Bonjour à tous,

Voici un nouvel OS pour vous.

Résumé : Cela fait trois années déjà que Hermione est la dernière des « indésirables ». Trois années qu'elle fuit, passant d'une cachette à une autre, survivant comme elle peut. Mais maintenant c'est la fin, et elle le sait.

Bien sûr, l'univers et les personnages appartiennent à la talentueuse J. K. Rowling, seule l'histoire m'appartient.

Bonne lecture,

Perhentian

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La fin

Hermione regarda prudemment autour d'elle, sa baguette fermement serrée dans sa main, guettant ses ennemis. Mais elle ne distinguait rien à part les arbres, et il n'y avait aucun son à part le bruissement de leurs feuilles. À moins que le bruit assourdissant que faisait son propre cœur en tambourinant dans sa poitrine ne brouille son audition.

Elle eut soudainement envie de leur crier de se montrer, quitte à trahir sa position. C'était la fin et elle le savait. Cela faisait trois années déjà qu'elle était la dernière des « indésirables ». Trois années qu'elle fuyait, passant continuellement d'une cachette à une autre, survivant comme elle pouvait. Cherchant désespérément une solution pour achever le règne brutal de Lord Voldemort.

Mais il n'y avait rien à faire. Même si avec Harry et Ron ils avaient il y avait trois années de cela détruit le médaillon, la coupe et le diadème, Nagini était toujours vivante et incroyablement bien protégée. Et Voldemort avait selon toute certitude créé de nouveaux Horcruxes depuis. Non, il n'y avait rien qu'elle était en mesure de faire, à part fuir.

Et maintenant même sa fuite était compromise. Les mangemorts avaient trouvé sa dernière cachette. Ils avaient failli l'avoir par surprise, démontrant une agilité insoupçonnée à détruire ses protections sans qu'elle ne le remarque. Mais ils en avaient oublié une, et Hermione avait eu le temps de s'enfuir, courant se réfugier dans les bois autour.

Elle lança discrètement quelques sortilèges et retint un tremblement angoissé. Elle ne détectait personne autour d'elle. Et pourtant, elle savait qu'ils étaient forcement à sa poursuite. Peut-être même qu'ils étaient juste à côté d'elle, et que ses sortilèges étaient impuissants à les détecter.

Elle n'osait croire qu'ils aient pu perdre sa trace. Certes elle portait la cape d'invisibilité de Harry, en plus de divers enchantements. Certes elle était une sorcière douée. Mais elle avait eu le temps de les apercevoir. Lucius Malefoy et Bellatrix Lestrange. Elle aurait presque pu se sentir flattée de l'importance qu'elle avait acquise.

Machinalement, elle frotta sa main droite sur la cicatrice qu'elle avait toujours sur le bras gauche. Sang-de-bourbe. À cause de cette folle furieuse de Bellatrix Lestrange. La rage monta en elle à ce souvenir. Elle aurait tellement voulu lui faire payer. Tellement voulu se venger. Mais elle était une sorcière d'à peine vingt-et-un ans, recherchée sur tout le territoire, et absolument seule.

Comment avait elle fait pour survivre au massacre de la bataille ? Elle ne le savait elle-même pas. Elle avait vu Harry mourir. Et Ron. Et Ginny, Luna, Neville et tous les autres. Au bout d'un moment ceux qui restaient avaient commencé à se replier. Vers la forêt interdite. Elle les avait vite perdus de vue, se démenant elle-même comme elle pouvait pour réussir à atteindre la limite de transplanage. Et lorsque quelques jours après elle était parvenue à mettre la main sur un exemplaire de la gazette du sorcier, elle n'avait pu que constater que toutes les personnes qui avaient lutté contre lui étaient désormais mortes. Et qu'elle était devenue l'indésirable numéro un.

Son désespoir avait été intense. Elle s'était effondrée sur le sol de sa cachette, pleurant toutes les larmes de son corps, hésitant à se donner elle-même la mort. Mais elle avait continué à se battre. Essayant de changer la donne, en vain. Elle avait eu Antonin Dolohov tout de même. Et Fenrir Greyback. Et Rabastan Lestrange. Et quelques autres mangemorts de moindre envergure dont elle ignorait même l'identité.

Elle n'avait même pas été une vraie gêne pour le seigneur des ténèbres. Que lui importaient quelques mangemorts de plus ou de moins de toute façon ? Mais cela avait changé il y avait quelques semaines de cela, lorsque Hermione avait tenté une action plus osée que les autres, pensant d'ailleurs y rester. Un faible sourire s'étira sur son visage à ce souvenir. Le souvenir de son intrusion dans le manoir de Lord Voldemort.

À l'origine elle voulait tuer Nagini. Après des heures et des heures de travail minutieux pour tromper les sortilèges elle était finalement rentrée, et elle avait lancé un Feudeymon dans le manoir. Nagini avait survécu, trop bien protégée. Mais beaucoup de choses avaient été irrémédiablement détruites. Et elle avait réussi à s'enfuir sans se faire attraper, ce dont elle s'étonnait encore aujourd'hui. Depuis, c'étaient Lucius Malefoy et Bellatrix Lestrange en personne qui suivaient sa trace, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Les mangemorts les plus puissants de Voldemort, rien que pour elle.

Se décidant à sortir de sa cachette temporaire, Hermione se lança sur un chemin bien précis, menant à un lac à côté d'un ancien site religieux. C'était un lieu très ancien, avec une source de magie considérable qui brouillait les enchantements. Si elle parvenait là-bas, elle pourrait traverser la barrière anti-transplanage posée par les mangemorts sans trop de problèmes.

– Elle est ici ! entendit-elle.

Elle jura. C'était la voix de Bellatrix Lestrange, et elle était bien trop proche.

– Diffindo ! Incendio ! Oppugno ! lança-t-elle en vitesse.

Les arbres autour d'elle se soulevèrent de terre, prirent feu, et se retrouvèrent projetés dans la direction de la voix. Elle entendit un hurlement furieux et se mit à courir. Dès qu'elle pouvait se le permettre, elle jetait un sortilège derrière elle. Les feuilles des arbres devinrent aussi coupantes que du verre et se mirent à tomber. Un tremblement de terre agita le sol. Une pluie acide se déversa sur la forêt.

Pas de quoi arrêter ces mangemorts-là, mais au moins de quoi les ralentir. Mais plus elle courait, plus elle avait un mauvais pressentiment qui lui glaçait le cœur. Pourquoi n'avait-elle pour le moment reçu aucun sortilège ? Comment cela se faisait-il que ni Lucius Malefoy, ni Bellatrix Lestrange ne soient encore apparus juste devant elle, déjouant ses sortilèges avec aisance ? Elle savait qu'ils en étaient parfaitement capable, que seule elle ne faisait pas le poids contre eux deux.

Sur une impulsion, Hermione dévia de son chemin, décidant de se diriger vers l'est au lieu du nord. Quelques secondes après, Lucius Malefoy se matérialisa juste devant elle, et elle sentit son rythme cardiaque augmenter. Elle avait donc eu raison de se méfier. Ils voulaient qu'elle aille vers l'ancien sanctuaire.

– Endoloris ! lança Lucius Malefoy.

La cape d'invisibilité la dissimulait bien, et le sortilège passa à plus d'un mètre d'elle même si la direction approximative était la bonne. Elle répliqua dans la foulée.

– Expulso ! Confringo ! Diffindo !

Aucun de ses sortilèges ne toucha sa cible, mais Hermione en profita pour reprendre sa course. Ce n'était pas possible. Elle aurait dû le savoir s'ils avaient trouvé le sanctuaire. Les sortilèges de détection qu'elle avait posés dessus étaient les mêmes que ceux de son refuge.

– Protego ! hurla-t-elle sans s'arrêter, sentant des sortilèges fuser autour d'elle.

S'ils avaient déclenché le charme de Melvure en tentant de pénétrer chez elle, comment avaient-ils pu l'éviter au sanctuaire ? Et soudain elle comprit. Ce n'était ni Lucius Malefoy ni Bellatrix Lestrange qui avaient réalisé le repérage. C'était lui. Cela ne pouvait être que lui. Le seigneur des ténèbres. Lord Voldemort. Cette réalisation faillit la faire s'arrêter sur place sous le coup de la peur panique qui s'insinua dans ses veines.

– Sectumsempra ! Diffindo ! Endoloris ! entendit-elle derrière elle.

Elle renvoya elle-même plusieurs sortilèges, avant de se remettre à courir plus vite qu'elle ne l'avait jamais fait. Elle avait l'impression que son cœur allait sortir de sa poitrine tellement elle était terrifiée. Est-ce qu'il était là lui aussi, quelque part dans ces bois ? Est-ce qu'il s'amusait de la voir pourchassée par ses mangemorts ? Est-ce qu'il rigolait en observant sa fuite, sachant qu'elle était vaine ?

Puis la fureur monta en elle. Elle aurait voulu partir dans un coup d'éclat, dans une quelconque action de gloire. Pas comme un animal traqué dans les bois. Mais c'était ce qu'elle était pour eux. Un vulgaire animal. Qu'ils allaient torturer. Qu'ils allaient tuer. Et de la mort duquel ils allaient rire, avant de l'oublier rapidement, peut-être même avant la fin de la journée.

Elle lança un maléfice particulièrement retors derrière elle, laissant échapper un gaz acide inodore et incolore. Le cri de douleur de Lucius Malefoy lorsqu'il pénétra dedans sonna très agréablement à ses oreilles, même s'il n'apaisa en rien ses craintes.

– Maudite sang-de-bourbe !

Comme si l'insulte lui faisait encore quelque-chose. Même en troisième année de Poudlard elle était déjà dépassée. Mais de toute façon, ce n'étaient pas des insultes qui l'attendaient à la fin de sa course, et elle ne le savait malheureusement que trop bien.

Hermione changea une nouvelle fois de direction. Sa respiration s'était faite sifflante, erratique, et tout son corps était douloureux du rythme qu'elle lui imposait. Elle refusait d'abandonner maintenant. De se laisser capturer sans combattre. Peut-être même qu'elle pourrait tuer Lucius Malefoy ou Bellatrix Lestrange ? Ce ne serait pas si mal. Mais elle n'aurait une chance que si elle parvenait à isoler l'un d'entre eux, et elle n'avait guère d'espoir de réussir à faire cela.

Elle trébucha sur une racine et luta pour retrouver son équilibre et continuer à courir. Elle était trop fatiguée déjà. Trop faible. Trop fragile. Une véritable proie. Sans aucune valeur à part une cape d'invisibilité qui n'était même pas la sienne.

Et soudain ses lèvres s'étirèrent dans un sourire froid. Elle avait trouvé son coup d'éclat, sa dernière action contre le pouvoir en place, contre lui. Il avait la baguette de sureau, et il avait selon toute probabilité la pierre de résurrection. Mais il n'aurait pas la cape. Pas cette cape qui avait abrité ses aventures avec Harry et Ron. Leurs rires comme leurs larmes. Leurs joies comme leurs peines.

S'il aspirait à rassembler les trois reliques, à devenir le maître de la mort, il serait déçu, et elle ne pouvait que s'en réjouir. D'un geste brusque, Hermione enleva sa cape et la tint juste devant elle.

– Ignis Daemoniorum ! lança-t-elle dans la foulée.

L'air autour d'elle sembla se glacer et elle vit le seigneur des ténèbres apparaitre à quelques mètres d'elle, sa baguette pointée vers l'avant effectuant les mouvements d'un sortilège. Mais c'était trop tard. La cape s'était déjà embrasée sous l'attaque de son Feudeymon, flambant avec une aisance étonnante, comme si cette relique n'aspirait plus qu'à être détruire depuis bien longtemps.

Lorsque le sortilège de glace du seigneur des ténèbres atteignit son Feudeymon, il n'y avait plus rien à sauver, et Hermione éclata d'un rire hystérique qui l'aurait terrifiée il y avait quelques années de cela.

– Avada Kedavra ! lança-t-elle en directement de Voldemort.

Le rayon vert sortit avec aisance de sa baguette et vola vers le seigneur des ténèbres, mais celui-ci se décala avec indifférence et le sortilège pulvérisa un arbre derrière lui, illuminant la scène d'une lumière verte qui serra le cœur d'Hermione. À chaque fois qu'elle voyait un Avada Kedavra elle ne pouvait s'empêcher de penser aux yeux de Harry lorsqu'ils étaient encore pleins de lumière. Lorsque tout n'était pas encore perdu.

– Un sortilège bien noir pour une prétendue combattante de la lumière, commenta nonchalamment Voldemort.

Hermione ne prit pas la peine de répondre, levant de nouveau sa baguette vers lui. Elle lança un Diffindo qu'il dévia comme s'il s'agissait d'une brindille. Un Confringo qu'il arrêta d'un geste de la main. Un Sectumsempra qu'il fit disparaitre en plein air. Le désespoir étreignit Hermione. Il n'avait pas bougé d'un pas depuis son Avada Kedavra. Elle n'était même pas une menace pour lui. Même pas un tout petit peu.

Elle changea alors complètement de stratégie.

– Monstrant Via, Duc Exercitum, Semita Auferte Offendicula, entonna-t-elle, pointant sa baguette vers le ciel.

Le vent se souleva autour d'elle, l'atmosphère trembla, et elle put presque sentir le charme anti-transplanage se briser, mais au même moment un Diffindo percuta sa poitrine avec une violence inouïe, juste avant qu'elle ne ressente deux autres impacts dans son dos. Deux Doloris.

Hermione s'effondra sur le sol en hurlant de douleur, lâchant sa baguette qu'elle vit s'envoler vers le seigneur des ténèbres. Puis sa vision se brouilla et tous ses sens ne lui transmirent plus qu'une douleur sans nom.

– Bella, Lucius.

Les sortilèges s'arrêtèrent et Hermione se recroquevilla sur elle-même. Elle sentait des larmes couler le long de ses joues, et tout son corps tremblait sans qu'elle ne puisse le contrôler.

– Partez.

La voix du seigneur des ténèbres fit courir un frisson glacé dans son dos. Elle allait mourir assassinée par Lord Voldemort. Était-elle censée considérer cela comme un honneur ?

Hermione entendit deux pops distincts et elle essaya de reprendre le contrôle de ses membres. Mais il y avait la douleur dans ses nerfs. Et la fatigue de ces trois dernières années trop solitaires. Et l'accablante réalisation qu'il n'y avait plus aucun espoir pour elle.

Lorsqu'elle tenta de se redresser aucun de ses bras ne lui obéit, et elle retomba dans un bruit étouffé. Elle entendit Voldemort s'approcher et il lui sembla que son cœur s'était arrêté de battre de frayeur. Qu'il abandonnait. Ou peut-être était-ce simplement le Diffindo qui avait coupé tellement profond que son corps n'était déjà plus en mesure de fonctionner correctement ? Ses pensées en tout cas lui semblaient de plus en plus floues.

Il était juste à côté d'elle maintenant et Hermione réussit enfin à décoller le haut de son corps du sol pour le regarder. Il était absolument terrifiant, debout alors qu'elle était au sol, jouant d'une façon faussement distraite avec sa baguette de sureau. Et lorsqu'il la regarda droit dans les yeux sa respiration se coupa sous le coup de l'angoisse.

– Qui t'as appris le charme d'Éole ?

Sa voix était aussi calme que la mort. Aussi définitive.

– Personne, répondit-elle avec difficulté. Je l'ai appris seule.

Il inclina légèrement la tête sur le côté, comme s'il prenait le temps de l'étudier.

– Quel dommage, souffla-t-il.

Il leva sa baguette et Hermione se rendit compte qu'elle était paralysée par la peur.

– Une dernière parole ?

Hermione soutint son regard carmin. Elle aurait cru que face à la mort, elle se sentirait si ce n'était indifférente, mais au moins courageuse. Que la justesse de ses principes lui insufflerait de la force, comme une puissance supérieure qui validerait ses choix et ses actions. Qui validerait que tout cela n'avait pas été fait en vain.

– Allez-vous faire voir.

Mais il n'y avait aucune puissance supérieure et aucun courage dans la mort. Elle avait vingt-et-un ans, elle était jeune, elle n'avait même pas vécu. Elle voulait revoir ses parents. Elle voulait pleurer dans leurs bras et qu'ils la réconfortent comme lorsqu'elle était petite. Elle voulait vivre. Mais elle n'aurait rien de tout cela.

C'était la fin et elle le savait.

– Avada Kedavra.

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AN : Merci d'avoir lu. J'espère que vous avez aimé.