don't give up (even when i'm gone)
Chapitre 32
oOo
Sansa dort peu, cette nuit-là, dans ce lit qu'elle ne connaît pas, dans cette ville et ce pays étranger, dans l'antre des lions.
(Elle essaye de ne pas penser à la dernière fois qu'elle a dormi dans le lit d'une autre personne, elle essaye de ne pas penser à Yara, à la chaleur de ses étreintes, à ses baisers passionnés, c'est un échec, elle se met à pleurer.)
Elle étouffe ses sanglots dans son oreiller pour ne pas réveiller Renly. Le petit garçon dort profondément, peut-être rêve t-il de lions et de chevaliers, peut-être que son inconscient a déjà compris ce que lui-même ignore encore – ce qu'il ne saura pas, conformément à ce que souhaite Brienne.
J'aimerais que tu sois avec moi, Yara. Chaque nouveau jour sans toi est plus difficile que le précédent. Cesserai-je un jour de ressentir ce vide en moi ? Je ne sais pas.
Lorsque l'aube approche, Sansa se lève et regarde le soleil apparaître par le fenêtre en pensant à Winterfell, elle soupire.
« Lady Sansa ? »
Elle se retourne, sourit à Renly.
« Tu as bien dormi ? »
Il hoche la tête, déjà plein d'énergie – elle l'envie un peu. La lassitude est encore un sentiment étranger pour lui. Elle lui prend la main.
« Allons voir si nous pouvons trouver quelque chose à manger. »
Lorsqu'ils entrent dans les cuisines, ils y trouvent Joanna assise seule à une des tables en train de manger des petits gâteaux. Renly se précipite aussitôt sur elle et la salue avec enthousiasme, ils se mettent à bavarder joyeusement, Sansa se sent presque de trop.
(Mais c'est le cas, non ? Elle n'est qu'une louve au milieu des lions.)
« Est-ce que tu sais si ta mère et ton oncle sont réveillés ? » demande Sansa.
La petite fille secoue la tête de droite à gauche avant de rire.
« S'ils dorment encore, je n'aurai qu'à entrer dans la chambre et sauter sur le lit pour les réveiller ! Ça marche à chaque fois. »
Sansa s'esclaffe doucement, l'esprit ailleurs, avant de brusquement reprendre contact avec la réalité. Quelque chose dans ce que vient de dire Joanna a attiré son attention.
(Elle a dû mal comprendre, elle a forcément dû mal comprendre.)
« Sur le lit ? »
Joanna hoche la tête, ne semble pas comprendre où est le problème.
« Mère me gronde un peu mais Oncle Tyrion lui dit toujours que ce n'est pas grave, ça le fait rire. »
Sansa en reste paralysée.
(Cersei et Tyrion dans la même chambre, dans le même lit. Est-ce qu'ils... est-ce qu'ils...)
Joanna reporte de nouveau son attention sur Renly.
« On pourrait aller sur la plage aujourd'hui ! On pourrait jouer dans le sable. »
« Jouer dans le sable ? » répète Renly, les sourcils froncés, comme si ce concept lui était totalement inconnu – ce qui est le cas.
« Tu n'as jamais joué dans le sable ? »
Il secoue la tête.
« Il n'y a pas de sable, là où nous vivons, » précise Sansa. « Seulement de la neige. »
Joanna a l'air impressionnée.
« Moi, je n'ai jamais vu de neige. »
Comme si elle n'y tenait plus, elle se lève et sort de la pièce en courant.
Sansa la regarde faire, perdue dans ses pensées.
Cersei et Tyrion dans le même lit.
Il va falloir qu'elle tire la situation au clair.
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Jorah a à peine fermé l'oeil, il a assisté au sommeil agité des jumeaux, ils ont fait des cauchemars, leur détresse lui brise le cœur, ils sont jeunes, beaucoup trop jeunes pour avoir vu des horreurs pareilles, il se sent coupable de ne pas avoir su mieux les protéger.
(Et maintenant, alors qu'il est tout ce qu'il leur reste de leur ancienne vie, leur dernier pilier, leur dernier repère, il est sur le point de les abandonner – c'est injuste, c'est cruel.)
Lorsqu'ils se réveillent, il les accompagne dans les cuisines en silence, échange quelques mots avec les domestiques qu'il croise. Parler valyrien lui fait un drôle d'effet.
(Il se rappelle des discours de Daenerys, de sa voix, du feu de la détermination dans ses yeux violets – des cendres, tout ça, rien que des cendres.)
Son cœur se serre lorsqu'il mange un petit gâteau au citron. Tout ici lui rappelle Daenerys – la ville, la mer, la langue, et maintenant ces pâtisseries dont elle raffolait, ces fruits qui hantaient ses souvenirs fantasmés.
Cesserai-je un jour de ressentir ce vide en moi ? Je ne sais pas.
« Ser Jorah ? » demande Duncan.
« Oui ? »
« Quand rentrerons-nous à la maison ? »
Il s'efforce de sourire, ignore s'il y parvient. Comment peut-il leur dire qu'ils ne reverront jamais le Donjon Rouge, que leur maison, on leur a arrachée, exactement comme on l'avait arrachée à Daenerys ?
« N'aimez-vous pas cet endroit ? » demande t-il.
C'est ici, votre nouvelle maison... si la lionne le veut bien.
Leurs yeux se remplissent de larmes, ils se serrent l'un contre l'autre, ça lui déchire le cœur, c'est encore pire que l'exil, pire que la grisécaille, pire que la longue agonie de Daenerys. Jorah enroule les bras autour d'eux et les serre contre lui.
Pardonnez-moi, mes enfants. Ce monde est cruel, surtout avec les innocents.
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Tyrion est profondément endormi lorsqu'il sent quelqu'un le secouer avec force.
« Oncle Tyrion ! »
Il ouvre péniblement les yeux, réprime un bâillement.
« Mère ! »
Joanna se met à sauter sur le lit.
« Le soleil est levé, réveillez-vous ! »
Elle frappe des mains et éclate de rire. Il réprime un soupir, la nuit a été courte, Cersei a fait plusieurs cauchemars, cela fait longtemps qu'elle n'en a pas fait autant, ça l'inquiète un peu. Sa sœur ouvre finalement les yeux et fronce les sourcils.
« Joanna, je t'ai déjà dit de ne pas sauter sur le lit. »
La petite fille fait la moue, ignore sa remarque.
« Est-ce qu'on peut aller à la plage aujourd'hui ? »
« A la plage ? » répète Cersei.
« Oui ! Je voudrais jouer avec Renly. »
« Je ne sais pas, Joanna... »
« Oh, s'il vous plaît, Mère ! » dit-elle en enroulant les bras autour d'elle.
(Malgré son jeune âge, Joanna sait très bien comment s'y prendre pour parvenir à ses fins, et Cersei n'a jamais su résister à ses enfants.)
Elle soupire.
« C'est d'accord. »
« Oui ! »
Elle saute par terre et quitte la pièce en trombe. Cersei se passe une main sur le visage, elle tombe de fatigue.
« Tu n'es pas obligée de venir, » lui dit Tyrion d'une voix hésitante. « Je peux m'occuper d'elle. Tu devrais peut-être te reposer aujourd'hui. »
Elle secoue la tête, lasse.
« C'est inutile. Je ne ferais que penser à mes cauchemars. »
Mal à l'aise, elle détourne le regard.
« Pardon de t'avoir réveillé plusieurs fois. »
« Ne t'excuse pas, je suis heureux d'avoir été là. »
Tous deux savent ce que ça fait de faire un cauchemar et de n'avoir personne près de soi pour être réconforté – ils ne veulent plus jamais revivre ça, plus jamais.
« Est-ce que... est-ce que tu veux en parler ? »
Si elle refuse, il acceptera son choix sans discuter – depuis le temps, il a bien compris qu'il ne pourrait jamais forcer la barrière de son esprit. C'est à elle de le laisser entrer.
« J'ai rêvé de Sansa. »
Il se gratte le menton, déconcerté. Pourquoi Sansa la ferait-elle se réveiller en hurlant ? Sansa est une louve, pas un dragon, elle n'est pas une menace, elle ne viendra pas réduire leur nouvelle maison en cendres.
« La reine du Nord, » précise Cersei. « La reine. »
Tyrion finit par comprendre quelles ombres sont revenues la hanter.
« La prophétie. »
Sa voix n'est qu'un souffle.
« Après tout ce temps ? »
« Toujours, » répond Cersei dans un soupir.
Il lui attrape la main et la serre fort.
« Sansa n'est pas venue pour te détruire, Cersei. Je te le promets. »
« J'ai vu... j'ai vu le cadavre de Joanna. J'ai vu... »
« Cersei. Regarde-moi. »
Elle lève deux yeux égarés vers lui.
« Tout va bien se passer, d'accord ? Joanna ira bien. Nous irons bien. Personne ne va nous prendre notre maison. »
Cersei hoche la tête avec réticence.
(Il voit qu'elle n'est pas convaincue et ça lui brise le cœur, quand cessera t-elle enfin de croire que tout est écrit ?)
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Sansa se balade dans la grande maison un peu au hasard, n'est pas sûre d'en avoir le droit avant de se trouver ridicule, elle n'est plus la petite fille qui rasait les murs du Donjon Rouge pour éviter de croiser Joffrey, elle ne fait rien de mal.
Elle entre dans une pièce remplie de livres, ne peut s'empêcher de sourire alors qu'elle s'approche des étagères, il n'est pas bien difficile de deviner qui doit probablement passer de longues heures dans cette pièce.
« Sansa ? »
Tyrion, qui traversait le couloir, a remarqué la porte ouverte, il entre à son tour.
« Oh. Vous avez trouvé ma pièce préférée. C'est aussi la pièce préférée de Joanna. »
« Elle n'a rien à envier à la bibliothèque de Winterfell. »
Il sourit, fait courir ses doigts sur la tranche des livres.
« Je n'ai aucun mérite, cette pièce existait déjà quand nous sommes arrivés ici. »
Sansa ne lui demande pas ce qu'il est advenu de l'homme à qui appartenait cette maison avant eux et Tyrion a l'air de lui en être reconnaissant.
« Cersei et moi pouvons passer des après-midis entiers ici avec Joanna. Elle sait déjà lire, vous savez ? Elle parle la langue commune et le valyrien. C'est une petite fille très intelligente. Jaime serait si fier. »
Il soupire, nostalgique.
« Cersei ? Je ne savais pas qu'elle aimait lire. »
« Elle ne le savait pas non plus avant... j'ai eu une bonne influence sur elle. »
(La lionne n'est pas venue les étrangler dans leur sommeil, elle et Renly, alors effectivement, Sansa pense que Tyrion a eu une bonne influence sur elle – mais à quel point ?)
« Nous allons nous rendre à la plage – quand Joanna a une idée derrière la tête, il est impossible de la faire changer d'avis. Souhaitez-vous vous joindre à nous ? »
La plage. La mer. Yara.
Sansa se mord la lèvre, elle ne peut pas pleurer maintenant, pas devant Tyrion – elle doit être forte.
Elle hoche la tête.
« C'est une bonne idée. »
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(Est-ce que je sentirai ta présence, Yara ? Est-ce que ton âme s'est dissoute dans la mer, est-ce qu'elle est présente dans chaque goutte d'eau, chaque grain de sable, chaque coquillage ?)
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Un peu plus tard, Sansa est assise sur le sable et observe les enfants jouer. Même Duncan et Jenny ont l'air de s'amuser, ils sourient, laissent échapper quelques gloussements sous le regard rassuré de Jorah.
(Les petits dragons savent toujours rire, Daenerys ne leur a pas volé ça.)
Cependant, l'attention de Sansa est presque entièrement captée par Cersei et Tyrion. Les lions sont en grande conversation, Tyrion a agrippé le poignet de sa sœur et essaye visiblement de la convaincre de quelque chose. Tous deux lui jettent des coups d'oeil à la dérobée. Finalement, Cersei soupire et hausse les épaules. Tyrion s'approche du rivage et l'éclabousse. Il cesse brutalement de rire quand il se retrouve la tête la première dans l'eau – c'est au tour de Cersei de s'esclaffer.
Ils ont l'air heureux.
Joanna s'approche de sa mère et la tire par le bras pour qu'elle vienne regarder le château de sable qu'elle vient de construire. Tyrion, complètement trempé, vient s'asseoir à côté de Sansa. Elle se tend lorsque Renly s'adresse directement à Cersei, se mord la lèvre et se prépare à bondir pour le protéger. La lionne lui répond sans hostilité, elle est un peu rassurée – Tyrion, lui, est tout simplement ravi.
La vérité est là, juste devant elle – il est temps pour elle de l'accepter, de laisser son soleil l'éclairer.
« Vous l'aimez, » dit Sansa alors que cette prise de conscience détrône finalement l'égarement dans le bleu de ses yeux.
Oh, jamais elle ne se serait attendue à ça mais tout finit par prendre un sens – ce qu'elle a vu dans leurs yeux, la veille, cet autre chose qu'elle ne parvenait pas à identifier, c'était de l'affection.
« Et elle vous aime. »
Tyrion ne répond pas immédiatement. Ses yeux sont toujours fixés sur Cersei, occupée à aider Joanna à terminer son château de sable. Leurs regards se croisent et ils échangent un sourire.
« Seul un Lannister peut aimer un Lannister, » finit-il par dire en soupirant, les yeux fermés.
« On dirait une malédiction, » dit-elle en riant à moitié, s'attendant à ce qu'il fasse de même.
(Ce doit être un rêve, vraiment. Elle a toujours pensé qu'elle les retrouverait en train de se noyer dans un océan de haine – pas ça, jamais ça.)
« Oh, c'en est une, » répond sérieusement Tyrion.
Sansa pense alors à une autre malédiction, une qui est bien plus mortelle.
(Daenerys riant aux éclats devant le corps fracassé de Yara.)
« Mais c'est notre malédiction. »
La malédiction des Targaryen était la folie.
Celle des Lannister est l'amour.
(Rhaegar, Robert, Tysha, Shae, Brienne, Daenerys, Sansa elle-même – ils n'étaient pas des Lannister. Ils n'ont jamais eu la moindre chance, et c'est bien triste.)
« Je vois, » répond simplement Sansa.
Les paroles de Joanna occupent toujours son esprit.
« Joanna m'a dit que vous dormiez dans la même chambre, » lâche t-elle. « Dans le même lit. »
Tyrion comprend immédiatement où elle veut en venir.
« Ce n'est pas ce que vous croyez, » dit-il avec un léger rire. « Elle ne m'aime pas comme elle aimait Jaime. »
« Vraiment ? »
« Je vous assure que non. »
Elle hoche la tête, rassurée.
« Alors pourquoi... » commence t-elle, hésitante.
Ses yeux verts s'assombrissent.
« Nous faisons des cauchemars, » révèle t-il. « Mais nous en ferions davantage si nous dormions seuls. »
(Sansa pense à ses propres cauchemars de feu et de cendres, à la façon dont la présence de Yara les éloignait et elle comprend, elle ne peut que comprendre.)
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Un peu plus tard, Sansa entre dans l'eau, frissonne un peu, saisit son coquillage et regarde l'horizon. Un flot de souvenirs la submerge.
(Un coucher de soleil. Une mer glaciale. Son corps nu contre le corps tout aussi nu de Yara.)
« Es-tu là, Yara ? » murmure t-elle.
Elle se penche, plonge la main dans l'eau, agite les doigts comme si elle pouvait saisir l'âme de son grand amour.
« J'aime penser que tu veilles sur moi, que tu m'observes, que tu me transmets ta force. Chaque soir avant de m'endormir, je pense à ma chanson d'eau et de glace. J'ai toujours l'espoir que ta mort ne soit que le point culminant d'un terrible cauchemar, j'ai toujours l'espoir de me réveiller et de te trouver allongée à côté de moi... mais ça n'arrivera jamais, pas vrai ? Tu es morte. Tu es nulle part et partout à la fois, maintenant. Et je te guette, Yara. Je te guette à chaque instant. Un jour, je te retrouverai. »
Le sel de ses larmes se mélange à celui de la mer.
« Sansa ? »
Elle sursaute. Tyrion entre à son tour dans l'eau et la fixe avec inquiétude.
« Tout va bien ? Mais... vous pleurez ? »
« Ce n'est rien, » répond t-elle en essuyant ses larmes d'un revers de la main.
Il remarque le petit coquillage qu'elle tient toujours serré entre ses doigts.
« Je sais que ça ne me regarde pas, mais... si vous souhaitez un jour en parler, je serai prêt à vous écouter. »
Elle parvient à sourire faiblement.
« Merci, Tyrion. »
Après un petit signe de tête, il s'éloigne.
Sansa essaye d'oublier son cœur vide et suit ses traces.
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Duncan et Jenny rient pour la première fois depuis des semaines, peut-être même des mois et Jorah ne peut s'empêcher de sourire, c'est un son tellement beau, magnifique, il peut presque entendre le rire de Daenerys s'élever dans l'air.
Il se sent détendu.
(Ça ne durera pas, bien sûr, ce n'est qu'un instant éphémère, une goutte de bonheur dans cet océan obscur mais c'est quand même quelque chose.)
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Quand ils reviennent de la plage, Cersei s'éclipse dans sa chambre après leur avoir annoncé son attention de travailler un peu. Sansa la regarde s'éloigner la gorge nouée.
Elles ne se sont pas adressé la parole de la journée. En fait, elles n'ont échangé que deux phrases depuis son arrivée.
(Elle est bien loin de ses rêves de cris et de vérités jetées au visage.)
Sansa sait qu'elle doit aller lui parler, qu'elle ne pourra pas fuir éternellement et repousser l'échéance encore et encore.
Elle doit se montrer courageuse, aussi courageuse qu'Arya et Brienne.
Aussi courageuse que Yara.
« Je dois aller parler à votre sœur, » dit-elle à Tyrion.
Il comprend, lui fait signe de la suivre. Sansa tremble intérieurement.
Je n'ai pas peur.
Il est encore temps de faire demi-tour, il n'est pas encore trop tard.
Je n'ai pas peur.
Elle crispe les poings, elle est une reine, maintenant, la reine du Nord, celle qui a tenu tête à la reine dragon, celle qui l'a défiée, celle qui a aidé à la renverser – elle ne frémira pas devant la lionne.
Tyrion finit par s'arrêter devant une porte.
« C'est notre chambre, » lui précise t-il.
Il lui offre un sourire rassurant.
« Tout va bien. Elle ne va pas vous faire de mal. »
« Je sais. Je vous vois tout à l'heure. »
Elle ne peut s'empêcher de ressentir un léger pincement au cœur en le regardant s'éloigner.
Je n'ai pas peur.
Sansa embrasse son coquillage, prend une grande inspiration et frappe à la porte.
