don't give up (even when i'm gone)
Chapitre 39
oOo
Cersei ne dort pas quand Tyrion se glisse dans le lit.
« Comment était-ce ? » demande t-elle.
Il lui jette un regard surpris, elle s'esclaffe.
« Je sais toujours tout, Tyrion. Tu n'as pas cessé de la regarder une seule fois pendant le dîner... tu pensais à voix haute. »
(Depuis quand est-il devenu si prévisible ? Peut-être l'a t-il toujours été à ses yeux.)
« C'était... c'était... »
Il ignore quel mot employer exactement, ne parvient pas à trouver.
« Je vois. »
Tyrion se demande ce que pense Sansa en ce moment, si elle souffre encore – physiquement et mentalement –, si elle pleure parce qu'elle a trahi Yara, si elle prie pour que cela fonctionne.
« Elle veut un héritier, » lui apprend Tyrion. « Un enfant qui porte son nom pour assurer l'avenir de sa maison. »
« C'est compréhensible. »
« Elle ne veut pas d'un mari... elle dit qu'elle n'aimera plus jamais. »
Les lions sont comme la louve, eux aussi ont eu le cœur brisé, eux aussi ont vu leur grand amour leur être arraché – ils ne peuvent que comprendre.
Cersei soupire.
« Tu as accepté de lui donner son héritier. »
« J'ai envie de l'aider... »
« Tu l'aimes ? »
Il est pris au dépourvu.
« Non. »
Seul un Lannister peut aimer un Lannister – il n'a pas besoin de prononcer cette phrase, elle est si profondément ancrée en eux qu'ils ne l'oublient jamais totalement.
« Mais tu pourrais. »
« Peut-être... dans d'autres circonstances. Si nous avions plus de temps. Si... si je n'étais pas maudit. »
Un long soupir las et fatigué franchit ses lèvres.
« Il ne s'agit pas d'amour, il s'agit de devoir. Elle veut un enfant, et je lui en donnerai un. »
« C'est honorable de ta part... »
Elle se redresse et le fixe avec attention, comme si elle essayait de déterminer ce qui lui traverse l'esprit exactement.
« Qu'est-ce qui te trouble à ce point ? Les termes de votre... arrangement sont clairs. »
Tyrion hausse les épaules, mal à l'aise.
« Tu sais que tu peux tout me dire. Qui suis-je pour te juger ? »
(Il y a certains avantages à avoir une meurtrière pour sœur – aucune de ses pensées, aucun de ses actes ne pourra jamais la dégoûter ou la choquer.)
« Je lui ai fait mal, » lâche t-il. « Elle n'en a rien montré mais c'est évident. Et je ne peux pas m'empêcher de me sentir coupable. »
« Tu aurais voulu que ça se passe autrement. »
Ce n'est pas une question.
« Oui, » admet Tyrion avec une certaine réticence.
Il n'a pas besoin de parler, Cersei le fait pour lui.
« Tu aurais voulu qu'elle te désire. Tu aurais voulu qu'elle te laisse l'embrasser, la caresser. »
Tyrion n'ose pas lever les yeux, il a honte, tellement honte.
« C'est tellement égoïste, » lâche t-il. « Elle pleure toujours Yara Greyjoy. Que pouvais-je espérer d'autre ? »
Cersei fronce les sourcils.
« Tu n'es pas égoïste, Tyrion, et ça t'a bien souvent joué des tours. Il doit forcément y avoir une autre raison. »
Il cède alors que des images horribles viennent défiler devant ses yeux, le laissant presque aveugle.
« J'ai pensé à toi, » lâche t-il. « A ta nuit de noces. »
Elle met plusieurs secondes à répondre, totalement prise au dépourvu.
« Oh. »
« J'avais l'impression d'être Robert... Euron Greyjoy... Gaelon Nargaris... »
Il se rend compte de son erreur quand il voit l'éclair de la douleur et de la haine traverser ses yeux.
« Ne prononce plus jamais ce nom, » cingle t-elle, la voix tremblante. « Jamais. »
Elle frissonne de dégoût.
« Je suis désolé. Excuse-moi, ça m'a échappé. Ça ne se reproduira plus. »
(Tous les deux essayent tant bien que mal de chasser ce terrible souvenir de leur mémoire et Tyrion est furieux contre lui-même d'avoir convoqué le fantôme de Gaelon Nargaris.)
Cersei accepte ses excuses d'un petit hochement de tête.
« Tu... tu n'es pas comme eux, » reprend t-elle. « Tu n'as pas voulu la blesser. Tu ne la regardes pas comme un objet ou marchandise. Tu la respectes. »
« Je ne suis pas sûr que ça change quelque chose... »
« Crois-moi... » dit-elle d'une voix un peu brisée. « Ça change beaucoup de choses. »
Elle dépose un léger baiser sur son front.
« Bonne nuit, Tyrion. »
« Bonne nuit. »
Il met longtemps à s'endormir et continue de fixer le plafond jusqu'à ce que ses paupières s'alourdissent.
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« Est-ce que vous allez bien, Sansa ? »
Jorah a remarqué que la louve est perdue dans ses pensées depuis le début de la journée. Assis dans la bibliothèque, tous deux observent discrètement Tyrion lire une histoire à Jenny et Duncan tandis que Joanna parcourt les étagères et montre ses livres préférés à Renly.
« Je vais bien, » répond t-elle d'une voix distraite.
Il n'insiste pas, se doutant cependant que Tyrion est impliqué d'une façon ou d'une autre étant donné les regards lourds de sens qu'ils partagent tous les deux.
« Les jumeaux ont l'air de l'apprécier, » remarque Sansa.
« C'est vrai. »
(Il devrait s'en réjouir, vraiment, alors pourquoi cette pointe d'amertume est-elle apparue dans son cœur ?)
« Tyrion m'a dit qu'il pensait pouvoir parvenir à convaincre Cersei, » reprend la louve.
Une dernière chance.
« C'est... c'est... »
Les mots s'étranglent dans sa gorge et il ne parvient plus à détacher son regard de ses enfants – parce que, oui, qu'ils aient son sang ou non n'ait aucune importance, ce sont bel et bien ses enfants.
(Ce sont ses enfants et il va les laisser là, il va les abandonner dans la gueule du lion, peut-être pour ne plus jamais les revoir.)
Il ne peut plus le supporter et se lève brusquement avant de courir hors de la pièce.
Pour la première fois depuis la mort de Daenerys, Jorah s'autorise à craquer et fond en larmes, aussi désespéré qu'il est possible de l'être.
« Jorah ? »
Sansa l'a suivi et s'approche doucement de lui.
« Je n'y arriverai pas. »
Les mots lui brûlent la langue, exactement comme Daenerys a brûlé son cœur.
« C'est trop difficile, je n'arriverai pas à les abandonner... à vivre loin d'eux... »
Ce serait comme laisser tomber Daenerys une dernière fois. Je n'y arriverai pas.
« Jorah... vous y arriverez. Vous y arriverez parce que vous savez que c'est leur meilleure chance. »
« Vous me surestimez, Sansa. »
« Pas du tout. Quoi que vous pensiez de vous-même, vous êtes un homme bon. »
Il y a tant de foi dans ses paroles qu'il en est bouleversé.
« C'est... c'est tellement difficile... »
« Je sais. »
« Ils vont penser que je les abandonne, et ils auront raison. »
« Quand ils seront plus âgés, Cersei et Tyrion leur parleront de vous. Ils comprendront que vous n'aviez pas le choix. »
Jorah ne répond pas et baisse la tête. Un grand vide s'est creusé en lui.
« Venez, » dit Sansa en lui saisissant le bras. « Allons écouter la fin de l'histoire de Tyrion. »
Il se laisse faire sans protester, le cœur toujours aussi lourd.
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Alors qu'elle traverse la maison, l'attention de Cersei est captée par un reflet métallique sur le coin d'une table. Sa gorge se noue lorsqu'elle reconnaît sa couronne – Jenny l'a sans doute posée là et a oublié de la récupérer.
Le cœur battant, elle la saisit et la caresse du bout des doigts. Des images lui reviennent aussitôt en tête.
(Une explosion. Un suicide. Un couronnement. Un règne baigné de peur et de sang.)
Elle frissonne. Le destin est une chose curieuse. Il a ramené cette couronne jusqu'à elle alors qu'elle la croyait perdue à jamais.
Est-ce un signe ?
« Cersei ? »
Tyrion, qui passe par là, se fige quand il aperçoit ce qu'elle serre entre ses doigts.
« Le Trône de Fer est vacant, à présent, » lui dit-elle sans le regarder. « Personne ne l'a encore revendiqué. »
Il soupire quand il comprend où elle veut en venir.
« Nous pourrions rentrer à Westeros. Nous pourrions reprendre ce qui nous appartient. Je pourrais de nouveau être la reine... »
Cersei Lannister, Première du Nom, Reine des Andals et des Premiers Hommes, Protectrice du Royaume !
Elle jette un coup d'oeil à Tyrion.
« Tu pourrais être ma Main. »
Ils pourraient faire une bonne équipe, elle le sait – elle s'est aperçue ces dernières années qu'ils sont bien plus efficaces lorsqu'ils travaillent ensemble que lorsqu'ils s'entre-déchirent.
(Il est regrettable qu'elle ne s'en soit pas aperçue plus tôt.)
Il s'approche d'elle.
« Est-ce que c'est vraiment ce que tu veux ? »
Elle hausse les épaules. C'est ce qu'elle voulait il y a quelques années, lorsqu'elle s'est échouée à Pentos, lionne déchue et destituée de son pouvoir, c'était son souhait le plus cher, celui pour lequel elle aurait tué.
Elle amorce un geste pour poser la couronne sur sa tête et s'imagine retrouver Port-Réal, le Donjon Rouge, le Trône de Fer – le pouvoir.
(Mais le pouvoir, ne l'a t-elle pas déjà ici ?)
Ses bras se figent alors que d'autres souvenirs défilent devant ses yeux.
(Le mensonge. Le départ de Jaime. La destruction de Port-Réal. Le corps froid de son autre moitié contre son corps chaud.)
Ça en valait la peine ? murmure une petite voix.
Elle ferme les yeux, se remémore ces dernières années. Les disputes, les regards noirs, la méfiance.
Elle les ouvre, regarde Tyrion.
Il y a plus, évidemment, bien plus – des mains tendues, des sourires timides, des étreintes hésitantes.
Tyrion et Joanna.
Sa famille.
(Rien d'autre ne compte, souffle Jaime.)
« Où sont les jumeaux ? » demande t-elle soudainement.
« Dehors. Que... »
Sans lui laisser le temps de poursuivre, elle part à leur recherche. Ils sont en train de jouer avec Renly et Joanna.
« Jenny ! » appelle t-elle.
La petite fille relève la tête et la fixe d'un air interrogateur. Cersei lui fait signe de s'approcher d'elle. Elle s'accroupit pour être à sa hauteur.
(Les yeux de Daenerys sur un visage aussi innocent – ce contraste lui fait un drôle d'effet.)
Cersei lui tend la couronne.
« Je crois que c'est à toi. »
« Oh... »
Elle l'attrape et son visage se fend d'un sourire timide.
« Merci... »
Elle hésite.
« Lady Cersei. »
« Merci... Lady Cersei. »
« Viens, Jenny ! » l'appelle Duncan.
Après un dernier regard, elle court rejoindre son jumeau. Cersei s'éloigne de quelques pas et tombe sur Tyrion, qui a assisté à toute la scène.
« Ce n'est plus moi, » soupire t-elle. « Cette couronne est tachée de sang... elle est maudite. »
Le sourire de Tyrion n'a jamais été aussi éclatant et il referme les bras autour de sa taille.
« Je suis fier de toi. »
Cersei en reste sans voix.
(Je suis fier de toi – personne, personne, personne n'a jamais prononcé ces mots, certainement pas son père, pas même Jaime, Tyrion est le premier à le faire et une vague de chaleur embrase tout son être.)
Elle lui ébouriffe les cheveux et une larme roule sur sa joue.
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Sansa regarde par la fenêtre de sa chambre en soupirant, elle attend et redoute le coucher du soleil, le moment où Tyrion viendra la rejoindre et grimpera sur elle.
Leur étreinte n'a rien eu de plaisant, pour l'un comme pour l'autre. Elle n'en attendait rien d'autre, bien sûr – il s'agit de devoir, certainement pas d'amour.
(L'amour sera pour toujours réservé à Yara, elle ne gémira sous les caresses de personne d'autre.)
Elle a bien vu que Tyrion avait l'air déconfit lorsqu'il a quitté sa chambre la veille.
Est-ce que je l'ai déçu ? S'attendait-il à ce que les choses soient plus... passionnées ?
Sansa n'a pas osé aborder le sujet avec lui. En fait, elle s'est employée à l'éviter pendant toute la journée.
(Leurs corps se sont peut-être rapprochés mais elle craint que quelque chose ne se soit brisé entre eux.)
Lasse d'attendre sans rien faire, elle sort de sa chambre et traverse le couloir. Ses pas la guident devant celle de Cersei et Tyrion.
Elle frappe à la porte.
« Entrez. »
Cersei est encore en train de travailler, les sourcils froncés par la concentration. Sansa hésite.
« Je peux partir si vous êtes occupée. »
La lionne secoue la tête.
« Non, c'est bon. Viens. »
Lorsqu'elle s'assoit en face d'elle, elle ne parvient toujours pas à déterminer ce qu'elle est venue faire là exactement.
« Quelque chose te tracasse, » devine Cersei.
« Eh bien... peut-être. »
« C'est à propos de Tyrion. »
Sansa la dévisage bouche bée.
« Il vous l'a dit ? » demande t-elle alors qu'elle se sent rougir.
« Je l'avais en partie deviné... il a confirmé mes soupçons. »
« Je vois... »
(Elle se demande à quoi a bien pu ressembler cette conversation.)
« Qu'en pensez-vous ? » lâche t-elle.
Cersei croise les mains sur ses genoux, songeuse.
« Il est bien naturel que tu souhaites avoir un héritier. C'est là le destin des dames de haute naissance, après tout. Enfanter. Et il ne reste que toi pour assurer la sauvegarde de ton nom. Il semblerait que tu n'aies pas le choix. »
Le devoir des femmes. Le devoir des reines. Sansa ne peut s'empêcher de voir là-dedans une grande injustice.
« J'ai envie de cet enfant, » avoue t-elle. « Je ne veux pas seulement un héritier... j'ai vraiment envie d'être mère, mais j'ai l'impression d'être coincée. »
Sansa se demande si Cersei a ressenti la même chose alors que Robert la chevauchait nuit après nuit pour introduire un héritier dans son ventre – probablement.
« Ce monde n'est pas bienveillant envers les femmes. Les hommes qui ne nous voient que comme des marchandises ou des poulinières sont encore bien trop nombreux. Cependant... nous pouvons être plus que cela. Je l'ai prouvé, et tu l'as prouvé aussi. »
Un léger sourire s'empare de ses lèvres.
« Aimer une autre femme est sans nul doute plus simple... » dit-elle en désignant son collier.
Son ton laisse entendre qu'elle en sait quelque chose.
« Vous voulez dire que... vous... après Jaime ? »
Son regard se perd dans le lointain.
« Aimer ? Je ne sais pas. Mais je ressentais quelque chose. »
Cersei se ressaisit avant que Sansa n'ait le temps de poser une autre question.
« Tyrion n'est pas comme ces hommes. Il était désespéré à l'idée de t'avoir blessée. »
Cette confession ne fait que renforcer la culpabilité de Sansa.
« Je crois que je l'ai déçu. »
« Comment ça ? »
« Il attendait quelque chose de moi... quelque chose que je n'ai pas pu lui donner. »
Elle baisse les yeux vers son coquillage.
« C'est au-dessus de mes forces. Yara... je ne fais que penser à elle, tout le temps. Elle me manque tellement. J'ai mal. Est-ce que... est-ce que je cesserai un jour d'avoir mal ? »
Cersei la regarde tristement.
« Non. »
Sansa s'y attendait, bien sûr, mais la peine n'en est pas moins grande, et c'est comme si mille petites aiguilles de glace s'enfonçaient dans son cœur.
« On n'oublie jamais l'amour de sa vie... on apprend seulement à vivre sans lui. »
La mort de Jaime Lannister aura creusé un vide dans deux cœurs et laissé deux orphelins. Cersei a raison : ni elle, ni Brienne ne l'oublieront jamais, tout comme Sansa ne pourra jamais oublier Yara.
Cersei se lève et vient s'appuyer sur le bureau, juste devant elle.
« Ne t'en fais pas pour Tyrion. Il sait faire la part des choses, il a très bien compris les termes de votre arrangement. Quant à ce qu'il espère de toi... »
Elle laisse échapper un soupir.
« Il sait que tu ne pourras pas le lui donner. »
« Il mérite mieux. Il mérite une femme qui l'aime véritablement dans son lit. »
Le sourire de la lionne devient triste.
« Ne méritions-nous tous pas mieux ? »
« Probablement... »
Elle se lève, un peu rassurée, et espère que Tyrion la considère toujours comme une amie, comme c'est le cas pour elle.
Cersei effleure son ventre du bout des doigts.
« On dirait bien que je vais devenir tante... encore une fois. »
Sansa fronce les sourcils, elle n'est pas certaine d'avoir bien entendu, d'avoir bien compris l'insinuation, mais la lueur mi-amusée mi-contrariée dans les yeux de Cersei vaut toutes les réponses du monde.
« On dirait bien, » confirme t-elle avec un sourire.
(Jamais elle n'admettra qui est véritablement Renly à voix haute, bien sûr, mais c'est mieux que rien – beaucoup mieux.)
« Cette femme... cette femme pour qui vous ressentiez quelque chose... » reprend Sansa en se remémorant une de leurs discussions précédentes. « Est-ce que c'est celle qui vous a appris à vous battre à l'épée ? »
Elle fait un léger signe de tête.
« Comment s'appelait-elle ? »
« Alyssa. »
L'affection se dispute au chagrin dans sa voix.
« Ça n'aurait jamais pu marcher. »
« Pourquoi ? Parce que seul un Lannister peut aimer un Lannister ? »
(Sansa n'a jamais cru au destin et ce n'est pas maintenant qu'elle va commencer.)
« Entre autres, » répond énigmatiquement Cersei. « Mais peut-être... peut-être que n'importe quelle malédiction peut être brisée. »
Ses paroles semblent avoir un sens caché, un sens profond auquel elle n'a pas accès. Cersei passe une main dans ses cheveux roux.
« Tu es encore jeune, petite colombe. Cela te semble impossible pour le moment, mais... tu pourras aimer de nouveau. »
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Quand Tyrion entre dans la chambre de Sansa, elle l'attend, fébrile.
« Je suis désolée, » commence t-elle. « Je suis désolée de ne pas pouvoir vous donner ce que vous souhaitez. »
« Sansa, c'est moi qui suis désolé... je ne veux pas vous blesser. »
Ils échangent un sourire gêné.
« Je sais que vous aimez encore Yara... que vous l'aimerez toujours. Et je comprends, je comprends plus que vous ne le pensez. »
« Daenerys, » devine Sansa.
Il acquiesce.
« Mais je suis persuadée qu'elle ne voudrait pas que vous souffriez. »
Elle le laisse lui prendre la main et y déposer un baiser, complètement perdue.
« Je peux... je peux rendre ceci plaisant pour vous, » assure t-il.
Elle se mord la lèvre, se rappelle des baisers de Yara, de ses caresses, de sa peau contre sa peau, pourra t-elle supporter de laisser quelqu'un d'autre la toucher de cette façon ?
Ne serait-ce pas la laisser tomber encore une fois ?
« Je ne sais pas, Tyrion... »
« Je vais être honnête avec vous... la façon dont nous avons procédé hier ne me plaît pas du tout. Pas parce que j'attends quelque chose de vous, mais parce que je vous ai fait mal. Et votre souffrance m'est difficilement supportable. »
(Comment rester de marbre face à de telles paroles ?)
« Vous savez quoi ? Je vais vous laisser y réfléchir cette nuit. Si vous souhaitez toujours que nous procédions ainsi, je me plierai à votre volonté. Sinon... »
Il s'interrompt, rougit un peu. Sansa ne croit pas l'avoir déjà vu aussi mal à l'aise.
« Très bien, » soupire t-elle.
Elle le rappelle avant qu'il ne sorte.
« Tyrion ? Merci... merci d'être aussi bon avec moi. »
Son ancien mari sourit, ému.
