Chapitre 17 : Confession

Nohr, au pied du Pics des Loups…

Keaton afficha un grand sourire rayonnant en reconnaissant son territoire.

_ Daraen, tu as vu ! On est arrivé chez moi ! C'est ici, la route n'a pas essayé de changer cette fois ! Tu as vu !

Daraen regarda l'homme-loup qui caracolait avec entrain, sa queue hirsute fouettant joyeusement l'air.

Kamui leva ses yeux rubis vers la montagne sinistre qui le dominait. Le ciel gris et bas contribuait à l'aspect terrifiant de la montagne. Vraiment, il ne comprenait pas l'entrain dont faisait preuve Keaton !

_ Bon, on attaquera la montée demain. Ça va à tout le monde ?

Keaton regarda Daraen, cessant de remuer dans tout les sens.

_ Mais… C'est ma montagne, il ne faut pas avoir peur !

_ Je n'ai pas peur, Keaton, mais personne de sain d'esprit ne gravirait une montagne, même accueillante, juste avant la nuit. Il fera trop sombre pour que nous puissions voir où nous mettrions les pieds. Ne t'inquiète pas, elle ne va pas s'envoler, ta montagne !

L'Ulfhedin hocha la tête.

Le campement fut installé pour la nuit, Daraen plaçant ses protections tout autour. Elles étaient tellement puissantes que la troupe de Corrin pourrait passer en plein milieu du camp sans même s'en rendre compte.

_oOo_

Kamui se réveilla en sursaut, son corps tremblant était couvert de sueur. Il devait sortir de sa tente, immédiatement. Il devait respirer de l'air. Il ne comprenait pas pourquoi ces rêves revenaient, nuit après nuit. Et il ne comprenait encore moins pourquoi son corps réagissait ainsi. Après tout, il ne faisait que rêver de Niles ! Pourquoi se mettait-il dans un tel état alors que rien n'était vrai ! Ni les baisers brûlants échangés, ni les étreintes passionnées… Juste des rêves qui revenaient le harceler.

L'air nocturne apaisa quelque peu ses tremblements. Il continua de marcher dans le camp, circulant en silence entre les tentes. L'herbe sous ses pieds nus était douce.

Il leva les yeux vers les étoiles, brillantes et si belles, et laissa son esprit dériver.

Depuis que Niles lui avait dit ces choses, il ne cessait de s'interroger. Il ne pouvait qu'avoir mal comprit ses propos. Niles était un homme et autant qu'il le sache, il ne pouvait donc pas l'avoir demandé en mariage. C'était ça, il avait simplement mal comprit !

_ Encore une insomnie, Kamui ?

Le jeune homme se retourna vers la provenance de la voix. Daraen était assise sur une caisse, les yeux rivés sur les étoiles. Elle baissa le regard et le regarda avec un sourire malicieux. Elle avait sentit Kamui se promener chaque nuit, dans un état qui ne laissait aucun doute sur ce qui lui passait par la tête.

_ Tu veux en parler ?

Le jeune homme se hissa sur la caisse pour s'asseoir à côté de Daraen. Il ramena ses genoux contre lui et cala son menton dessus.

_ Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive… Je… Je n'arrête pas de penser à Niles, je suis mort de peur à l'idée qu'il lui arrive encore quelque chose… J'ai peur Daraen. Je ne comprends pas… Je n'ai jamais ressentis ça, pas même pour mes frères et sœurs ! Je ne sais pas ce qu'il m'arrive ! Et il m'a dit des choses tellement… étranges, l'autre jour ! Depuis il ne m'adresse plus la parole et je ne le supporte pas ! Bon, c'est de ma faute parce que je ne lui ai pas répondu… Mais je ne savais pas quoi lui dire ! Et je fais des rêves tellement bizarres ! Des rêves où on s'embrasse, où il… enfin vous voyez… Daraen, qu'est-ce qu'il m'arrive ?!

Daraen cligna des yeux d'un air incrédule. Elle secoua la tête pour se ressaisir. Elle avait certes proposé à Kamui de lui parler, mais elle n'aurait pas cru qu'il viderait à ce point son sac. Elle le savait innocent et complètement ignorant sur le sujet, mais pas à ce point !

_ Attends… tu ne t'es jamais dit que tu étais tout simplement amoureux de lui ?

_ Hein ? Mais c'est impossible ça ! C'est un homme !

_ Et alors ?

_ Mais un homme ne tombe pas amoureux d'un autre homme !

_ Qui l'a décidé ?

Kamui resta silencieux pendant un long moment avant de demander d'une petite voix.

_ C'est possible ?

_ Tu es encore plus innocent que je ne le croyais, Kamui ! Bien sûr que c'est possible ! C'est rare, et certain diront même malsain, mais oui, c'est possible. Et franchement, tu devrais le savoir. N'as-tu pas vu Kaden et Keaton ?

_ C'est pas juste des mœurs de polymorphes ?

Daraen se prit la tête entre les mains.

_ Non, ce ne sont pas juste des mœurs… Mon petit Kamui, tu es vraiment l'homme le plus pur que je connaisse !

Le jeune prince regarda Daraen et esquissa un sourire incertain. La jeune femme passa son bras autour de ses épaules et le ramena contre elle.

_ Pauvre petit prince… J'espère pour toi que les Nohriens sont plus ouvert que les Hoshidiens, d'après ce que j'ai put voir. Quoi qu'il en soit, maintenant que tu as enfin comprit que ce que tu ressens pour Niles, c'est de l'amour, tu vas peut-être pouvoir aller le trouver et répondre à sa déclaration.

Kamui rentra la tête dans les épaules.

_ J'y arriverais pas…

_ Comme tu veux.

Daraen se laissa glisser sur le sol et regarda Kamui.

_ Mais ne vient pas te plaindre quand tu le verras sauter sur la première personne venue comme il le fait si bien.

La jeune femme s'éloigna, laissant seul un Kamui déboussolé.

_oOo_

Le soleil perça difficilement un nuage, éblouissant Kamui. Le jeune prince était resté toute la nuit sur la caisse, à réfléchir.

Le camp commença à se réveiller, chacun sortant de sa tente pour aller manger avant de commencer l'ascension du Pic des Loups.

_oOo_

Kamui repéra Niles au milieu du camp, en train de murmurer ses habituels propos grivois à une pauvre Félicia rouge d'embarras, sans se soucier le moins du monde du fait que Silas les regardait de loin en fulminant.

Kamui sentit une sourde colère monter en lui. Il cessa de faire attention à ce qui l'entourait. Il cessa de se tracasser l'esprit avec des questions qui ne le menaient nulle part.

_ NILES !

L'archer tourna la tête vers lui et inclina légèrement la tête. Il effleura la joue de Félicia avant de s'approcher de sa démarche féline.

_ Avez-vous une tâche quelconque à me confier, Messire Kamui?

Kamui l'agrippa par le revers de sa cape, forçant l'archer à se baisser pour être à sa hauteur.

_ Vous n'avez pas le droit de vous conduire comme ça, Niles ! Me dire ces choses, puis faire comme si de rien n'était ! Et surtout de m'éviter ! Vous faites toujours en sorte de ne jamais vous retrouver seul avec moi !

_ Messire Kamui…

Niles le repoussa doucement sans difficulté. Il était perdu. Pourquoi Kamui voulait-il reparler de ça ? Et surtout maintenant, alors que le gros de l'armée les regardait comme des bêtes curieuses, se demandant probablement ce qu'avait bien put faire l'archer pour faire sortir le gentil Kamui de ses gonds.

_ Messire Kamui, je vous ai déjà présenté mes excuses pour cela, et vous n'avez aucune raison de vous sentir coupable de quoi que ce soit. Si vous n'avez pas d'ordres à me donner, je vais retourner à mes… occupations.

Il tourna le dos et fit quelques pas. Il croisa le regard de Daraen.

Elle était au courant de tout, il le savait. Cette femme avait des oreilles partout et aucun soldat ne pouvait éternuer sans qu'elle ne le sache, d'une manière ou d'une autre. Mais si elle savait ce qu'il ressentait, elle n'en avait l'air choquée le moins du monde. Elle lui adressa un sourire malicieux en plissant les yeux.

_ SI, J'AI UN ORDRE, NILES !

Le borgne s'arrêta, surprit par la soudaine explosion du jeune prince.

_ Je veux que vous me disiez clairement ce que vous ressentez ! Sans tromperie ou pirouette de phrase ! Clairement, haut et fort, je veux savoir ce que vous ressentez pour moi, Niles !

L'archer se retourna lentement vers Kamui. Le prince le regardait fixement, les joues rouges, mais son regard ne cillait pas. Niles dévia légèrement le sien. Si Kamui désirait l'humilier en public pour le punir, il s'y plierait. Mais il refusait de laisser ce prince trop couvé lire la douleur dans son unique œil.

_ Si tels sont vos ordres… Je… vous aime, Messire Kamui. Pas comme un ami, mais comme un amant. Je vous aime et vous désire comme cela ne m'ait jamais arrivé. Je vous pris de pardonner mon impudence.

Niles entendit des murmures autours de lui, couvrant presque des bruits de pas se rapprochant de lui. Il releva la tête, étonné, mais n'eut que le temps de voir un éclat d'ivoire avant que quelque chose ne le percute.

Kamui enroula ses bras autour du cou de Niles, s'accrochant aussi fort que possible à lui. Il nicha son visage contre l'épaule massive de l'archer.

_ Niles, vous n'avez aucune raison de vous excuser !

Le jeune prince s'écarta légèrement, sans dénouer ses bras du cou de l'archer, et le regarda, les joues rouges et un grand sourire sur le visage.

_ Je vous aime, Niles ! Daraen m'a dit que deux hommes avaient le droit de s'aimer. Quand vous m'avez demandé en mariage, je l'ignorais. Je pensais avoir mal comprit votre question. Alors comment aurais-je put y répondre ?

Niles haussa un sourcil. L'innocence et la candeur de Kamui ne cesseraient donc jamais de l'étonner ?

Le jeune prince le regardait avec des yeux presque suppliant. Ce fut trop pour l'archer. Il prit son innocent visage d'ange entre ses mains et l'embrassa passionnément, avidement. Il s'était retenu pendant trop longtemps.

Quand il s'écarta, Kamui était rouge jusqu'à la pointe de ses oreilles.

Le jeune prince ce nicha de nouveau contre Niles, se hissant sur la pointe de ses pieds nus pour l'enlacer de toutes ses forces.

_ Par les dieux, Niles… Je vous aime. Je vous aime ! Je vous aime tellement !

Niles le serra contre lui, et ferma son œil. Son cœur battait si fort dans sa poitrine que tout Nohr devait l'entendre.

_ Je vous aime aussi… Kamui. C'est chaleureux… C'est donc ça, l'amour ? Je peux vous sentir au plus profond de mon être… Quand suis-je devenu comme ça ?… Quand suis-je donc tomber amoureux de vous ? C'est une faiblesse de ressentir autant d'amour, je suppose… Mais je vais m'en accommoder très vite.

Il déposa de nouveau ses lèvres contre celles de Kamui, savourant ce baiser qu'il désirait depuis si longtemps.

_oOo_

Daraen sourit et regarda le ciel se dégager lentement au-dessus de la montagne. C'était bien beau de voir un couple se former, mais il fallait grimper avant que le ciel ne redevienne menaçant.

_ Tu as vu Daraen, eux aussi ils sont amoureux ! Comme moi et Kaden !

_ Oui, c'est vrai… Bon ! Niles, Kamui, pardon de vous interrompre, mais il faut que nous nous remettions en route. Je suis sûre que les Hoshidiens sont juste derrière nous et je n'ai pas envie d'avoir à me battre contre eux encore une fois. Sauf erreur de ma part, ce qui n'arrive jamais, nous sommes encore en guerre !

Kamui rougit et regarda Daraen.

_ Euh… Oui… Je…

_ Respirez, Kamui. Daraen à raison, nous devons y aller. Surtout que maintenant, nous aurons tout le temps pour discuter… et beaucoup plus. Il n'y a plus aucune raison d'être aussi réservés…

_ Pa… Parce que vous étiez réservé, jusqu'ici !?

_ Oh oh… Vous n'avez encore rien vu ! Avez-vous la moindre idée de ce qui vous attend ? J'espère bien que non…

Kamui rougit violemment lorsque la voix sensuelle de Niles effleura ses oreilles, ce qui amusa beaucoup l'archer.

La troupe se mit en route, partant à l'assaut de la sinistre montagne Nohrienne.

Kamui sentit la main de Niles se poser en bas de son dos et l'archer lui adressa son sourire ravageur. Le jeune prince manqua de s'étaler de tout son long.

_oOo_

Daraen regarda Keaton et attendit qu'il se décide sur la route à prendre. Le Pic des Loups était un véritable dédale. Les roches aux arrêtes saillantes se ressemblaient toutes. Mais comme c'était le territoire de l'homme-loup, elle espérait que son pitoyable sens de l'orientation serait suffisant pour les orienter.

_ Par-là ! Je sens l'odeur de ma meute !

_ Vraiment ? Tu as vraiment un odorat efficace, Keaton, je suis impressionnée !

Il sourit en se redressant fièrement, sa queue s'agitant joyeusement dans son dos.

Le groupe continua de progresser lentement.

Le soleil était caché depuis longtemps par de lourds et inquiétants nuages quand Keaton s'immobilisa, ses oreilles tournant en tout sens à la recherche d'un bruit.

_ Quelqu'un vient, Daraen.

_ Oui, droit devant.

Quelques individus sortaient de derrière un bosquet d'arbres décharnés. Il portait des capuches et des queues sortaient de sous leurs vêtements, s'agitant dans leurs dos.

_ Ce sont les miens !

Keaton s'avança à leur rencontre et l'attitude menaçante du groupe d'Ulfhedins changea du tout au tout.

_ Chef !

_ Keaton !

_ Vous nous avez enfin retrouvés !

_ Vous sentez bizarre, chef !

Ils entourèrent leur chef perdu depuis des semaines. Ils avaient l'habitude de le voir disparaitre de longs moments, perdu dieu sait où.

_ Dites chef, c'est qui, eux ?

Keaton se retourna et regarda la troupe Nohrienne.

_ Ce sont mes amis ! Ils m'ont ramené ici sans rien demander en échange. Ils sont gentils pour des humains, il ne faut pas les manger. D'accord ?

_ Oui, chef !

Kamui se colla contre Niles en entendant la phrase de Keaton.

_ Ils mangent des humains ?

_ Entre autre chose. Vous l'ignoriez, Kamui ?

_ Oui…

Keaton sourit en entendant Kamui. Il ramena ses oreilles en avant pour accorder son attention à sa meute.

_ Je ne vais pas rester, je dois rester avec Daraen et les autres. Nous avons de grandes choses à faire ! Et puis je dois retrouver Kaden !

_ C'est qui, Kaden ?

_ C'est son odeur qu'on sent sur toi, chef ?

_ C'est ça !

Le chef Ulfhedin sourit avec fierté. Un peu d'étonnement se mêlait à son sourire heureux.

_ D'ailleurs, il va passer par ici, alors laissez le passer. Il sera avec un groupe d'Hoshidien. Eux aussi ils peuvent passer. Vous le reconnaitrez facilement. Kaden est un mâle Kitsune roux avec des habits bleus et une queue trop soignée.

_ Un Kitsune ?! Vous pouviez pas trouver mieux qu'un renard ?

L'espace d'un instant, Keaton se transforma en loup gigantesque et frappa violement l'importun, l'envoyant heurta durement un rocher noir. Il reprit sa forme humanoïde et son regard éloquent réduisit au silence le reste de sa meute. Il n'en était pas le chef pour rien.

_ Vous laisserez passer Kaden et les Hoshidien sans leur faire le moindre mal. Vous les guiderez jusque l'autre côté de la montagne et c'est tout. Si l'un d'entre vous s'en prend à Kaden, je le massacre.

Daraen haussa un sourcil. Keaton lui avait parut jusque là un peu simplet mais il avait véritablement l'âme d'un chef. Finalement, il ressemblait énormément à son Chrom.

Keaton leur fit signe qu'ils pouvaient avancer et le groupe put poursuivre sa route.

_oOo_

Quitter la montagne soulagea le groupe Nohrien. Keaton se retourna et regarda son territoire.

_ Si tu veux, quand cette histoire sera finie, je te ramènerais chez toi. Pour être sûre que la route de change pas !

_ C'est gentil, Daraen… Mais si je reviens avec Kaden, je ne sais pas ce qu'il se passera. Les Ulfhedins et les Kitsunes ne s'entendent pas spécialement. Les renards et les loups n'ont jamais fait bon ménage.

_ Alors prouvez le contraire, Kaden et toi !

_ Ce serait bien !

_ Vous vous êtes rencontré comment ?

La queue de Keaton s'agita joyeusement quand il repensa à ce souvenir.

_oOo_

Keaton cherchait son chemin depuis des jours. Il était loin de sa montagne, ne la voyant même plus. Il s'était arrêté dans un village Nohrien quand il avait vu un Kitsune.

_ Qu'est-ce qu'il fait là, lui ?!

Il aurait attaqué Kaden mais le Kitsune avait simplement levé les mains pour signifier qu'il n'avait pas l'intention d'accepter l'affrontement.

_ Tu n'as rien à faire ici, Kitsune.

_ Calme-toi, Ulfhedin. Je vais rentrer chez moi dès que j'aurais remboursé ma dette envers ce monsieur là-bas !

Keaton s'était un peu calmé, ses oreilles toujours plaquées en arrière dans une attitude menaçante. Il s'était néanmoins éloigné.

Ce n'est que plus tard qu'il avait de nouveau croisé Kaden. Le Kitsune était encerclé par un groupe de Nohriens, dont l'homme envers qui il avait soi-disant une dette.

_ La fourrure de Kitsune se vend à prix d'or au marché noir, bien mieux que celle des Ulfhedins !

Keaton avait vu rouge. Il s'était jeté sur le groupe de Nohriens et les avait tous tué sans faire de sentiment. Il s'était tourné vers Kaden en reprenant forme humaine, sans comprendre pourquoi il avait réagit aussi violement à la simple idée de voir le beau Kitsune se faire dépecer.

_ Ça va ?

_ Oui… Tu m'as sauvé la vie… J'ai une dette envers toi ! C'est quoi ton nom ? Moi c'est Kaden !

_ Keaton… Si tu veux vraiment m'aider, je veux bien… la route a changé de place jusqu'à chez moi. Je veux bien que tu m'aides à la retrouver et on sera quitte.

_ D'accord !

_oOo_

_ Mais au final la route s'est déplacée et nous a conduit jusqu'à Cyrkensia, où on s'est rencontrés, Daraen ! Au début c'était dur, on n'arrêtait pas de se disputer. Mais petit à petit, on s'est mieux entendu.

_ Tellement de mieux en mieux que vous avez finit par former un couple !

_ Oui ! Mais je ne pensais pas qu'on était un couple uni à vie…

_ Qu'est-ce que tu veux dire ?

Keaton regarda Daraen et se détourna de la montagne en se mettant enfin en marche. Daraen laissa tomber un caillou blanc portant sa marque en V avant de lui emboiter le pas.

_ Tu as entendu ce qu'il a dit à propos de mon odeur et de celle de Kaden sur moi ? Chez les Ulfhedin, et plus généralement les peuples polymorphes, nous marquons en quelque sorte notre partenaire avec notre odeur lorsqu'on s'accouple. Mais pas n'importe qui, seulement celui a qui nous sommes destinés. Donc si l'odeur de Kaden est sur moi, ça signifie que nous sommes venus au monde pour être ensemble. Chez les humains, je crois qu'on dit ''âme-sœur''.

_ Entre divers autres noms, oui… j'aime beaucoup le terme ''uni pour la vie'', c'est très beau… Et ça fait moins consanguin.

Daraen sourit et s'étira.

_ Ça ne te gêne pas, Daraen ? Certains humains réagissent mal aux couples de mâles, je crois.

_ Oui, je sais. Mais c'est mon uni pour la vie à moi qui m'a sauvé la vie grâce à ses sentiments. Depuis ce jour, je considère que toutes les histoires d'amour du monde ont le droit d'être.

_ Tu es une drôle d'humaine !

La jeune femme se mit à rire et entraina Keaton par le bras pour rattraper le reste de la troupe de Kamui.


Le terme ''Uni pour la vie'' n'est pas de moi, il vient de la saga Valdemar, série de romans écrit par Mercedes Lackey. Je trouve cette expression tellement jolie que je n'ai pas put m'empêcher de m'en servir ici.