faille. Car, oui, bien qu'absolument aucun nuage, aucun vent, aucune humidité ne régnait dans les environs depuis une bonne semaine, Remus n'avait pu s'empêcher d'emmener, juste au cas où, une veste bien épaisse. Maintenant, il devait se la coltiner, et elle lui créait plus de sueurs chaudes que nécessaire. Il faillit l'abandonner sur un coin de la route, mais se résigna. Et si il se mettait à pleuvoir, finalement ? Peut-être conservait – il le flair d'un loup, même en dehors des pleines lunes. Le Gryffondor haussa les épaules.
A ses côtés, Peter, James et Sirius semblaient pris dans une conversation qu'il se devait d'ignorer, en tant que préfet et meilleur ami en même temps. Le chant des oiseaux attirait particulièrement bien l'ouï du jeune homme quand le reste du quatuor préparait farces et plans à gogo. Étrangement. Remus esquissa un sourire discret à cette pensée.
- On devrait enchanter le jus de citrouille de la table de Serpentard, le dernier jour !
- Oh, quelle idée de génie, James ! approuva Peter d'une voix suraiguë.
- Il faut aussi qu'on place les bombabouses dans leur salle commune, une fois qu'on l'aura trouvée … ! s'exclama ensuite Sirius en esquissant un large sourire mesquin.
James acquiesça d'un rire tonitruant, avant d'ironiser, entre deux respirations :
- Si on peut coincer Servilus juste avant, je pourrais partir en paix !
Remus fronça vaguement les sourcils, alors que Sirius et Peter repartaient dans une longue tirade hilare, qui manqua de faire trébucher le jeune Pettigrow. Il n'aimait pas cet acharnement envers le Serpentard d'en face, qui avait eu la mésaventure d'être ami avec Lily Evans en arrivant à Poudlard. Cette relation avait particulièrement régressé avec les années, mais James semblait quand même lui vouer un culte de haine, qu'il tentait parfois d'expliquer à ses compagnons en râlant à moitié. Pour faire simple, le jeune garçon à la peau pâle et blafarde, au nez plutôt imposant, et aux cheveux d'un noir rivalisant avec les mèches ébènes de Sirius, appartenait à la maison Serpentard, et c'était en vérité le problème majeur, avec son comportement qui n'arrangeait pas les choses. On le soupçonnait déjà de s'être lié avec les adeptes de magie noir, et de Voldemort, par la même occasion. Et Serpentard était une maison, qui, surtout maintenant, alors que les camps se formaient, qu'une guerre semblait se préparer, valorisait généralement les priorités du sang, l'élitisme et la classification des rangs. Une façon de fonctionner que la totalité des Gryffondor trouvait basse, trop vieille et étriquée, en besoin urgent d'évoluer. Malheureusement, les choses ne fonctionnaient pas comme cela, dehors. Ici, à Poudlard, la lutte n'était que puérile, opposant des jeunes en pleine croissance, pas encore assez perdus pour tenter de déjouer la mort ou pour s'élancer dans des combats trop violents pour un simple sorcier sans la moindre expérience. Ce n'était pas encore la cour des grands.
Ainsi, Severus Rogue représentait, d'après le simple avis de Remus Lupin, qu'il se gardait bien d'annoncer à voix haute, la totale aversion qu'avaient James et Sirius, de la même façon, pour les forces obscures, pour la magie noire et l'anormalité faisant vaciller le bon côté, si ainsi il existait, de la magie. Leur comportement, parfois trop excessif et violent, pouvait très mal s'excuser, Remus le savait, il n'adhérait pas à ce genre de haine sans queue ni tête. Le type d'hostilité que seuls les adolescents arrivaient à se créer, faute de n'être point encore adulte. Mais le jeune Gryffondor se trouvait parfois passif, il avait du mal à agir face à ses meilleurs amis. Car, bien que leur comportement soit acharné, Severus Rogue ne manquait pas de leur rendre la monnaie de leur pièce, quand il le pouvait. Un système de vengeance, de rancune millénaire, que les Serpentard et les Gryffondor partageaient, malgré eux. Et c'était bien malheureux.
Tout ce qu'il pouvait faire, à l'instant, c'était éviter de laisser ses amis élaborer un autre plan, qui viserait très certainement à piéger Rogue, alors Remus s'éclaircit la gorge, et, tandis qu'il cherchait à grande vitesse une idée de conversation pour changer de sujet, une silhouette traversa son champ de vision, à plusieurs mètres de là. Une ombre, moyennement grande, aux cheveux bruns, aux yeux d'un doré surhumain, à la carrure étonnamment athlétique, qui longeait la rue, un appareil photo magique autour du cou et un épais morceau de parchemin à la main. Une personne dont Lily lui avait parlé, quelques temps auparavant. Une sorcière qui avait très récemment croisé ses amis au cœur des pierres de Poudlard, dans l'endroit le plus improbable possible. Enfin, ça, Amelia Stanford ne le saurait jamais. Du moins, c'était ce que le quatuor pensait. Remus cligna des yeux à plusieurs reprises, immobile, tandis que son excellent prétexte vrillait entre les pavés.
- C'est Stanford, non ? marmonna – il finalement, d'une voix étouffée mais qui suffit à instaurer le silence. Le changement de sujet fut aussi léger qu'une plume.
Seuls quelques jours s'étaient écoulés depuis l'étrange croisement du quatrième étage. James avait tenté à plusieurs reprises d'aller parler à Lily Evans, mais ses tentatives s'étaient toutes terminées en lourds échecs, car en la présence de la jolie rousse, le jeune homme semblait oublier la raison de sa venue. Il tentait de lui parler de Quidditch, des cours, de lui – même, comme il aimait le faire, et dérapait souvent sur le fameux et détesté sujet qu'était Severus Rogue, provoquant la colère toujours plus forte de Lily. En bref, il était loin de gérer la chose, et encore plus loin d'accepter sa défaite. Sirius avait finalement déclaré qu'il irait lui - même, mais l'occasion ne s'était pas encore présentée.
Remus s'arrêta sur le bord de la chaussée, et laissa sa curiosité envahir l'entièreté de son esprit. Juste à côté, la discussion s'était terminée, Sirius et James s'étant comme pétrifiés sur place, les yeux tournés vers Stanford, confirmant alors sans hésitation l'identité de l'ombre aux yeux royaux, et Peter peinant à comprendre : ils l'avaient mis au courant des événements, mais avaient omis de préciser le nom de l'intrus. Le pauvre ne pouvait pas deviner. Les quatre paires d'iris, noisette, grises, bleues, et nuancées observèrent longtemps Amelia Stanford se faufiler entre les différents groupes d'étudiants, avec une rapidité que le capitaine de l'équipe de Gryffondor ne put que remarquer. L'air de plus en plus intéressé, il murmura :
- Elle a l'air pressé …
- En effet …, répondit instantanément Sirius, en battant innocemment des cils.
James esquissa un sourire en coin, plus mesquin qu'habituel, et se passa une main dans les cheveux. Et Sirius frappa la semelle de ses bottines noires contre les pavés, impatient. Impatient ? Pourquoi donc ? Oh, simple. Les Maraudeurs commençaient à flairer la bonne piste. L'aventure à plein poumons.
De loin, James vit Amelia Stanford bousculer un groupe de gamines de première année, qui lui hurlèrent dessus sans qu'elle n'y prête la moindre attention. Elle trottina le long du trottoir, croisa Marlène McKinnon et Lily Evans. Celle - ci la salua discrètement, puis se relança dans sa passionnante discussion avec Marlène, qui devait sûrement porter sur lui. Du moins, James l'espérait profondément. Le jeune homme cligna plusieurs fois des yeux, et dut s'y prendre à deux fois pour détacher son regard de la préfète des Gryffondor. Ses pieds se mirent alors à bouger en rythme, et suivit à la seconde par un Sirius qui semblait avoir deviné ses intentions depuis un long moment, puis par Remus et Peter, James commença à arpenter Pré – Au – Lard, filant Amelia Stanford comme si espion était sa profession.
