Deux Aurors au NCIS.

Résumé : Les mangemorts font à nouveau parler d'eux. Mais cette fois, ils sont à L.A. du côté moldu. Deux Aurors anglais sont envoyés sur place… Et ils vont perturber le quotidien des agents du NCIS qui mènent l'enquête.

Ni Harry Potter, ni NCIS Los Angeles ne m'appartiennent.

A savoir : Cette fanfiction est écrite comme un épisode de NCIS. Dans la série, à chaque changement de "scène", une série de "clic" d'appareil photo se fait entendre. Ici, il y a juste la précisons du lieu à la place.

Au moment de l'écriture de ce chapitre, j'en suis à la saison 5 de NCIS Los Angeles. Donc pas de spoil sur les dernières saisons.


Résumé de l'épisode précédent :

Le NCIS enquête sur la mort du colonel Warren Collins.

Son assassin est un mangemort. Dès qu'il le découvre, Eric Beale téléphone à Harry (le mari de sa sœur) pour le prévenir. Pendant ce temps-là, le reste de l'équipe enquête.

Harry et Ron arrive à LA et rencontre le ministre de la magie américain.

On apprend qu'Owen Granger est un sorcier quand il reconnait le tatouage des mangemorts décrit par Eric.

Owen Granger découvre que Collins est un cracmol qui devait se rendre en Angleterre pour travailler avec des aurors à propos des mangemorts.


llyphos : Hello ! Merci pour ta review. Il n'est pas vraiment nécessaire d'avoir vu NCIS Los Angeles pour comprendre l'histoire. Mais je te conseille de regarder cette série, elle est géniale. Thalia est un personnage que j'ai inventé pour faire le lien entre NCIS LA et Harry Potter. Je ne sais plus si j'ai précisé, mais si non, cette histoire se passe un peu plus de 10 ans après la fin de la guerre dans HP. J'espère que ce chapitre te plaira. A bientôt.

lesaccrosdelamerceri : Merci pour ton commentaire.


EPISODE 2 :

Hôtel d'Harry et Ron.

Kensi habillée en femme de chambre avancait dans un couloir du 7ème étage d'un luxueux hôtel.

« Tu penses quoi du pectoral gauche ? » demande Deeks dans son oreillette.

- Tu parles encore de tatouage ? répondit-elle.

Elle frappe à une porte en annonçant :

- C'est la femme de chambre.

« Tu sais… »

- Chutt ! Laisse-moi me concentrer.

Kensi ouvrit la porte avec le badge qu'on lui avait donné à l'accueil. Puis elle entra.

« D'accord ! je me tais. » chuchota Deeks.

C'était un hôtel assez chic. La pièce dans laquelle elle entra paraissait immense. Le mobilier semblait couter une fortune.

Déjà quand ils étaient arrivés, elle s'était fait la réflexion que c'était le genre de lieu réservé à une élite très riche. Les 5 étoiles ostentatoires présentées n'avaient fait que renforcer cette impression. Le bâtiment respirait le luxe et l'opulence, jusque dans les détails du papier peint et des tableaux exposés.

Kensi fit plusieurs fois le tour de la chambre. Mais elle ne trouva rien d'intéressant. Pas d'ordinateur, ni de téléphone. Il n'y avait même pas de valise. La chambre était vide. Elle crut un moment s'être trompée, mais il ne semblait pas que ce soit le cas. Les deux hommes n'avaient rien laissé.

Elle plaça donc quelques caméras-espions dans des endroits stratégiques de la pièce.

Dans la chambre d'à côté, Deeks recevait les premières images en même temps que Nell.

Au rez-de-chaussée, Sam et Callen habillés de costumes chics, étaient assis à une table du restaurant de l'hôtel.

Ils observaient deux hommes, assis un peu plus loin, en train de discuter en attendant leur entrée, tout en sirotant une coupe de champagne.

Sam avait fait une drôle de tête en reconnaissant la bouteille.

- Comment ils peuvent se payer une bouteille à ce prix-là ? demanda Sam dans un souffle impressionné.

- Ça coute cher ? interrogea G, curieux.

- Tu n'as pas assez avec ton salaire pour te payer une seule bouteille, répondit Sam.

Le serveur s'approcha d'eux pour entendre leur commande, mais Sam le renvoya en disant qu'ils n'avaient pas encore décidé.

La véritable raison était plutôt les prix des plats proposés. Hetty allait les tuer s'ils dépensaient leur budget de mission dans un restaurant 3 étoiles.

X-X-X

En haut, Kensi sorti de la chambre et entra dans la suivante où elle retrouva Deeks.

- Comment ça se passe pour Sam et Callen ? demanda-t-elle.

- Ils sont toujours au resto. J'ai eu le temps de jeter un œil au menu. Et purée ! Ça coute un bras de manger ici.

- Ah bon ! Tu ne penses pas que tu exagères ? Juste un peu.

- Regarde ! dit-il en lui montrant un menu sur l'écran de l'ordinateur.

- Tu regardes les menus de restaurant pendant que je place des caméras en risquant de griller ma couverture à chaque instant.

- Heu… non… ce n'est pas ce que tu crois, tenta de se défendre Deeks.

X-X-X

Finalement, Sam et G commandèrent ce qu'il y avait de moins cher sur la carte.

En mangeant, ils observaient toujours les deux hommes qui étaient passés à la morgue.

Et plus le temps passait, plus Sam fronçait les sourcils.

Le brun se lève et se dirigea vers les toilettes. Sam se leva à son tour pour le suivre tandis que G gardait un œil sur le roux.

Sam, en voyant comment se comportait le brun, en vient rapidement à la conclusion qu'il a à faire à des militaires. Chacun des mouvements de l'homme était calculé, chaque coup d'œil aussi. Sam su qu'il était repéré à l'instant où il entra dans les toilettes.

Pourtant quand il croisa les yeux verts de l'homme aux lunettes, ce dernier ne fit que lui sourire en sortant de la pièce.

C'est à ce moment que Sam compris qu'il s'était fait avoir. G et lui avait été repéré depuis longtemps. Le brun s'était levé uniquement pour savoir s'il avait vu juste. Et Sam avait foncé dans le piège comme un débutant.

Agacé, il retourna à sa place dans le restaurant.

X-X-X

- Nous sommes surveillés, dit calmement Harry à Ron.

- J'avais remarqué, répondit celui-ci.

Harry paya l'addition et Ron et lui se dirigèrent vers l'ascenseur.

Prudemment, Harry en sortit le premier. Ron le suivait de près, couvrant ses arrières sans savoir qu'ils étaient filmés par les caméras-espions de Kensi.

Toujours avec précaution, ils pénétrèrent dans la chambre, vérifiant que tout allait bien.

Quand ils eurent terminé, ils se détendirent.

Comme à son habitude, Harry utilisa la magie sans baguette pour faire apparaitre leurs affaires. Il avait commencé à prendre cette manie peu après la défaite de Voldemort, quand il s'était rendu compte avec effarement qu'il était devenu extrêmement puissant. C'est d'ailleurs grâce à Ron et Hermione qu'il avait pu apprendre à contrôler cette nouvelle puissance en quelques mois.

Mais à chaque fois qu'il utilisait sa magie de cette façon, il faisait dysfonctionner tout le matériel électronique à proximité. La magie et la technologie ne s'entendent pas.

Cette fois ne fit pas exception…

La télévision, que Ron venait d'allumer, s'éteignit subitement. Et les caméras-espions placées par Kensi explosèrent littéralement, faisant sursauter les deux sorciers.

En y regardant de plus près, Ron comprit à quoi ils avaient à faire : Des mini-caméras.

X-X-X

Dans la chambre d'à côté, Deeks et Kensi observèrent les deux hommes faire le tour de la chambre.

Sam et Callen arrivèrent au moment où ils inspectaient la salle de bain. Et leur façon de faire correspondait aux militaires. Même leur façon de communiquer par signes vient de l'armée.

Ils les observèrent se détendre. Le roux alluma la télévision et zappa d'une chaine à l'autre.

Le brun se dirigea vers une table, près de la baie vitrée qui donnait sur une mini-terrasse.

Puis tout à coup, toutes les caméras s'éteignirent.

- Il vient de se passer quoi là ? demanda Deeks

- Aucune idée, répondit Sam.

- Tu es sûr d'avoir bien placé les caméras, demanda Deeks à Kensi.

- Elles fonctionnaient parfaitement il y a une minute, dit Kensi exaspérée.

- Ils ont peut-être un brouilleur, formula Callen.

- Peut-être, dit Sam.

Bureau du NCIS.

Après la longue discussion avec Granger, Eric avait eu besoin de faire une petite pause. Il était stressé, inquiet, effrayé, alarmé. De tout le NCIS, Granger et lui étaient probablement les seuls à savoir de quoi étaient capables les mangemorts. Ils avaient mis l'Angleterre magique à feu à sang en quelques mois. Même les moldus s'étaient rendu compte que quelque chose n'allait pas. Les attaques contre les villages isolés en étaient la preuve. Même si les autorités non magiques avaient trouvé des « excuses » aux atrocités qui avaient lieu, il n'en restait pas moins que c'était l'œuvre des mangemorts.

Et ça ne s'était pas produit qu'en Angleterre. La plupart des pays européens avaient eu droit à leur lot de carnages à cause des mangemorts. Après tout Voldemort recrutait partout.

Il n'avait heureusement jamais atteint les Etats Unis. Harry Potter avait mis fin à la guerre juste à temps. Et Eric le savait parfaitement. Harry parlait rarement de la guerre, mais quand il le faisait, Eric ne pouvait s'empêcher d'imaginer à quel point ça avait dû être horrible.

Alors oui, savoir des mangemorts sur le sol américain l'angoissait. Qui pouvait savoir ce qu'ils étaient en train de faire en ce moment même.

C'est cette pensée qui obligea Eric à retourner en salle des opérations.

Quand il leva les yeux sur l'écran, il vit Harry et Ron, en train d'inspecter une chambre d'hôtel. Nell et Hetty avaient les yeux fixés sur eux.

Puis Ron alluma la télé. Et Harry se dirigea vers une table.

Eric sut avant même que ça n'arrive que les minis-caméras ne tiendrait pas le coup. Avant même qu'on puisse savoir ce qui se passe, l'écran devint noir. Harry avait utilisé la magie. Thalia avait hurlé sur Harry plus d'une fois à ce propos. Le pire était probablement la fois où il avait fait fondre le tout nouveau téléphone de sa sœur.

Avant que les deux femmes n'aient pu se rendre compte qu'il était là, trop occupées à tenter de récupérer les images, il s'éclipsa.

Il entra dans le bureau de Granger après avoir frappé, tenant une tablette en main.

- Je vous écoute Monsieur Beale.

- Harry et Ron… heu … les agents Weasley et Potter sont à l'hôtel New Moon. Je vous envoie l'adresse.

- Heu… Monsieur…

- Oui Monsieur Beale, s'impatienta Granger.

- Callen et les autres sont déjà sur place.

Après un regard courroucé, Granger quitta la pièce.

A la terrasse d'un café.

Harry et Ron avaient reçu un hibou une heure plus tôt. Un sorcier faisant partie des forces de l'ordre moldu leur donnait rendez-vous. Il disait enquêter sur le mangemort retrouvé mort plus tôt.

Les deux sorciers étaient donc assis en terrasse. Ils avaient tous les deux l'habitude d'évoluer dans le monde moldu. Harry y avait grandi et Ron avait appris à l'apprécier grâce à sa femme, Hermione.

Harry avait donc commandé un café et Ron un jus de fruit. Ils auraient préféré une bière au beurre ou au pire un jus de citrouille, mais café moldu oblige, ils avaient dû prendre autre chose. Et ils ne pouvaient pas commander un thé. Une très mauvaise expérience à leur arrivée sur le sol américain les avait dissuadés de vouloir retenter l'expérience.

Harry était amusé. Un grand sourire mangeait la moitié de son visage. En effet, un peu plus loin, les deux hommes qui les avaient observés au restaurant, étaient assis à la même terrasse qu'eux.

De l'autre côté de la route, un clochard qui semblait parler tout seul, jetait régulièrement un coup d'œil vers eux.

Le plus amusant était sans doute la serveuse. Harry l'avait vu la veille en tenue de femme de chambre dans leur hôtel.

S'attendaient-ils vraiment à ne pas se faire repérer. Ils n'étaient vraiment pas discrets.

Harry ne se rendait pas vraiment compte, qu'en fait, les avoir repérés était exceptionnel. Il avait affaire à une équipe de choc, habituée à travailler sous couverture. Harry était simplement à l'écoute de sa magie et c'est cette dernière qui lui avait instinctivement fait comprendre ce qui se passait.

De son côté, Ron n'avait rien remarqué.

Le jeune homme en était à son troisième jus de fruit quand un grand homme, au crâne dégarni fit son apparition.

- Aurors Potter et Weasley je présume.

- Et vous êtes ? demanda le roux.

- Agent Owen Granger, du NCIS.

- Granger ? répéta Ron comme une question en fronçant les sourcils.

- C'est ce que j'ai dit.

- Que voulez-vous ? demanda Harry avant que Ron ait pu commencer à poser la moindre question sur les origines de l'agent.

- Le mangemorts que vous êtes allé voir à morgue a assassiné un marine. Le colonel Collins, qui devait partir en mission en Angleterre dans quelques jours.

- C'est le gars qui devait travailler avec Tonks, dit Ron en reconnaissant le nom du gars auquel Tonks en faisait voir de toutes les couleurs à chaque fois qu'il venait. Ron et Harry ne l'avaient vu qu'une seule fois.

- Ce n'était donc pas la première fois qu'il devait se rendre chez vous.

- Il est déjà venu une dizaine de fois je dirais. Il travaille avec une de nos amies Aurors. Mais ça allait être la première fois qu'il travaillerait sur les mangemorts, expliqua Ron.

- Vous en savez plus sur cette mission ? questionna Granger.

Harry écoutait la conversation sans intervenir. Il observait les personnes qui les avaient suivis jusqu'ici.

- On a retrouvé un moldu avec la marque des ténèbres taillée sur le bras. Il devait enquêter là-dessus avec notre amie. Harry pensait que c'était un genre de diversion et que les mangemorts qu'on a pas encore attrapé ont fait ça pour attirer notre attention pendant qu'ils prévoient autre chose.

- Je pense qu'il a raison, dit Granger. D'après les infos qu'on a, il y a au moins 6 mangemorts dans la nature.

- Plutôt 7, indiqua Ron.

Il sortit un dossier de son sac à dos pour le montrer à Granger.

- Ce sont les fiches des mangemorts qu'on n'a pas encore attrapé. Celui-là, c'est celui de la morgue, montra Ron.

Granger observa les noms et photos des autres pour les mémoriser.

« Lestrange, Yaxley, Avery, Mulciber, Rookwood, Jugson et Wilkes. »

- Les cinq premiers sont des mangemorts de la première guerre. Les deux derniers ont été marqué pendant la seconde guerre. Lestrange et Avery ont été Azkaban après leur procès suivant la première guerre. Mulciber s'est enfui à l'étranger et on ne l'a pas revu avant la seconde guerre. Rookwood ne s'est jamais fait prendre, son identité était gardée secrète parce qu'il travaillait au département des mystères. Yaxley a dit qu'il avait été mis sous impérium pendant la première guerre. Comme il était encore très jeune, tout juste 17 ans, et qu'il n'avait participé qu'à très peu des « sorties » de mangemorts, il a été acquitté. Mais il s'est précipité pour rejoindre son maitre dès qu'il est revenu à la vie. Jugson et Wilkes n'ont que 3 et 4 ans de plus que nous. On les côtoyait un peu à Poudlard. Jugson était à Serpentard, ambitieux mais réservé. Il parlait très peu. Ça nous a étonnés qu'il fasse partie des mangemorts parce qu'il a défendu un né-de-moldu de Poufsouffle quand on était en deuxième année. Wilkes était à Serdaigle. Il a fini ses ASPIC avec les félicitations du jury. Il était premier dans toutes les matières. Mais il était du genre intolérant. Il s'est disputé avec le capitaine de l'équipe de Quidditch parce que l'attrapeur était une attrapeuse et parce que le gardien était un né-de-moldu. Il a été viré de l'équipe.

Granger écoutait les infos avec attention, tous les détails pouvaient aider à les trouver et les arrêter.

- Le plus dangereux, continua Ron, c'est Lestrange. Azkaban l'a rendu fou. De ce qu'on sait de lui avant la prison, c'est qu'il était le calme personnifié. C'est en grande partie ce qui faisait peur à la population. Le fait qu'il soit capable de torturer sans y mettre le moindre sentiment, sans émotion. Même quand on s'en prenait à lui et son frère, il ne laissait rien l'atteindre. Ça a changé… à chaque fois qu'on l'a vu après sa fuite d'Azkaban, il arborait un sourire fou. Surtout quand il entendait le cri de ses victimes. Il est aussi celui qui est magiquement le plus puissant du lot. Et le plus intelligent. Il est probablement à la tête des mangemorts encore en liberté. Il est aussi celui qui ramenait à Vous-savez-qui des candidats pour devenir mangemort. C'est lui qui a présenté Wilkes et Jugson. Rookwood est le plus violent. Mais il est aussi très réfléchi. Les autres ne font probablement qu'obéir. Mulciber était le plus faible et le plus stupide. Il n'est pas étonnant qu'il se soit pris une balle. Il n'était pas observateur, et il n'a surement pas pensé qu'un moldu pouvait avoir un moyen de défense capable de le tuer. Vous avez quoi comme infos ?

- Pas grand-chose à vrai dire, dit Granger. Je suis juste venu vous proposer mon aide.

- C'est Eric qui vous a dit comment nous contacter ? demanda Harry.

- C'est bien lui, affirma Granger.

Ron jeta un regard suppliant à Harry. Il voulait poser des questions à cet homme. Mais Harry avait eu raison de l'en empêcher jusqu'ici. L'enquête passait en premier.

Quand Harry leva les yeux au ciel, Ron prit cela pour un accord et se lança.

- Vous êtes bien un sorcier ?

- En effet ! dit Granger sarcastique.

- Vous avez de la famille en Angleterre ? questionna Ron avide de réponse.

- Je suis d'origine anglaise, répondit-il méfiant, mais aussi avec l'espoir insensé que peut-être il connaissait son frère.

- Est-ce que vous connaissez Hermione Granger ?

- Non. Je ne connais pas. Mais je porte un nom assez commun.

- Dommage. Je me posais la question parce que le père de ma femme, Hermione, cherche son grand frère depuis longtemps. Il a été abandonné quand il était gamin.

- Son nom… ? demanda Granger plein d'espoir. Est-ce que c'est Adam ?

- Bah oui, comment vous le savez ? demanda Ron surpris. Oh je suis bête ! ajouta-t-il avec un sourire jusqu'aux oreilles. Vous êtes le frère disparu ! C'est ça ?

- Il semblerait… sourit Owen. Il allait pouvoir retrouver son frère. Après toutes ces années, il allait le revoir.

- Hermione va être enchantée, certifia Ron surexcité. Votre nièce, précisa-t-il comme si personne n'avait suivi. Ma femme. C'est la personne la plus belle, la plus intelligente…

- Ron ! intervint Harry avant qu'il ne se lance dans la liste de toutes les qualités de sa chérie.

Ce dernier se tut, faisant mine de bouder sans y arriver totalement à cause de son sourire qui refaisait surface dès qu'il observait l'agent du NCIS.

X-X-X

Granger se leva et partit.

« Kensi et Deeks, vous suivez Granger. Il faut qu'on sache ce qu'il nous cache ! » demanda Callen.

Le duo commença donc la filature du directeur adjoint.

Ce dernier avait d'abord semblé se diriger vers les bureaux du NCIS, mais finalement, il avait changé de direction.

- Mais qu'est-ce qu'il fout ? s'énerva Deeks après que Granger ait pris un énième détour.

- Tu crois qu'il nous a repérés, demanda Kensi.

- Non, impossible ! On est hyper discret, répondit le lieutenant de police.

Granger pénétra dans une ruelle et ils le suivirent. Mais dès qu'ils entrèrent dans la ruelle, ils ne virent plus personne.

- Mais où il est passé ? râla Deeks.

- C'est moi que vous cherchez lieutenant Deeks, agent Blye.

- Kensi, je crois qu'il nous a repérés, chuchota Deeks.

- Depuis un moment en effet, lieutenant. Je peux savoir pour quelle raison vous me suivez ?

- On enquête sur les deux hommes avec qui vous avez parlé, expliqua Kensi.

- Et au lieu de me demander ce que je sais, vous avez décidé de me suivre, parce que… insista Granger.

- Heu... ben parce que sinon c'est pas drôle… répondit Deeks d'une façon peu convaincante.

- Vous avez raison, Monsieur Deeks. Si je vous donne toutes les réponses ce n'est pas… comment vous dites…drôle, dit Granger en partant, les laissant intégrer ses paroles.

- Heu, c'est pas ce que je voulais dire… Granger ! Où vous allez ? Hé ! Granger

- Tu n'aurais pas pu te taire pour une fois Deeks ! s'exaspéra Kensi.

- Rendez-vous au hangar à bateaux, dit finalement Granger un peu plus loin.

X-X-X

Quelques minutes après le départ de Granger, le brun et le roux se levèrent à leur tour, prenant la route vers leur hôtel, à pied.

Sam et G les suivirent à bonne distance pour ne pas se faire repérer. Quand les deux suspects s'arrêtèrent, G se plaça devant un miroir pour « essayer des lunettes de soleil ». Sam un peu plus loin s'arrêta devant un kiosque à journaux et fit mine de les observer.

- G. Tu les vois ? interrogea Sam alors qu'ils n'étaient plus dans son champ de vision.

- Oui, je les vois. Ils vont traverser sur le passage pour piétons.

- On y va ! dit Sam avant de quitter le kiosque et de se diriger vers les lignes blanches.

De l'autre côté de la rue Harry et Ron entrèrent dans une librairie.

Sam y entra, suivit quelques minutes plus tard par G. Ils repérèrent facilement la tignasse rousse de l'un des hommes qu'ils suivaient. Ils ne s'étonnèrent pas de ne pas voir l'autre puisqu'il n'était pas très grand et ne devait donc pas dépasser les étagères contrairement à son équipier.

Finalement, ils coincèrent le roux au fond d'une allée de livre. Mais il était seul.

Sam et G. comprirent leur erreur quand ils se retournèrent et virent le brun derrière eux.

- Eh bien messieurs ! dit le roux. Peut-on connaitre la raison pour laquelle vous nous suivez ? Ce n'est surement pas à cause de ma beauté suprême. Tu en penses quoi Harry ?

Ce dernier haussa les épaules.

Si le roux semblait être le chef, le brun était certainement le plus dangereux des deux. Sam et Callen l'avaient tout de suite vu. Chacun de ses gestes était calculé. Il ne semblait pas avoir d'arme et pourtant, une impression de danger se dégageait de lui.

- Nous sommes agents fédéraux, dit finalement Callen en sortant sa plaque. Sam fit de même.

- Oh, c'est le NCIS Harry. Je pensais qu'on leur avait retiré l'enquête sur les mangemorts !

- Les mangemorts ? interrogea Sam. C'est vous qui avez repris notre enquête ? Vous travaillez pour qui ?

- C'est un secret, nargua Ron. Et c'est notre enquête !

- Je pense que vous allez nous suivre bien gentiment et répondre à nos questions, dit Callen.

Le roux les regarda avec incrédulité avant de reporter son attention sur le brun.

Ce dernier sortit un papier de sa poche et le tendit vers les deux agents.

- Merde ! s'exclama Callen.

- Quoi ? demanda Sam.

G. lui tendit les papiers sur lesquels on pouvait apercevoir « Immunité diplomatique ».

- Vous venez d'où ? demanda Sam

- Angleterre, répondit le roux. Le brun ne semblait pas bavard.

Sam et G. se regardèrent. C'est là que Collins devait se rendre pour sa mission. Était-ce une coïncidence ?

« Callen ? » demanda soudain Deeks dans son oreillette. « Granger nous a donné rendez-vous au hangar à bateaux. Et on y est tous les trois en ce moment. On vous attend. »

Il y eut une pause avant que Deeks ne reprenne.

« Heu… Granger a dit que vous deviez demander aux deux agents anglais de nous rejoindre. »

- Granger veut qu'on aille au hangar. Il demande que vous veniez avec nous.

- Dis Harry ! Est-ce que ce truc fonctionne comme ses écouteurs que Rose a réclamés pour son anniversaire ? demanda Ron en fixant l'oreille de Callen.

- C'est plutôt comme un mini téléphone que tu places dans ton oreille, expliqua Harry.

- Tu veux dire que quelqu'un lui parle directement dans l'oreille ? s'horrifia Ron. Mione est au courant qu'un truc pareil existe ?

- Certainement, dit Harry.

- Les moldus sont complètement barges ! s'exclama finalement Ron. On les suit ?

- Pas si Owen ne nous donne pas une bonne raison… dit Harry en observant les deux agents.

Sam et G. écoutaient la conversation en se demandant s'ils n'étaient pas un peu fous.

Finalement, le roux ne semblait pas être le chef. C'était le brun. Raison de plus pour se méfier de lui.

« Dites-leur qu'ils ont besoin de ressources informatiques et qu'on peut les leur fournir » dit Granger avec l'oreillette qu'il venait de prendre à Deeks.

Callen répéta les paroles du directeur adjoint et les Anglais décidèrent de les suivre.

Hangar à bateau.

Harry et Ron entrèrent dans le hangar à bateau encadré par Sam et G. Ils y retrouvèrent Granger accompagné de Deeks, Kensi et fait surprenant Eric.

- Harry ! Tu vas bien ? Tu n'as pas eu d'ennui ? demanda Eric, ne pouvant s'empêcher de s'inquiéter par le mari de sa sœur.

- Que n'as-tu pas compris dans « fais comme si on ne se connaissait pas » demanda Ron exaspéré, lui rappelant leur dernière conversation téléphonique qui avait eu lieu juste avant leur rencontre avec Granger.

- Heu… dit Eric, embarrassé devant les yeux écarquillés de membres du NCIS.

- Je vais parfaitement bien Eric, dit simplement Harry, sans paraitre agacé que son ami ait révélé leur lien.

- Vous vous connaissez ? demanda Deeks, incapable de se retenir de poser la question.

Cependant personne ne lui reprocha. Chacun était curieux de la réponse.

Après la remontrance de Ron, Eric n'osa pas répondre à la question.

- Eric est le frère de la femme d'Harry, répondit Ron à sa place, laissant tout le monde bouche bée.

Le roux vit qu'Harry venait de passer en mode « observation du terrain » comme le surnommaient certains Aurors qui avaient dû travailler avec eux. Dans ces moments-là, Harry laissait Ron gérer les conversations et lui observait leur environnement pour repérer les portes de sortie tout d'abord. Ensuite il observait les gens, pour déterminer leurs points faibles. Et enfin, il communiquait les résultats à Ron sous forme de code. Quelque chose qu'ils avaient mis au point des années auparavant quand ils s'aventuraient la nuit dans les couloirs de Poudlard.

- Je propose que nous partagions nos informations, commença Granger.

- Vous pouvez commencer, dit Ron.

- Vous d'abord, contra Sam

- Etant donné que l'enquête vous a été retirée et mise dans nos mains, nargua Ron. Vous nous donnez des infos… où on s'en va.

Avant que ça ne dégénère, Harry intervint :

- Puisque vous avez décidé de continuer cette enquête malgré le fait qu'on vous l'ait interdit, et que vous la continuerez même si on vous demande d'arrêter, je propose que vous nous teniez au courant de vos découvertes. En échange, je vous explique ce que l'on sait.

A la fin de la conversation, une femme de petite taille était entrée. Mais seul Harry, puis G, sembla remarquer sa présence avant qu'elle ne prenne la parole :

- Ça me parait correct, dit Hetty.

Si Ron n'avait pas été élevé avec Fred et Georges, il aurait probablement sursauté en l'entendant parler alors qu'il ne l'avait pas vu arriver. Ron la dévisagea un instant. Il n'était pas souvent surpris. Travailler avec Harry lui avait appris à faire face à l'extraordinaire et à l'imprévu. Pourtant, il se sentit immédiatement mal à l'aise sous le regard de cette personne de petite taille. Elle n'était pourtant pas très impressionnante. Mais il se dégageait d'elle une sorte d'autorité implacable. Exactement la même que celle d'Harry lors de la guerre. Sauf qu'Harry s'en cachait. Pas elle.

- Alors installons-nous, demanda Granger, coupant les réflexions de Ron et lui faisant détourner le regard.

Il ne vit donc pas Hetty, fière de sa prestation, sourire de façon carnassière. Son sourire s'accentua quand elle vit qu'Harry n'avait pas détourné le regard une seule seconde. Preuve, s'il en fallait une, qu'il avait compris qu'elle était la personne la plus dangereuse de la pièce.

Hetty fut cependant un instant déstabilisé par le fait que le jeune homme à la cicatrice ne soit pas inquiété par elle, et ce malgré le fait qu'il semblait parfaitement avoir compris de quoi elle était capable. Elle reprit contenance rapidement et s'assit confortablement dans un fauteuil une place.

Dès qu'elle fut assise, chacun prit place plus ou moins correctement. Deeks se laissa tomber dans le divan, Kensi s'assit sur un fauteuil en face d'Hetty et Granger sur une chaise. G s'accouda à la fenêtre et Sam prit appui sur le mur de l'entrée. De cette façon, les deux Anglais étaient « encerclés ».

Ron sans se démonter s'assit sur la table, les jambes pendant dans le vide. Contre toute attente, Harry prit place dans le canapé à côté de Deeks, faisant se tendre légèrement ce dernier.

Eric toujours aussi incertain, tira une chaise pour s'installer à côté de Granger, son seul allié dans la situation actuelle.

Depuis leur arrivée, Harry avait observé le comportement de tous les agents et leur façon d'interagir entre eux. Pour lui il ne faisait aucun doute que Callen et Sam étaient des coéquipiers de longue date qui se comprenaient aisément. Deeks et Kensi se couvaient du regard et se protégeaient l'un l'autre presque instinctivement. Aucun doute, ils étaient ensemble. Ron et Hermione étaient comme ça aussi pendant la guerre. Les deux équipes se complétaient parfaitement. Ce qui les rendaient tous très efficaces. Eric semblait être à part. Certainement parce qu'il n'allait jamais sur le terrain. Il était mal à l'aise depuis leur arrivée.

Leur manière de se comporter avec Owen Granger était pourtant à l'exact opposé de ce que leur comportement montrait de leur travail d'équipe. Granger était leur patron, mais ils se comportaient avec lui comme s'il était leur ennemi dans cette affaire. On voyait qu'ils ne se faisaient pas confiance et qu'ils lui obéissaient par obligation. Quelqu'un d'autre pourrait facilement les manipuler avec ses cartes en mains. Heureusement pour eux, Harry n'était pas comme ça.

En revanche, le respect que chacun conférait à la petite femme était le même que le peuple lui donnait après son combat épique contre Voldemort. Elle était incontestablement celle à qui chacun obéirait, quitte à mourir. Harry su à l'instant où il posa les yeux sur elle qu'elle était dangereuse. Sa magie le lui criait. Pourtant, il pouvait aussi dire qu'elle ne s'en prendrait pas ni à Ron, ni à lui. Elle était quelqu'un de juste. Elle était quelqu'un qui en avait beaucoup vu, et qui continuait à se battre pour rendre le monde meilleur. Elle lui fit penser à Fol-Œil et son sens de la justice accompagnée de cette phrase si typique « vigilance contente » qui semblait parfaitement convenir à Hetty. Il l'observa faire peur à Ron et en sourire. Elle ne put lui cacher sa surprise quand il ne réagit pas, alors que tout le monde avait habituellement une réaction plus ou moins forte face à elle.

Son arrivée avait changé la dynamique du groupe. Jusque-là, ils obéissaient à Callen et de mauvaise foi à Granger. L'arrivée d'Hetty avait bouleversé la hiérarchie d'autorité. Granger avait beau être le plus gradé, les autres obéiraient à Hetty quoi qu'il arrive.

Harry analysa tout cela en quelques secondes avant de s'assoir. Personne ne pouvait voir qu'il était mal à l'aise. Tout ce qu'il savait de cette affaire faisait remontrer à la surface des souvenirs qu'il aurait préféré oublier. Heureusement, Ron était là pour le soutenir, comme toujours.

- Tu veux que je raconte ? demanda Ron.

Dès qu'Harry hocha la tête, le roux commença.

- Bon alors, d'abord je me présente : Agent Ronald Weasley et voici l'Agent Harry Potter. A vous !

Ce fut Granger qui les présenta :

Voici les Agents Sam Hana, G. Callen et Kensi Blye ainsi que le lieutenant Martin Deeks de la police de Los Angeles. Et enfin Henrietta Lange, responsable des opérations au NCIS.

Il ne prit pas la peine de présenter Eric qu'ils connaissaient déjà.

- Ok ! dit Ron. Alors pour vous expliquer ce qui se passe, il faut revenir de quelques années en arrière. Dans les années 70 pour être précis. Un gars a commencé à se faire connaitre peu à peu au niveau politique. Il n'était d'accord avec personne et était donc incapable de rejoindre un parti. Il soulevait des problèmes sans apporter de solutions. Et très vite, il s'est rendu compte que sa voix était perdue parmi tous ces gens du peuple qui veulent qu'on les écoute. Et il n'a pas apprécié. Malheureusement, certaines personnes ont commencé à s'intéresser à lui et ses discours anarchistes. Il ne fallut pas longtemps pour qu'ils se regroupent. Et plutôt que de tenter de créer un nouveau parti pour se faire entendre et monter au pouvoir pour défendre leurs idées, ils décidèrent de s'attaquer à la population. Pour prouver que la société était mal gérée entre autre. Ils commencèrent par kidnapper les politiciens qui étaient contre eux. Puis ils s'en prirent aux forces de l'ordre et enfin aux civils. Leurs premières actions dans ce sens furent de faire exploser certains endroits très fréquentés à l'époque. Bien sûr tout cela fut étouffé par les autorités. Du moins au début. Ils se donnèrent pour nom les mangemorts. Et très vite ce mot fut sur toutes les lèvres. L'escalade de violence les rendait très connus. Ils organisaient des raids au cours desquels ils torturaient des gens pour obtenir des informations. Plus tard pour le simple plaisir. Si les premiers mangemorts étaient intéressés par la politique, ceux qui rejoignirent le mouvement par la suite étaient d'un tout autre genre. Et ils étaient tous sous les ordres d'un seul homme qui maniait tout ce petit monde depuis sa cachette. L'homme dont je vous parlais au début. Personne n'osait prononcer son nom, tellement la terreur avait pris place dans l'esprit des gens. On le surnommait « Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom » ou plus simplement « Vous-savez-qui ».

Ron fit une pause, observant les réactions des agents du NCIS. Il était difficile de raconter les évènements sans parler du monde magique. Le fait que les mangemorts se soient attaqués plus d'une fois à des villages moldus rendrait son récit plus réel s'ils faisaient des recherches.

Granger connaissait la véritable histoire et restait neutre.

Deeks était penché en avant attentif, mais il arborait un air horrifié.

Kensi fronçait parfois les sourcils, se demandant si elle devait croire cette histoire ou non.

Sam et G. se jetaient des coups d'œil régulièrement, tenant de faire des liens entre les nouvelles informations qu'ils recevaient et ce qu'il savait de la situation en Angleterre dans les années 70.

Hetty voyait déjà les incohérences et les informations passées sous silence, donnant au récit une dimension un peu abracadabrante. Pourtant, elle ne doutait pas de véracité de celles-ci. Ce n'était tout simplement pas toute la vérité.

Puis Ron repris :

- Les choses dégénérèrent encore plus quand le mouvement se fit connaitre dans le reste de l'Europe. Mais avant que les choses n'aient pu aller encore plus mal, le leader des mangemorts fut gravement blessé en 1981. (Ron ne pouvait pas dire qu'il avait été tué puis ressuscité). Cela mit fin à son mouvement. Ses suivants se sauvèrent pour la plupart. Quelques procès eurent lieu, certains furent mis en prison, mais pas tous. Beaucoup furent acquittés. Parce qu'ils étaient suffisamment bien placés politiquement et assez riches pour payer juge et jurés et s'assurer un avenir. Rapidement la rumeur courut qu'il était mort. Ce n'était pas le cas. Il est revenu, des années plus tard, en 1994. Pour prendre sa revanche. Les mangemorts reprirent du service peu à peu. Il a été définitivement tué en 1997. Une fois de plus, des procès ont eu lieu et les forces de l'ordre ont traqué les mangemorts restant pendant des années. Mais certains nous ont échappé.

Ron se tu. Ce n'était vraiment pas facile à expliquer. Il avait dû modifier certains détails et carrément en « oublier » d'autres. Il n'était pas certains que l'histoire ait beaucoup de sens du coup. Mais il ne pouvait pas faire mieux.

- A voir vos têtes, dit finalement Deeks, vous êtes personnellement impliqué.

Hetty sourit au lieutenant de police, elle en était venue à la même conclusion et allait poser une question similaire. Elle aurait peut-être eu plus de tact.

Il est vrai qu'Harry, même s'il avait à peine écouté, semblait secoué par l'histoire. C'est pourtant lui qui en expliqua la raison :

- Mon père faisait partie de l'unité chargée de se rendre sur les lieux des attaques des mangemorts et défendre la population. Ma mère faisait partie de l'unité de terrain chargée de soigner les blessés, autant les civils que les soldats dont mon père faisait partie. J'ignore dans quelles circonstances, mais mon père s'est retrouvé face à Lui et a réussi à lui échapper en sauvant des gens au passage. C'est la raison pour laquelle, le 31 octobre 1981 IL s'est rendu chez nous et à tuer mes parents de sang-froid. Ma mère a réussi à le blesser avant de mourir. C'est ce qui a mis fin à la première période de terreur. Il est revenu pour me tuer, parce que c'est ma mère qui avait mis un frein à sa folie destructrice.

Le silence accueillit cette déclaration.

Hetty vit du coin de l'œil le jeune homme roux encourager son ami à terminer ce qu'il allait dire et elle reporta sa pleine attention vers celui à la cicatrice en forme d'éclair.

- Et c'est moi qui l'ai tué en 97 après qu'il ait réussi à pénétrer dans notre école avec tous ses mangemorts dans le seul but de mettre fin à mes jours, termina Harry le regard hanté.

Une fois n'est pas coutume, Hetty était stupéfaite.

Sam et G. ne savaient plus où se mettre. Un tel regard en disait long sur ce qu'il avait vécu et les pertes auxquelles il avait dû faire face. C'était un regard que l'on voyait parfois sur les vétérans de guerre.

Kensi fit mine d'étudier le tapis pour laisser un peu de temps au jeune homme pour se reprendre.

Granger, fidèle à son code de conduite depuis le début de l'entretien, garda le silence.

Deeks était incapable de rester sans bouger alors qu'une personne en souffrance se trouvait juste à côté de lui. Alors, il lui serra l'épaule quelques secondes, dans l'espoir de lui donner assez de force pour surmonter ses souvenirs.

Ça sembla fonctionner puisqu'Harry lui lança un sourire hésitant avant de se lever.

Ron et Harry se dirigèrent vers la porte et avant qu'ils ne sortent Harry prit une dernière fois la parole :

- Je vous conseillerais de ne pas tenter quoi que ce soit contre les mangemorts. Ils sont bien plus dangereux que vous ne pouvez l'imaginer.

Puis la porte se referma et le silence prit place dans le hangar.

X-X-X

Après le départ des deux agents anglais, dont ils ignoraient encore à quelle agence ils appartenaient, chacun s'était plongé dans ses propres réflexions.

Hetty était perplexe. Aucun des deux jeunes hommes qu'ils venaient de rencontrer n'avaient menti. Pas une seule fois. Elle en était certaine. Il y a des choses comme ça que l'on sait presque instinctivement et ça en faisait partie. En revanche, elle savait qu'ils n'avaient pas tout dit. Loin de là. Ils avaient caché sans aucun doute des informations cruciales. Elle ne pouvait pas vraiment leur reprocher. Après tout, eux-mêmes n'avaient partagé aucune information à propos de cette enquête. De plus, elle n'était pas sûre de certains faits qu'ils avaient relatés. Elle s'était trouvée en Angleterre quelques mois à la fin des années 70 et elle n'avait jamais entendu parler des mangemorts ni d'aucun acte terroriste perpétré par ceux-ci. Ce qui voulait dire que soit ils avaient menti, soit le gouvernement de l'époque avait plus que bien réussit à cacher ces faits. La logique voudrait que la première hypothèse soit la bonne. Pourtant, elle avait le sentiment que ce n'était pas le cas.

- Quelque chose à ajouter ? Monsieur le directeur adjoint, demanda Hetty.

- Non Henrietta, répondit celui-ci.

- Dans ce cas, Monsieur Beale pourrait-il m'expliquer la raison de sa présence ici. Hetty se tourna vers l'analyste.

Ce dernier aurait bien tenté de se cacher derrière Granger, mais il n'était pas certains que ce soit une bonne idée. Cependant, il n'eut pas le temps de répondre…

- Je suis assez curieux aussi. Vous saviez qu'Éric avait une sœur Hetty ? demanda Callen.

Une fois n'est pas coutume, Hetty fut surprise.

- Non Monsieur Callen, je ne le savais pas, dit-elle presque choquée non pas qu'Eric ait une sœur, mais plutôt de ne pas être au courant.

- Oui, une sœur qui est mariée avec ce Potter, ajouta Sam. Tu peux nous expliquer Eric ?

- Vous voulez savoir quoi exactement ? demanda timidement Eric en sachant d'avance qu'il devrait soit leur mentir, soit leur dire carrément qu'il ne pouvait pas répondre à certaines de leur question.

- Comment as-tu rencontré Potter ? demanda Sam.

- Ma sœur l'a rencontré dans l'hôpital où elle travaille. Ils se sont bien entendu. Ils ont décidé de se revoir, puis de sortir ensemble. Je l'ai rencontré le même jour où ma sœur l'a présenté à nos parents.

- Donc ta sœur vit en Angleterre, vérifia Kensi.

- Oui, répondit Eric.

- Avez-vous prévenu votre beau-frère de l'enquête que nous sommes en train de mener ? demanda Hetty.

Eric baissa la tête. Il se savait coupable. Du point de vue de l'équipe et surtout d'Hetty, il n'aurait jamais dû prendre contact avec un agent étranger concernant une investigation en cours. Raison pour laquelle il ne s'attendait pas à être défendu.

- C'est moi qui ai demandé à Monsieur Beale de joindre son contact en Angleterre pour obtenir des informations sur l'homme au tatouage, dit Granger.

Tout le monde fut surpris par cette intervention inattendue.

- Je savais qu'il y avait un risque qu'on nous retire l'enquête en le faisant, mais Harry Potter est celui qui s'y connait le mieux concernant les mangemorts.

Personne n'était très content que ça se soit passé dans leur dos et encore plus de ne plus pouvoir enquêter officiellement.

- Vous aviez donc déjà été confronté à ces malfrats, demanda Hetty à Owen.

- Pas directement. Mais oui, je savais que l'homme au tatouage était un mangemort à l'instant où je l'ai vu. Je ne pouvais cependant pas l'identifier, ni savoir ce qu'il fait à Los Angeles. Je n'avais pas les moyens de contacter les personnes qualifiées pour nous aider. Mais Eric en connaissait…

- Et ça ne vous est pas venu à l'idée de nous prévenir, reprocha G.

- Tout ce qui concerne les mangemorts est classé secret défense. Aucun d'entre vous n'est habilité à en connaitre davantage. Moi-même je n'ai pas accès à toutes les informations. Et avant que vous posiez la question Hetty, Léon Vance n'est au courant d'absolument rien. Maintenant j'ai beaucoup de travail…

Granger se dirigea vers la porte.

- J'apprécierais que vous ne tentiez pas à nouveau de me suivre, ajouta-t-il à l'adresse de Deeks et Kensi.

Avant de passer la porte il demanda à Eric de le suivre. Ce dernier s'empressa de quitter le hangar à bateaux, il s'y sentait vraiment mal maintenant.

- Nell ! appela Hetty dès que la porte se fut refermée. Dites-moi que vous avez pu suivre les deux agents anglais après qu'ils aient quitté le hangar à bateaux.

- Non, je les ai presque immédiatement perdus. Je ne sais pas comment ils ont fait, ils ont littéralement disparu.

Dans un parking souterrain.

Quelques heures plus tard, Harry et Ron avaient pris deux suspects en filatures dans une rue commerçante. Il faut dire qu'il n'est jamais très difficile de repérer des sorciers dans le monde moldus. La plupart des magiciens ne savaient pas comment s'habiller pour passer inaperçu et se trompaient facilement dans leur tenue. Ron pensa à ce dealer de potion antidouleur qu'ils avaient attrapé parce qu'il portait une robe jaune canari en pensait que c'était la mode chez les hommes moldus.

Les deux malfrats étaient à peine plus « discrets ». Ils étaient en fait, habillés comme au siècle dernier et dénotaient dans la foule. Le premier, un jeune homme blond, portait une redingote noire et tenait une canne. Le second, avait les cheveux noirs assez longs (à la mode des sorcier Sang-Purs actuels) et la peau mate. Il portait un chapeau haut-de-forme. Certains moldus s'arrêtaient même pour les prendre en photo, pensant certainement qu'ils avaient à faire à des comédiens. Aucun ne se rendait compte qu'ils photographiaient des terroristes.

Heureusement, au vue du monde, les mangemorts n'osaient pas lancer de sorts.

Finalement, ils se dirigèrent vers un parking souterrain. Ils y retrouvèrent un homme de grande taille portant une robe sorcière avec un capuchon cachant son visage.

Méfiants, Harry et Ron s'approchèrent lentement jusqu'à pouvoir entendre la conversation.

- …apporter sur le lieu de rendez-vous, disait l'homme au capuchon.

Le blond acquiesça.

- Ce service n'est pas gratuit, dit le brun.

L'homme sortit de l'intérieur de sa robe sorcière une bourse en peau dragon et la tendit à celui qui venait de prendre la parole. Ce dernier la prit avant de l'ouvrir et de vérifier si tous les Gallions s'y trouvait. Il hocha la tête.

- Nous vous amènerons les potions demandées, comme promis, dans cet établissement moldus bizarre, expliqua le blond.

- Bien ! À demain alors, termina l'homme encapuchonné avant de partir en transplanant.

Avant que les deux autres aient pu faire de même, Ron et Harry leur tombèrent dessus.

Bureau des Aurors de L.A. - salle d'interrogatoire.

Dans le couloir Harry et Ron faisait le point sur la seule chose qu'ils savaient déjà : ils portaient tous les deux la marque des ténèbres. Ils avaient donc rencontré Voldemort au moins une fois.

Ron entra dans la salle d'interrogatoire numéro 1. Sur le mur, luisait des runes anti-magie. C'était une sécurité pour empêcher les suspects d'avoir recours à la magie pendant qu'on les questionnait. Dans la pièce, l'homme aux cheveux blonds était assis sur une chaise inconfortable, et menotté à la table. Sans sa veste, et avec les manches de sa chemise relevée, on pouvait voir la marque ressortir sur sa peau pâle. Le mangemort avait tourné sous bras de telle sorte qu'elle soit bien visible pour ceux qui poseraient les yeux sur lui. Il narguait Ron d'un sourire arrogant. Le sourire de celui qui sait quelque chose que les autres ignorent. Le sourire de celui qui est sur le point de commettre un meurtre de sang-froid et se détourner sans un regard en arrière. Malheureusement pour le blond, il n'était pas le premier mangemort à avoir cette attitude que rencontrait Ron. Son sourire se fana peu à peu quand il vit que le roux n'était pas le moins du monde impressionné. Pourtant le blond savait qu'ici, aux Etats Unis, la légende des mangemorts impressionnait et effrayait encore.

- J'ai grandi en combattant des gars comme toi, dit Ron. Un petit sous fifre comme toi ne sait probablement rien du tout. Je perds mon temps ici. Mais c'est la procédure… souffla l'Auror.

Ron vit la colère briller dans le regard du mangemorts, alors il insista :

- Tu vois, mon boulot c'est de trouver les mangemorts qui se sont sauvé d'Angleterre et les amener à Azkaban en attendant leur procès s'ils n'en ont pas encore eu un. Ta tête ne me dit rien, donc tu ne devais pas être très important. Mais si tu as tué quelqu'un pendant la guerre, tu iras passer au moins quelques mois chez les Détraqueurs. Bien sûr, comme tu t'es sauvé comme un lâche, ce sera pris en compte dans les charges retenues contre toi…

- Je ne suis pas un lâche ! s'exclama-t-il soudain. J'étais l'un des meilleurs mangemorts. J'ai pris mes ordres directement du Seigneur des Ténèbres. J'étais son meilleur potionniste. Les poisons que j'ai créés ont été utilisé par les mangemorts du premier cercle pendant toute la guerre. Le Seigneur des ténèbres lui-même avait décidé de me fournir des Sang-de-bourbe comme cobaye.

- Oh ! Tu parles de ses potions dont l'Ordre du Phoenix a trouvé les antidotes en quelques heures de recherches ?

En effet, dès qu'il avait su qu'un nouveau maitre des potions avait été engagé par Voldemort, Severus Snape s'était fait un devoir de démolir son travail. Il avait créé tous les antidotes dans un temps record. Pour certaines potions, il avait même créé un genre de vaccin qui empêchait le poison d'agir jusqu'à des semaines plus tard.

Bien sûr, mettre face au mangemort ses échecs faisaient partie du plan de Ron pour l'amener à révéler ce qu'il savait de la situation actuelle. Ron avait toujours été bon stratège et c'est dans des moments comme celui-ci qu'il montrait son plein potentiel.

Le mangemort fulminait. Mais il ne pouvait pas se défendre contre les faits. Le Seigneur des Ténèbres lui avait lancé tant de fois le doloris après ces échecs consécutifs, qu'il en avait encore des séquelles aujourd'hui.

- Tu étais très loin en bas de l'échelle à l'époque de Voldemort… Je ne vois pas pourquoi les choses auraient changé aujourd'hui, insista Ron de façon condescendante.

La mangemort frissonna à l'entente du nom de son ancien maitre. Ron s'y était habitué depuis longtemps et le prononçait depuis des années. L'influence d'Harry certainement.

La fausse arrogance de Ron fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase pour le mangemort. Et il se mit à hurler.

- J'ai la confiance des membres du premier cercle des mangemorts. Je suis leur potionniste attitré. Je fais toutes leurs potions, même les plus dangereuse et mortelle. Je participe à la vengeance des mangemorts au premier plan.

- Tu pourras rien faire d'ici en tout cas, nargua Ron.

Agir de cette façon ne ressemblait pas du tout à Ron, mais il savait qu'en agissant de cette façon il pouvait faire parler l'homme coléreux face à lui. Alors il le faisait.

- Vous ne pourrez pas les arrêter. Tout est déjà prêt ! Vous ne pourrez sauver personne cette fois… Si je ne rentre pas, mon apprenti se chargera de livrer les potions à Lestrange dans ce bar moldu. Et vous serez foutu.

- Quelle déchéance ! Un Sang-Pur dans une bar moldu…

- Le Moon est un bar sorcier. Il y a une partie moldue pour ne pas qu'on pose de questions. Ce que vous pouvez être bête…

Le mangemort s'arrêta dans sa phrase. Le sourire vainqueur de Ron venait de lui faire comprendre qu'il avait donné toutes les infos dont les autorités magiques avaient besoin.

X-X-X

De son côté, Harry n'avait pas eu besoin de manipuler son suspect. Dès qu'il était entré dans la salle, le mangemort l'avait reconnu. Et il avait parlé… beaucoup parlé.

Il s'appelait William de Felcourt. Il était un riche Sang-Pur français, et tout ce qu'on lui avait jamais demandé, c'était de financer les actions des mangemorts.

Dès la fin de la guerre, il avait quitté son pays natal pour emménager aux Etats Unis parce qu'il avait peur qu'on remonte jusqu'à lui lors des enquêtes. Mais le fait qu'il n'ait jamais mis les pieds en Angleterre l'avait fait passer inaperçu.

William avait été très surpris quand quelques mois plus tôt, Lestrange avait pris contact avec lui. Après le retour de Vous-savez-qui, c'était lui qui l'avait trouvé et lui avait demandé une aide financière pour l'effort de guerre. Il avait donc les moyens de le retrouver et de lui faire payer sa défection.

Si la première fois, il avait accepté de financer le groupe, c'était parce qu'il pensait que le Seigneur des Ténèbres était un homme politique incompris auquel on faisait une mauvaise pub. Depuis le continent européen, il ne s'était pas vraiment rendu compte de la gravité de la situation. Lestrange avait profité de sa jeunesse, de sa naïveté et de sa non-connaissance de la situation.

Cette fois, Lestrange avait dû menacer de s'en prendre à sa femme et sa fille pour que William participe.

Il put aussi se rendre compte que ce n'était que par pur hasard que Collins avait été assassiné alors qu'il était sur le point de mener une enquête sur eux depuis l'Angleterre. William en était certain parce qu'il était présent quand Lestrange avait envoyé Mulciber à sa poursuite.

Finalement, Harry en avait appris énormément sur les intentions des mangemorts.


Notes :

Le prochain chapitre sera déjà le dernier de cette histoire. Il sortira le vendredi 21 aout.

Lilouplume