Bonjour à tous,
Ci-dessous l'épilogue.
Bonne lecture,
Perhentian
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Epilogue
Février
– Je suis vraiment obligé de venir ? demanda Voldemort.
Hermione lui lança un regard qui signifiait clairement qu'il s'était déjà beaucoup trop plaint. Cela ne l'empêcha pas de continuer. Après tout, il avait des vraies raisons de se plaindre.
– Ce n'est pas parce que je te supporte toi que je dois les supporter eux ! fit-il.
– Tu as dit que tu étais d'accord pour venir, pointa Hermione.
Et il y avait cette légère trace de menace dans son ton qui arracha un sourire à Voldemort.
– Uniquement pour que tu me fiches la paix, répondit-il avec mauvaise foi.
Après tout, il était aussi venu parce que le fait de subir cette soirée lui permettrait certainement de négocier pas mal de choses dans le futur. Comme peut-être une petite escapade à Ibiza en tête-à-tête avec Hermione pour aller profiter un peu du soleil, sans qu'elle ne refuse parce que prendre le jet privé juste pour quelques jours n'était vraiment pas écologique.
– Parfois tu es vraiment insupportable Tom, soupira Hermione.
– Je vais prendre cela comme un compliment, répondit-il.
Hermione leva les yeux au ciel et appuya finalement sur la sonnette. La porte s'ouvrit quelques instants plus tard pour révéler l'amie rousse de Hermione. Ginevra Weasley, 21 ans, handballeuse professionnelle avec un talent soi-disant impressionnant, et petite amie du nid d'oiseaux.
– Hello Hermione, et bienvenue Tom. Rentrez, rentrez ! fit la rousse.
Voldemort lança un regard meurtrier à Hermione que celle-ci fit semblant de ne pas avoir vu. Evidement qu'elle avait dit à ses amis son vrai nom, surement sous un prétexte absurde du genre que ce serait soi-disant mieux pour se connaitre. Vraiment, Dumbledore méritait de mourir étouffé par ses habits abracadabrants pour avoir en premier lieu révélé son nom.
Il suivit Hermione, pénétrant dans l'appartement de Ginny Weasley et Harry Potter d'un pas méfiant. Pourquoi n'avaient-ils pas accepté de faire cette stupide soirée du mercredi soir dans l'appartement qu'il avait offert à Hermione – qu'elle avait fini par accepter lorsqu'il lui avait remis les clefs une deuxième fois pour Noël –, c'était au-dessus de ses capacités de compréhension. Une stupide histoire de tradition soi-disant.
Il observa d'un œil critique l'appartement alors que Hermione se penchait vers son amie. Un petit salon, avec des meubles qui avaient vu des meilleurs jours, et décoré dans des tons rouges et orangés atroces. Fantastique. Ce n'était pas un week-end prolongé à Ibiza que Hermione lui devrait, mais une année entière loin de Londres.
– Tu es étrangement bien habillée, entendit-il Hermione dire à mi-voix à la Weasley.
Il y eut un rire léger avant que l'autre ne réponde.
– Ah, ne te sens pas menacée, je ne compte pas voler ton homme. J'ai juste fait cela pour énerver Harry. Il a encore attendu le tout dernier moment possible pour réserver des billets pour aller passer un week-end à Paris au printemps, et forcement c'était devenu hors de prix.
Cette fois-ci ce fut Hermione qui rigola, alors que Voldemort laissait à contrecœur un micro sourire s'afficher sur son visage.
– Je prends vos manteaux si vous voulez ? fit ensuite Ginny Weasley d'une voix plus forte.
Hermione acquiesça en lui tendant son manteau, et Voldemort fit de même après un instant d'hésitation. Il espérait que le mauvais gout de l'endroit n'allait pas déteindre dessus.
– Venez-vous asseoir, ne restez pas plantés dans l'entrée !
Voldemort se tourna vers l'origine de la voix importune, et tomba sur un grand roux avachi dans le canapé. Ronald Weasley, l'un des deux meilleurs amis de Hermione, actuellement en école de commerce.
– On arrive Ron, lui répondit sa sœur.
Il y eut ensuite un cri de douleur provenant d'une pièce attenante, suivit d'un juron, et la Weasley se précipita là-bas.
– Tout va bien Harry ? fit-elle.
Des grognements indistincts lui répondirent alors que Hermione forçait Voldemort à se rapprocher des canapés en lui attrapant traitreusement le bras.
– 10 livres qu'il vient de s'ouvrir la main avec le décapsuleur, fit la seule fille blonde alors que Voldemort s'asseyait avec reluctance juste à côté de Hermione.
Luna Lovegood, fille d'un journaliste animalier complétement cinglé, et faisant des études de zoologie. Probablement timbrée elle aussi.
– Personne ne va parier avec toi Luna, tu gagnes beaucoup trop souvent tes paris, fit un jeune homme débonnaire assit juste à côté de Luna.
Neville Londubat, biologiste en devenir, et l'une des personnes les plus gentilles sur Terre selon Hermione. Surement ennuyant au possible en avait déduit Voldemort. Il commençait d'ailleurs de plus en plus à regretter d'avoir cédé aux multiples demandes de Hermione de rencontrer ses amis.
– Dommage, parce que ce n'était pas le décapsuleur mais le tire-bouchon, intervint Ginny Weasley en revenant dans le salon en compagnie d'un Harry Potter renfrogné.
Lui, Voldemort ne l'aimait décidément pas, et c'était incontestablement réciproque, mais ce n'était pas comme s'ils pouvaient donner libre court à leur haine en la présence de Hermione.
La Weasley et Potter déposèrent sur la table basse au milieu deux bouteilles de vin ouvertes, plusieurs bières et des chips. C'était donc ça les fameuses soirées du mercredi. Passionnant, vraiment. Hermione lui donna un léger coup de coude, comme si elle avait lu ses pensées, et Voldemort fit un effort surhumain pour masquer son dédain.
– Tu veux quoi Tom ? Bière ou vin ? demanda Potter avec une animosité presque imperceptible.
Que Potter arrête de lui parler était certainement ce qu'il voulait le plus, mais le monde était parfois vraiment trop cruel.
– Une bière, répondit-il finalement à contrecœur.
Il ne faisait pas vraiment confiance à la qualité du vin que cette bande d'idiots achetaient. Ils auraient dû ramener du vin au lieu du stupide gâteau que Hermione avait remis à Ginny Weasley. Enfin, au moins il était certain que le dessert serait mangeable…
Harry Potter décapsula une bière qu'il lui tendit, avant de servir quelque chose à chacun de ses amis – Hermione prit un verre de blanc –.
– À quoi buvons-nous ? demanda Luna Lovegood.
– Au fait que Hermione nous fasse enfin grâce de la présence de son copain ? proposa Ron Weasley.
Pitié non.
– Vraiment Ron ? intervint heureusement la Weasley. Pourquoi ne pas boire plutôt à ta petite copine ?
– Pardon ? s'exclama Potter.
– Ginny je t'interdis de parler de ça ! s'insurgea Ron Weasley.
– De quoi ? Du fait que tu sors avec Daphné Greengrass ? Oups… vraiment désolée…
Le sourire vindicatif de Ginny Weasley prouvait qu'elle n'était vraiment pas désolée. Du tout.
– Un jour je vais te tuer, grommela son frère.
– Nop. Nop, nop nop. Le risque d'affronter les foudres de maman est bien trop grand, répondit Ginny.
Sans même s'en rendre compte, Voldemort commença à se détendre. Aucun d'entre eux ne l'avait agressé pour avoir un autographe. Aucun d'entre eux ne semblait même absolument vouloir une minute de son attention comme c'était toujours le cas de toutes les personnes qu'il rencontrait. Même s'il supposait que Hermione avait surement fait passer des instructions pour éviter cela, sachant son mépris profond pour l'adulation que lui portait la foule, sauf lorsque cela lui était profitable d'une manière ou d'une autre. Et comme Voldemort savait que Hermione ne lui pardonnerait pas de profiter d'une façon ou d'une autre de ses amis, il n'avait aucun intérêt à les charmer, et pouvait donc simplement profiter de l'espace qu'ils lui laissaient.
– Attendez, attendez, est-ce que on peut revenir au fait que Ron sort avec Daphnée Greengrass ? fit Neville Londubat. Comment et quand ?
– Ginny est devenue une bonne amie d'Astoria, fit Potter.
– Et avec Astoria Greengrass, vient Daphné Greengrass, compléta Ginny.
Ron Weasley leur lança un regard trahi qui fit rire Potter, la Weasley et Hermione.
– Astoria Greengrass, n'est-ce pas l'amie de mini-Lucy ? intervint Voldemort.
– Effectivement, lui répondit Hermione.
– Mini-Lucy ? fit Potter. Oh c'est magnifique, je vais l'appeler comme ça la prochaine fois !
– Ça a l'avantage d'énerver le père et le fils en même temps, avoua Voldemort.
Et voir Lucius se retenir d'afficher son mécontentement devant lui était toujours très plaisant.
– Encore mieux, commenta Harry. Parce que entre Ginny amie avec Astoria, et Ron qui nous trahi en sortant avec Daphné, je sens qu'on va devoir encore plus souvent supporter mini-Lucy.
Voldemort ne put s'empêcher d'afficher un sourire narquois en imaginant la tête de Drago Malefoy.
– Vous êtes vaches, fit Neville. Il s'est beaucoup amélioré ces derniers temps. Il ne m'a même pas insulté la dernière fois que nous nous sommes croisés seuls. Enfin, si, mais qu'une seule fois.
– C'est indiscutablement un progrès, nota Hermione.
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Hermione regarda du coin de l'œil Tom alors que Harry et Ginny apportaient les pizzas. Elle ne pouvait nier qu'il faisait un véritable effort pour se comporter correctement. Surtout que cela faisait des jours qu'il se plaignait de devoir passer une soirée avec des gens médiocres, dans un appartement médiocre, à manger des choses médiocres.
Le voir fixer étrangement les pizzas arracha un sourire en coin à Hermione. Etait-ce de l'envie qu'elle pouvait percevoir au fond de ses yeux ? Oui, oui, c'était indubitablement quelque chose y ressemblant, et Hermione faillit éclater de rire. Mais elle se retint pour Tom, parce qu'elle savait quel effort il mettait à être toujours au sommet de tout et de tout le monde, n'écoutant que les meilleures musiques, ne regardant que les meilleurs films, ne mangeant que dans les meilleurs restaurant, ne s'habillant que chez les meilleures créateurs.
Il y avait tout au fond de Tom une ambition à ne jamais se satisfaire d'autre chose que de la perfection, une volonté de jamais, jamais se retrouver de nouveau dans la même situation que durant son enfance, une enfance où Hermione avait fini par deviner que Tom avait été moqué et maltraité pour son intelligence, une enfance d'où il avait tiré son mépris de l'ordinaire, du commun, et qui, en quelque sorte, l'avait poussé à s'élever au-dessus des autres, tout en lui faisant oublier au passage qu'il pouvait y avoir de la joie de vivre venant d'autre chose que de la sensation d'être supérieur.
– Bon, alors, on a pris une quatre fromage, une peppéroni, une reine et une quatre saisons, fit Harry. J'espère que cela convient à tout le monde.
Il y eut des murmures d'approbation, et Ron distribua des assiettes et des couverts, avant de recouper les pizzas correctement.
– Servez-vous, fit-il finalement.
Tous se jetèrent plus ou moins sur les pizzas, Harry et Ron avec le plus d'enthousiasme, et Tom avec une attitude qui semblait crier qu'il faisait cela uniquement parce qu'on le forçait, que jamais il ne se serait abaissé à cela sinon. Il était aussi le seul à utiliser des couverts. Hermione faillit de nouveau éclater de rire.
Alors qu'elle commençait à manger, elle repensa aux trésors de persuasion qu'elle avait dû déployer pour trainer un jour Tom dans la piscine de l'un des somptueux hôtels dans lequel ils séjournaient pendant leur tournée, la reluctance avec laquelle Tom s'était finalement laissé faire, et surtout les efforts qu'il avait fait pour cacher le fait qu'il avait apprécié la bataille d'eau puérile que Hermione avait initiée. Comme si s'amuser était juste trop plébéien pour lui. Qu'est-ce qu'il pouvait être idiot parfois.
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– Ce n'était pas si affreux non ? fit Hermione.
Voldemort lui jeta un regard noir par principe.
– C'était… tolérable, répondit-il finalement.
Hermione éclata de rire et Voldemort se retint de lever les yeux au ciel. Il n'irait pas au-delà de tolérable. Même s'il devait avouer qu'aucun des amis de Hermione ne l'avait trop importuné. Et que c'était agréable de voir à quel point Hermione était détendues avec ses amis, et non pas la boule de stress qu'il avait dû gérer durant leur tournée ces derniers mois. Et ces pizzas. Répugnantes, pleines de gras, loin des mets raffinés qu'il mangeait d'habitude. Mais si ces soirées avec les amis de Hermione lui donnaient l'excuse de pour une fois se laisser aller à se décontracter légèrement, peut-être qu'il accepterait même de revenir. Ce qui ne l'empêcherait pas de négocier ce petit week-end à Ibiza avec Hermione.
Ils arrivèrent en bas de l'immeuble, et il vit Hermione s'emmitoufler autant que possible dans son manteau, ne laissant dépasser qu'un bout de son visage et son imposante chevelure qui fascinait toujours autant Voldemort. Il y avait quelques badauds autour de sa voiture, et Voldemort leur lança un regard méprisant qui les fit fuir. Il ignora le regard noir de Hermione, lui ouvrant la portière, avant de se mettre lui-même au volant et de démarrer.
– Mes parents aimeraient te rencontrer, lâcha Hermione.
La voiture pila brusquement alors que Voldemort se tendait instinctivement.
– Non, fit-il. Hors de question.
– Tom… tenta Hermione.
Mais Voldemort avait repris le contrôle de ses émotions.
– Cela fait à peine quelques semaines que nous nous fréquentons, répondit-il.
– Cela fait six mois, contra Hermione. Et c'est affiché dans tous les journaux du pays.
Voldemort jeta un regard en coin à Hermione. Elle vivait mieux sa célébrité maintenant qu'au tout début – peut-être aussi parce que Voldemort s'était arrangé pour que certains journalistes soient mis hors d'état de nuire –, mais il savait qu'elle était toujours incapable de se détacher complétement de ce que des abrutis écrivaient dans les journaux. Cependant Hermione semblait plus déterminée que mal à l'aise. Ce n'était pas bon pour lui.
– Je viens de subir tes amis et tu veux m'imposer tes parents ensuite ? fit-il.
– Mes parents sont adorables, répondit Hermione.
Voldemort avait des doutes. Après tout c'était les parents de Hermione, et si Hermione avait au premier abord tout l'air d'une fille fragile comme les autres, plus il passait du temps avec elle plus il savait au fond de lui que cette fille était en réalité une véritable menace qui arrivait toujours à ses fins. En faisant genre qu'elle était toute gentille.
– C'est non, répéta Voldemort en prenant un virage un peu plus serré que nécessaire.
– Tu as peur de quoi ? Au pire ce ne sera qu'une soirée ennuyante de plus dans ta vie, fit Hermione avec un brin d'ironie.
– Cela n'a rien à voir avec la peur.
Mais malgré le fait que Voldemort ne voulait surement pas réagir à ses propos, il ne put s'empêcher de se demander si son refus avait à voir avec une peur quelconque. Mais c'était ridicule. S'il ne voulait pas y aller c'était qu'il n'y voyait aucun intérêt tout simplement, et surement pas parce qu'il n'avait aucune idée de comment se comporter avec ces gens qui n'avaient aucune importance dans son monde à lui, mais qui en avaient une pour Hermione.
– Dans ce cas je ne vois pas le problème, fit Hermione.
Voldemort soupira.
– Et puis je suis sure qu'ils seront ravis de te raconter toutes les anecdotes les plus embarrassantes possibles sur moi, continua Hermione.
Il ne pouvait nier que c'était intéressant.
– Je n'ai aucune envie de jouer le rôle du gendre parfait pour tes parents Hermione.
Hermione sembla sentir sa reluctance, et haussa finalement ses épaules.
– Peut-être une autre fois alors, fit-elle avec légèreté.
– Peut-être une autre fois, répondit Voldemort machinalement.
Et, surprenamment, il pensait ce qu'il disait. Jamais Lord Voldemort n'aurait envisagé de rencontrer les parents de qui que ce soit il y avait deux années de cela. Mais il y avait deux années de cela Lord Voldemort ne connaissant pas Hermione Granger, et si sa vie était déjà en train d'atteindre les sommets de sa carrière artistique, il ne pouvait nier qu'elle n'était ni aussi chaleureuse, ni aussi intéressante que ce qu'elle était maintenant.
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AN : Et voilà, c'est fini. Merci d'avoir lu :)
