C'est véritablement un plaisir pour moi - comme pour Léviathan - de retrouver les Juges... je croyais nos relations tombées dans l'oubli. Un simple vent sur les braises a pourtant suffi raviver l'ardeur des flammes !...
Chapitre 177 : Foreplay
Serverus vint trouver Lune, souriant presque. "Je dois dire que... tu m'as impressionné lors de ton assaut contre ce navire." s'installant à ses côtés.
"T'impressionner ? Toi ? Wow, dis donc... je marque des points là."
"Tu n'as cependant pas répondu à ma question ; je ne te savais pas en lien avec l'armée du Souverain des Enfers."
"Oh, c'est... une très longue histoire, Professeur."
"J'aimerai beaucoup l'entendre."
Lune se pinça la lèvre. "Très bien. Alors disons que... j'ai été très proche de son hôte de l'époque."
"J'ai entendu parler de cette histoire ; un humain capable de duper un dieu... cela ne se voit pas tous les jours." glissant quelques doigts dans les mèches de Lune. "Tu es décidément bien captivante."
"N'étais-tu pas venu te déclarer à Frigga, à la base, Professeur ?" taquine, sentant sa victoire à portée de main.
J'intercepte des échanges de regards très complices entre Griffon et Garuda.
"Dites donc, vous deux ?..."
Aiacos m'offre des yeux ronds. "Oui, chère Léviathan ?"
"Auriez-vous profité de mon absence pour vous rapprocher ?..."
Les deux exultent un petit sourire.
"On ne peut décidément rien te cacher, ma chère Léviathan."
"Cela se voit comme le bec au milieu de la proue du Garudaship, Cos."
Il éclate de rire, m'attrapant pour m'installer sur ses cuisses solides. "Ton humour nous a cruellement manqué, Léviathan !..."
"Ce n'est pas avec Rhada et ses sbires qu'on peut autant rire." renchérit Minos.
"Au fait, je n'ai pas encore eu l'honneur de le revoir..."
"Ce cher dragon a écailles écume en ce moment des territoires inexplorés pour notre Seigneur."
"Ah ?"
"Nul doute qu'il va renflouer ses troupes. Nous devrions être sur nos gardes, Cos." s'amuse Minos, connaissant parfaitement les habitudes martiales de Rhadamanthys.
Je vais de l'un à l'autre, sourire ne me quittant plus, brûlant de leur dire... "Je vous aime, mes Juges." caressant leurs bras nus, allant fureter dans un cou puis dans l'autre.
Ils échangent un regard, revenant avec un sourire. "Tu fais partie de nous, Léviathan. Jamais nous n'aurions pu trouver la force de te renier."
Je fais le tour de mon surplis, posé là, sur ce mannequin, admirant les ailes griffues dont la texture rappelle clairement les écailles hérissés d'un caïman. J'avais presque oublié à quel point le porter confère force et puissance.
"Minos... Minos, arrête !..."
"Cos..."
Je souris aux voix du Griffon et du Garuda qui s'ébattent derrière ma porte.
Je l'ouvre à la volée, les découvrant enlacés, à l'avantage du Griffon.
"Je ne peux pas vous laisser seuls deux minutes, à l'évidence." amusée par leur attitude.
Minos glisse un bras hors de la mêlée, le laissant pendre à l'envi.
"Vous êtes incorrigibles." avec affection, les invitant à l'intérieur.
Garuda va immédiatement prendre l'air sur le balcon, sur un petit sourire de Minos.
"C'est un animal des grands espaces."
"Des cieux, Nos, des cieux !..." rectifie ce dernier, oreille traînant à l'intérieur.
"Je crois surtout qu'il cherche à calmer les ardeurs que tu lui inspires, Griffon." avec un sourire taquin.
"Je t'entends, Léviathan !..." depuis le balcon.
"Je sais bien, Garuda." riant.
Il revient à l'intérieur. "Demain, c'est Naya Varsha(*). Je compte survoler la haute chaîne himalayenne pour l'occasion. Le spectacle est généralement étourdissant."
"Hmm... je ne sais pas... pourquoi n'inviterais-tu pas sa Seigneurie pour l'occasion ?" taquin.
"Très marrant, Nos."
Minos lui tire une belle langue.
"Alors ?" impatient.
"Ma foi..." me laissant tenter.
"Nos ?"
"Oh, je ne sais pas encore..." polissant ses ongles, sourire en coin.
"Notre Griffon veut être supplié, Cos." amusée.
"Griffon, tu es pénible lorsque tu t'y mets." rit, poings sur les hanches. "Eh bien, tant pis pour toi, j'emmène Léviathan avec moi." se plaçant derrière moi, menton sur mon épaule, bras refermés autour de moi. "Là."
"Quel enfant tu fais, Aiacos." sur un claquement indulgent de la langue.
"Et, crois-moi, je saurai la gâter comme il se doit." me berçant au creux de ses bras forts.
"J'ai envie de te crucifier, Garuda." levant des améthystes dures sur lui.
Il lui adresse un sourire joueur en retour, venant fureter dans mon cou, fripon, le cherchant du regard.
"Assez, Garuda."
"Oh, si on ne peut plus rigoler !... Tu deviens franchement lourd avec l'âge, Griffon."
Je pouffe, tendant la main avec le joli argenté. "Allez, viens, Nos. Tu vois bien qu'il réclame un câlin à trois là, non ?"
"Il m'avait semblé comprendre qu'il te veut pour lui seul, Léviathan." haussant un sourcil fin.
"Arrive ou je viens te chercher." taquine.
Il soupire, s'amusant un instant avec ses fils mortels avant de se lever.
"Uh, dis-moi, Cos, ne trouves-tu pas la façon dont est fait notre Griffon tout à faire adorable ?"
Aiacos laisse son regard se poser sur le joli corps de son aîné. "Absolument, Léviathan."
"Vous êtes proprement insupportables, tous les deux." retrouvant son air enjoué.
"Parfois je lui laisse l'impression d'avoir le dessus, rien que pour lui faire plaisir. Tu te rends compte, Léviathan ?... Moi... Aiacos du Garuda..."
"Tu faisais moins le malin la fois dernière, lorsque mes fils tenaient captifs tes poignets, Garuda."
"Là, que disais-je ?..." sur un air aussi joueur que supérieur.
"Venez ici, tous les deux, que je vous embrasse." rappelant Minos.
Nous nous étreignons à trois, savourant cette proximité, en émettant des soupirs de ravissement.
"Mes deux amours..." ronronnante.
"Tu entends ça, Griffon ?" demande Aiacos, sur un ton amusé.
"Je suis si heureuse de vous avoir retrouvés..."
"Et Crevan ?" amène Minos, toujours prêt à allumer une mèche.
"Griffon !" gronde Garuda. "Ce nom-là est le dernier que j'ai envie d'entendre."
"Tu as eu beaucoup de femmes dans ta vie de sorcier, Professeur ?"
Severus manque de briser une fiole. Il finit par sourire.
"Tout dépend ce que tu entends par 'beaucoup'."
Lune noue ses doigts sous son menton. "Je t'imagine plutôt du genre fidèle."
Rogue a le sourire doux.
"Pensais-tu sincèrement convoler avec Frigga ?"
"Ce n'était... qu'une couverture. Une de plus."
"Uh ? Oh, je vois... celui dont on ne prononce pas le nom ?..."
Petit battement de cils de la part de Snape.
"Est-il aussi redoutable qu'on le dit ?"
"Je souhaitais... m'adjoindre les talents de Loki pour le contrer. Je cherche des alliés en quelque sorte. Car je sais que la bataille finale est proche."
"Tu sais que tu peux compter sur Loki et moi." attrapant sa main pour le tranquilliser. "Nous ne te ferons pas faux-bond, Professeur."
Snape la regarde. Son expression s'est considérablement radoucie.
"De plus, il me tarde de te voir martyriser tes pauvres élèves à Poudlard..." sadique.
"Ce sont des imbéciles finis." sourit Rogue, donnant le change.
Le quatorze avril signe le Nouvel An népalais. Aiacos est euphorique.
"Je me sens porté sur tous les excès !..." trépigne le sauvage Garuda.
"Cet état d'esprit va encore se solder par de lourdes pertes parmi l'équipage."
Minos éclate de rire. "Il ne manquerait plus que sa précieuse Aile soit du voyage..."
"Arrête, Minos, tu vas nous le mettre en rogne. Regarde comme il est heureux."
"Hmm... c'est vrai." notant la bonne humeur du cadet. "Une décapitation malencontreuse est si vite arrivée..." imaginant aisément Violate headless.
"T-t-t-t ! Minos."
Nous nous élevons dans les cieux. Aiacos se tient à la tête du navire, surplis revêtu.
"Admire ce spectacle, Léviathan." embrassant l'horizon du regard. "Vois de quel privilège dispose le Roi de Karura."
En contrebas, Violate me maudit par tous les dieux infernaux.
Minos s'avance, arrêtant son pas devant elle.
Elle attend rageusement la flèche verbale que ce dernier ne va pas manquer de lui décocher.
"N'est-ce pas habituellement ta place, là-haut, Violate du Béhémoth ?" désignant la haute proue d'un mouvement de menton.
Violate baisse la tête, humiliée.
"Minos ! Cesse d'ennuyer Violate, veux-tu ?!" gronde la voix du Garuda dans toute sa profondeur.
Violate soupire de soulagement. Elle pourrait hurler sa reconnaissance à Aiacos.
Minos se détache d'elle, l'envisageant avec le plus pur des mépris, avant de gravir les marches.
Aiacos semble disposé à ne pas se laisser gâcher la fête. Il s'anime lorsque nous nous tenons à ses côtés, fantasmant un monde tout en hauteur, évoquant avec un dédain, teinté d'arrogance, tout ce qui rampe sur Terre.
Aiacos possède un don inconnu de la plupart des Spectres qui ne se fient qu'à sa notoriété de Juge féroce ; celui de lire les cartes du ciel. Enfant des cieux, le Juge se fie souvent à la position des étoiles et des constellations pour présager d'une bataille et de son dénouement. Le Juge n'en demeure pas superstitieux pour autant et lorsqu'il lui est demandé de faire montre de dévotion pour son Seigneur, même si le ciel lui annonce une bataille perdue d'avance, Aiacos s'y jette malgré tout corps et âme.
Quant à moi, je suis à la recherche du fameux Sphinx convoité par Hadès Sama.
Je regarde bien évidemment du côté des âmes torturées et elles foisonnent sur Terre.
L'une d'entre elles attire particulièrement mon attention ; il s'agit d'une âme tourmentée dans ce corps de jeune archéologue, violée par un groupe d'hommes.
Elle erre depuis, entre ciel et Terre.
Pour commencer, je vais appliquer une leçon à ces monstres d'égoïsme mâle.
Alors qu'ils projettent tous de recommencer leur méfait, je me présente à eux.
Aussitôt, l'élan libidineux les prend tous aux reins.
Un éclat lumineux vient de révéler la forme de mon surplis l'espace d'un bref instant.
"Celle à qui vous cherchez à nuire est réservée à mon Seigneur Hadès."
Ils reculent, apeurés.
D'un mouvement de bras, je soulève l'un d'eux dans les airs, sans même le toucher, geste évoquant clairement ma puissance, le faisant s'arracher la peau du dos contre le mur grossièrement taillé du site.
Le deuxième subit le même sort.
La poigne autour de leur gorge est telle qu'elle finit par leur briser la nuque dans un craquement sourd que seul le Griffon saurait apprécier s'il était présent.
Je me tourne vers le troisième, esquissant un sourire mauvais. Ce qui l'attend n'est ni plus ni moins une torture car je le suspends par une jambe, tête en bas, laissant le sang affluer dans le cerveau jusqu'à lui faire exploser les vaisseaux. Le spectacle est de toute beauté. Après tout, il s'agissait du meneur...
Je retrouve l'âme égarée, me penchant sur elle avec une forme d'affection.
"Cherches-tu un maître à servir, mon enfant ?... As-tu jamais ployé le genou devant pareil dieu ?..."
"Léviathan !..." me congratule Minos. "Tu parviens toujours si bien à les débusquer où qu'elles se terrent et les désigner !..." régalé comme chaque fois qu'un nouveau Spectre nous rejoint.
"Spectre de la Sinuosité de l'Étoile terrestre du Léviathan, vous êtes conviée dans la salle du trône." me signale un intendant.
Je m'y rends, en surplis.
Les Juges s'y trouvent, Rhadamanthys compris.
"Approche, Spectre du Léviathan."
Je m'avance, ployant le genou.
"Je tenais à te féliciter pour l'excellent travail rendu. Ton choix concernant Sphinx a été des plus judicieux. Aussi, en accord avec mes Juges, j'ai décidé de t'octroyer un titre : tu seras désormais Ambassadrice de notre Royaume."
"Hadès Sama..."
Les Juges y iraient presque de leur petite larme !...
"Ambassadrice !... Voilà qui est inédit, chère Léviathan." se réjouie Minos, tapant presque des mains.
"Je dois avouer que la cent-neuvième Étoile se distingue." souligne Aiacos.
"Merci, mes Juges." cheminant à leur côté. "Rhadamanthys, ta mission a-t-elle été couronnée de succès ?"
"J'en suis satisfait, Léviathan. Merci." posé.
"Aurais-tu rallié de nouveaux subordonnés, Rhada ?" questionne Minos, curieux.
Le dragon anglais a le sourire qui s'affine. "Je te laisserai le découvrir dans mes rangs, mon cher Nos."
J'échange un regard complice avec Aiacos.
"Voilà bien longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi bien !..." m'étirant dans un mouvement de surplis.
"Il faut fêter dignement l'événement ainsi que le retour de Rhada." suggère Minos.
"Cadre intime, merci." précise Rhadamanthys.
"Je ne comptais pas inviter tous les Spectres dans la place !..." amusé par le caractère solitaire et sauvage de notre Dragon.
"Ça me ferait grand plaisir de revoir Valentine."
"Sure." me répond Rhadamanthys.
"Valentine."
"Maître." se pressant devant son Seigneur à écailles.
"Nous nous rendrons à Tolomea à la tombée de la lune rouge."
"Bien, Maître." se retirant avant de revenir sur ses pas. "Maître, cette campagne était fabuleuse et il m'a été fort instructif de l'accomplir à vos côtés."
Rhadamanthys esquisse un bref sourire. "Va, Valentine."
Tolomea était la plus sûre, la plus fermée ; une perle dans l'écrin de la troisième sphère des Enfers. Minos y faisait régner un sentiment confiné.
Rien n'en sortait. Si une servante venait à se montrer trop bavarde, la sentence qui suivrait serait à la hauteur de l'affront ; une longue séance de torture sur fond d'os brisés, corps en torsion totale, tenu par des fils d'une puissance invisible.
Je fus la dernière à me présenter au banquet, ployant le genou devant la tablée de Juges allongés.
"Par Hadès, Léviathan, relève-toi immédiatement !..." s'offusqua Rhadamanthys.
"C'est... ma façon de vous remercier pour m'avoir aussi bien réaccueillie dans vos rangs malgré... ma conduite."
"Nous n'aurions rien pu te proposer sans le support de notre Seigneur." affirme Minos.
Je me relève et sourit à Valentine. "Tine. Tu as l'air en forme."
"Toi aussi, Léviathan. Quel plaisir de te savoir de retour."
"Vous allez me faire pleurer, tous les deux." déclare Rhadamanthys, taquin.
"Ooooh ! J'aimerai tant voir cela au moins une fois dans ma longue vie de Juge !..." amène Minos, avec un attrait certain pour les larmes de l'inflexible Wyvern.
Je m'installe et nous commençons les plats ; des mets raffinés et délicats. On sait vivre chez les Juges !... Ils sont aussi épicuriens aux Enfers que sur Terre.
Étrangement, je n'ai plus aucun goût pour Wyvern. Je n'en admire plus, à présent, que les talents guerriers. Fin stratège, méfiant jusqu'au bout des ailes, d'une puissant incalculable, Wyvern a de quoi faire trembler.
J'apprécie, chez Aiacos, son côté cruel, notamment envers son équipage. "Le seul lien méritant d'exister sur la galère noire est et demeure l'asservissement." se plaît-il à annoncer. Il y a également de quoi faire frémir !...
Celui vers qui mes regards convergent reste l'aîné. Minos. Ah, Minos !... Superbe Juge. Répartiteur des âmes à leur entrée aux Enfers. C'est lui qui occupe la fonction prédominante. Minos avec ses blessures narcissiques superbes (dont le duel face au Saint du Poisson en demeure le point culminant, ineffaçable et marqué à jamais dans sa mémoire quelle que soit sa réincarnation ; péché intemporel pour ce Juge de haute qualité - j'en jubile littéralement !...)
Nous nous ressemblons. Affreusement. J'en ai le sourire.
Ce soir, je ne vois que lui. Je ne veux que lui.
Au moment où il s'éloigne pour goûter le vin qui sera servi, je le rejoins. Sans se retourner, son sourire s'affine.
"Tu portes offense à mes frères, Léviathan."
"Vraiment ?"
"Nul n'a laissé échapper la façon dont tu m'envisages ce soir."
"Cela... pose-t-il problème, Minos ? Dois-je camoufler ma préférence ?"
"Par Hadès, ce serait pécher !..." s'offusque-t-il, sur un air amusé.
"Garde-moi à Tolomea cette nuit, Minos." ventre tordu par l'appétit que sa seule vue m'inspire.
Il se retourne, appuyé contre le meuble, m'envisageant de ses améthystes animées par un désir appuyé.
"Léviathan... si je m'écoutais, je t'honorerai sur-le-champ."
"Te sens-tu de trop, tout comme moi, Rhada ?" questionne Aiacos.
"En effet, Cos. Je pense qu'il est l'heure pour nous de nous retirer." se redressant, faisant signe à Valentine de le suivre.
Aiacos est plus lent à décoller. "A charge de revanche, Nos." sur un ton dénué de toute agressivité.
C'est tout juste si Minos enregistre l'information, trop occupé à laisser ses améthystes me dévêtir sans pudeur.
Aiacos secoue la tête sur un sourire presque doux avant de quitter avec Rhada et Valentine, échangeant sur quelques jugements complexes.
"Je suis offensante, ne trouves-tu pas, magnifique Juge ?..."
Le sourire de Minos s'affirme et il tend la main, chargeant ses fils de me récupérer pour me placer sur lui.
"J'avoue avoir eu envie d'y procéder la soirée durant, ma belle Léviathan." caressant ma chute de reins.
"Au moins le message aurait été d'une clarté indiscutable." levant le visage pour admirer la finesse superbe de ses traits.
"Léviathan... j'ai envie de te tordre... et de te sublimer à la fois." raidi à délice sous moi. "Depuis le Poisson, je n'ai jamais éprouvé un désir contradictoire aussi marqué."
"Fais de moi ton pantin, Minos."
Il en est régalé jusqu'au bout de la verge.
Chaque onde traverse harmonieusement son corps ; se frayant un chemin de choix jusqu'à l'excitation sensorielle ultime.
Il me retourne, dos face à son torse, s'emparant de mes membres pour les diriger dans des sens opposés, lentement, avec le calcul d'un professeur. La pression, la traction y sont exercées avec une précision toute chirurgicale. Minos sait jusqu'à quel point il peut faire s'opposer les sens contraires sans causer de dommages irréversibles. Sa technique lui sert autant d'amusement que d'arme meurtrière.
"Oooooh... Lév' !..."
Je geins à la fois de délice et de douleur.
"Que tu es belle lorsque je te tiens ainsi en mon pouvoir..." se congratule-t-il, voix rendue rauque par son propre plaisir.
"My Judge, my executioner."
Un cri m'échappe presque lorsqu'il manque de peu de faire glisser une épaule hors de sa cavité.
Il relâche aussitôt, épuisé par la prouesse de se tenir ainsi en respect.
"Charnelle... Léviathan..." régalé. "Tu combles... véritablement... le Juge que je suis."
"Je veux... être à tes côtés lors de... ta prochaine campagne... Minos." essoufflée comme si nous venions de faire l'amour.
"Soit. J'en ferai la demande expresse à notre Seigneur." caressant ma joue d'un revers doux.
(*) Nouvel An népalais
