6- ça colle

9 h 05

Parvati avait toujours la main en l'air lorsqu'elles atterrirent sur les gradins vides.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Lavande.

- Des gens cachés nous regardaient.

- C'est peut-être nous dans cette version, résuma Lavande. Avec un peu de chance, on est en train d'attendre que la version 5 parte pour que notre version prenne sa place.

- Ah oui, s'extasia Parvati ravie. C'est plutôt une bonne chose alors. À 12 h 05 ce samedi redevient normal.

Elles gagnèrent le chemin menant au château pendant qu'elles évaluaient la situation. La fatigue de cette interminable journée ralentissait leur progression.

- On va bloquer la fenêtre, dit Lavande. Et on retourne attendre dans le stade.

- Non. On a vu Black sortir de cette salle de classe par la fenêtre et rejoindre une autre pièce, rappela Parvati. Si on bloque la fenêtre de la première pièce, on perturbe le continuum espace-temps.

- Le continu... commença Lavande... sans moi.

Parvati ignora la réponse et reprit.

- On va simplement bloquer les accès de la pièce que Black atteint à midi. Portes et fenêtres.

Elles entrèrent dans le hall plus épuisé que jamais. Elles étaient debout depuis treize heures, ce qui en soi n'était pas énorme. Mais ces treize heures avaient été rondement chargées.

- On est où là ? bailla Lavande.

- Je sais plus.

- Je ne crois pas qu'on prenne les escalier et des brouettes, réfléchit Lavande.

- Je confirme.

En toute tranquillité, elles gagnèrent le couloir de la sorcière borgne. Elles pénétrèrent dans la salle de classe que Sirius rejoindrait depuis la fenêtre. Elles immobilisèrent toutes les fenêtres de la pièce sauf une. Celle que Black avait utilisée à midi. Elles calèrent le montant pour que la fenêtre reste ouverte et jetèrent des sortilèges de colle sur l'encadrement. Une fois refermée, la fenêtre serait coincée. Puis elles bloquèrent complètement la porte d'accès, après avoir soigneusement fait le tour de la pièce.

- Je suis épuisée, dit Lavande alors qu'elles rejoignaient les escaliers en marbre.

- On ne doit pas traîner pas ici, on va débarquer de partout.

- On pourrait aller au stade.

- Et attendre dans le froid ? geint Parvati. On a qu'à monter au septième étage, on le connaît bien et on n'y a presque pas été aujourd'hui.

Au 7e étage, elles prirent la direction inverse de leur salle commune et tournèrent dans le couloir pour trouver un placard à balai ou une pièce accueillante. Lavande ouvrit une porte qui semblait ne pas avoir été là quelques minutes plus tôt. La salle était remplie de lits très confortables. Parvati entra à son tour et les deux filles s'installèrent chacune sur un matelas. Elles ne se posèrent pas la moindre question sur la présence de ces lits ou sur l'apparition soudaine de cette pièce. Ce qui leur importait était qu'elles avaient trouvé l'endroit idéal pour passer les courtes heures suivantes.

- Je mets un réveil à 12 h 05 quand il n'y aura plus aucune autre version de nous.

- Parfait, dit Lavande en se glissant entre les draps.

Lorsque la montre de Parvati sonna, elles se levèrent avec dépit.

- On n'est plus nulle part, dit Parvati en se redressant avec peine. J'ai super faim !

- Moi aussi, on va manger chez Sibylle ?

Elles se regardèrent avec satisfaction et comme souvent à l'heure du déjeuner, rejoignirent le 5e étage. Elles entendirent des cris de joie en provenance du stade. Pour le moment, qui avait gagné ne les intéressait pas. Elles n'avaient pas mangé depuis presque 10 heures, leur estomac avait déjà rétréci. À cet instant, retrouver la table garnie de la tour de Trelawney devenait leur seul objectif.

- Mes chères filles, clama le professeur Trelawney en ouvrant la trappe.

- Bonjour professeur, répondirent-elles.

L'enseignante guida ses élèves jusqu'à son bureau.

- Je savais que vous viendriez me rendre visite, dit-elle. J'ai commandé plus de nourriture.

Elle annonçait la même chose chaque fois que les deux élèves se présentaient à l'heure du déjeuner.

- Bien que je vous confesse qu'à un moment, je vous supposais au match, avoua le professeur Trelawney.

- Nous y étions, expliqua Lavande.

- C'est pour ça, dit l'enseignante avec un mince sourire.

- Vous savez qui a gagné ? dit Lavande. On a loupé la fin.

Trelawney lui adressa un sourire complaisant et s'exprima après un silence mesuré.

- Je ne regarde pas les résultats sportifs, je sais que beaucoup aimeraient utiliser mes dons pour les paris sportifs. Alors, je préfère ne pas savoir.

Les filles acquiesçaient. Évidemment, les résultats sportifs étaient tellement triviaux par rapport aux problèmes du monde. Elles s'installèrent autour de la table, où trois couverts les attendaient. Au centre de la table trônait un poisson mijoté dans du vin blanc, de petites pommes de terre agrémentaient le plat. Les filles remplirent leurs assiettes généreusement pendant que Trelawney parlait de ses dernières prédictions. Une fois n'est pas coutume, les filles n'écoutèrent que d'une oreille, concentrées sur le contenu de leurs assiettes. Brusquement, l'enseignante reposa ses couverts et reprit la parole d'une voix si dure, si différente de celle qu'on lui connaissait.

- Le Seigneur des Ténèbres est là, solitaire, abandonné de ses amis. Pendant douze ans, son serviteur a été enchaîné. Le serviteur brisera ses chaînes et ira rejoindre son maître. Avec l'aide de son serviteur, le Seigneur des Ténèbres surgira à nouveau, plus puissant et plus terrible que jamais.

La tête du professeur tomba sur sa poitrine. Elle laissa échapper une sorte de grognement, puis, brusquement, elle se redressa.

- Je suis désolée, mes chéries, dit-elle. Je me suis encore assoupie.

Elle reprit ses couverts et dégusta une pomme de terre, bientôt imitée par ses deux élèves habituées à ce spectacle.

Dessert englouti, elles sortirent du bureau. Par réflexe, toutes les deux consultèrent leurs montres.

- Tu crois qu'elle n'a pas du tout conscience de ses transes ? demanda Parvati.

- Non, je ne pense pas, dit Lavande. À chaque fois qu'on lui en parle...

- Tu crois que le serviteur c'est Black ?

- Probablement. C'est un signal pour nous sommer de nous interposer. Pour une fois que l'on peut intervenir après l'une de ses transes. D'habitude on n'arrive pas situer quand les choses sont censées se produire.

D'un même pas et sans s'être concertée, elles rejoignirent le couloir de la sorcière borgne.

- Attends, coupa Parvati en arrêtant son amie.

Elle sortit sa baguette magique.

- Tu as conscience que nous sommes incapables de lancer le moindre sortilège de défense, rappela Lavande.

- Je ne comptais pas lui jeter un sort, dit Parvati. Mais s'il nous approche de trop près, on peut l'enfoncer dans sa chair !

- C'est vrai que c'est pointu une baguette magique, commenta Lavande en dégainant sa propre baguette.

Armées d'un bout de bois à enfoncer, elles reprirent leur route en silence et s'arrêtèrent devant la porte où Black était supposé être enfermé.

Pour plus de compréhension pour le lecteur. Le passage suivant a été traduit.

Lavande désigna la porte d'un coup de tête.

*Tu crois qu'il est toujours là ? *

Sans bouger les pieds, Parvati avança son oreille vers la porte.

* On devrait écouter.*

Lavande ferma les yeux et acquiesça.

*D'accord, mais je suis mortifiée.*

Les deux filles avaient l'oreille collée à la porte, face à face. Parvati avança le menton vers son amie.

*Tu entends quelque chose ? *

Lavande fit une moue rictus.

*Rien et toi.*

De l'autre côté de la porte, elles entendirent un faible :

- Waouf.

Choquées, elles éloignèrent leurs oreilles respectives de la porte.

Lavande fit passer ses pupilles de gauche à droite.

*C'était quoi ça ?*

Parvati colla à nouveau son oreille et mima un grognement.

*Un chien ? *

Lavande écarquilla les yeux de terreur. Elle désigna un point lointain, fit un moulinet avec son doigt. Puis elle leva trois doigts et gonfla ses joues.

* La pièce où nous étions plus tôt, il y avait une chaîne avec trois colliers de chien. Des gros colliers.*

Parvati écarquilla à son tour ses yeux, puis fronça les sourcils. Elle leva trois doigts et gonfla également ses joues.

* Tu veux dire que ce serait un immense chien à trois têtes ?*

Lavande grimaça et secoua la tête de gauche à droite l'air agacé. Elle leva les deux mains en l'air, paumes vers le haut. Puis de nouveau, trois doigts avec les joues gonflées.

* Personne ne garderait un chien à trois têtes dans un établissement scolaire. Je pensais à trois gros chiens différents.

Parvati regarda à droite et à gauche. Puis tira la manche de son amie.

*Les deux autres ne sont peut-être pas loin. Allons-nous-en.*

Les deux filles s'éloignèrent du couloir et reprirent une conversation normalement.

- Il y avait quelque chose derrière cette porte, conclut Parvati. Un chien ou un prisonnier échappé qui imitait un chien.

- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Lavande avec angoisse.

- Je ne sais pas. Quelqu'un finira bien par le trouver.

- Dans ce cas, on ferait bien de renforcer notre alibi. Au moment, où il rentre dans cette pièce, on dort ou on disparaît des gradins.

- D'accord, dit Parvati. Mais on fait ça du stade. Il n'y aura qu'une antécédente version de nous à gérer.

Elles descendirent l'escalier en marbre en prenant soin de noter l'heure par réflexe. Dans le hall, elles prirent de nouveau le soin de relever l'heure. 13 h 33.

- Salut Neville !

- Raaahh, cria-t-il effrayé.

Il pivota sur lui-même regardant de tous les côtés affolés, pendant que les deux filles sortaient par la grande porte.

- Il est complètement taré ce pauvre garçon.

Elles atteignirent les gradins vidés à 13 h 45. Elles se cachèrent sous les gradins pour tourner le Retourneur de Temps.