don't give up (even when i'm gone)

Chapitre 34

oOo

En cet instant, alors qu'elle se tient face à lui, les poings crispés, le regard brûlant, Tyrion se souvient pourquoi il avait autrefois si peur de Cersei Lannister.

« Je sais pourquoi Sansa et Jorah sont venus ici, » lâche t-il finalement.

Il ne servira à rien de reculer davantage – il est l'heure de sauter. Tyrion espère juste qu'il ne se fracassera pas en mille morceaux.

« Et je pense que tu le sais toi aussi. »

Ses yeux deviennent glacials.

(Cette conversation ne va pas être plaisante. Ce regard... c'est comme ça qu'elle le regardait, avant, il y a toutes ces années, quand elle le détestait encore. Il pensait que c'était terminé, qu'il ne le reverrait plus jamais, a envie d'ouvrir la porte et de partir en courant. C'est trop tard, bien sûr.)

Bien sûr qu'elle le sait, elle est intelligente, sa sœur, bien trop impulsive, colérique et jalouse mais tout de même intelligente. Ils ont tous les deux compris le moment où ils ont aperçu les yeux violets si semblables à ceux qui ont failli causer leur perte.

Sa réponse tient en un seul mot.

« Non. »

Un mot court, simple, un mot tranchant, acéré.

(Une sentence de mort.)

« Cersei... » dit-il en faisant un pas en avant.

« Non, » répète t-elle. « C'est hors de question. »

« Nous... nous ne pensons peut-être pas à la même chose, » avance t-il d'une voix hésitante.

Elle s'esclaffe avec mépris.

« Je te l'ai déjà dit, Tyrion. Jouer à l'idiot ne te réussit pas du tout. »

Elle se met à faire les cent pas dans la pièce et Tyrion sent la tempête approcher, il a l'impression qu'elle va le balayer sans merci.

« Je sais exactement pourquoi ils sont venus, » reprend t-elle. « Ils veulent que nous nous occupions des héritiers de Daenerys. »

Il se demande s'il ne devrait pas partir et la laisser se calmer, lui parler plus tard, quand elle sera peut-être prête à l'écouter, elle ne lui donne pas le temps d'amorcer un geste vers la porte.

« Comment ont-ils pu penser que j'accepterais ? Comment ont-ils pu pu penser que je serais d'accord pour m'occuper des enfants de cette... »

L'insulte ne franchit pas la barrière de ses lèvres mais Tyrion l'entend quand même.

(Fut-il un temps où elle ne serait pas retenue et la certitude que les choses ont changé entre eux le pousse à ne pas baisser les bras.)

« Ce ne sont que des enfants. Des enfants innocents. Ils n'ont pas demandé à avoir le sang du dragon dans leurs veines, tout comme nous n'avons pas demandé à avoir celui du lion. »

Le sang Targaryen, le sang Lannister – c'est du pareil au même, c'est du sang maudit.

« Et alors ? En quoi cela nous concerne t-il ? »

« Ils sont en danger de mort, Cersei. Tout le monde à Westeros serait ravi de voir leur tête au bout d'une pique. »

« Moi aussi. »

Sa mâchoire manque de se décrocher sous le choc.

(Il lui arrive d'oublier à quel point elle peut se montrer cruelle.)

« Tu ne penses pas ce que tu dis. »

« Oh, je pense chaque mot. Daenerys Targaryen nous a tout pris, Tyrion, tout ! C'est à cause d'elle que nous avons failli mourir ! Nous avons survécu, nous avons reconstruit quelque chose ici, nous avons une maison et je ne prendrai pas le risque de tout perdre à cause de sa progéniture ! Penses-tu vraiment qu'ils seraient totalement en sécurité ici ? »

« Bien sûr que non mais ils le seraient probablement davantage que s'ils restaient à Westeros ! »

Le ton monte rapidement, ce n'est pas bon, pas bon du tout – leurs disputes ne se terminent jamais bien.

« Pourquoi devrais-je prendre le moindre risque pour eux ? »

« Parce que c'est la bonne chose à faire ! »

Il a l'impression d'être à bout de souffle, de se battre contre un orage violent, une explosion de feu grégeois, quelque chose qu'il ne peut pas faire plier, quelque chose contre quoi il n'a aucun espoir de l'emporter.

« La bonne chose à faire ? » répète t-elle, du venin dans la voix.

« Ils sont en danger, » insiste t-il. « Si nous refusons de nous occuper d'eux, ils mourront. Ils ne méritent pas ça. »

« Et nous ? Crois-tu que nous méritions d'être traqués pendant toutes ces années ? »

« Non, ce n'est pas ce que j'ai dit ! Justement, Cersei, nous savons ce que ça fait de ne plus avoir de maison ! Nous pouvons leur en donner une. Nous pouvons les rendre heureux. »

Tyrion comprend que ce n'était pas la bonne approche. Si c'est possible, Cersei semble encore plus furieuse.

« Tu penses toujours que tu dois quelque chose à cette catin, pas vrai ? » crache t-elle. « Qu'est-ce que tu crois, que son fantôme va revenir et te pardonner pour ce que tu lui as fait ? Que t'occuper de ses enfants suffira à te racheter ? »

« Il ne s'agit pas que de Daenerys ! » répond Tyrion, ses yeux se mettent à brûler eux aussi.

(Catin. Même des années plus tard, ce terme lui fait toujours aussi mal – une part de son cœur appartiendra à jamais à Daenerys Targaryen.)

Il se met à trembler de rage.

« Peut-être que j'avais tort, tout compte fait, » lâche t-il. « Peut-être que tu es toujours la même femme cruelle et sans cœur, peut-être que tu n'as pas changé du tout ! »

« Et peut-être que tu es toujours l'homme qui essaye de détruire sa propre famille ! »

Cersei est allée trop loin et elle a l'air de s'en rendre compte mais Tyrion, dans sa colère, ne lui laisse même pas le temps d'essayer de se rattraper.

(Cersei n'a pas de cœur, Cersei est prête à envoyer à la mort des enfants innocents, Cersei est toujours aussi haïssable.)

« Peut-être que je t'ai sauvé la vie pour rien. »

Il regrette ses mots une seconde après les avoir prononcés, toute sa colère s'évanouit aussitôt, s'il y avait une limite il vient assurément de la franchir.

Un nouvel éclat brille dans le regard de Cersei au milieu de tout ce feu.

Une blessure.

Sa lèvre tremble légèrement, des larmes de rage apparaissent dans ses yeux.

« Sors. »

Sa voix n'est qu'un souffle. Il tend le bras, fait un pas dans sa direction.

« Cersei, je... »

« Sors ! » hurle t-elle.

Elle attrape le chandelier posé sur le bureau et le lance violemment contre le mur. Tyrion sursaute quand ce qu'il en reste se fracasse sur le sol et bat en retraite.

Une fois que la porte s'est refermée, il se laisse glisser contre le mur et laisse ses larmes couler.

Je suis allé trop loin.

.

(Peut-être que je t'ai sauvé la vie pour rien. Comment a t-il pu laisser échapper une chose pareille ?)

.

Sansa regarde Cersei et Tyrion s'éloigner avec un horrible pressentiment. Jorah a lui aussi le regard sombre. Jenny, inconsciente de ce qui est sur le point de se jouer – c'est-à-dire son avenir, ni plus ni moins – continue de jouer avec la couronne qui fut jadis celle de la lionne.

A peine quelques minutes plus tard, les premiers cris se font entendre et elle n'est même pas surprise.

(Cersei restera toujours Cersei. Cette femme avec qui elle a parlé dans la matinée est peut-être devenue plus douce, peut-être qu'une partie de la haine qui l'habitait autrefois s'est envolée mais c'est Cersei – maintenant, et à jamais.)

Les jumeaux relèvent la tête, les sourcils froncés, elle se demande si les cris leur évoquent des souvenirs, s'il arrivait à Jon et Daenerys de se disputer de cette façon, si Jorah tentait par tous les moyens de les protéger.

« Ça ne s'annonce pas bien, » murmure t-il avec inquiétude.

« Je m'en doutais, » répond t-elle. « Attendons. »

Une part d'elle est rassurée par ce qu'elle entend. Elle n'imaginait pas la relation de Cersei et Tyrion comme sans faille, lisse, idéale.

(Comment pourrait-elle l'être alors que Cersei et Tyrion eux-mêmes sont profondément imparfaits et brisés ? )

Au bout de quelques minutes, les cris cessent et le silence retombe.

Un silence de mort.

Une sentence ?

Lasse d'attendre sans rien faire, Sansa se risque à sortir de la pièce et traverse les couloirs. Elle sursaute quand elle voit Tyrion assis contre le mur, la tête entre les genoux. Elle s'accroupit face à lui.

« Tyrion ? »

Ses yeux sont humides quand il relève la tête. Cette vision la laisse sans voix.

(Jamais elle n'a vu Tyrion pleurer, pas une seule fois.)

« Cela s'est-il à ce point mal passé ? »

Il baisse la tête d'un air désespéré.

« Vous n'avez pas idée. »

Comme pour appuyer ses paroles, Cersei sort à son tour de la chambre. Lorsqu'elle passe devant eux, elle ignore complètement Sansa et jette un regard froid à Tyrion avant de s'éloigner rapidement.

« Je vois, » soupire Sansa.

« Elle me déteste, » dit-il, sa voix tremble.

« Tyrion. Elle ne vous déteste pas. Je ne peux pas croire qu'il ne vous arrive jamais de vous disputer. »

« C'est différent... ce que j'ai dit... »

Sansa l'interrompt.

« Vous le regrettez ? »

« Bien sûr. »

« Alors elle vous pardonnera. »

« Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? »

Elle se lève et lui tend la main en pensant à Arya avec affection, repense à la période précédant son mariage, aux mots qu'elles ont échangé, des mots terribles qu'elle préférerait oublier.

Son sourire est un peu triste.

« L'expérience. »

Tyrion saisit sa main.

.

Cersei ne se montre pas pour le dîner. Joanna et Renly, inconscients de ce qui s'est déroulé à peine quelques heures plus tôt, se lancent dans un résumé détaillé de leur partie de cache-cache.

« J'ai gagné à chaque fois ! » s'exclame Joanna.

« C'est de la triche, tu vis ici ! Tu connais toutes les meilleures cachettes, » se plaint Renly en roulant des yeux.

Comme à chaque fois qu'il le regarde, Tyrion ne peut pas s'empêcher d'être submergé par la nostalgie.

Il ressemble tellement à Jaime.

Voilà autre chose dont il ne vaut mieux pas qu'il parle avec Cersei s'il ne veut pas qu'ils prononcent encore des mots qu'ils regretteront assurément.

(Que lui regrettera – il n'est pas certain que Cersei regrette quoi que ce soit et cette seule pensée lui donne envie de pleurer.)

« Oncle Tyrion ? »

Joanna délaisse son assiette et grimpe sur ses genoux.

« Pourquoi est-ce que vous pleurez ? »

C'est alors qu'il remarque que ses yeux sont humides.

« Ce n'est rien, petit lionceau, » dit-il en essayant de sourire.

« Vous êtes triste. »

(Si petite et déjà si intelligente.)

« Ne t'inquiète pas pour moi. Ça va s'arranger. »

Elle fronce les sourcils, visiblement peu convaincue, mais retourne s'asseoir. Elle se mure toutefois dans le silence. Tyrion soupire et regarde Jorah murmurer des paroles rassurantes aux jumeaux.

Ils sont vraiment adorables.

Jenny et Duncan l'écoutent attentivement et hochent la tête. Tyrion, en échouant à convaincre Cersei, les a très certainement condamnés à mourir.

Il ne fera pas bon d'être un dragon à Westeros ces prochaines années.

Ce qui leur arrive est une grande injustice, exactement comme l'exil forcé de Viserys et Daenerys en était une.

(L'histoire est écrite dans le feu et le sang et elle se répète.)

Tyrion, contrairement à Daenerys et Cersei, n'a jamais cru au destin. Il ne croit pas que ces enfants soient promis à la folie, pas s'ils grandissent entourés d'amour, pas si on ne les force pas à vivre en parias.

Il se souvient de la façon dont la reine dragon lui parlait de la maison dans laquelle elle avait grandi, à Braavos, une maison à la porte rouge avec un citronnier. Au fond, toutes ces conquêtes, ces guerres et ce sang versé n'étaient que des étapes sur le sentier du véritable objectif de Daenerys.

Rentrer à la maison.

(Tyrion n'est pas certain qu'elle se soit jamais sentie chez elle dans le Donjon Rouge – pas avec tous les fantômes qui devaient perpétuellement la hanter.)

Il jette un œil à Sansa. La reine du Nord.

Son ancienne épouse.

Elle touche le petit coquillage qu'elle porte en pendentif et il se demande d'où il peut bien venir. Qui le lui a offert ? Et pourquoi a t-elle l'air aussi triste lorsqu'elle l'emprisonne dans le creux de sa main ?

(Au fond, il le sait – il pourrait reconnaître un cœur brisé n'importe où.)

Peut-être que nous aurions dû rester mariés.

Si Sansa était toujours sa femme, où en seraient-ils à présent ?

Comme tous les soirs, il va border Joanna et lui raconter une histoire avant qu'elle ne s'endorme. Cersei vient avec lui, parfois, et l'écoute parler en caressant les longs cheveux blonds de leur petit lionceau. Ce soir, bien sûr, elle est absente.

« Oncle Tyrion ? »

« Oui, Joanna ? »

« Combien de temps est-ce que Renly va rester ici ? »

« Je ne sais pas, petit lionceau. Tu l'aimes bien ? »

« Oh, oui ! »

Elle sourit de toutes ses dents.

C'est ton frère, a t-il envie de dire.

Les liens du sang – il est bien placé pour savoir à quel point ils sont forts, surtout chez les lions. Il s'oblige à garder le silence. Renly n'est visiblement pas au courant de leur lien de parenté et ce n'est pas à lui de faire éclater la vérité au grand jour. Pas sans que tout le monde ne soit d'accord, du moins.

« Est-ce que... est-ce que vous vous êtes disputé avec Mère ? »

Il fronce les sourcils, le cœur battant.

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? »

« Vous êtes toujours triste quand vous vous disputez avec elle. Et elle est triste aussi, je le sais. Pourquoi est-ce que vous vous disputez si ça vous rend tristes ? »

Ça me manque d'être aussi innocent... mais l'ai-je seulement été ? Je n'en suis pas sûr.

« Les grandes personnes ne sont pas toujours d'accord et font des choses qu'elles regrettent, » explique t-il doucement. « Mais ça finit toujours par s'arranger. »

Elle accepte l'explication d'un léger signe de tête.

« Vous n'allez pas rester fâchés, alors ? »

« Je te promets que non. »

(Ce qu'il a envie d'y croire.)

« Tant mieux, » conclut Joanna en bâillant. « Je n'aime pas quand vous êtes fâchés. »

Tyrion l'embrasse sur le front.

« Bonne nuit, Joanna. »

Lorsqu'il referme la porte, il hésite. Où doit-il dormir ? Cersei supportera t-elle seulement sa présence ?

Peut-être que je t'ai sauvé la vie pour rien.

Peu importe qu'elle soit furieuse contre lui, au fond : il est furieux contre lui-même.

.

« Que pensez-vous de la situation ? » demande Jorah.

Sansa, appuyée contre la porte de sa chambre, soupire.

« Je ne sais pas... je m'y attendais, bien sûr. Si Cersei avait immédiatement accepté, j'aurais même été très inquiète. »

Il soupire, semble très fatigué.

« Pensez-vous que Tyrion parviendra à la faire changer d'avis ? »

Quelques secondes passent avant qu'elle ne réponde.

« Oui. J'ai envie d'y croire. »

Il faut que j'y croie.

« J'essayerai de la convaincre, » dit Sansa. « Je sais que je... je sais que nous pouvons y arriver. »

Jorah sourit tristement.

« J'espère que vous avez raison, Lady Stark. Je l'espère vraiment. »

« Sansa, » le corrige t-elle sans y penser. « Je m'appelle Sansa. Je crois que nous sommes au-dessus de ces formalités, pas vous ? »

Il acquiesce.

« Vous avez raison. Eh bien... bonne nuit, Sansa. »

« Bonne nuit, Jorah. »

Sa chambre lui paraît bien vide sans Renly. Le petit garçon, finalement convaincu qu'il n'était pas en danger de mort dans cette maison, s'est résolu à dormir seul cette nuit. Sansa soupire quand elle s'allonge sur son lit.

Les prochains jours ne s'annoncent pas de tout repos.

(Par tous les dieux, comment vais-je réussir à convaincre Cersei ?)

.

Lorsque Tyrion pousse la porte, Cersei est allongée dans le lit et lui tourne le dos. Il sait immédiatement qu'elle ne dort pas. A la lueur des bougies, il peut voir son corps se tendre.

(Il a l'impression d'avoir déjà vécu cette scène.)

Réprimant un nouveau soupir, il se glisse sous les couvertures.

« Je suis désolé. »

Sa voix n'est qu'un murmure. Silence. Elle ne répond pas.

« Ces choses que j'ai dites... je ne les pensais pas. Je suis désolé. Bien sûr que je ne t'ai pas sauvé la vie pour rien. Je t'en prie, pardonne-moi. »

Silence. Les larmes lui montent aux yeux, il le savait, cette fois elle va refuser de lui pardonner. L'idée de partir en courant lui traverse brièvement l'esprit.

Cersei se retourne avant qu'il n'ait le temps de faire que ce soit. Ses yeux brillent – de rage ou de tristesse, il ne saurait le dire.

« Parfois, chaque mot que tu prononces m'insupporte, » lâche t-elle. « Parfois, j'ai envie de te gifler et de t'étrangler. »

« Je sais, » répond t-il un peu bêtement.

Elle soupire, furieuse contre lui, furieuse contre elle-même, et l'attire contre elle.

« Je te déteste, » dit-elle alors que ses larmes se mettent à couler. « Je te déteste tellement. »

Il lui rend son étreinte et se met lui aussi à pleurer.

« Je t'aime aussi, Cersei. »

Tyrion se sent beaucoup plus léger et ferme les yeux.

« Je suis désolée. »

La voix de Cersei est si faible qu'il se demande un instant s'il ne l'a pas imaginée et s'il n'est pas en train de rêver mais au fond, il sait que ce n'est pas le cas.

Leur relation se définit par une affection intense parfois mêlée de haine, elle est dysfonctionnelle et elle est aussi imparfaite qu'ils le sont – c'est peut-être ce qui la rend aussi forte.

Et pour rien au monde Tyrion ne serait prêt à y renoncer.

.

Sansa erre dans les couloirs, incapable de trouver le sommeil. Les jumeaux, Westeros, Jon, Yara, le Trône de Fer – bien trop de choses hurlent dans sa tête et la tiennent éveillée.

Alors qu'elle passe devant la chambre de Cersei et Tyrion, elle se fige. La porte est restée entrouverte. Elle hésite, la curiosité la dévore.

(Si elle entre, y trouvera t-elle un cadavre ? Ou alors cette vision que même les mots de Tyrion ne sont pas parvenus à dissiper entièrement ?)

L'envie de savoir est plus forte que tout.

Sansa pousse doucement la porte et entre. Les bougies éclairent encore la pièce. Presque craintivement, elle s'approche du lit.

Il n'y a pas de cadavre. Cersei et Tyrion sont simplement endormis côte à côte, le visage paisible, tranquille.

Ses derniers doutes s'envolent et elle se surprend à trouver cette scène belle. Touchante, même. Cersei et Tyrion ressemblent à deux lions perdus qui ne peuvent vivre l'un sans l'autre, même si cela implique un combat de temps à autre.

Sansa sourit, sort de la pièce et referme la porte derrière elle.