8 – La momie est un sablier moustachu
14 h 35
Lavande et Parvati atterrirent dans le couloir du 7e étage. Par chance, l'endroit était vide. Elles longèrent le couloir pour se poster en embuscade près de l'escalier en marbre. Vers 15 h, elles virent Fred et George se presser vers les marches. En gardant une distance correcte entre eux, elles les suivirent.
- Salut Neville, dit prudemment Parvati.
- Ah non, répliqua-t-il froidement. Ça suffit maintenant.
Parvati fronça les sourcils et s'apprêtait à lui répondre, Lavande l'en empêcha en tirant sur sa manche. Elles descendirent les escaliers à la suite des jumeaux en restant particulièrement attentives. Au niveau du 2e étage, elles réalisèrent qu'elles les avaient perdus.
- Où sont-ils ? murmura Lavande.
- On peut imaginer qu'ils ne sont pas loin de la sorcière borgne.
- Pourquoi iraient-ils auprès de Black ?
- Ils ne vont pas auprès de Black. Ils vont dans le coin par lequel il est peut-être entré.
- Pas con, admit Lavande.
Au pas de course, elles rejoignirent le couloir de la sorcière borgne. Cachées derrière une imposante armure, elles espionnèrent les deux garçons qui justement s'attardaient sur la statue de la sorcière borgne.
- Dissendium, dit l'un des jumeaux en pointant sa baguette sur la bosse de la statue.
La statue bougea et les deux garçons disparurent derrière. La statue se remit en place. Les deux filles se précipitèrent pour tenter d'apercevoir quelque chose. Mais rien ne semblait différent.
- Pourquoi les anciennes représentations de sorcières sont si laides ? interrogea Lavande.
- Parce que depuis, on a fait des progrès en sortilèges de beauté, expliqua Parvati.
- Franchement, je pense qu'être une sorcière hideuse, bossue avec le teint vert et des verrues sur le nez, ça devait être une mode à une époque. Elles sont toutes comme ça.
- Il y a une fente là, dit Parvati en passant la main derrière la statue. C'est comme ça qu'il est entré l'autre.
Brusquement, elles se tournèrent vers la porte derrière laquelle elles avaient enfermé Black. Pattenrond rôdait le long de la porte. Elles s'approchèrent doucement en évitant soigneusement le chat de leur camarade de chambre.
- Tu crois qu'il est toujours là ? demanda Lavande.
- Oui, il est toujours là, répondit une voix froide de l'autre côté de la porte.
Elles sursautèrent, effrayées d'avoir obtenu une réponse.
- Puisque vous allez me dénoncer, reprit la voix. Dites au moins à Remus Lupin que Queudver se trouve à Poudlard.
Elles se regardèrent choquées qu'il continue le dialogue. N'y tenant plus Lavande se mit à hurler.
- On ne peut pas, on n'est pas là !
- Bah si, répondit la voix derrière la porte.
- Bah non, rétorqua Lavande. On est dans notre salle commune.
- Pour une fois que c'est à peu près simple, renchérit Parvati.
Sur cette réflexion hautement mystérieuse pour l'évadé d'Azkaban. Elles s'enfuirent à toute vitesse, empruntant l'escalier qui menait au 2e étage. Elles coururent et ne s'arrêtèrent que lorsqu'elles eurent atteint le bureau du professeur Lupin.
- Mais qu'est-ce qu'on fait là ? dit Lavande en regardant la porte du bureau fermée.
- Je ne sais pas. Qu'est-ce qu'on pourrait lui dire ?
- Si ça se trouve, ils sont alliés, supposa Lavande. Lupin et Black.
- On a qu'à lui demander qui est Queudver et après on avise.
Elles frappèrent au bureau de l'enseignant, il était vide. Elles entrèrent et s'installèrent sur deux chaises.
Après quelques minutes d'attentes nerveuses, Parvati ne tient plus en place. Elle se leva et arpenta la pièce au hasard. Scrutant les créatures dans les bocaux et les aquariums. Au sol, une caisse remuait doucement. Elle buta dedans. La caisse s'ouvrit dans un bruit de fracas monstrueux.
- Qu'est-ce que tu as fait ? s'affola Lavande.
De la caisse se mit à sortir une momie ensanglantée. Parvati resta paralysée alors que la momie approchait irrémédiablement d'elle. Lavande bondit de sa chaise, baguette en avant.
- Stupéfix !
La momie fit un tour sur elle-même et se pressa vers Lavande. Brusquement, elle prit la forme d'un sablier géant sur lequel une horloge était fixée. Les aiguilles remontaient dans le mauvais sens.
- Epouvantard ! cria Parvati en retrouvant ses esprits.
Elle sortit sa baguette, s'interposa entre Lavande et le sablier géant. Le sablier redevint une momie.
- Ridiculus !
La momie se prit le pied sur une bandelette et s'écroula sur le sol. Parvati ricana. Lavande tira son amie en arrière et se posta devant la momie qui reprit l'aspect d'un sablier.
- Ridiculus !
Les aiguilles se stoppèrent sur huit heures vingt. L'horloge ressemblait à un visage avec une moustache. Visage qui éternua. Lavande éclata de rire. Parvati se posta devant son amie. L'épouvantard récupéra l'apparence d'une momie. Pendant que Parvati l'occupait, Lavande fit léviter la caisse et l'entraîna vers la momie dont certaines bandes judicieusement placées disparaissaient. Parvati éclatait de rire devant l'apparition d'un testicule rabougri. La créature ne se rendit pas tout de suite compte que Lavande l'enfermait dans la caisse en bois. Lorsque la momie commençait à lutter, il était déjà trop tard. Elles jetèrent d'abondants sortilèges pour fixer la caisse. Les mêmes qu'elles avaient utilisés pour emprisonner le prisonnier d'Azkaban. Ceci fait, elles filèrent dans le couloir, tremblantes de peur, de rage et d'agacement.
- J'en ai vraiment ras le bol, un épouvantard !
- Et un testicule momifié ! rappela Lavande.
- Nan, ça, c'était marrant, dit Parvati amusé.
- On rentre ? suggéra Lavande.
- On ne peut pas, on y est dans la salle commune, on doit attendre 17 h 30.
- Alors, on peut faire pipi ? proposa Lavande en désignant les toilettes de Mimi Geignarde. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais depuis le début de cette interminable journée, on a pas beaucoup fait de pause pipi.
- Bonne idée après la momie, accorda Parvati.
- Rappelez-moi pourquoi vous vous cachez ? demanda Mimi Geignarde.
- Pour éviter de détruire le monde en courbant la ligne de l'espace-temps du continuum, expliqua Lavande.
- D'accord... dit Mimi les yeux dans le vague.
- Tu aurais peut-être une idée, dit brusquement Parvati. On cherche à attirer des professeurs ou un quelconque responsable habilité à régler un problème que deux adolescentes de treize ans ne peuvent pas régler.
- Faites une bêtise, suggéra Mimi. Ou tuez quelqu'un. Quand je suis morte, tous les professeurs sont venus me voir.
- C'est une bonne idée ça, s'écria Parvati.
- Tuer quelqu'un ? demanda Mimi. Alors plutôt un beau garçon. Vous connaissez Cédric Digory ? Il serait bien mort lui.
- Ou un feu d'artifice coupa Lavande.
- On ne sait pas jeter ce genre de sortilèges, rappela Parvati.
- Du coup, vous n'avez qu'à tuer quelqu'un, reprit Mimi. Cédric est à Poufsouffle.
- On peut s'entraîner, dit Lavande. La formule, c'est Flambios. Ce n'est pas des vrais feux, mais ça peut faire l'affaire. On est confiné ici de toute façon. On doit attendre que Fred et George retournent dans la salle commune.
Devant une Mimi dépitée, elles s'entraînèrent à jeter des feux d'artifice depuis les toilettes des filles. Les feux étaient silencieux, ils servaient surtout à tracer des dessins. Ils rempliraient leur office.
- Il va nous falloir un alibi, dit Lavande. À 17 h 30, on sort de la salle commune. On pourrait nous accuser d'être responsables des feux.
- On revient ici après, on retourne le temps et on s'occupe de notre alibi.
Elles empruntèrent le petit escalier menant au 3e et s'arrêtèrent dans le couloir de la sorcière borgne. Pattenrond n'était plus là.
- Si ça se trouve, Black est sorti, dit Lavande.
- Comment veux-tu qu'il soit sorti ? Avec l'aide de Pattenrond ?
Elles se regardèrent. Évidemment que non, un chat ne pouvait aider un prisonnier à s'évader. Elles levèrent leurs baguettes
- Flambios !
Elles dessinèrent sur les murs en traçant des flèches allant vers la salle où se trouvait Black. Le couloir brillait de mille feux, elles se pressèrent et rejoignirent les toilettes des filles du 2e étage pour retourner le temps.
