7- La défaite du salopiot et de la salopiote

10 h 45.

Les filles atterrirent dans les gradins du stade. Parvati vit alors deux jeunes filles installées quelques mètres plus loin. Elle n'eut pas besoin d'attendre pour saisir que les deux jeunes filles c'étaient elles. Parvati tira violemment sur la manche de Lavande qui eut la bonne idée de rester silencieuse pendant que la Lavande assise sur un siège regardait dans leur direction. Sous les gradins, elles se cachèrent dans un coin comportant bien trop de toiles d'araignées.

- Pourquoi tu nous as ramenés si tôt ? demanda Parvati.

- À 11 h 45, le stade est plein.

- Pour bien faire, il aurait fallu 9 h 45.

- De toute façon, je pense nous avoir vus dans la version précédente. On s'est douté que c'était nous et tout s'est bien passé.

Parvati acquiesça. Le monde ne s'était pas écroulé. La ligne du temps ne semblait pas s'être fissurée. Elle était pourtant dans le flou, ne savait plus pourquoi elles étaient revenues avant le match.

- C'est quoi le plan ?

- On attend le départ retourné de notre version 5 et on prend leur place. Et c'est tout. On reprend le cours normal de nos vies.

- Ça me va !

Le cours normal — opposé au cours haché, multiple et complètement incompréhensible — devenait un objectif chimérique.

Le public afflua et elles se dissimulèrent un peu plus sous les gradins. Gardant l'œil sur la montre et l'oreille sur les commentaires de Lee Jordan. Au-dessus d'elles se trouvait un groupe de Serdaigle. Lavande ne put s'empêcher de chercher Eddie et enfin, elle le vit. Elle se hâta vers lui jusqu'à avoir une vue parfaite sur ses chevilles. Parvati s'avança à ses côtés. Elle s'asseyait sur le sol pendant que Lavande restait debout pour mieux humer les chaussettes son bien-aimé.

- Mais qu'est-ce qui se passe ? dit Eddie.

- Je ne comprends pas.

Les filles se regardèrent avec stupéfaction, c'était la voix de Pénélope Deauclaire.

- Tu es sûr que tu as réussi ? demanda Eddie.

- J'ai eu le balai en main et je peux t'assurer que la glaise de défectuosité fonctionnait parfaitement.

Lavande et Parvati échangèrent des grimaces de cris silencieuses.

- J'ai parié une fortune sur ce match, dit Eddie. Tout le monde misait sur la victoire de Gryffondor, c'était facile.

- Moi aussi, dit Pénélope. J'ai même réussi à parier avec Percy.

- Je n'aurais jamais dû m'associer avec toi, grinça Eddie.

- Je suis la seule Serdaigle qui pouvait approcher l'Éclair de Feu, pesta Pénélope. Et la seule qui couvre tes magouilles. Souvient-en.

- Mais pourquoi ce balai fonctionne ? s'irrita Eddie.

Les deux filles s'éloignèrent, ressentant un besoin profond de faire exploser leur colère. Elles rejoignirent les escaliers d'accès.

- Salut Neville ! dit Parvati.

Elles attendirent que le jeune garçon au regard suspicieux eût rejoint les toilettes pour faire exploser leur colère.

- Quel salopiot cet Eddie ! s'écria Parvati.

- Quelle ordure finie, renchérit Lavande. Quand je pense que je lui ai donné mon cœur. Et tous ces efforts accomplis pour le séduire.

- Et Pénélope Deauclaire, c'est la préfète en chef, houspilla Parvati. Et on ne peut même plus se fier aux préfets en chef. Quelle salopiote !

- Je n'aime plus ce type, je ne veux même pas prononcer son nom, je trouverais quelqu'un d'autre pour... Salut Neville !

Elles attendirent que Neville passe devant elles pour reprendre leur conversation.

- On ferait mieux de se cacher, si on reste là. On va se voir, réalisa Parvati.

- Dans quelle direction tu avais vu des gens cachés quand nous sommes parties depuis le stade ?

Parvati mena son amie derrière une colonne en bois. Elles s'y installèrent, l'œil sur la montre.

- Seamus, c'est un type bien, dit Lavande. D'accord, il n'est pas très futé et c'est un fils à maman. Mais au moins, il n'irait jamais ensorceler le balai de l'équipe adverse pour se faire de l'argent dans des paris sportifs.

- Et ce sera une cible plus facile.

- Padma apprécia les vacances.

Elles éclatèrent de rire. Leur dernier éclat de rire remontait à la vielle au soir. Autrement dit, une éternité en ressenti.

- On va bientôt retourner le temps, annonça Parvati.

- Et toi, c'est qui ta cible amoureuse ? demanda Lavande en se redressant.

- Je ne sais pas, dit Parvati. Je n'ai toujours pas trouvé le « champion malgré lui » qui m'emmènera au bal.

- Tu sais qu'on ne va jamais à des bals ? C'était peut-être une métaphore de Trelawney. Elle n'est jamais claire dans ses transes.

- Je guette la moindre alerte, dit Parvati.

- Regarde, nous voilà !

Toutes les deux passèrent la tête derrière la colonne avant de revenir précipitamment. Parvati, version 5, relevait brusquement la tête avant que le Retourneur ne la happe dans le temps.

- On est cons un peu, constata Lavande.

Fortes de cette réalité, elles sortirent de leur cachette. Il n'y avait plus de trace de leur 5e version. Elles rejoignirent leurs places dans les gradins. Trois « détraqueurs » à l'allure bourrée, attiraient l'attention des spectateurs. Ils furent percutés par une créature vaporeuse argentée.

- Je crois que c'était une licorne, commenta Lavande.

- Peut-être un cheval.

- Il y avait des cornes, rappela Lavande. Ou des défenses.

- Un sanglier ?

Le coup de sifflet final retentit et stoppa les suppositions des deux filles. Elles redressèrent la tête pour voir Harry, le poing en l'air dans lequel s'agitait le vif d'or. Lavande et Parvati se mirent à hurler en même temps que les autres élèves de Gryffondor. Les 6 autres joueurs de l'équipe foncèrent vers Harry, pour l'embrasser ou le fracasser. À cette distance, le doute était permis. Elles filèrent sur le terrain en même temps que les autres supporters. Elles félicitèrent une à une les trois attrapeuses, Angelina, Katie et Alicia. Entraînées par la foule, elles retournèrent vers le château. Elles arpentèrent les marches en marbre sans se soucier de regarder leur montre et atteignirent leur salle commune sans encombre.

Elles firent la fête avec les autres Gryffondors comme si la journée était normale.

- Nous avons une information.

Lavande et Parvati avaient réussi à coincer Olivier Dubois entre deux embrassades. Elles le repoussèrent vers un fauteuil pour l'empêcher de fuir.

- On te la donne et c'est plus notre problème, expliqua Parvati.

- Tu as l'interdiction de nous demander comment on a eu cette information.

- Ou pire, comment on l'a géré aujourd'hui.

- Rappelez moi vos noms ? demanda Olivier Dubois l'air ahuri.

- Parfait, tu ne sais pas qui nous sommes, constata Parvati.

- Donc, il faut que tu saches que de sérieux paris sont mis en place pour sur les matchs de quidditch de l'école.

- Oui, dit Dubois. Je parie toujours un Gallion pour me porter chance.

Il semblait de plus en plus surpris. Son attention fut brusquement détournée.

- Où vont mes batteurs ? Il est trop tôt pour arrêter la fête.

Il se redressa du fauteuil où les deux filles l'avaient assis. Fred et George quittaient la salle commune. Parvati regarda sa montre, 15 h, bien évidemment trop tôt pour arrêter la fête. Elles repoussèrent Dubois dans son fauteuil.

- Tu vas nous écouter, menaça Lavande. On ne veut plus s'en occuper, alors tu t'en charges. Nous ne sommes pas qualifiées. Et quand on s'en mêle, des problèmes bien pires nous tombe dessus.

- Je sais pour les paris, dit-il presque effrayé. C'est une tradition. On est britannique !

- Mais tu ne sais pas que certains sont prêts à truquer le match.

- Vous voulez dire que quelqu'un a truqué le match pour qu'on gagne ?

- Non pour qu'on perde, dit Lavande.

- Ce n'est pas un sorcier très doué alors, dit Dubois avec un sourire.

- Parce qu'on s'en est occupé, grinça Parvati. Mais maintenant...

- C'est ton problème, nous on délègue.

- Surveille le matériel, conclut Parvati.

- Mais vous êtes qui ? demanda-t-il sans obtenir de réponse.

Elles lui tournèrent le dos et s'en plus de détails s'éloigna.

- Salut Neville !

- Ça suffit ! cria-t-il. Vous arrêtez de... de... ça !

Tout autour d'eux, les gens s'arrêtaient pour regarder : Neville tremblant filer vers l'escalier tournant.

- Il a l'air fatigué le garçon, dit Parvati.

- On dirait que sa journée dure depuis des heures et des heures...

Harry fut leur prochaine cible. Comme à chaque fois qu'elles tentaient de lui faire passer un message prophétique sans perturber le cours des choses, elles parlèrent à voix basse.

- Tu as pensé à protéger ton sang ?

- Pourquoi je protégerais mon sang ? questionna Harry.

- Pour pas qu'on t'en vole, dévoila Parvati.

- Je suis sûre qu'il y a une solution, dit Lavande.

- Pourquoi voulez-vous qu'on vole mon sang ?

- Parce que Le Maître des Ténèbres pourrait revenir avec le sang du survivant, expliqua Parvati.

- Ah bon, dit-il peu convaincu. En ce moment, je m'inquiète surtout de Black. Enfin, d'habitude, là, je m'inquiète surtout de récupérer une chocogrenouille que Fred et George viennent de rapporter.

Il se redressa et, grâce à son adresse d'attrapeur, fila entre les doigts des jeunes filles. Fred et George Wealsey venaient de rapporter des sacs pleins de friandises en provenance directe de Pré au lard.

- Comment ils ont pu récupérer tout ça ? demanda Parvati.

- Un passage secret, dit Lavande. Il y a plein de passages secrets dans le château. C'est bien connu. Ils doivent en connaître un que les autorités ne connaissent pas.

- Un passage que Black pourrait connaître ?

Elles se regardèrent avec dépit.

- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Lavande.

- Déjà, savoir comment Fred et George font pour aller à Pré au lard. Ensuite, on avise.

Elles sortirent dans le couloir et se glissèrent dans un placard à balai prêt de la salle commune. Lavande sortit le Retourneur de Temps.