don't give up (even when i'm gone)

Chapitre 33

oOo

Pendant quelques secondes, seul le bruit des battements de son cœur brise le silence. Sansa espère que Cersei ne répondra pas, qu'elle aura une excuse pour ne pas entrer, pour ne pas se confronter à ses yeux brûlants.

« Entrez. »

(Cette fois, il n'y a vraiment plus de retour en arrière possible.)

Je n'ai pas peur.

Alors Sansa ouvre la porte et entre.

La chambre est spacieuse est lumineuse. Cersei est assise à un grand bureau à l'autre bout de la pièce, elle est en train de lire quelques documents et ne lève même pas la tête pour la regarder. Sansa se fige à mi-chemin.

« Je dérange ? »

Cersei laisse passer quelques secondes avant de répondre.

« Non, c'est bon. Contrairement à ce que semble penser Tyrion, notre travail ne se résume pas à rencontrer les autres magistrats une fois par semaine. »

Leurs regards se croisent enfin, c'est bleu contre vert, ce duel a eu lieu des dizaines et des dizaines de fois au cours des dernières années mais c'était différent, ce n'était qu'une illusion, ce n'était pas aussi réel.

(Aussi terrifiant.)

« Je me demandais quand tu viendrais me parler, » reprend Cersei en lui faisant signe de s'asseoir.

Sansa s'exécute lentement. Cersei croise les mains sur ses genoux et elles se dévisagent en silence, examinent ce que l'autre est devenue après tout ce temps, presque avec avidité.

C'est le moment où je me mets à crier dans mes rêves.

Elle a un millier de reproches brûlants à lui faire et pourtant, c'est tout autre chose qui sort de sa bouche, c'est quelque chose de bien plus superficiel mais alors qu'elle regarde la lionne, c'est la seule et unique pensée qui lui traverse l'esprit.

« Vos cheveux, » lâche t-elle.

Sa belle crinière dorée n'est plus, cette vision qu'elle avait en tête pendant toutes ces années s'est fissurée, bientôt il n'en restera rien, celle-ci la remplacera. Cersei a l'air amusée par sa remarque.

« Un souvenir de ma marche d'expiation. »

« C'était... c'était il y a des années. Vous auriez pu les laisser repousser. »

« J'aurais pu. »

Elle les touche du bout des doigts, ferme les yeux.

« Ça me manque, parfois. Les brosser pendant de longues minutes, les tresser, toutes ces belles coiffures. »

Sansa pense à ses propres cheveux, à la façon dont elle tenait à les coiffer comme les dames du sud à son arrivée à Port-Réal. A les coiffer comme la reine.

« Mais je ne pouvais pas les laisser repousser. Ces cheveux... ils symbolisent tout ce que j'ai perdu. Ce que je ne dois jamais oublier. »

Le prix du pouvoir.

Les cendres du Septuaire de Baelor viennent flotter dans l'air.

(Ça en valait la peine ? a t-elle envie de demander.)

« Es-tu venue ici pour parler de mes cheveux, petite colombe ? »

C'est la première fois que Cersei l'appelle comme ça depuis son arrivée – qu'elle l'appelle tout court. Elle cherche la moindre trace de supériorité, de mépris dans ces émeraudes qui la fixent attentivement.

Elle n'en voit pas – elle ne regarde pas.

« Non. »

Pourquoi est-elle venue ici au juste ? Elle n'est pas sûre de la savoir. C'était bien plus facile de parler à la fausse Cersei, celle issue de son imagination – elle n'était que la représentation de ses doutes, des recoins les plus sombres de son esprit. Elle savait ce dont Sansa voulait parler avant qu'elle n'en ait conscience.

Sansa ne peut s'empêcher de jeter un coup d'oeil au lit. Celui de Cersei – celui de Tyrion. Elle fronce les sourcils, tout ça lui semble encore surréaliste. La lionne semble comprendre ce qui lui passe par la tête.

« C'est de mon frère que tu veux parler ? »

Elle fait un léger signe de tête, de nouveau plongée dans ses souvenirs du temps passé au Donjon Rouge, au milieu de ces lions qui s'entre-déchiraient, de toute cette haine.

(De toute cette haine et ce petit quelque chose en plus, celui qu'elle ne voyait pas, qu'ils ne voyaient peut-être pas eux-mêmes.)

« Vous l'aimez. »

Son ton est légèrement accusateur. Cersei soupire en guise de réponse, les sourcils légèrement froncés.

« Est-ce si surprenant ? »

Oui ! veut-elle hurler.

« Je ne comprend pas, » souffle Sansa. « Vous le haïssiez tellement. »

« Vraiment ? » répond Cersei. « J'avoue que je ne suis plus sûre de rien. Tout se mélange. »

Elle semble sincèrement confuse.

« Comment cela a t-il pu arriver ? » insiste Sansa.

Cersei regarde le plafond et réfléchit. Pendant ce temps, Sansa s'intéresse aux objets qui sont disposés sur le bureau. Son attention est captée par un coffret sur lequel sont posés un gros coquillage et un petit lion en bois. Elle se demande ce qu'il contient.

« J'étais seule, » dit Cersei en tournant de nouveau son regard vers elle. « Jaime était mort. J'avais tout perdu – mon trône, ma couronne, ma maison. Je n'avais plus personne, je n'avais plus rien... et il était là. Il m'a sauvé la vie. »

La solitude. Sansa touche son petit coquillage, elle sait ce que c'est, elle ne le sait que trop bien.

« Vous aviez votre bébé, » lui rappelle t-elle.

« Joanna n'était pas encore née. Je faisais des cauchemars... des cauchemars terribles. »

Pour la première fois, Sansa se demande ce qu'elle a dû ressentir alors que le dragon détruisait Port-Réal, qu'elle regardait son monde s'écrouler et partir en fumée.

(Sansa pense qu'elle peut le deviner parce qu'elle sait ce que ça fait de voir sa vie s'effondrer autour de soi.)

« J'étais seule, » conclut Cersei. « Et Tyrion était seul lui aussi. Les lions ne sont pas faits pour être seuls. »

Les loups non plus.

« Daenerys m'avait prévenue, vous savez. Moi, je pensais que vous étiez morts, et que même si vous aviez survécu, vous vous entretueriez. C'est tellement ironique... c'est elle qui était folle mais c'est moi qui avais tort. Elle savait qu'il y avait plus que de la haine entre vous. »

« Les certitudes sont faciles, rassurantes. Crois-moi, j'en sais quelque chose. »

Moi aussi.

« Vous vous en êtes bien sortis, » reprend Sansa. « Magistrats de Pentos. C'est une maison magnifique. »

Cersei accepte le compliment d'un léger signe de tête mais son visage s'assombrit légèrement.

Le prix du pouvoir.

« Le magistrat qui vivait ici, avant... Stallor Nestaar. Que lui est-il arrivé ? »

(Elle connaît déjà la réponse, bien sûr qu'elle la connaît, comment pourrait-il en être autrement ?)

Sansa se demande ce qui a pu pousser Stallor Nestaar à les dénoncer. La peur du dragon, sans aucun doute.

« Il menaçait ma famille, » répond Cersei. « Sais-tu ce qui arrive aux gens qui menacent ma famille ? »

Elle acquiesce lentement.

« Es-tu ici pour menacer ma famille, Sansa ? »

« Non. Vous n'avez rien à craindre. »

Cersei plisse les yeux, comme si elle ne savait pas si elle pouvait la croire. Le silence retombe, Sansa fait mine de se lever, hésite, ne devrait-elle pas partir ?

Les yeux de Cersei ne la quittent pas.

Je n'ai pas peur. Vas-y, Sansa. C'est le moment que tu as attendu pendant si longtemps, tu ne peux pas le laisser passer.

« Je pensais à vous, » dit-elle sans doute trop sèchement. « Tout le temps. »

Cersei hausse les sourcils, légèrement surprise.

« Je pensais à ce que vous penseriez, à ce que vous feriez. Je pensais à tout ça parce que je voulais tout faire pour ne pas être comme vous. »

Elle s'interrompt, presque à bout de souffle, le soleil de glace s'est réveillé et il brûle, il brûle.

(C'est presque dommage que Cersei soit comme Daenerys, faite de feu, un feu différent mais du feu, c'est du feu, et Sansa ne parviendra pas à étouffer celui-là.)

« Et ensuite ? »

Elle semble presque la narguer. Elle sait que quelque chose a changé, elle sait que quelque chose a poussé Sansa à remettre ses certitudes en question.

Un cœur brisé – l'effondrement de tout un monde.

(Quel a été le moment charnière pour Cersei ? La mort de Joffrey ? Celle de Myrcella, de Tommen ? Ou était-ce quelque chose de plus ancien, quelque chose que Sansa ignore ?)

La louve pense au kraken, referme la main autour de son coquillage et entend sa chanson d'eau et de glace.

« Ensuite... j'ai compris que si je voulais survivre, si je voulais protéger ceux que j'aimais... je devais me montrer impitoyable. »

Vas-y, petite colombe, chantent les yeux de Cersei. Dis-le.

« J'ai compris... j'ai compris que je devais être comme vous... juste un peu. »

Cersei sourit mais ce n'est pas le sourire triomphant auquel elle s'attendait, il n'y a pas d'arrogance, pas d'orgueil, pas de cruauté.

C'est un sourire fier.

Elle se lève et vient se tenir à côté d'elle, pose une main sur son épaule.

« Et tu as survécu. »

Elle ne résiste pas à l'envie de passer une main dans ses longs cheveux roux, les yeux fermés, pense à sa propre crinière, celle qui n'est plus.

« J'ai survécu moi aussi. »

La première reine des Sept Couronnes et la première reine du Nord.

La lionne et la louve.

Des survivantes.

Pour la toute première fois depuis qu'elles se connaissent, depuis que le vert a rencontré le bleu, elles échangent un vrai sourire, un sourire qui n'est empoisonné par aucune arrière-pensée, aucun calcul, aucun sentiment négatif.

Un sourire sincère.

.

(Alors que Sansa quitte la pièce, elle songe qu'elles n'ont pas parlé de Renly, elles n'ont pas parlé de Jenny et Duncan, de la véritable raison de sa venue à Pentos, et pourtant elle a l'impression d'avoir trouvé ce qu'elle était venue chercher.)

.

« Ils ne sourient pas beaucoup. »

C'est un simple constat, quelque chose dont Jorah a parfaitement conscience, alors pourquoi cela fait-il aussi mal ?

Jenny et Duncan sont assis sur un banc dans les jardins, front contre front, ils ont le genre de conversation que seuls les jumeaux peuvent tenir, les mots ne sont pas nécessaires, ils utilisent un autre type de langage, quelque chose qui n'a rien à envier à la magie.

« C'est vrai, » répond t-il.

Ils les observent de loin.

« Ils lui ressemblent tellement, » dit Tyrion avec nostalgie.

C'est presque une torture pour lui de les regarder dans les yeux, de se perdre dans cet océan violet, constant rappel de ses échecs.

« Je vous en ai voulu, vous savez, » reprend Jorah. « Je vous ai détesté d'être parti, de l'avoir laissée tomber. De l'avoir trahie. »

Tyrion soupire.

« Je sais. Je me suis détesté aussi. »

Jorah se rappelle du temps où ils prévoyaient la conquête de Westeros, du temps où Daenerys avait des alliés, du temps où elle avait l'amour de Jon, les conseils de Tyrion, l'admiration de Yara Greyjoy.

Un temps perdu à jamais.

« Pensez-vous... pensez-vous que nous aurions pu la sauver ? » demande Tyrion. « Pas un jour ne passe sans que je me demande ce que j'aurais pu faire de différent. »

A quel moment tout a t-il à ce point mal tourné ? Ils ne sauront jamais, bien sûr, regarder en arrière est inutile et pourtant ils ne peuvent pas s'empêcher de le faire.

La culpabilité est une chose terrible.

« J'aurais dû lui dire que je l'aimais, » lâche Tyrion.

« Je lui ai dit. Des dizaines de fois. Et ça n'a fait aucune différence... c'est l'amour de son peuple qu'elle voulait. »

Et elle ne l'a jamais eu – c'est ça qui l'a tuée, à la fin.

« Comment... comment est-elle morte ? » demande Tyrion d'une voix hésitante. « Nous avons entendu des rumeurs. On dit que les Fer-Nés... »

Il s'interrompt et se mord la lèvre alors que des images d'horreur font danser les ombres dans ses yeux.

« Ils ne lui ont rien fait. C'est... c'est moi qui l'ai tuée. »

Il sent toujours le poids dans la fiole de poison dans le creux de sa main.

« Je lui ai donné de l'essence de belladone. Elle n'a pas souffert. »

Tyrion acquiesce, semble rassuré, pose une main sur son bras pour le réconforter.

« J'ai tué la femme que j'aimais. »

Il se prend la tête entre les mains et se met à pleurer.

« Non, Jorah. La femme que vous aimiez... que nous aimions... elle n'était plus là. Elle était partie depuis bien longtemps. »

La femme qu'ils aimaient c'était Daenerys du Typhon, la fille aux cheveux d'argent sortie du feu avec trois miracles, celle qui libérait les esclaves et parlait d'un monde meilleur, des étoiles brillantes dans les yeux.

Alors que Tyrion tourne de nouveau son regard vers les enfants, il semble comprendre quelque chose.

« Ce ne sont pas les enfants de Jon Snow. »

Ce n'est pas vraiment une question, plutôt une affirmation. Jorah les regarde, ces petits, le sang du dragon, les enfants de Daenerys.

« Je ne sais pas, » admet-il. « Je ne l'ai jamais su. »

(Au fond, qu'ils aient le sang du loup ou de l'ours n'a aucune importance. Ce sont les enfants de Daenerys alors Jorah ne pouvait que les aimer.)

« Je sais pourquoi vous êtes venu ici, » dit Tyrion.

Jorah se demande s'il regrette que ces enfants ne soient pas les siens, s'il a rêvé de ce que pourrait donner le mélange du sang du lion avec celui du dragon.

« Ils sont en danger, » répond Jorah. « Après tout ce que Daenerys a fait... »

Il n'a pas besoin d'aller plus loin, Tyrion comprend immédiatement – sans doute a t-il compris à la seconde où il les a vus débarquer.

« Et vous pensez qu'ils seraient davantage en sécurité ici ? »

« Je ne peux pas les protéger. Sansa... Sansa pourrait. Peut-être. Je ne veux pas d'un peut-être. Vous êtes magistrats, vous et votre sœur. Vous avez le pouvoir... moi, je ne l'ai pas. »

Oh, ce qu'il aurait aimé rester à Winterfell, les enfants n'auraient connu que la neige et auraient fini par oublier ce feu terrible et dévastateur.

(Mais personne à Westeros n'est prêt d'oublier le feu.)

« Vous êtes leur meilleure chance, » conclut Jorah. « J'aimerais que ce soit moi... ce n'est pas le cas. Je vous en prie, si vous ne le faites pas pour moi, ni pour eux... faites-le pour Daenerys du Typhon. La femme que vous aimiez. »

Comme si les jumeaux avaient deviné qu'on parlait d'eux, ils s'approchent de Jorah et Tyrion. Celui-ci ne peut s'empêcher de leur sourire et Jorah comprend qu'il a gagné – en partie, du moins, parce qu'au fond, ceci n'a rien d'une victoire.

« Est-ce que vous aimez les histoires ? » demande doucement Tyrion aux enfants.

Ils échangent un regard avant d'hocher timidement la tête.

« Parfait. Et si vous alliez nous attendre à l'intérieur ? Je vais vous en raconter une. »

Jorah leur fait un signe de tête encourageant. Rassurés, ils s'éloignent main dans la main.

« Vous savez que ça ne tient pas qu'à moi, » reprend Tyrion.

(Bien sûr que Jorah le sait et Sansa le sait aussi. Ce n'est pas ce lion-là qui les inquiétait.)

« Je serais prêt à le faire, et pas seulement parce que ce sont les enfants de Daenerys. Je sais ce que c'est, de grandir en ayant l'impression qu'on n'a pas de maison. Ils sont innocents et... je sais à quel point l'idée de vous séparer d'eux vous fait souffrir. Cependant... »

L'ombre de la lionne apparaît et se met à roder autour d'eux, les yeux brûlants.

« Je doute que ma sœur voie les choses de cette façon. »

« Je sais. »

(Et si Cersei refuse, que feront-ils alors ?)

« Pensez-vous pouvoir la convaincre ? »

Les lèvres de Tyrion se tordent en une grimace.

« J'imagine que nous n'allons pas tarder à le savoir. »

.

Tyrion guide les enfants et Jorah jusqu'à la bibliothèque et est surpris d'y trouver Sansa. Elle lui offre un sourire rassurant.

« Vous êtes toujours en vie, » plaisante t-il. « Tout s'est bien passé ? »

Elle acquiesce.

« Ne vous inquiétez pas. »

Pour vous ? Jamais. Vous êtes une survivante.

« Renly et Joanna sont en train de faire une partie de cache-cache, » lui explique t-elle.

« Oh. C'est un de nos jeux préférés. Il y a des avantages à être petit... »

« C'est certain, » rit-elle.

(Pour la première fois, Tyrion réalise à quel point elle lui avait manqué.)

Les jumeaux s'installent dans un des fauteuils et attendent sagement.

« Ser Jorah ? » demande Jenny.

Tel un chevalier servant, il accourt aussitôt et s'agenouille devant elle.

« Qu'y a t-il ? »

« Où est ma couronne ? »

Il échange un regard avec Sansa. La louve se mord la lèvre.

« Eh bien... elle est restée dans le sac que j'ai emporté. »

« Est-ce que je peux l'avoir ? »

« Je... tu es sûre que tu ne veux pas d'un autre jouet ? Je suis sûr que Joanna serait d'accord pour partager les siens avec toi. »

Elle secoue la tête, les larmes aux yeux.

« S'il vous plaît... »

(Des larmes dans des yeux violets – Jorah n'a jamais pu résister, peu importe à qui ils appartenaient.)

« Très bien. »

Tyrion se demande d'où vient cette réticence.

Lorsqu'il le découvre, il en reste sans voix.

Jorah revient dans la pièce et la couronne qu'il tend à Jenny lui est familière, bien trop familière, c'est un fragment de son passé, un vestige du pouvoir et de la gloire des Lannister.

La couronne de Cersei.

Il ne se rappelle que trop bien de la dernière fois qu'il l'a vue.

S'il te plaît, Cersei. Je sais que tu n'es pas un monstre.

Il la pensait détruite, réduite en cendres par le dragon, réduite en cendres comme toutes les traces de ce règne maudit qui leur a tant coûté.

Évidemment, c'est le moment que choisit sa sœur pour faire son entrée. Elle paraît surprise de les trouver tous ici. Un silence de mort s'abat sur la pièce. Jenny, inconsciente de ce qu'est réellement son jouet préféré, fait tourner la couronne entre ses petites mains.

Quand Cersei la remarque, c'est comme si le ciel et la lumière des Sept s'effondraient sur elle. Les yeux écarquillés, elle s'approche de Jenny.

« Où... où as-tu trouvé ça ? » demande t-elle d'une voix étranglée.

Jenny baisse la tête, intimidée.

« C'est ma mère qui me l'a donnée, » répond la petite fille d'une toute petite voix, comme si elle avait fait quelque chose de mal.

Tyrion se place devant elle et saisit le bras de Cersei. Il fait un petit signe de tête à Jorah.

« Cersei. Viens avec moi... il y a quelque chose dont il faut que nous discutions. »

Elle le gratifie d'un regard soupçonneux mais le laisse l'entraîner à l'extérieur de la bibliothèque.

(Tyrion ne le sait pas encore mais il va détester la conversation qui va suivre.)

Lorsqu'il referme la porte de leur chambre derrière lui, il ne peut s'empêcher de frissonner.

Une étrange lueur brûle dans les yeux de Cersei.

« Alors ? »


J'ai terminé d'écrire cette troisième partie hier, qui comporte donc 41 chapitres et un petit bonus :).

Je vais bien sûr écrire la conclusion de cette histoire mais je me suis rendu compte que je me suis finalement arrêtée assez tôt dans la partie centrée sur Cersei et Tyrion et qu'il y a encore beaucoup de choses à exploiter sur eux. J'envisage donc d'écrire des chapitres supplémentaires dans la première partie où je raconterai, entre autres, ce qui s'est passé avec Stallor Nestaar, comment ils ont réagi en apprenant ce qui se passait à Westeros (la naissance des jumeaux, le couronnement de Sansa ou encore l'assassinat de leur famille) et bien sûr comment leur relation a continué d'évoluer, parce qu'il faut bien le reconnaître, Cersei ignorait encore complètement ce qu'est une relation saine quand Joanna est née.

Seriez-vous intéressés ? :)