Bonjour à tous,
Cinquième chapitre ci-dessous.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 5
Février
Hermione sortit de son concert du soir de mauvaise humeur. Le concert s'était bien passé pourtant. La direction de l'orchestre lui en avait bien sûr voulu de ne pas avoir été prévenue pour la sortie de « Phoenix », mais ils avaient été bien plus compréhensifs que ce à quoi Hermione s'attendait, se contentant de lui dire de les prévenir si jamais la situation se reproduisait. Il fallait avouer que la chanson avait indirectement augmenté la popularité de l'orchestre.
Non, ce qui rendait Hermione de mauvaise humeur, c'était que le numéro de téléphone que Ginny lui avait fournie deux semaines plus tôt était visiblement de nouveau public. Comment ? Par qui ? Elle n'en avait aucune idée. Mais le fait était qu'elle avait recommencé à recevoir de nombreux messages et de nombreux appels messages et appels qu'elle ignorait pour le moment avec autant de brio qu'elle avait ignoré les journalistes. Ces derniers au moins avaient fini par se lasser, et ne l'attendaient plus à la sortie de ses concerts.
Mais ses détracteurs et ses… admirateurs ? Fans ? Hermione ne savait même pas quel mot utiliser. Ces personnes n'en avaient visiblement pas encore marre d'elle, et lorsqu'elle était retournée dans sa loge ce soir, son téléphone était tellement saturé de messages qu'elle avait dû l'éteindre. Surement pour ne jamais le rallumer, ou tout du moins pas avec la même carte SIM.
C'était donc une Hermione d'assez mauvaise humeur qui sortit du Barbican Hall par la sortie des artistes, et son humeur devint véritablement meurtrière lorsqu'elle remarqua une Bugatti garée juste devant. Lord Voldemort en sortit un instant plus tard, et se dirigea à grands pas vers elle. Hermione se détourna immédiatement et commença à marcher dans la direction opposée, ignorant les battements erratiques de son cœur à la vue de la personne qu'elle détestait actuellement le plus au monde.
– Hermione ! l'appela Lord Voldemort.
Hermione soupira, avant de s'arrêter et de se retourner.
– Quoi ? demanda-t-elle avec acidité.
Voldemort vint se poster juste devant elle, et la regarda avec dédain.
– C'est quoi ton problème Hermione ? demanda-t-il sèchement. Pourquoi ne daignes-tu pas répondre à un seul de mes appels ?
Hermione le regarda avec incrédulité. Il ne pouvait pas être sérieux là. Il ne pouvait pas croire qu'après ce qu'il lui avait fait, elle aurait simplement été fâchée quelques jours avant d'accourir de nouveau vers lui. Mais Lord Voldemort avait l'air tout ce qu'il y avait de plus sérieux.
– Parce que comme je te l'ai déjà dit la dernière fois que nous nous sommes vu, je ne veux plus rien avoir à faire avec toi, répondit sèchement Hermione. Si tu veux te trouver un autre pigeon pour travailler avec, va voir ailleurs.
– Tu veux quoi, plus d'argent ? demanda alors Voldemort.
Hermione resta figée un instant, avant de comprendre qu'il ne voyait même pas le problème dans ce qu'il avait fait. Qu'il pensait que ce n'était pas grave de la faire passer pour une idiote, qu'il pourrait tout résoudre avec son influence ou son argent.
– Je me fiche de ton argent Voldemort, fit-elle. Ce que je te reproche c'est d'avoir publié cette musique avec mon nom dessus. Sans me prévenir. Et en me faisant signer un contrat qui t'autorisait à le faire sans le détailler explicitement. Tu as voulu avoir le champ libre avec ma musique ? Très bien. Tu l'as eu. Mais je refuse de continuer à travailler avec quelqu'un qui se croit tellement supérieur que peu importe ses actions, il sera forcément pardonné. Maintenant, pour la dernière fois, laisse-moi tranquille.
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Lorsque Harry arriva sur le palier de l'appartement qu'il partageait avec Ginny – et présentement Hermione – il faillit lâcher le sac de courses qu'il tenait à la main de surprise. Là, sur son palier, confortablement adossé à la chambranle de la porte de son appartement, se tenait Lord Voldemort.
– Hermione n'est pas là, fit-il sèchement.
Voldemort le regarda avec le même mépris que s'il était une tache sur ses habits.
– Ce n'est pas elle que je voulais voir, fit-il d'une voix froide. C'est avec toi que je voulais discuter, Harry Potter.
Harry le regarda avec étonnement, et il se demanda un instant si Lord Voldemort n'était pas venu se venger de lui pour avoir soutenu Hermione contre lui, avant de chasser cette pensée de son esprit.
– Discuter de quoi ? demanda Harry, toujours sur la défensive.
– De Hermione bien sûr, répondit le DJ. Je veux savoir ce qu'il faudrait que je lui donne pour qu'elle accepte de travailler de nouveau avec moi.
Harry éclata de rire.
– Hermione n'est pas le genre de personne à se laisser acheter par de l'argent.
Lord Voldemort se contenta de lever les yeux au ciel avec une exaspération bien visible.
– Penses-tu vraiment que j'aurais pris la peine de venir te parler si je ne savais pas déjà cela ? fit-il. Je veux justement savoir ce qui marcherait avec elle. Et si tu pouvais te dépêcher un peu… je n'ai pas toute la journée.
Le niveau de detestabilité de Lord Voldemort atteignait des sommets. Drago Malefoy était un enfant de cœur à côté de lui, ne put s'empêcher de penser Harry.
– Je ne vois vraiment pas pourquoi je ferais cela, répondit-il. Je n'ai aucune envie de voir Hermione tomber de nouveau dans tes filets.
– Je peux offrir un avenir brillant à Hermione, fit Voldemort. La célébrité, la reconnaissance de son talent, bien plus que ce que son orchestre peut lui offrir.
Lord Voldemort avait gardé un visage impassible, mais il y avait eu cette légère intonation dans sa voix, quelque chose qui ressemblait presque à un sentiment d'urgence, de besoin. Comme si Lord Voldemort, un homme que absolument tout le monde connaissait, un homme qui croulait sous l'argent et la célébrité, était attiré par le talent de Hermione au point de poursuivre ses amis, au point de supplier presque, sans peut-être même s'en rendre compte lui-même.
Et dans un flash Harry revit le bureau de Hermione lorsque Ginny, Ron et lui avaient été récupérer des affaires de Hermione à son ancien appartement à la demande de la jeune fille. Un bureau recouvert de partitions de musique, mais pas de la musique classique non. Des partitions des chansons de Lord Voldemort, gribouillées de notes et de commentaires de façon presque frénétique, presque obsessionnelle.
– Hermione n'a jamais recherché la célébrité, répondit Harry. Être la meilleure oui, et la reconnaissance de son talent, aussi. Mais une célébrité comme la tienne ? Pas vraiment, ou peut-être uniquement d'une façon très abstraite. Elle a toujours eu besoin de prouver qu'elle était la meilleure, et ces commentaires sur les réseaux sociaux, ces personnes au pied de son appart, ces journalistes, ces spéculations, ça va la détruire si elle ne trouve pas un moyen de leur rendre la monnaie de leur pièce.
– Elle devrait les ignorer, répondit Voldemort avec un brin de mépris. Elle a bien plus de talent qu'ils n'en auront jamais.
– Elle ne peut pas, elle ne sait pas comment faire, répondit Harry en haussant légèrement la voix. Ses numéros de téléphone deviennent publics en quelques jours, tout le monde sait qu'elle est violoniste au Barbican Hall, et son adresse a été publiée sur internet ! Ce n'est même pas que beaucoup de monde la harcelle, c'est juste que le peu qui le font ont tout ce qu'il faut pour lui pourrir sa vie. Si tu veux vraiment te réconcilier avec elle, rends-lui sa vie d'avant.
Et Harry passa à côté de Lord Voldemort, le fit se décaler d'un regard noir, et rentra dans son appartement sans un mot de plus. Il croyait quoi cet abruti, que Hermione était l'une de ses personnes qui donneraient tout pour un peu de célébrité ? Surement pas. Hermione était plus du genre à se battre pour les droits des immigrants qu'à adorer jeter de l'argent par les fenêtres.
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Vers la fin du mois de février, Hermione eut la très désagréable surprise de trouver Lord Voldemort dans sa loge à la sortie d'un concert.
– Sors de là ! fit-elle sèchement.
Son agressivité la surprit elle-même. Elle n'était pas du genre à être désagréable. Pénible, peut-être, mais désagréable, pas vraiment. Mais le voir là, dans sa loge, cela était comme rouvrir à vif la blessure de sa trahison. Et la simple pensée qu'elle prenait toujours cela comme une trahison ulcéra Hermione. Elle s'était répétée des milliers de fois qu'elle n'avait rien à attendre de lui, que cela avait été stupide d'avoir de l'espoir, mais le fait était qu'elle y avait tout de même cru au fond d'elle. Cru qu'il la trouvait vraiment intéressante. Cru qu'ils pourraient effectivement collaborer ensemble.
Mais non, Lord Voldemort s'était joué d'elle, et elle n'avait pas été meilleure que toutes les autres idiotes dont il s'était joué. Et même si elle détestait cette sensation, elle ne pouvait empêcher tout son être de souffrir de la simple présence de Lord Voldemort.
– Je m'en vais d'ici quelques secondes, répondit Voldemort. Je suis venu t'apporter quelque chose.
Il posa un téléphone, un carnet, et un post-it sur l'une des tables, et Hermione lui jeta un coup d'œil interrogateur en croisant résolument ses bras sur sa poitrine. Qu'il parte, et qu'il parte vite.
– Personne ne sera en mesure de se procurer le numéro de la SIM dans ce téléphone, fit Voldemort. C'est prépayé. Utilise le téléphone pour rester en contact avec ta famille et tes amis. Là, tu trouveras les contacts d'agents pouvant t'indiquer comment gérer ton image publique. Ça, c'est l'adresse d'un appartement proche de chez tes amis. Il est pour toi.
Puis Lord Voldemort sortit effectivement de sa loge, sans que Hermione n'ait prononcé un seul mot, et la jeune fille resta figée sur place un long moment, ne sachant pas quoi penser de ce qui venait de se passer.
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– Il t'a donné l'adresse d'un appart ? s'exclama Ginny. Il a fait quoi, il en a sécurisé la location pour toi ? Il ressemble à quoi ?
– À un grand brun imbuvable aux yeux noirs, répondit Ron. Parait qu'il est DJ.
– Ron ! réprimanda Ginny. Tu crois vraiment que c'est le moment de démontrer ton manque d'humour ?
Ron fit comme s'il ne l'avait pas entendue et Ginny lui jeta un coussin dessus.
– Alors Hermione, il est comment l'appart ? demanda Ginny.
– Je n'ai pas été voir, répondit Hermione. Pas encore. Je compte le faire vite bien sûr, je ne veux pas m'imposer trop longtemps chez vous. Mais c'est juste… bizarre non ? Pourquoi il a fait ça ?
– Tu es la bienvenue ici aussi longtemps que tu le souhaites Hermione ! répliqua Ginny. Contrairement à Ron qui est ici on ne sait pas trop pourquoi…
– Je suis venu dès que j'ai appris que Hermione avait revu Voldemort ! Je voulais savoir si elle lui avait mis une droite ou pas. Je dois avouer que je suis déçu.
Cela arracha un léger sourire à Hermione.
– Il a probablement fait ça pour s'excuser Hermione, répondit Harry.
– Il m'a trouvé un nouvel appartement pour s'excuser ? s'exclama Hermione. Mais c'est complètement stupide ! J'aurais pu trouver une nouvelle location moi-même !
Harry sembla légèrement gêné et Hermione lui lança un regard perçant.
– Toi, tu sais quelque chose, fit-elle.
Harry haussa les épaules avec fatalisme.
– Il est venu me voir un jour pour me demander comment faire pour s'excuser, avoua Harry.
– Pardon ? s'écria Ginny d'un ton indigné. Pourquoi je n'étais pas au courant ?
– Il t'a demandé comment faire pour s'excuser ? répéta Hermione avec incrédulité.
Le mot excuse ne collait pas vraiment avec le personnage.
– Il ne l'a pas dit comme ça bien sûr, fit Harry. Mais c'était le fond de ce qu'il voulait, reprendre contact avec toi. Et du coup je lui ai dit que s'il voulait vraiment reprendre contact avec toi, il fallait d'accord qu'il rattrape sa bourde avec la publication de ton nom et tout ce qui va avec.
– Et du coup il s'est arrangé je ne veux pas savoir comment pour que je puisse louer un nouvel appart ?
– Nous n'en saurons pas plus avant d'aller voir, intervint Ron. C'est où ?
– À quelques rues d'ici, répondit Hermione.
Vingt minutes plus tard ils se trouvaient devant l'entrée d'une résidence tout ce qu'il y avait de plus chic, entrée présentement gardée par un portier.
– Mesdames, Messieurs, bonsoir, fit le portier. Je vais avoir besoin de vos noms pour vous laisser rentrer, et du nom de la personne que vous visitez.
– Heu, répondit Hermione d'une voix incertaine. Je m'appelle Hermione Granger et on m'a dit que…
– Ah, c'est vous Mademoiselle Granger ! s'exclama le portier avec ravissement. Je ne savais pas quand vous alliez arriver. Venez, venez, je vais vous conduire à l'appartement.
Quelques minutes plus tard ils étaient dans l'appartement, seuls, et le portier était retourné s'occuper de ses affaires.
– Bon, eh bien ce n'est décidément pas un petit studio minable, commenta Ron.
– Non, vraiment pas, approuva Ginny.
Et pour cause, un appartement de deux pièces de quatre-vingt-dix mètres carrés était loin d'être minable pour les standards de Londres. Sans même compter le balcon, la vue magnifique, et l'ameublement des plus élégants.
– Ce serait juste le rêve de vivre là, fit Ginny d'une voix rêveuse.
– Un rêve irréalisable malheureusement, répondit Hermione. Je ne vais jamais pouvoir me payer le loyer probablement astronomique de cet endroit.
– Il n'y a pas de loyer, intervint Harry.
Il agitait un tas de papiers, qu'il venait visiblement de trouver sur l'une des commodes du salon.
– Il ne t'a pas sécurisé la location d'un appart Hermione, il t'a filé un appart, continua Harry. L'appart t'appartient, les papiers sont à ton nom.
– Pardon ? fit Hermione. Tu te fiches de moi là ?
Harry lui tendit les papiers, et Hermione les parcourut au vol, et constata qu'il avait raison.
– Mais pourquoi est-ce qu'il m'a offert un appart ? demanda Hermione avec perplexité.
– Parce qu'il est stupide, répondit Harry. Parce que c'est ce qu'il a dû considérer comme étant normal pour s'excuser cet idiot, et que comme j'imagine qu'il ne s'est jamais excusé auprès de quelqu'un auparavant, il a fait ça n'importe comment.
– Vous pensez vraiment que c'est un geste d'excuse ? demanda Hermione. Et pas une nouvelle façon de se jouer de moi ?
Il y eut dans sa voix une note d'espoir et Hermione se détesta immédiatement pour cela. Elle ne voulait plus rien avoir à faire avec Lord Voldemort. Elle ne voulait plus jamais travailler avec ce génie. Elle ne voulait plus jamais revoir sa silhouette parfaite. Ni son sourire charmeur. Ni rien, rien du tout de cet homme trop parfait qui en était même venu à hanter ses rêves dernièrement.
– J'éviterais d'être aussi enthousiaste si j'étais toi, tempera Harry. Lord Voldemort est un enfoiré imbu de lui-même qui semble être obsédé par ton talent, voire par toi. Si tu retournes vers lui, il est fort probable qu'il te blesse de nouveau, ou qu'il te fasse un nouveau coup bas.
– Franchement Harry, fait un peu confiance à Hermione, intervint Ron. Lord Voldemort peut être aussi célèbre qu'il le veut, Hermione ne se laissera pas marcher sur les pieds une deuxième fois. Rappelons-nous qu'elle a la gifle facile.
– Ron ! s'insurgea Ginny.
– Quoi ? C'est vrai ! répondit Ron. Regardez le regard meurtrier qu'elle est en train de me lancer là !
– Si tu veux y aller, vas-y Hermione, fit Ginny. Ne serait-ce que parce que si tu ne le fais pas, tu le regretteras.
Hermione leva les yeux au ciel. Ses amis étaient ridicules, mais elle n'aurait pu en rêver des meilleurs.
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Mars
Harry fit tourner les clefs dans la serrure et rentra chez lui, son regard tombant immédiatement sur Ginny qui était en train de faire des étirements dans le salon.
– Tu as regardé le courrier ? demanda Ginny.
– Il n'y avait rien, fit Harry. Hermione n'est pas là ?
– Nop, répondit Ron en sortant de la cuisine une bouteille de bière à la main.
Le regard de Harry se tourna immédiatement vers son meilleur ami.
– Qu'est-ce que toi tu fais là ? demanda-t-il tout en cherchant frénétiquement dans sa tête s'il n'avait pas oublié un évènement important.
Ron se laissa dramatiquement tomber dans l'un des fauteuils.
– Ah ! s'exclama-t-il. Cela fait plaisir de voir à quel point ma présence te rend heureux ! Et moi qui pensais que nous étions proches !
– Il est là parce que je l'ai prévenu que Hermione était partie voir Voldemort, intervint Ginny tout en continuant ses étirements.
– Pardon ? fit Harry.
Cela faisait deux semaines que Hermione tergiversait constamment à propos de Lord Voldemort, ne se décidant pas à le recontacter, mais en souffrant très visiblement.
– Tu m'as bien entendue, confirma Ginny.
Harry fronça les sourcils, et il se demanda un instant si cela ne valait pas le coup d'aller immédiatement chez Lord Voldemort pour en récupérer Hermione. Mais c'était le choix de Hermione, pas le sien…
– J'aime pas ce type, grommela-t-il.
Ginny et Ron éclatèrent de rire.
– Je crois que c'est assez évident, commenta Ron. Moi, j'en viendrais presque à le plaindre. Hermione est terrifiante lorsqu'elle s'y met. Je suis sûr que c'est elle qui va finir par mener la danse.
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Dire que Hermione était angoissée lorsqu'elle se présenta chez Voldemort était un euphémisme. Elle aurait presque voulu faire demi-tour. Mais trop vite elle fut introduite dans l'imposant manoir, trop vite l'un des habituels majordomes lui fit monter les marches jusqu'au studio de musique, et trop vite elle se retrouva à attendre devant la porte alors que Crabbe allait voir si Lord Voldemort était enclin à la recevoir maintenant.
– Vous pouvez rentrer mademoiselle.
Trop vite. Hermione regarda un instant d'un air perdu le majordome, qui se contenta de lui faire signe de rentrer dans le studio de musique. Pour la énième fois depuis qu'elle s'était décidée à finalement venir, Hermione eut envie de faire demi-tour et de s'enfuir. Mais elle savait que Ginny avait raison. Si elle ne tentait pas le coup, elle le regretterait surement toute sa vie.
D'un pas moins assuré que ce qu'elle aurait voulu, Hermione pénétra dans le studio de musique. Immédiatement son regard se porta sur Lord Voldemort et son souffle se coupa. Comme si ne pas l'avoir vu plus de quelques secondes pendant plus de deux mois lui avait fait oublier à quel point il était beau. Surtout lorsqu'il la fixait, régalement assit dans sa chaise habituelle, ses cheveux très légèrement désordonnés prouvant qu'il devait être en train de composer juste avant.
– Tu aimes ce que tu vois ?
Cela eut le mérite de faire immédiatement sortir Hermione de sa léthargie.
– C'était le cas jusqu'à ce que tu ouvres la bouche, répondit-elle.
Un léger, très léger sourire apparut sur le visage de Lord Voldemort.
– Toujours aussi charmante à ce que je vois, commenta Voldemort.
– Je suis venue discuter, fit Hermione.
Le haussement de sourcil dubitatif de Lord Voldemort fit lever les yeux au ciel de Hermione. Dieu ce qu'il était énervant. Dieu ce qu'elle avait envie d'écraser son poing sur son visage suffisant. Dieu ce qu'elle avait envie de savoir ce que cela ferait de l'embrasser.
Hermione se figea à sa dernière pensée, fronçant les sourcils, et décida qu'il était plus que temps de se concentrer sur pourquoi elle était venue en premier lieu.
– Tu as vraiment le chic pour rendre tout plus difficile que cela ne devrait être, fit-elle d'un ton accusateur. Je suis venue discuter, si ça t'intéresse toujours de travailler avec moi bien sûr.
– Pourquoi pas… répondit Voldemort d'un ton légèrement trainant.
Ce fut au tour de Hermione d'afficher un air dubitatif. Quel hypocrite. Comme s'il ne l'avait pas inondée de messages au début de l'année. Mais visiblement c'était à elle de faire preuve de maturité.
– Moi cela me plairait grandement de travailler avec toi, avoua-t-elle. Mais pas comme ce que tu as fait avant. Sans que tu essayes de me doubler ou quoi que ce soit.
– Je me suis déjà excusé ! affirma Voldemort.
Ainsi Harry avait eu raison. Il avait vraiment voulu s'excuser.
– Ce n'était pas vraiment des excuses… commença Hermione.
– Je t'ai acheté un appartement Hermione, qu'est-ce qu'il faut que je fasse de plus ? s'indigna Voldemort.
Il s'était levé au passage, et Hermione se rendit compte que son agressivité semblait en réalité cacher son incertitude, comme s'il ne savait vraiment pas comment les gens normaux s'excusaient.
– Je… Ok. Très bien. Très bien. J'accepte tes excuses, fit Hermione avec une certaine lassitude. Mais je ne veux pas de l'appart, j'en ai rapporté les clefs, et les documents.
Voldemort sembla sur le point de répliquer quelque chose mais Hermione ne le laissa pas intervenir.
– Par contre je veux un autre contrat à la place, fit-elle avec force. Un contrat entre toi en moi, fait en présence de nos agents. Je ne veux pas que tu puisses faire n'importe quoi sans mon consentement, et c'est globalement tout ce que je demanderai.
Voldemort acquiesça presque distraitement, et se rapprocha d'elle avec une expression étrange sur son visage parfait, une expression que Hermione aurait presque pu qualifier d'espiègle.
– Je compte faire d'autres chansons avec ta musique, j'ai déjà des idées, fit-il.
– Ok, répondit Hermione, un peu étonnée par le brusque changement de sujet.
– Un album complet peut-être, avec un fil conducteur de bout en bout, continua Voldemort.
– Ok ?
Il était juste devant elle maintenant, juste un peu trop proche, et avec un sourire juste un peu trop satisfait.
– Avec une tournée ensuite, l'automne prochain.
– Euh, très bien.
– Il faudra que tu m'accompagne bien sûr.
– Pardon ?
– Et puis vu tout le travail qu'i faire, il faudra trouver un arrangement avec ton orchestre.
– Je ne suis pas sûre de…
– Arrête Hermione, l'interrompit Voldemort. Tu voulais que je te prévienne en avance, je te préviens en avance. Et si tu es venue ici, c'est que tu veux travailler avec moi. Et je ne fais jamais les choses à moitié.
– Sans blague. Mais n'est-ce pas un planning un peu trop ambitieux ?
– Il n'y a pas de planning trop ambitieux, seulement des gens trop médiocres pour suivre.
Il y avait une note de défi très claire dans son ton, et Hermione se redressa inconsciemment alors qu'un sourire narquois se dessinait sur son visage.
– J'espère que tu n'auras pas trop de mal à suivre alors, fit-elle.
Voldemort éclata de rire.
– Quand es-tu disponible pour revoir le contrat ? demanda Voldemort.
– Je vais voir avec mon agent, et je te tiens au courant.
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Lord Voldemort avait tellement poussé Lucius pour que cette rencontre se fasse vite, et il avait été tellement convaincu que Hermione avait été piocher dans son carnet de recommandations pour trouver un agent, qu'il n'avait même pas pris la peine de demander à Lucius de faire des recherches sur qui pouvait bien être l'agent de Hermione Granger. Nott surement. Ou peut-être Avery la connaissant.
Il était presque fébrile. Il avait cru à un moment que Hermione Granger ne reviendrait pas. Qu'il pourrait jeter à l'eau tous ses projets actuel sur sa musique, car même s'il avait les droits dessus, il n'aurait pu faire quelque chose de parfait sans son aide. Et Lord Voldemort ne publiait que des morceaux parfaits.
Mais elle était finalement revenue, et pour les mois qui venaient elle allait indiscutablement rendre sa vie moins morne. Elle avait du talent, elle avait du caractère, et elle était intéressante. Plus que les autres. Bien plus que les autres.
– Mademoiselle Granger et son agent sont arrivés, fit Goyle en passant une tête dans le bureau de Lord Voldemort.
Lucius se leva, s'apprêtant à accueillir poliment leurs visiteurs, alors que Lord Voldemort faisait signe à Goyle de les introduire.
Hermione Granger rentra en premier, le visage étrangement neutre, mais une lueur malicieuse dans son regard qui fit plisser des yeux Lord Voldemort. Et là, juste derrière elle, le deuxième visiteur entra dans le bureau, et Lord Voldemort dut faire un effort pour ne pas jurer à haute voix.
– Bonjour Tom, cela faisait longtemps, fit Albus Dumbledore.
Lord Voldemort jeta un coup d'œil meurtrier à Hermione, qui lui répondit par un sourire qu'il ne pouvait que qualifier de carnassier. Il savait qu'elle avait fait cela en toute connaissance de cause. Elle avait réussir à choisir le seul agent que Lord Voldemort ne pouvait pas supporter.
– Ne m'appelez pas comme ça, répondit Lord Voldemort d'une voix qui avait terrifié un bon nombre de gens.
Mais évidement Albus Dumbledore se contenta se sourire largement, tout en se débarrassant de l'atrocité jaune et violette qui lui servait de manteau.
– Ah, mais c'est que je ne pourrai jamais m'empêcher de me rappeler le jeune homme frêle que tu étais lors de ton adolescence Tom, fit Dumbledore.
– Vous avez connu Tom durant son adolescence ? intervint Hermione. Comme c'est intéressant…
Et elle fit un nouveau sourire carnassier à Voldemort. Et malgré son énervement, celui-ci ne put s'empêcher d'y répondre. Il ne regrettait pas un seul instant d'avoir rencontré Hermione Granger. Et il ne la laisserait plus partir.
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Septembre
– Oh mon Dieu ! s'écria Ginny. Harry ! Harry ! Vient voir !
Harry se retourna vivement, cognant sa tête sur le meuble de la salle de bain, et se dirigea ensuite en jurant vers le salon.
– Quoi Ginny ? demanda-t-il.
C'était mercredi soir. Dans à peine une dizaine de minutes Ron, Neville et Luna viendraient sonner à leur porte, et il venait à peine de sortir de la douche.
– Ils sont ensemble ! fit Ginny avec beaucoup trop d'enthousiasme.
– Qui ? demanda Harry d'une voix blasée.
Il adorait Ginny. Diable, il aimait Ginny plus que tout au monde. Mais il devait avouer qu'elle avait un peu trop tendance à s'intéresser aux différents ragots à son goût.
– Hermione et Voldemort ! fit Ginny. Regarde !
Et elle lui planta son téléphone sous les yeux alors que Harry n'avait toujours pas enregistré ce qu'elle venait de dire. Le regard de Harry se posa d'abord sur le titre de l'article que Ginny montrait – « Lord Voldemort et Hermione Granger surpris en train de s'embrasser à la sortie de leur concert à New York » –, puis sur la photo, qui laissait peu de place à une quelconque autre interprétation.
– Je vais le tuer ! rugit Harry.
Ginny le regarda comme s'il était idiot. Un regard qu'il avait souvent reçu cette année.
En mars, juste après que Hermione ait signé son nouveau contrat avec Voldemort, lorsqu'il avait dit que franchement, il comprenait que Lord Voldemort puisse avoir du talent, mais que ce n'était pas non plus une raison pour s'engager à passer autant de temps avec cet enfoiré encore plus imbu de lui-même qu'un Malefoy.
En avril, lorsqu'il avait refusé en premier lieu d'admettre que les deux nouvelles chansons de Voldemort étaient bien. Il ne l'avait d'ailleurs finalement admis que parce que c'était des chansons écrites avec Hermione, et que Hermione méritait largement tout son soutien, elle.
En juin, lorsqu'il avait demandé si Hermione et Lord Voldemort avaient vraiment besoin d'être aussi proches l'un de l'autre sur la couverture de leur album, ainsi que durant la plupart des interviews qui avaient suivi où ils avaient affiché une sorte de complicité mêlée de compétitivité plus que louche.
En août, lorsqu'il avait tenté de dire à Hermione que c'était de la folie de faire une tournée de vingt concerts dans tous les coins du monde avec pour seule compagnie Voldemort et sa bande de sous-fifres, qu'il y avait une chance sur deux pour qu'il l'assassine dans une ruelle sombre, et une chance sur deux pour qu'il profite d'elle.
Et visiblement maintenant, en septembre, alors qu'il avait pourtant enfin la preuve sous les yeux que Lord Voldemort essayait encore de lui faire du mal, alors qu'il était clairement loin d'être assez bien pour Hermione.
– Tu es encore plus protecteur que Ron, ma parole, soupira Ginny. Hermione est tout à fait capable de se défendre.
– Je suis sûr qu'il a abusé d'elle d'une façon ou d'une autre, fit Harry.
Ginny secoua la tête, avant d'afficher les messages de son téléphone, et de cliquer sur sa dernière conversation avec Hermione.
« On vient de voir les news, » écrivit-elle. « Harry se demande s'il faut qu'il prenne un billet d'avion pour défendre ton honneur. »
– Hey ! protesta Harry.
Mais Ginny avait bien sûr déjà envoyé son message. Elle s'apprêtait à reposer son téléphone lorsque le symbole indiquant que Hermione était en train de composer une réponse apparut sur l'écran.
« Cela ne m'étonne pas de lui. »
Harry pinça les lèvres, imaginant le ton narquois de Hermione. Très bien, il avait compris. Il ne s'inquièterait plus pour personne. Tant pis pour eux.
« Hermionnneeee ! N'essaye même pas de ne pas me répondre! Je veux savoir. »
« Quoi, s'il embrasse mieux que ton frère ? »
– Eurk, commenta Harry. Je ne veux pas savoir ça. Je ne veux surtout pas savoir ça.
« Entre autre. Et, pour la tranquillité d'esprit de Harry, s'il ne t'a en aucun cas forcé. »
« Tu diras à ton copain qu'il est pire que Ron. »
Harry jeta un regard noir au téléphone alors que Ginny rigolait.
« Et non, bien sûr que non qu'il ne m'a pas forcée. Hier soir était la soirée la plus magique de toute ma vie. Et je ne sais pas combien de temps ça va durer, je ne sais même pas si ça va se reproduire, mais tant que ce sera le cas j'en profiterai. Jamais personne ne m'a autant donné envie de donner le meilleur de moi-même. »
Ginny se tourna vers Harry avec un sourire satisfait.
– Alors, content ? fit-elle.
– Mouais, répondit Harry à contrecœur.
Et une part de lui ne pouvait que se réjouir du fait que Hermione ait enfin trouvé quelqu'un qui lui faisait ressentir la même chose que lui faisait ressentir Ginny.
« Et oui, il embrasse mieux que Ron. »
– Je ne voulais pas savoir ! s'écria Harry alors que Ginny éclatait de rire.
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AN : Merci d'avoir lu.
