don't give up (even when i'm gone)

Chapitre 12

oOo

Il est impossible d'être véritablement préparée à devenir mère.

C'est ce que Sansa pense en observant Brienne les semaines suivant la naissance de Renly. Ses gestes sont maladroits et assurés à la fois, elle observe son fils avec un mélange de crainte et d'émerveillement, elle semble parfois savoir d'instinct savoir quoi faire et parfois elle jette un regard paniqué à Sansa qui vole volontiers à sa rescousse en n'étant pas beaucoup plus avancée.

Au fond, Brienne doit ressembler à toutes les autres femmes qui deviennent mères pour la première fois. Sansa pense à sa propre mère avec nostalgie, l'imagine s'occuper de Robb, hésiter, avoir peur de faire une erreur, et l'aimer, aussi, l'aimer de tout son cœur.

« Je ne pensais pas... je ne pensais pas qu'il était possible d'aimer autant quelqu'un, » lui confie t-elle un jour en berçant Renly.

Sansa sourit doucement, touchée par ce spectacle émouvant. Podrick n'est jamais bien loin, lui aussi semble s'être attaché au bébé, peut-être espère t-il jouer le rôle d'un père de substitution. Elle aime l'observer dormir, le trouve adorable, pense que si elle avait été plus jeune, elle aurait presque été jalouse de Brienne, aurait souhaité qu'il soit son fils à elle, son petit prince aux cheveux dorés.

Son cœur se serre à chaque fois qu'il ouvre les yeux, à chaque fois qu'elle se noie dans cet océan vert.

(Les yeux de Tyrion.)

Les yeux émeraude des Lannister. Il n'y a aucun doute possible, à son grand désespoir. Tout aurait été tellement plus simple s'il avait eu les yeux bleus de Brienne.

Que dois-je faire ?

Sansa est inquiète. Et maintenant ? Renly est né mais l'ombre menaçante du dragon plane toujours au-dessus de lui. Comment le protéger ? Comment le dissimuler aux yeux violets de Daenerys ? Son nom de bâtard ne le protège en rien, pas avec ses cheveux dorés et ses yeux verts.

Que dois-je faire ?

La voix de Cersei résonne en permanence dans son esprit.

Tu sais ce que tu dois faire, petite colombe.

.

Yara,

Tout va bien à Winterfell. Renly grandit vite, c'est un bébé adorable. Brienne s'en sort remarquablement bien, c'est à se demander pourquoi elle s'est autant inquiétée pendant sa grossesse. Daenerys semble se tenir tranquille pour le moment.

Malgré tout, je suis inquiète. Renly ressemble tellement à son père, il a les yeux des Lannister. Cette couleur est comme une vraie malédiction, presque une sentence de mort. Que dois-je faire pour le protéger ? Si Daenerys vient à apprendre que Brienne a eu un enfant, l'identité du père ne fera aucun doute.

C'est étrange, vous savez. Autrefois j'étais certaine que j'aurais des enfants. Je voulais être reine, je voulais être la mère du futur roi. Les choses sont bien différentes aujourd'hui mais ont-elles véritablement changé ? Ne suis-je pas censée me marier, donner naissance au futur gardien du Nord ?

J'aime Renly, je crois, mais c'est normal, il est impossible de ne pas s'attacher à lui. Je me demande si j'aimerais autant mes propres enfants – à condition que j'en aie un jour.

J'espère que vous allez bien.

Sansa.

.

Sansa,

Je suis ravie que vous alliez bien, ainsi que Brienne et son enfant. Encore une fois j'entends bien toutes vos inquiétudes. Je reste cependant persuadée que Daenerys n'a aucune raison de découvrir la véritable identité de Renly. Je vous conseillerais bien de ne plus vous inquiéter à son sujet mais vous connaissant, je sais que ce conseil serait complètement inefficace sur vous.

Vous feriez une bonne mère, Sansa, j'en suis persuadée. Vous êtes douce et féroce à la fois, vous protégez ceux que vous aimez avec une force que personne ne soupçonne. Je vous l'ai déjà dit : vous êtes un vrai soleil de glace.

J'espère que si là est votre désir, vous trouverez un mari digne de vous avec qui vous aurez de beaux enfants.

Tout se passe bien dans les Îles de Fer. Je crois que les Immaculés de Daenerys ne s'y plaisent pas vraiment, l'eau ne semble pas être leur élément (j'imagine qu'il en est de même dans le Nord : l'eau, c'est la même chose que la glace, n'est-ce pas ?).

A très bientôt,

Yara.

.

Sansa ne cesse de de relire la lettre de Yara, un léger sourire sur les lèvres. Elle repense au séjour de la Fer-Née à Winterfell avec de plus en plus de nostalgie, espère bientôt entendre de nouveau entendre le son de sa voix.

Son sourire est légèrement amer, pourtant.

J'espère que si là est votre désir, vous trouverez un mari digne de vous avec qui vous aurez de beaux enfants.

Elle ignore pourquoi mais quelque chose dans cette phrase la contrarie. N'est-ce pas la réponse qu'elle voulait obtenir, pourtant ? Ne voulait-elle pas être rassurée par Yara ?

Ses réflexions sont interrompues par Arya. Elle aussi a une lettre dans la main. Vu l'expression de son visage, le contenu de celle-ci ne doit pas être aussi plaisant.

« Que se passe t-il ? » demande Sansa, les sourcils froncés.

« Un corbeau est arrivé de Peyredragon. »

Le cœur de Sansa se met à battre plus vite.

(Que s'est-il passé ? Est-ce que quelqu'un est mort ? Est-ce qu'il est arrivé quelque chose à Jon ? Est-ce que Daenerys a découvert la présence de Renly, est-ce qu'elle leur annonce qu'elle va les punir pour leur trahison ?)

« Daenerys est enceinte, » lâche Arya avec une grimace.

Sansa bat des paupières, reprend ses esprits.

« Oh. »

Elle prend de grandes inspirations pour se calmer. Personne n'est mort et Daenerys n'est pas sur le point de déverser une rivière de feu et de sang sur Winterfell. Tout va bien.

(En réalité, rien ne va bien.)

« Enceinte, » répète Sansa.

Un petit dragon. L'héritier dont elle rêvait. Ce qu'il lui fallait pour bâtir sa dynastie, pour sécuriser son règne.

« Il semble que nous allons bientôt devenir tantes, » reprend Arya.

Pas seulement l'enfant de Daenerys. L'enfant de Jon. Le sang du dragon et le sang du loup. Le feu et la glace réunis.

(Le feu et la glace ne sont pas faits pour être ensemble.)

« Doit-on s'en réjouir ? » soupire Sansa.

« J'imagine que non. »

Noires ailes, noires nouvelles.

« Peut-être... peut-être que cet enfant sera salvateur pour elle, » suggère Arya d'une voix hésitante. « Peut-être... peut-être qu'il lui permettra d'aller mieux. »

Sansa voit toujours le reflet des flammes et des cendres dans ses yeux. Elle n'a pas besoin de répondre : Arya baisse la tête, comme si elle n'avait jamais été convaincue par ses propres paroles.

Un héritier Targaryen. Le futur roi des Sept Couronnes. Encore plus de flammes, plus de cendres.

L'histoire de Daenerys est écrite dans le feu et le sang.

.

« Tu as raison d'être inquiète, petite colombe. »

Sansa brosse ses longs cheveux roux devant le miroir. Cersei la regarde faire, les bras croisés sur sa poitrine.

« De quoi parlez-vous ? » soupire Sansa.

(L'a t-elle vraiment appelée ? Se sent-elle seule à ce point?)

« Tu le sais très bien. Je parle du fils de Brienne. Du fils de Jaime... »

« Il n'est pas le fils de Jaime, » coupe t-elle. « C'est un Snow. Un bâtard. »

« Oui... il est bien dommage que ses cheveux et ses yeux viennent contredire ce mensonge. »

Sansa pose la brosse sur sa coiffeuse. Comme d'habitude elle déteste entendre ses peurs et ses doutes les plus profonds exprimés par Cersei, elle frissonne.

« Et que suggérez-vous ? »

Cersei vient se planter juste derrière elle. Leurs regards se croisent.

(Des yeux verts – les yeux de Renly.)

« Daenerys fera n'importe quoi pour écarter toute menace pesant sur son enfant. J'avoue que sur ce point, nous nous ressemblons assez... »

« Que suggérez-vous ? » répète sèchement Sansa.

Cersei roule des yeux comme si c'était évident.

« Ça me dégoûte presque de l'admettre mais je dois dire que je me suis retrouvée dans une situation similaire... je ne pouvais pas permettre que quiconque apprenne l'identité du père de mes enfants. Il en valait de leur vie – de notre vie à tous. »

« Et donc ? »

« Tu as très bien compris où je veux en venir, petite colombe. Tu y as songé à plusieurs reprises mais tu as repoussé cette idée dans les recoins les plus sombres de ton esprit. »

Cersei commence à s'effacer.

« Tant que Brienne sera la mère de cet enfant, il sera en danger, » conclut-elle avant de disparaître.

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(Sansa ne sait pas qui elle hait le plus – la véritable Cersei ou celle qui verbalise toutes ces choses auxquelles elle déteste penser, toutes ces idées noires qui la hantent.)

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La mort dans l'âme, Sansa frappe un soir à la porte de la chambre de Brienne. Celle-ci est penchée au-dessus du berceau de Renly, lui sourit quand elle entre. Sansa ne parvient pas à lui rendre son sourire.

Je sais ce que je dois faire. Je le sais et je me déteste pour ça. Je déteste Daenerys pour m'obliger à le faire. Comment toute cette haine peut-elle aider à protéger Renly ? C'est pourtant ce qu'il faut faire.

Brienne a remarqué les ombres dans le bleu de ses yeux.

« Ma dame ? Tout va bien ? »

« Asseyez-vous, Brienne. »

Elle s'exécute, les sourcils froncés. Sansa a les mains moites, elle se sent seule, si seule. Elle est sur le point de lui briser le cœur une deuxième fois, a l'impression d'être monstrueuse.

Cersei apparaît dans un coin de la pièce, lui fait un léger signe de tête.

(Cette fois, Sansa est certaine de l'avoir appelée, tout ça pour ne pas être seule dans un moment pareil, tout ça pour avoir l'impression de faire ce qu'il faut.)

Je ne suis pas comme vous, Cersei. Je ne le serai jamais. Cependant, vous avez protégé vos enfants, je ne peux pas vous retirer ça. Renly n'est pas mon fils mais il fait partie de ma meute, alors je ferai tout pour le protéger. Même quelque chose de monstrueux.

« Renly est en danger, » commence Sansa d'une voix tremblante. « Daenerys ne doit jamais découvrir son existence. Elle ne doit jamais savoir qui est son père. »

Brienne ne répond pas – elle sait déjà toutes ces choses, bien sûr.

« Quand on connaît l'identité de sa mère... il est facile de deviner qu'il est le fils de Jaime Lannister. »

Voilà. Elle va comprendre, maintenant, et elle va me détester.

« Ma dame ? » dit Brienne alors que ses yeux appellent au secours, elle a compris, bien sûr qu'elle a compris, elle la supplie de changer d'avis, d'oublier ces mots qui ont l'air d'une sentence de mort, ces mots qui ressemblent à un nouvel abandon, un nouveau déchirement.

« Je... pour sa sécurité, personne ne doit savoir que vous êtes sa mère à l'extérieur de Winterfell. »

« Mais personne n'a aucune raison de le découvrir, ma dame, » supplie Brienne.

Au fond, elle a raison, non ? Ni elle ni Renly ne quitteront Winterfell et Daenerys ne s'approchera pas de Winterfell, n'est-ce pas ?

Cersei secoue la tête.

« Tu sais bien que c'est faux, petite colombe. La reine dragon pourrait débarquer sans prévenir à n'importe quel moment. Les enfants sont incapables de mentir. Renly se trahira sans même s'en rendre compte... et il vous condamnera tous. Tiens bon. Tu fais ce qu'il faut. »

Sansa soupire.

« Je suis désolée, Brienne. Il en va de sa sécurité... de notre sécurité à tous. Il... il ne pourra pas savoir qui il est vraiment. »

Elle ne s'est jamais autant détestée que lorsqu'elle dit finalement :

« Il ne pourra jamais savoir que vous êtes sa mère. »

Brienne se prend la tête entre les mains et se met à pleurer. Elle n'essaye même pas de supplier, de chercher à négocier – et c'est terrible, si terrible.

« Je suis désolée... je suis tellement désolée. »

Sansa quitte la pièce en courant avant de fondre en larmes.

.

(Je vous hais. Je vous hais tellement. Vous êtes un monstre et à cause de vous, je suis obligée d'être un monstre moi aussi. J'aimerais vous voir brûler avec ce feu que vous aimez tant.)

.

« Sansa ? »

Arya la trouve assise à même le sol dans un couloir sombre, la tête enfouie entre ses genoux. Elle se laisse glisser à côté d'elle.

« Je suis un monstre, Arya. »

« De quoi parles-tu ? »

« Ce que j'ai fait à Brienne... »

Arya pose une main sur son épaule et secoue la tête.

« Tu as fait ce qu'il fallait, Sansa. Tu as fait ce qu'il fallait pour protéger Renly, pour tous nous protéger. »

Elle sourit tristement.

« Peut-être. Mais c'est quand même horrible. »

(Jamais elle ne se pardonnera.)

« Quelle sera la version officielle ? » demande Arya.

« Renly est un bâtard dont les parents sont morts pendant la guerre. J'ai eu pitié de lui et j'ai décidé d'en faire mon pupille. »

Le mensonge lui vient facilement, presque trop, comme quelque chose de familier. Les yeux verts de Cersei la brûlent.

« Alors, petite colombe, qu'est-ce que ça fait d'être une menteuse ? Qu'est-ce que ça fait de me ressembler ? »

Je ne suis pas comme vous.

« Tu... tu as pris la bonne décision, Sansa. Je t'assure. »

Elle hausse les épaules, se sent incroyablement vide. Est-ce que c'est ça, être une bonne dirigeante ? Faire des choix horribles pour le plus grand bien ? Ce n'est pas ça qu'elle avait en tête quand elle disait vouloir protéger son peuple.

« Daenerys ne restera pas reine pour toujours, » tente de la réconforter Arya. « Les choses finiront par s'arranger, tu verras. »

Sansa accepte l'étreinte réconfortante de sa petite sœur, les yeux humides.

J'espère que tu as raison, Arya. Je l'espère vraiment.

.

Sansa,

J'ai beaucoup pensé à vous ces derniers jours, je brûle de vous revoir (sans mauvais jeu de mots : rappelez-vous que la glace, ça brûle aussi fort que le feu). Que diriez-vous de venir passer quelque temps dans les Îles de Fer ? A condition que vous puissiez vous absenter de Winterfell, bien sûr. Ne vous sentez pas obligée d'accepter.

Vous me manquez beaucoup, j'espère vous retrouver prochainement.

Yara.

Sansa a le sourire aux lèvres quand elle termine de lire la lettre de Yara. Arya fronce aussitôt les sourcils, intriguée.

« Daenerys est-elle morte ? »

« Quoi ? »

« Je pensais que seule la mort de la reine pourrait te faire sourire à ce point, voilà tout. »

« Oh. Non, ce n'est pas ça. C'est une lettre de Yara. Elle m'invite à venir lui rendre visite dans les Îles de Fer. »

Arya se mord la lèvre pour ne pas rire.

« Il y a quelque chose de drôle ? »

« Oh... non. Je suis contente de te voir de si bonne humeur, c'est tout. »

(C'est vrai, pourquoi Sansa est-elle de si bonne humeur ? Même elle a bien du mal à le comprendre.)

« Tu vas accepter ? »

« Je ne sais pas... l'idée de quitter le Nord ne me plaît pas vraiment. »

« Tu devrais y aller. Ça te ferait du bien de t'éloigner un peu, j'en suis sûre. »

Brienne l'évite, ces derniers jours, Sansa sent son cœur se déchirer à chaque fois qu'elle détourne la tête pour ne pas avoir à la regarder. Elle comprend, bien sûr, ce qu'elle vient de faire est monstrueux mais elle ne peut pas s'empêcher d'être triste.

« N'as-tu pas envie de revoir Yara ? »

« Bien sûr que si. »

« C'est bien ce qui me semblait. »

Sansa plisse les yeux.

« Qu'est-ce que tu insinues ? »

« Je n'insinue rien du tout, Sansa. Je pense simplement que tu devrais y aller. Vous vous entendez bien, c'est évident. Yara t'apprécie beaucoup. »

Sansa relit une nouvelle fois la lettre, s'imagine retrouver Yara, entendre le son de sa voix, voir ses yeux aussi bleus que la mer, se confier à elle.

« Tout se passera bien ici, » reprend Arya, comme si elle avait deviné ses pensées. « Ne t'en fais pas. »

Elle acquiesce et part immédiatement rédiger une réponse.

Yara,

Je vous remercie pour votre invitation et je l'accepte volontiers. Je me mettrai en route dès que possible.

J'ai hâte de vous revoir,

Sansa.

.

(Sansa n'aurait jamais pensé qu'on pouvait être aussi heureux à l'idée de revoir une amie.)

.

Je vais revoir Yara.

Sansa approche des Îles de Fer, il lui semble que son cœur bat de plus en plus vite.

Je vais revoir Yara.

Depuis combien de temps n'a t-elle pas été aussi heureuse ? Elle a bien du mal à s'en souvenir. En cet instant elle parvient à oublier Daenerys, à oublier le feu – seule l'eau importe.

(L'eau et la glace sont faits pour être ensemble.)

Elle est tout de même un peu inquiète, se demande si elle se plaira sur les Îles de Fer, ce que les Fer-Nés penseront de sa présence.

Tout ira bien. Je serai avec Yara. Tant que je suis avec Yara, rien ne m'arrivera, j'en suis sûre.

Yara n'est pas comme les monstres qu'elle a rencontrés sur son chemin, Yara est une amie loyale, elle ne permettra pas qu'on lui fasse du mal.

Lorsque Sansa arrive sur la côte, son visage s'éclaire. Yara est là, comme elle le lui avait dit. Elle l'attend.

Elle descend rapidement de son cheval et marche rapidement vers elle, se retient de courir. Elle a envie de se jeter dans ses bras et de la serrer contre elle, de lui dire à quel point elle est heureuse de la revoir mais quelque chose la retient.

(Est-ce vraiment ainsi que deux amies se saluent ?)

« Bonjour, Yara, » dit-elle finalement sans oser la toucher.

Yara semble amusée de la voir aussi gênée, ne s'embarrasse pas d'autant de retenue et enroule les bras autour de sa taille. Sansa se sent rougir.

« Vous m'avez manqué, » murmure Yara. « Je suis heureuse de vous revoir. »

Elle l'embrasse sur la joue et s'éloigne.

« Vous venez ? »

Sansa sourit.

« J'arrive. »