Bonjour à tous! Me revoilà pour un nouvel OS BakuDeku!

J'espère qu'il vous plaîra!

Bonne lecture!

PS: MHA et ses personnages ne m'appartiennent en aucun cas.


La vérité du bras de fer


Ce matin-là, la pluie torrentielle coulait à flot et le vent violent et glacial qui l'accompagnait faisait des ravages à travers toute la ville et les forêts aux alentours. Il faisait sombre et la seule luminosité présente venait des habitations où se réfugiaient les familles prises au dépourvues. Bien évidemment, une tempête était à prévoir.

Alors que les quelques étudiants de l'Académie Yuei se ruaient à l'intérieur de l'institut pour se mettre à l'abri, les professeurs décrétèrent l'interdiction de sortir avant la fin des intempéries. En effet, la situation était telle que le principal de l'école ne voulait pas risquer la vie et le bien-être de ses élèves dans ces conditions climatiques.

« C'est complètement débile ! Pourquoi on n'a pas le droit de sortir ? On est des super héros, oui ou non ?! » La voix menaçante de Katsuki résonnait dans le réfectoire où s'étaient réfugiés les apprentis de la seconde A.

Bien sûr, ils n'étaient pas confinés à une seule pièce, bien au contraire. Il pouvait se déplacer où ils voulaient à l'intérieur de l'école, à l'unique condition de ne pas chercher un moyen de s'enfuir.

« Nous ne sommes que des apprentis, Bakugo, pas des pros… » Todoroki avait répondu au blond avec une pointe de mépris. Il l'observa avec dédain de l'autre côté de l'immense table rectangulaire où chaque membre de la classe s'était réuni. Derrière celle-ci, une énorme baie vitrée donnait vue sur la cour inondée de l'académie où on pouvait apercevoir et entendre de plus en plus d'éclairs se rapprocher.

Ce décor accentuait la tension qui était déjà électrisante dans l'air, surtout que le ton prit par Shoto n'avait pas du tout plus à Katsuki.

« Tu me cherches, double-face ? Je pourrais te cramer l'autre partie du visage, peut-être que ça te remettra les idées en place, hein ?! » Comme à son habitude, Katsuki cherchait à mettre le fils d'Endeavor en rogne, et aujourd'hui, il semblerait que cela ait marché.

« Ah oui ? Essaye un peu pour voir… » La main droite de Todoroki était cachée sous un épais amas de glace tandis que sa main gauche brûlait des flammes de son père. La tension était palpable entre les deux jeunes alors que Bakugo sentais son excitation monter.

« Arrêtez tous les deux ! SI on se fait prendre on va encore se faire engueuler à cause de vous ! » Yaoyorozu s'était interposée entre les deux rivaux qu'elle trouvait particulièrement immature dans cette situation.

Elle fut rapidement soutenue par Uraraka, Midoriya et tous les autres, qui souhaitaient retrouver une atmosphère plus paisible, surtout qu'ils n'étaient pas près de sortir. Il allait probablement falloir qu'ils se supportent toute la journée.

« C'est lui qui a commencé, mais soit, je suis d'accords. » Les pouvoirs de Shoto se dissipèrent alors qu'il reprenait place confortablement sur sa chaise.

« J'en ai pas terminé avec toi ! » Alors que Bakugo allait bondir sur son rival, Kirishima l'arrêta net en lui attrapant, avec force, le bras droit. Le regard noir du blond s'était redirigé sur lui alors qu'il arborait un sourire des plus innocents.

« Qu'est-ce que tu crois faire là ? Ça te fait rire en plus ? » Katsuki essayait tant bien que mal de se substituer à la prise de son collègue de classe, mais sans succès.

« Et pourquoi pas faire un concours de bras de fer ?! Au moins ça fera passer le temps, et puis en plus, certains pourront régler leurs comptes… » Le jeune aux cheveux rouges flamboyants et ébouriffés suggéra d'apaiser les tensions grâce à un jeu plutôt simple en apparence, mais qui pourrait également contenter les têtes brûlées comme Bakugo.

En revanche, il ne s'attendait pas vraiment à ce que tout le monde soit d'accord avec ce qu'il proposait, et pourtant, les visages de ses amis semblaient prouver le contraire.

Même le blond, qui avait relâché la pression de son bras, semblait s'être calmé.

« Tu sais quoi ? Je pense que ce serait une excellente idée ! » Izuku, le dos contre la vitre et les bras croisés, semblait enchanté à l'idée de faire autre chose qu'attendre la fin de la tempête.

« En tant que délégué de la 2nd A, je valide ta proposition, Eijiro. Est-ce que l'un de vous souhaite ajouter quelque chose, comme une condition ? » C'était au tour de Tenya de prendre la parole d'une manière fière et autoritaire, comme il le faisait habituellement pour asseoir son pouvoir.

Il balaya rapidement du regard ses camarades de classes alors qu'il attendait l'intervention de l'un d'eux.

Plusieurs secondes passèrent alors que personne ne prit la parole. L'affaire semblait être réglée.

« Très bien, dans ce cas, nous - » Prêt à donner ses directives, le délégué fut interrompu abruptement par Katsuki, qui s'était mis debout sur la table du groupe afin de mieux se faire comprendre par ceux qui l'entouraient. À ce moment précis, un éclair s'écrasa violemment dans un vacarme pas possible dans la cour, juste derrière le jeune homme, comme un avertissement.

La pluie s'était intensifiée et le souffle du vent se faisait entendre près de la vitre.

« Je propose pour pimenter ce jeu, que tout le monde sait que je vais gagner vu que je suis le meilleur, d'ajouter une contrainte pour celui qui perd. » Alors qu'il regarda chacun des membres de sa classe, en s'arrêtant sur Deku, son rival de toujours, il avait un sourire narquois sur les lèvres.

« Très bien, dans ce cas, nous t'écoutons. Quelle serait cette 'contrainte' ? » Tenya lui répondit, très franchement, n'ayant pas aimé se faire interrompre quelques secondes auparavant.

« Celui qui perdra devra révéler à tout le monde son secret le plus profond ! » Alors qu'un autre éclair avait retenti, tous furent surpris par Katsuki, qui avait choisi une condition finalement pas si terrible et plutôt même intéressante.

Enfin, tous sauf Deku. Lui, il savait très bien pourquoi son ancien ami d'enfance avait choisi cette contrainte, et surtout pourquoi il l'avait regardé en dernier alors qu'il l'annonçait. C'était encore une fois une façon pour lui de le blesser psychiquement.

Son secret le plus profond, il fallait que personne ne le sache, où la perception de ses amis sur lui changerait à jamais. En tout cas, c'était ce qu'il pensait.

Alors que tout autour de lui semblait s'être accéléré, Midoriya fut ramené à la réalité par nul autre que Katsuki.

« Les autres sont déjà partis dans la classe pour le concours. Tu devrais te dépêcher si tu veux pas que tout le monde sache ton secret, le nerd ! » Katsuki se moqua pleinement de son rival, qui avait placé, il y a très longtemps, sa confiance en lui pour garder son secret. Il savait pertinemment que s'il mentait pendant l'épreuve, il ne se gênerait pas pour le faire savoir.

Alors qu'un voile sombre passa sur le visage d'Izuku, il dépassa le blond avant de s'arrêter un peu plus loin. Sans même se retourner pour lui faire face, il lui cracha tout le fond de sa pensée.

« Tu sais quoi Katchan ? T'es qu'un vrai connard, tu le sais ? » Vexé par cette injure, Bakugo était prêt à riposter contre son rival, et c'était ce qu'il avait fait.

« C'est ce qui fait mon charme, tu crois pas, Deku ? » Sur un ton presque condescendant, il s'était rapproché de l'héritier d'All Might, en plaçant une main sur son épaule. Cela fit sortir le jeune aux cheveux de jade de ses gonds.

« Va te faire foutre ! » Sans plus attendre, il se dégagea de l'emprise de son rival, puis prit la direction de la salle de classe de la seconde A.

Bakugo, quant à lui, avait un grand sourire, presque hystérique, sur son visage.

« Je sens que ça va être drôle ! » Il marcha avec lenteur dans la direction qu'avait pris Deku, scellant presque le destin de ce dernier.

Plus tard, dans la matinée, après que tout avait été mis en place dans la classe qui avait été aménagée pour l'occasion, Deku sentait de plus en plus la tension monter en lui.

Le professeur principal, Aizawa, avait donné son autorisation pour ce petit jeu alors que le jeune homme aurait préféré un refus de sa part. Cela l'aurait sans doute soulagé de savoir que son secret resterait à jamais à l'abri alors qu'actuellement, il était en passe d'être révélé.

En effet, il avait été conclu que l'utilisation des alters seraient prohibés car ils conféraient un avantage considérable à ceux dont le pouvoir était physique comme Bakugo, Kirishima ou bien même Deku.

Malheureusement, ce dernier avait tout misé cette dernière heure sur l'utilisation de son pouvoir, alors le fait de le savoir interdit était un coup-bas très dur à encaisser.

À l'extérieur, ni la pluie, ni le vent et ni les orages ne s'étaient atténués. La situation dans laquelle se trouvait Izuku était implacable et il s'attendait malheureusement au pire.

« Bon maintenant que tout est prêt, on va pouvoir commencer ! » Tenya, grattant l'arrière de son crâne, rassemblait tous les élèves dispersés un peu partout dans la salle.

Alors que Deku était tout seul, assis devant son établi de travail, la voix de son camarade et ami le fit stresser plus qu'autre chose. Sa pression monta de façon exponentielle alors qu'il se déplaça presque mécaniquement jusqu'au milieu de la pièce, où se situait la table du bras de fer.

« C'est pas trop tôt, on a failli attendre deux heures ! »

« Ce n'est pas de ma faute, Bakugo. Il fallait tout préparer et prévenir le prof avant de commencer, sinon, on aurait pu avoir des gros ennuis. » La nonchalance de Tenya à l'égard du blond était très forte. Après tout, c'était lui le délégué donc c'était lui le responsable.

« Tch… » Cette fois-ci, il n'avait pas répliqué comme tout le monde s'y attendait. Au lieu de cela, il faisait preuve d'un calme presque religieux, c'était vraiment très étrange venant de lui.

D'un simple regard dans la direction de son rival, Deku se sentit très mal intérieurement. Ce caractère était clairement le résultat de la situation dans laquelle le jeune homme se trouvait. En fait, il pensait même que son ancien ami prenait du plaisir à le terroriser alors qu'il ne lui avait jamais rien fait de mal.

« Ok, comme Tenya vient de le dire, tout est prêt ! Nous allons donc annoncer les différentes manches qui vont avoir lieu. » Ochaco était la co-responsable de l'évènement avec le délégué, et elle semblait vraiment excitée à l'idée d'y prendre part.

Izuku aurait aussi très certainement apprécié ce jeu s'il n'y avait pas cette satané contrainte, mais c'était le cas, et il allait devoir faire avec.

Il jeta un rapide coup d'œil à ses autres amis, mais son corps s'était paralysé en voyant que son camarade, Eijiro Kirishima, le fixait étrangement du regard. Ce qui le dérangeait, ce n'était pas réellement le fait qu'il l'observe, non, mais plutôt ce que cela sous-entendait.

En effet, Kirishima traînait la plupart du temps avec Bakugo pendant son temps libre. Lui aurait-il dit à lui ? Lui aurait-il révélé son précieux secret qu'il pensait à l'abri ? Tant de questions taraudaient l'esprit de Deku, mais il fut vite ramené à la réalité par la douce voix d'Ochaco.

« Le tournoi se déroulera en trois phases : les quarts, les demies et enfin, la finale. » Uraraka jeta un coup d'œil entendeur à Tenya pour lui signaler qu'il pouvait poursuivre l'annonce. Il lui esquissa un léger sourire avant de reprendre son expression sérieuse sur le visage.

« Le premier bras de fer opposera donc… » Alors que le délégué était prêt à annoncer le premier affrontement, Deku, instinctivement, croisa les doigts de ses deux mains, priant pour ne pas en faire partie.

« … Eijiro contre Deku ! » Fini, c'était fini pour le jeune aux cheveux de jade. Il savait qu'il aurait dû affronter quelqu'un à un moment ou à un autre, mais son adversaire était Kirishima, un vrai condensé de muscle et de force physique. Il n'avait aucune chance de remporter la victoire face à lui.

« Je compte sur toi, Deku ! » Ochaco encourageait comme elle le pouvait son proche ami avec une légère tape sur l'épaule. Cela lui remontait un peu le moral en sachant que son ami croyait en lui, mais il n'essayait pas de penser à ce qui risquerait d'arriver entre eux s'il perdait ce match.

« T'as pas intérêt à perdre contre lui, abrutis ! » Katsuki avait frappé l'arrière du crâne du jeune aux cheveux écarlate alors que ce dernier ne s'y attendait pas.

« Qui sait que tu traites d'abrutis ?! » Comme d'habitude, les deux étaient à nouveau partis dans une bagarre d'égos. Il fallut quelques minutes avant que la situation ne revienne à la normale, grâce à l'intervention de Todoroki, qui ne s'était pas fait prier pour geler les deux idiots sur place.

Après que la glace ait fondue, le match pouvait finalement commencer.

« Hey Midoriya, faisons de notre mieux ! » Kirishima proposa une poignée de main de fair-play à son concurrent tout en lui faisant un grand sourire. Deku accepta, bien que frileusement, cette poignée de main, qui avait bien plus de valeur qu'il n'aurait pu penser.

Izuku ne pouvait s'empêcher de penser qu'il s'était peut-être un peu monté la tête et que, finalement, il n'était peut-être pas au courant de son secret. De toute façon, il était désormais résigné, cela n'avait plus vraiment d'importance. Même s'il réussissait contre lui, il finirait par se mesurer contre Bakugo, qui ne lui laisserait aucune chance.

Dans quelques instants, tout le monde sera au courant de qui il est réellement, et cela l'effrayait plus que tout.

« O..Ok ! » Avec le peu de confiance qu'il avait en lui, Izuru s'était assis à l'opposé de son adversaire, qui avait déjà le coude sur la table. Alors qu'il imita son mouvement, le regard de l'hériter du One for All croisa celui de son ami d'enfance, enfin, ancien ami d'enfance, qui le regardait avec un sourire narquois. Ce regard aurait dû lui faire du mal, mais dans l'état dans lequel il se trouvait, cela ne l'avait même pas effleuré.

Tout le monde s'était rassemblé en arc de cercle autour des concurrents. Au milieu, Uraraka et Tenya se tenaient prêt à donner le coup d'envoi.

« Je rappelle les règles : vous n'avez pas le droit d'utiliser vos alters, n'y de tricher. Vous aidez d'une autre partie de votre corps, comme votre seconde main, sera considéré comme de la triche et vous serez disqualifiés, c'est compris ? » Les deux candidats hochèrent la tête à l'unisson, s'en jamais se quitter du regard.

L'expression faciale de Kirishima s'était à nouveau transformée. Il avait un air songeur et très sérieux sur le visage que Deku n'arrivait pas à desceller. De la conviction ? Non. De la colère ? Non plus. Rien à faire, le jeune homme avait le cerveau bien trop occupé par ses soucis, tout le reste passait au travers. Cela pouvait être du dégoût, il ne le remarquerait sans doute pas.

« Vous êtes prêt ? » Sur ces mots, les mains droites du duo se rencontrèrent, s'unissant pour former un tout. Le toucher de l'un était ferme tandis que celui du second était fragile. Tous les regards étaient désormais placés sur eux alors que la main de Tenya était levée pour désigner le top départ.

« Commencez ! » Le bras du délégué de la seconde A était descendu à pleine vitesse, ne laissant qu'un faible temps de réaction pour les deux candidats. Le temps autour d'eux s'était ralenti.

Deku sentit monter en lui une forte dose d'adrénaline qui le poussa à se battre, même si cela devait être sa dernière bataille. Il força son poignet à repousser la main de son adversaire qui avait déjà pris l'avantage. En poussant de toutes ses forces, il réussit à maintenir un certain équilibre avec Kirishima.

Pour combien de temps seulement ? Cela faisait déjà quelques secondes que les mains tremblaient et étaient devenus moites dû à l'échange de puissance et aucun ne semblait prêt à laisser la victoire à l'autre.

Des cris d'encouragements résonnaient dans la pièce, venant des spectateurs prit dans l'action.

C'est alors que tout s'arrêta en un instant. L'un des deux venait de céder sous la pression. L'un des deux avait été mis à terre par l'autre. L'un des deux avait perdu.

« Victoire pour Eijiro ! » Tenya leva le bras encore endolori du gagnant pour annoncer les résultats de cette première manche. Le perdant, en revanche, n'avait pas fait le moindre mouvement. Il attendait sa sentence avait le peu de dignité qu'il lui restait.

« C'était un beau combat, félicitations à tous les deux ! » Ochaco était venu rassurer Izuku tout en félicitant du regard le jeune aux cheveux flamboyant. Il était clair, pour elle, que le comportement de son ami était étrange, c'est d'ailleurs pour cela qu'elle en avait fait part à Tenya tout à l'heure.

« C'était cool, Deku ! On remet ça quand tu veux ! » Kirishima, fidèle à lui-même, était content d'avoir remporté le défi. La force physique était son domaine après tout. Néanmoins, il avait plusieurs questions en tête qu'il voulait élucider, et pour cela, il avait besoin de Deku. De ce même Deku qui lui arborait un sourire de façade, un sourire faux.

« Et maintenant c'est l'heure de causer ! Alors, le nerd, c'est quoi ton secret ? » Katsuki n'avait pas perdu de temps. Le moment qu'il s'était préparé à voir était enfin arrivé. Le moment où son rival serait enfin à l'écart des autres de la classe. Le moment où il prendrait enfin l'ascendant sur lui.

On pouvait encore entendre l'orage et le vent se déchaîner à l'extérieur, comme s'ils reflétaient l'intérieur émotionnel d'un certain garçon aux cheveux verts.

« L'écoute pas, rien ne t'oblige à nous le dire si tu ne veux pas. » Tenya leva son pouce dans la direction de Deku pour lui montrer tout son soutien. Une lueur d'espoir semblait percer dans le tourbillon de ténèbres dans lequel le jeune homme avait plongé.

« Il a raison, Midoriya, 'révéler son secret le plus profond' ? Pff, franchement Bakugo, c'est un peu de la merde comme condition, tu crois pas ? » C'était maintenant Eijiro qui s'était interposé en faveur de Deku. Il s'était déplacé juste devant lui, comme pour le protéger du regard du blond.

« Ta gueule, je t'ai pas sonné, imbécile ! » Le mouvement de jambes que Bakugo s'était apprêté à faire fut radicalement interrompu par Todoroki et sa glace.

« T'a entendu le délégué ? Pas bougé… » Le jeune aux pouvoirs bipolaires maintenait son pouvoir pour empêcher tous déplacements de Katsuki. Celui-ci se débattait comme il le pouvait avec ses explosions, mais la glace ne pliât pas l'échine.

Alors que tout semblait tourner dans le sens de Deku, son rival se figea avant de lui jeter un regard noir.

« Dis-leur ou c'est moi qui le fais ! »

« Mais c'est quoi ce délire ? C'est si important que ça ? » Denki ne savait plus où donner de la tête, tellement la situation devant lui était bizarre. Pourquoi Bakugo voulait-il à ce point que Deku parle ?

« Si ça se trouve, Izuku est genre un parrain de la mafia avec tout un harem de filles. T'imagines un peu Denki ?! Ce serait le pieds ! » Pour Minoru Mineta, cela ne pouvait qu'être une histoire de filles. À cette simple pensée, il avait l'eau à la bouche et un regard pervers sur le visage.

« Dans tes rêves ! » La jeune Kyoka Jiro ne pouvait pas supporter les dérives de son petit camarade. Elle lui frappa d'un coup de pied son estomac tandis qu'elle jeta un regard froid à Denki, qui semblait avoir réagi à ses propos. 'Quelle bande de dérangés !' pensa-t-elle intérieurement.

« Mais quand même, ça doit être quelque chose d'important, sinon pourquoi Katsuki insisterait autant ? Croa… » Au tour de Tsuyu Asui d'enfin réagir. Elle ne pouvait plus rester la bouche fermée alors qu'il semblait y avoir un problème bien plus grand que ce bras de fer en jeu.

« N'est-ce pas évident ? » En interpellant tout le monde à la fois qui se retournaient sur elle, Momo Yaoyorozu envoya un message visuel à Shoto Todoroki, qui sembla enfin comprendre ce qui se passait.

« Mais bien sûr… Tout ce cinéma ne servait finalement qu'à une chose, pas vrai Bakugo ? Ce que tu voulais, c'était régler tes comptes avec Midoriya, n'est-ce pas ? » Le jeune aux pouvoirs de feu et de glace plissa les yeux dans la direction du blond.

Après tout, ça sautait aux yeux qu'il y avait un problème entre Deku et lui, depuis bien avant Yuei. C'était un problème qui datait de leur jeunesse, enfin c'était ce que pensait Shoto. Le jeune aux boucles de jade lui en avait parlé un jour. Durant leur jeunesse, du jour au lendemain, Bakugo et lui était passé de meilleurs amis inséparables à pires ennemies. Cela pesait sur la conscience de Deku, mais Katsuki ne semblait n'en avoir rien à faire. 'Un bon gros salaud, au même niveau que mon père, je dirais.' Pensait-il avec dégoût.

Il resserra inconsciemment l'emprise de son pouvoir sur le blond alors que celui-ci continuait à faire exploser la glace autour de lui. À ce rythme, toute la classe ne serait plus qu'une zone de combat.

« Merci, Momo. C'est grâce à toi si j'ai pu comprendre le problème. » La jeune fille rougit vivement aux propos de son camarade. Elle avait beaucoup de respect pour lui, mais ça lui faisait tellement plaisir quand, lui, reconnaissait sa valeur.

« Bravo, l'intello ! Et si c'était le cas, qu'est-ce que ça pourrait te faire ? »

« Bakugo… C'était pour ça ? C'était pour ça que Midoriya agissait si différemment de d'habitude ? Pour ton putain d'égo surdimensionné ?! Ça n'a rien de viril, non, c'est clairement une preuve d'immaturité de ta part ! » Kirishima voyait rouge. L'homme qu'il fréquentait, qu'il passait le plus de temps avec, n'était finalement qu'un inconnu à ses yeux.

Il l'admirait tant pour son courage que sa force et sa détermination, mais là, il ne reconnaissait plus la personne devant lui. Ok, Bakugo n'était pas un mec social, ni un mec que la plupart des gens fréquenteraient, ni celui qui te complimenterait à tout va. Et pourtant, lui, il le suivait malgré tout car il voyait du bon en lui que la plupart ne discernait pas.

Alors, cette révélation était pour lui un putain de coup de massue de merde sur la tête. Il avait quand même eu des doutes, surtout en observant Izuku, mais il s'était voilé la face en pensant que son ami ne serait pas à ce point diabolique.

Il avait fait fausse route et ça lui faisait très mal au cœur.

« Mon QUOI ?! Viens m'affronter si t'es si viril que ça ! » Alors que le jeune aux cheveux écarlate se rapprochait dangereusement du blond, la voix du délégué retentit dans toute la salle et l'arrêta brusquement.

« ÇA SUFFIT MAINTENANT ! » Tous se retournèrent vers leur responsable de classe qui était effaré de voir la tournure des choses.

« Les professeurs ont eu confiance en nous en nous laissant la classe et regardez-moi ça ! La salle est complètement détruite à cause des pouvoirs combinés de Katsuki et Shoto et l'un des nôtres est visé par des spéculations ridicules ! Au lieu de cela, on devait être unis et passé du bon temps ensemble en attendant la fin de la tempête. C'est une vraie catastrophe ! » Tenya Iida avait le visage sévère. C'était son rôle à lui de remettre en ordre ce qui avait été fait et d'en prendre la responsabilité.

Et pourtant, il ne pouvait s'empêcher de ressentir de la compassion pour Deku. Lui qui n'avait rien demandé se retrouvait au cœur d'une polémique pour Tenya ne savait quelle raison ridicule.

Dans les minutes qui suivirent, tout le monde semblait s'être calmé, même Katsuki. Il était devenu bien silencieux, avec son regard sérieux perdu dans le vide de la tempête extérieure. La plupart ne prêta pas attention à lui, ce qui s'était passé était de sa faute après tout.

Néanmoins, Deku, qui était resté silencieux pendant toute l'argumentation de ses amis, avait fait son choix, même si cela devait lui coûter leur amitié.

« Je suis gay… »

Un silence. Un grand silence venait de s'installer. La seule voix de Deku avait retenti dans la pièce en pleine rénovation du carnage d'il y a quelques minutes. Tous les visages étaient désormais braqués sur lui, avec une expression insondable. Il n'avait pourtant pas terminé, le pire restait à venir.

« … Et j'ai embrassé Katchan quand j'étais petit. Je crois que… j'étais amoureux de lui. » Cette fois-ci, il y eut une stupéfaction générale. Tout le monde tourna la tête, de Deku à Katsuki et de Katsuki à Deku.

« Je suis désolé Katchan de t'avoir blessé… J'espère que tu es content maintenant, tout le monde me déteste… » Les larmes du jeune aux cheveux de jade coulèrent par abondance alors qu'il avait le regard braqué sur son meilleur et premier ami, sur son premier amour. Tout ce qu'avait Katsuki à lui offrir à l'heure actuelle, c'était un visage de surprise.

Enfin, Deku ne s'attendait pas à grand-chose de toute façon venant de lui, même s'il avait espéré au fond de lui un peu de regret.

N'arrivant pu à soutenir les regards, il s'éclipsa en courant hors de la pièce, loin de tout le monde. La plupart étaient encore sous le choc de la révélation de Deku, mais contre toute-attente, Katsuki était prêt à le suivre.

En revanche, en sortant, il se heurta à un mur de muscle et de chair, c'était Kirishima.

« T'en a assez fait, Bakugo. » Le regard froid du garçon aux cheveux flamboyant était dirigé sur le blond.

« C'est pas ce que je voulais, écarte-toi ! » Il commença à passer devant Eijiro.

« C'est pas ce que tu voulais ? Vraiment ? Alors pourquoi lui avoir forcé la main avec autant de haine ? » Katsuki devait l'admettre, il marquait un point. C'était juste sa façon d'être, il avait toujours été comme ça, depuis ce jour…

« Il me saoule, OK ?! Il n'avait pas de pouvoir il y a quelques mois, et maintenant quoi ?! Il est super fort, il est à la botte de mon héros, All Might, et en plus il est bien meilleur que m- »

« Arrête tes conneries ! On a tous compris que t'avait un complexe d'infériorité, mais là, ça dépasse bien plus que ça. Si je suis vraiment ton pote, raconte-moi… » Les derniers mots de Kirishima était plus doux que les premiers. Si Bakugo lui faisait encore confiance, tout n'était peut-être pas perdu pour lui.

« Je… » Qu'est-ce qu'il racontait ? C'était plus fort que lui, il n'arrivait pas à lutter contre son corps.

« Je suis… » Impossible ! Tout simplement impossible à contrôler son corps. Pourquoi ? Pourquoi, aujourd'hui, sa conscience le suppliait de se confier à son ami ? Pourquoi il avait cette boule au ventre depuis que Deku était parti les larmes aux yeux ? Pourquoi il ressentait du regret, une émotion qu'il n'avait pas ressentie depuis très longtemps ?

« Vas-y, crache le morceau ! Deku est en miette par ta faute alors tu peux au moins faire un effort pour je comprenne la nature de ton geste. »

« Je suis gay, comme Deku. » La voix de Katsuki était à la fois sérieuse et pleine de tristesse. Il avait essayé de garder ses émotions au plus profond de lui, mais là, il n'arrivait plus à se maîtriser. Les mots de Deku l'avaient perforé et touché droit au cœur, bien qu'il ne l'avouerait sûrement jamais.

Sa sexualité n'avait jamais été un secret pour lui, c'est grâce à Izuku qu'il le devait, en l'embrassant. Ce jour-là, il s'était senti plus proche de Deku que quiconque, et cela l'avait effrayé. Effrayé d'une inconnue. Effrayé de faire face à ses parents. Effrayé d'aimer.

« Et donc ? Que tu aimes les mecs ou les filles je m'en fiche ! Moi je suis bi et alors ? » Eijiro aimait les filles, mais aussi les garçons ? Bakugo ne pouvait pas y croire. Kirishima aimait tellement étaler sa virilité qu'il n'avait jamais pensé à ça. En fin de compte, Bakugo se sentait tellement stupide de n'y pas avoir fait attention. En tant que potes, ils ne se parlaient pas vraiment de leurs affaires personnelles. Etaient-ils vraiment potes ?

« J'imagine que tu es surpris. Tu sais, la sexualité n'a rien à voir avec qui nous sommes, elle est définie lors de notre naissance. Tout ce qui se passe après, comme nos convictions et nos expériences, n'ont aucune influence dessus. C'est quelque chose que tu devrais savoir, n'est-ce pas ? » Bakugo avait écarquillé les yeux en entendant les mots pleins de sagesse de Kirishima. Bien sûr qu'il avait raison.

Que ce soit lui ou son ami aux cheveux écarlates, attiraient beaucoup de filles et étaient très populaires car ils avaient en quelque sorte le physique et la personnalité 'type' d'un hétéro.

Pourtant, cela n'avait aucune influence sur leur sexualité. Bakugo aimait les garçons, et Kirishima les deux sexes. 'C'était déjà écrit à notre naissance…' Pensait calmement le blond.

« Ok tu marques un point, l'abruti. » Les deux échangèrent un regard presque amical alors que les autres de la classe commençaient à les rejoindre.

« Où il est parti ?! Où est Deku ?! » Ochaco s'était mise en avant afin de croiser le regard des deux qui réglaient leurs comptes.

La tempête, quant à elle, semblait enfin perdre de sa force. Les orages avaient presque totalement cessés tandis que la pluie et le vent s'étaient atténués. C'était encourageant.

« Enfin, être gay et être jaloux n'est pas une raison valable pour avoir fait subir tout ça à Deku, qu'est-ce que tu caches d'autre ? » Alors que les autres apprirent l'orientation sexuelle de Bakugo sur le tas, les deux ne se quittèrent pas du regard. Eijiro connaissait bien Katsuki finalement. En tout cas, assez pour savoir qu'il avait omis une information.

« Tu veux que je te dise quoi au juste ? Que je suis frustré de voir Deku ?! Que je suis frustré depuis que je suis gamin de le voir entouré d'autant de mecs ?! Que je suis frustré qu'il ait peur de moi à longueur de journée ?! Que je suis frustré de ressentir cette putain de sensation déchirante à chaque fois que je le vois discuter avec double face ou le délégué alors que moi, il m'ignore ?! Que j'ai peur de ne pas être un rival à sa hauteur ?! Qu'il m'oublie ?! Qu'il- » Katsuki n'arrivait pas à finir sa phrase. Il avait les larmes aux yeux devant tous ses camarades, mais il s'en foutait. Tout ce qu'il souhaitait à l'heure actuelle, c'était que cette torture se termine. Cette douleur était insupportable, même pour lui.

« Bakugo… Tu aimes Deku, hein ? » Les mots du jeune homme était calme, voilà ce qu'il voulait entendre. C'était la raison logique du pourquoi il voulait le retrouver après tout. Lorsque Deku avait révélé à tout le monde qu'il était amoureux de Katsuki lorsqu'ils étaient enfants, il ne s'attendait pas du tout à ça, bien au contraire. Il pensait qu'il le détestait depuis cet évènement.

Toute cette farce autour du secret, c'était qu'une façon pour Bakugo d'écarter jalousement les autres de Deku alors qu'il ne savait pas, en même temps, qu'il le blessait, lui, plus que quiconque.

Katsuki finit enfin par comprendre ce que son corps lui disait grâce à Kirishima. Il était… amoureux de Deku ? Cette pensée fit accélérer son cœur de manière automatique. Tous les regards étaient braqués sur lui. Il avait une réponse à donner. La réponse la plus importante qu'il n'eut jamais à donner.

« Ouais… Je crois bien que je suis amoureux de cette tête de nœud. » Un léger filament rouge passa le long de ses joues, admettant quelque chose qu'il n'aurait jamais osé penser jusqu'à présent. Le visage de Kirishima s'était radouci alors que son meilleur ami lui ouvrait son cœur.

« QUOI ? T'aimes pas les nibards ?! Comment tu peux faire ça ?! Enfin, tant pis pour toi, comme ça y en aura plus pour moi, héhé ! » Mineta gloussait au sol du couloir, Yaoyorozu écrasa son frêle corps d'un pied alors que toutes les filles hurlèrent à l'unisson.

« Espèce de gros porc ! »

« Désolé, désolé ! Aide-moi toi ! » Minoru désigna Denki alors que celui-ci sifflota en l'ignorant.

« Imbécile ! Si tu m'avais dit ça plutôt on n'en serait pas là ! » Eijirou fit une légère tape sur le dos de Katsuki. Sans comprendre, le blond enlaça son ami, prit de court.

« … Merci… » Bakugo chuchota de façon presque inaudible pour que seul Kirishima l'entende. Il cacha son visage larmoyant dans son coup. L'autre resserra son étreinte sur lui avant de lui dire.

« Tu sais ce qu'il te reste à faire, Bakugo… » Le blond lui fit un hochement de la tête contre son corps avant de s'écarter difficilement et de courir à travers les couloirs encore obscurs afin de retrouver la personne la plus importante à ses yeux.

« C'était vraiment Katsuki ? » Mina Ashido semblait quelque peu perplexe. Après tout, sa question était de bon sens, le blond agissait bien différemment d'habitude.

« Ne lui dites pas les gars, mais je pense que ça, c'est le vrai Bakugo ! » Kirishima souriait en regardant disparaître la silhouette de son compagnon au loin. Aujourd'hui, il avait fait bien plus que de se confier, il avait fait face à ce qu'il ressentait. Cela était une belle preuve de maturité de sa part. Et puis, il était aussi content que son meilleur pote se soit confié à lui !

Alors que tous avaient le regard vers où Katsuki s'en était allé, une pointe de soulagement les traversaient.

« Bon, on retourne au travail ! Et que ça saute ! Si jamais Aizawa revient alors que la pièce est dans cet état, on est tous mort. » Le délégué ralliait les troupes comme il le pouvait. Ce qui concernait Midoriya, c'était à Bakugo de s'en charger. Il fallait croire en lui.

« Je compte sur toi, mon pote ! » Finissa Kirishima, les yeux déterminés dans le vide, avant de retourner ranger la classe.


Quelques minutes étaient passées depuis que Bakugo s'était séparé du reste de la seconde A pour retrouver Midoriya. Il n'avait clairement aucune idée d'où il pourrait être. La bibliothèque ? Non, pas son genre, plus celui de double-face. Le réfectoire ? Non plus, surtout alors qu'il devait chercher un endroit calme après ce qu'il s'était passé.

Attend… Un endroit calme où il n'y aurait personne de la classe ? Il n'y avait qu'un seul endroit auquel pouvait penser le blond : L'internat de la classe. Après tout, ils s'étaient tous réunis dans le lycée à cause de la restriction des professeurs, alors l'endroit devait être désert.

En plus, le temps commençait à se calmer alors aucun risque pour lui de s'y réfugier. Pas le temps de trainer, il sortit de l'enceinte du lycée discrètement avant de se ruer jusqu'à leur lieu de vie en communauté.

Même si le climat semblait s'apaiser, être à l'extérieur était exténuant pour Bakugo. Le vent le repoussait avec une force impressionnante et la pluie obstruait sa vision.

« Quel temps de merde, fait chier ! »

De plus, il avait la contrainte de ne pas pouvoir utiliser son pouvoir. En effet, s'il l'utilisait dans un endroit aussi ouvert, il attirerait très certainement l'attention des professeurs.

Il ne pouvait se fier qu'à son instinct pour se diriger dans cet enfer météorologique. Son instinct, et le désir irrépressible de retrouver celui qu'il aimait.

Finalement, armé de sa détermination ardente et de sa force d'esprit, il finit par entrevoir l'internat devant lui. Il ne se fit pas prier pour rentrer à l'intérieur, claquant la porte derrière lui.

Tout était calme et bien silencieux à l'intérieur. Seul le bruit des nombreuses gouttes d'eau qui coulaient le long de son corps et de ses cheveux se faisait entendre. Bientôt, une flaque allait apparaître sur le plancher, à ses pieds.

Ce qui le frappa le plus était les empreintes de chaussures humides qui se dirigeait vers les pièces de nuit. 'C'est donc là que tu te cachais…' Pensait le blond, en quelque sorte, soulagé de ne pas s'être trompé.

Il prit le temps d'enlever ses vêtements humides et de les laisser sur la table commune. Il n'avait plus que sur lui son simple débardeur noir et son jean qui commençait déjà à sécher. Il n'avait pas le temps d'en chercher un propre dans sa chambre et il n'allait pas non plus se montrer à Deku en boxer. Cela semblait être la situation la plus raisonnable pour Bakugo.

Il soupira un bon coup afin de se remettre les idées en place avant de monter les escaliers jusqu'au premier étage, où se situait la pièce de Deku.

Dans le couloir obscur, il pouvait desceller une lumière venant d'une porte entrouverte. Alors qu'il se rapprochait de plus en plus, il pouvait entendre quelqu'un pleurer franchement. Des sanglots qui ne passèrent pas au travers de Bakugo.

Il avait déjà entendu Deku pleurer dans sa vie, même beaucoup de fois pour être honnête. Pourtant, aujourd'hui, il pleurait à cause de lui et de son comportement dégeulasse. Ce fut un sacré coup pour le jeune, qui d'habitude arborait tant de fierté.

Il souffla à nouveau pour essayer de reprendre son calme et se lança finalement en ouvrant légèrement la porte de la chambre. À l'intérieur, la lampe de la table de chevet de Deku illuminait la pièce de façon inégale. Il y avait des coins d'ombres qui contrastaient avec d'autres coins plus lumineux.

Bakugo n'avait jamais vu l'intérieur de la chambre de Deku depuis qu'ils avaient élu domicile ici à cause des dangers auxquels ils se frottaient.

Pourtant, il ne fut pas du tout surpris de voir qu'elle était remplie de toute sorte de goodies sur All Might. Posters, poupées gonflables, statuettes et même oreillers de lit. Il y avait trop de choses pour les compter, mais Katsuki savait pertinemment que Deku était un grand fan du plus grand héros du Japon.

Après tout, il lui en avait voulu pendant longtemps car ils partageaient tous les deux cette fascination pour lui.

Et pourtant, ils avaient déjà eu l'occasion de régler leur compte il n'y a pas si longtemps que ça. C'était ce soir-là que le blond avait appris l'existence du lien d'héritage entre le jeune aux boucles de jade et son mentor. C'était ce soir-là qu'il avait appris qu'All Might l'avait choisi pour être son successeur.

Il avait fait, d'une certaine manière, la paix avec Deku cette nuit-là. Pourtant, sa jalousie n'avait fait que croître à son égard. Pas une jalousie de rivalité, non, ils avaient passés ce cap tous les deux. Une jalousie d'amour.

Les pleurs continuaient alors que Bakugo cherchait leur source du regard. C'est alors que son corps s'arrêta. Il était là. Dans le coin sombre de la pièce, près de la fenêtre et assis par terre. Il avait le corps recroquevillé sur lui-même et la tête sur les genoux, cachant son visage de quiconque aurait l'audace de venir le retrouver. Il était complètement trempé.

Mais cela n'arrêta pas Bakugo, il avait beaucoup à se faire pardonner, et même s'il devait supporter la vue atroce de Deku dans cet état, alors il le ferait.

« Deku… » Alors que sa voix était moins assurée qu'il ne l'aurait voulu, une paire d'yeux émeraude s'était fixée sur lui. Des yeux aux veinules rouges, irrités par l'afflux constant de liquide s'y échappant. Des yeux brisés, qui, pourtant, montrait une pointe de surprise en voyant qui l'interpellait.

« Katchan ? Qu'est-ce que tu viens faire ici ? Tu viens encore pour me rabaisser, c'est ça ? » La voix de Deku était fragile et Bakugo pouvait le voir trembler de sa position. Pas le choix, il devait faire quelque chose. En l'espace de quelques secondes, il s'était assis devant lui en lui prenant fermement ses mains dans les siennes, avec un regard sérieux sur le visage.

« Je suis désolé Deku, je suis un vrai connard ! » Katsuki avait du mal à exprimer vocalement ses émotions devant Izuku.

« Quoi ? Je… Je ne comprends pas. » Deku était resté bouche-bée devant le blond alors qu'il avait toujours les mains liées à lui. Ses larmes s'étaient brièvement arrêtées à la frontière de ses iris. C'était une blague, c'est ça ? Encore un moyen pour lui de l'atteindre psychologiquement en sachant maintenant qu'il était amoureux de lui lorsqu'ils étaient jeunes.

« Tout est de ma faute et de mon caractère de merde ! Je… Pardon, Deku. » Les yeux de Bakugo commençaient à briller alors qu'il était à ce moment précis emplis de regrets et de compassion pour son rival. Izuku, quant à lui, n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait. Bakugo semblait tellement différent de ce qu'il avait l'habitude de voir.

« Si c'est encore une énième façon de me faire du mal, je t'en prie, va-t-en Katchan ! » Deku avait repoussé les mains de son ancien ami croyant à une farce de sa part.

Pour Bakugo, la réaction de Deku était légitime. Lui aussi aurait réagi pareil si son bourreau du collège lui tendait la main de cette façon.

Pourtant, il voulait se faire pardonner plus que tout au monde. Pas pour lui, mais pour Deku, qui allait vraiment mal.

« Hey, tête de nœud ! » Bakugo se rapprochait dangereusement de Deku, qui, par réflexe, avait placé ses mains devant son visage, comme pour se protéger.

« Laisse-moi ! » Deku s'attendait à recevoir un coup de la part de son rival, mais il n'en était rien. Tout ce qui pouvait sentir était une source chaude l'étreignant. Il ouvrit légèrement les yeux pour voir d'où cela venait, et ne fut-il pas surpris en voyant la touffe de cheveux décoiffés de Bakugo contre lui. Son visage chauffa et devint rouge pivoine en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

« Sérieux, tu penses vraiment que je serais capable de lever la main sur toi ? Putain, je l'ai jamais fait et je le ferais jamais, Deku… » Et pourtant, il avait bien suggéré à son rival au collège de sauter de la fenêtre de la classe. C'était une des choses qu'il avait le plus regrettée, et qu'il regrettait toujours autant. Son cœur se serra à cette pensée alors qu'il resserrait inconsciemment son étreinte sur le jeune aux yeux de jade.

« Pourq…Pourquoi tu fais ça, Katchan ? Tu me détestes et tu fais tout pour le montrer à longueur de journées. Alors pourquoi maintenant tu es aussi différent, aussi gentil… » 'Parce que je t'aime, abruti ! Et que je viens seulement de le réaliser…' Aurait-il voulu lui dire, et pourtant, cela ne voulait pas sortir de sa bouche.

Malgré toute la bonne volonté qu'il avait, il ne pouvait pas être égoïste au point d'avoir le droit de lui dire une telle chose.

Certes, il avait des sentiments bien réels pour l'héritier d'All Might, mais cela ne serait pas juste pour lui. Il n'avait pas le droit d'aimer une personne aussi pure.

Tout ce qu'il pouvait espérer, c'était seulement faire la paix une fois pour toute avec Deku. De façon amicale, rien de plus.

« T'es mon rival, imbécile. » Deku sourit sincèrement à cette réplique alors qu'il sentit son visage refroidir et ses mains se déplacer inconsciemment sur le dos de Katsuki. Celui-ci s'était figé au toucher alors qu'il ne pouvait pas voir l'expression de son compagnon, la tête toujours engouffrer dans le creux de son cou confortable.

« M…Mais, à cause de toi, j'ai dit à tout le monde que je suis gay et que je t'avais embrassé quand on était petit. Tout le monde doit me détester, et toi le premier… » Et voilà, nous arrivions enfin au sujet sensible. Le sujet qui était le plus difficile pour Bakugo.

Autant, il arrivait facilement à s'exprimer intérieurement concernant ce qu'il ressentait, autant, lorsqu'il en parlait avec Deku ou toute autre personne qu'Eijiro, c'était un vrai défi.

'Il tremble déjà moins, c'est plutôt une bonne chose.' Se dit-il mentalement.

« Arrête de raconter des conneries, tu crois vraiment qu'ils te feraient la gueule pour quelque chose d'aussi ridicule ? Ça ne les concerne même pas, putain ! Et puis, c'est pas à moi de t'en vouloir, c'est plutôt toi qui devrait me détester depuis tout ce temps… » Pff, Bakugo savait très bien que Deku n'était pas quelqu'un de rancunier, et encore moins envers lui.

Pourtant, ça l'énervait qu'il se dévalorise autant alors que le problème ne venait pas de lui, mais de la personne en face.

En plus, il ne s'était même pas énervé contre lui depuis le début de leur discussion. Si le blond avait été à sa place, il se serait clairement renvoyé chier !

« Tu sais très bien pourquoi, Katchan. » Les mots de Deku étaient courts et sérieux à la fois.

Sous le choc, Katsuki s'était retiré du rapprochement qu'il avait avec lui pour le regarder droit dans les yeux. Ce dernier avait les joues qui étaient à nouveau devenus rouges et évitait volontairement de croiser le regard de son interlocuteur. Son visage déviait légèrement sur sa droite, regardant une des statuettes d'All Might qui se trouvait sur sa commode.

'Merde, arrête ça Deku.' Bakugo était complètement au courant de ce qu'il voulait dire. Cela le chamboula et il sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Il sentit la chaleur s'accumuler quelque peu sur son visage, il espérait que cela ne soit pas visible par Deku.

Cette toute petite phrase l'avait rendu dingue. Deku était vraiment encore amoureux de lui ? Cela ne se pouvait ! Et puis, quand bien même cela était vrai, il ne pouvait pas espérer être avec lui. Il n'avait pas le droit, c'était sa punition.

« Je sais… » Ces simples mots ont eu le pouvoir de faire tourner le visage du jeune héritier du One for All vers Bakugo. « … Mais c'est pas ce que je voulais entendre, Deku. » Le visage d'Izuku s'abaissa, plaçant son regard sur ses mains alors qu'il comprit où son rival voulait en venir.

« Désolé. » Il ferma ses yeux quelques instants pour laisser la douleur couler à travers son corps. Ce qu'il venait de dire était déplacé, surtout dans cette situation où il savait avec conviction que Katsuki était hétéro. Pourtant, Izuku essayait comme il le pouvait de trouver du réconfort dans son rival. Il avait tout de même une incertitude à son égard.

Alors que celui-ci hocha simplement la tête à son excuse, l'autre voulait vraiment mettre les choses à plats avec lui.

« Donc… Tu ne m'en veux pas ? Et les autres non plus ? » Ses yeux contenaient toujours ses larmes, et il savait que s'il entendait une réponse négative de la bouche de son rival, Izuku perdrait la force de se retenir. Son angoisse monta peu à peu alors que la réponse se faisait tardive. Le visage toujours courbé vers le bas de son corps, il s'attendait au pire.

Bakugo l'avait également compris. Derrière ses airs de délinquant, il était quelqu'un de très intelligent et de très talentueux, dans quasiment tous les domaines.

Il savait qu'il devait le dire, qu'il devait lui dire qu'il était gay, lui aussi. Sinon, cela ne changerait rien à la situation qu'il avait essayée tant bien que mal d'améliorer. Pire encore, cela la rendrait plus difficile à résoudre.

« Deku, regarde-moi. » Bakugo avait placé son pouce et son index sur le menton de son interlocuteur. Celui-ci fut forcé de suivre son ordre mécaniquement par le toucher presque doux de son ami d'enfance.

Les deux paires d'yeux connectés, la tension semblait exploser entre eux.

« Je… » 'Putain ! Pourquoi j'y arrive pas !'

Un blocage empêchait Bakugo de continuer. Les yeux de Deku étaient toujours sur lui et semblait attendre la réponse avec beaucoup d'appréhension. Il n'avait pas le choix, il fallait qu'il se force à le faire, quitte à briser le peu d'égo et de fierté qu'il lui restait.

Le blond prit une forte inspiration en lui.

« Je suis comme toi, Deku. J'aime les mecs. » La nouvelle tomba sur Izuku comme un marteau sur un clou. Bakugo était… gay ? Ce n'était pas possible, il n'y croyait pas du tout. Et pourtant, le regard de celui-ci semblait plus que sérieux, était-ce vraiment possible ?

En y réfléchissant plus qu'il ne l'aurait voulu, il n'avait jamais vu Bakugo avec une fille depuis qu'il le connaissait. En général, il les repoussait comme la peste et passait la plupart de son temps avec lui. Et puis, c'est vrai qu'il trouvait qu'il était assez proche de Kirishima, même TRÈS proche. Autant qu'il le savait, si cela se trouvait, ils étaient en couple !

À cette pensée, le cœur d'Izuku se serra.

Du côté de Bakugo, il observait son rival avec beaucoup d'anxiété. Il avait lâché une bombe qu'il ne pouvait pas contrôler et Izuku n'avait pas encore réagi. De plus, il le connaissait bien et se doutait qu'il devait réfléchir à l'extrême, comme d'habitude. C'était du Deku tout craché et cela ne rassurait pas le blond.

« Pour…Pourquoi tu me dis ça maintenant ? » Était les seuls mots que pouvaient articuler Izuku. C'était vrai ça, pourquoi lui révéler ça maintenant ? C'était censé le faire se sentir mieux ? C'était censé le rassurer de savoir que, finalement, le problème c'était lui et pas son hétérosexualité ? C'était censé le rassurer de savoir qu'il aimait un autre mec que lui ?

Izuku sentit pour la première fois de sa vie la jalousie monter en lui. C'était une sensation qu'il n'avait jamais connue et qui le rongeait de l'intérieur depuis l'annonce de l'homosexualité de Bakugo.

'Si ça se trouve, ils l'ont déjà fait…' Les joues rouges, Izuku s'aventurait sur des chemins de travers qu'il n'aurait jamais eu l'audace d'emprunter. Tout cela le détraquait physiologiquement parlant et il n'en était pas fier. La chaleur en constante progression de son corps contrastait avec le froid provenant de ses vêtements. Si ça continuait, il allait attraper froid.

« Je pensais que je te devais au moins la vérité là-dessus, après ce que je t'ai fait subir. Ah oui, et rassure-toi, les autres abrutis sont aussi au courant. Merde, ils avaient même l'air inquiet pour toi, alors bouge-toi d'aller les rejoindre ! » Deku était habitué au langage châtié de Bakugo, donc cela ne l'avait pas du tout dérangé d'entendre ses propos virulents.

Et il n'avait pas tout à fait tort. En fin de compte, il s'était acharné à lui révéler son secret alors que lui-même portait le même. Dans ce cas, dans quel but ? Avec Bakugo, chaque chose avait son importance, cela ne défiait pas à la règle.

Katsuki s'était mis debout et Deku en fit autant.

Dehors, la pluie s'était complètement arrêtée et le vent n'était à peine plus qu'une brise. À travers les nuages, on pouvait voir percer les rayons lumineux du soleil de midi. Le matin avait peut-être été désastreux mais l'après-midi qui semblait se profiler serait sans doute radieux.

« Dis Katchan, tu es amoureux d'Eijiro ? » Le cœur de Bakugo s'arrêta brusquement dans sa poitrine avant de se mettre à pulser dangereusement.

« Que…Quoi ? Qu'est-ce qui te fais dire des conneries pareilles ?! » Le jeune blond se défendu comme il le pouvait devant le regard inquisiteur de son ami d'enfance. Il gratta l'arrière de son cou tout en le dévisageant.

« Je sais pas… Au début je me disais que tu me racontais n'importe quoi, que tu pouvais pas être gay, comme moi. » Il insista beaucoup sur le dernier mot. « Et puis j'ai tout de suite pensé à toi et Eijiro. Vous passez tout votre temps ensemble, même pendant notre temps libre, et vous avez des mimiques d'affection pour l'un et l'autre qui ne trompent pas. »

'De l'affection, moi ? Va au diable, Deku !' Pensa Bakugo, troublé par son rival.

Et puis, s'il était proche de Kirishima, c'était parce qu'ils étaient potes, c'est tout ! Ok, Kirishima était souvent tactile avec lui mais ça ne voulait pas dire grand-chose.

« D'ailleurs, Katchan, je ne t'avais jamais vu aussi proche de quelqu'un depuis m- » Izuku s'arrêta un moment, fermant les yeux brièvement, avant de reprendre. « Ce que je veux dire, c'est que si c'est le cas, je suis heureux pour toi ! »

Heureux ? Encore un mensonge que Deku se faisait à lui-même. Bakugo était bien au courant qu'il n'était pas heureux, qu'il cherchait seulement à faire bonne figure devant lui. Après tout, comment être heureux pour quelqu'un qui ne partageait pas nos sentiments ?

« Va te faire foutre, Abruti ! Y-a qu'une personne pour me rendre heureux et c'est toi ! » Les mots étaient sortis tout seuls de la bouche de Katsuki. Il comprit très rapidement l'erreur qu'il avait faite en voyant cette lueur, cet espoir dans le regard d'Izuku.

« Putain, c'est pas ce que je voulais dire. Oublie. » Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas avouer ce qu'il ressentait. Il n'avait pas le droit. Il se répétait ses mots sans cesse dans sa tête alors qu'il sentit les doigts froids d'Izuku sur son cou. Un frisson s'échappa de lui alors que son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien.

Deku l'avait vu. Il avait vu son regard alors qu'il lui avait dit ces mots embarrassants. Il ne se trompait que rarement sur ce genre de choses. Pourtant, il y avait toujours une marge d'erreur. Tant pis, il fallait qu'il le fasse, il fallait qu'il en soit sûr, sinon, il le regretterait certainement toute sa vie.

Son corps était toujours en train de surchauffer et son cœur battait la chamade. Il fallait l'ignorer, cette sensation d'appréhension.

Il ne lui fallut pas longtemps pour se décider, alors que Bakugo n'avait plus bougé depuis qu'il s'était rétracté. C'était le moment. Il plaça délicatement ses mains froides sur son cou et son épaule droite alors qu'il pouvait le sentir réagir par un léger frisson. Izuku était content. Cela corroborait parfaitement ce qu'il avait sous-entendu.

Cela allégea quelque peu son cœur de savoir que le garçon qu'il aimait, l'aimait en retour, même si pour cela, il avait fallu qu'il attende plus d'une dizaine d'années.

Avant de continuer, il prit le temps de regarder les détails du visage du blond en profondeur. À cette distance, il pouvait voir l'intérieur de ses magnifiques iris sanguines et ses lèvres qui semblaient si douces à toucher.

D'un simple coup d'œil, il pouvait sentir le désir de son rival, qui venait de déplacer ses mains sur son dos nu, en dessous de son t-shirt détrempé. Cela créa une décharge électrique dans tout son corps, une infection qui réveilla une passion qu'il n'avait jamais rencontrée jusqu'à lors.

Le blond caressa doucement toute la surface du dos d'Izuku, alors qu'il n'arrivait plus à contrôler ses hormones. Il voulait sentir son rival contre lui, le toucher de toute part, explorer son corps avec ses mains et encore plus l'embrasser. Il pouvait voir de la surprise dans les yeux de Deku, mais aussi de la passion. Une passion que lui aussi, à ce moment, voulait exploiter et utiliser.

Inconsciemment, il déplaça ses bras et ses mains du dos jusqu'au torse d'Izuku. Il prit le temps de toucher chaque muscle, chaque veine, chaque partie du torse de son rival.

Le jeune aux yeux de jade était enflammé. Les touchers de plus en plus ardents de son rival ne faisaient qu'attiser sa soif d'amour. Brusquement, il le plaqua contre le mur, avec plus de force qu'il ne l'aurait voulu.

Depuis tout à l'heure, aucun des deux n'avait parlé, comme s'ils étaient connectés par la simple vision de leur désir respectif.

Izuku voulait aussi sentir le corps de son rival. Il mimiqua Bakugo dans son entreprise, mais une voix en lui, lui disait d'aller plus loin, lui disait d'assouvir ses pulsions.

Il jeta rapidement un coup d'œil au blond pour vérifier que tout allait bien. Leur regard empli de luxure se croisa. À cet instant, il n'y avait plus qu'eux. Rien d'autre ne comptait et ne pouvait les perturber.

Izuku voulait les goûters, ces lèvres qu'il avait très longtemps eu l'audace de rencontrer. Aujourd'hui, il était passé par de nombreuses émotions et états d'esprits, mais maintenant que tout était rentré dans l'ordre, il pouvait enfin se laisser aller.

Bakugo savait que cela n'allait pas tarder, que Deku allait vouloir l'embrasser. Il essayait de lutter contre cette sensation, cette malédiction qui manipulait son corps contre son-gré, mais la vue de son ami à cette distance lui brouillait toute bonne volonté, toute rationalité.

Il avait vraiment envie de Deku, même s'il savait que cela n'était pas moral.

Pourtant, lorsque Deku se décida à déplacer sa main jusqu'à son entre-jambe, il se raidit sur place. Sentant que quelque chose n'allait pas, Izuku prit du recul en prenant soin de passer sa main droite dans ses cheveux bouclés.

« Pardon, est-ce que ça va, Katchan ? Je suis allé trop loin ? » 'Trop loin ?', comment pouvait-il dire une chose pareille avec son regard aussi innocent sur le visage, pensa Bakugo. Ce regard qu'il détestait et qu'il adorait à la fois.

Finalement, pour Katsuki, tout n'allait pas. Il n'aurait jamais dû laisser Deku le mener de la sorte. Ce n'était pas correct, c'était mal.

« Arrête avec tes excuses débiles, le nerd ! » Vieilles habitudes avaient la vie dures. En pleine insécurité, Bakugo retournait vers ses vieux démons qui semblaient le bercer loin de Deku. « Ce qu'on est en train de faire, j'peux pas continuer, Deku. » Le jeune aux yeux de jade prenait en compte ce qu'était en train de dire Bakugo. Il s'était assis sur le bord de son lit pour ingérer cette information.

« C'est moi le problème, c'est ça ? » Deku était triste. À peine avait-il eu un peu de joie dans son cœur que celle-ci s'était évaporée par chaque pulsion de sang qu'il rejetait dans son organisme. Et le pire, c'est qu'il n'avait même pas embrassé Bakugo. Cela justifiait bien pour le jeune que le problème venait de lui.

Des conneries, encore des conneries sortant de la bouche de Deku. Justement, le problème ne venait pas de lui, mais de Katsuki.

Il s'appuya sensiblement sur le mur tout en lui jetant des petits regards. Assis sur son lit, il semblait triste.

« Tu veux la vérité, Deku, c'est ça ? » La voix de Bakugo était plus rude qu'il ne l'aurait voulu. Pourtant, cela suffit à recevoir les yeux de jade de son rival.

Il acquiesça et Bakugo soupira. Il prit place sur le lit, juste à côté de lui. « Tu m'accordes bien trop de crédit. Merde, t'es bien trop gentil avec moi et en plus tu me pardonnes alors qu'i peine une heure je t'ai brisé le cœur. » Il prit un moment pour lui-même avant de reprendre, ne laissant pas se justifier Deku. « La vérité, c'est que je sais que si on avait continué, je ne me serais pas arrêté. La vérité, c'est que- » 'Putain, pourquoi c'est si dur de l'admettre ?' Pensa-t-il.

« La vérité, c'est que je t'aime depuis plus de dix ans. Quand tu m'as embrassé, cela m'a troublé. J'avais peur. Peur de ressentir ces choses étranges qui m'attiraient vers toi. La solution la plus simple était de te détester et te repousser loin de moi. » Les larmes coulaient à flot des yeux de Deku.

Il avait les mains liées et il tremblait à la révélation de son ami d'enfance. Bakugo, quant à lui, se retenait comme il le pouvait pour ne pas en faire autant. Il devait rester fort, il n'avait pas terminé.

« Depuis qu'on a rejoint Yuei, ça m'énervait de te voir coller à des mecs comme double face ou Tenya, de te voir m'oublier au profit d'autres personnes. Je crois que… Je crois que j'ai peur de te perdre, Deku. » Finalement, les larmes eurent raison de Katsuki.

Alors qu'il venait de révéler tout ce qu'il ressentais à Izuku, il sentit sur ses lèvres une légère pression qui le ramena à la réalité.

Izuku était complètement anéanti parce que venait de lui dire Katsuki. Il ne savait pas, il ne savait pas qu'il souffrait autant. Depuis toutes ces années, il pensait qu'il le détestait, mais en fait, c'était tout l'inverse. Il pouvait voir sur son visage que cela était très dur émotionnellement pour lui de parler de la sorte, d'exprimer ce qu'il ressentait. Cela fit beaucoup de peine à Izuku qui voulait réconforter le blond plus que tout au monde.

Sans décider d'y apporter plus d'importance que ça, il embrassa Bakugo avec tout l'amour qu'il pouvait lui procurer. C'était un baiser pur, lèvres contre lèvres, sans arrières pensées. Il pouvait sentir Bakugo bouger ses lèvres contre les siennes, comme pour renvoyer ce baiser.

Cela dura seulement quelques instants, quelques instants d'intimité entre deux âmes-sœur. Deku fut le premier à s'en défaire, difficilement.

« Je t'aime, Katchan. » Des mots qui pouvaient sembler simple, mais remplis de sens pour les deux tourtereaux. Les deux partagèrent un franc sourire avant que Bakugo ne lance un oreiller sur la figure de Deku.

« Ça t'apprendra à être aussi sentimental, Deku. » Pour la première fois depuis longtemps, Katsuki rit avec la personne la plus importante à ses yeux et il en était heureux. En plus de ça, un poids s'était détaché de son cœur.

Les deux restèrent l'un à côté de l'autre pendant encore quelques minutes avant de finalement se décider à rejoindre le reste de la classe, qui devait s'inquiéter qu'ils ne soient toujours pas revenus.

« Attends… » Deku venait de traverser l'ouverture de sa chambre qu'il fut aussitôt ramené dans les bras de Katsuki. Il déposa un simple baiser sur son front et le laissa se détacher de son étreinte. « Je t'aime, Deku. » Les joues du jeune aux yeux de jade ne pouvaient pas être plus brûlante que maintenant. Entendre ces mots sortirent de la bouche de son amour d'enfance était la chose la plus incroyable et la plus belle qu'il ne puisse s'imaginer. Il hocha la tête vigoureusement pour renvoyer silencieusement les propos du blond.

Katsuki, lui, s'amusait à taquiner son rival. Maintenant qu'ils avaient établis leur relation, tout allait changer entre eux, ou presque.

« D'ailleurs, Katchan. Maintenant qu'on est ensemble, on est quoi au juste ? Petits amis ? »

« Putain, Deku, tu t'attaches vraiment à ces classifications ? Tu m'aimes, je t'aime, point barre. » Katsuki n'était clairement pas quelqu'un qui aimait les étiquettes. Pourquoi se caser dans une boite ? Le problème, c'est que maintenant que Deku et lui étaient en couple, il allait devoir supporter encore plus ses murmures qu'habituellement.

« …Donc on est bien des petits amis ! » Deku avait souri joyeusement en descendant les escaliers accompagnés de Bakugo, qui soupira à sa remarque.

« Peu importe… » Il attrapa rapidement les vêtements secs qu'il avait laissés plutôt sur la table commune avant de rejoindre l'entrée de l'internat. « T'a intérêt à prendre une douche et à te changer à la pause déjeuner, c'est compris ?! C'est pas le moment que t'attrapes froid ! » Deku pensait pouvoir s'habituer aux petites marques d'affection de Katsuki. Il ne pouvait pas s'imaginer que, ce matin, tout était encore différent entre eux.

« Toi aussi, Katchan. »

« Ouais, ouais, tête de nœuds. » Katsuki ouvrit la porte d'entrée et la traversa avec Izuku. Celui-ci s'était empressé de prendre sa main alors qu'ils marchaient dans la direction de l'école.

« Qu'est-ce que tu crois faire ? » Questionna-t-il avec les sourcils froncés.

« Rien. » Izuku sourit simplement à Katsuki alors qu'il ne lâcha pas son emprise sur sa main.

« Tch, t'es pas possible toi. » Bakugo soupira lourdement avec exagération alors qu'il continuait leur bout de chemin, main dans la main.


Quelques minutes plus tard, devant la salle de classe de la seconde A.

« Hey Bakugo ! T'en a mis du temps, on pensait que tu t'étais peut-être perdu ! » Kirishima venait accueillir son meilleur pote, cela alerta rapidement le reste de ses camarades.

« La ferme, abrutis ! Je me perds jamais ! » Le blond réprimanda, à sa manière, Eijiro, qui avait abaissé son regard sur Izuku et les doigts entrelacés avec lui. Le jeune aux cheveux rouge flamboyant ne put retenir un sourire entendeur et un clin d'œil vers Katsuki alors que celui-ci avait les joues brûlantes et une soudaine envie de l'étriper sur place.

« Et en plus tu es avec Midoriya, c'est génial ! » Kirishima feignait la surprise en voyant Izuku. Bakugo le remercia intérieurement de ce geste d'amitié, même s'il ne lui dira jamais.

« Izuku ! Je suis vraiment contente que tu sois là ! » Ochaco venait de se jeter dans les bras du garçon aux yeux de jade tandis que tout le monde s'agglutinait tout autour de lui, le séparant contre son gré de Katsuki.

Ce n'était que la mi-journée et Bakugo savait pertinemment qu'il n'en avait pas fini d'entendre des vertes et des pas mures de ses camarades de classes. Pourtant, d'une certaine manière, cela le soulageait, car il était avec Deku.

Rien ne pourrait plus jamais se mettre en travers de leur chemin. Un chemin qu'il leur restait encore à tracer. Ensemble.

À midi, la direction de l'école et les professeurs autorisèrent enfin les étudiants à quitter l'enceinte de l'académie Yuei. Le reste de la journée était libéré, ils avaient l'après-midi de libre.

Pour la plupart des étudiants, ce n'était qu'un jour banal qui avait connu une situation peu banale. Pour Izuku et Katsuki, c'était le jour qui avait vu naître leur amour véritable, leur amour pur.

Et tout ça, ils le devaient à un bras de fer mal tourné et à une vérité révélée. Comme quoi, le destin pouvait-être à la fois cruel et indulgent.

C'était une leçon que n'oublieront pas de sitôt Deku et son Katchan. Une leçon de vie.


FIN


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Et encore merci beaucoup d'avoir prit le temps de lire cette histoire!

À la prochaine!