Salut ! Bienvenue dans cette fiction spéciale noël !

Résumé : Les Griffin, Blake, Reyes, Woods et Green sont amis parce que leurs parents l'étaient, ils se sont éloignés avec les années. Pour la première fois depuis que les Woods ont été les premiers à déménager, tous les jeunes ont décidés de fêter Noël ensemble dans l'immense propriété secondaire des Griffin. Bien entendu, certains d'entre eux ont énormément changé. Alors ces quelques jours vont-ils les réunir définitivement ou découdre leurs liens pour toujours ?

Cette fiction est aussi toujours l'occasion pour moi de fêter mon anniversaire en tant que auteure sur Fanfiction. J'avais, en effet, publié le premier chapitre de Revenir le 26 décembre 2015 ! Donc voilà, quatre ans que je vis un rêve, un super partage avec vous et tout pleins de belles histoires (pas forcément celle que j'écris !) Donc, merci à vous d'être là, de lire, de commenter, de follower et pour tout le reste... MERCI !

Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Le personnages de l'univers de The 100 ne m'appartiennent pas !

Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.


Les amis ne s'embrassent pas sous la neige

POV Raven

Je suis en retard. Je suis super en retard. Je suis méga en retard. Je sautille sur un pied pour essayer de mettre ma chaussure gauche en même temps que je tenter d'enfiler ma veste alors que je maintiens la lettre que je dois poster et les clefs de ma voiture entre mes dents.

Je manque de tomber en arrière mais la grande et imposante commode en bois massif que ma mère m'a obligé à me trimballer à chacun de mes déménagements me sauve d'une chute qui aurait été particulièrement douloureuse. Je peste mais retient un cri de surprise. Je parviens enfin à glisser mon pied dans ma bottine. Je me redresse et fini de me glisser dans ma veste.

Mon regard s'arrête par mégarde sur l'horloge et je jure entre mes dents. Cette fois, je suis morte ! Non, je suis déjà enterrée et ma mère à alerter les flics après ne pas avoir eu de nouvelles de moi depuis deux jours ! Je suis déjà en train de me décomposer lentement sous une bâche et sept mètres de terre. Je grimace à cette idée gore. Il faut vraiment que j'arrête d'écouter ces podcasts sur les crimes pendant que je travail.

Je me précipite vers ma porte d'entrée et me retrouver sur le palier pile au moment ou ma vieille voisine sort elle aussi de son appartement. Elle me salue avant de gentiment se moquer de moi, constatant que je suis une nouvelle fois en retard. Je lui fais un sourire poli après avoir récupérer ma lettre et mes clefs toujours coincés entre mes dents. Je ferme la porte à clef et me dirige rapidement vers les escaliers, je descends trois marches avant de me sentir particulièrement vide.

- Dios Moi ! Soy Estupido ! Estupido ! Estupido !

Je continue de marmonner en retournant énervée vers mon appartement les mains coincées dans les poches de ma veste. Ma démarche fait rire ma vieille voisine, je me renfrogne encore plus. Je fais claquer violemment ma porte contre le mur en entrant de nouveau chez moi. Je fonce comme un missile à tête chercheuse vers la table de mon salon et récupère mon grand sac de sport où j'ai casé toutes mes affaires pour les deux prochaines semaines. Je le glisse sur mon épaule gauche avant de revenir sur mes pas.

Je m'arrête net devant la grande photographie de notre bande réunie au complet que j'ai encadrée et placardée sur le grand mur de mon salon. Un sourire nostalgique étire doucement mes lèvres alors que de magnifique souvenirs prennent vie dans mon esprit. C'était la belle époque, celle où nous étions encore tous ensemble, sans aucun souci, du moins rien de plus grave que de savoir qui ramènerait des cookies et autres friandises à la prochaine réunion de nos parents pour éviter de mourir de faim entre les plats.

De la mélancolie... clairement pas un sentiment que j'ai l'habitude de ressentir. Je vis au jour le jour, sans vraiment me poser de question sur le passé ou le futur. Je suis assez terre à terre et je préfère me dire que personne ne contrôle les événements de sa vie. Nous subissons et si nous sommes assez forts, nous nous relevons et parfois nous faisons de très belle rencontre, comme celle de tous ces idiots sur la photographie.

- Toc, toc, je sursaute et détourne le regard pour découvrir qui se trouve chez moi. Je ne suis pas entré, se dédouane aussitôt Shaw, mais la porte est ouverte donc, il fait un pas et je le fusille du regard, okay ! Je reste sur le pas de la porte.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- Bonjour, sourit-il.

- Je n'ai pas de temps à perdre, je le bouscule en sortant et referme la porte à clef.

- Tu n'as même pas le temps de me saluer.

- Même pas, je lui répond du tac-au-tac, c'est fou ça, tu n'es absolument pas ma priorité. Je me demande comment c'est possible, je grogne.

- Tu es tellement cynique, soupire-t-il.

- Arrête de me coller aux basques !

- D'accord, je te laisse mais avant tu réponds à une question.

- Pourquoi je ferais ça ?

- Parce qu'au fond, je sais que tu es sympa.

- Je me réjouis d'avance de la déception que tu ressentiras le jour où tu te rendras compte que ce n'est absolument pas le cas.

- Je t'en pris Reyes, tu peux t'arrêter une seconde ?

- Nope ! Je suis tellement en retard que je commence à entendre le sablier de ma vie se vider trop dangereusement pour mon propre bien.

- S'il te plaît, dis-moi au moins si tu cours ce soir.

- Ni ce soir, ni aucun autre jours ces prochaines semaines. Je me tire de Brooklyn. Tchao !

- Pour combien de temps, hurle-t-il alors que je claque ma porte, Reyes, il frappe de façon agaçante contre la vitre, baisse la vitre. Tu vas où ?

- No te concierne, je marmonne en démarrant ma voiture.

- Tu es sérieuse, tu vas partir comme ça ? Sans rien dire.

- Muy serio, je hurle en démarrant sur les chapeaux de roues.

Je jette un regard dans le rétroviseur et je le vois gesticuler dans tous les sens. Je claque ma langue contre mon palet en secouant la tête. C'est un imbécile. Je l'ai rencontré fin juin et depuis il me colle comme un foutu chewing-gum humide à une semelle. C'est particulièrement agaçant. D'autant plus qu'il s'acharne à vouloir sortir avec moi et cet idiot n'a pas compris mes trois refus et continue de s'accrocher. C'est n'importe quoi !

Je ne suis pas du genre à me faire séduire aussi facilement. Je ne le sens pas ce mec et de toute façon même si j'avais ne serait-ce qu'un début, de commencement, de prémisse d'affection pour lui, je refoulerais tout. Il est absolument hors de question qu'il s'immisce dans ma vie et expose mon secret. Je ne le permettrais pas, encore moins aujourd'hui alors que je suis sur le point de retrouver tous mes amis.

Ils ne comprendraient pas. Surtout Clarke... Dios mios, Clarke péterait un plomb si elle savait. La blonde n'aurait pas une mais un million de raisons de vouloir me tuer. Mon petit retard serait du domaine de l'imperceptible à côté de ce que je lui cache. Si elle savait... s'ils savaient... non. C'est inenvisageable.

Je n'ai pas besoin de leurs reproches et de leur désapprobation. Je sais que c'est dangereux et stupide. Je n'ai pas envie qu'ils me le rappellent, encore moins tous réunis. Ce serait un véritable cauchemar, rien que d'y penser, je frissonne d'appréhension. Ce serait terrible. A côté, la petite crise de Clarke quand j'ai refusé d'installer mon garage dans les beaux quartiers de New-York se serait du pipi de chat ! Et pourtant, elle me sermonne encore à cause de cette histoire, elle n'arrête pas. Une vraie mère poule alors si elle apprenait que je faisais des courses sauvages en voiture ou à moto, elle ferait une attaque.

Et les autres... je ne veux même pas y penser. Je crois que la réaction qui m'inquiète le plus, serait celle de Lexa. Elle est très calme en apparence mais je l'ai déjà vu dérailler, une fois, je m'en souviens encore. C'était terrible. A côté, regarder seule Le Silence des Agneaux dans une cabane au milieu des bois c'est une balade de santé. Je sais de quoi je parle. J'ai eu cette très mauvaise idée, une fois... je frissonne au souvenir.

Je ne sais plus trop bien comment les courses ont commencées, sur un coup de tête certainement. Mais ce que j'ai ressenti quand j'ai franchi la ligne d'arrivée, je ne l'oublierai jamais. Cette sensation de liberté... je ne pourrai plus m'en passer. Quand je conduis à une vitesse folle, tout devient calme. Je passe les vitesses, j'accélère, je jette des coups d'œil dans le rétroviseur, je souris en voyant les concurrents loin derrière moi et je prends encore de la vitesse quand mon regard se pose de nouveau devant moi pour rattraper ceux qui ont encore une petite avance. Pour beaucoup, tout ceci ressemble au chaos mais pour moi... c'est juste l'accalmie. Il n'y a que lorsque j'atteins une vitesse absolument indécente que mes trop nombreuses pensées se taisent, étouffées par l'adrénaline.

J'étais déjà parvenue à ce résultat, ne plus avoir cent idées à la seconde mais la sensation ne persistait pas. Il n'y a que lorsque je fais crisser mes pneus dans les virages, dérapant avant de reprendre de la vitesse pour avancer sur une ligne droite parfaite pour atteindre la ligne d'arrivée que tout s'efface. J'ai toujours su que j'étais plus intelligente que la moyenne. Quand j'étais plus jeune, j'utilisais mes capacités pour échouer. Et puis, un professeur à compris mon manège. Il m'a fait passer un test et la sentence est tombée. J'ai un QI bien au-delà de la moyen. Toutes ces idées qui s'imprègnent en moi me laissent à peine le temps de penser par moi-même. C'est comme si cette intelligence étouffait celle que je suis à l'intérieur. J'ai l'habitude de dire que c'est comme une maladie sans aucun remède. Il n'y a que l'adrénaline qui me fait du bien, qui me rend ma place dans mon propre esprit. Alors je me shoote pendant ces courses et quand je passe à toute vitesse la ligne d'arrivée, je souris parce que je me suis retrouvée. Pendant un temps, je peux être entièrement moi avec mes amis et collègues et je peux m'éclater avec la mécanique. Puis cette sensation de perdition revient alors je cours et c'est un cercle vicieux.

Je ne voulais pas ressentir ce genre de sentiment désagréable avec mes amis, pas alors que nous sommes tous réunis pour la première fois depuis une éternité. Alors sur un coup de tête, vendredi soir, au lieu de prendre ma voiture pour aller à l'aéroport je me suis rendue sur une piste. Je n'ai pas vu le temps passé alors j'ai appelé Clarke pour lui annoncer que j'aurai du retard. J'aurai pu arriver dans la matinée du samedi mais mes yeux se sont arrêtés sur un évènement que je n'avais jamais osé faire jusque-là. Une nocturne, en pleine ville. J'ai ressenti un tel besoin d'être normal près de mes amis que je me suis excusée et que j'ai annoncé que je ne viendrais pas avant le dimanche matin. Je suis restée vague sur mes raisons. Je ne pouvais clairement pas lui annoncer que j'allais risquer ma vie et peut-être celle d'inconnus pour me sentir mieux.

Le plus important c'est que cette idée stupide ait fonctionnée. Un calme plein m'englobe tout entière et je suis fin prête à rejoindre mes amis pour les fêtes de Noël. J'ai tellement hâte de les retrouver. Ce que je laisse derrière moi ne me fait pas peur, sauf peut-être Shaw. Il est tellement... agaçant. Il est la seule personne de mon entourage à savoir pour les courses et le fait qu'il puisse faire imploser mon monde et mon fonctionnement m'inquiète au plus haut point. J'ai manqué de faire une crise d'angoisse quand je l'ai découverts tranquillement discuter avec Clarke une fois quand elle venait me chercher pour une soirée cinéma. Je suis terrifiée qu'il puisse briser mon secret. Sans parler de ses avances... il croit être amoureux de moi, c'est vraiment n'importe quoi. Il ne me connaît pas !

Personne ne me connaît, hormis les personnes que je m'apprête à rejoindre. C'est ma famille. Les seuls qui comptent, j'ai besoin d'eux pour exister et respirer. Ensemble nous sommes comme un poing serré : fort.

J'avale les kilomètres qui séparent Brooklyn, de la petite ville portuaire du Maine un peu plus rapidement que ce que j'aurai cru. Je suis bien moins en retard que ce que je pensais. Il est tout juste 9 heures, avec un peu de chance personne ne sera réveillé et je pourrai leurs faire croire que je les attends déjà depuis un certain temps. Je me permets donc de faire un petit crochet par une boulangerie que j'apprécie particulièrement et j'achète une grande boîte de donuts pour tout le monde. J'ai le sourire aux lèvres en roulant les fenêtres ouvertes malgré le froid de canard qui règne dehors et je chante à tue-tête Money In The Grave de Drake et Rick Ross. Je profite de ce moment parce qu'une fois arrivée, je peux dire adieu au rap.

Je me garde devant l'énorme manoir, j'éteins le moteur mais continue de chanter en récupérant la boîte de pâtisserie. J'avance lentement, en hochant la tête de droit à gauche au rythme de la musique que j'écoutais encore il y a quelques secondes. Je me fige en repérant quelqu'un assise sur les marches qui desservent la porte d'entrée. Je soupire en m'avançant. J'aurai dû me douter que Lexa serait réveillée depuis longtemps. J'traine des pieds faisant rouler quelques cailloux sous ma semelle attirant le regard de la brune qui est d'abord surprise avant de se dresser sur ses jambes avec un grand sourire. Elle lâche le ballon de basket qu'elle avait en main, je le regarde rebondir quelques secondes quand elle vient s'accrocher à mon cou. Je ris avant de l'éloigner en surélevant les donuts.

- Fait attention Woods, tu vas écrase mes précieux.

- Ils sont de chez Ali's ?

- Évidemment !

- Tu es la seule à être réveillée ?

- Désolée, elle grimace en jetant un regard à sa montre, Clarke est réveillée, elle t'attend depuis deux heures déjà.

- Si Clarkie est réveillée, pourquoi tu es seule dehors ?

- J'avais besoin de réfléchir, répond-elle avec un sourire énigmatique. D'ailleurs, je te préviens d'avance, elle plonge ses yeux dans les miens, les autres ont lancé des paris pour savoir ce qui t'as retenu deux jours.

- Quoi ? Es esto una broma ? Ils sont sérieux ? Los mataré ! Qui a suggéré cette horrible idée ?

- Pas moi.

- Je le sais bien, je soupire. Tu es bien trop toi pour faire un truc pareil.

- Merci, rit-elle, enfin, je suppose.

- Qui ? Je m'agace.

- Je ne parlerai pas, même sous la torture.

- CLARKE !

J'entre avec précipitation dans la maison sous le rire de Lexa avant d'entendre son ballon rebondir. Je devine qu'elle me suit quand le courant d'air que j'ai créé en entrant sans fermer la porte disparaît. Je débarque dans la cuisine, Clarke relève les yeux du journal qu'elle est en train de lire, me sourit et juste comme ça : j'oublie tout ce que je lui reprochais. Pourquoi je viens d'entrer comme une furie déjà ? Aucun moyen de m'en souvenir.

- Salut Rae ! Tu as fait bonne route ?

- Je n'ai écrasé personne, c'est un bon début de vacances.

- Ouais, Bellamy ne sera pas obligé de t'arrêter, plaisante Clarke.

- Je demanderai à Anya de te défendre, me propose gentiment Lexa.

- Tu es revenue de ton footing, l'interroge Clarke.

- Ouais, courir m'a fait un bien fou. Le cadre est idéal !

- Courir, je lève les yeux au ciel, si tu veux mon avis, tu as un problème et un gros ! Qui aime courir ? Seriamente...

- Et moi, je me demande quel genre de personne saine d'esprit aimerait passer ses journées les mains dans le cambouis.

- Vous n'allez pas recommencer toutes les deux, soupire Clarke, cette guéguerre entre vous est interminable, elle dure depuis la maternelle.

- C'est que nous n'avons toujours pas réussie à nous départager, je souris en faisant un clin d'œil à Lexa, même après tout ce temps.

- Et bien, c'est épuisant.

- J'ai ramené des donuts de chez Ali's, je souris en les déposant devant la blonde qui sourit, on ne change pas une équipe qui gagne : moi et ces donuts nous sommes les meilleurs !

Clarke rit en ouvrant la boite alors que Lexa se serre un verre d'eau, l'engloutit rapidement et s'en serre un nouveau avant de s'installer en face de sa meilleure amie. Un peu malgré moi, je fronce les sourcils. C'est étrange. D'habitude, elles sont toujours collées ensemble quand elles ont l'occasion de se voir. Pourquoi cette distance ?

Lexa récupère un donut, elle le fait tourner entre ses doigts avec amusement avant de mordre dedans. Le regard de Clarke est vissé à elle. Pas un mot, rien. Il y a une atmosphère étrange entre elles et je n'aime pas ce qu'elle me fait ressentir. J'ai comme une centaine de message d'alerte qui pop dans mon cerveau déjà surchargé. Je me redresse très légèrement alors que le regard de Clarke semble encore s'intensifier comme si elle cherchait à lire en Lexa mais celle-ci ne remarque rien ou du moins fait comme si c'était le cas.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Je ne peux m'empêcher de demander. Ne me dites pas que vous vous êtes disputées.

- Disputées ? S'étonne Lexa. Avec Clarke ? Jamais. Ou alors c'est la fin du monde et personne ne m'a prévenue, sourit-elle.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, se renfrogne Clarke.

Pourtant, il y a bien quelque chose. Et, ce n'est pas parce que je n'arrive pas à mettre le doigt dessus que c'est inexistant. Le sourire de Lexa perdure quand elle dépose ses yeux sur Clarke, ils pétillent, son sourire s'agrandit et elle fait semblant de trinquer avec le donut de son vis-à-vis. Peut-être pour la première fois de ma vie, je vois de mes yeux Clarke forcée un sourire en la présence de Lexa. C'est quoi ce bordel ? Et pour quelle foutue raison la brune ne remarque rien ?

Ce n'est pas la fin du monde mais bien pire ! Il a été prouvé que nous pouvons arrêter une météorite qui foncerait sur la Terre avec Armageddon même si concrètement, faire exploser le bébé aggraverait les choses. Non moi, je parle de la vraie méthode théorique qui consiste à envoyer une fusée proche de l'astéroïde et de dévier légèrement sa rotation grâce aux lois de l'attraction jusqu'à ce qu'il s'éloigne assez de la Terre pour ne faire que la frôler. Mais là, Clarke et Lexa qui ne sont plus en phase c'est... pas la fin du monde, c'est un anéantissement total.

Je dois être dans un univers parallèle, ce n'est pas possible autrement. La théorie du multivers n'est pas si inconcevable. Mais tout ce que je veux, c'est rentrer chez moi au plus vite ! Je ne peux pas concevoir de vivre dans un monde ou ces deux-là ne sont plus en phase. Si c'était vrai... ça détruirait quelque chose en moi. J'ai juste à mettre la main sur Barry Allen pour retrouver mon monde et tout ira bien.

- En fait, reprend Clarke, j'espère que ton "truc" c'est bien passé ?

- Mon "truc", je répète sans comprendre toujours dans mes réflexions. Quel "truc" ?

- La raison de ton retard, me souffle Lexa.

- Ah, je grimace, ça, j'ai obtenu l'effet escompté donc : oui.

- L'effet escompté ? Insiste Clarke.

- C'est ce que j'ai dit !

Je joue à l'autruche et je déteste cette situation. J'aurai dû penser à une véritable excuse pour expliquer mon absence mais j'étais une surcharge. C'était même la première raison pour laquelle j'ai fait cette course.

- Est-ce que c'est ce, elle grimace, Shaw qui t'a retenu ? Je t'ai dit que tu pouvais l'invité si tu le voulais.

- Shaw, je plisse le nez, pourquoi je voudrais inviter Shaw ?

- Parce qu'il te tourne autour et que je ne le déteste pas complètement contrairement aux autres. Il est, elle cherche son mot, sympathique.

- J'ignorai qu'il y avait un Shaw, sourit Lexa. Il est comment ?

- Il n'y a pas de Shaw, je m'offusque. Les probabilités pour qu'il y ait un Shaw sont aussi approchante du néant que de révoqué le théorème de Pythagore.

- Nerd, s'amuse d'une même voix Clarke et Lexa.

- Ah parce que vous pouvez le révoquer ? Je vous écoute.

- Je ne peux pas le révoquer, confirme Clarke, mais je peux échouer lamentablement à l'appliquer. Je suis sûre que ça compte !

- Je te suis sur ce point, la soutient Lexa.

Je souris malgré moi. Je me suis peut-être inquiétée pour rien. Je constate qu'elles sont toujours aussi complices. Je me sens tellement soulagée. Je sens mes lèvres s'étirer de plus en plus et annonce :

- Désolée Clarkie, échouer n'est pas une révocation.

- Outch, Lexa plisse les nez alors que Clarke fait semblant de se prendre un coup en plein cœur, tiens bon, j'arrive.

Lexa se lève, naturellement elle se calle dans le dos de la blonde, passe ses bras par-dessus les épaules de Clarke qui sourit comme jamais avant d'embrasser sa joue. Je me sens de plus en plus soulagée. Elles sont enfin comme elles ont toujours été complémentaire. Ce que j'ai cru voir tout à l'heure n'était qu'un petit accro de rien du tout, une faille minuscule que personne d'autre que moi n'a dû remarquer. Je suis comme toujours beaucoup trop observatrice.

- Bats les pattes, Clarke essaye d'échapper à l'étreinte de Lexa et mon cœur se gonfle d'appréhension, tu es toute collante et pleine de sueur, un soupir de soulagement m'échappe, arrête tout de suite ! Ne me touche pas quand tu es dans cet état !

- Comme tu veux princesse, Lexa se redresse non sans un dernier baiser sur sa joue.

- Je ne suis pas une princesse, s'égosille Clarke.

- Tu es pourtant si... précieuse, s'amuse Lexa.

- Je vais te tuer.

- Tu peux essayer, la corrige-t-elle. Mais tu as raison, je meurs d'envie de prendre une douche. Je reviens dans quelques minutes.

Je regarde Lexa quitter la cuisine. Je la vois ne pas se retourner alors j'ai de nouveau cette sensation étrange qui m'étreint. Quelque chose ne va pas. Je me détourne pour observer Clarke et remarque que son regard est vissé sur Lexa. L'intensité de ses iris est telle que si elle pouvait l'ouvrir en deux pour parvenir à la comprendre, elle le ferait. Une angoisse sourde me retourne l'estomac et subitement, je n'ai plus faim même l'odeur des donuts de chez Ali's que j'aime tant me donne la nausée.

- Sérieusement Clarke, je reprends avec la bile presque aux lèvres, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Comment ça ?

- Entre Lexa et toi, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Rien du tout.

- Alors pourquoi tu la regardes de cette façon ?

- Bon... okay, elle soupire, c'est à cause des coups de téléphone répétitifs auxquels elle ne répond pas. Elle ne regarde même pas de qui il s'agit, elle se contente juste d'ignorer les appels. Elle refuse de nous donner plus de détails.

- C'est peut-être un recruteur, je suggère.

- Lexa m'a assurée que non.

- Un psychopathe d'ex qui ne veut pas la lâcher ? En même temps, je le comprendrai Lexa est proche de la perfection.

- Elle ne m'a pas dit être avec quelqu'un.

- Clarke, un soupire m'échappe, Lexa ne te dit pas tout comme O' et moi avons nos secrets, c'est pareil pour Lexa. En aucun cas c'est parce qu'elle veut te blesser, elle a peut-être simplement besoin d'avoir un peu d'intimité. Sérieusement, je ne sais même pas avec quel genre de personne elle est sortie.

- Tu as raison, fini par m'accorder Clarke, Lexa a toujours été très discrète sur sa vie amoureuse. Je savais parfois qu'elle avait quelqu'un mais pas plus. En fait, je n'ai jamais rencontré une seule des personnes avec qui elle est sortie. D'ailleurs, elle fronce les sourcils et son nez se plisse sous le coup de la réflexion, elle n'a jamais rencontré Wells. Pourquoi elle n'a jamais rencontré Wells nous sommes ensemble depuis presque deux ans. C'est étrange non ?

- Vous vivez à plus de 1200 kilomètre l'une de l'autre, ce n'est pas si étonnant.

Clarke semble de plus en plus se creuser les méninges. J'arrive presque à voir les rouages d'une mécanique très complexe. Je souris en m'imaginant pouvoir travailler sur quelque chose d'aussi unique et exceptionnel. Ce serait certainement une activité qui me permettrait de ne pas avoir la sensation d'imploser. Je me sentirai peut-être même beaucoup plus calme qu'après une course. Malheureusement c'est impossible.

Clarke a toujours été quelqu'un de très complexe, la mort de son père l'a brisée d'une telle façon que pendant un temps, j'ai cru que personne ne pourrait la réparer. J'ai vu de mes yeux Lexa s'acharner à retrouver une part d'elle que je pensais disparu à tout jamais. C'est lorsque j'ai assisté à son premier sourire en présence de la brune que j'ai à mon tour essayé de faire quelque chose. Je me suis démenée, comme O', mais nous n'avons jamais réussi à obtenir le même résultat que Lexa.

C'est en échouant là ou elle réussissait avec une facilité déconcertante que j'ai compris que la relation que Clarke et Lexa entretenait serait toujours supérieure. Elles ont toujours eu quelque chose en plus. Elles ont d'ailleurs réussi à rester en contact après le déménagement des Woods, s'appelant une fois pas semaine. Elles ont su restées amies malgré la distance. Je n'ai pas réussi à en faire de même, je suis beaucoup moins proche de Lexa que lorsque j'étais enfant et je sens que O' s'éloigne à son tour et ce constat me terrifie.

- Tu crois que je vais la perdre ? Me demande Clarke les larmes aux yeux.

- Tu te fous de moi, je ne peux m'empêcher de répondre, il s'agit de toi et Lexa, vous êtes inséparables.

- Elle s'éloigne, souffle la blonde, je sens qu'elle s'éloigne.

Je ne peux pas dire à Clarke que c'est faux. J'ai bien remarqué une différence et je me sens angoissée rien que d'y penser alors que je ne suis pas concernée. Je détaille la blonde avec plus d'attention. Elle est terrifiée.

- Tu devrais peut-être lui parler avant de tirer des conclusions.

- Je devrais oui...


Voilà Raven est enfin arrivé ! J'espère que ce POV vous a inspirer et qu'il vous a plus ! A votre avis que va réserver la suite, attendez-vous des confrontations, des révélations ou autre ? Que pensez-vous de Raven Reyes ?

Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre ! Je continue de poster un chapitre par jour au alentour de 18h, du coup, se sera jeudi que le chapitre arrivera "en retard", je vais voir Star Wars à 17h donc je ne peux pas poster à l'heure habituel. Le chapitre devrait arriver vers 20h30-21h.

GeekGirlG.