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Chapitre 2
Le besoin de voir l'autre
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Le faisceau lumineux de la lampe torche que maintenait Bill entre ses mains se posa sur le corps étendu de Richie au beau milieu des hautes herbes du champ qui en général, était leur point de rendez-vous. Il avait été sûr de le trouver ici.
Ben, Mike et Beverly avaient dû rentrer à cause du couvre-feu que leurs parents ou famille d'accueil mettaient un point d'honneur à faire respecter. Mais Bill s'en fichait bien, et Stan lui, il ne pouvait pas laisser son ami dans cet état.
Éclairé par la lumière aveuglante, Richie grimaça et se redressa en position assise pour voir que Bill et Stan s'approchaient de lui avec détermination au milieu de l'herbe haute parsemée de grillons chantant en ce début de mai.
« Wo, Stan the Man qui dit fuck au couvre-feu ? » lâcha Richie sous le ton de la plaisanterie en suivant le juif des yeux qui s'accroupissait à sa hauteur. « Est-ce la génitrice d'Eds qui t'a retourné le cerveau à toi aussi ? »
Stan resta parfaitement sérieux et Bill laissa échapper un faible rire tout en éclairant les deux garçons au sol. Richie sentit son ami aux bouclettes prendre sa main droite pour l'inspecter et il reporta son regard vers lui, remarquant qu'il avait ramené une bouteille d'antiseptique et un rouleau de bandage.
« Ah, je pige, vous êtes venu faire vos infirmières. Vous savez, c'est toujours plus sexy quand elles portent des-… AH ! »
Richie retira aussitôt sa main, Stan ayant vidé presque un quart de la bouteille d'alcool pur sur ses phalanges bien écorchées. Cette fois-ci, le juif ricana en interceptant à nouveau son poignet meurtri.
« Ça t'apprendra à faire du mal aux murs, » lui fit Stan d'une voix trainante.
« Et en général, les infirmières sexy sont censées être douces ! » insista le plus âgé du groupe en se laissant à nouveau faire, Stan vérifiant qu'il ne s'était pas cassé quelque chose ou fait une entorse.
« Et ses pa-patients pas aussi c-casse-pieds, » ajouta Bill avec un petit sourire taquin.
Richie serra les dents quand Stan appuya sur le bleu qui été né sur près de son pouce, mais visiblement, il n'avait rien de cassé.
« Même Eddie s'est moins blessé que toi, » fit Stan concentré sur la main de Richie comme une diseuse de bonne aventure.
Se raidissant à cette entente, Richie détourna les yeux avec peine et colère, laissant son ami bander sa main blessée avec sèche douceur. Puis, Bill déposa la lampe torche noire entre eux et s'assit lui aussi dans l'herbe fraiche, profitant du doux chant des grillons précoces.
« La mère d'Eddie nous au-autorise à lui rendre v-visite seulement le w-w-week-end, » annonça soudain Bill qui considérait que Richie avait besoin de le savoir.
« Stupide femme, » grogna Richie en récupérant sa main bandée, fermant et rouvrant le poing pour vérifier l'étendue de ses capacités.
Stan avait fait un beau travail.
« Et les docteurs sont déjà au courant de ses directives… » rajouta Stan visiblement lui aussi agacé par cette idée grotesque. « Elle croit toujours qu'on est néfaste pour sa santé. »
« C'est certainement pas ce qui va m'empêcher d'aller le voir, » marmonna Richie en arrachant un brun d'herbe vigoureusement à l'aide de sa main bien valide.
Stan et Bill n'en doutaient pas une seule seconde. Quand Richie voulait quelque chose, il était intenable et allait jusqu'au bout sans penser aux conséquences.
« Je sais j'ai été idiot de partir comme ça, » reprit soudain leur ami en arrachant une seconde poignée d'herbes avec plus d'entrain. « Mais je pouvais pas. »
« C'est nor-normal Rich', » lui assura Bill en tapotant vivement son genou. « On a tous eu du mal. Voir Eddie comme ça n'a été une partie de p-plaisir pour personne. »
« Je suis un putain de lâche ! Eddie a besoin de nous, et je l'abandonne comme ça aux griffes de sa daronne ! » s'énerva pourtant Richie.
Stan jeta un bref coup d'œil vers la main droite de Richie, espérant que ses gestes brusques et la compression de ses poings ne viennent pas défaire le bandage qu'il avait apposé avec tant de précision.
« On est désolé, » ajouta Stan plus fébrilement, la gorge sèche.
Le cœur de Richie se serra et il sentit à peine la douce chaleur de ses larmes qui s'écoulaient le long de ses joues pâles.
« Surt-Surtout pour toi, Rich'. »
Savaient-ils tous les deux pour les sentiments qu'il portait à l'égard d'Eddie Kaspbrak ? Tout portait à le croire à ce jour. Mais Richie ne les questionna pas à cet égard et se leva d'un bond, faisant sursauter Bill.
« Je retourne à l'hosto, lui dire de vite ramener son p'tit cul à Derry, » annonça Richie avec détermination.
Mais avant qu'il ne puisse faire un pas, Stan étira son bras pour attraper le pan de son jean, abaissant presque son pantalon par la même occasion. Richie plaqua sa main contre sa ceinture pour ne pas perdre son jean et jeta un regard curieux à l'égard du Juif qui semblait ne pas vouloir le laisser partir.
« N'y va pas la nuit, tu vas te faire chopper tout de suite, c'est pas comme dans les films, on n'y entre pas comme dans un moulin, » lui fit Stan en le lâchant lentement pour être sûr qu'il ne s'enfuît pas.
« Eds n'est pas dans une prison non plus ! » riposta Richie.
« St-Stan a raison, tu vas finir par être en tête d'a-affiche à l'hôpital, » appuya Bill en se levant lui aussi, lampe torche entre ses mains.
Richie essuya les vestiges de ses larmes d'un geste rageur de la main, puis tourna les talons pour s'éloigner du petit groupe.
« Où est-ce que tu vas ? » lâcha Stan qui n'aimait pas le voir déambuler dans cet état-là dans les rues de Derry.
« Fumer, » fut la réponse de Richie qui avait fourré ses mains dans les poches de son jean.
« Depuis q-quand tu fumes toi ? »
« Depuis aujourd'hui ! »
L'effet des cigarettes de son père allait surement lui être d'un profond secours ce soir. Il n'y verrait que du feu si seulement une clope était manquante. Et puis, Richie ne pourrait pas dormir de la nuit s'il n'avait pas dit ce qu'il avait sur le cœur à cet idiot d'Eddie Kaspbrak.
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« Tu ne devrais pas être ici. »
Richie se figea alors qu'il venait à peine de pénétrer dans le couloir de l'aile C, celui où était détenu Eddie Kaspbrak. Il fit volte-face vers la jeune femme brune à la jupe crayon noire et au beau chemisier bleu clair qui moulaient ses formes à la perfection. Et Richie devait se l'avouer, elle était loin d'être vilaine, et être assisse derrière le bureau d'accueil était dommage pour les courbes de cette dernière.
« Je viens voir mon père cette fois-ci, » mentit aussitôt Richie en prenant un air nonchalant, fourrant ses mains dans les poche de son gilet rouge.
Car évidemment, à 7h du matin, il devrait être en train de se préparer pour les cours ou bien au sommet de sa bicyclette pour se rendre au collège. Il pensait que cette heure choisie du jeudi était parfaite pour ne pas tomber sur Mme Kaspbrak qui ne pouvait pas s'attendre à le voir ici, mais voilà que l'hôtesse d'accueil était le nouveau rempart. Quelle injustice, alors que l'hôpital était si grand.
« Je n'ai pas encore vu de dossier au nom de Tozier ce matin, » lui répondit la jeune femme en haussant un sourcil, pourtant relativement loin d'un ton autoritaire.
Géniale, elle connaissait son nom de famille. Richie jeta un regard furtif derrière la secrétaire et ensuite derrière lui, espérant que Mme Kaspbrak ne soit pas dans les parages, mais le couloir était calme. Néanmoins, avant qu'il ne puisse cracher un second mensonge, son interlocutrice reprit la parole tout en s'approchant de lui.
« Je ne dirais rien, ne t'en fais pas, » lui assura-t-elle avec un sourire réconfortant. « Je sais que tu tiens au jeune garçon de la chambre 217, et je me vois mal t'interdire le droit à le voir. »
Richie sentit son cœur se gonfler. Et pourtant, la mère d'Eddie ne s'était pas gênée elle, et les médecins aux alentours le regardaient d'un mauvais œil et eux appliqueront surement cette interdiction ridicule. Voir Eddie simplement les week-ends pendant seulement 10 minutes ? Allô la terre, c'était mal connaître Richie Tozier.
« Et que me vaut cette faveur ? » lâcha finalement Richie qui ne pouvait pas y croire, tout de même un peu méfiant.
« Rien du tout. Je ne veux simplement pas m'opposer à ce sentiment humain qu'est le besoin de voir l'autre, surtout ici. J'en vois tous les jours tu sais, » lui expliqua-t-elle, maintenant à un mètre de lui, plus petite d'un centimètre au moins. « Mes collègues ne te feront surement pas cette faveur, mais cet hôpital est grand et si je te croise, il se peut que j'oublie t'y avoir rencontré. »
Cette offre était alléchante et Richie, surpris, hocha lentement la tête.
« Évite simplement d'utiliser l'ascenseur numéro 2, » ajouta-t-elle en montrant d'un geste l'ascenseur en question du carnet anciennement plaquée contre sa hanche. « C'est ici que le passage est le plus intense. »
Richie hocha à nouveau la tête, enregistrant toutes les informations cruciales qu'elle lui offrait.
« Pourrais-je au moins avoir le nom de ma sauveuse, » ne put s'empêcher de dire Richie avec les prémisses d'un sourire charmeur.
« Apelle-moi Lucy, » lui répondit-elle, complice. « Allez, file, Richie. Après ça, tu dois avoir cours, je suppose. »
Le menace était claire, et Richie qui pourtant avait grande envie de faire l'école buissonnière, ce dit que c'était surement une mauvaise idée s'il voulait ne pas attirer d'autres ennuies. Si Mme Kaspbrak l'apprenait elle serait d'autant plus vigilante ici et de plus, ses parents commençaient à être casse-pied vis-à-vis de ses notes en baisse.
Ils ne lui adressaient la parole plus que concernant son bulletin et ses tests de toute manière. Ou pour baisser sa musique. Ou bien pour sortir les poubelles.
Ainsi, il fit un bref salut militaire d'un bras à l'égard de la jeune femme et tourna aussitôt les talons, ses répliques de fausses converses rouges et salies par le temps crissèrent sur le sol et rapidement, alla regagner la chambre 217.
Mais avant de rentrer dans la chambre, sa main se figea à quelques centimètres de la poignée et il jeta quelques regards rapides autour de lui. Mais il n'y avait personne. Seulement lui et cette porte.
« Et après tu te vantes d'avoir vaincu un clown mangeur de gosses… » se marmonna Richie à lui-même pour ensuite prendre une longue inspiration.
Et il abaissa la poignée, prêt à entrer dans cette bulle qui le terrifiait tant. Cette bulle aux illusions de vie et de lumière. Il referma la porte doucement derrière lui et n'alluma pas non plus la lumière, le soleil levant éclairant la pièce d'un doux éclat.
Tout en s'approchant du lit, il tira avec lui un tabouret à roulette et s'assit tout proche du matelas, retenant son souffle.
Eddie était toujours là, il n'avait pas bougé d'un pouce et ce qui terrifiait toujours autant Richie, c'était qu'il avait réellement l'air de dormir. C'était fou. Il déglutit et d'une main tremblante, vint passer le bout de ses doigts contre les croutes épaisses des pommettes rougies d'Eddie dans un espoir de lui apporter un peu de vitalité, peut-être.
Ses doigts glissèrent finalement le long de sa joue si pâle et si fraiche, mais toujours aussi douce et son cœur se serra. Soudain, entendant du bruit dans le couloir, il retira prestement sa main et se tourna mais vit avec soulagement que les stores étaient poussés. Les sons de pas d'un potentiel homme seul s'éloignèrent finalement et il se retourna vers Eddie, cette fois-ci, plaçant ses deux mains contre le poignet et le bras de son ami quelque part loin.
« On a besoin de toi, ducon, » lui chuchota Richie en serrant plus fort son emprise.
La peau de son bras était toujours aussi douce et inconsciemment, son pouce gauche vint former de petits cercles apaisants sur son épiderme, mais il garda son regard dardé vers le visage emblématique de son meilleur ami.
C'était fou, il était beau quand il dormait. Pas mignon, non. Beau.
Richie n'avait jamais eu réellement l'occasion de le voir dormir puisque contrairement à lui il ne s'endormait jamais en classe ou bien quand ils sortaient, ce dernier était toujours studieux ou sur ses gardes, et quand ils dormaient l'un chez l'autre, Richie était étrangement le premier à piquer du nez et le dernier à se réveiller. Il avait toujours eu besoin d'un temps de sommeil monstre pour arriver à aligner deux mots correctement le matin.
Mais il aurait aimé pouvoir voir cette expression apaisée dans une autre circonstance, il ne fallait pas se voiler la face.
« Tu dois te réveiller, c'est pas une option, » continua Richie un peu plus fort, sa main gauche descendant le long de son poignet pour finalement, attraper doucement la main fraiche de l'endormi et entrelacer ses doigts avec les siens.
Malgré la chaleur de l'extérieur, Richie fissionna.
« T'vois, t'es déjà endormi que je me blesse d'une manière tout bonnement débile, » reprit l'ainé des deux en levant sa main droite pour montrer ses phalanges bandées par Stan.
D'ailleurs, celui-ci allait rouspéter tout à l'heure en voyant qu'il n'avait pas pris le temps ce matin de jeter le bandage et nettoyer sa blessure. Mais qu'importe il avait eu plus important à faire.
Main toujours levée que Richie observait avec un certain décalage, il serra fermement le même poing, envoyant un petit pic de douleur le long de son bras, mais il ignora cette douce souffrance et frappa sans trop de force plusieurs fois son front.
« J'ai besoin de toi, » insista Richie cette fois-ci un peu plus bas en fermant les yeux, l'emprise de sa main contre celle d'Eddie se refermant encore plus fort, comme souhaitant lui insuffler toutes les bonnes ondes vitales qu'il pouvait.
Il ne sut pas réellement combien de temps il resta ici dans le profond silence à serrer la main d'Eddie, totalement coupé du temps. C'était plus facile de lui parler seul, plutôt qu'avec sa bande de copains tout autour.
« Tu peux pas me laisser tout seul sur cette planète avec tout ce que je n'ai pas pu te dire ! » s'énerva soudain Richie en sautant hors du tabouret pour agripper ses épaules de ses deux mains.
Mais il se retint de le secouer comme il avait pourtant tant envie de faire, et serra les dents, retenant ses larmes d'impuissance qu'il refusait de faire couler ici.
Réveille-toi. Réveille-toi. Réveille-toi.
« Eds je-… ! »
Mais il se tut d'un seul coup, se rendant compte qu'il serrait peut-être un peu trop fort ses épaules frêles et ainsi, écarta lentement ses doigts. Il secoua légèrement la tête, se sentant soudain ridicule. Ce n'était pas comme ça qu'il allait pouvoir le réveiller et lui hurler la vérité ici était idiot. Peut-être l'entendait-il finalement, mais il voulait avoir ce genre de conversation en face à face, quand Eddie serait apte à répondre.
« Bonne journée, Eds. J'te prends les cours, t'en fais pas. »
Il repositionna ses lunettes et tira dans un coin de la pièce le tabouret roulant afin de ne laisser aucun indice de son passage ici. Mais avant de quitter la pièce, il jeta un dernier regard vers son meilleur ami et lui offrit un faible sourire, amer et nostalgique.
« Ouais, tu as bien entendu, j'suis prêt à copier les cours pour toi, Eddie Spaghetti. »
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Richie Tozier regretta amèrement ses paroles et plaqua une main contre son visage, ignorant ses lunettes aux verres sales. C'était impossible pour lui de tenir les deux heures d'histoire et prendre les notes nécessaires. Il vit du coin des yeux que Stan heureusement dans sa classe cette année écoutait avec presque passion leur professeur à la petite moustache –d'Hitler selon Richie, d'où son surnom « le nazi des temps modernes » de la part du collège- et se dit qu'il pourrait tout aussi bien lui demander de recopier ses notes.
Il l'avait pourtant promis à Eddie, mais après la première heure d'anglais, il était lessivé. C'était pourtant lui qui était le plus dissipé en classe, et pour une fois, aucune blague désobligeante ne sortie de sa bouche pouvant potentiellement agiter la classe. Mais là, il piquait du nez.
Les profs ne posèrent pas de question quant à l'absence d'Eddie, surement mis au courant. Mais les autres élèves eux voulurent savoir et beaucoup sont allés questionner Richie ou Bill, ces derniers leurs annonçant la mauvaise nouvelle.
« Je rentre pas avec vous, » déclara Richie alors qu'il sautait pratiquement sur sa selle de vélo.
« Où est-ce que tu vas ? » lui demanda donc Beverly qui attendait que Bill et Stan déverrouillent leurs bicyclettes respectives.
« Voir Eddie. »
La réponse ne la surpris pas le moins du monde, mais Stan qui tendit l'oreille à cette décision, se permit de se redresser et adresser un regard sérieux à son ami.
« Tu sais que demain on a un contrôle d'algèbre, » lui rappela-t-il, ne voulant pas que Richie ait encore plus d'ennuis, sachant ce dernier très en froid avec ses parents concernant les notes qu'il dégottait depuis le début de l'année.
« Je réviserai à l'hosto, » fut la réponse de Richie en resserrant les sangles de son sac à dos.
Stan n'en était pas si sûr, mais ce dit qu'il ne devait pas franchement avoir la tête à ça et ses parents avaient intérêt à être compréhensifs. Ainsi que les profs. Ils savaient que le groupe des Losers, notamment Richie et Eddie, étaient très proches.
Le Juif se promit donc intérieurement de lui passer quelques-unes de ses réponses durant l'examen.
« Et arrête de fumer avant de devenir dépendant, Eddie va détester ça, » lui chuchota ensuite Stan en lui offrant un coup à l'arrière du crâne.
Richie lui lança un regard lourd, ne pensant pas que Stan s'en serait rappelé. Certes, il avait aussi fumé une cigarette dans les toilettes après manger, mais pour le moment ça s'arrêtait là.
« Je le sens sur toi, » insista Stan en retournant ensuite vers son vélo.
Pivotant la tête pour presser son nez contre son épaule et vérifier s'il sentait bien la nicotine, Richie lâcha un juron, et se haussa sur ses jambes, pieds pressés contre les pédales de son vélo.
« Si jamais il ne se réveille pas, il ne saura jamais au courant, de toute manière, » marmonna-t-il à l'adresse du petit groupe, bien irrité par cette journée ennuyante, longue et clairement non productive.
« R-Rich', » tenta Bill qui ne pouvait pas laisser passer ça.
Mais Richie partait déjà sur son vélo, ne voulant pas argumenter avec ses amis à l'instant présent. Voir une chaise vide toute la journée et devoir répéter trente-six fois la raison de son absence à des connaissances où simples curieux que Richie aurait bien frappé, avaient bien abaissé son moral.
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Et la semaine d'après, Richie continuait son petit rituel, se rendant dans la chambre d'Eddie le matin, et le soir quand il ne finissait pas trop tard, la voyage en vélo étant extrêmement dangereuse la nuit suite à la route qu'il devait traverser.
Richie ramenait parfois sa Game Boy, et malgré le fait qu'il détestait le jeu « Wizard and Warriors », il y jouait pour Eddie tout en lui promettant qu'il allait finir ces stupides niveaux rien que pour ses beaux yeux. En un sens, il avait l'impression de revoir Eddie jouer sur sa Game Boy allongé sur son lit pendant que Richie mangeait des chips, le nez plongé dans des BDs ou comics.
« Ce jeu est putain de dur, » râla un jour Richie en soupirant, se laissant retomber contre le dossier du siège derrière lui. « Je sais pas comment tu as fait pour aller jusqu'au chapitre 5. »
Mais en général, il lui racontait sa journée souvent avec nonchalance pour rester dans son personnage, et lui détaillait aussi les actions du club des Losers. Parfois, il faisait ses devoirs ici ou lisait tout haut des petites BDs rigolotes trouvées dans les Picsou que Mike lui prêtait souvent. Ou sinon, il plaçait le casque de son walkman Sony contre les oreilles d'Eddie pour lui faire écouter les chansons qu'il avait toujours aimées.
Mais cette soirée-là, Richie revint dans sa chambre tard, aussi furtivement que possible, décidé à ne pas rester chez lui cette nuit-là. Son père avait bu, et une dispute presque violente avait éclaté entre eux deux, saupoudré des piques acides de sa mère concernant ses trois dernières notes catastrophiques. L'aide de Stan lui avait fait gagner les trois uniques points qu'il possédait en algèbre.
« D'habitude, je grimpais à ta fenêtre pour me réfugier chez toi, » fit Richie agenouillé devant le lit, son menton plaqué contre ses deux bras croisés sur le matelas.
Il préférait le silence à cette agitation nerveuse chez lui.
C'est ainsi que ce vendredi soir, il s'endormit dans la chambre 217.
Coucou, oui cette fic est toujours vivante !
Je m'explique, j'ai fait un peu le tri de mes fichiers sur mon cloud et là, surprise, je retombe sur cette fic que j'ai checké un peu, et j'ai vu que j'avais eu pas mal d'idées et que le premier chapitre avait plutôt apprécié… Donc je me suis dis, pourquoi pas essayer de la reprendre et voir ce que ça donne :D
Ainsi, je m'excuse pour cette si longue attente, et je vous remercie énormément pour vos reviews, et je suis désolée si je n'ai pas pris le temps de vous répondre.
J'espère donc que ce chapitre vous a captivé, faites-moi part de vos avis :3
Et oui, Eddie se réveillera bientôt, vous en faites pas ! Ciaou !
