Lévi s'est trouvé de nouveaux bras... Lune peaufine sa répartie... et Undy est toujours aussi powerful !...
Chapitre 173 : L.A. times
Je suis euphorique car je m'envole dans quelques heures pour Los Angeles. Et ce n'est pas pour y retrouver le salopard habituel, j'ai nommé B. !
L'acteur a fait affréter un véhicule privé pour me récupérer à l'aéroport, détestant les bains de foule.
Sa villa est cachée au sein d'une végétation luxuriante, sur les hauteurs de Hollywood Hills.
Elle est relativement modeste en comparaison d'autres bâtiments. Elle possède évidement sa piscine. C'est un labrador couleur crème qui vient m'accueillir, jappant, balle dans la gueule.
"Oh mais bonsoir, toi !..." me mettant à son niveau pour le caresser.
"Pin's !... Viens ici !..." le rappelle son maître depuis la terrasse.
L'animal secoue la queue et gambade joyeusement jusqu'à son maître.
"Hey... fais bon voyage ?..." arrivé à ma hauteur, glissant une main dans la mienne, s'occupant de ma valise dans l'autre, baiser de bienvenue.
"Plutôt oui. Contente d'être arrivée. L'avion était plein comme un œuf, même en première."
"Brrrr." ayant horreur des endroits confinés et surpeuplés.
"Oui, ça n'aurait pas vraiment été pour toi." amusée.
Il vient de passer un bras autour de ma taille. "Entre. Je te sers quelque chose ?"
"Oui, du frais, s'il te plaît."
"Installe-toi." filant dans la cuisine ouverte.
Je choisis le large canapé, y déposant mon sac et mon foulard, observant la déco, sobre.
"Ça t'ira de la menthe ?"
"Parfait."
"Elle vient du jardin. On y fera un tour, si tu veux. Ou on pourrait s'y installer. Comme tu veux."
Débit de paroles rapide. Excité. J'en souris, touchée.
"Ooooh ! Regardez-moi ça !... Un bébé Joaq' !..." avisant le portrait le représentant enfant.
"Ouais !... Il avait encore beaucoup à apprendre à l'époque. Et il n'a pas fini !..."
Pin's revient me renifler, queue remuant en tout sens.
Je m'installe sur l'assise et le caresse. "Quel beau poil tu as..."
Joaquin sourit. "Il y a de quoi être jaloux..."
"Tu ne dois pas avoir plus de trois ans, toi..."
"Ooooh !..." amusé que je tombe aussi pile.
"Un tout jeune homme." regard passant du chien à l'acteur. "Ton maître aussi a la trentaine éblouissante."
Il m'attend devant la cuisine, appelant le chien, m'invitant dehors.
"Tu m'as préparé une chambre au moins ?" le rejoignant.
"Hein ? Nan, tu rigoles, tu vas dormir dehors, hé !..." taquin. "A la belle étoile, avec le chien !..."
"Hmm mmm, tu serais le premier à venir me rechercher."
"Pas faux." me prenant contre lui, verre tenu d'une main, l'autre descendant jusqu'à mes fesses, lueur bien allumée dans le regard.
"Tu ne tenterais même pas de me foutre dehors, en fait."
"Nope." caressant là, à pleine paume, cherchant le baiser.
Je lui offre ma bouche entière sans hésiter.
Il le rompt bien malgré lui, doigts se mettant à trembler autour du verre, sur un petit rire embarrassé.
Le jardin est somptueux et nous nous trouvons sous la tonnelle.
"Tu reçois beaucoup ici ?"
"Ma famille." lançant la balle au chien. "Occasionnellement."
Il s'allume une cigarette et je note que le cendrier présent sur la table est déjà bien rempli de cadavres de mégots.
J'adore cette façon de lever le menton pour laisser échapper la fumée.
Sur la table sont entassés quelques scripts.
Je lorgne sur la guitare qui repose là, sur le canapé extérieur en osier, attendant qu'il ait terminé. Il a déjà capté mon regard.
"OK. Je termine et je te joue le morceau de ton choix."
Il écrase sa cigarette, lance encore une fois la balle au chien puis récupère la guitare qu'il accorde.
Ce mec est capable de jouer n'importe quel rôle, tant que ledit rôle l'inspire. Il ne renonce à aucun sacrifice pour entrer dans la peau de ses personnages ; un acteur né. Qui sait cependant être aussi très vrai.
Il m'interroge du regard.
"Hmm... Walk the line ?"
"OK."
"I keep a close watch on this heart of mine
I keep my eyes wide open all the time
I keep the ends out for the tie that binds
Because you're mine, I walk the line
I find it very, very easy to be true
I find myself alone when each day is through
Yes, I'll admit that I'm a fool for you
Because you're mine, I walk the line
Because you're mine, I walk the line
You've got a way to keep me on your side
You give me cause for love that I can't hide
For you I know I'd even try to turn the tide
Because you're mine, I walk the line
Because you're mine, I walk the line
Oh, because you're mine, I walk the line
Because you're mine, I walk the line
Because you're mine, I walk the line."
Et il y va avec une voix beaucoup plus profonde sur le couplet, me fixant dans les yeux à me faire monter le frisson :
"I keep a close watch on this heart of mine
I keep my eyes wide open all the time
I keep the ends out for the tie that binds
Because you're mine, I walk the line."
"Tu te souviens encore de toutes les paroles et les rythmiques, je vois... Ça va faire pourtant deux ans maintenant que le film est sorti en salles."
"J'ai une excellente mémoire, par la grâce de Dieu. Avoir dû les chanter toutes une bonne cinquantaine de fois aide !..." riant.
"En effet." sirotant la menthe fraîche. "Mmm... c'est excellent et très frais."
"Je fais aussi du thé quand l'envie m'en prend."
"T'as d'autres animaux ?"
"Un chat. Il se montre rarement et préfère apparemment la gamelle des voisins." riant.
"Tous des ingrats."
"Nous restons leurs esclaves attitrés, hein !..." plaisantin, triturant nerveusement les clés de la guitare pour se changer les idées.
"Je suis contente d'être là, Joaquin."
"Et je suis honoré que tu sois là, Rachel." sur un sourire plein de charme.
Le chien revient, nous faisant la fête à l'un et l'autre.
"Alors ton job c'est de t'occuper des morts ?..." n'y revenant toujours pas.
"Ah non, c'est la prédilection de mon patron et de son assistante. Je m'occupe de la partie administrative uniquement."
"Ah oui, le fameux patron..." avec le sourire qui va bien, jouant avec le briquet.
"Anubis. Totalement dans son élément."
Petit rire en face. "T'es pas croyable." assis en travers sur la chaise, m'envisageant d'un air à la fois intrigué et amusé.
"Le meilleur sur Londres et Paris, d'après ce qui se dit."
"Ah ouais ?... Coté sur Deathadvisor, ton patron ?"
Petit rire. "Il parle pourtant toujours de son humble boutique."
"Il n'a pas chopé la grosse tête, on dirait. C'est plutôt rare de nos jours."
"Il est extrêmement modeste, oui. Et excentrique." avec un sourire doux à l'évocation des fantaisies, notamment son amour pour la lingerie en dentelle fine.
"C'est marrant, on se croirait presque dans un ménage à trois..." sur un ton mi-plaisantin. "Il n'est certes pas physiquement présent mais wow... quelle aura !..."
Tu n'as encore rien vu, mon cher Joaquin !...
Repas vegan, préparé par ses soins de manière gourmande, sur un dressage réalisé avec goût.
Je le rejoins sur son lit après la toilette, portant une nuisette me mettant en valeur.
Sa main a commencé à sillonner, appuyée par un regard. La bouche, attentionnée, est venue me chercher, tendre puis vive. Il a l'art des baisers. Ses paumes aiment courir sur mon corps, prenant le temps, s'attardant sur la clavicule, en dessinant inlassablement le chemin.
Dans le feu de l'action, il a pris le dessus, s'invitant dans la moiteur au détour d'un mouvement de hanches presque par accident. Les traits se sont défaits avant de nous sourire.
Il sait l'art de bouger à plaisir, se fiant à mes traits pour poursuivre, cesser ou varier le rythme.
Respiration décousue, il me regarde, corps encore tremblant de délice, sensations prêtes à refaire surface à la moindre occasion et au moindre stimulus, souriant entre deux souffles vacillants.
"Je ne vais plus te laisser repartir..."
"Tu es... sérieux là ?..."
"Hmm mmm." hochant la tête.
"J'emménage ici, donc ?..."
"Hmm mmm." même jeu, sourire à l'appui, revenant embrasser cette clavicule qui lui est chère, avant de basculer sur le flanc, sur un soupir doux.
"Ma place n'est donc plus dehors avec le chien ?"
Il secoue lentement la tête, riant, me prenant tout contre lui.
Nous finissons par nous endormir pour nous réveiller en seconde partie de nuit, lui habité par l'image de son frère mourant et moi animée par une tout autre idée.
"Tu ne dors pas ?..."
Il secoue la tête, fixant le plafond.
"Si on allait se prendre un lait chaud ?"
L'idée lui convient sauf qu'il s'agit de lait d'amande pour lui...
Nous regagnons à nouveau le lit.
Ma main commence à se promener sur son corps joliment fait.
Je l'empoigne lentement et il reprend consistance en un temps record, se faisant sourire, menton levé vers le plafond, tête enfoncée dans l'oreiller.
Il bouge des hanches lorsqu'une vague trop forte vient le percuter.
Je l'invite en moi et nous alternons les mouvements et les attentions.
Notre plaisir monte de pair et s'installe dans chaque pli de nos corps jusqu'à l'explosion, phénoménale.
Lune s'amusait avec Loki aux abords de ce bassin sculpté de marbre.
Le dieu de la Malice avait fini les bras dans l'eau, éclaboussant Lune, alors que Rogue passait par là. "Tsss. Des enfantillages."
Lune le fixa. "Évidemment lorsqu'on a le sinistre pour précepte..." le narguant ouvertement.
"Lune !..." rit Loki, décidément adepte du côté cash de son aimée.
"Quand donc allez-vous vous décider de grandir ?" soupira Rogue.
"Grandir ? Ah mais il en est hors de question, Professeur !..."
"Cesse... de m'appeler ainsi." grogné.
"Loki, ton Maître de magie est sinistre et bougon."
"Lune !..." de plus en plus rieur.
"Je n'ai pas à te plaire, petite sotte."
"Du calme, Severus." le reprit Loki.
Rogue eut un reniflement dédaigneux.
"Je ne suis pas une de tes apprenties, Professeur." lui rappela Lune, sur un regard parfaitement senti.
Je me glisse derrière lui, fourrant le nez dans son cou, remontant le long des anneaux alignés ornant son lobe.
"Ça a dû faire très vilain lorsque ça s'est attaqué aux Q.G. de l'Organisation" faisant référence à sa belle et destructrice rébellion.
Le sourire s'étend. "Tu n'as pas idée..." levant la main pour caresser mes cheveux.
Il l'avait fait !... Il venait de mettre à sac, avec la dernière des violences, plusieurs Q.G. de l'Organisation de laquelle il ne se réclamait déjà plus ; lunettes broyées d'un coup de talon efficace. Il faisait désormais partie de ces "séparatistes" ; des dissidents ayant renoncé à porter le châtiment de leur suicide.
Il s'était rendu compte que la rédemption ne viendrait jamais, même après des siècles de bons et loyaux services. Le système entier était corrompu !...
Dire qu'il avait toujours pensé la mort et ses soldats impartiaux... il avait été estomaqué en découvrant les petites combines auxquelles s'associaient ses prétendus "supérieurs".
Aussi avait-il frappé vite et fort, ne laissant aucun survivant dans les décombres, peu embarrassé de nuire ainsi à ses pairs. La tempête foudroyante qui s'était abattue sur eux les avait pris de court, d'une violence aussi inouïe qu'implacable. #136649 savait se montrer particulièrement meurtrier lorsque la colère s'emparait de lui. Il était apparu dans le bâtiment, entouré d'une aura phosphorescente, à la limite de crépiter de rage, faux portée sur l'épaule.
La vision avait été apocalyptique. La force avec laquelle il s'était abattu sur eux avait été sans égale, pliant les bâtiments et les installations comme s'il s'agissait de feuilles de papier, au moyen de l'arme la plus puissante qui lui eut été donnée : sa faux, l'une des plus redoutables !...
Il se permit d'ailleurs l'outrage ultime de la conserver, refusant l'idée de la rendre en haut lieu.
Rebelle jusqu'au bout de ses ongles vernis, l'employé modèle venait de chuter de son piédestal.
Les instances se tenaient debout devant les ruines, abasourdies, se demandant d'où pouvait lui venir pareil talent martial. Ils en avaient fait une machine de guerre qui, à force d'arracher la vie, était capable de se retourner contre eux à n'importe quel moment, choisissant de jouer un coup de Trafalgar plutôt qu'une vive attaque frontale. Fin stratège, il avait surgi au moment où les troupes s'y attendaient le moins et avait frappé avec la vitesse de l'éclair, déchirant chaque édifice d'un large et puissant coup de faux.
Un adversaire si redoutable qu'il en était devenu incontrôlable !... Et qui était, à présent, en totale déroute.
"Le fait-on suivre ?"
"Inutile. Nous retrouverons bien sa trace d'une manière ou d'une autre."
"Quelle tristesse de perdre un tel élément..."
Spears serrait le poing. Cet individu n'allait pas s'en tirer à si bon compte, tout de même !...
Il venait d'arracher le cœur même du service dans lequel il avait œuvré des siècles durant. Il l'avait piétiné avec violence, signifiant combien leur comportement même lui soulevait l'estomac, s'empressant de porter le coup au prochain centre névralgique.
Dès lors, 136649 devint une légende vivante parmi les avis de recherches !... Lui qui avait brillé dans la profession, était devenu la tête à abattre. Un fugitif de légende !...
La compromission, très peu pour lui !... Dans son esprit, et ainsi qu'on le lui avait habilement inculqué, le Shinigami était le bras droit de la Mort elle-même. Impartial, détaché, froid. Il accomplissait sa tâche sans y mêler aucun sentiment, de quelque nature que ce soit.
La tâche était répétitive. Ceci étant, aucune mort ne se ressemblait. Les humains, pour la plupart, tremblaient devant l'ombre de la grande faux.
136649 était zélé. Sans doute le plus zélé de tous. Un exemple mainte fois cité auprès des jeunes recrues.
A l'instar de ses supérieurs, il ne comptait pas ses heures, conservant ses listes de morts strictement privées, prélevant chaque âme dans les délais impartis sans laisser aucun sentiment porter atteinte à sa tâche.
Lorsqu'il sillonnait le dédale de couloirs interminables de l'Organisation, d'un pas vif et déterminé, cheveux tenus en arrière par un élégant catogan, son énergie était telle qu'elle se transmettait à son environnement direct.
Il était le modèle par excellence. Ponctuel. Efficace. La quintessence des Shinigamis !...
Aujourd'hui, lorsque l'histoire se répandait dans les rangs, rendant William T. Spears fou de rage, les plus dociles secouaient la tête. D'autres se voyaient fascinés par l'épopée de cet être déchu.
"Je souhaiterai effacer son nom de notre Organisation à tout jamais. Las..." soupirait Spears.
Ces deux-là avaient une ultime bataille à livrer ; un règlement de compte demeuré en suspens depuis des décennies.
Maintenant que Spears avait pris du galon et qu'il s'était vu attribuer une faux disposant d'un large rayon de frappe, l'idée d'une confrontation directe avec ce vice incarné le démangeait de plus en plus vivement.
Quant au fugitif en question, il avait fait son trou à Londres, renouant avec le commerce des morts.
A la tête d'une entreprise florissante, ayant pignon sur rue dans tout ce quartier de le grouillante cité, le Shinigami déchu s'était improvisé directeur de pompes funèbres. Ceci, évidemment, lui permettait de demeurer en contact avec le monde souterrain, se tenant habilement informé des moindres mouvements d'humeur de ses ex-supérieurs en haut lieu ainsi que de l'activité de plusieurs sociétés secrètes.
La mort, il n'avait de cesse de la défier, mettant à profit son talent pour maquiller les méfaits de la décomposition sur le corps au moyen de mixtures artificielles à l'efficacité redoutable.
Déjà en fonction, il avait commencé à s'intéresser de près aux lanternes cinématiques, se questionnant sur ce que donnerait une suite après le clap de fin.
Disposant encore de sa faux et d'une vue perçante malgré la myopie avérée des êtres de son genre, le Shinigami était de plus en plus habité par l'idée de piller à la Mort sa suprématie et son aiguillon, se lançant dans toutes sortes d'expériences dérangeantes et déplacées, faisant ébranler les fondements mêmes des lois qui ont toujours régies la vie et la mort.
On l'avait vu souvent tirer les ficelles, habilement camouflé dans le décor, jouant souvent plusieurs rôles à la fois : partenaire de recherches, directeur d'un établissement prisé, chef de rang d'une nouvelle secte.
Chaque fois, l'idée était d'expérimenter, avec force et obstination, la façon la plus probante de faire basculer l'ordre établie des choses.
Il était passé maître en la matière, si bien que les faits remontaient régulièrement jusqu'au siège de l'Organisation.
Le Shinigami avait bien trop perdu d'êtres aimés pour en demeurer là. Sous ses allures à la fois loufoques et exubérantes, il demeurait un éternel endeuillé, capable de verser des larmes devant les corps calcinés jusqu'aux cendres, incapables, dans cet état, d'être relevés par ses soins et ses compétences. Le détracteur du Département dirigé par Spears était pourtant diablement opiniâtre et il causa maintes fois d'énormes désagréments en haut lieu, faisant à nouveau parler de lui à l'occasion, bien décidé à prendre une revanche fort méritée sur ce sort qui s'était acharné et lui avait arraché ceux et celles chers à son cœur.
