Bien le Bonsoir!

Le chapitre est enfin là! Je suis désolée du retard de publication mais... la vie, les occupations et autre truc d'humain ont eu raison de mon temps. Pour me faire pardonner, il est un peu plus long que d'habitude. (Ni prenez pas trop goût je ne garantie pas de la longueur de mes chapitres xD). Je suis plutôt fière de ce chapitre mais ça c'est à vous de me dire si j'ai raison ou tort de l'être!

Je vous laisse le loisir de le lire et puis on se retrouve en bas!

Merci de continuer à me soutenir en m'écrivant pour me donner votre avis et puis en me lisant tout simplement.


Chapitre: 5

Baltimore:

Ce n'était pas la première fois que Sulpicia et Aro étaient convoqués à l'école Thomas Johnson Elementary School, les jumeaux, qui avaient maintenant sept ans, semaient régulièrement la zizanie, exaspérant leurs professeurs en jouant de leur ressemblance. Rien de bien grave, mais la directrice, Shelly Cope, une femme énergique qui en avait pourtant vu d'autres, alertait de plus en plus les parents sur les facéties de « ces deux petits chenapans ». Elle reconnaissait tout de même que les deux gamins étaient futés, de bons élèves et qu'ils étaient attachants.

Séparément, ils étaient des anges. Ensemble, ils prenaient des allures de petits diables.

Sulpicia et Aro promettaient de sévir, les sermons n'ayant aucun effet, mais en réalité, ils ne prenaient pas très au sérieux les farces de leurs fils. Se faire passer l'un pour l'autre, échanger leur place dans leur classe respective (on avait jugé préférable de les séparer)… Tout ça n'était au fond qu'un jeu sans gravité. Préférant y voir l'expression de leur vitalité d'enfants et de leur complicité. Après tout, ils faisaient ça à la maison sans que cela porte à conséquence.

Cette fois-ci, c'était différent, les parents avaient tenté de dédramatiser, après que la directrice leur eut raconté ce qu'il s'était passé, mais au vu des faits reprochés aux jumeaux, ils n'avaient eu d'autre choix que de s'incliner.

Pendant la récréation, en entrant dans les toilettes, Brady Fuller, un petit garçon de 3rd grade (CE2), avait été frappé au visage d'un coup de poing violent par un des jumeaux, puis poussé dans une des cabines. A travers la porte, son agresseur lui avait intimé l'ordre de rester là sans essayer de sortir, sans dire un mot ni appeler au secours, « sinon, je te tue », l'avait-il menacé. Le petit garçon avait eu tellement peur surtout avec ce mot « tue », il avait été prononcé avec tellement de haine qu'il avait obéi sans discuter. Les élèves étaient tous partis dans leur classe, l'instituteur ne s'était pas rendu compte immédiatement de son absence et Brady n'avait été découvert qu'en fin de journée par une dame de service. Il était prostré dans les toilettes, en larmes et si apeuré qu'il avait d'abord refusé de désigner le coupable.

« Nous avons dû faire appel à la psychologue scolaire et faire venir les parents. Le pauvre petit garçon était tellement traumatisé que nous voulions presque l'envoyer aux urgences. Inutile de vous dire dans quel état sont ses parents, poursuivit la directrice. Ils menacent de porter plainte contre l'établissement. J'ai réussi à les calmer en leur promettant de faire la lumière sur cette affaire. Et j'y suis parvenue, Brady a fini par me dire qui l'avait agressé.»

— Comment pouvez-vous être certaine que ce garçon ne ment pas? Nos enfants ne sont pas méchants! s'offusqua Aro. Certes ils sont un peu turbulents mais ils n'ont jamais été malveillants!

— Monsieur et madame Volturi, Brady ne m'a pas menti, je vous l'assure, il était trop bouleversé pour le faire.

— Il y a peut-être eu un différent entre eux, tenta Aro. Ce ne serait pas la première fois que des gamins se chamaillent…

— Non, malheureusement, je suis désolée, mais il semblerait que cette agression soit purement gratuite. Ils ne sont pas dans la même classe, Brady est plus jeune, et les connaît à peine. Pardonnez moi cette question mais est-ce que vous vous disputez beaucoup à la maison et ils réagissent à l'école à cause de ça? Peut-être il faudrait envisager de les faire voir un psychologue ou un pédopsychiatre?

— NON! s'écria Aro en serrant les poings, je vous répète Madame, nos enfants ne sont pas méchants,dit-il en se calmant. C'est vrai que c'est déroutant, ils ont du mal à intérargir avec les autres enfants à l'école, ils passent beaucoup de temps ensemble. Et pour répondre à votre question, on se dispute de temps en temps mais quel couple n'a pas de petites querelles?

Il marqua une pause, pour reprendre contenance, sourit puis continua.

— Nous avons vu des spécialistes de la gémellité, vous savez, ce n'est pas évident d'élever des enfants alors quand on en a deux en même temps. Ria-t-il dépité. La directrice affirma de la tête en signe de compréhension. Les spécialistes nous ont dit de ne pas nous alarmer et que l'on était un peu trop soucieux.

Aro commença à réciter ce que les spécialistes avaient expliqué sur les liens « si particuliers » qui unissent les jumeaux quand il fut coupé dans son récit.

— Lequel des deux l'a frappé? Intervint Sulpicia d'une voix tremblante.

— Comment ça, lequel des deux? S'emporta Aro. Tu ne crois quand même pas… Il ne pu finir sa phrase tant l'émotion l'étreignait.

— Je suis incapable de vous le dire poursuivit gravement la directrice.

Elle avait fait venir les jumeaux dans son bureau expliqua-t-elle. « Chacun de vos enfants a nié avoir agressé Brady mais aucun des deux n'a accusé l'autre. Je n'ai pas pu en savoir plus. Peut-être aurez-vous plus de succès », conclut-elle avec sévérité. Faute de quoi, si vous n'arrivez pas à trouver une solution, je serais contrainte d'expulser vos enfants en cours d'année.

Ce que Shelly Cope ne leur dit pas, c'est qu'elle avait trouvé les jumeaux étrangement calmes, nullement troublés. Et ne se sentant encore moins fautifs. Félix et Alec étaient complètement indifférents, comme s'ils n'avaient rien à voir avec tout ça et surtout ils ne se souciaient en aucun cas de leur camarade.

Une fois rentrés à la maison, Sulpicia et Aro tentèrent de les faire parler, se déclarant prêts à accepter leurs explications puis leurs excuses, à faire preuves d'indulgence. Mais chacun des enfants se bornait à répéter que ce n'était pas lui en jurant, tout en refusant d'accuser l'autre.

A la suite de cet incident, les relations avec les enseignants et même avec les autres élèves, qui se tenaient à l'écart des jumeaux, se dégradèrent rapidement. Malgré les nombreux efforts des parents, leur promesse et les aller-retours à l'école après une énième convocation par la directrice parce que les jumeaux s'étaient battus, semaient la zizanie, continuaient leur farces… et d'autres facéties. La directrice mis à exécution sa menace et expulsa les enfants en milieu d'année.

Sulpicia et Aro se résolurent à chercher une école privée, les établissements publics aux alentours ne prenant pas d'élèves en cours d'année et surtout des élèves turbulents. Le directeur, qui avait connaissance du dossier quelque peu inhabituel des enfants conseilla au couple de leur faire passer un tests de QI.

Les jumeaux avaient obtenu des résultats, très largement au-dessus de la moyenne, ce qui ravirent les deux parents. Le fait que leurs enfants soient surdoués expliquait, à leur yeux, leurs comportements un peu divergents face à la norme. Et ils ne manquèrent pas de l'expliquer à leurs amis. Ils étaient fiers de leurs enfants, et oubliaient un peu vite ce qu'ils pouvaient faire ou dire. Malheureusement, c'était le calme avant la tempête.

San Francisco:

J'avais décidé de nager ce matin, encore une nuit remplie de cauchemars. Je n'ai pas à me plaindre, j'ai une belle vie mais parfois, le passé revient et malgré mes séances d'EMDR, je n'arrive pas à chasser ces cauchemars.

Au début j'étais sceptique avec ce qui pourrait être traduit par une désensibilisation et un retraitement par les mouvements oculaires. C'est une sorte d'hypnose où le traumatisme est retravaillé plusieurs fois afin de remplacer le souvenir, les odeurs, les sons et ce qui lui sont associés par une pensée positive afin de ne plus revivre le traumatisme.

Je continuais de laisser mon esprit vagabonder en nageant, ma vie était calme, je peux dire avec certitude que j'avais été un élève studieux et ambitieux. Je voulais allier mes deux envies, celle de servir mon pays et celle de sauver mon prochain. J'avais donc décidé de m'engager dans l'U.S. Air Force. À Dover dans l'état du Delaware, se trouvait l'Air Force Base où je pourrais rejoindre l'Armed Forces Medical Examiner System. J'étais persuadé d'avoir trouvé ma voie et d'en ressortir accompli. Je ne me suis pas vraiment trompé, j'ai appris beaucoup de choses et j'ai pu gravir les échelons.

Au début, on a tendance à minimiser l'impact des déploiements sur le terrain, puis à force de devoir réparer des blessures de guerre, faire la lumière en enquêtant sur les morts des soldats afin de pouvoir les rendre à leur famille, l'esprit, aussi fort soit-il commence à flancher. Et un jour, j'ai atteint le point de non retour. J'avais examiné un cas de violences sexuelles, ce n'est pas systématique mais il ne faut pas se leurrer, ça existe. On est loin de notre pays… parfois les soldats se croient tous permis et c'est la loi du plus fort… Je terminais de rédiger mes conclusions sur la victime, j'étais satisfait parce que j'étais persuadé que le dossier était en béton et qu'elle aurait gain de cause. - Je nageais de plus en plus vite, pour évacuer la rage qui remontait en même temps que la bile le long de ma trachée. - Quand j'ai appris l'issue de l'affaire… Les soldats qui avaient abusé de leur collègue, n'avaient même pas été inquiétés. On avait fait taire l'affaire parce que l'un deux était le fils du Colonel responsable de la mission et qu'il avait une grande influence au département de la Défense.

Cette jeune fille qui avait des rêves et qui avait choisi d'être « utile », s'est suicidée en rentrant au pays. Elle n'avait pas supporté d'être réduite au silence.

Une fois rentré, j'ai démissionné et je suis redevenu un civil. On a voulu m'en dissuader parce que j'avais atteint un bon grade et que d'après les bruits de couloirs, on allait me remettre une médaille. Je n'en avais rien à faire, depuis mon retour, je n'étais que haine et rage. J'avais été suivi par des psychiatres qui me disaient que c'était des symptômes courants pour ceux qui revenaient du front et que j'avais vécu des choses traumatisantes. Ce sont des conneries, ce qui m'avait traumatisé, mise à part ces corps déchiquetés, c'était la nature humaine.

Je sortis de la piscine, en me séchant, j'aperçus par une des baies vitrées du salon, ma sœur qui se trémoussait en riant aux éclats face à un Jasper qui la regardait avec amour. Heureusement que ma famille était là, après… cet épisode, j'ai fait le mort pendant une année et demie, ils ont été patient et ils n'ont pas posé de questions, du moins je crois qu'Alice aurait voulu mais elle ne l'a pas fait. Je secouais la tête pour chasser tout ça, ma nouvelle vie était ici et j'étais, la plupart du temps, heureux.

C'est en souriant que je rentrais à la maison. Je fis mine de couvrir mes yeux avec la main:

— Arrrrg vision d'horreur, dîtes moi que vous êtes habillés par pitié!

Ma sœur me lança un torchon à la figure en me tirant puérilement la langue.

— N'importe quoi, je montrais à Jazz la nouvelle chorégraphie pour le prochain défilé.

J'embrassais ma sœur sur le sommet de la tête et fit une accolade à Jasper. Je m'assis sur un des tabourets de la cuisine en piquant un toast dans l'assiette d'Alice.

— … ous …vez quoi de prévu au…nourd'houi. Dis-je en mâchouillant ma tartine

— On comprend rien à ce que tu dis Ed! Si tu veux communiquer, fais le mais intelligiblement sans avoir un truc dans la bouche Fit ma sœur exaspérée.

— V.o.u.s. a.v.e.z. q.u.o.i. d.e. p.r.é.v.u. a.u.j.o.u.r.d.'.h.u.i. Articulais-je en détachant chaque lettre.

Jasper ne se retint pas de rire, ce qui lui valut un regard menaçant d'Alice, accompagné d'un « pas de sexe si tu continues » et soudainement je regrettais de savoir lire sur les lèvres.

Je finissais mon jus d'orange, « bon je dois filer sous la douche, j'ai un nouveau cadavre tout chaud… ou froid – je rigolais mentalement de ma blague - qui m'attend ».

Je m'habillais ensuite d'un costume noir, d'une cravate assortie, Alice m'avait dit que ça me donnait un air de Men In Black et j'enfilais une paire de Converse. Je me regardais dans le miroir pour essayer de dompter mes cheveux, voyant que c'était peine perdue, je redescendais en sifflotant.

Les deux n'avaient pratiquement pas bougé, je leur fis un signe de la main en leur souhaitant une bonne journée.

In too Deep de Sum 41 résonna dans ma voiture. Je m'arrêtais prendre un café à emporter pour ensuite prendre la route vers Alameda.

J'arrivais devant un restaurant, le Mountain Mike's Pizza. Je connaissais l'établissement parce qu'ils servaient une très bonne pizza pepperoni.

Je passais la rubalise délimitant la scène de crime. Je parcourais des yeux la scène, les tables du restaurant n'étaient pas toutes dressées, il devait y avoir des employés qui déjeunaient et d'autres qui s'occupaient de la mise en place. Le service commençait à 11.00 d'après les horaires inscrits sur la porte. D'un côté de la pièce se trouvait un balai avec une serpillière, ce qui affirmait ma théorie qu'ils étaient en train de préparer le restaurant. Des agents de la scientifique s'occupait de prendre des photos et des prélèvements. Je regardais plus loin, à une table se trouvait mon cadavre, je fus coupé dans mon analyse visuelle par une jeune femme en pleurs.

— Monsieur, pouvez-vous faire vite, je dois encore gérer la fermeture du restaurant, les employés… Elle éclata en sanglots avant de continuer. Voilà, je suis arrivée ici vers 9.30 comme tous les jours, Mike faisait l'ouverture. Il avait son petit rituel de déterminer les recettes du jour et de lancer des petits défis aux employés pour les encourager à être employé du mois…

— Madame, vous devez…

Elle me coupa dans ma phrase, secouant la tête comme pour chasser les images, elle continua son monologue.

— Vous savez, mon Mike, c'est un bon gérant, il n'a pas trop aimé que le restaurant familiale soit racheté par une franchise… mais c'était le mieux à faire… - Je lui tendis un mouchoir – Elle le prit, se moucha et continua, je … je ne sais pas comment je vais faire sans mon Mike.

Je l'incitais à s'asseoir, la voir debout me faisait de la peine.

J'essayais tant bien que mal d'écouter son récit entrecoupé par ses sanglots quand je reconnu deux silhouettes passant la porte. La première, la plus imposante était celle de mon frère et l'autre… c'était l'Agent Swan qui au vu des éclairs que lançaient ses yeux n'était pas franchement ravie de me voir. Emmett quand à lui retenait un rire tonitruant. L'agent Swan était suivie de Rosalie qui leva un sourcil amusé dans ma direction. Les agents montraient leur badge pour accéder à la scène, l'employée du restaurant assise à mes côtés avait cessé de pleurer. Son regard passait des agents à moi dans la plus grande des confusions avant d'être saisie d'une révélation.

— Je… je … je suis désolée, un des policiers m'a dit qu'un agent allait m'interroger et… et dans la précipitation, habillé comme ça, je vous ai pris pour cet agent… Bégaya-t-elle, elle se leva et partie à toute vitesse.

Je fis un sourire désolé aux nouveaux arrivants, l'agent Swan n'avait pas décroché un mot et elle mordillait sa lèvre inférieure signe qu'elle se retenait vraisemblablement de me dire quelque chose. Emmett quand à lui me fit des grandes tapes dans le dos « Bah alors, fallait le dire Eddynouchet que tu rêvais d'être comme ton grand frère ». Rosalie le frappa doucement sur la nuque pour l'intimer de ne pas en rajouter. Je me raclais la gorge.

— Et bien … hum… écoutez agent Swan, c'est un malentendu, je m'apprêtais à commencer mon expertise quand cette femme m'a interrompu pour me parler. Dis-je pour être sûr de clarifier la situation.

— Au moins, vous avez pu noter quelque chose? Me dit-elle en éludant complètement

— Euuh… Le restaurant familial a été racheté par une franchise. Apparemment « Mike » était un bon gérant et les employés l'aimaient bien - Je montrais ma mallette – Bien je vais aller voir le corps pour vous donner des informations utiles! Je m'éclipsais pour aller enfiler ma tenue.

Pdv Bella:

Je le regardais partir maladroitement vers un endroit en retrait pour se changer. En arrivant sur la scène de crime ce matin, je m'attendais tout sauf à trouver le Docteur Edward Cullen en mauvaise posture avec un témoin. Pour être tout à fait franche, ni McCarty, ni Rosalie, ni moi n'avions voulu interrompre ce moment cocasse. C'est vrai qu'avec son costume noir, il ressemblait à un des nôtres.

Je l'observais de loin commencer son rituel. Il tournait autour du corps de Mike Newton, notre victime. Je me rapprochais un peu plus pour entendre ce qu'il disait.

— Voici Mike Newton, gérant de l'établissement, selon les témoignages il serait mort aux alentours de 9.30… homme caucasien, une trentaine d'années… Il regarda l'homme. Présence de petites tâches brunes sur le corps… Il passa ses doigts sur le ventre de la victime puis murmura un « hum hum intéressant ».

J'allais le questionner quand il reprit la parole.

— Sueurs, vomissures qui oscillent entre le verdâtre et le jaunâtre, il fit le tour du corps, ah et aussi sanguinolentes! Il nous regarda puis dit « aller c'est facile là… personne ne devine? ». Il retourna le corps, une odeur nauséabonde apparut subitement.

Je me cachais le nez comme je pus, cette odeur était répugnante.

— Ah… Diarrhée aiguë. Il remit le corps face à nous comme si de rien n'était. Alors on a un ou une gagnante du « qui va deviner la mort »?

En regardant McCarty pour avoir un peu de soutien, je vis presque les rouages se mettre en marche dans son cerveau, je soufflais d'exaspération, franchement qui fait ce genre de jeu.

— Empoisonnement. Répondis-je.

— Ding ding ding, voilà notre championne! Souriait Cullen Vous avez gagné une autopsie avec moi ce soir!

McCarty pouffa et j'entendis un « j'ai bien fait de ne pas trouver ». Pour ma part j'avais autre chose en tête.

— On sait qui a préparé sa nourriture? Est-ce que d'autres personnes en ont elles mangé? A-t-il mangé quelque chose de plus?

— Les prélèvements ont été fait. Je pourrais vous en dire plus lors de l'autopsie ce soir…

— Hum… McCarty et moi nous allons interroger les témoins et vous… je balayais la scène de crime de la main, vous faites ce que vous avez à faire… vos prélèvements, photographies… et autre… chose. Brédouillais-je.

Je tournais les talons en direction de notre première témoin, n'étant pas assez loin je pus entendre le Docteur Cullen dire « A ce soir Agent Swan ! »

— McCarty, tu fais une seule remarque et je demande à changer de binôme. Dis-je énervée. - Pourquoi il devait toujours faire quelque chose de … bizarre ce Cullen -.

— Belly Belly Belly, tu n'aimes pas ce rendez-vous galant?

Je lui tapais l'épaule du poing et grimaçais en me rendant compte que je mettais plus ridiculisée qu'autre chose. Il ria et c'est ainsi qu'on rejoingnit la témoin. On montra nos plaques avant, pour être sûr de ne pas créer de nouveaux un malentendu.

— Bonjour Madame, je voudrais vous poser quelques questions au sujet de Mike Newton.

Elle éclata en sanglot, McCarty lui tendit un mouchoir qu'elle prit.

— Mon… Mike… nous étions… nous étions mariés depuis douze ans… il m'avait fait sa demande après le lycée… Elle sanglota de nouveau.

— Prenez votre temps Madame Newton - McCarty va lui chercher un verre d'eau s'il te plaît – Je me raclais la gorge en attendant le retour d'Emmett, une fois revenu je poursuivais, je sais que c'est un moment difficile pour vous, mais est-ce que vous pouvez nous raconter votre matinée.

Elle inspira pour se donner du courage.

— Comme tous les matins, Mike vient plus tôt, il aide les employés à faire le ménage et il les encourage pour qu'ils puissent s'épanouir. Comme mon mari aime bien manger, il fait souvent des pauses grignotages et ensuite ils déjeunent tous ensemble avant l'ouverture. Mais ce matin, Chelsea, une de nos employées m'a appelé en me disant de venir parce que tout d'un coup lors du repas, Mike ne se sentait pas très bien. Elle marqua une courte pause en buvant un peu d'eau.

— Quand… quand je suis arrivée, il se plaignait de maux de ventre, il transpirait beaucoup… Gianna, une autre de nos employées m'a dit qu'il se plaignait d'avoir la gorge sèche malgré le fait qu'il buvait en grande quantité. Et puis d'un coup… il a commencé à délirer, il disait toutes sortes de chose qui n'avaient pas de sens… Puis… sa voix chancela et elle éclata en sanglots.

McCarty la rassura en lui disant qu'on avait notre temps et qu'on irait à son rythme. Elle reprit un peu contenance en maintenant qu'elle pouvait continuer son témoignage.

— Puis d'un coup il s'est mit à vomir violemment, puis il a eu des spasmes et il s'est écroulé sur la table… c'était… oh mon dieu… c'était horrible sanglota-t-elle.

— Est-ce que votre mari avait des ennemis, des dettes ou… je ne sais pas des problèmes qui vous viennent en tête? J'avais jugé qu'on avait assez d'éléments pour comprendre que c'était un empoisonnement.

Elle réfléchit quelques secondes.

— Non, non pas que je sache, Mike est apprécié dans le quartier, on a rien à se reprocher vous savez, on est peut-être un couple modeste mais on est honnêtes.

— Oui bien sûre, Madame Newton, on vous a assez importunée. Merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions et nous sommes désolés de vous avoir fait revivre… ces moments.

On salua la veuve avant de se diriger vers les deux autres témoins, Chelsea et Gianna. Toutes les deux nous confirmèrent se qu'avait dit Madame Newton. Elles avaient même rajouté qu'il était un « patron extraordinaire et que tous les employés l'appréciaient ».

— C'est quand même bizarre ce patron sans problème qui s'écroule au milieu du déjeuner… Ajouta McCarty une fois dans le SUV.

— Ouaip, puis un seul homme, un empoisonnement rapide, sans que les autres employés ne soient intoxiqués? Il était clairement la cible de quelqu'un et il va falloir savoir de qui. Tu as demandé les bandes vidéos de la caméra?

— Oui Belly Belly, je vais les apporter à Yorkie pour les analyser. Je me demande quand même pourquoi on nous refile de plus en plus les délits en ce moment? Me fit-il, il avait l'air préoccupé.

— Je sais pas trop, Eleazar dit que la SFPD est débordée et malgré leur nombreux postes de police, ils n'arrivent pas à couvrir toutes les affaires. Du coup ils nous en refile pour alléger.

— Et tu connais les bruits qui courent, paraît qu'il y a un manque cruel de coordination entre les différents services, puis avec les omissions de preuves et les pièces à convictions qu'ils égarent… C'est sûr que si j'étais eux je partagerais les tâches. Puis avoue le Swan, les Feds c'est les meilleurs. Ricanna-t-il en remettant ses Ray Ban joueur.

Je riais, les « Feds » ou les fédéraux, n'était pas les meilleurs mais en tout cas, on négligeait pas nos témoins. Si le SFPD n'arrivait pas à sortir la tête de l'eau… ça craignait.

La journée était passée en un éclair, après l'affaire du gérant de la pizzeria, nous étions rentrés au bureau pour continuer nos rapports et paperasseries habituels. On avait vu les bandes vidéos avec Yorkie, apparemment Newton avait reçu un livreur dans la salle arrière. On voyait à l'écran qu'il s'était fait livrer des Donuts.

La fin d'après-midi approchait, j'avais rendez-vous à la maison pour voir Angie. Elle m'avait téléphoné pour que l'on puisse « se faire un repas entre filles », ce qui voulait dire qu'elle avait du nouveau sur Fanning.

Avant d'arriver à la maison je m'arrêtais dans un café pour prendre des gâteaux et des boissons pour Angie et moi. J'attendais en écoutant Hello d'Adèle confortablement assise dans mon canapé.Après avoir écouté la moitié de l'album d'Adèle, Angie sonna à la porte. Elle s'appuya contre le comptoir de la cuisine pendant que je sortais les gâteaux et préparais les boissons achetées.

— Bella, j'ai réuni ce qu'on avait jusque là. Dit-elle frénétiquement.

Je l'invita à s'asseoir sur le canapé pour être plus à l'aise. Elle piqua dans les gâteaux en soupirant d'aise avant de commencer.

— Arrg je vais devenir énoooorme à force de grignoter toutes ces gourmandises. Fit-elle joyeuse en reprenant des gâteaux. Elle s'essuya les mains avant de sortir un gros dossier de son sac.

Je la questionnais du regard en portant ma tasse à mes lèvres.

— Voilà tout ce que l'on a pu réunir, accroche toi bien, ça va être croustillant!

Je pris des mains la première fiche, c'était sur le directeur de Find Your Candy. J'écarquillais les yeux.

— Alors, t'as vu c'est pas un petit morceau qu'on a là!

Je continuais ma lecture en feuilletant le reste du dossier, j'étais sidérée par la tournure que prenais cette histoire. Je pris une longue inspiration avant de prendre la parole.

— Tu veux dire, que depuis tout ce temps, le site n'a jamais pu être fermé?

— Hin Hin… Les poursuites ont toutes été classées sans suites, parfois, même pas commencées…

— Pourtant tu as vu comme moi les plaintes de ces mineures? M'énervais-je

— Oui oui… j'ai essayé de contacter les anciennes escort, celles qui étaient mineures à l'époque des faits et les autres, tiens toi bien, elles ont toutes sans exception retiré leur plaintes. Quelques unes sont carrément revenues sur leur témoignage, et les autres qui ont pu me parler m'ont dit qu'elles avaient eu une compensation financière contre leur silence et m'ont bien fait comprendre de ne pas les recontacter. Que cette « page de leur vie » était tournée. Malgré la frénésie dont elle faisait preuve pour m'expliquer tout ça, je voyais bien qu'Angie avait le même sentiment désabusé que moi.

Elle reprit la parole en me montrant le dossier du directeur du site.

— Et lui, c'est le pompon, je ne comprends pas comment il a pu s'en sortir.

— Ce genre de site, c'est très compliqué de les poursuivre, généralement, ils ont une bande d'avocats très calés… Je repris après avoir réfléchi, de plus, ils sont très hypocrites, même si ils nient le fait qu'il s'agit de prostitution et interdisent les discussions liées à une tarification sur leur plateforme… alors qu'ils savent très bien ce qu'il se passe hors-ligne.

— C'est vrai que l'inscription se fait comme un site de rencontre classique… enfin j'ai vu qu'ils demandaient le sexe, l'âge, des photos et la profession… rien qui sort de l'ordinaire. Confirma Angie. Elle fronça les sourcils, signe d'un conflit intérieur certain. J'ai souligné quelque chose en revanche, même si on ne parle pas de transactions, on peut faire des « cadeaux virtuels » pour briser la glace. Ainsi tu peux stocker des crédits sur ton compte à utiliser, un peu comme ces jeux virtuels.

Je la regardais en lui intimant de poursuivre, j'étais très intéressée par ce détail qui pourrait nous servir.

— J'ai vu sur certains profil, il y a une icône en forme de sucette. - Je roulais des yeux, c'était d'un cliché – Je me suis renseignée, c'est comme une codification, plutôt enfantine pour te notifier que ce profil est « un gros lot », une promesse de gain en somme. Finit-elle écoeurée.

Je balayais de la main un endroit invisible dans la pièce,

— Tout ça, c'est ni plus ni moins de la « prostitution déguisée » Angie, ce genre de site profite de la misère économique d'étudiantes, enveloppe tout ça dans un beau papier-cadeau du genre, « ce soir vous serez la princesse de votre vie, qui n'a jamais rêvé d'être gâtée ? », et ces filles en manquent d'argent, ou en rupture familiale, voient seulement le haut de l'iceberg, c'est à dire ce faire des milliers de dollars en une soirée. Et en calculant, elles savent qu'elles peuvent parfois même rembourser leur frais de scolarité intégralement en quelques mois. Même si, il y en a qui préfère arrêter leur études pour se consacrer qu'à cette activité, je savais qu'il y avait tout de mêmes une infime partie qui aimait ça.

Angie me montra une coupure de journal, on y voyait le créateur du site, je pus y lire ce qu'il avait à dire sur le sujet: « Nous ne faisons rien d'autres que de mettre en relation des gens qui n'ont pas peur d'être honnêtes et d'énoncer ce qu'ils désirent sans faux semblants. Il s'agit bien de relations romantiques entre deux personnes qui posent leur conditions, nous n'avons pas à faire la police et à contrôler la façon dont les gens conçoivent leur relations ». Je serrais les poings en continuant ma lecture. « Les femmes cherchent des hommes puissants, intelligents et brillants. Nous répondons simplement à la demande de ces femmes qui recherchent de l'attention, des beaux bijoux et une vie de luxe, en les mettant en lien avec leur prince charmant, des hommes d'expériences, aisés qui eux, cherchent surtout de la compagnie, c'est l'incarnation moderne de Cendrillon, la libération féminine voilà tout ».

Je posais sévèrement le journal, j'étais en colère et sidérée par ses propos. Angie posa la main sur mon épaule pour me calmer.

— Je pense comme toi ma Belle, mais on va trouver un moyen, cette fois-ci, la mort de cette gamine a relancé les dés et grâce à ton enquête j'espère que ça pourra servir d'exemple et que ce genre de site n'ait plus lieu d'être.

Je regardais ma montre, il était maintenant 19.45, Angie qui avait regardé aussi, se leva.

— Je dois y aller, Ben m'attend. Je te laisse le dossier si tu veux le peaufiner. Elle me fit une accolade amicale.

— Bye Angie, merci… pour ça lui dis-je en montrant le dossier. Je crois que ça va m'aider à y voir plus clair et je vais regarder ça de plus près pour essayer de voir si je peux le relier à mon enquête. Je dois moi aussi sortir.

— Oh? Un rendez-vous, petite cachottière je ne pensais pas que tu voulais passer du bon temps. Sourit-elle conspiratrice.

— Oula, oula non non, ce n'est pas ce que tu crois, je dois aller à l'institut médico-légal.

— Je… je ne te savais pas si désespérée… Bella… nécrophile… Quand même tu abuses… Fit-elle avec une moue dégoûtée.

J'écarquillais les yeux en la poussant gentiment de l'épaule.

— Arrrrg Angie t'es pas croyable, je chassais les images dans ma tête. Erg c'est dégoûtant. Fis-je la tête déconfite.

Angie rigolait toujours de sa blague.

— Mais peut-être que le médecin légiste est beau? Dit-elle innocemment.

— Hein? Non pas du tout… pas mon genre. Eludais-je.

Si mon nez avait pu s'allonger, je pense qu'il serait aussi grand que le Golden Gate Bridge. Angie ne dit rien même si je voyais bien à la lueur dans ses yeux qu'elle ne « laisserait pas tomber » facilement ce sujet là. A croire que mes amies avaient lancé un collectif « il faut sauver l'agent Swan avant que le célibat ne la tue ». Une fois qu'elle était partie, je rangeais un peu le bazar sur la table, j'allais dans mon bureau placer le dossier dans mon coffre. Ce n'était pas la peine de laisser traîner ça.

Je me dirigeais vers ma Mini en fumant une cigarette. Une fois dans ma voiture, j'enregistrais l'adresse du bureau du coroner du Comté d'Alameda. C'était pas loin à Oakland mais je n'avais pas le trajet en tête. Je m'engouffrais dans la circulation, Perfect de Simple Plan en fond sonore.

Une demi heure plus tard j'arrivais à destination. La nuit était tombée entre temps. Je montrais ma plaque à l'entrée et allais garer ma voiture. Je frissonnais en sortant, j'aurais du mettre une veste plus chaude que mon bomber, ou peut-être un pull sur mon t shirt noir.

Je me dirigeais vers le bureau du Docteur Cullen, il y avait de grandes bibliothèques tout le long d'un mur, avec une petite échelle pour accéder aux étages les plus hauts, un squelette avec un nœud papillon trônait sur le côté du bureau. Vers la droite se trouvait la salle d'autopsie moderne. Je rentrais en frappant pour signaler ma présence. Après avoir entendu un « Entrez c'est ouvert » , je pénétrais dans la salle. Je m'attendais à tout sauf à être saisie par une odeur de … de plats asiatiques!?

Je vis passer le Docteur Cullen qui roulait sur son fauteuil.

— Venez, j'ai préparé la table, j'ai pensé que vous auriez faim alors j'ai commandé chinois, ça vous convient ? Fit-il en me montrant la table qui ressemblait plus à un buffet fumant.

Je restais un instant interdite devant ce spectacle.

— Euh non merci, je n'ai pas vraiment faim.

Il picora dans ce qui semblait être du bœuf aux oignons avec des nouilles sautées quand mon ventre émit un gargouillis sonore.

— Pas vraiment faim ? Dit-il en levant un sourcil espiègle.

Je bredouillais quelque chose d'inintelligible en insultant mentalement mon ventre.

— Venez manger un bout, on aura tout le temps pour le compte rendu de l'autopsie, je vous ai épargné l'ouverture du corps!

C'est vrai que ce n'était pas la première ni la dernière ouverture de corps que je faisais mais comment dire, je n'étais pas une grande fan des viscères exposées au grand jour. Puis l'odeur qui accompagnait généralement l'ouverture… j'étais contente d'échapper à ça aujourd'hui. Je me servais un peu de canard laqué et de poulet croustillant avec du riz. Je devais reconnaître qu'il avait de bons goûts en matière de cuisine. J'émis un gémissement de satisfaction. Il se racla la gorge, je décidais d'engager la conversation pour ne pas laisser un silence gênant s'installer.

— Vous n'êtes pas de Frisco n'est-ce pas? Enfin je ne connais pas tout le monde, mais à force, on finit par voir des visages familiers, surtout en tant que médecin légiste, il n'y en a pas non plus des centaines.

Il fit un sourire qui pour la première fois n'atteignit pas ses yeux.

— Mes parents sont originaires respectivement de Seattle et de Chicago. J'ai pas mal voyagé pendant mon cursus scolaire, mon dernier travail était près de Philadelphie.

— Philly… Vous êtes partis là-bas sur les traces de votre idole Rocky Balboa? Répondis-je amusée.

Cette fois-ci il éclata d'un rire franc.

— Non non, je suis plutôt Indiana Jones que Rocky… Et vous?

— Je dirais que je préfère Lara Croft…

Il ria de plus belle,

— Excusez-moi ma question était mal posée, d'où venez-vous?

— Aaaah… hum je suis née à Phoenix dans l'Arizona, après Yale et Harvard, je suis allée à Quantico puis me voici à Frisco depuis un moment déjà.

— La Ivy League hein… Fit-il admiratif. Et vos parents?

Je piochais dans les plats devant moi avant de répondre.

— Ma mère est restée à Phoenix avec mon beau-père qui est un joueur de Baseball. Et mon père était shériff dans une petite ville.

Si il tiltait sur l'utilisation du passé pour mon père, il ne fit aucune remarque et je le remerciais intérieurement pour ça, pas que ce soit un sujet tabou ou un traumatisme, mon père était mort en poursuivant un dealer. Ils s'étaient engagés dans une course poursuite qui avait terminé dans un virage en haut d'une falaise. Mon père et le dealer étaient morts tous les deux. J'étais petite et puis je n'avais jamais vraiment vécu avec lui , mes parents avaient divorcés avant ma naissance.

Le Docteur Cullen se leva et s'étira avant d'aller à son bureau prendre ce que je supposais être le rapport de l'autopsie. Je m'essuyais la bouche avant de le suivre.

— Si je vous dis Madame Bovary… Fit-il énigmatique.

— Flaubert? bredouillais-je. Ne voyant pas très bien où il voulait en venir.

— Mais encore… Dit-il en me regardant plus intensément.

Je farfouillais dans ma mémoire essayant de ne pas me laisser distraire par ses beaux iris d'un vert profond. Un sourire illumina mon visage en me souvenant qu'il avait parlé d'empoisonnement ce matin.

— Arsenic?

Je savais que l'arsenic avait été utilisé dans l'histoire pendant très longtemps. La famille Borgia avait utilisé cet ingrédient pour leur poison la cantarelle, mais aussi de la « poudre de succession » qui, lors de l'affaire des poisons à la cour du Roi-Soleil, servait à éliminer maris et parents pour toucher un héritage.

— Bravo je n'en espérais pas moins pour quelqu'un diplômé de deux des écoles de la Ivy League! Fit-il joueur.

Je souriais malgré moi, je commençais à apprécier ces petits jeux que je trouvais enfantins et inappropriés ce matin.

Il reprit sérieusement en se raclant la gorge.

— A l'autopsie, j'ai pu retrouver une rougeur diffuse avec tuméfaction de tout le tube digestif, la muqueuse gastrique présentait des zones de congestion très intense et était recouverte d'un mucus épais sanguinolent. Il y avait aussi des signes de déshydratation intense. En plus des constatations effectuées lors de la levée du corps. Il marqua une pause pour énumérer les signes: vomissements, diarrhées, apparition de petites tâches brunes sur tout le corps… et avec les témoignages récoltés sur la scène, cela confirme l'empoisonnement. C'était un homme en surpoids et d'après l'examen du corps, ses organes étaient fragilisés à cause de son taux de sucre et de gras excessivement élevés. Il ne souffrait d'aucune maladie qui pourrait déclencher une telle prise de poids, comme un dysfonctionnement de la thyroïde ou du diabète… Je pense qu'il était simplement un homme qui aimait manger et qui n'avait pas de limitation vis à vis de ça.

Je réfléchissais avant de demander:

— Vous savez où se trouvait l'arsenic?

— Vraisemblablement -il tourna quelques pages - d'après les prélèvements, ça serait dans des donuts.

Une lumière s'alluma dans mon esprit, donc les donuts qu'il s'était fait livrer étaient empoisonnés? Ou quelqu'un les avait empoisonné par la suite? Je devais demander demain à Yorkie d'analyser les caméras extérieures et de contacter l'entreprise des donuts pour savoir qui avait fait la livraison.

— Hum, merci… pour le rapport et le dîner… C'était très bon. Dis-je en souriant.

— La porte est toujours ouverte si vous voulez d'Alfred et moi comme compagnie. Répondit-il avec son sourire en coin. Je ne sais pas si c'était la soirée, la fatigue ou autre chose, mais tout d'un coup je ne le trouvais pas si mal ce sourire.

— Alfred? Questionnais-je en regardant autour de moi

— Bin oui Agent Swan je vous présente Alfred, fit-il,avec le plus grand sérieux, en me désignant le squelette portant un nœud papillon.

— Ah… Euh… et bien enchantée Alfred. Répondis-je confuse.

— Voyons Agent Swan, vous ne connaissez pas Batman?! Je suis déçu c'est un classique! On ne peut pas faire partie de la Ivy League et connaître les DC Comics…

— Hey! fis-je offusquée, pour ma défense, je suis plutôt Marvel! Et puis quand quelqu'un vous parle « d'un Alfred » vous ne pensez pas directement à Batman. A moins que vous soyez un peu geek sur les bords…

— Arg touché s'exlama-t-il la main sur le cœur. J'ai grandi avec Emmett alors tout ce qui se rapproche de près ou de loin aux super héros et super vilains… Enfin passez une bonne soirée Agent Swan, Alfred sera content de vous revoir à l'occasion.

Je sortais de son bureau, je repensais à la soirée, je n'avais pas imaginé finir ma journée comme ça, j'avais pu découvrir un peu le Docteur Cullen. Je me remémorais ce que m'avait dit Rose, qu'il n'était pas « seulement un play-boy » et je dois reconnaître que la nouvelle facette que j'avais pu voir ce soir me plaisait bien. Je repris la route en direction de ma maison, la chanson de Billie Eilish – everything I wanted allait m'accompagner pour le retour.

Je fis un bilan de la journée en me douchant. Newton, n'était peut-être pas une « personne sans problème ». Angie avait donné du grain à moudre à mon cerveau, elle avait raison sur un point, la mort d'Irina Grace allait mettre sous le feux des projecteurs les sites sordides de rencontres entre Sugar Daddies/Babies. Puis je repensais au directeur du site, sa « transparence » cachait vraisemblablement quelque chose et puis Fanning était elle impliquée ou est ce qu'elle était simplement qu'un bouc émissaire? Et surtout qui était le directeur du site, Caïus Volturi. C'est sur ces interrogations que je m'endormis.


Ah oui je dois aussi vous dire qu'il y a des morceaux de musique un peu partout, j'aime beaucoup la musique donc je trouvais ça logique de partager aussi ça ^^ heureusement pour vous, vous n'avez pas à les écouter si vous n'aimez pas.

Promis pour le prochain, j'essaierais d'être dans les temps ! Prenez soin de vous.