Coucou tout le monde!

Nouveau chapitre aujourd'hui, comme toujours merci à celles (ceux?) qui me lisent, prennent le temps de m'écrire une review, les mises en favoris et les follow! Je crois avoir fait le tour. Et pour celles (ceux) qui ne font que me lire merci aussi de porter attention à cette histoire. Même si je n'écris pas depuis longtemps, on peut dire que je suis un poussin de l'écriture, je suis bien contente d'avoir des retours positifs ou négatifs pour arriver à me situer et savoir si l'histoire vous plait ... ou non, donc n'hésitez surtout pas! Et si vous hésitez biiin je vous assure que vous devriez faire comme moi et sur un coup de tête créer un compte pour dire ce que l'on ressent ou simplement remercier les personnes derrière qui ont du talent (pas moi les autres xD). Il y a des rencontres comme ça qui font plaisir, simplement pour échanger ou créer des amitiés.

Merci encore à GwenWho et Tiedtothehandsthatholdyou de me soutenir pour l'histoire et de supporter mes blablabla quotidiens!

J'écris mon histoire progressivement donc j'espère pouvoir respecter ma publication une fois par semaine, si jamais je n'y arriverais pas je vous avertirais au préalable mais je pense pouvoir tenir comme ça :).

Les personnages appartiennent bien entendu toujours à SM, je m'amuse seulement à les imaginer autrement! Je vous laisse lire et puis on se retrouve en bas pour le mot de la fin!


Chapitre: 3

Baltimore:

Heureux comme jamais, les mots n'étaient même pas assez forts pour transmettre ce qu'ils avaient ressenti à l'instant où ils avaient passés la porte de leur maison. Sulpicia et Aro habitaient dans une petite maison sans prétention, elle avait seulement deux chambres mais c'était amplement suffisant pour accueillir les petits.

Ils demeurèrent longtemps devant eux, à regarder les jumeaux dans leur berceau, l'un contre l'autre, les mains enlacées. Ils étaient tellement contents de partager ce moment unique.

Le petit installé dans le lit de gauche ouvrit les yeux en premier.

« Alec, nous sommes là. chuchota Sulpicia pour attirer l'attention de son fils.

— Tu es sûre que c'est Alec? s'amusa Aro

— Non » admit-elle avec un petit sourire désolé, sans oser s'approcher pour vérifier le nom du bébé, ayant sûrement peur d'avoir commis une erreur.

Le regard de l'enfant se posa sur la chambre, s'arrêtant un court instant sur le visage de ses parents. Puis, il tourna sa petite tête sur sa gauche. On pouvait lire dans son regard azur quasi transparent, l'intensité avec laquelle il fixait son frère.

Les parents eurent presque le sentiment que c'était la puissance de ce regard qui réveilla son jumeau. Il s'agita tout doucement, puis tourna la tête à son tour vers son frère.

Sulpicia et Aro n'oublièrent jamais cet instant, qui semblait durer une éternité. Chacun crut observer comme un défi entre leur deux fils, comme si une rivalité était née, à savoir qui allait baisser les yeux en premier, mais ils chassèrent cette pensée troublante très vite, pour ne plus voir ce moment comme un échange d'amour indéfectible. Le petit garçon qui avait ouvert les yeux en premier poussa un petit gémissement et se mit à pleurer, entraînant immédiatement son frère à sa suite.

« Vite, Aro, s'exclama Sulpicia avec un soulagement non feint, les petits ont besoin de se nourrir! ».

Le chauffe-biberon tout neuf, émit un bref tintement.

Aro avait déjà les gestes sûrs d'un papa, il tenait fermement ses deux petits garçons, un dans chaque bras, pendant que le lait chauffait doucement.

Les petits chenapans criaient de concert sans que cela ne semble le déranger.

« Voilà, voilà, ça vient, ça vient mes petits chéris », murmura Sulpicia, impatiente de nourrir ses enfants à la maison, pour la première fois. Elle fit perler une goutte de lait sur le dos de sa main pour contrôler la température. « C'est parfait ».

« Je prends Félix », proposa-t-elle. D'un geste elle caressa son dos et ses petits cuisses dodues. « Que tu as la peau douce » sourit-elle béatement.

Il faisait une chaleur étouffante en cette fin d'août, les petits ne portaient qu'une couche et une petite chemise en lin.

Sulpicia sentait comme sa poitrine était lourde, mais elle avait renoncé à les allaiter. L'un de ces « petits monstres » avait pincé si fort son mamelon le matin précédent, à l'hôpital, que la douleur lui faisait encore bien mal. Elle n'avait pas aimé non plus la façon dont le bébé avait crispé sa main refusant de lâcher sa prise. Sur l'autre sein, l'autre petit bébé s'était endormi, complètement indifférent aux hurlements de son frère.

Le soir venu, un cercle bleuté était apparu sous son mamelon. Elle avait été incapable de dire lequel de ses jumeaux l'avait blessée mais l'idée de tenter à nouveau l'expérience l'effrayait un peu. Lorsque la douleur aura disparu, elle recommencerait.

Sulpicia prit le bébé qui s'agitait sur le bras gauche d'Aro, elle l'embrassa sur le front et alla s'asseoir dans un fauteuil du salon. Aro, sur ces pas, l'imita, ce fut dans un silence réconfortant qu'ils nourrirent leurs petits bébés. Chacun profitait dans un silence quasi religieux du moment, les yeux posés sur l'enfant niché dans ses bras tandis qu'il vidait goulûment le biberon.

« Doucement mon petit Félix, petit glouton » finit par dire Aro

Sulpicia réagi aussitôt « tututut! C'est moi qui ai Félix!

— Mais non c'est moi! Regarde! » s'exclama Aro.

Il tira sur la manche de la petite chemise en lin blanche du bébé qui se tortillait au creux de son coude. Il examina son poignet gauche, puis le droit. Sa première réaction fut de rire « Il n'a plus son bracelet.

— Le mien non plus », constata la maman plus gravement. Elle semblait troublée par cette découverte.

Elle se leva prestement pour se rendre dans la chambre. Quelques secondes plus tard, Aro l'entendit appeler d'une voix pesante. Sa femme semblait anxieuse. Elle avait déposé le bébé qu'elle portait dans l'un des berceaux.

Elle tenait un petit bracelet dans chaque main. « Celui-là, Félix, était dans le lit de gauche, tout au fond, caché sous le drap et l'autre Alec, pareil à droite. Comment est-ce possible ? »

Comme elle ne réagissait pas, Aro prit des mains l'un des bracelets et le passa vivement autour du poignet de l'enfant qu'il portait. « Il n'y a pas de quoi s'affoler, mon amour. Les bracelets n'étaient pas suffisamment serrés voilà tout. Ils ont dû glisser quand on les a couchés. Il ne faut pas chercher plus loin et s'alarmer. » dit-il calmement.

— Mais c'est troublant non? Insista lourdement sa femme.

— Ne dis pas n'importe quoi, ils n'ont que quelques jours! S'emporta Aro

— Qu'est-ce qu'on fait maintenant alors?

Aro sentit qu'elle était au bord de la panique, il réfléchit et dit d'un ton ferme:

« J'ai d'abord pris celui qui était dans le lit de gauche, donc c'est Alec. Dans la cuisine, le temps de la préparation des biberons, tu m'as donné Félix. Dans le bras droit. Je suis certain de ne pas avoir changé de bras et ensuite tu l'as repris. »

Il désigna le bébé dans le petit lit: Donc celui-là, c'est Alec. Voilà, tout est en ordre, il n'y a aucune raison de s'inquiéter.

— Tu es sûr de toi? J'ai bien repris Alec dans mes bras?

— Oui, affirma-t-il vivement

— Mais et s'ils s'étaient trompés à la maternité?

— Arrête de délirer, s'il te plaît! Dans le lit c'est Alec et celui-là c'est Félix! Fin de la discussion!

Elle entreprit de resserrer le bracelet, mais en vain, il était toujours trop grand pour le petit poignet. Résignée, elle constata qu'il fallait trouver un autre moyen de les différencier.

Aro réapparut, avec deux petits bonnets à la main, sur l'un on pouvait y voir un « F » et sur l'autre un « A » inscrit dessus.

— Je voulais les garder pour plus tard mais voilà, c'est plus facile comme ça! Plus de problèmes de grandeur. Nous y arriverons avec le temps Promit-il d'un ton enjoué, fier de sa trouvaille.

Sulpicia vint se blottir contre lui et fondit en larmes. Il la prit dans ses bras, « Nous y arriverons », répéta-t-il comme un mantra, conscient de parler autant pour la rassurer elle que pour lui-même « Il y a plein d'astuces, j'en suis certain! ». Serrée contre lui, elle ferma ses yeux humides de fatigue.

Aro murmura des « je t'aime » tendrement à l'oreille de sa femme. « Ils sont si mignons, rouvrant les yeux et en se détachant de son époux, ils se sont endormis » Constata-t-elle avec douceur.

San Francisco:

Je sortie de la douche précipitamment en nouant une serviette autour de mon corps, avant de courir vivement vers ma porte d'entrée où un bruit infernal émit par la sonnette retentissait. Je regardais par le judas et constatais avec énervement que le fou furieux qui sonnait depuis dix minutes n'était autre que Monsieur-Colgate-Play-boy-Cullen. Je pu remarquer qu'il était habillé sobrement d'un t-shirt noir, d'un chino vert clair, d'un bonnet de marin et d'une simple paire d'Adidas old school blanche. Il n'avait pas eu le temps ou l'envie de se raser, ça lui donnait un petit air « je m'en foutiste » qui me plaisait mais ça, je ne le reconnaîtrais jamais même sous la torture.

Je beuglais un « ça va, vous ne pouvez pas attendre cinq minutes bordel! » puis j'allais m'habiller rapidement, il était hors de question qu'il me voit en serviette. Vêtue d'un short difforme et d'un t-shirt des Celtics, l'équipe de basket de Boston. J'ouvris la porte avec énervement.

— Mais qu'est-ce que vous foutez devant chez moi? Vous avez vu l'heure!? Et puis comment vous connaissez mon adresse!? Criais- je devant l'étranger qui avait osé me déranger pendant le seul moment que j'appréciais plus que tout le matin, c'est à dire pendant ma douche relaxante.

Edwin, qui avait levé les mains en signe d'apaisement, me montra un petit sac rempli de viennoiserie et deux grands mugs de café brûlant.

— Houla mais calmez vous! Je me suis dit qu'il fallait vous apporter mon rapport le plus tôt possible pour que vous puissiez continuer l'enquête. Répondit le légiste en esquissant un sourire.

— Bon… entrez. Soufflais-je de dépit, il avait raison, plus vite j'aurais le dossier, plus vite l'affaire avancerait.

Je m'effaça derrière la porte pour qu'il puisse entrer dans ma maison. J'étais fière de celle-ci, j'avais réussi à dégoter une maison victorienne à la devanture bleue et il y avait un premier étage et un petit jardin! Ce qui était plutôt très bien pour Frisco. Ce qui m'avait charmée, outre le fait d'avoir une maison victorienne, c'était qu'elle était très lumineuse, d'un blanc immaculé à l'intérieur, et une décoration soignée. Et la vue du bureau sur la cour avec son mur végétal était vraiment magnifique. Il y avait deux chambres et deux salles de bains ce qui était parfait quand je recevais ma mère ou une amie.

Edwin alla de lui-même s'asseoir sur les chaises du bar au comptoir de la cuisine ouverte. Il ouvrit son sac à dos et déposa tout un dossier devant lui.

— Voilà alors j'ai pu confirmer la fracture du larynx avec hématome, qui est un signe indiscutable de strangulation. J'ai constaté une rupture de la rate suite à un coup violent,la victime s'est donc débattue. S'en est suivi une hémorragie interne, la victime avait littéralement le souffle coupé; D'après mes constatations, la personne qui l'a agressé a voulu finir « le travail » et l'a étranglé. Malheureusement, même si la lutte a été longue, il n'y a aucune empreinte sur le corps de la victime, pas de présence de peau sous les ongles… Rien à exploiter…

— C'était bien la peine de venir aux aurores si c'est pour me dire qu'il n'y a rien à exploiter Grondais-je

— Attendez, je n'ai pas fini! Répliqua-t-il. Le sourire en coin était de retour. J'ai contacté les cliniques privées car elle s'était fait refaire le nez… Mais rien de concluant, ils n'ont pas voulu divulguer l'identité de la victime sans un mandat…

Je levais un sourcil en signe d'impatience, « et donc est-ce qu'il y a au moins quelque chose de concluant? »

— J'y viens, alors en procédant à l'autopsie interne complète j'ai pu noter qu'elle s'était faite faire une augmentation mammaire dans une clinique, et ainsi avec la numéro de la prothèse, je suis remonté jusqu'au chirurgien qui m'a donné son identité grâce à la carte d'identification propre à chaque patiente.

— Mais vous pouviez pas le dire plus tôt au lieu d'enrober le tout comme un démarcheur pour un crédit!

— Vous êtes bien impatiente Agent Swan! s'amusa-t-il

Je le foudroyais du regard:

— Et ce nom je peux l'avoir? Ou encore une fois c'est trop vous demander?

— Il me tendit une fiche d'identité remplie, la victime s'appelait donc Irina Grace. Elle habitait un studio au 347 Eddy Street dans le quartier de Tenderloin.

Rapidement, je montais mettre une tenue plus adéquate qu'un short.

En sortant de ma chambre, j'enfilais une paire de converse noire, j'avais un éternel look d'adolescente mais j'aimais ça. Ce qui me valait les foudres de Tanya et Alice quand elles me voyaient ainsi vêtue. Je retournais dans la cuisine où m'attendait le docteur et je lui fis signe de sortir. Je le plantais devant ma porte et c'est d'un pas rapide que j'entrais dans ma Mini, j'avais enfin quelque chose à me mettre sous la dent. J'appelais sur le chemin Emmett afin qu'il me rejoigne sur place, ainsi que Tanya pour avoir un mandat de perquisition. I love rock n' roll de Joan Jett allait accompagner mon chemin vers le studio d'Irina Grace.

Quand j'arrivais au 347 Eddy Street, je voyais Emmett prendre des selfies devant le nom de la rue en pouffant de rire. Je m'approchais de lui, en le regardant d'un air interrogateur.

— Belly Bean! Regarde le nom de la rue c'est parfait pour Ed!

Tout fier de lui il envoya les photos à Edwin semble-t-il.

Je ne relevais pas mais je tiltais à la façon dont il avait appelé le Docteur, qu'ils devaient être probablement plus proches que je ne le pensais.

— Et… bien… quand tu auras fini tes enfantillages, on pourra rentrer et demander aux voisinages s'ils connaissaient l'occupante de l'appartement du deuxième étage droite.

On entra dans l'immeuble qui a semble-t-il été remis à neuf il n'y a pas longtemps. Après avoir sonné à la porte de deux appartements, au troisième, on a pu rencontrer quelqu'un.

Une fille d'à peut près vingt ans nous dit s'appeler Heidi.

— Bonjour Mademoiselle, Agents spéciaux Swan et McCarty, nous sommes là pour vous interroger au sujet de votre voisine de droite Irina Grace, vous la connaissez? Dis-je

— Euh… Oui… Oui… on travaillait ensemble… fit-elle apeurée.

— Est-ce que l'on peut rentrer? Ça sera plus confortable pour discuter, qu'en pensez-vous? Continuais-je

— Euh… c'est que… je ne suis pas seule… répondit-elle de plus en plus paniquée.

On vit une ombre bouger dans l'embrasure de la porte. Puis l'ombre se rapprocha, pour se matérialiser devant nous, un homme d'une cinquantaine d'années environ, plutôt le type homme d'affaires, passa devant nous, salua Heidi et parti sans demander son du, Comme si il avait le diable aux trousses. « Plus louche tu meures » parla ma conscience.

McCarty rompit le silence gênant qui s'était instauré.

— Et donc… ce Monsieur… est votre… père… n'est-ce pas…?

Il ne fallait pas se laisser berner par son ton, Emmett était peut-être bourru mais j'ai pu au fil du temps découvrir un homme réfléchi, gentil et loyal. Comme dirait mon père, c'est un bon gamin qui aime son métier par dessus tout, un agent et un partenaire hors pair.

— Oui… oui voilà mon père Répondit Heidi d'une façon précipitée, le soulagement pouvait se lire dans son regard. Elle nous laissa entrer dans son studio. C'était un endroit modeste mais accueillant, il y avait des bougies un peu partout, une décoration un peu « girly » et on pu apercevoir par la porte, restée entrouverte de sa chambre, une paire de menottes et des sous vêtements en dentelles sur le dessus ainsi qu'une cravache.

McCarty se racla la gorge, c'est avec agacement que je pris la parole:

— Bien et si on arrêtait de jouer à ce petit jeu Heidi? Et vous allez nous dire ce que vous faites et quelles sont vos relations avec Irina Grace.

Je ne suis pas la méchante de l'histoire, seulement j'ai hérité d'un caractère impulsif et je ne suis pas d'une grande patience, j'aime quand les choses sont claires et précises. Je n'aime pas perdre mon temps avec des détours.

Heidi nous jeta des regards apeuré en se demandant qui allait la dévorer entre McCarty et moi. Je soufflais pour me calmer et essayer de tranquilliser cette pauvre fille:

— Heidi… Irina a eu des problèmes et nous aimerions l'aider… nous allons rien vous faire, nous voulons simplement des réponses à nos questions, pensez-vous pouvoir nous aider? Mon ton s'était radoucit.

— Bien… vous me promettez qu'il ne m'arrivera rien? Je suis quelqu'un d'honnête vous savez je fais des études…

Cette fois c'était McCarty qui prit la parole:

— Vous pouvez nous faire confiance! Comme vous l'a dit l'agent Swan, nous souhaitons simplement vous poser des questions.

Elle s'éclaircit la gorge:

— Nos études coûtent assez chères, nous voulons travailler dans le marketing et les relations internationales et c'est vrai qu'avec un boulot normal, on ne gagnerait pas suffisamment… Alors, on a pensé qu'être Escort Girl pourrait être un bonus significatif pour nos études… Et parfois, on a des petits extras… Enfin l'idéal c'est de se trouver un Sugar Daddy mais c'est pas facile alors quand on en trouve pas, on a l'autre méthode… Dit-elle dans un souffle, Moi j'aime pas trop ça, mais Irina m'a dit qu'on pouvait se faire de l'argent facilement… j'ai, j'ai qu'un seul client moi, c'était le… monsieur de tout à l'heure mais Irina, elle en a beaucoup, elle a beaucoup de succès… Mais c'est tout ce que je sais j'vous le jure!

Pauvre fille, elle me faisait vraiment de la peine, si jeune et elle devait avoir recours à ça, pour avoir de l'argent. Je crois qu'on en parle pas suffisamment mais la prostitution étudiante, ces « Sugar Babies » est de plus en plus en vogue. Les relations ne sont pas bien définies et même si ils appellent ça des relations mutuellement bénéfiques, je doute de la sincérité de ses Sugar Daddies. J'avais lu d'ailleurs que les Sugar Daddies ne parlaient pas de rémunération mais « d'arrangements » entre eux et que cet « arrangement » pouvait prendre la forme d'invitations, de cadeaux et d'argent liquide, le tout pouvait même être mensualisé, tout dépendait du bon vouloir du « bienfaiteur ». Ce concept me révoltait au plus au point, encore une fois, la femme était rabaissée au niveau d'un objet potiche qui se pavanait au bras d'un homme qui ne se sentait plus parce qu'il était plutôt vieux et accompagné d'une jeune et jolie fille en « tout bien tout honneur », certes, il y avait des filles comme Irina, qui aimait apparemment ça, mais c'était une infime partie de ces jeunes filles qui devaient le faire par nécessité car un boulot ou deux ne pouvaient combler les frais de scolarité exorbitants aux Etats-Unis. Je me concentrais sur ma respiration, cette Heidi n'avait rien fait et elle avait été malheureusement entraînée dans ce marasme.

— Merci Heidi, pour tes réponses, ça va nous aider j'en suis sûre… Est-ce que par hasard tu connaîtrais, celui ou celle qui a pour responsabilités de gérer vos rencontres?

— Euh… je n'en suis pas bien sûre mais je crois avoir entendu Irina parler d'une certaine Jane Fanning, c'est une femme d'affaire ou elle est chargée des relations je ne sais pas bien…

— Encore Merci Heidi, tu as été courageuse pour nous dire ça.

Nous repartions ensuite vers l'appartement d'Irina.

— Pfff… je ne sais pas comment tu as fait pour garder ton calme Belly Bean… cette situation me fait sortir de mes gonds… je sais que c'est pas sa faute à cette pauv' gamine mais regarde elle est si jeune, elle a quoi la vingtaine?

Je poussais un soupir, c'est vrai que ce genre de situation me dégouttais mais on ne pouvait pas juger, et si les filles avaient décidées ça… on ne pouvait être que témoin de ça sans pouvoir faire quelque chose , sauf un rapport expliquant la situation pour que ça soit transféré dans le service adéquat.

— Tu crois que ça c'est mal passé avec un client et qu'il s'est vengé sur Irina Grace?

— Ton raisonnement est pas mauvais McCarty mais on en sait pas plus, on va d'abord perquisitionner à l'appartement voir si il y a quelque chose à relever

On entra dans le studio, comme ça, il ressemblait presque à l'identique de celui d'Heidi, les couleurs n'étaient pas les mêmes. McCarty vérifia le salon et la cuisine, je m'occupais de la chambre et la salle de bain. J'enfilais des gants, on ne sait jamais si il y a des empreintes autre que celle de la victime, je parcourais les étagères de sa chambre, il y avait des livres sur les relations internationales, d'autres sur le marketing, des livres de psychologies féminines, quelques photos étaient sur les murs, à priori, elle n'avait pas de famille proche ou du moins pas à Frisco. Il y avait un ordinateur sur son bureau, je décidais de le prendre avec nous pour que les techniciens fouillent dedans et nous apportent des réponses. J'ouvris ensuite les tiroirs de son armoire, à part des sous vêtements, des gadgets et des vêtements de marque, il n'y avait rien à signaler, il en fut de même pour sa penderie, des robes de soirées et des habits de tout les jours. Je passais dans la salle de bain, il y avait pas mal de produits de beauté de marque. Heidi nous a pas menti, elle a visiblement un Sugard Daddy qui sait la « gâter » ou plusieurs songeais-je.

Je fis un dernier tour et sortis rejoindre McCarty qui avait fini de son côté:

— Alors, t'as quelque chose?

— Rien… et toi?

— J'ai son ordinateur portable, donc on l'envoie aux techniciens, à part ça rien, on peut suivre la piste du Sugar Daddy, ou aller interroger cette Jane Fanning.

— Peut-être aussi que c'est un règlement de compte entre sugar babies? À force de courir après des « bienfaiteurs », Irina a pu se faire des ennemies, et par jalousie une d'entre elles à voulu faire comprendre à Irina qu'elle ne devait pas prendre le pouvoir?

Après réflexion, je me suis dit que c'était aussi une piste à suivre mais qu'on devait d'abord aller interroger cette Jane qui pourrait nous fournir la liste des Sugar Daddies et Babies et voir pourquoi Irina se trouve à la morgue.

Sur ces paroles, nous nous quittâmes, je devais rejoindre Tanya et Vicky chez elles pour le dîner.

J'étais passée chez le fleuriste prendre des Lys blancs pour Tanya et chez le chocolatier pour Vicky, je savais qu'elle était un peu anxieuse en ce moment, et il n'y a rien de mieux que le chocolat pour remonter le moral…

J'arrivais vers 19 heures dans le quartier branché de South Beach, c'est ici qu'elles avaient jeté leur dévolu sur un loft à la décoration très industrielle, il y avait deux chambres dont une en mezzanine et deux salles de bains, je pense que Vicky choisira la chambre d'en bas pour l'aménager avec un petit berceau au début à l'arrivée de leur fille. Et que l'étage sera réservé à Tanya.

J'étais assez étonnée au début, quand elles m'avaient fait visiter leur loft, je les imaginais plutôt dans une maison victorienne raffinée mais la proximité du front de mer de l'Embarcadero et de l'Oracle BallPark avait définitivement décidées les filles à choisir ce loft.

Vicky me tomba dans les bras, elle n'était pas enceinte mais elle avait gagné tout les symptômes, les sauts d'humeur et la gourmandise surtout!

— Bells, comment tu vas? Me dit-elle en m'embrassant chaleureusement.

Vicky était journaliste et avait l'accent de San Francisco, je pense qu'on avait un peu tous l'accent Californien mais Vicky avait vraiment celui de Frisco bien prononcé.

Je lui rendis son câlin, ça me faisait vraiment plaisir de la voir.

— Tanya m'avait pas menti! Tu commences à avoir un petit ventre de maman! La taquinais-je Je savais qu'il ne fallait pas parler du poids de Vicky mais ça me faisait rire de la mettre en rogne.

Tanya me dit que je ne devrais pas jouer avec le feu et surtout avec les humeurs d'une femme presque enceinte nommée Vicky.

— Ahahaha, Bells, si tu veux être rayée de la liste des marraines potentielles continue comme ça! Grommela Vicky.

— Roooh je te taquine, tu vois, tu en as déjà perdu ton humour!

Tanya finissait de dresser les assiettes en riant face à notre joute.

— Bells vraiment fais attention, je vais finir par te couler dans la baie de Frisco, tu feras moins la maligne sous l'eau attachée à ton parpaing.

— Je suis armée je te ferais dire! Et puis, tu m'aimes trop pour me tuer. Dis-je en fanfaronnant.

— Allez les enfants, à table! Appela Tanya.

Elle disposa sur la table tout un tas de sashimi, maki, sushi et brochettes en tout genre. Du wakame (algues comestibles), de la soupe miso et des salades fraîches accompagnaient nos plats japonais. Ainsi que du Tonkatsu, du porc pané frit que j'adorais particulièrement. On ne pouvait pas résumer la cuisine Japonaise au sushi et autre sashimi et maki mais ce plat d'exception était le plus répandu dans les pays occidentaux.

Vicky m'avait appris que pour un découpeur de poissons japonais, il lui fallait une dizaine d'années au moins pour parfaire son art de la découpe du sashimi, et que de ce fait, un même poisson, découpé par deux chefs, pouvait sembler différent en fonction de la façon dont il a été coupé. Vicky aimait beaucoup le Japon, et y avait été régulièrement afin d'écrire de nombreux articles sur la gastronomie. Elle était une journaliste culinaire qui soufflait le chaud et le froid sur les restaurants de Frisco, si elle en recommandait un alors on pouvait y aller les yeux fermés et à contrario si elle faisait une critique négative sur un autre, le restaurant voyait sa cote baisser dangereusement.

Tanya me questionna sur l'avancée de l'affaire, je lui répondis qu'il fallait que j'aille interroger une certaine Jane Fanning.

— Fais gaffe, Bells, elle, c'est une vraie garce m'interrompit Vicky l'air grave.

— Comment ça? Sourcillais-je

— J'ai déjà entendu ce nom, et c'est une espèce de femme d'affaires qui trempe dans des histoires pas nettes de réseaux étudiants… tout ça quoi. Elle est influente et elle a de l'argent.

— Mais elle n'est pas au dessus des lois à ce que je sache!tonnais-je

Tanya me fit une tape apaisante sur l'épaule

— Ne t'en fais pas Swanny, je te couvrirais de toute façon, tu l'interroge pour le moment et on voit ce que l'on fait par la suite et si effectivement elle traîne dans des trucs louches, on avisera en temps voulu.

— Mouais bougonnais-je

Je n'étais pas emballée par ses gens qui se croyaient au-dessus de tout parce qu'ils avaient de l'argent et donc du pouvoir. Mais je n'en dis pas plus, peut-être que cette Fanning voudra bien coopérer, nous voulions simplement lui poser des questions.

Je repartis vers 23.30 chez moi, j'étais toujours détendue après avoir vu Tanya et Vicky, c'était les personnes les plus proches de moi. Fumant ma cigarette en écoutant, Paradise City des Guns n' Roses, c'est ainsi que ce finit ma soirée.


J'espère que ça vous a plu, j'essaye de faire attention aux fautes de frappes et de grammaires mais je n'ai pas des yeux de lynx alors pardonnez moi si il y a des choses qui vous font saigner des yeux. *distribution de mouchoirs au cas ou*

Je pense arriver à faire ce que je veux de cette histoire, même si ça peut paraître farfelus ou "trop" ou pas assez d'ailleurs, j'essaye de rester crédible et d'y ajouter quelques scènes de vie pour ne pas seulement faire une enquête mais rajouter un peu d'humanité à mes personnages si je peux dire?

Merci encore et puis vous savez ou me trouver pour papoter ! :)