Bonjour à tous,

Le troisième chapitre ci-dessous.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 3

Décembre

Lorsque Lord Voldemort rentra dans son manoir après avoir raccompagné Hermione sans n'avoir salué ni Crabbe ni Goyle – qui comme toujours gardaient l'entrée –, il saisit son téléphone et composa le numéro de Lucius. Celui-ci répondit alors qu'il commençait à gravir les marches menant à son studio de musique.

– Lord Voldemort, que puis-je pour vous ? demanda immédiatement Lucius.

C'était la raison principale pour laquelle il gardait le blond comme manager. Il savait être efficace, et c'était malheureusement une qualité bien trop rare.

– Contacte Hermione Granger et fait lui signer un contrat me donnant tous les droits sur la musique qu'elle partage avec moi.

– Hermione Granger ? La violoniste ?

Lord Voldemort leva les yeux au ciel. Autant pour l'efficacité. Pourquoi fallait-il donc que tout le monde passe son temps à le décevoir ? Ce qu'il demandait n'était pourtant pas si compliqué.

– Oui Lucius, la violoniste, confirma Lord Voldemort avec exaspération. Nous avons composé une musique ensemble qu'il faudra bientôt publier. Débrouille-toi pour lui faire signer un contrat me donnant le champ libre. Et contacte le studio pour monter un clip dessus.

– Je vais m'en occuper de suite, répondit Lucius.

– Merveilleux, fit Lord Voldemort d'une voix trainante. Et fais attention, elle n'est pas stupide.

Puis il raccrocha. Lucius allait faire ce pour quoi il était le meilleur, s'assurer que Hermione Granger ne puisse s'opposer à ce qu'il allait faire de leur musique. Et avec suffisamment de doigté pour qu'elle se sente plus flattée que frustrée. « Phoenix » allait être un succès, il en était sûr. Et en plus de cela elle allait revenir vers lui avec ses autres musiques, et il sentait que ce qu'il en ferait serait un véritable chef d'œuvre, toute une collection d'œuvres époustouflantes qui allaient encore gonfler sa popularité.

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Hermione se laissa tomber dans son canapé dès qu'elle arriva chez elle. Elle revenait tout juste de ce qui pourrait s'appeler un rendez-vous d'affaire avec Lucius Malefoy, après la répétition de fin d'après-midi de l'orchestre, et elle avait l'impression d'être complétement vidée de toute énergie.

En premier lieu, même si elle s'y connaissait un peu en gestion des droits dans le milieu musical, elle n'était pas une experte, et elle n'avait pas de manager pour lui expliquer ce qu'il fallait faire. En second lieu, Lucius Malefoy était à peu près tout ce qu'elle avait détesté chez son fils lors de sa scolarité. Hautain, arrogant et se moquant des faiblesses des autres. Et en troisième lieu, elle avait l'impression diffuse qu'il l'avait arnaquée, qu'il avait profité de son manque de connaissances, tout en maintenant une façade des plus polies.

Elle s'en fichait un peu de ce contrat, même si elle devait admettre que la somme que Lord Voldemort allait lui verser représentait plusieurs mois de son salaire. Presque une année entière. Si elle n'allait pas refuser l'argent, elle n'avait pas fait cela dans l'espoir de gagner cette somme astronomique. En fait, elle se serait même attendue à ne pas recevoir de contrat pour avoir composé une musique qui finirait surement sa vie dans un dossier obscur de Lord Voldemort, et surement pas pour cette somme. Mais elle n'aimait pas le fait de se sentir dépassée, et c'était exactement ce que Lucius Malefoy lui avait fait ressentir avec ce contrat.

Hermione soupira. Surement que Lord Voldemort acceptait que Lucius Malefoy soit son manager uniquement parce qu'il était aussi imbuvable que lui. Cette pensée la fit sourire, et à partir de là elle se releva. Elle se fichait de ce contrat, de Lucius Malefoy et de Lord Voldemort. Bon, d'accord, peut-être pas de Lord Voldemort. Rien que de repenser à la façon dont il composait lui donnait envie de le revoir.

Mais elle avait déjà obtenu bien plus de ses échanges avec Lord Voldemort que ce qu'elle n'aurait jamais espéré, et elle décida de s'en estimer satisfaite plutôt que de ressasser l'impression désagréable qu'elle avait eu lorsqu'elle avait discuté avec Lucius Malefoy.

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Lord Voldemort leva les yeux de ses partitions lorsque son portable sonna. Il l'attrapa d'une main et regarda qui l'appelait. Bella. Immédiatement il perdit tout intérêt pour son téléphone. Bella pouvait attendre qu'il ait fini ce qu'il faisait. D'ailleurs, elle pouvait même attendre qu'il ait lui envie de lui parler.

En fait, il n'y avait qu'une seule personne pour laquelle il aurait décroché maintenant, et c'était la seule personne qui ne l'appelait pas. Cela faisait cinq jours pourtant, et il savait qu'elle avait vu Lucius la veille. Il savait aussi qu'il la captivait. Elle avait beau le regarder généralement avec un air exaspéré, il savait que derrière se cachait de l'admiration. De l'admiration qui, pour une fois, l'intéressait au lieu de l'ennuyer.

Alors pourquoi ne rappelait-elle pas ? Elle avait dit qu'elle avait d'autres musiques. Elle aurait dû se presser de les partager avec lui. Elle avait peut-être son travail à l'orchestre symphonique de Londres, mais elle aurait dû se sentir honorée par son attention et tout laisser tomber pour lui. Lord Voldemort voulait ses musiques. Et ce qu'il voulait il l'obtenait toujours.

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Hermione sursauta lorsque son téléphone portable se mit à sonner et lâcha sa brosse, qui resta stupidement coincée dans la masse de ses cheveux. Elle ne tenta pas de l'en extraire et regarda plutôt qui était en train de l'appeler.

Lord Voldemort.

Cela faisait une semaine que Hermione n'avait pas communiqué avec lui. Elle avait hésité plusieurs fois à lui envoyer un message ou à l'appeler. Mais les deux premiers jours c'était trop tôt, et elle s'était retenue pour ne pas paraitre bête. Ensuite c'était le week-end. Elle avait dû commencer à préparer tous ses cadeaux de Noël, et elle n'avait pas eu une minute à elle. Résultat, elle avait été épuisée au début de la semaine, et ses répétitions avaient été éprouvantes.

Elle décrocha prudemment.

– Allo oui ? fit-elle.

– Tu attendais quoi pour m'appeler ? fit Lord Voldemort à l'autre bout du fil.

Il avait l'air de mauvaise humeur et Hermione leva les yeux au ciel. Désagréable. Impatient. Hautain. Lord Voldemort était véritablement détestable. Pourquoi diable fallait-il donc qu'il soit aussi un incroyable génie ?

– Excuse-moi, j'étais occupée ces derniers jours, répondit-elle.

C'était un comble que ce soit elle qui s'excuse alors que c'était lui qui avait réussi en une seule phrase à la rendre de mauvaise humeur.

– Viens ce soir, exigea Lord Voldemort.

Malgré son impolitesse Hermione avait désespérément envie d'y aller. Mais c'était mercredi soir, et le mercredi soir elle allait toujours chez Harry et Ginny, avec Ron, Neville et Luna. Elle avait déjà loupé certaines des sessions précédentes justement à cause du temps qu'elle avait passé avec Lord Voldemort. Et elle avait vraiment envie de voir ses amis. En plus du fait de ne pas vouloir donner satisfaction à Voldemort alors qu'il était purement exécrable.

– Je suis désolée je ne peux… commença-elle.

– C'est ma dernière soirée de libre d'ici la fin de l'année, l'interrompit Voldemort.

Hermione se mit à faire les cent pas dans sa chambre pour évacuer sa frustration. À sa plus grande honte elle voulait dire oui, avec une telle force que cela l'effrayait elle-même. Mais elle n'était pas son animal de compagnie, elle n'accourrait pas juste pour lui faire plaisir.

– J'ai autre chose de prévu ce soir, reprit-elle. Je…

– S'il te plait ?

Hermione s'arrêta net. C'était la première fois qu'elle entendait ces mots dans sa bouche. Elle poussa un soupir. Regarda la bouteille de vin qu'elle avait achetée pour la soirée chez Harry et Ginny. Puis soupira de nouveau.

– Très bien, fit-elle. Je devrais être chez toi d'ici une heure en fonction des transports.

– Un taxi t'attend en bas de chez toi.

Hermione jeta un coup d'œil par la fenêtre et remarqua effectivement un taxi arrêté juste devant son immeuble et elle se renfrogna. Elle regrettait déjà d'avoir accepté.

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– Bonjour tout le monde, fit Luna.

– Salut Luna, répondit Ron.

– Bienvenue Luna, salua Ginny depuis la cuisine.

Harry salua la jeune fille et Neville l'entraina jusqu'au salon. C'était leur habituelle soirée du mercredi soir.

– Il ne manque plus qu'Hermione, fit remarquer Neville.

– Elle ne vient pas, indiqua Ron.

– Vraiment ? s'étonna Neville. Elle vient de moins en moins souvent ces temps-ci.

– Elle a envoyé un message à Ginny comme quoi elle devait encore travailler ce soir, expliqua Harry.

Il était déçu que son amie ne vienne pas. Si elle se mettait à ignorer leurs soirées du mercredi soir il avait peur de la perdre complétement de vue.

– Cela ne me plait pas du tout, tout ça, fit Ginny en émergeant de la cuisine avec plusieurs bières ouvertes à la main. La dernière fois qu'elle ne venait plus c'était lorsque vous aviez rompu.

Elle pointa un doigt accusateur vers Ron, et Harry sentit son inquiétude monter.

– Et elle mentait en disant qu'elle travaillait mais en fait elle a passé deux semaines à pleurer quasiment sans sortir de chez elle, se souvint Harry.

– Quoi ? s'exclama Ron. Vraiment ? Je ne savais pas du tout…

Il sembla tout d'un coup très gêné et Harry se rappela qu'il avait souvent accusé Hermione de ne pas avoir suffisamment d'importance pour elle.

– Vous pensez qu'il lui est arrivé quelque chose dont elle n'a pas voulu nous parler ? demanda Neville.

– Peut-être, fit Ginny.

– Nous devrions aller la voir pour au moins vérifier que tout va bien, proposa Luna.

Harry acquiesça. Il ne se le pardonnerait pas s'il arrivait quoi que ce soit à Hermione. Et ce n'était pas comme si elle habitait très loin.

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– Tu as tout apporté ? demanda Lord Voldemort.

Hermione releva la tête de la partition d'une des chansons du DJ qu'elle était en train de regarder par curiosité, et le vit agiter les feuillets qu'elle avait apportés avec elle. Cela faisait une heure qu'il était plongé dedans et ils n'avaient pas vraiment parlé depuis qu'elle était arrivée.

– Heu, non, répondit-elle. J'ai fait une sélection.

Lord Voldemort sembla réfléchir pendant un moment.

– Je veux voir les autres, exigea-t-il.

Hermione fronça les sourcils. Elle n'aimait vraiment pas qu'on lui ordonne quoi que ce soit, et Lord Voldemort l'avait déjà fait venir ici à moitié contre son gré – ou tout du moins c'était ce qu'elle se répétait pour se rassurer –, alors qu'elle avait une soirée avec ses amis. À laquelle elle avait renoncé parce qu'il avait dit « s'il te plait ». Dieu qu'elle manquait de volonté parfois…

– Je ne les ai pas ici, fit-elle d'une voix lasse.

– Où alors ? Au Barbican Hall?

Elle lui jeta un regard noir, mais son expression à lui ne changea pas. À la fois charmeuse et exigeante. Elle avait soudainement envie de ne pas lui donner ses partitions uniquement pour qu'une fois dans sa vie Lord Voldemort se voit refuser quelque chose.

– Ecoute, j'ai fait cette sélection parce que je n'ai pas envie de te donner toutes mes partitions.

Et c'était vrai, mais surtout parce qu'elle avait honte de la plupart des choses qu'elle avait composées. Parce qu'elle ne voulait pas qu'il la juge en voyant cela. Le regard de Lord Voldemort s'était soudainement fait orageux et elle faillit reculer d'un pas lorsqu'il se leva de sa chaise et se planta juste devant elle.

Au contraire, Hermione redressa ses épaules et le regarda droit dans les yeux sans bouger, son exaspération n'ayant d'égale que la colère de son vis-à-vis.

– Je veux … commença-t-il.

– Je te les donnerai quand tu seras aimable ! le coupa-t-elle.

Un bref instant le visage de Lord Voldemort refléta sa stupéfaction, avant qu'il n'éclate soudainement de rire. La tension de la pièce sembla redescendre d'un coup, et il s'éloigna légèrement d'elle.

– C'est mignon lorsque tu t'énerves, fit-il. On dirait un petit lionceau qui essaye de rugir.

Hermione hésita un instant à lui écraser son poing dans la figure, juste pour voir s'il rigolerait toujours autant après qu'elle ait défiguré son magnifique visage.

– Peut-être, mais en attendant le petit lionceau garde ses partitions, répondit-elle avec hauteur.

Mais elle ne put empêcher son ton de sonner plus amusé que méprisant, et le sourire de Voldemort s'accentua. Puis il sembla reprendre son sérieux, et un sourire charmeur plus faux que celui des magazines remplaça son expression auparavant goguenarde.

– Mademoiselle Granger, ce serait un immense honneur pour moi si vous pouviez m'indiquer où se trouvent le reste de vos splendides partitions. Je vous en serai éternellement reconnaissant.

Le ton était clairement ironique, et Hermione soupira tout en souriant devant sa théâtralité. Elle était certaine en plus que Lord Voldemort avait réussi à charmer bien trop de personnes pour son propre bien avec ce genre de déclarations – sans le ton ironique –.

– Chez moi, répondit-elle finalement.

– Je vais faire demander ma voiture.

– Je peux les rapporter un autre jour, proposa Hermione.

– Je n'ai pas une minute de libre jusqu'à la fin de l'année, répondit Lord Voldemort. Et je voudrais me faire une idée globale de tout ce que tu as écrit avant que nous commencions à composer.

Il avait déjà enfilé un pull qui trainait sur une chaise et se dirigeait vers la sortie de la pièce, et Hermione lui courut à moitié après. Mais elle n'était pour une fois pas vraiment ennuyée par son autoritarisme, ses pensées bloquées sur le fait qu'il avait dit qu'ils recommenceraient à composer. Ensemble.

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Lorsque Lord Voldemort se gara enfin devant son immeuble miteux, Hermione se tourna vers lui avec un air furieux sur le visage.

– Je n'ai jamais vu quelqu'un conduire aussi mal ! Tu es complément inconscient ! Nous aurions pu mourir au moins quarante fois en dix minutes !

Lord Voldemort haussa simplement les épaules avec indifférence et sortit de la voiture, immédiatement suivit par Hermione qui se rendit alors compte de la place où il venait de se garer.

– Eh ! Mais c'est la place handicapé, tu n'as pas le droit ! Voldemort ! Argh !

Il avait déjà grimpé les quelques marches qui menaient à l'interphone et Hermione finit par le rejoindre, son visage figé dans une expression de mécontentement. Franchement, il se croyait véritablement au-dessus des lois du commun des mortels.

– Tu devrais faire attention tu sais. C'est comme ça que les filles coincées attrapent des rides trop jeunes, fit remarquer Lord Voldemort en désignant son visage.

– Heureusement que tu mourras dans un accident de voiture avant de me voir avec des rides du coup, répondit Hermione en composant furieusement le code d'entrée.

Un bip retentit et il ouvrit la porte, lui faisait un signe mi galant, mi moqueur, pour qu'elle passe devant. Ils entendirent du bruit dans la cage d'escalier mais n'y prêtèrent guère attention, et Hermione se dirigea vers l'ascenseur.

– C'est charmant ici, commenta Lord Voldemort avec ironie.

– Je ne t'ai jamais demandé de venir, répliqua vertement Hermione.

L'ascenseur arriva dans un bip, et ils s'engouffrèrent dedans. Hermione appuya sur le troisième étage et Lord Voldemort émit un léger rire.

– Quoi ? demanda-t-elle en le foudroyant du regard.

– L'ascenseur pour aller au troisième ? Cela explique bien des choses.

Elle ne voulait même pas savoir ce qu'il sous-entendait. Certes, elle n'était pas la personne la plus athlétique du monde, mais ce n'était pas non plus comme si elle était grosse. Elle était parfaitement dans la norme. Et puis ce n'était pas comme s'il était lui un athlète professionnel non plus, il était DJ !

Hermione lui jeta un regard en biais, observant sa silhouette, et remarqua immédiatement que son pull était juste suffisamment ajusté pour souligner élégamment ce qui semblait être une musculature parfaite. Elle retint un grognement dépité.

– Tu sais quoi, tu as beau être un compositeur de génie Voldemort, en vrai tu es juste imbuvable, fit-elle.

– Parce que toi tu es l'exemple de la gentillesse même, et des dizaines d'amis se pressent a ta porte peut-être ? répondit-il avec sourire supérieur.

L'arrivée de l'ascenseur au troisième étage dispensa Hermione de commenter. Elle en sortit vivement et tourna à droite avant de se figer complétement.

– Hermione ! fit Harry, son soulagement parfaitement audible.

– Oh. Mon. Dieu, entendit-elle Ginny dire.

Devant Hermione se trouvaient Harry, Ginny, Ron, Neville et Luna, et tous fixaient maintenant un point au-dessus de son épaule droite. Hermione lança un coup d'œil derrière elle, espérant sans trop y croire que ce n'était pas Lord Voldemort mais n'importe quoi d'autre. Mais c'était bien sûr Lord Voldemort, son luxueux manteau ouvert sur son élégant pull, son visage figé dans un masque de froideur contrastant fortement avec l'attitude amusée qu'il affichait juste quelques secondes plus tôt.

– Heu salut, fit lamentablement Hermione.

Ginny ouvrit plusieurs fois la bouche comme pour dire quelque chose, mais n'y parvint visiblement pas.

– On va vous laisser, intervint précipitamment Neville. On ne faisait que passer.

Et aidé de Luna il entraina tous les autres dans les escaliers.

– J'espère qu'on te verra quand même mercredi prochain Hermione, lança Luna avant de disparaitre. Tu nous manques beaucoup.

– En même temps entre votre présence et celle de Lord Voldemort moi aussi je choisis celle de Lord Voldemort, entendirent-ils Ginny commenter d'un ton juste un peu trop fort pour être discret.

– Ginny ! s'exclama Harry avec indignation.

Il y eut des bruits de pas et des murmures précipités dans les escaliers pendant quelques temps, avant que le silence ne retombe complétement, ni Hermione ni Voldemort n'ayant bougé.

– C'était quoi ça ? demanda Lord Voldemort avec étrangement plus d'incrédulité que de dédain.

– La dizaine d'amis qui se pressent à ma porte, répondit Hermione avec satisfaction avant de rentrer sa clé dans la serrure.

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Forcément, ils avaient tous insisté pour absolument lui parler, et c'est pour cela qu'à la suite de son concert de jeudi soir, Hermione se rendit chez Harry et Ginny. Lorsque Ginny la fit rentrer dans l'appartement, ils étaient tous déjà là, et visiblement ils l'attendaient de pied ferme.

– Tu aurais pu nous dire que tu connaissais Lord Voldemort Hermione ! Cela nous aurait évité de devoir négocier avec Malefoy pour avoir des places, fit Neville avec une pointe d'humour.

– Ecoutez ce n'est pas ce que vous croyez, répondit Hermione avant de se rendre compte d'à quel point sa phrase était lamentable.

Elle enleva son manteau et se laissa tomber sur l'un des fauteuils. Elle était épuisée. La veille elle n'avait pas réussi à faire partir Lord Voldemort de chez elle avant trois heures du matin, l'homme étant rentré dans une frénésie de composition en déchiffrant ses différents brouillons. Elle avait dû se battre pour qu'il parte de chez elle – il avait l'air de considérer qu'elle ne pouvait pas avoir envie de dormir alors qu'elle était en présence de son incroyable personne –, et elle avait ensuite dû se battre pour ne pas qu'il emporte ses notes avec lui.

– La Bugatti garée devant chez toi c'était la sienne ? demanda finalement Ron.

– La voiture garée n'importe comment ? Oui c'était la sienne, répondit Hermione.

– Waouh, fit Ron avec admiration. Et tu es montée dedans ?

– On s'en fiche Ron, intervint Ginny. Qu'est-ce qu'il faisait avec toi hier soir Hermione ?

Hermione grimaça. À choisir elle aurait préféré que la conversation reste centrée sur la voiture.

– Je crois qu'on travaille ensemble, répondit-elle après quelques secondes de silence.

– Tu crois que vous travaillez ensemble ?répéta Neville avec incrédulité.

– Enfin, pas vraiment ensemble, se reprit Hermione. Il s'intéresse à ma musique. Comme sorte de source d'inspiration. Ou quelque chose du genre…

– Quoi ? s'insurgea Ron. Mais tu ne m'as jamais laissé voir aucun de tes morceaux !

– Et moi non plus ! compléta Ginny.

Les deux rouquins lui jetèrent un regard vexé et Hermione maudit Lord Voldemort dans sa tête. Elle aurait été ravie de continuer à ne pas partager sa musique avec qui que ce soit. La pensée que si Voldemort ne s'était pas lui-même introduit sans aucune gêne dans sa vie elle n'aurait jamais eu l'opportunité de composer avec lui et que cela aurait été vraiment dommage s'insinua dans sa tête mais Hermione l'ignora.

– Je ne lui ai rien montré du tout, fit-elle d'une voix plus forte. Les ouvreuses du Barbican Hall l'ont laissé rentrer dans ma loge il y a quelques semaines sans me demander mon avis et j'avais laissé trainer l'un de mes morceaux dedans !

– Il est venue te voir jouer à l'opéra ? demanda Luna.

– Ce n'est surement pas moi qu'il était venu voir, mais le concert en général. Il ne me connaissait pas avant.

Hermione garda sous silence qu'il était simplement venu pour pouvoir la ridiculiser. Elle n'avait aucune envie que ses amis se mettent en ordre de marche pour aller tenter de casser la figure à Lord Voldemort. Ils en étaient malheureusement capables.

– Et depuis vous travaillez ensemble ? demanda Harry d'un ton dubitatif.

– Pas vraiment, admit Hermione. C'est plutôt moi qui le regarde composer à partir de ma musique. Il… enfin… c'est assez incroyable de voir comment il transforme une idée en musique.

– Sans blague, commenta Ginny pince-sans-rire.

– De toute façon cela va surement se terminer très vite, reprit Hermione. Il est venu hier soir pour voir mes autres morceaux, et je suis assez certaine qu'il les a mémorisés en un coup d'œil. Peut-être qu'un jour je les retrouverai dans l'une de ses musiques.

– Attends, attends, fit Harry. Tu lui as donné tes morceaux comme ça ? Sans aucune contrepartie ?

– Je m'en fiche tu sais Harry, répondit Hermione. Je n'en aurais jamais rien fait de toute façon.

Elle aurait pu mentionner qu'elle avait signé un contrat avec lui. Cela aurait même été la bonne chose à faire, Harry faisant des études de droit. Plutôt du droit criminel, certes, mais il aurait tout de même compris bien mieux qu'elle ce que Lucius Malefoy lui avait fait signer. Mais Harry allait monter sur ses grands chevaux si elle mentionnait le contrat, et la discussion allait durer des heures et des heures. Tout cela alors qu'elle n'avait que faire du côté contractuel de sa collaboration avec Lord Voldemort. Et avait-elle déjà mentionné qu'elle était épuisée ?

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– Tu veux un autre verre de vin Hermione ? demanda Luna.

Hermione regarda la bouteille de vin blanc que la jeune fille blonde tenait et lui tendit son verre. Ce mercredi ils faisaient un repas de Noël entre amis proches, avant la fête une peu plus étendue qui devait avoir lieu pour le nouvel an dans quelques jours.

Elle sentit son téléphone vibrer dans sa poche pour indiquer un nouveau message mais ne le sortit pas. Ses parents savaient parfaitement où elle était, et ses plus proches amis étaient ici. Les autres pouvaient attendre.

– Merci Luna, fit-elle. Au fait Neville et Luna, vous avez fêté Noël de quel côté finalement ?

– Des deux ! répondit Neville avec un sourire. Le 24 au soir chez ma grand-mère, et le 25 midi chez le père de Luna.

De nouveau le téléphone de Hermione vibra, et de nouveau elle l'ignora.

– Lequel des deux repas était le plus étrange ? demanda Ginny.

– Match nul, fit Luna. La grand-mère de Neville nous a obligés à porter des habits de cérémonie tellement vieux que cela donnait l'impression d'être déguisés. Et mon père a voulu tester un fusil qu'il avait lui-même fabriqué. À table.

Ils éclatèrent tous de rire, et le téléphone de Hermione vibra une fois de plus, cette fois-ci pour un appel. Hermione le sortit finalement de la poche de son jean. Elle regarda le nom qui s'affichait, hésita à répondre, avant de se dire que si elle ne répondait pas elle allait surement se faire harceler toute la soirée.

– Désolée, il faut que je réponde, fit-elle en s'éloignant de la table.

Elle se refugia dans la cuisine et décrocha.

– Oui ?

– C'est pas trop tôt, fit une voix froide et Hermione regretta immédiatement d'avoir répondu.

– Figure-toi que je suis occupée, répondit-elle. Aussi étrange que cela puisse paraitre, ma vie ne tourne pas uniquement autour de toi.

– Tu ne sais pas ce que tu perds. Enfin, quoi qu'il en soit, viens au club Poudlard le 31 à 22h.

Hermione retint une exclamation étouffée. Même elle connaissait le Club Poudlard, la boite la plus select de Londres. Avoir une invitation pour s'y rendre était tout bonnement impossible pour le commun des mortels.

– Je ne vais pas pouvoir, je vais à une soirée avec des amis pour le nouvel an, indiqua-t-elle cependant.

– La bande d'idiots qui trainaient devant ton appartement ? Tu n'as qu'à les ramener aussi.

– Je ne suis pas sûre qu'ils soient d'accord. Et nous sommes un peu plus que cela.

Puis elle imagina la tête de Ginny si elle lui disait qu'elle avait refusé une invitation au Club Poudlard. Enfin, une invitation… lorsqu'il s'agissait de Voldemort c'était toujours plus des ordres que des invitations.

– Evidement qu'ils seront d'accord, c'est le Club Poudlard, répondit Voldemort avec mépris.

– Ecoute, je vais voir avec eux et je te dis, OK ? Tu es sûr de pouvoir tous nous faire rentrer ?

– Ne m'insulte pas s'il te plait.

Et il raccrocha sans un mot de plus. Hermione regarda un moment son téléphone, se demandant pourquoi elle acceptait encore de communiquer avec lui. Avant de se rappeler de la façon dont il composait, le visage concentré, ses longs doigts bougeant fluidement sur les différents instruments, ses cheveux parfaits entourant son visage aristocratique, son parfum subtil se diffusant autour de lui en même temps que son génie.

– C'était qui ? demanda Ginny qui ramenait un plat dans la cuisine.

Hermione sursauta presque, et se rendit compte que ses pensées avaient dérivé bien plus loin que ce qu'elles auraient dû.

– L'abruti le plus égoïste que j'ai jamais connu, répondit-elle avec ferveur.

Ginny la regarda avec des yeux ronds et Hermione soupira.

– Et si je te disais que j'avais peut-être un moyen de nous faire rentrer au Club Poudlard pour le nouvel an ?

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AN : Merci d'avoir lu.