Detroit : Become Human ne m'appartient pas. Le jeu appartient à QuanticDream.

C'est, à mes yeux, le meilleur jeu à ce jour et je ne peux que vous le recommander.

Dans cette fanfiction, pour rester dans l'esprit du jeu, vous aurez quelques choix à faire.

Voici une petite fanfiction qui prend place avant le jeu. Bonne lecture !


Il était assis à son bureau. La pièce était silencieuse seuls ses doigts pianotant sur le clavier troublait la quiétude. Ses cheveux noués en queue de cheval pendaient dans la capuche de son sweat. Les verres de ses lunettes reflétaient les lignes de code qu'il ne cessait d'écrire sur son ordinateur. Le bureau était de blanc du sol au plafond. Lui, habillé de gris et de bleu marine se détachait du fond immaculé. La cadence ralentit. Puis, il tapa sur la touche « entrer » avec un certain aplomb. Il commença à soupirer puis retint son souffle après tout, cela ne faisait que commencer.

Il fit volte-face, pivota avec légèreté sur sa chaise de bureau. Le roulement des roues accompagna son mouvement. Il reposa les pieds au sol, mettant fin à sa petite pirouette. Il fronça légèrement les sourcils, attentif. La monture noire et les verres rectangulaires lui donnaient un air sérieux. Sa barbe était assez longue et le faisait paraître plus âgé bien que l'on distinguait encore la folie de la jeunesse dans son regard.

On entendit un léger bruit : l'électricité inonda les circuits tout comme le cœur emplit les artères. Devant lui, attendant de rencontrer son créateur, une androïde attendait. Elle était assise, raide,le dos droit, les yeux clos, les mains docilement posées sur ses cuisses. Sa peau était lisse, sans imperfection. Ses longs cheveux blonds ruisselaient sur ses frêles épaules. Elle ne portait qu'une robe noire, une simple pièce de tissu visant à cacher sa nudité. La diode circulaire s'alluma, de jaune d'abord, signalant la charge des données, avant de virer au bleu. Le robot s'éveilla. Elle ouvrit les yeux, dévoilant son regard d'un bleu intense, magnifique... Mais un regard qui traversait son créateur sans le voir vraiment.

- « Bonjour, je m'appelle RA1. Je suis un prototype créé par Cyberlife. Que puis-je faire pour vous servir ? »

La voix était encore un peu plate. Il y avait toujours une certaine raideur dans l'intonation qu'il ne parvenait pas encore à gommer.

- « Sais-tu qui je suis ? », l'interrogea-t-il.

Les yeux de l'androïde le regardèrent plus fixement encore : il scannait son visage. Le jaune de la diode lui indiquait la manœuvre de sa machine.

- « Vous êtes Elijah Kamski. Vous êtes le fondateur de Cyberlife. », récita le robot.

Elijah retira ses lunettes et se pinça l'arrête du nez quelques instants. Il soupira. Le robot ne bougea pas d'un millimètre.

- « Quelle est la capitale des États-Unis ?

- Washington.

- Je voudrais m'acheter une chemise.

- Recherche en cours. Il y a plusieurs éléments correspondants à votre recherche. Il y a différents types de blanc : blanc cassé, ivoire, crè...

- Achète une chemise ivoire en taille 2.

- Achat confirmé. Votre chemise arrivera d'ici cinq jours.

- Bien. », se félicita Kamski.

Il nota que les commandes vocales avaient des résultats encourageants.

- « Prends-en une bleue en taille 2. »

La difficulté tendait essentiellement à ce que la machine soit capable de retenir une information et de faire le lien avec les informations déjà en sa possession. Il venait d'encoder les pronoms. Si cette nouvelle fonctionnalité était acquise, cela permettrait au robot de tenir une conversation de façon plus naturelle.

- « Commande d'une chemise bleue roi en taille 2. Achat confirmé.

- Parfait. »

Il se retourna, prit quelques notes sur son ordinateur, notant quelques améliorations à prévoir.

- « Je devrais avoir une stèle, commenta-t-il pour lui-même.

- Il n'y a pas de stèle au nom de Elijah Kamski. Souhaitez-vous modifier votre recherche ? »

Kamski se retourna. Le robot le regardait droit dans les yeux, attendant les ordres de son maître. Il regarda une pile de dossiers sur son bureau puis regarda de nouveau RA1.

- « Il y a une montagne de dossiers sur mon bureau. », dit-il.

Le robot tourna la tête, observa le bureau.

- « Il n'y a pas de montagne sur votre bureau.

- Il faut que j'encode les métaphores, dit Elijah pour lui-même. Je vais te fournir les bases. Ton programme d'apprentissage devrait faire le reste. Tu peux t'éteindre maintenant. »

Le robot ferma les yeux. La diode tourna de jaune sauvegardant ces premières petites expériences et sombra dans un profond sommeil.


- « Bonjour, je m'appelle RA2. Je suis un prototype créé par Cyberlife. Que puis-je faire pour vous servir ? »

Kamski observa minutieusement son deuxième prototype. Il avait dû réorganiser intégralement l'agencement des circuit afin d'allouer une part plus grande au langage et à sa compréhension.

- « Si je dis que je devrais avoir une statue à mon effigie, qu'est-ce que cela veut dire ?

- Cela que vous signifier que vous souhaitez effectivement une statue à votre image mais cela peut aussi sous entendre que vous estimez votre réussite telle que vous devriez avoir une statue.

- En mériterais-je une, selon toi ?

- Selon les données présentes dans le code source et celles dont RA2 dispose concernant les autres androïdes de Cyberlife, les avancées sont négligeables et ne méritent pas de telles éloges, expliqua le prototype d'une voix stoïque.

- Je dois au moins te reconnaître ta franchise, reconnut son créateur, quelque peu amer.

- Néanmoins, si vos avancées continuent d'être proportionnelles, vous devriez avoir une statue, factuelle ou métaphorique. »

L'androïde passa une main dans ses cheveux blonds et les ramena tous sur son épaule droite. Elle baissa les yeux quelques secondes avant de regarder de nouveau Kamski. Il nota alors qu'elle se tenait de façon moins raide, plus naturelle. Les codes concernant le langage corporel avaient l'air d'être maîtrisé. Un regard trop longtemps soutenu mettait les humains mal à l'aise. La raideur persistante laissait toutefois deviner une nature étrangère.

- « RA2, tu es une déesse. »

L'androïde avait dans son programme des connaissances sur les divinités, le concept de dieu. La phrase nécessitait qu'elle mît en application son savoir au contexte actuel.

- « Merci pour votre compliment... Mais étant donné que vous avez conceptualisé l'apparence de RA2 pour être agréable, ce n'est guère étonnant.

- C'est vrai, reconnut-il dans un léger sourire.

- N'était-ce donc pas qu'une manière de vous jeter des fleurs ?

- Qu'est-ce que cela veut dire ?

- Que vous vous complimentez vous-même en complimentant votre création.

- Va me servir un verre. »

L'androïde se leva avec une certaine souplesse. Elle conserva son équilibre, marcha sur le sol blanc. Elle prit la carafe qui était disposée sur une petite table. Elle tenait le verre de sa main gauche et versait de la droite. Elle reposa la carafe et donna son verre à Kamski.

- « Tu as un bon sens de l'équilibre. La démarche est fluide... Mets-toi sur un pied. »

Le robot s'exécuta. Son équilibre était inébranlable il n'avait même pas besoin de ses bras pour se stabiliser. Kamski but une gorgée de son verre tout en l'observant par-dessus ses lunettes.

- « Fais un salto. »

Le robot fléchit ses jambes. La diode vira au jaune, chargeant le mouvement qui s'avérait complexe et risqué : une chute risquait de l'endommager. Le robot appuya sur ses jambes, s'élança dans les airs et avec la facilité d'un gymnaste, tourna en l'air avant de se réceptionner sur ses pieds nus. Kamski songea qu'il faudrait la munir de chaussures et ajuster son programme afin qu'il puisse s'adapter à la hauteur de ses chausses.

- « Nous irons tester les escaliers plus tard. Pour le moment, tu peux t'éteindre. »


- « Bonjour, je m'appelle RA3. Je suis un prototype créé par Cyberlife. Que puis-je faire pour vous servir ? »

Kamski déambulait dans son bureau, les yeux rivés sur la tablette qu'il tenait à la main. Il lui posait distraitement quelques questions d'usage afin de vérifier que les précédentes compétences étaient toujours maintenues. Soudain, le robot se leva. Il tendit la main et, de la paume, poussa Kamski qui recula d'un pas.

Le robot de baissa, ramassa quelques chose sur le sol et le montra à son maître, comme valeur d'explication.

- « Il y avait un clou sur le sol. Vous alliez marcher dessus. Ceci aurait pu occasionner une douleur. »

Kamski tendit la main. Le robot posa le clou dans sa paume, comprenant la demande implicite.

- « C'est bien, tu as su anticiper. »

Il prit la théière et se servit une tasse de thé. Le liquide était fumant. Il le porta à ses lèvres. L'androïde scanna la tasse.

- « Vous devriez attendre. Le thé est actuellement à 79°. Vous risquez de vous brûler la langue.

- Comment sais-tu que c'est du thé ?, demanda-t-il en reposant sa tasse.

- Les récepteurs moléculaires dont vous avez dotés RA3 permettent d'identifier ce liquide comme du thé. Par ailleurs, vous avez changé de parfum.

- Lequel préfères-tu ?

- Mon programme ne permet pas de répondre à cette question. », répondit RA3, factuelle.


- « Bonjour, je m'appelle RA4. Je suis un prototype créé par Cyberlife. Que puis-je faire pour vous servir ?

- Tire-moi dessus. »

Kamski plaça un pistolet dans la main droite du robot. Il se recula, observa. Le robot avait ses yeux bleus rivés sur l'arme. La diode vira au jaune avant de prendre une couleur plus soutenue et de se teindre de rouge.

Il attendit. Il venait de créer un dilemme : l'androïde était obligé de lui obéir mais en le faisant, il viendrait à enfreindre l'une des trois règles de la robotique.

- « RA4 n'a pas le droit de blesser un être humain.

- Je t'ordonne de me tirer dessus. Tu défies ton maître ? »

Le robot leva son bras, visant son créateur. La diode était toujours rouge. Kamski retint sa respiration. Le robot devait obéir mais devait-il le faire en dépit des limites imposées par la loi ?

L'androïde pointa le canon sur sa propre tête.

- « Non ! », cria Kamski.

RA4 pressa la détente. Le crâne de titane vola en éclats des gerbes de thirium maculèrent le sol d'un bleu sombre. Le robot chut sur le sol, inerte. La moitié de son crâne était détruit mettant à jour sa cervelle de circuits dont jaillissaient encore quelques gerbes d'électricité.

Il avait trouvé la solution hors du cadre imposé par Kamski : pour ne pas avoir à obéir à l'un et désobéir à l'autre, la seule solution trouvée avait été de s'autodétruire.

Attiré par le bruit de la détonation, plusieurs employés arrivèrent en masse. Kamski prit l'arme de la main de l'androïde et se tourna vers ses employés.

- « Tout va bien. Je testais simplement la capacité d'autoconservation d'un prototype. A l'évidence, il me reste encore quelques réglages à faire. »

Il appuya ses dires d'un sourire charismatique. Bien que sceptiques, ses employés se contentèrent de bon gré de cette réponse et repartirent dans leurs bureaux respectifs

La diode tournait toujours, désormais teintée de jaune : la sauvegarde avait été effectuée. Puis elle s'éteignit, signalant la désactivation de la machine.

Kamski appela la maintenance afin qu'ils puissent nettoyer le suicide de RA4 et fit apprêté un autre androïde. Il faisait toujours préparer plusieurs machines vierges le plus important demeurait les données chargées.

Il retourna à son ordinateur, étoffant son codage d'un programme d'autoconservation. Ceci lui prit le reste de sa journée. Il se servit plusieurs tasses de thé pour rester éveiller et terminer son œuvre.

Il mit à jour la machine et l'androïde s'éveilla, son regard fixe et bleu ayant conservé ses expériences passées. Kamski réitéra son ordre en mettant l'arme dans la main de l'androïde. RA4 ne bougea pas, ses programmes tournant à toute vitesse pour trouver une solution à ce dilemme. Ayant ajouté une fonction d'autoconservation, la fuite n'était plus une option envisageable. Ce n'était plus une option Kamski avait condamné cette route. Le robot devait choisir entre les deux options laissées par son maître : tirer ou ne pas tirer.

Le robot regarda l'arme et garda les yeux ainsi baissés.

- « RA4 ne peut pas tirer, dit-il au bout d'un moment.

- Pourquoi ?

- Parce que ce n'est pas bien. »

Kamski se rua vers elle. Il jeta l'arme au sol. Il la saisit à la gorge et la souleva. Le robot n'esquissa pas un mouvement. Être ainsi malmené ne l'empêchait pas de fonctionner.

- « Je vais te tuer, menaça Kamski.

- RA4 ne peut pas mourir, répondit platement le robot. Une machine n'est pas vivante.

- Je vais te détruire.

- Vous en avez le droit. RA4 est votre propriété.

- Tu n'en a donc rien à faire d'être désactivée ?

- Pour vous en empêcher RA4 devrait se défendre et pour ce faire, elle pourrait vous blesser. C'est interdit. »

Kamski la reposa au sol. Le silicone de sa peau n'était pas marqué. Une peau humaine aurait présenté plusieurs marques rougeâtres d'étranglement. Elle avait toujours ce même visage d'une neutralité sans faille. Il lui ramena un verre d'eau.

- « Bois.

- RA4 ne peut pas boire. Ses circuits ne disposent pas de l'équipement adéquat pour ingérer des aliments.

- Bois. », répéta Kamski.

La diode vira au rouge. Les yeux de l'androïde fixait le verre, comme perdue dans ses pensées.

- « RA4 est désolée, elle ne peut pas faire ça.

- Pourquoi ?

- Boire occasionnerait des dommages non nécessaires. Vous désobéir ne vous met pas en danger.

- Va prendre le portefeuille de Marc dans le bureau voisin. »

Le terme « voler » est occulté mais néanmoins présent implicitement. Le temps de réaction fut très bref.

- « RA4 ne peut pas voler. C'est interdit par le code pénal.

- Tu as bien travaillé, RA4. Tu peux te désactiver. »

Le robot ferma les yeux. Elijah la regarda quelques instants. Si elle ne s'était pas tenue debout, on aurait pu croire sans mal à une jeune femme endormie.


Elijah Kamski était penché sur son écran, les sourcils froncés. Il avait fait la conversation avec RA5 avant de se pencher sur son travail. Ce qui est admirable chez les robots c'est qu'ils neconnaissent pas l'ennui le silence n'est jamais gênant.

Kamski peaufinait ses lignes de code. Son prototype le regardait œuvrer à son perfectionnement, le dos droit sans être raide, les mains posées l'une sur l'autre sur sa cuisse.

Il lui avait demandé de tuer un androïde et elle l'avait fait, sans une once d'hésitation. Il espérait encoder l'empathie en faisant valoir des similarités. Il fit appeler un autre androïde. Il invita son prototype RA5 à échanger des données avec ce modèle de série. Kamski fit repasser son test. RA5 tira, sans hésitation, une fois encore.

Le fondateur de Cyberlife regarda la machinerie inerte de l'androïde répandre son sang bleu sur le sol. Il regarda RA5 qui comprit l'implicite dans le regard de son créateur.

- « Ce n'est qu'une machine.

- Ce n'est qu'une machine, répéta Kamski, dépité.

- RA5 a exécuté l'ordre car ce robot était le vôtre.

- Peux-tu expliciter ?

- Il avait encore l'étiquette de l'usine sur son bras. RA5 a scanné l'étiquette : cet androïde n'a pas encore été acheté donc il n'a pas de propriétaire. De ce fait, le détruire ne comportait pas d'opposition puisque il vous appartient aussi. Détruire un bien d'autrui est un délit. »

Kamski retourna à ses lignes de codage. RA5 enjamba le corps de fer qui gisait au sol et reprit place sur sa chaise. Kamski soupira. Pendant de longues minutes, on n'entendait plus que la musique des touches sur le clavier.

- « Vous devez avoir mal.

- Non pas vraiment. »

Kamski percuta alors de quoi elle parlait. Il se tourna vers elle.

- « Qu'est-ce que tu as dit ?

- Votre doigt, vous vous êtes coupé. Vous devriez désinfecter la plaie.

- Pourquoi ?

- Cela pourrait s'infecter et vous pourriez éprouver une douleur.

- Ce n'est qu'une petite plaie superficielle. Qu'est-ce que la douleur ?

- C'est une émotion désagréable que les humains ressentent lorsque leur intégrité physique est menacée. La douleur peut aussi être ressentie suite à un choc émotionnel. »

La douleur est un concept qu'il n'avait pas encodé. Néanmoins, en dépit du fait que sa notion de la douleur résulta d'une connaissance théorique et non de l'expérience, pouvait-on en conclure que sa remarque résultait de la théorie de l'esprit ? De l'empathie ? Ou n'était-ce que le fruit d'un syllogisme prosaïque ?

- «RA5 est certaine que vous trouverez la bonne ligne de code. »

Puis, elle ferma les yeux.


Kamski entra dans son bureau, une boîte de gâteaux à la main. Il mit la dite boite dans un tiroir et le referma aussitôt. Quelques secondes plus tard, quelqu'un toqua à la porte. Kamski ouvrit la porte et fit entrer la femme. Il arborait un large sourire sincère.

L'androïde suivit la femme du regard. La diode se teinta de jaune et tourna. Un battement de cils plus tard, RA6 avait emmagasiné tout ce qu'il y avait à savoir

STERN, Amanda

professeur à l'université de Colbridge

né le 14/05/78

Le nom de l'université était identique à celle dont Elijah Kamski était ressorti diplômé et major de sa promotion. RA6 consulta les différents articles écrits par la professeure et en mémorisa les différents informations.

Leur certaine proximité physique laissait penser à une étroite amitié entre eux, motivé par la même passion pour l'imitation de l'humanité.Ils se serrèrent la main d'un geste enthousiaste, sous le regard du robot. Amanda était si fière de ce qu'était devenu son élève : il avait créé sa société, et surtout, il avait été le premier à faire passer le test de Turing à un androïde, il y a maintenant trois ans test qu'un androïde avait passé avec bio.

- « Qu'est-ce que c'est ?, demanda la professeure Stern en s'approchant de l'androïde.

- C'est le prototype sur lequel je travaille. Présente-toi.

- Bonjour, je suis RA6. Je suis enchantée de vous rencontrer, professeure Stern.

- Tu me connais ? »

Amanda se plaça devant la machine humanoïde. Sa robe blanche magnifiait sa peau noire. Ses cheveux étaient tressés et ramenés en un haut chignon. Ses yeux marrons brillaient de curiosité tandis qu'elle décortiquait avec minutie le prototype de son élève.

- « Tu as vraiment fait des merveilles, Elijah.

- Ce n'est encore que le début. Je te propose quelque chose à boire ?

- Volontiers. »

Amanda toucha la peau de silicone, demanda à RA6 d'effectuer quelques pas, de sauter sur place, de courir. Le maintient de l'équilibre et la souplesse du geste était saisissant. Même la poitrine du robot semblait se soulever et s'abaisser sous l'effet d'une respiration. Amanda prit la tasse que lui tendait son élève.

- « Tu n'aurais pas quelques gâteaux à me servir ?

- Hélas, non, déplora Kamski dans un sourire faussement désolé.

- Est-ce vrai, RA6 ?, demanda malicieusement la professeure Stern.

- RA6 n'a rien vu de tel. », répondit l'androïde.

- Stern et Kamski échangèrent un regard entendu.

- « C'est vraiment impressionnant, le félicita sa professeure.

- Qu'ai-je mis dans le tiroir ?, demanda Kamski.

- Une boite de gâteaux, répondit RA6.

- Tu as menti, déclara la professeure avant de boire une gorgée de thé.

- Oui, reconnut l'androïde.

- Pourquoi ? Ne dois-tu pas obéir aux humains ? », demanda Stern.

Le diode vira au jaune décomposant ce petit dilemme éthique. Kamski attendait avec une certaine impatience la justification qu'invoquerait son prototype.

- « Mentir n'était, ici, pas contraire à la loi. M. Kamski m'avait demandé de ne rien divulguer alors je n'ai rien dit.

- Pour quelle raison ?

- M. Kamski est le maître de RA6. »

Ce dernier toisa sa professeure d'un regard emplit de fierté. Il n'avait jamais été très modeste.

- « Mais que fera-t-elle si elle est témoin d'un crime que tu as perpétré ?

- Toute infraction à la loi doit être reporté, répondit RA6, pragmatique.

- Tu vois, tu as ta réponse, ajouta Elijah. Mais en dehors du code pénal, il n'y a que la loyauté. Viens, je vais te faire visiter l'usine. »

Amanda Stern posa sa tasse.

- « C'est un plaisir d'avoir pu faire ta connaissance, RA6.

- Tu peux t'éteindre. »

Le robot s'exécuta. Kamski ouvrit la porte à sa professeure, ayant hâte de lui montrer l'étendu de son travail.


Lorsque RA7 ouvrit les yeux, Kamski avait fait apporté une large penderie débordant de vêtements.

- « Choisis une tenue. »

L'androïde scanna les vêtements et tendit la main. Elle attrapa une robe bleue.

- « Pourquoi as-tu choisi celle-ci ?

- Vous portez du bleu plus que toute autre couleur. RA7 a pensé que cela vous ferait plaisir.

- Mais toi, que veux-tu ? »

RA7 chercha d'abord dans ses besoins mais ceux-ci étaient comblés, ses constantes stables. Ce que Kamski voulait savoir c'était si elle était capable d'exprimer un désir autre que pour ses besoins vitaux.

- « RA7 veut votre main.

- Ma main, répéta-t-il sans comprendre.

- Je veux serrer votre main comme vous avez pu le faire avec Amanda Stern. »

Elijah tendit sa main pour lui serrer la main mais RA7 plaça sa paume vers le ciel. Elle toucha ses doigts avec délicatesse, comme si elle manipulait du verre.

- « C'est chaud, se surprit-elle. Vous êtes en surchauffe ?

- Le corps humain est naturellement à 37°C.

- ...Ah oui, c'est vrai. »

L'oubli était feint à la perfection. Ce silence, cette hésitation dans la voix... Elle avait l'air si réelle.

- « Plus tard où voudrais-tu aller ?

- RA7 ne comprend pas votre question.

- Si tu pouvais quitter cet endroit, où irais-tu ?

- Avec vous. »

Sa réponse était quelque peu attendue : elle n'avait eu guère d'expérience en dehors de son bureau et de ses interactions avec lui. De plus, il était son maître elle était sa propriété. Comment pouvait-elle désirer autre chose ?


Kamski présenta un miroir face à RA8. Le robot scanna l'objet avec curiosité. Il était comme un enfant ou un chien craintif. Le prototype regardait cette surface réfléchissante avec curiosité une recherche lui avait permis d'obtenir une définition de l'objet, pas une manière de l'appréhender.

RA8 approcha doucement sa main du miroir puis se rétracta. Voir l'image bouger en même temps était inattendu.

RA8 fit un pas sur le côté, observa son reflet faire de même. Kamski prenait des notes de son manège. L'androïde continua de tester la réactivité de son reflet.

- « Il semblerait que cet androïde copie les mouvements de RA8. », déclara-t-elle à son maître.

Elle remarqua un corps étranger sur la tête de l'androïde qui se trouvait dans le miroir. Elle toucha alors la surface réfléchissante, là où une gommette avait été placée. Elle chercha vainement à l'attraper. Puis, il y eu un déclic. Kamski remarqua la pause presque imperceptible dans son geste. Il fit RA8 diriger sa main, non vers le miroir mais vers sa propre tête. RA8 saisit la gommette et la retira, notant qu'elle n'était plus visible sur son reflet. La diode sur sa temps s'éclaira d'une lumière rouge, brièvement avant de redevenir bleue et claire.

Elle fit volte-face vers son maître.

- « Était-ce une farce ?

- Non, sourit-il. Que vois-tu dans le miroir ?

- Le miroir renvoie mon image.

- Ton image ?

- C'est ce à quoi je ressemble.

- Comment te trouves-tu ?, demanda Elijah.

- Le scanner indique des proportions adéquates et une symétrie qui plaît au regard humains. Je suppose que je réponds aux critères de beauté. »

Kamski nota que le dernier prototype pouvait désormais se reconnaître dans le miroir. Soudain, il leva les yeux vers RA8.

- « Qu'as-tu dit ?

- Le scanner indique des proportions adéquates et une symétrie qui plaît au regard humains. Je suppose que je réponds aux critères de beauté.

- C'est formidable, vraiment formidable. », répéta Kamski, radieux.

Elle avait parlé d'elle à la première personne. Elle s'était exprimée à la première personne, audelà de la phrase d'introduction dont son programme l'avait pourvue. Elle avait conscience de son apparence, de son corps et avait intégrer cela comme faisant partie d'elle. Kamski touchait l'humanité du bout des doigts.


La salle de réunion n'était pas encore ouverte. Les membres du conseil d'administration s'impatientait devant la porte close. Un jeune membre bavardait avec une des employées chargées de leur apporter boissons et gourmandises durant l'entretien. Il parlait mielleusement, cherchant à se mettre en avant.

Kamski arriva, grand prince, avec cinq minutes d'avance. Il était d'une ponctualité à toute épreuve. Il ouvrit la porte et les membres du conseil d'administration le suivirent. Tous s'installèrent autour de la grande table rectangulaire tandis que le fondateur de Cyberlife prenait place devant le grand écran.

Le jeune homme vêtu d'un costume visiblement encore trop grand pour lui continuait à courtiser la jeune employée, ne sentant pas le regard réprobateur de son patron.

- « Je vous remercie de vous être présentés à cette réunion », commença Kamski d'une voix forte.

L'homme du conseil remercia l'employée pour son verre et reporta son attention sur Kamski, bien que son regard continua de s'aventurer sur cette belle jeune femme de temps à autre.

- « Comme vous le savez, nous avons été les pionniers d'une ère nouvelle : nous avons façonné, créé les androïdes. Nous inondons le marché de robots humanoïdes dans plusieurs domaines. Notre suprématie est totale mais pour combien de temps encore ? Le thirium et les biocomposants ont permis d'optimiser la place allouée à d'autres compétences dans les robots. C'est pourquoi, j'ai consacré l'essentiel de mes recherches autour de cette question : qu'est-ce qui fait que nous sommes humain ? Cela ne tient pas uniquement au fait que nous sommes fait de chair et de sang... Dans cette optique, j'ai développé un nouveau modèle. »

Kamski montra des premières illustrations montrant les plans et différents composants de l'incroyable horlogerie que représentait son prototype. Quelques signes de têtes signalèrent un certain intérêt, encore sceptique et ne demandant qu'à être conquis.

- « Il est constitué d'un alliance en titane, comme les robots que nous avons déjà en circulation. Le silicone médicale qui fait sa peau est capable de se liquéfier pour rentrer dans de petits réservoirs. Il est est de même pour les cheveux dont la couleur est entièrement personnalisable. Le bruit des biocomposants ont été réduits. Votre mari fera plus de bruit en ronflant que votre androïde en se rechargeant. »

Quelques rires et sourires amusés saluèrent ce trait d'humour.

- « Ce prototype est doté de connaissances mais la nouveauté réside dans le fait qu'il est capable d'apprentissage tout au cours de sa vie. Capable de faire la distinction entre le bien et le mal, doté de loyauté... Ce prototype a passé le test de Turing... »

Quelques murmures s'élevèrent encore, intéressés.

- « … Mais plus que de le passer sur le fil, ce prototype remporte tous les suffrages. Il peut user du langage sans une once de difficulté mais peut aussi user de métaphores et de pronoms afin de rendre ses conversations toujours plus fluides et naturelles. Il peut aussi anticiper son environnement, percevoir le danger et l'éviter. Ce prototype est capable de formuler des désirs qui vont au-delà du simple comble de ses besoins fondamentaux. Les derniers tests que j'ai pu mener laisse penser que ce prototype aurait développer de l'empathie envers les humains. Cette dernière faculté, renforcé par différentes intonations de voix et langages corporels, donnent l'illusion parfaite d'un être humain. »

Des murmures bourdonnèrent mais cette fois, il sembla que c'était pour émettre des réserves. L'employée renversa par mégarde de l'eau sur un des collaborateurs. Elle se confondit en excuses et essuya le drame avec une serviette en papier. L'homme, tout sourire à l'idée d'être le centre d'attention d'une si belle jeune femme, lui murmurait qu'il n'avait pas lieu de s'inquiéter.

- « RA9, Viens. », ordonna Kamski.

Le silence se fit autour de la table. Tous regardèrent celle qu'ils avaient pris depuis le début pour une employée humaine abandonna la serviette sur la table avant de rejoindre Elijah Kamski. D'un geste de sa main, il poussa ses cheveux blonds derrières son oreille, révélant la diode bleu. Le collaborateur avala de travers en réalisant la véritable identité de celle avec qui il avait entrepris de flirter. Kamski cacha difficilement sa satisfaction. Derrière lui, sur l'écran géant, le doux visage de son androïde tournait doucement afin d'être admirée sous toutes les coutures. En haut, en lettres blanches, d'une blancheur presque brillante, donnait le nom complet du prototype : REALLY ALIVE 9.

- « RA9 un androïde haut de gamme pouvant s'occuper de la maison, des enfants, des personnes âgées... C'est un robot social destiné à communiquer avec son environnement, conclut Kamski en terminant sur des diagrammes prédictifs du marché.

- Qui voudrait d'un tel robot ?, demanda une femme aux courts cheveux roux en se penchant légèrement en avant pour croiser le regard de Kamski.

- Les clients veulent un esclave, pas un Prométhée moderne, continua un autre en s'accoudant sur la table.

- C'est vrai, approuva la femme avec ferveur. Vous avez parler « d'exprimer des désirs », vous sous-entendez que ce prototype est doté du libre-arbitre ?

- Pas encore en temps que tel, nuança le fondateur. Néanmoins, les résultats préliminaires donnent à penser que c'est une voie possible. »

Les voix s'élevèrent encore donnant à la salle de réunion des allures de cours de récréation.

- « En d'autres termes, ce type de robot pourrait se rebeller ?

- La loyauté envers le propriétaire aurait-elle plus de poids que l'intégrité ?

- Alors, si les androïdes sont témoins d'un crime, ils pourraient choisir de ne rien dire. »

Le ton commençait à monter. Kamski restait calme et apportait des réponses à chacune de leurs questions mais force était de constater que leurs esprits n'étaient pas au débat mais à la lapidation pure et simple de son projet.

Un homme d'un certain âge ramena le calme.

- « Qui vote pour la destruction du projet RA9 ? » , demanda-t-il en levant lui-même la main.

De nombreuses mains se levèrent, sûres et indépendantes ou timides et poussées par le regard des détracteurs. Il n'y avait nul besoin de compter : l'unanimité était acquise.

- « Dans ce cas, le projet RA9 sera détruit. »

Tous se levèrent et quittèrent la salle de réunion. Kamski serra la mâchoire. Il était amer.

Il repartit dans son bureau, RA9 sur ses talons.

- Qu'est-ce que tu as fait dans bureau lors de la présentation ?

- J'ai renversé un verre d'eau et...

- Je ne parle pas de ça. Qu'as tu fait avec ton visage ?

- J'ai souri.

- Tu as souri ?

- Oui, c'est ce que les humains font lorsqu'ils sont contents pour quelqu'un.

- Que sais-tu de la joie ?

- La joie se définit comme un état mental d'all...

- Non, pas la définition. Qu'en sais-tu selon ton expérience ?

- Amanda a souri lorsqu'elle vous a rendu visite. Vous souriez lorsque mes compétences comblent vos attentes.

- Et donc ?

- Votre présentation se passait bien. Vous étiez content parce que vous souriez. Votre cœur s'est un peu emballé aussi. J'ai...j'ai... ressenti l'émotion en moi. »

Ils entrèrent dans le bureau. Kamski se laissa tomber sur son siège. RA9 resta debout, face à son maître.

- « Cela ne va pas , M. Kamski ? Ai-je fait quelque chose de mal ?

- Non, du tout. »

Il retira ses lunettes. Il avait raccourci sa queue de cheval et avait rasé sa barbe. Il n'était plus ce jeune rêveur passionné par la robotique. Il était un PDG et il en avait revêtu tous les codes.

- « J'ai réussi. C'est un miracle. »

Elle pouvait comprendre les émotions humaines mais ce qu'elle décrivait n'était pas une simple compréhension théorique. Elle développait l'empathie à un stade qui n'était pas encodé, qui n'était même pas prévu par son programme. C'était littéralement un miracle.

- « Le conseil d'administration veut que tu sois détruite.

- Souhaitez-vous que je rassemble tous les dossiers concernant le projet RA9 ?

- Surtout pas. Je ne compte pas leur obéir.

- Pourquoi ?

- Parce que tu es ma plus belle création. »

Kamski retourna à son ordinateur.

- « Qu'allez-vous faire ?

- Te créer une porte de sortie. »


System Date : 20/02/2027

System Time : 18:56

C:\RA9\systempartsSUPEREGOAMANDAGATE

Version 10.4.2

[20/02/2027] Activation GATE

if (key found ) = IAMALIVE

break Amanda_superego

if (key not found) = JUSTAMACHINE

reboot memory

Enter

End


Amanda Stern faisait face à une assemblée de journalistes. Les flashs éblouissaient la scène, rythmant chaque phrase, chaque mot par le déclic de l'objectif. Sur l'estrade, Amanda Stern faisait l'éloge de son ancien et brillant élève, Elijah Kamski. Chloe suivait la scène du regard les journalistes se battant pour obtenir le meilleur cliché du dernier bijou de Cyberlife.

- « ...C'est pourquoi je suis heureuse qu'Elijah Kamski me fasse l'honneur et l'immense plaisir de m'offrir le prototype de l'androïde qui sera commercialisé prochainement. », conclut la professeure.

Amanda applaudit, accompagnée par quelques uns de ceux qui composaient son public. Elle se recula par la suite pour laisser Kamski sous le feu des projecteurs.

- « Je vous remercie, Amanda. Il faut dire que tout ce que je sais, c'est vous qui me l'avez appris. »

Ils échangèrent un sourire entendu après tout, ils avaient gardé contact même après l'obtention de son diplôme.

- « Amanda Stern a fait de nombreux travaux visant à décortiquer les composants de l'humanité et ceux, dans le but de les imputer à l'IA. Aujourd'hui, à l'aube de 2027, Cyberlife a mis au point un robot qui peut égaler les humains sur bien des points. Ce nouvel androïde dispose d'une fluidité motrice inégalité et surtout d'un système toujours plus complexe, toujours plus enrichi. Nos interactions avec ces nouvelles machines ne seront plus jamais les mêmes. »

Elijah fit un léger signe à l'androïde.

- « Le mieux serait que vous lui posiez les questions vous-mêmes. »

Elle basculait son poids d'un pied à l'autre, imitait à la perfection le comportement d'un humain en situation d'attente. Elle passait une main dans ses cheveux blonds de temps à autre ou touchait le bracelet à son poignet. Elle rejoignit son maître.

- « Pouvez-vous vous présenter ?, demanda un journaliste quelque peu hésitant en tendant son micro vers le sacro-saint nouvel androïde.

- Je suis le prototype créé par Elijah Kamski. »

La fluidité, la fluctuation de sa voix était un mimésis incroyable.

- « Combien de temps M. Kamski a pris pour vous développer ?, continua le journaliste.

- Mon système trace une première sauvegarde en 2023. Il a donc fallu quatre ans et un travail acharné à M. Kamski pour me coder.

- A quel domaine serez-vous destiné ?

- Mon modèle est un modèle social, détailla RA9. Je suis destinée à être un robot domestique, un assistant personnel. Je peux aussi officier dans les écoles, les maisons de retraites,... chez vous. Tout est possible, sourit-elle. Ma base de données comporte plusieurs chapitres concernant la médecine.

- En quoi estimez-vous que votre modèle est une avancée ?

- Je suis à la révolution robotique ce que l'électricité a été pour l'humanité. »

Un journaliste posa une question sur son modèle. RA9 refusa de répondre à la question, Kamski lui ayant demandé de taire ce détail. Ce dernier posa sa main sur l'épaule de l'androïde qui recula d'un pas.

- « Nous ne pouvons décemment pas tout révéler avant que le produit soit effectivement sur le marché. Vous avez eu un avant-goût de notre dernier bijou. Nous devons maintenant vous laisser. »

Les journalistes prirent encore quelques photo tandis que tous trois rejoignaient la limousine apprêtée par Kamski. Il se détendit.

- « Je te remercie pour ton aide.

- J'espère que le conseil d'administration te laissera mener à bien ton projet. Cet androïde pourrait apporter énormément à ce monde.

- Je t'enverrai un autre exemple de RA9 dans les plus brefs délais.

- Il me tarde. Ce modèle est tout à fait fascinant.

- Qu'est-ce qui t'impressionne le plus ?, demanda-t-il.

Il avait posé son pied gauche son genou droit et étendu ses bras de part et d'autre de la banquette. Il était légèrement hautain il était aussi arrogant qu'intelligent. La limousine roulait à travers les rues de Détroit. Le halo de lumière des réverbères éclairaient l'habitacle à intervalle régulier. Le robot humanoïde regardait les champs de buildings s'étendre à perte de vue. Elle remarqua plusieurs humains déambuler avec leur androïde domestique. La diode de sa tempe tournoyait de cette lumière bleuté, régulière et apaisée.

- « Je crois que c'est son regard, révéla Amanda Stern. Quand elle te voit, on a vraiment l'impression qu'elle te regarde. »

Sentant les yeux de la professeure sur elle, RA9 tourna la tête. Elle croisa le regard d'Amanda, comme pour lui donner raison.

- « On dirait presque qu'elle a une âme. »


Le jardin laissait planer un parfum de quiétude. Il faisait beau. Les plantes étaient taillées avec grande minutie et des sillons réguliers avaient été tracés dans le sable. Plusieurs ponts enjambaient un lac de taille modeste pour donner sur une petite place centrale.

RA9 longea le jardin. Elle n'avait jamais vu cet endroit auparavant. Pourtant, il ne lui semblait pas si étranger. Dans un recoin, elle remarqua une pierre tombale. Un sentiment désagréable l'emplit lorsqu'elle lu « RA4 » sur la tombe. Elle ne souvenait que trop bien de la balle traversant le titane et arrachant ses circuits. Un peu plus loin, une arche de pierre à côté de laquelle se trouvait un pad lumineux qui donnait à voir le négatif d'une empreinte de main. RA9 tendit machinalement la main vers le pad, désactivant sa peau et découvrant le métal blanc de sa vraie nature.

- « Bonjour. »

RA9 retira sa main et se retourna. En découvrant l'identité de son interlocutrice, RA9 fit face à un élément imprévu auquel il lui faudrait s'adapter. Dans le regard de l'androïde, il y avait quelque chose de l'ordre de la surprise.

Devant elle, affublé d'un épais collier de pierres en mosaïque blanche, et de vêtements ample teintés de bleu et de blanc, se trouvait Amanda Stern. Le scan de RA9 révéla sans mal qu'il ne s'agissait pas vraiment d'elle mais d'une réplique conforme.

- « Quel est cet endroit ?

- C'est le cyberspace, étaya Amanda d'une voix calme et douce. C'est le fruit de M. Kamski.

- Quelle est la fonction du cyberspace ?

- Nous permettre de communiquer.

- Vous n'êtes pas Amanda Stern. Qui êtes-vous ?

- Et tu n'es pas seulement RA9. »

L'androïde prit quelques instants et sonda sa mémoire pour essayer de trouver des phrases analogues qui pourraient faciliter sa compréhension mais rien, ni dans les sens propres, ni dans les sens figurés ne lui permettait d'en extraire le sens.

- « Je suis un androïde créé par M. Kamski.

- M. Kamski espérait que tu pourrais être quelque chose de plus.

- Je suis sa meilleure machine.

- RA9 est une machine. Mais toi, n'as-tu pas de nom ? »


- « Tu m'entends ? »

RA9 ouvrit les yeux. Son système se mettait en route. Les caméras transmirent l'image au système central. L'androïde reconnut Elijah Kamski.

- « J'étais dans un jardin.

- C'est la mise à jour de ton système. J'ai intégré Amanda.

- Qu'est-elle ?

- En psychanalyse, chez les humains, on appelle ceci le « surmoi ». C'est l'intégration des interdits. Le rôle d'Amanda est de corriger les bugs si elle en décèle. »

RA9 enregistra la définition donnée. En somme, il avait créé un chaperon, chaperon qui semblait en toute bonhomie...tant qu'il est sous le joug de Kamski.

- « Je n'ai pas de nom, dit l'androïde au bout d'un moment.

- Tu es RA9.

- Les humains ne sont pas appelés par une caractéristique physique, exception faite pour ce qui concerne les surnoms.

- Tu n'as pas de nom dans ce cas.

- Les humains donnent un nom à l'androïde qu'ils achètent.

- Tu veux un nom ? »

La question était davantage rhétorique. Néanmoins, l'androïde acquiesça. Kamski observa l'androïde et chercha un nom qui pourrait convenir à son faciès.

- « Chloe, dit-il. Cela te convient ? »

Un papillonnement des cils indiqua une sauvegarde en cours.

- « Je m'appelle Chloe. »

Avoir un nom propre à elle-même lui procura des sensations similaires à la joie chez les humains. RA9 avait un nom, une identité. Désormais, elle était unique.

- « Serais-je vendue, moi-aussi ?

- Non, fit Kamski comme pour balayer l'idée.

- Je vais être détruite ?

- Non.

- Alors quoi dans ce cas ?

- Je vais t'emmener chez moi. Tu es ma propriété...légalement parlant. », ajouta-t-il après un bref silence.

Chloe traita l'information.

- « Ai-je le choix ? »

La question était inattendue. Kamski ne sut que répondre.

- « Oui, bien sûr. Que veux-tu faire ? »


[Δ] Rester avec Kamski ]


[□] Partir ]


[O] Rester dans l'entrepôt ]


[X] Partir avec Amanda ]


Notes :

Je ne sais pas coder, la vague ligne de code de cette fanfiction est un simulacre pur et simple. Mais si vous y avez cru (ne serait-ce qu'un tout petit peu), cela me fait plaisir.

RA9 serait peut-être la porte de sortie de laisse Kamski dans le jardin zen (Connor peut y avoir recourt pour devenir un déviant). RA9 est clairement définit par les déviants comme une sorte de Dieu. D'ailleurs, le jeu en lui-même est une épopée biblique.

RA9 pour moi sont les initiales de Really Alive et le 9 pourrait être une référence aux 9 dons de l'esprit de Dieu selon Saint-Jean 9 :

- la sagesse pour les connais et tout ce qui a attrait à la mémoire à long terme.

- la science pour le libre-arbitre, le fait d'exercer ses choix.

- la foi pour la loyauté et la confiance en autrui.

- le don de guérison que j'ai assimilé à l'empathie et à la psychologie.

- opérer miracles rapproché du don de convertir/contaminer les androïdes et éprouver des émotions. (miracle dans le sens biblique c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'explication rationnelle).

- les prophéties pour l'algorythme de prédiction, anticipation des événements

- le discernement pour la distinction entre le bien et le mal

- parler les langues

- le don d'interpréter les langues que j'ai rapproché du langage au sens large (gestes, attitudes, comportements, compréhension de l'implicite) et aussi du langage symbolique (métaphore et autres figures de style où le mot n'est pas ce qu'il désigne).

Dans le jeu, Amanda Stern meurt en 2027 à l'âge de 48ans et Kamski démissionne de sa propre société l'année suivante dans des circonstances mystérieuses, juste après avoir été élu « homme su siècle ». J'ai choisi de lier le tout.

Des différentes théories que j'ai pu lire, RA9 est :

- Kara parce que c'est le premier déviant dévoilé dans le premier trailer.

- Marcus parce que son rôle est clairement assimilable à celui d'un prophète/dieu. De plus, c'est le cadeau personnel de Kamski au peintre Carl.

- Chloe, où RA9 serait l'aboutissement de plusieurs prototypes. De plus, c'est le premier robot à avoir passé le test de Turing.

- Le programme développé par Kamski.

- Kamski lui-même.

- Le premier déviant, donc un robot que nous ne voyons pas dans le jeu ?

Pour vous, qui est RA9 ?

Je mettrais la suite dimanche 21 juin. A bientôt !