Chapitre 18 : Nefas
Nohr, Pic des Loups…
Corrin tira Yato mais se sentait aussi ridicule que si son épée n'avait été qu'un jouet en bois. Que pouvait-elle faire face à une meute entière de loups géants ? Même en se transformant en dragon, elle n'irait pas loin.
Les Hoshidiens se regroupèrent par duos, prêts au combat.
Kaze s'empara de ses shurikens alors qu'Hinoka décrochait sa lance de la selle de son pégase. Elle envoya sa monture dans le ciel pour le mettre hors de danger. Les Ulfhedins suivirent avec des yeux intéressés le pégase.
_ Vous auriez dût vous envoler sur son dos, Dame Hinoka.
_ Alors que vous resterez au sol à risquer votre vie ? Kaze, nous sommes un binôme. Corrin nous a mit ensemble pour que nous veillons l'un sur l'autre, je ne vous abandonnerais pas.
Le ninja resserra sa prise sur son arme, sans répondre.
Plusieurs hommes-loups avaient gardé leur apparence humanoïde. Ils regardaient le groupe en grondant sourdement.
_ Il a dit quoi déjà, le chef, à propos des Hoshidiens qui le suivaient ?
_ Je ne me souviens plus. Il a parlé d'un Kitsune, je crois. Et là, il y en a un !
_ Je me souviens ! Il veut sa peau pour décorer sa caverne !
_ Oui, c'est ça ! On ne doit pas les laisser passer sur notre territoire !
Les loups gigantesques se jetèrent sur les Hoshidiens sans plus de discussion.
Kaden regarda la meute de Keaton passer à l'attaque. Il avait eu beaucoup de chance de ne pas s'être fait étripé quand il avait rencontré son amant ! Il se transforma en renard et resta aux côtés de Chrom, dont l'épée ne servirait pas beaucoup face à la peau épaisse des Ulfhedins.
Le Kitsune se tassa sur lui-même, prêt à bondir quand un homme-loup s'interposa.
_ Arrêtez bande de sale cabots ! Vous voulez que Keaton nous massacre tous où quoi ! Il ne nous a pas demandé de les massacrer mais de les laisser passer !
Il se tourna vers le groupe Hoshidien.
_ Qui est le Kitsune Kaden ?
L'homme-renard reprit forme humaine et s'avança, ses oreilles s'agitant nerveusement sur sa tête. L'Ulfhedin renifla autour du Kitsune avec intérêt.
_ Oui, c'est bien toi. L'odeur de Keaton est sur toi. Et tu es comme notre chef t'a décrit.
_ Son odeur… sur moi ? Mais ça veut dire…
_ Passons, on ne va pas discuter les goûts douteux de notre chef. Un Kitsune… franchement ! Mais puisqu'il nous a ordonné de vous laisser passer, nous le ferons. Je vous conduirez jusqu'au chemin de la sortie.
Kaden secoua la tête, sonné. Ce n'était pas tout les jours qu'on apprenait s'être uni à vie avec quelqu'un ! Il fallut que Chrom le pousse doucement devant lui pour qu'il se mette en marche à la suite de l'Ulfhedin.
_oOo_
L'Ulfhedin laissa la troupe Nohrienne et retourna auprès de sa meute.
Corrin soupira de soulagement.
_ Vous avez l'air heureuse, Dame Corrin.
_ Oh, Kaze ! Oui, je suis soulagée que nous n'ayons pas dût nous battre. Heureusement de Kaden était avec nous et que Keaton soit avec mon frère, et qu'ils soient passés ici avant nous.
_ C'est tout de même étrange que l'armée Nohrienne ait fait demi-tour et semble maintenant nous ouvrir la voie…
_ Ils se sont peut-être rendu compte que notre but est le même !
_ Peut-être… Mais je ne les imagine pas aller affronter leur roi de gaieté de cœur… Mais passons. Dame Corrin, je suis venu vous parler.
_ Qu'y a-t-il ?
Le ninja soupira.
_ Je voudrais vous présenter mes excuses.
La jeune femme pencha la tête sur le côté d'un air interrogateur. Le ninja paraissait être mortifié.
_ C'est de ma faute si vous et votre frère Kamui avez été capturés quand vous étiez enfants. Le roi Sumeragi m'avait demandé de voyager avec vous pour parfaire mon entrainement. Je n'étais alors qu'un enfant à peine plus âgé que vous. J'ai aperçut de nombreuses troupes Nohriennes. Mais je n'ai rien dit.
_ Kaze, vous n'y êtes pour rien ! Vous n'étiez qu'un enfant ! Et personne ne pouvait savoir que Garon avait tendu un piège à Sumeragi. Vous n'avez pas à vous sentir responsable de cela, Kaze ! Moi, je vous pardonne sans hésitation, et je suis certaine que Kamui le ferait également.
Kaze regarda la jeune femme avec étonnement.
_ Mais vous avez vécu l'horreur par ma faute !
_ Non ! Jamais ! J'étais très heureuse en Nohr ! J'y ai rencontré des personnes formidables, ma famille, mes amis… Léo… Je ne regrette rien. Je vous en pris Kaze, cessez de vous en vouloir, nous faisons tous des erreurs.
_ Ma Dame…
Le ninja s'inclina alors respectueusement, mettant un genou à terre.
_ Dame Corrin, permettez-moi d'expier ma faute en vous servant.
_ Me… servir ?
_ De la même façon que Subaki et Hana servent Dame Sakura, Hinata et Oboro assistent Messire Takumi, Kagero et mon frère Saizo secondent Messire Ryoma et Azama et Setsuna aident Dame Hinoka.
_ En d'autre terme, vous voulez devenir mon vassal ?
_ C'est cela, Dame Corrin. Jusqu'à présent, je n'ai juré fidélité à personne, mais la reine Mikoto me gardait malgré tout au palais. Je sais maintenant que c'était pour que je vous serve, vous ou votre frère.
_ Je ne peux pas accepter que vous me serviez, Kaze… Je veux que nous combattions comme des amis, côte à côte !
Kaze sourit doucement et inclina la tête. Il ouvrit la bouche pour parler mais le sol trembla avec un grondement sourd.
_ Qu'est-ce que…
Le sol se déroba soudainement sous les pieds de Corrin.
Le ninja se jeta en avant et rattrapa la jeune femme par le bras.
_ Tenez bon, Dame Corrin !
_ Kaze, lâchez-moi ! Vous allez tomber aussi !
_ Mourir ne me fait pas peur, si cela vous sauve la vie !
_ Non !
Un furieux battement d'aile résonna alors. Corrin leva les yeux et vit Hinoka arriver, montée sur son pégase.
_ Corrin ! Kaze ! Tenez bon !
Kaze sentit le sol trembler de nouveau. Il savait qu'Hinoka n'aurait jamais le temps de les sauver tous les deux avant que le sol ne s'effondre complètement.
Il regarda Hinoka et sourit. Il regarda de nouveau Corrin suspendue à son bras.
_ Merci de m'avoir accordé votre pardon et votre amitié, Dame Corrin. Dame Hinoka !
Le ninja se retourna violement, projetant dans le mouvement Corrin dans les airs. Hinoka fonça et rattrapa in-extremis sa sœur, la hissant en selle derrière elle. Elle regarda de nouveau le sol secoué de tremblement et la panique s'empara d'elle. Kaze était toujours là. Il lui souriait de son air doux.
Dans un grondement de tonner, la terre s'effondra, engloutissant le ninja.
_ KAZEEEEEEEE !
La poussière empêcha Hinoka de s'approcher. Elle avait l'impression que son cœur se brisait. Pour sauver sa sœur, elle avait laissé Kaze mourir.
Elle n'avait même pas eut le temps de lui dire ce qu'elle ressentait vraiment pour lui. Tout ce qu'elle avait réussit à faire, c'était de l'envoyer surveiller Chrom.
Des larmes brûlantes roulèrent sur les joues de la princesse Hoshidienne alors qu'elle faisait tourner bride à son pégase pour aller déposer Corrin en lieu sûr.
_oOo_
Chrom sursauta quand la terre trembla une première fois sous ses pieds. Quelque chose lui disait qu'une tragédie était sur le point de se produire. Ce n'était jamais bon, les effondrements de terrains. Il se mit à courir dans la direction qu'avaient prise Corrin et Kaze pour parler.
La terre trembla une seconde fois, le faisant lourdement chuter au sol.
Le jeune homme se releva et reprit sa course. Il déboucha sur un espace dégagé au moment où Kaze projetait Corrin dans les airs. Hinoka rattrapa la jeune femme dans les airs.
Un nuage de poussière s'éleva quand la terre s'effondra avant qu'Hinoka n'ait eut le temps de revenir chercher Kaze. Chrom entendit son hurlement désespéré et se précipita. Si Daraen le voyait agir ainsi, elle le traiterait d'inconscient suicidaire.
Chrom tendit la main en plongeant et sentit un morceau d'étoffe sous ses doigts.
_ Kaze ?
_ Qui… Chrom ?!
_ Accrochez- vous !
Le ninja regarda le guerrier et s'accrocha à son poignet, se retrouvant dans la même situation que Corrin, quelques instants plus tôt.
_ Vous allez tomber aussi, Chrom !
_ Ne vous inquiétez pas !
Chrom grinça des dents en tirant Kaze sur le sol. Il ressentit une douleur presque insupportable au niveau du flanc gauche. Quelque chose lui disait que les roches aux arrêtes saillantes du Pic des Loups n'y étaient pas étrangères.
La poussière finit par retomber et les deux hommes se regardèrent avec soulagement. Tout autour d'eux, le flanc de la montagne était totalement effondré.
_ Chrom, vous m'avez sauvé la vie… Pourquoi ? Vous êtes pourtant un ennemi d'Hoshido !
_ Un ennemi ? Qui vous a mit cette idée dans la tête ?!
_ Mais votre femme, Daraen ou Grima, elle est aux côtés des Nohriens !
_ Ah… Vous savez donc que Daraen est bien ma compagne. Mais cela ne signifie pas que je suis votre ennemi ! Je ne peux pas encore vous expliquer le pourquoi du comment mais… Argh…
Chrom se courba en deux sous l'assaut de la douleur.
Kaze écarta sa main et regarda la profonde déchirure sur son flanc.
_ Vous êtes blessé ! C'est en me sauvant que vous…
_ Ce n'est rien… Ouh… Si Daraen apprend ça, elle va se mettre en colère…
Kaze se releva et regarda autour de lui. Mais ils étaient désespérément seuls.
Le ninja retira son écharpe violette et la serra autour de la taille de Chrom, faisant un garrot de fortune. Il aida le jeune homme à se mettre debout en le soutenant.
_oOo_
Campement de la troupe Hoshidienne…
Hinoka était inconsolable. Corrin, Sakura et Azura, ainsi que Takumi tentaient vainement de la réconforter. Elle entendit quelqu'un arriver en courant et elle releva les yeux. Entre ses larmes, elle reconnut les cheveux rouges sombre de Saizo.
_ Dame Hinoka ! Où est Kaze !?
_ Kaze… Saizo, je suis tellement désolée… Votre frère… mort… En protégeant Corrin.
Saizo resta pétrifié sur place. Il n'avait pourtant pas le droit de se laisser aller à du sentimentalisme. Son frère était mort en héros, comme un ninja et un vassal digne de ce nom. Mais Kaze… Son petit frère… Il ne lui avait jamais témoigné toute l'affection qu'il méritait. Il ne s'était jamais conduit en grand frère digne de ce nom avec lui. Il avait toujours fait passer ses devoirs de ninja et son envie de venger la mort de son père avant sa famille. Et maintenant il était trop tard pour dire à Kaze à quel point il était fier de lui. A quel point il comptait pour lui.
Saizo chancela.
Il sentit la main de Kagero se poser sur son bras avec douceur mais la repoussa.
Il s'élança en courant vers l'endroit où Hinoka avait vu Kaze sombrer. Il devait le retrouver. C'était impossible que Kaze soit mort, son frère était bien trop fort pour ça. Tant qu'il n'aurait pas son corps sous les yeux, il refusait d'admettre le trépas de Kaze.
_oOo_
Saizo s'arrêta de courir avec un point de côté. Quelque chose arrivait en haletant devant lui. C'était massif et lourd.
Il tira une fine lame et se prépara à combattre. Mais le pâle soleil de Nohr éclaira faiblement le Pic des Loups à cet instant.
Saizo reconnut ces cheveux verts et ce visage doux et serein.
_ Kaze !
Il s'élança en lâchant ses armes. C'était la première fois qu'il se comportait ainsi, et c'était bien loin de ses habitudes. Ce le fut encore plus quand il serra son frère dans ses bras à lui en briser les côtes.
_ Kaze, mon frère ! Je le savais, tu es vivant !
_ Sai… Saizo ! Mais qu'est-ce qui te prends !?
Saizo s'écarta et toussota. Kaze avait raison, il devait se reprendre.
_ Pardonne-moi, mon frère. J'ai eut peur.
_ Toi, avoir peur ?
_ Tu es mon petit frère, Kaze. Et je tiens à toi plus qu'à quiconque d'autre.
Saizo baissa le regard et fronça les sourcils.
_ Mais c'est… Chrom !?
_ Il a été blessé en me sauvant la vie.
Le ninja de feu se plaça de l'autre côté de Chrom et passa son bras autour de ses épaules.
Les deux frères portèrent le guerrier inconscient.
_oOo_
Kagero scrutait la direction par laquelle Saizo était parti avec inquiétude. Elle n'aurait jamais imaginé le voir perdre la raison à ce point à l'annonce de la mort de son frère. Saizo n'était pas démonstratif, ni en amour, ni en amitié, ni même avec son propre frère.
Quelque chose la tira de ses pensées.
_ Mais… Dame Hinoka, Dame Sakura, venez vite !
Hinoka releva doucement la tête et ouvrit de grands yeux.
Kaze arrivait, bien vivant, sans la moindre blessure. Saizo était avec lui, jetant de fréquents regards à son frère. Et entre eux, Chrom, grièvement blessé.
Sakura se précipita vers lui en brandissant son bâton de soin.
Hinoka accourut vers eux mais s'immobilisa à quelques pas, regardant Kaze.
_ Kaze, vous êtes vivant… Comment est-ce possible ?
_ C'est Chrom qui m'a sauvé la vie. Il a été blessé en le faisant.
Hinoka regarda Chrom qui reprenait doucement conscience grâce aux soins de Sakura. Il avait faillit mourir pour sauver la vie de l'un d'eux. Il n'était donc pas mauvais, ni leur ennemi.
La jeune femme s'avança et finit par se jeter au cou de Kaze, le surprenant.
Saizo haussa un sourcil en voyant Hinoka agir de façon aussi inconvenante. Il n'était donc pas le seul à s'être un peu oublié à cause de la disparition de Kaze. Il n'en était pas moins qu'il ressentit une étrange douleur dans la poitrine.
Hinoka essuya ses larmes et avant de laisser qui que ce soit dire quelque chose, elle déposa un baiser sur les douces lèvres de Kaze.
Le jeune homme écarquilla les yeux de surprise. Il vit Saizo s'éloigner et curieusement, il n'aima pas ça.
Il repoussa doucement la princesse. Un simple soldat comme lui ne pouvait pas se permettre d'être virulent avec une princesse.
_ Je suis désolé, Dame Hinoka… Je ne peux pas… Nous ne pouvons pas…
_ Kaze… C'est parce que je suis une princesse ? Ça m'est égal que vous soyez soldat !
_ Mais Dame Hinoka… Pardonnez-moi mais… Je ne suis pas amoureux de vous.
Le jeune homme paraissait être mal-à-l'aise.
_ Je vous demande pardon, Dame Hinoka…
Il s'inclina et parti en courant à la poursuite de Saizo. Il ne voulait pas que son frère jumeau se fasse de fausses idées.
_oOo_
Saizo se retourna vivement, une fine lame à la main. Son arme heurta celle de la personne qui s'était approchée sans bruit dans son dos.
_ Kaze ! J'aurais put te tuer !
_ Bien sûr que non, je savais que tu réagirais comme ça, je m'y été préparé.
Saizo inclina la tête et s'assit sur un tronc d'arbre tombé au sol. Kaze s'assit à ses côtés, maintenant une certaine distance entre eux.
_ Kaze, pourquoi tu es venu ?
_ Tu es parti quand Dame Hinoka m'a sauté dessus. Tu as eu l'air de souffrir, Saizo. Nous sommes frères, je le sais quand quelque chose ne va pas.
_ Tu te fais des idées. Retourne donc auprès de Dame Hinoka. Je suppose que vous avez des choses à vous dire.
_ Je lui ai déjà dis ce que j'avais à dire. Je ne peux pas répondre à ses sentiments, Saizo. Alors tu n'as pas à être triste. Ses sentiments finiront par s'estomper quand le temps aura fait son œuvre. Tu pourras donc essayer de la conquérir.
_ Pardon ?!
Saizo se tourna vers son frère avec une sidération parfaite dans son seul œil ouvert. Il abaissa son masque.
_ Mais qu'est-ce que tu racontes, Kaze ?
_ Tu t'es enfuis parce que tu ne supportais pas de voir Dame Hinoka se comporter ainsi avec moi, non ? Et ne mens pas, les ninjas n'en ont pas le droit.
Saizo pinça les lèvres. Effectivement, son code d'honneur lui interdisait de mentir, et il préférait mourir plutôt que de l'enfreindre.
_ Je… n'ai pas aimé, c'est vrai.
_ Pourquoi ? En voyant ta réaction, je croyais que tu éprouvais des sentiments pour elle.
_ Non.
_ Alors pourquoi ?
Saizo détourna le regard et observa l'obscurité grandissante du Pic des Loups alors que le crépuscule s'installait.
_ Tu n'aimerais pas la réponse, Kaze.
_ Pourq…
Les doigts de Saizo frôlant les siens donnèrent à Kaze la plus claire des réponses. Il ne retira pas sa main et leva les yeux vers le ciel.
_ Depuis quand ?
_ Longtemps… Tu ne pensais pas que c'était simplement mon obsession pour la vengeance qui m'a éloigné de toi, si ?
_ Je n'y avais jamais réfléchit… Pourquoi moi ?
_ Je ne sais pas. Il me faut une raison ?
Kaze serra brièvement les doigts de son frère, conscient que jamais ils ne devraient laisser quoi que ce soit transparaitre. Pas même en cet instant.
_ Merci, Saizo.
_ Il n'y a aucune raison.
_ Si.
Kaze se pencha et effleura les lèvres de Saizo durant un bref instant avant de se redresser et de s'éloigner de quelques pas. Il se retourna en souriant. Son sourire le plus doux et le plus heureux qui soit.
_ Nous devons nous dépêcher de rentrer. Dame Corrin va s'inquiéter si nous tardons.
Saizo se leva et il rejoignit son frère. Il ne devrait jamais laisser qui que ce soit savoir ce qu'ils venaient de partager. Mais malgré les non-dits, il savait. Ils savaient tous les deux.
Un léger sourire étira ses lèvres quand il les effleura du bout des doigts.
