Note de l'auteur: Hello mes lecteurs et lectrices ! Pour votre plaisir, un nouveau chapitre est maintenant disponible. Sans vouloir vous spoiler, nous rentrons dans la seconde partie de la fanfiction à présent, qui sera bien plus mouvementée que les chapitres introductoires. J'espère de tout coeur lire vos avis sur ce qui suit, car c'est réellement ce qui me motive à continuer et à adapter ma fanfic selon vos ressentis et remarques.
Je vous souhaite une excellente lecture les ami(e)s, et à très bientôt !
Dame Lylith: Merci beaucoup pour ton soutien, j'espère que la suite te plaira aussi ! Et puis, nous allons vérifier de suite ta théorie ahaha
Guest: Merci, ça me va droit au coeur
Elise: Merci beaucoup, j'espère que vous allez continuez à apprécier mes écrits !
Guest: Merci beaucoup, j'essaye de faire en sorte que l'histoire ne soit ni excessivement mélodramatique, ni dénuée d'émotions.
Jade: Merci beaucoup, j'espère que la suite te plaira !
Mel: Haha bravo d'avoir remarqué ! En effet, les paroles donnent le ton du chapitre et sont généralement prédicatrices de ce qui suit. Merci beaucoup pour tes encouragements !
Chapitre 6: Born to die
Feet don't fail me now
Take me to the finish line
Oh, my heart it breaks, every step that I take
…
Choose your last words, this is the last time
'Cause you and I, we were born to die
- Hermione !, cria Harry en venant à la rescousse de la jeune fille encore sonnée par sa chute. Tu vas bien ? Je t'ai vu tomber.
- Ou…oui je vais bien, chuchota-t-elle d'une voix tremblante tout en regardant la voiture de Malfoy s'éloigner en crissant des pneus.
- Est-ce que c'est ce petit con qui t'as poussé ? Je vais lui casser la gueule, gronda-t-il.
- Non, il… je suis tombée toute seule. Je crois que j'ai perdu l'équilibre.
Elle se releva prestement en prenant la main tendue de Harry tout en pestant contre ce satané enculé qui avait pu la piéger en toute facilité.
- Par contre, tu ne vas pas aimer ce que j'ai à te dire… J'ai vraiment merdé Harry.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Hermione, tu me fais peur, ajouta-t-il en prenant la jeune fille dans ses bras.
- C'est de ma faute. C'est de ma faute si Ron est expulsé, je me suis faite avoir par Malfoy.
- Quoi ?
- C'est moi qui ai mit de la came dans le casier de Ron sans savoir ni que c'était de la drogue, ni que c'était son nouveau casier. Ce petit con prétentieux de Malfoy m'a persuadé de lui rendre un service en échange de m'avoir déposé au lycée lundi, et j'étais tellement désespérée et reconnaissante qu'il m'ait aidé que je n'ai pas pris le temps de m'assurer qu'il n'allait pas me faire un de ses fameux coups bas, geignit Hermione.
- Je t'avais dit que Malfoy ne rendait pas de service, soupira Harry en la prenant dans ses bras pour la rassurer. Je suis sûre que Ron ne t'en voudras pas, ce n'était pas de ta faute. Mais il faut que tu lui dises Hermione, il ne doit pas l'entendre de quelqu'un d'autre.
- Je sais, je sais. Je devrais en parler à Dumbledore tout simplement ! Lui avouer que c'est de ma faute, que je me suis faite piéger par Malfoy, et que Ron n'a rien à voir avec ça !
- Je suis le premier à faire confiance au sens de jugement de Dumbledore, mais penses-tu vraiment qu'il pourra t'éviter l'exclusion ? Tu n'as pas de preuves que Malfoy t'as piégé. Tu n'as pas de preuves que tu ne fais pas que te sacrifier pour ton petit ami. Au meilleur des cas tu te feras exclure à la place de Ron. Au pire, vous passeriez tous les deux en conseil de discipline en plus de l'exclusion.
- Qu'est-ce que je peux faire alors ? Si je ne peux pas dire la vérité à Dumbledore, je devrais donc…
- Te sacrifier à la place de Ron ? Ne fais pas ça Hermione, pas sans avoir parlé avec Ron au préalable. Tu t'es faite avoir. Ta bonté de cœur t'a aveuglé, mais je suis sûre que Ron préférera subir l'exclusion lui-même plutôt que te voir perdre toute chance d'intégrer l'université. Je sais que je le ferai.
- Je me sens tellement déconnectée de tout, j'ai du mal à me concentrer, je me sens lourde, j'ai la tête qui tourne, mais qu'est ce qui ne va pas chez moi ?, éclata la jeune fille en laissant enfin couler les larmes qui s'accumulaient et empoisonnaient son cœur. Qu'est ce qui ne va pas chez moi ?
Cela, elle le saurait bien assez tôt, et aucun livre ne l'aura préparé à ce qui l'attendait.
Allongé sur son lit, Draco souriait à sa manière, soit d'un rictus acerbe oscillant entre une grimace ennuyée et un air narquois. A ses côtés, Pansy mettait une dernière touche à son maquillage, sublimant ses lèvres charnues d'un rouge à lèvres mat bordeaux devant le miroir de son ami.
- Putain j'imagine la tête qu'elle a dû tirer, ricana-t-elle. Je me demande si elle va faire preuve d'égoïsme ou de profonde stupidité romantique.
- Rien à foutre du moment que je n'ai pas à voir la belette pendant une semaine. Tu me passes ma chemise noire ?
- La moitié de tes chemises sont noires Drake, se plaignit Pansy en ouvrant le dressing de Draco, s'étalant le long du mur de sa chambre et contenant principalement du noir, du gris, et quelques touches de vert ombré.
Son dressing était aussi luxurieux que le reste de la demeure Malfoy. Une porte coulissante en verre révélait la pièce remplie de chaussures cirées, de baskets à la pointe de la mode, et de vêtements de créateurs griffés, jamais portés pour la plupart. Pansy choisit une chemise Armani sobre mais à la coupe ajustée.
- Cette soirée n'a même pas commencé que je veux m'en aller, grogna Draco en enlevant son t-shirt révélant ainsi un torse de couleur diaphane sculpté mais dont les côtes saillaient quelque peu.
Draco Malfoy était une œuvre de la nature un défi à l'imperfection de l'homme. Son corps était athlétique et bien bâti, bien qu'il ait perdu quelques kilos à force de beuveries et de cigarettes. Il semblait avoir été fait de marbre et de glace tant son teint était blanchâtre. D'assez grande taille, il surplombait Pansy qui lui arrivait à moitié torse.
Pansy l'aida à mettre sa chemise, la boutonna, et lui ajusta le col. Elle aimait prendre soin de Draco, le chouchouter, et le traiter comme un prince. Elle était capable de tout pour le faire rire où tout du moins sourire, tellement elle ne supportait pas sa colère et sa triste mélancolie qui s'emparait de lui régulièrement et l'asphyxiait dans une sphère de noire obscurité. Leur relation était purement platonique, et ils avaient dû se battre pour la protéger de l'environnement toxique dans lequel ils avaient grandi. A trois avec Blaise, ils formaient un trio soudés envers et contre tous. Tant de fois ils n'avaient eu pour seul rempart contre leurs familles et leurs ennemis que leur lien invisible mais indivisible.
- Sauf que l'on est chez toi et que personne ne se défile de Lucius Malfoy, pas même son fils, répliqua Pansy. Allez, bouge ton cul.
- A vos ordres mademoiselle Parkinson, mais vous aurez ma mort sur la conscience.
- Même mort tu t'arrangera pour me faire chier.
Draco sourit et Pansy se félicita d'avoir pu le dérider un tant soit peu.
La soirée s'annonçait longue et éprouvante.
En descendant les escaliers de marbre blanc aux bras de Draco, Daphné se sentait flotter sur un petit nuage. Vêtue d'une longue robe bustier vaporeuse couleur vert impérial et sertie de discrets saphirs autour de la taille, la jeune Greengrass paraissait sortie tout droit d'un conte de fée. Son maquillage était léger mais envoûtant, puisqu'elle avait pris le soin particulier d'accentuer son regard d'un épais trait d'eye-liner noir tout en sublimant ses lèvres d'une rouge carmin.
Narcissa fit la moue en apercevant la jeune fille qu'elle n'appréciait guère. Elle ne la trouvait pas digne de son fils unique, consciente de la réputation qu'elle traînait. Aucune jeune fille jusqu'à présent ne lui avait semblé à la hauteur de la famille Malfoy-Black, et elle haïssait l'essaim de filles qui suivaient Draco à la trace.
Elle haïssait que des filles indignes veuillent lui prendre sa progéniture, la chair de sa chair.
Elle haïssait Daphnée Greengrass.
Elle accueillit son fils au bas des escaliers tout en la fusillant du regard.
- Mon chéri, tu es resplendissant comme d'habitude.
- Madame Malfoy, ravie de vous voir. J'espère que vous allez bien, dit Daphné poliment un sourire forcé aux lèvres.
- Daphné, contente de te voir sobre et capable de te tenir sur tes deux pieds. Il me semble que cela soit devenu d'une telle rareté pour toi.
- Il est dit qu'il est impossible aux femmes de rester sobres autour des Malfoys, et que bien d'exemples le prouvent, rétorqua la jeune fille les yeux étincelant de rage.
- Il est dit que les langues de vipères ne survivent jamais assez longtemps, et que bien d'exemples le prouvent, répliqua Narcissa en mitraillant du regard la jeune fille.
- Si tu permets chère mère, nous devons aller retrouver Blaise et Pansy, intervint Draco un sourire ennuyé en coin en s'interposant entre les deux.
Il posa sa main au creux des reins de Daphné, et la guida fermement vers l'autre extrémité de la pièce. Il se servit en passant de deux coupes de champagnes, et bu la sienne d'un trait.
- C'est qui le gars en noir qui parle à ton père ?, demanda Blaise en les rejoignant avec Pansy. Je ne le reconnais pas, mais sa tête me dit quelque chose.
- C'est le Dr. Jedusor, directeur de l'hôpital Ste Mangouste, répondit Draco avec dédain. Chaque année il vient se remplir les poches du fric de mon père.
- Tu m'étonnes, ricana Pansy. Bien sûr qu'il se remplit les poches ici, ton père doit lui devoir un million de faveurs. Tu penses bien qu'il n'accomplit pas ses coups fourrés à la Malfoy tout seul.
- C'est d'ailleurs pour ça que tu as besoin de nous, surenchérit Blaise en tapotant le dos de son ami. Même si je dois dire que faire expulser Weasley tout seul est un exploit, exploit que l'on se doit de bien célébrer ce soir, ajouta-t-il en levant son verre contre celui vide de son ami.
- Expulser Weasley ? Qu'est-ce que tu as fait Dray ?, demanda Daphné en mettant ses bras fins autour du cou de Draco.
- Rien du tout, et c'est là tout le génie de la chose.
La porte grinçante s'ouvrit sur une Madame Weasley épuisée et apparemment d'humeur maussade. Pourtant, elle sourit chaleureusement à Hermione et l'invita à rentrer.
- Comment ça va ma chérie ? Il y'a longtemps que tu n'es plus venue chez nous !
- Bien, merci Mme Weasley.
- Tu voudrais que j'appelle Ginny ?
- Heu, je voudrais plutôt voir Ron. Il est là ?, demanda Hermione en rougissant.
- Ron est puni, soupira Mme Weasley en se passant la main sur le front. Je ne sais pas ce que je vais faire de cet enfant qui rejoint ses frères dans la débauche et l'échec scolaire. Il n'a pas voulu me dire exactement pourquoi il est exclu pour la semaine, mais j'irai voir le directeur en personne demain pour mettre cette affaire au clair. Tu ne saurais pas ce qui s'est passé Hermione ?
- Heu, pas vraiment, hésita Hermione en sentant son estomac se serrer. Je voulais juste lui rapporter les notes d'aujourd'hui. Je ne tarderai pas promis.
Mme Weasley hocha la tête et accompagna Hermione à la chambre de Ron situé à l'étage. Cette dernière frappa timidement à la porte, avant d'ouvrir la porte.
- Salut
- Salut, soupira Ron. Maman t'a laissé entrer ?
- Oui, je lui ai dit que je t'amenais les notes que j'ai prise aujourd'hui pour que tu n'aies pas de retard. Tu… tu ne lui as rien dit pour nous ?
- Non. Ce n'est pas ce que tu es venue faire ? Me passer les fiches de cours pour t'assurer que je ne foutrais pas encore plus en l'air mon année ?
- Ron, écoute je suis désolée pour ce qui s'est passé. Je suis venue pour tout t'expliquer.
- Il n'y a rien à expliquer Hermione. Lavande m'a raconté ton altercation avec Malfoy. Je paris que tu as découvert que ce petit con m'a piégé et que tu voulais lui faire payer, soupira-t-il en mettant ses bras autour de la jeune fille.
Hermione le repoussa délicatement tout en se sentant mourir de honte et d'angoisse.
- Ce n'est pas vraiment ce qui s'est passé Ron.
- Je ne comprends pas, répliqua-t-il en ramenant ses bras vers lui et en les croisant sur son torse.
- Malfoy ne t'a pas piégé directement. Il… il m'a piégé pour te piéger en quelque sorte.
- Je ne comprends pas, répéta-t-il en la fusillant cette fois du regard.
- Il m'a fait croire que je devais aller chercher un cadeau pour Zabini et lui remettre, et je… je n'avais aucune idée de ce que c'était. Je l'ai remis à l'endroit convenu, mais je ne savais pas que tu avais changé de casier… Je suis tellement désolée tout est de ma faute.
- Tu ne m'as pas l'air si désolée que ça. Pourquoi n'as-tu rien dit à Dumbledore ? Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas défendu ?!
- Je n'ai aucune preuve, je ne pouvais pas aller le voir, pas sans t'en avoir parlé avant. Harry m'a dit que…
- Ah, parce que Harry était au courant !, l'interrompu-t-il en criant. Vous vous êtes bien foutu de ma gueule tous les deux ! Tu as préféré me sacrifier moi ?
- Arrête Ron, je ne t'ai pas sacrifié bon sang ! C'est justement pour ça que je suis venue te voir ! Je vais aller parler à Dumbledore demain matin et mettre tout ça au clair. Je vais me sacrifier, sacrifier ma seule chance d'aller à l'université pour toi et tu ne le vois même pas !
- Te sacrifier ?, cracha-t-il. Non, tu n'as pas le droit de dire ça. MOI je me suis sacrifié. Toi, tu vas tout simplement assumer tes torts.
Hermione subit ses mots comme un coup de poing en plein ventre. Etait-ce vraiment son petit ami qui tenait ces mots devant elle ? Etait-il vraiment si rancunier et incapable de pardonner ? Elle était venue dans le but de tout lui avouer avant d'aller se dénoncer à Dumbledore pour éloigner tout soupçons de Ron. Pourtant, la réaction du jeune garçon la laissait perplexe, sans voix, sans souffle.
Le pire, c'est que Ron était conscient de la rancœur que portait Draco à son égard. Il savait que ce dernier sautait sur toute occasion de foutre sa vie en l'air. Malfoy seul était responsable. Au lieu de la défendre et de s'inquiéter pour elle, Ron ne pensait qu'à lui-même, comme toujours.
- Ron, je comptais me dénoncer à Dumbledore pour te protéger, murmura-t-elle en fronçant les sourcils.
- Bien, alors voilà l'occasion de rectifier ton erreur.
- Tu es sérieux ?
- Oui je suis sérieux Hermione. Si tu m'aimais vraiment tu n'aurais pas hésité.
- Si tu m'aimais vraiment, tu n'aurais pas hésité non plus sachant que de toutes façons tu n'as nullement l'intention de poursuivre tes études. Mais je crois que je me suis trompé, ajouta-t-elle en claquant la porte et en tournant les talons aussi rapidement que possible.
- Hermione, appela Mme Weasley. Tu veux emporter des cookies que je viens de sortir du four ?
La jeune fille ne prit pas le temps de répondre et sortit de la maison, le visage embué de larmes. Elle s'était montré égoïste en hésitant à parler avec le directeur pour se faire passer pour la coupable, mais elle ne pouvait croire que Ron la jetait aussi facilement dans le fossé. Il n'avait montré ni compassion ni amour pour elle.
Son cœur saignait à vif.
Elle n'arrivait plus à respirer.
Elle voulait juste rentrer chez elle, dormir à en oublier ces dernières semaines.
Elle pensait enfin que la chance lui souriait, que l'homme qu'elle aimait allait la combler, qu'elle pourrait sortir de ce merdier dans lequel elle vivait.
Mais rien n'allait.
Tout allait de mal en pis.
De mal en pis.
- Veuillez marcher en ligne droite Miss Granger, suivez la ligne au sol je vous prie.
Le lendemain matin, dans le cabinet du Dr. Black à l'hôpital Ste Mangouste, Hermione tentait tant bien que mal d'avancer lentement mais sûrement suivant la ligne droite rouge tracé au sol, et ce sous les yeux attentifs du docteur et de sa mère. Cette dernière avait reçu un appel de l'hôpital la veille, lui expliquant que sa fille devait passer une nouvelle batterie de test à huit heure tapante sous la demande du Dr. Sirius Black, un des neurochirurgiens les plus réputés de la Grande Bretagne. Certes, une grande partie de sa notoriété dérivait de ses grandes frasques publiques de sarcasme et de son éternel célibat ponctué de relations avec diverses personnalités reconnues comme la célèbre actrice Fleur Delacour, mais son génie et ses découvertes sur le cerveau humain lui avait également valu le gain du prix Albert-Lasker pour la recherche médicale clinique.
- Plus rapidement je vous prie, demanda le docteur en encourageant la jeune fille.
Hermione soupira, sachant que la tâche lui sera plus difficile en marchant plus rapidement. Elle voulait absolument passer ces tests haut-là-main afin de mettre toute cette histoire de fatigue et de surmenage derrière elle, et pouvoir se recentrer sur ses objectifs afin de pouvoir accéder à l'université de ses rêves.
Elle reprit l'exercice, marchant plus rapidement cette fois. Son manque d'équilibre et ses vacillements n'échappèrent pas à l'œil aiguisé du docteur, bien qu'imperceptibles pour Hermione. Il lui indiqua une croix dessinée sur le sol, et lui demanda de se tenir sur sa jambe gauche uniquement pendant 40 secondes, puis sur la droite pendant la même durée. La jeune fille parvint à tenir 40 secondes vacillant sur sa jambe gauche, mais perdit l'équilibre au bout de 5 secondes seulement sur la droite. Elle se rattrapa juste à temps en s'agrippant au bord du bureau, et laissa échapper un soupir de frustration.
- Asseyez-vous Mademoiselle, reprit le Dr. Black en prenant brièvement des notes sur son calepin et en s'asseyant juste en face de la jeune fille. Je voudrais maintenant que vous guidiez rapidement votre doigt de votre nez à mon doigt ici, ajouta-t-il en tendant l'index à une vingtaine de centimètres de son visage.
Hermione s'exécuta parfaitement au début, mais à mesure que le docteur lui demandait d'augmenter la cadence, ses mouvements se troublaient, se brouillaient, et son doigt finissait à deux centimètres de son nez.
- Je suis désolée, j'ai mal dormi ces derniers temps. Je suis un peu fatiguée, je n'arrive pas trop à me concentrer.
- Désolée ?, demanda Sirius en fronçant les sourcils. Mademoiselle Granger, je suis là pour vous aider et non pas pour vous juger. Ces tests ne sont pas notés et ne compteront pas pour votre moyenne, détendez-vous, ajouta-t-il en plaisantant pour détendre l'atmosphère.
Hermione sourit, légèrement plus détendue. Quant au docteur, il appela une infirmière à qui il demanda de conduire la jeune fille pour une prise de sang.
Une fois la porte renfermée, le sourire de Sirius se crispa. Il enjoignit la mère d'Hermione à s'asseoir face à lui, tandis qu'il accrochait aux murs les scans cérébraux de sa nouvelle patiente.
- Madame Granger, il n'est pas dans mon habitude de parler du cas de mes patients dans leur dos et sans leur consentement. Cependant, je me retrouve face à une exception délicate, car je pense que vous seriez mieux placé pour annoncer ce qui suit à votre fille.
- Je ne comprends pas, que se passe-t-il docteur ? Je croyais que nous allions attendre les résultats de la prise de sang pour…
- Il n'est pas indispensable d'attendre ces résultats, les scans IRM sont suffisants en soi. Je…Etes-vous familière à la structure du cerveau humain ?
- Pas vraiment, non.
- Il y a environ 140 milliards de neurones dans le cerveau, et dix fois plus de cellules qui les contrôlent. Ces cellules se divisent en deux : celles du système nerveux central, et celle du système nerveux périphérique. Le système nerveux central comprends entre autre le cervelet, qui permet au corps de bouger librement et agilement. Si vous comparez les scans de votre fille avec l'image d'un cerveau normal, vous verrez que le cervelet est plus ou moins flétri. La maladie de votre fille est causée par la détérioration du cervelet, ce qui réduit petit à petit les neurones qui s'y trouvent. Un peu comme s'ils commençaient à se casser.
- Se casser ?
- Les symptômes ne sont pas clairs au début, mais vous pouvez remarquer une instabilité en marchant, des chutes plus fréquentes, ou encore des difficultés à évaluer correctement les distances. Des troubles à écrire clairement surviennent. Il devient difficile de parler, d'articuler, et de se faire comprendre. Ses muscles réagiront de moins en moins aux simulations de son cerveau, et ses membres se paralyseront petit à petit et s'atrophieront. Les symptômes évoluent lentement mais sûrement et irrévocablement, jusqu'à ce que la respiration en soi devienne impossible sans assistance.
Toute couleur quitta le visage de Marie-Jeanne Granger. Des larmes coulèrent sur ses joues sans même qu'elle se rende compte de la valve qui s'était ouverte au niveau de ses glandes lacrymogènes.
- Je ne comprends pas… Ma fille va bien, vous vous trompez de diagnostic…chuchota-t-elle.
- Votre fille est atteinte d'une ataxie spinocérébelleuse de type 3. Nous avons une équipe de recherche spécialisée, dont l'unique but est de trouver un traitement, mais pour le moment…Je suis désolé, à part soulager les douleurs et retarder l'apparition des symptômes, il n'y a pas grand-chose que l'on peut faire. C'est une maladie incurable pour le moment, mais je suis persuadée qu'avec les progrès que l'on fournit, on pourra dans une vingtaine d'années…
- Vingtaine d'années ?, répéta la mère d'Hermione. Incurable ? Je ne comprends pas. Elle va bien. C'est autre chose, j'en suis persuadée. Vous vous trompez sûrement.
- Madame, je comprends votre désarroi mais… ce n'est pas une maladie difficile à diagnostiquer. Ce n'est pas la première fois que j'y suis confronté, Hermione n'est pas ma première patiente atteinte, ajouta Sirius Black en s'approchant de Marie-Jeanne.
- Hermione n'est pas votre patiente atteinte du tout ! cria-t-elle en se dégageant. Je l'emmènerai voir un autre médecin. Un meilleur médecin, précisa-t-elle en rangeant son sac.
- Faites au moins en sorte qu'elle prenne ces médicaments, demanda le Dr. Black en lui tendant une ordonnance imprimée de son écriture griffonnée.
Elle hésita la main sur la poignée de la porte, puis se retourna pour se saisir du papier.
- C'est mon unique enfant, je ne peux pas… je ne peux pas croire ce que vous m'avancez sans aucune preuve tangible. Je refuse de croire que j'aurai pu raté tous ces symptômes, que j'aurai pu raté le fait que ma fille va mal. J'ai besoin de voir un autre médecin.
- Je vous comprends Madame Granger, soupira-t-il en lui ouvrant la porte. Puis-je vous proposer un confrère spécialisé dans les maladies dégénératives du cerveau ?
- Non, je me débrouillerai.
Assise dans la salle d'attente, Hermione envoyait un message à Ginny afin de la rassurer, quand une voix familière attira son attention. Elle se retourna juste à temps pour voir Draco Malfoy parler d'une voix basse avec l'infirmière en charge des urgences, portant une jeune fille inerte dans ses bras. L'infirmière appela immédiatement du renfort et déposa la jeune fille sur un brancard.
- Elle est en détresse respiratoire, cria le docteur qui vint se pencher sur le corps frêle allongée. Amenez-moi un chariot de réa !
Les électrostimulations secouaient le corps de la victime en même temps que le cœur d'Hermione. Les cheveux blonds dégagés montraient le visage émacié et les traits fins de Daphnée Greengrass.
Les yeux d'Hermione rencontrèrent ceux sombres, vides, et inexpressifs de Draco qui se tenait devant le brancard. Leurs yeux s'accrochèrent. Hermione ne distinguait plus rien autour d'elle, ni les cris des urgentistes, ni le corps convulsé de Daphnée. L'intensité du regard de Draco lui fit l'effet d'un coup de poing qui lui retourna l'estomac. Aucun des deux ne cilla, leurs yeux incapables de se détourner.
Elle le détestait.
Détestait qu'il ait réussi à gâcher et sa vie amoureuse et son avenir.
Détestait qu'au lieu de l'insulter, de le gifler, de le griffer, de le frapper, de faire quoique ce soit, elle se contentait de plonger dans son regard sans ciller, incapable de rompre le contact.
Incapable de sentir quoique ce soit à part son cœur tambouriner de rage sourde, de douleur, et de haine. Une haine froide, qui glaçait son cœur et lui retournait l'estomac. Malfoy représentait l'épitome de tout ce qu'elle haïssait en ce bas-monde. Un être cruel, froid, manipulateur, cynique, arrogant, sadique, sardonique, insolent, immoral, brutal, pervers, démoniaque, et fier de l'être.
Pourtant, Hermione se sentait envahie d'un étrange sentiment de calme nouveau, comme si elle ne ressentait plus rien à part le besoin de ne pas rompre le contact et de détester de tout son corps et cœur Malfoy.
Son esprit avait enfin cessé de vagabonder et de la torturer, seul comptait la haine électrisée qui la reliait à son pire ennemi, seul comptait ce lien si fragile qui la reliait à la réalité et l'empêchait de sombrer.
Les médecins gravitaient autour d'eux, et ayant réussi à réanimer Daphnée, l'emmenèrent loin de la salle d'attente. Pourtant, Draco ne bougea pas d'un pouce, se contentant de la dévisager sans émotions aucunes mais sans pour autant rompre le contact.
Une main tapotant l'épaule d'Hermione la sortit de sa torpeur, et elle se retrouva nez à nez avec sa mère.
- On peut y aller, affirma sa mère soudain plus vieille d'une dizaine d'années un sourire forcé plaqué aux lèvres.
- On ne devait pas plutôt attendre les résultats des analyses ?
- Le docteur a dit que ce n'était pas nécessaire. Il a pu établir un diagnostic.
Hermione sentit le regard de Draco sur elle sans avoir besoin de se retourner, et ne sut si elle devait attendre de sortir de l'hôpital avant d'entendre ce que sa mère semblait avoir tant de mal à dire. Son cœur battant la chamade tambourinait et l'empêchait de réfléchir et encore moins de prendre une telle décision. Suspendue aux lèvres de sa mère, elle ne put bouger d'un pouce.
- Maman, qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il…
- Tu as un léger problème de croissance ma chérie. Rien d'alarmant certes, mais tu dois suivre un traitement un peu strict et venir régulièrement te faire examiner par le docteur, répondit sa mère en lui caressant la joue. Tout va bien, rassure-toi.
Rentré chez lui, Draco s'affala sur son lit. Il avait quitté l'hôpital aussitôt que les médecins avaient emmené Daphné, sans prendre le temps de prendre de ses nouvelles ou d'attendre que son état se stabilise. Il détestait Daphné de l'avoir mis dans cette position où il avait été obligé de l'emmener aux urgences. Ils s'étaient disputés violemment lors de la soirée tenue par son père la veille. Il ne se rappelait même plus de la raison du conflit, mais les mots avaient fusé et ils s'étaient physiquement débattus. Les ongles de Daphné s'étaient enfoncés dans sa peau, laissant dans leur sillage des traces rouges foncés marquant à vif la peau immaculée du jeune lycéen. De son côté, Draco ne rendait pas vraiment les coups, se contentant de tenter de maîtriser la furie qui semblait s'être emparé de Daphné. Ce n'était pas leur première dispute, loin de là. Seulement, c'était la première fois que Daphné s'était enfermé dans la salle de bain de Draco plus de cinq heures, avant d'en ressortir livide pour s'effondrer au pied du lit de l'héritier. Ce dernier réveillé par le bruit sourd de l'impact, reconnu immédiatement les signes d'une overdose. Daphné était une droguée notoire, mais elle connaissait parfaitement ses limites et ne les dépassait pas d'un gramme. Il avait paniqué, hésité pendant quelques instants avant de l'emmener à l'hôpital. Une fois sur place, il s'était contenté de déposer le corps frêle qu'il portait sur le premier brancard tout en faisant signe à l'infirmière la plus proche.
Le reste était vague, un peu flou, embrumé dans son esprit alourdi par les litres d'alcool qu'il avait ingéré tout au long de la soirée. Il se rappelait avoir rapidement aperçu Granger, puis avoir détalé rapidement vers la sortie pour quitter au plus vite cet endroit qui l'étouffait et l'oppressait.
Il jeta un rapide coup d'œil à sa montre Cartier offerte par Daphné lors de son dernier anniversaire. Il était déjà midi. Devait-il quand même aller en cours ? Il pesa le pour et contre, et finit par décider que sa gueule de bois l'empêchait de supporter les voix criardes et les couleurs vives du lycée.
- Rien ne vaut un petit verre de vodka pour soigner une gueule de bois, se murmura-t-il en buvant au goulot d'une bouteille sortie de sous son lit.
Il entendit la sonnerie de son Iphone sans pour autant le trouver. Son téléphone sonna pendant un bon moment, avant qu'il ne le retrouve dans sa salle de bain, près du lavabo. Que s'était-il passé hier soir ? La seule explication probable était que Daphné avait discrètement volé son portable pour vouloir le fouiller comme à son habitude, et qu'elle était tombé sur quelque chose qui l'avait mise hors d'elle.
- Salut Blaise, chuchota-t-il.
- Draco ! Ça fait presqu'une heure que j'essaie de te joindre mec, tout va bien ?
- Je vais bien.
- Alors pourquoi ni toi ni Daphné n'êtes là ?
- J'ai dit que j'allais bien, pas Daphnée. Elle… elle est à l'hôpital, elle a fait une overdose hier soir, ou ce matin, je ne sais plus.
- Quoi ?! Tu veux que je vienne te chercher ?
- Au risque de passer pour un salaud, je suis déjà chez moi. Ne me mets pas dans l'embarras en me demandant comment va Daphné, car je n'en ai aucune idée. Mais elle l'a échappé belle. Je crois.
Le silence se fit au bout du fil. Blaise savait à quel point Draco pouvait être insensible, mais il ne s'attendait honnêtement pas à ce qu'il ne bouge même pas d'un cil à la pensée que Daphné pouvait mourir.
- Ne me fais pas la morale Blaise, je n'ai pas besoin de tes jugements à la con.
- Je te juge silencieusement promis. Par contre si tu pouvais éviter de raconter ça devant n'importe qui d'autre, surtout que connaissant Daphné, l'overdose était intentionnelle.
- Bravo Sherlock, tu as deviné tout seul ou c'est mon attitude de pervers narcissique qui t'as mis sur la voix ?
- Ton attitude de pervers narcissique est une constante, j'ai donc dû deviner.
- Tu passeras la voir ?
- C'est ta petite amie Draco, pas la mienne, soupira Blaise au bout du fil. Mais oui, je passerai la voir, t'inquiètes.
- Je te le revaudrais.
- Tu me dois déjà tant.
- Dumbledore n'a rien voulu entendre, il est persuadé que je mens pour que Ron réintègre le lycée, murmura Hermione à Harry assis derrière elle.
Le professeur Lupin démontrait une formule assez complexe au tableau, ce qui permettait à la classe de bavarder sans peur de représailles. Trois jours s'étaient écoulés depuis le renvoi de Ron, et les tentatives désespérées d'Hermione pour rétablir les faits ou au moins réintégrer Ron au lycée, se soldaient d'un échec cuisant. Elle avait tenté de parler au directeur, en allant même jusqu'à avouer avoir planqué la drogue dans le casier de Ron pour la dissimuler, mais rien à y faire, Dumbledore refusait obstinément de la croire. Il lui demanda le grammage exact, question à laquelle elle ne sut que répondre.
- Ron va se calmer. C'est normal qu'il soit un peu à fleur de peau, mais il finira éventuellement par te pardonner, déclara Harry d'un ton qui se voulait rassurant.
- Mais justement, je ne comprends pas sa réaction ni pourquoi il devrait me pardonner, répondit Hermione en haussant le ton avant de s'apercevoir qu'elle avait attiré sur elle les regards de plusieurs autres étudiants.
Le rire étouffé de Malfoy et Zabini attira son attention vers le fond de la classe. Elle les fusilla du regard. Son mépris et sa haine envers Malfoy avaient décuplé au fil des derniers jours. Elle le détestait d'autant plus qu'elle avait finalement compris qu'en plus d'être un petit con prétentieux et arrogant, il était dangereux. Dangereux même pour sa propre petite amie. Elle ne savait pas ce qui s'était passé exactement, mais Daphné n'était pas encore retournée en cours et Draco n'en semblait pas le moins du monde préoccupé. Dieu seul sait ce qu'il lui avait fait pour qu'elle se retrouve dans cet état. Il l'avait peut-être battu, jeté d'une fenêtre, drogué à son insu, ou encore tué. Le comble c'est qu'aucun de ces scénarios ne semblait imprévisible pour Hermione. Au contraire, tous collaient parfaitement à l'étendue du sadisme Malfoyen. Ce dernier continuait de tracer sa vie, de draguer à droite et à gauche, et de laisser ses acolytes Crabb et Goyle insulter Harry ou n'importe quel autre qui se mettait sur son chemin. Toutefois, il se faisait de plus en plus rare au lycée, ce qui avait retardé jusque-là la confrontation que Harry espérait.
Quelle âme diabolique se cachait donc derrière ce visage angélique ?
- Malfoy, il faut qu'on parle, déclara fermement Harry une fois le cours terminé en se tenant devant Draco.
Ce dernier soupira, et se passa la main dans les cheveux pour se recoiffer. Hermione se tenait derrière Harry, et malgré la peur qui la tenaillait, elle était déterminée à ne serait-ce qu'obtenir un aveu du jeune héritier. Son téléphone bien enfouie au fond de sa poche, enregistrait toute la discussion.
- Dégage Potter, je ne suis pas d'humeur à te voir et encore moins à t'entendre aujourd'hui, répliqua Draco en restant assis de manière décontracté sur sa chaise.
- Aies au moins les couilles d'avouer ce que tu as fait, gronda Harry en serrant les points. Pour la première fois de ta vie, je veux que tu me dises en face ce que tu as fait et combien tu es fier de ta petite vengeance de merde !
- Je ne sais pas de quoi tu parles.
- Tu sais exactement de quoi je parle ! Tu as piégé Ron pour qu'on retrouve de la came dans son casier.
- Quoi ?, fit mine de s'étonner Draco. Je n'ai pas mis de drogue dans le casier de quiconque si c'est ce que tu demandes.
- Non tu l'as pas fait directement, intervint Hermione. Mais tu m'as menti pour que je le fasse à ta place.
- Un instant, tu veux dire que TU as mis de la drogue dans le casier de ton petit ami ? Wow, Granger, tu m'épates. Apparemment ton cerveau déraille vraiment. Suffisamment pour que tu passes tes journées au service neurochirurgie.
- Tu n'en saurais rien si tu n'avais pas eu à y ramener Daphné après lui avoir fait Dieu seul sait quoi !
- Excusez-moi, j'ai du mal à suivre. Vous êtes là pour me parler de ton petit ami ou de la mienne ?
- On est là pour Ron, confirma Harry en fixant Hermione du regard pour lui signaler de ne plus remettre Daphné sur le tapis.
- Dans ce cas-là, désolé mais je n'ai rien à dire, affirma Draco en se levant et faisant mine d'épousseter son perfecto en cuir noir.
En arrivant à la porte de la classe, talonné par Blaise, il se retourna vers Hermione, se pencha vers elle lentement tandis qu'elle retenait son souffle, pétrifiée, et lui rabattit une mèche rebelle derrière l'oreille pour y glisser un murmure :
- J'espère que ton enregistrement n'a rien raté de cet échange.
