Vivre avec les Dursley avait été désastreux pour Harry Potter. Ils avaient gravement nuis à son éducation, à son estime de soi, à son développement physique, émotionnel et intellectuel. Pourtant, bien malgré eux ils lui avaient enseigné sa plus précieuse leçon à ce jour: la patience. Parce qu'il en fallait énormément pour attendre dans l'obscurité de son placard qu'ils aillent se coucher avant de se glisser dans la cuisine pour récupérer de quoi manger, en particulier quand on est un petit garçon de 4 ans qui vit dans un placard et qui a faim. Faim de nourriture, d'amour, d'amitiés, de connaissances, faim de vivre.
Très tôt, Harry Potter avait compris qu'il était différent parce que sa famille ne le traitait pas comme on doit normalement traiter un petit garçon, en particulier lorsqu'il s'agit d'un enfant dont on a la charge. Aussi, il n'avait qu'une hâte : s'échapper. Il l'avait presque fait une fois dans un magasin où il avait échappé à la surveillance de sa tante pendant quelques minutes. Pourtant il s'était ravisé. La vie l'avait obligé à grandir vite et il savait que fuir sans nulle part où aller était pire que de vivre chez les Dursley. Alors il était retourné vers sa tante en portant les boîtes de conserves qu'elle lui avait demandé de prendre. Personne ne s'était aperçu de sa courte disparition, c'était sans doute mieux comme ça. Il était encore petit, et il lui fallait un plan pour sa vie d'après les Dursley.
Dans un premier temps, il essaya de les dénoncer auprès de l'école mais son oncle avait réussi à retourner son enseignant contre lui en racontant tout un tas de mensonges sur Harry. L'année suivante, Harry rapporta à son nouvel enseignant sa vie à la maison, mais cette fois encore, son oncle et sa tante eurent gain de cause, pire encore, la direction avait prit acte de son habitude d'inventer des histoires et l'avait catégorisé comme enfant à problème. La raclée qu'il reçu en rentrant n'en valait pas la peine, il renonça à demander de l'aide. Sans le savoir, Vernon Dursley venait de lui apprendre sa deuxième leçon de vie fondamentale : ne compter sur personne. Fort heureusement, il appris par hasard qu'à l'âge de 18 ans, il serait le seul responsable de sa vie et ce fut pour lui un immense soulagement.
Le compte à rebours avant sa libération avant commencé.
A 6 ans, avec une maturité rare pour son âge, Harry avait prévu sa vie d'après Dursley : dès ses 18 ans, il s'enrôlerait dans l'armée. Sa dure vie de famille l'y préparerait bien involontairement et il pourrait peut être manger à sa faim. Il économiserait son argent pour acheter un petit appartement à Londres et gravirait les échelons pour devenir Capitaine. Capitaine Potter, ça sonnait bien ! Ensuite il quitterait l'armée à l'âge de 30 ans pour devenir un espion, ou peut-être un pompier ou un gendarme, il n'avait pas encore décidé. Bien sûr, dans ses rêves alors qu'il attendait patiemment dans son placard, il lui arrivait d'imaginer revenir au 4 Privet Drive, adulte et en uniforme militaire pour tuer sa tante et son oncle. D'autre fois, il ordonnait de lancer un missile sur son école et la directrice pleurait en lui demandant pardon. En grandissant, ces rêves se firent plus rares, et devinrent plus réalistes. Il porterait plainte contre eux un jour. Chacun d'entre eux. Tout ceux qui préférait détourner le regard et croire aux mensonges des ses bourreaux paieraient, il se le promit. Personne n'écoutait les enfants, mais ils écouteraient un militaire.
A 11 ans lorsqu'on lui annonça son statut de sorcier, ce n'est pas la magie qui lui donna envie d'aller à Poudlard, mais la perspective de fuir Privet Drive et surtout la possibilité d'être majeur un an plus tôt, à 17ans. Malheureusement, les adultes du monde magique n'étaient pas mieux que chez les moldus… Le prof de potions, le troll, le basilic, et les profs de défense contre les forces du mal mirent sa patience à rude épreuve. L'emprisonnement injustifié de son parrain et le refus du ministre de l'écouter simplement parce qu'il avait 13 ans le rempli de rage, mais il était tristement habitué à l'injustice. Il avait 13 ans, encore quatre ans à tenir...
Ce fut le retour de Voldemort qui mit fin à ses œillères. Le monde magique était comme celui des moldu et les deux leçons enseignées par les Dursley étaient toujours valables: attendre patiemment d'être adulte pour agir et ne compter sur personne. Parce que c'était à présent une certitude : personne ne l'aiderait : Dumbledore avait peut-être de bonnes intentions mais il était douloureusement inutile, et tout le monde suivait les directives du directeur sans réfléchir. Fudge était un abruti et Ombrage venait de gagner le privilège d'être sur sa liste de vengeance lorsqu'il aurait atteint sa majorité.
La mort de son parrain, le seul adulte en qui il avait confiance avait bien plus d'impact sur sa psyché que quiconque ne l'avait imaginé. Le fait d'apprendre la prophétie quelques heures seulement après sa mort acheva de lui apprendre sa troisième leçon : la duplicité. Il l'avait pratiqué chez les Dursley et il était temps de faire la même chose à Poudlard. Il attendrait sagement ses 17 ans avant de ses déchaîner contre le monde. Les deux mondes. Il profiterait de sa célébrité pour faire les choses à sa manière et ne laisserait plus jamais personne avoir une quelconque autorité sur lui. Pour cela, il fallait être lui-même en charge des choses. Sa décision fut prise un soir d'été, dans la chambre de Ron alors que Dumbledore venait de le ramasser chez les Dursley et de se servir de lui pour récupérer un ancien prof : il deviendrait Ministre de la Magie un jour et plus personne ne pourrait jamais l'utiliser.
Les cours particuliers du Professeur Dumbledore laissèrent Harry perplexe. De toutes évidences le directeur n'avait jamais appris de ses erreurs : un enfant ne doit jamais être laissé dans un environnement hostile ! Jamais !
« Et vous l'avez renvoyé à l'orphelinat à la fin de l'année scolaire, Monsieur ? Sans surveillance ?
- C'était le mieux pour lui à l'époque Harry. Notre monde affrontait Grindelwald et nous n'avions malheureusement pas le temps de nous occuper de nos élèves orphelins, en particulier ceux qui n'avaient pas de famille dans le monde magique.
- Mieux pour lui ? Dans un orphelinat londonien pendant la Seconde Guerre Mondiale, vous plaisantez !
- Je sais qu'il y avait des tensions dans le monde moldu à cette époque mais je suis certain que ce n'était rien comparé à ce que nous vivions dans le monde magique, mon cher Harry, dit-il en le regardant par dessus ses lunettes en demi-lune. »
Et juste comme ça, sans le savoir, Albus Dumbledore perdit sa confiance. Si l'homme qui prétendait vouloir aider les né-moldus en savait si peu sur leur monde au point d'ignorer les horreurs commises pendant la Seconde Guerre Mondiale, alors ils étaient condamnés peu importe qui gagnait la guerre. Sauf si c'était lui, songea Harry, il était un sang-mêlé élevé par des moldus, il devrait pouvoir rassembler les gens autour de lui et se servir de sa compréhension des deux mondes pour améliorer le monde magique et aider les né-moldus à trouver leur place. Il avait à présent les fondements de sa politique et il aurait 17 ans dans quelques mois. Patience, il serait bientôt libre. Il ne restait que quelques mois à attendre.
La mort du directeur aux main de Rogue modifia à peine ses plans. S'il était désolé pour Dumbledore d'être mort de la main d'un homme qu'il pensait être son ami, Harry ne pouvait s'empêcher de penser que cela faciliterait les choses pour lui. La veille de son anniversaire, il informa l'Ordre qu'il devait leur parler et organisa une réunion l'après-midi du 31 juillet, juste avant sa fête d'anniversaire.
« Nous t'écoutons mon garçon, dit calmement Shacklebolt.
- Je vous remercie d'avoir accepter de m'écouter. Avant de mourir, Dumbledore m'a confié une mission pour mettre fin à Voldemort. Il souhaitait que seuls Ron, Hermione et moi soyons au courant mais j'ai décidé de vous en faire part.
- Harry ! s'écria Hermione. Il t'a fait promettre de ne rien dire ! »
Tout le monde se tourna vers Ron et Hermione qui semblait scandalisés. Et Harry les comprenait. Il avait toujours agit comme s'il était l'homme de Dumbledore et cela devait être un choc pour eux de le voir défier ses ordres, en particulier pour quelque chose de si important.
« Je sais. Mais sa mort au main d'un membre de l'Ordre m'a fait revoir mes priorités. En mourant, il a emporté avec lui des connaissances dont nous aurons besoin pour mettre fin à la guerre. Il n'a partagé ses plans avec personnes, ni ses connaissances magiques. Or, nous avons besoins d'informations pour gagner. Imaginez que ça tourne mal et qu'on meurt, personne ne saura comment tuer Voldemort et la guerre sera perdue. Alors je vous demande, à tous, de me faire confiance. »
Il regarda chaque personne autour de la table avant de se redresser lentement. Enfin, il était un adulte, il pouvait s'exprimer et les gens ne le renverrait pas dans sa chambre sous prétexte qu'il était trop jeune.
« Mme Weasley m'a demandé l'autre jour pourquoi est-ce qu'il fallait nécessairement que ce soit nous trois qui devions accomplir la mission. J'y ai beaucoup réfléchi et elle a raison. Il ne sert à rien de gâcher les formidables ressources de l'Ordre et de se reposer seulement sur les connaissances de trois sorciers de 17 ans, d'autant plus quand le directeur ne nous a pas donné tous les éléments. Mais vous devez savoir une chose : la prophétie stipule que moi seul peux tuer Voldemort, mais il n'est écrit nulle part que je dois le faire seul.
- Oh Harry ! s'écria Mme Weasley les larmes aux yeux. »
Il y eu une cacophonie autour de la table en entendant la confirmation de ce qu'ils avaient soupçonné depuis presque 2 ans. Harry sortit sa baguette et un bang résonna à travers la pièce.
« J'ai confiance en chacun d'entre vous, mais mes parents avaient aussi confiance en Petigrew avant d'être trahis donc je vais vous demander à tous un serment inviolable : jurez de ne jamais donner volontairement les informations à qui ce soit que je m'apprête à vous communiquer. Vous pourrez en parler entre vous, mais c'est tout. Me suis-je fait comprendre ?
- Pourquoi tout ce secret Harry ? Dis nous quelle mission Albus t'a confié.
- Parce que je vais vous parler d'une magie tellement sombre que sa connaissance doit disparaître. Après la fin de la guerre, je traquerai personnellement chaque ouvrage qui en parle pour le détruire. La magie utilisé par Voldemort ne peut être divulguée au grand public. Dumbledore s'était contenté de les cacher mais je pense que ça ne suffit pas.
-Harry tu parles comme s'il avait fait un Horcruxe, dit Bill en pâlissant.
Pour toute réponse Harry le regarda droit dans les yeux sans rien dire. Bill et Fleur se regardèrent, horrifiés.
« Que chacun d'entre vous prête serment, aboya Bill en sueur, maintenant ! »
Il sortit sa baguette mais sa main tremblait tellement qu'elle lui échappa presque des mains.
« Bill ? s'étonna Tonks qui l'avait vu affronter des Mangemorts sans hésiter et qui ne l'avait jamais vu dans un tel état.
- Harry a raison intervient Fleur. Soit vous prêtez serment, soit vous partez mais nous serons forcés de vous jeté un sort d'oubli.
- Attendez, commença à protester Arthur, si c'était si grave Dumbledore nous aurait sans doute...
- Prêtez serment maintenant ou je vous force tous à boire du veritaserum pour savoir dans quel camp vous êtes ! aboya Bill. »
C'était logique, songea Harry, ils avaient deux briseurs de sorts sous la main et il était normal qu'ils connaissent ce genre de magie. Pourquoi Dumbledore ne leur en avait-il pas parlé ? Il était incroyable qu'il ait fait aveuglement confiance à Rogue et si peu au reste de l'Ordre qui pourtant le méritait bien plus.
Tonks fut la première à se lever, elle prit la main de Harry et fit le serment inviolable, Hermione servant d'enchaîneur. Peu à peu, chaque membre se leva et prêta serment. Quand chacun regagna sa place Harry se tourna vers Bill.
« Il en a fait six.
- Non, gémit le briseur de sort, non, non non, c'est un cauchemar ! »
Bill se cacha la tête dans ses mains et semblait à deux doigts de la dépression nerveuse. A côté de lui sa fiancée lui caressait le dos pour essayer de le calmer mais elle-même était douloureusement pâle.
« Et Dumbledore le savait ? Depuis quand ? Demanda-t-elle sans arriver à cacher l'accusation dans sa voix.
- Depuis que l'un deux a pris possession de Ginny et l'a forcée à ouvrir la Chambre des Secrets. »
A peine sa phrase terminée, Bill se leva d'un bon et se précipita vers la chambre de sa sœur baguette à la main. Il la ramena dans la cuisine du Terrier et avant que leur parent ne puisse faire quoi que ce soit il lui enfonça trois gouttes de véritaserum dans la bouche.
« Qui es-tu ?
- Ginevra Molly Weasley, dit la jeune fille d'une voix dénuée d'émootions
- As-tu fournis des informations à Voldemort ?
- Oui.
- Quand ? demanda Harry avant que quiconque ne puisse parler.
- Quand j'avais 11 ans.
- Et depuis ? Exigea de savoir Bill.
- Jamais. »
Soulagé, il donna l'antidote à sa sœur avant de la serrer dans ses bras.
« Je ne comprends pas, balbutia Ginny.
- Le journal qui t'a possédé en première année était de la magie très très noire qui pourrait avoir encore de l'emprise sur toi. Je suis désolé petite sœur mais il fallait absolument que je vérifie si cela c'était déjà produit. Après la réunion, Fleur et moi allons te faire divers scans pour vérifier que tout va bien.
- Mais je vais bien ! Protesta la jeune fille. Harry l'a détruit.
- Juste pour être sûr, Ginny, lui expliqua Fleur avec une voix douce. La magie noire que Voldemort a utilisé sur le journal est absolument terrible et ton frère et moi préférons te scanner pour rien plutôt que de prendre le risque que tu sois en danger. »
Ginny sentit les larmes lui monter aux yeux. Les souvenirs de sa première année étaient encore très vifs et elle se sentait toujours sans défense quand elle repensait à cette période.
« Je ne veux pas rester seule pendant que vous êtes tous en réunion, est-ce que je peux rester ici ?
- Pas question, intervient Molly, tu es trop jeune.
- Si Voldemort est toujours dans ta tête, même une infime partie de lui, nous ne pouvons pas prendre le risque qu'il sache ce que nous disons Ginny. Mais je peux te donner une potion de sommeil sans rêve pour que tu puisses te reposer un peu jusqu'à ce qu'on vienne te scanner. »
Fleur remit la potion à Ginny qui retourna docilement dans sa chambre, Bill avait toujours été son frère préféré et elle lui faisait confiance.
Dans la cuisine, l'ambiance était électrique car Bill et Charlie étaient ulcérés de ne pas avoir été informés en détails de l'épreuve subit par la benjamine de la famille. Seul Ron échappa à la colère des frères car il était descendu dans la chambre pour aller la chercher. Harry regarda avec amusement un Ron de plus en plus rouge au fur et à mesure que Bill devenait protecteur. Il semblait que toute la famille allait se faire scanner, au cas où. Ce fut le Professeur McGonagall qui ramena tout le monde à l'objet de la réunion.
« Que sont les Horcruxes ? J'admets de ne jamais en avoir entendu parlé, M. Potter.
- Moi non plus, ajouta le Professeur Flitwick alors que les autres membres de l'Ordre secouaient la tête également.
- C'est de la magie noire. Très noire. La plus noire qui soit, chuchota Harry avant de se racler la gorge et de parler d'une voix claire. Il s'agit de scinder son âme en deux en commettant un meurtre et d'en enfermer une partie dans un objet. Et tant qu'une partie de l'âme est protégée, le sorcier ne peut pas mourir. C'est comme ça qu'il a survécu la nuit où il a tué mes parents et c'est grâce à cela qu'il est revenu.
- Un objet, répéta M. Weasley, quel type d'objet ?
- Techniquement cela pourrait être n'importe quoi, intervient Hermione. A partir du moment où l'âme est à l'intérieur il devient presque impossible de détruire.
- Mais Dumbledore avait des théories sur les objets choisis par Vous-savez-qui, dit Ron.
- Il pensait qu'il s'agissait d'objets ayant appartenu aux Fondateurs de l'école, expliqua Hermione.
- C'est exact, dit Harry. Le journal lui a été offert après l'ouverture de la chambre et dans un sens cela lui a donné l'impression d'être reconnu en temps qu'héritier de Serpentard. Le deuxième Horcruxe qu'il a fait était la bague de son ancêtre. Dumbledore l'a détruite mais c'est comme ça qu'il s'est blessé à la main. La nuit où il est mort, nous étions parti à la recherche du troisième. Il s'agit du médaillon de Serpentard mais malheureusement, quelqu'un est arrivé avant nous. »
Harry sortit le faux médaillon et le fit passer aux membre de l'ordre pour qu'ils puissent lire le message à l'intérieur.
« Je l'ai déjà vu, murmura Lupin.
- Moi aussi, renchérit Mme Weasley.
- Quoi ! s'écria Harry. Où ? Quand ?
- Au Square Grimmaurd, s'exclamma Tonks. Je m'en souviens parce que personne n'arrivait à l'ouvrir et Sirius avait décidé de le lancer dans la poubelle d'un bout à l'autre du couloir sans utiliser de magie.
- RAB, RAB, RAB répéta Lupin comme s'il avait la réponse sur le bout de la langue. Régulus ! s'écria-il en se levant d'un bond.
- Régulus Arcturus Black ! RAB ! s'exclama Tonks en se levant à son tour. Régulus était un Mangemort, on sait qu'il est mort très rapidement mais on n'a jamais su comment ! S'il a découvert l'existence des Horcruxes alors ça se tient, c'est un crime contre la magie et aucun sang-pur ne pourrait accepter ça.
- Mais Sirius l'a jeté, comment allons-nous le récupérer ?
- Pas forcément, Kréatture a récupéré une partie des objets, dit McGonnagall, appelez le Harry. »
Plus choqué qu'il ne voulait bien l'admettre devant le bond en avant qu'il venait de faire dans la chasse aux Horcruxes, Harry l'appela d'une voix qu'il espérait ferme. Le petit elfe apparu et fut très étonné d'apprendre que les traîtres à leur sang voulait en savoir plus sur le merveilleux Régulus.
« Le voleur à volé le médaillon de Régulus ! Expliqua-t-il de sa voix criarde.
- Le voleur ? Mondingus ? Demanda Ron.
- Oui, le sale voleur a volé la maison des Black ! Si ma pauvre maîtresse était encore là elle aurait été si…
- Tais toi, retourne au Square Grimmaurd et reste-y, l'interrompit Harry en se tourna vers les autres pendant que l'elfe disparaissait. Il faut le retrouver et savoir ce qu'il en a fait.
- Je m'en occupe Harry, dit Lupin.
- J'irai avec lui, ajouta Tonks.
- Arthur et moi garderons un œil au ministère au cas où on entendrait parler de lui, ajouta Shacklebolt.
- Très bien, approuva calmement Harry. »
Il passa une main dans les cheveux et bu une gorgée de thé avant de se remettre à parler.
« Dumbledore m'a dit que Voldemort avait réussi à mettre la main sur la coupe de Pouffsouffle mais nous ignorons où elle se trouve. Il doit y avoir un autre objet des fondateurs mais nous ignorons lequel et enfin il pensait que son serpent Nagini en était peut-être un.
- Un être vivant ? C'est possible ? Interrogea le professeur Flitwick.
- Oui, répondit Bill, mais ce n'est pas très recommandé.
- J'ignorais que tu savais autant de choses sur la magie noire Bill, dit Mrs. Weasley »
Elle le regardait comme si elle le voyait pour la première fois et d'une certaine manière c'était le cas. Elle avait toujours vu son fils comme une version plus âgé du petit enfant qu'il avait été, mais à présent c'était un sorcier parfaitement accompli qui se tenait en face d'elle.
« Je suis un briseur de sort Maman, les sorciers l'Egypte ancienne ne protégeait pas leur tombe avec des lumos, tu sais. Bien sûr il est rare de tomber sur un Horcruxe mais si le cas nous avons pour consigne de ne pas nous en approcher. Nous devons transplanner hors du lieu et jeter un Feudeymon.
- Un Feudeymon est extrêmement difficile à maîtriser, dit calmement le Professeur Fliwick, seuls quelques uns d'entre nous pourrions le faire et encore… Nous risquons de provoquer des dégâts terrible. Je pense que nous devons l'utiliser seulement en dernier recours. Y-a-t-il des moyens plus sûrs de détruire cette abomination ?
- J'y ai pensé et lu les ouvrages que possédais le Professeur Dumbledore, dit Hermione en sortant les livres en question de son sac de perles. Il est écrit qu'il faut une attaque suffisamment puissante pour que l'objet ne puisse pas se régénérer comme un Feudeymon ou du venin de basilic. C'est ce que Harry a utilisé dans la chambre. Mais je n'en sais pas plus, peut-être que le professeur Dumbledore a utilisé autre chose ? »
Tonks se redressa avec un drôle de regard sur le visage.
« Comment diable as-tu pu te procurer du venin de basilic à 12 ans Harry ?
- C'était le monstre dans la Chambre des Secrets, j'ai utilisé l'épée de Gryffondor pour le poignarder dans la mâchoire et cela a traversé sa tête. Il est mort assez vite après ça, mais un des crocs a fini dans mon bras. Je l'ai retiré et m'en suis servi pour poignardé le journal qui contrôlait Ginny. Fumseck m'a guérit grâce à ses larmes. »
C'était peut-être le résumé le plus succin qu'il ait jamais fait mais il n'avait pas envie de perdre de temps avec ses aventures passées, il commençait à peine à progresser dans la chasse aux Horcruxes, il n'avait pas le temps pour ça. Du coin de l'œil il vit Bill et Fleur échanger un regard avant de se tourner vers lui en même temps.
« L'épée de Gryffondor ? Demanda Bill.
- Dans la mâchoire du basilic ? Ajouta Fleur
- Heu oui, mais… commença Harry.
- Oh mon Dieu s'écrièrent Hermione, Flitwick et McGonagall au même moment. »
Le professeur des sortilèges se redressa de toute sa petite hauteur et commença son explication.
« Peu de sorciers savent que la légendaire épée de Gryffondor a été forgé par les Gobelins et en temps que tel, elle en a les propriétés. C'est à dire qu'elle absorbe ce qui la renforce. Si elle a traversée la mâchoire du basilic alors je pense que nous pouvons raisonnablement être certain qu'une simple égratignure de sa part est désormais mortellement dangereuse.
- Où est l'épée ? l'interrompit Shacklebolt.
- Dans le bureau du directeur, répondit McGonagall en se levant. Je vais la chercher immédiatement, qui sait ce que le Ministère risque d'y faire d'ici-là. »
Debout elle regarda Harry, et celui-ci réalisa avec plaisir qu'elle lui demandait la permission, cimentant inconsciemment son rôle de chef.
« Allez-y avec le Professeur Flitwick, au cas où. »
Il était très étrange pour Harry de voir son professeur de sortilège se lever aussitôt et traverser la cheminée à la suite du professeur de métamorphose. Il se souvenait combien il se sentait bizarre quand ses camarades lui obéissait pendant l'AD mais c'était encore plus étrange quand c'était des adultes qui avaient eu du pouvoir sur lui il y a seulement un mois.
« Résumons, dit Lupin en se levant pour marcher de long en large de la cuisine des Weasley. Voldemort a fait six Horcruxes. Deux ont été détruits et nous avons une piste solide pour le troisième. Nous sommes à la recherche de la coupe de Pouffsouffle qui pourrait être n'importe où, d'un autre objet appartenant à un fondateur, et enfin le serpent. C'est ça ?
- Oui, Voldemort voulait scinder son âme en sept morceaux, il est la septième partie, expliqua Harry.
- Et Albus voulait vous envoyer tout les trois à leur recherche ? C'est de la folie !
- On a déjà vécu beaucoup de choses, protesta faiblement Ron. »
Harry échangea un regard avec son meilleur ami. Ron semblait soulagé de pouvoir partager leur fardeau avec le reste de l'Ordre, certes c'était gratifiant pour son meilleur ami d'être dans la confidence mais l'énormité de ce qu'on leur demandait ne lui avait pas échappé. Hermione se tordait anxieusement les mains, désobéir à Dumbledore lui coûtait mais Harry pouvait voir que l'avancée fulgurante qu'ils venaient de faire contrebalancer amplement ce qu'elle devait considérer comme une faute au yeux du vieux directeur.
M. Weasley se redressa soudainement. « Le ministre est ici. Qu'est-ce qu'il veut ?
- Nous allons bientôt le savoir, répondit Shacklebolt, que tout le monde se disperse et rentre chez soi, il ne doit pas savoir ce que nous faisons. »
Le temps que Scrimgeour atteigne la porte, ne restait dans la cuisine que les Weasley, Hermione et Harry.
Il n'avait jamais assister à la lecture d'un testament auparavant. Celui de Sirius lui avait été brièvement résumé par Dumbledore et il ne savait pas ce qui était arrivé à celui de ses parents. Il fut donc très surpris de se retrouver avec un vif d'or pendant que le ministre lui expliquait pourquoi Dumbledore n'avait pas le droit de lui léguer l'épée de Gryffondor. Apparemment leur théorie était bonne, mais pourquoi le directeur n'avait-il pas simplement expliqué cela à Harry, il aurait pu se saisir de l'épée avant de quitter Poudlard sans attirer l'attention du ministère à ce sujet.
McGonnagall revient par la cheminée quelques secondes seulement après le départ du ministre, l'épée à la main, suivie de près par Flitwick.
« Au moins maintenant nous savons que nous avons deviné juste, dit Ron en regardant l'épée avec adoration.
- Je vais la mettre à l'abri, dit Harry en remerciant son professeur d'un signe de tête. Il se fait tard, je vous propose de réfléchir à ce que vous appris et nous aurons une autre réunion demain matin. Je dois reconnaître que j'ai envie de fêter dignement mon anniversaire ! »
Bien qu'un peu tendu par les dernières révélations, chacun parvint à profiter du dîner et du gâteau en évitent autant que possible de parler de la guerre. Harry pour sa part passait un très bon moment. Sa première journée d'adulte s'était remarquablement bien passée.
