Salut ! Bienvenue dans cette fiction spéciale noël ! JE VOUS SOUHAITE UN JOYEUX RÉVEILLON !
Résumé : Les Griffin, Blake, Reyes, Woods et Green sont amis parce que leurs parents l'étaient, ils se sont éloignés avec les années. Pour la première fois depuis que les Woods ont été les premiers à déménager, tous les jeunes ont décidés de fêter Noël ensemble dans l'immense propriété secondaire des Griffin. Bien entendu, certains d'entre eux ont énormément changé. Alors ces quelques jours vont-ils les réunir définitivement ou découdre leurs liens pour toujours ?
Cette fiction est aussi toujours l'occasion pour moi de fêter mon anniversaire en tant que auteure sur Fanfiction. J'avais, en effet, publié le premier chapitre de Revenir le 26 décembre 2015 ! Donc voilà, quatre ans que je vis un rêve, un super partage avec vous et tout pleins de belles histoires (pas forcément celle que j'écris !) Donc, merci à vous d'être là, de lire, de commenter, de follower et pour tout le reste... MERCI !
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Le personnages de l'univers de The 100 ne m'appartiennent pas !
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
Les amis ne s'embrassent pas sous la neige
POV Raven
Pour la première fois depuis une éternité, je dors de mon sommeil sans être tourmenté par des milliers de pensées. Je me redresse en me frottant les yeux et en baillant. C'est incroyable. Je ne crois pas m'être déjà sentie aussi reposée et pourtant, j'ai mal au dos et au cou. Je m'étire et mon geste est arrêté par un plafond bien trop bas. C'est alors que les souvenirs de la veille ou plutôt de la matinée me reviennent.
Je n'arrive pas à croire que je me sois endormie alors qu'Anya est... en plein sommeil, exactement comme moi. Je souris. Elle semble paisible. J'étais, correction, je suis toujours inquiète pour elle. Anya a la mauvaise habitude de prendre sur elle, jusqu'à l'implosion. Elle s'arme de sourires et d'une attitude désinvolte, puis elle pense que personne ne remarque ses failles.
Je n'avais pas vu Anya depuis plus de dix ans et pourtant un seul regard m'a suffi pour comprendre qu'elle était remplie de fissures en tout genre. La première crevasse s'est révélée quand elle a annoncé vouloir quitter son boulot. Mais je ne suis pas aveugle, il y a d'autres brèches et ce n'est pas parce qu'Anya n'en parle pas pour le moment qu'elles n'existent pas. Je les vois. Les craquelures de son cœur sont réelles.
Et quand je l'ai vu débarquer en plein milieu de la nuit, perdue dans ses pensées, le regard triste et perdu, j'étais terrifiée. Alors j'ai agi. Je n'aurai jamais cru qu'elle me suivrait aussi facilement. En vérité, je ne pensais pas emmener quelqu'un ici avant que tout soit fini, même si j'avais pris les devants en achetant ses boissons et friandises favorites. Pourtant à l'instant même où j'ai compris qu'Anya avait besoin de s'aérer l'esprit, alors que la plupart des personnes auraient cru que c'est complètement fou j'ai su où je devais l'emmener. Après tout, si j'ai construit cet endroit c'est en partie pour elle. J'ai toujours été fascinée par son amour pour l'art, la musique et le cinéma de la seconde moitié du vingtième siècle.
Quand j'étais enfant, elle m'emportait dans ce monde si fantastique et j'ai adoré chacune des découvertes qu'elle me faisait vivre. C'est comme si Anya était née à la mauvaise époque et qu'elle passait une grande partie de sa vie à retrouver des petites pépites. Je me souviens des mercredis après-midi passés chez le disquaire, elle fouillait pendant des heures et parfois un cri de victoire lui échappait alors elle fonçait dans la salle d'écoute pour mettre le volume à fond. Son visage rayonnait. J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi heureux qu'elle quand elle était dans cette salle à redécouvrir un morceau. Je l'observais derrière une vitre teintée, je la détaillais, j'apprenais chacun de ses traits et je ressentais à mon tour ce même bonheur. Il y avait aussi le rituel du samedi après-midi, à 16h pétantes, tous les autres avaient diverses activités, pour la plupart du sport mais Anya allait au cinéma, voir des vieux films. Un jour, je me suis imposée avec elle et je ne l'ai plus jamais laissé y aller seule. J'ai été conquise par le monde d'Anya, comme Dorothy par Oz sur le chemin de briques jaune.
Je me souviens du jour où j'ai découvert ce vieux hangar. Je suis passée à travers le grand trou béant du mur et je me suis dressée au milieu. J'y ai tout de suite vu un cinéma comme dans ces photos en noir et blanc de New-York, j'imaginais les voitures, les vieilles bobines, l'odeur du popcorn et les bavardages incessants en attendant que le film commence. Je me suis tout de suite reconnue dans cet endroit insalubre. Je voulais construire quelque chose. Alors sur un coup de tête à la Jack Sparrow, j'ai acheté cet endroit et je l'ai façonné.
J'ai toujours espéré qu'un jour, j'y inviterais Anya. D'une certaine manière, cet endroit est à elle. Je voulais que ce soit son refuge comme celui du cinéma des samedis après-midi. J'évitais de trop y penser mais si j'ai conçu cet endroit c'est pour elle. Peut-être que d'une manière ou d'une autre, je savais qu'un jour ou l'autre, Anya aurait trop de scissures et qu'elle aurait besoin de ce genre d'endroit pour se ressourcer. Un abri, une forteresse de solitude où elle pourrait se ressourcer, réapprendre à sourire comme dans cette pièce audiophile.
- Hey, souffle Anya en s'extirpant de son sommeil, je suis désolée. Je me suis endormie.
- Je crois bien que j'ai sombré la première, je souris. Tu vas bien ?
- Oui, ce petit enlèvement m'a fait un bien fou.
- Tant mieux, je suis contente !
Le silence. Un vrai silence. C'est très étrange. Je n'ai pas l'habitude. Cette accalmie pourrait être effrayante, mais la présence d'Anya m'a toujours rassurée. Je n'arrive pas à croire que ce calme émane véritablement de moi. Je ne me suis pas sentie aussi apaisée depuis une éternité. Je dois bien avouer que même les courses ne me sont pas aussi bénéfiques.
Si j'avais su qu'il suffisait d'aller voir Anya pour ne plus avoir la sensation que ma boîte crânienne se la joue cocotte minute, j'aurai accouru vers elle il y a des années déjà.
- À quoi tu penses Rae ?
- Te extrañé...
- Tu as conscience que je ne comprends pas un mot quand tu parles espagnole, n'est-ce pas ?
- Il fallait plus réfléchir avant de choisir Italien comme seconde langue.
- C'est vrai, énorme erreur de calcul de ma part. Mais, Anya plonge ses yeux dans les miens et pour la première fois de ma vie, je suis incapable de comprendre ce que je lis dans un regard, je veux vraiment savoir à quoi tu penses.
- Tu me connais, je hausse les épaules, je n'ai pas une mais un million de pensées à la seconde.
- Et bien choisie celle qui est la plus dominante.
- Tu crois que c'est aussi facile ?
- Pourquoi ça ne le serait pas ?
- D'accord, j'inspire profondément en m'appuyant plus dans mon siège et en fermant les paupières, je crois que j'ai faim.
- Très bien, je t'offre un petit déjeuner chez Ali's.
J'éclate de rire, véritablement amusée par sa proposition. Seulement après quelques secondes, je réalise qu'Anya est très sérieuse. Je me calme immédiatement en la fixant comme si elle était véritablement devenue folle. Elle se contente de simplement me sourire. Je réfléchis encore. J'ai dû mal comprendre, ce n'est pas possible mais je remarque instantanément qu'Anya semble plus que sérieuse.
- Tu me proposes vraiment de me payer un petit déjeuner chez Ali's ?
- Evidemment.
- Tu n'as pas peur que ton compte bancaire se transforme en véritable trou noir ?
- Mon compte bancaire devrait survivre, s'amuse-t-elle.
- Je crois que tu ne réalises pas ce que tu es en train de me proposer.
- Un petit déjeuner chez Ali's, elle me sourit avec de nouveau ce regard indéchiffrable.
- Tu as conscience que je suis un véritable estomac sur pattes et que Ali's est mon restaurant préféré ? Si je dois y manger à l'œil, je vais commander plus que ce que Supergirl pourrait engloutir !
- Je vois et bien, je prends tout de même le risque, assure-t-elle.
Je reste complètement bouche bée alors qu'elle s'extirpe de la voiture pour s'étirer. Je l'observe depuis ma place sans comprendre ce qui se déroule. Les doigts d'Anya se glissent dans ses longs cheveux blonds qu'elle secoue doucement avant de se pencher en avant pour les attachés en un chignon plus bordélique encore que l'appartement de ma mère. Elle penche la tête en arrière pour fixer le plafond de longues secondes en prenant de grandes inspirations avant de se tourner vers moi. C'est d'abord la surprise que je lis dans ses yeux avant qu'elle ne me sourit.
Anya s'approche et tapote sur le capot avant de se pencher à la fenêtre de la voiture. Elle me fait signe de lui ouvrir, je m'exécute un peu à retardement. Dès qu'elle s'accoude contre l'ouverture, je me recule. Elle use de nouveau de ce regard qui me rend si confuse et qui reste illisible. Elle se mordille la lèvre inférieure avant de reprendre d'une voix enjouée :
- Je croyais que tu avais faim.
- J'ai toujours faim.
- Alors qu'est-ce que tu fais encore devant le volant d'une voiture hors de fonction ?
- J'essaye peut-être de la faire démarrer par la pensée.
- Hum...
- Quoi ?
- Sors de cette voiture Rae, maintenant.
- Okay, je lui obéis à la seconde.
Je m'étire à mon tour et lorsque je me retourne, je découvre que comme moi il y a quelques secondes, Anya m'observe. J'espère que j'étais plus discrète qu'elle, sinon ça serait super bizarre, même si ce n'est pas nouveau. Je l'ai toujours regardé avec une attention bien particulière. Je crois qu'Anya est la personne la plus intrigante qu'il m'est été donné de rencontrer. Il n'est pas facile de la comprendre.
- Je suis sortie, je reprends timidement.
- En effet, donc nous allons chez Ali's ?
- Ouais, même si je pense toujours que m'inviter n'est absolument pas une bonne idée.
- Je prends le risque.
J'arrête donc de délibérer plus longtemps. J'éteins tout dans le bâtiment en finissant par les lumières avant de rejoindre Anya adossée contre la portière côté passager de ma voiture. Encore une fois, elle semble perdue dans ses pensées mais je crois que ses idées sont moins sombres que ce matin. Je suis heureuse d'être parvenue à lui changer les idées. Je n'aime pas savoir que son esprit navigue dans des abîmes désolées. Elle pourrait s'y perdre, ne plus revenir et c'est une idée qui m'effraie à un point inimaginable.
Une fois arrivé au Ali's, je conduis Anya à ma table. Celle qui se trouve stratégiquement assez près des enceintes, du bar et de la cuisine. J'hume l'air et souris. Je ne connais pas d'autre restaurant qui me rende aussi nostalgique. Pourtant, il n'a rien d'exceptionnel. Ce n'est rien de plus qu'un petit diner dans un patelin que même Christophe Colomb aurait du mal à le trouver sur une carte. Je me saisis de la carte et commence à faire mon, ou plutôt mes choix.
La serveuse vient à nous une première fois mais je la renvoie immédiatement ce qui fait rire Anya. Quand elle fait un second essaie, je commence à avoir une idée assez précise de ce que j'ai envie de manger mais j'ai besoin d'un peu plus de temps pour me décider. Je suis sur le point de lui demander plus de temps quand Anya commande un simple café avec une salade de fruits. Je quitte le menu du regard pour la dévisager, ce qu'elle remarque non sans un sourire amusé.
- J'ai une capacité très limitée à avaler des glucides dès le matin. Alors sauf si tu veux me voir malade, je vais éviter de manger trop gras ou trop sucré.
- C'est d'une tristesse affligeante, j'affirme en retournant chercher le menu parfait.
- Allez-y, reprend poliment Anya, je vous ferai signe quand l'estomac kryptonien se sera décidé.
- Je me disais bien que cette fille n'avait rien d'humain, s'amuse la serveuse.
- Une vraie alien, conclue Anya.
- Avec un cerveau comme le mien, je dois consommer autant de calorie qu'un sportif de haut niveau, j'essaye de me justifier.
- Mais je ne te juge pas Rae, bien au contraire.
Une fois mon choix définitif arrêté, nous discutons une dizaine de minutes avant qu'une montagne d'assiettes ne soit déposée devant moi. J'attaque mes coups de fourchette dès que la serveuse à le dos tourné. J'adore vraiment ces plats, ils n'ont rien d'exceptionnel pourtant leurs simplicités n'est pas une tare. Bien au contraire, les cuissons et assaisonnements sont absolument parfaits. Je me régale.
Après quelques bouchées dans le silence, je reprends la conversation où je l'ai arrêtée. Je parle de tout et de rien, surtout de tout. Je passe d'un sujet à un autre avec une facilité déconcertante. Je souris plus que de raison quand Anya me pose une question ou me relance sur un sujet qui en ferait mourir d'ennui plus d'un. C'est lorsque je commence à aborder une théorie sur le fonctionnement du moteur du Faucon Millenium et sur la vitesse lumière que je baisse les yeux en rougissant quand je dis de manière penaude :
- Je devrais me taire maintenant.
- Tu n'y ai pas obligé, me sourit Anya.
- Je ne veux pas t'ennuyer.
- M'ennuyer ? Répète-t-elle en riant. Tu ne risques pas de m'ennuyer. Tu veux savoir ce qui m'ennuie, parler tout le temps des affaires que j'ai en cours que ce soit au bureau ou à la maison.
- Tu veux quitter ton boulot pour re-devenir avocate ou tu veux tout changer ? Je demande en déposant doucement ma main sur la sienne.
Anya garde ses yeux rivés un long, très long moment sur nos mains jointes. Je commence à croire que j'ai fait quelque chose de mal alors je cherche à m'éloigner mais au dernier moment, elle me retient avec sa seconde main. Je la fixe de nouveau. Son regard est vide, sans vie. C'est terrifiant.
- Je... oublie, je m'empresse de dire, ne répond pas.
- Je ne sais pas, souffle-t-elle si bas que j'ai du mal à l'entendre. Je ne sais pas du tout ce que je vais faire, reprend-elle en secouant la tête de gauche à droite. J'ai toujours pensé que ce métier me convenait mais... je crois que j'étouffe dans ma propre vie depuis un certain temps déjà. Je n'ai pas envie de me remettre en question, continue-t-elle en ancrant ses yeux dans les miens, pas à ce point. Je crois que j'ai peur de me rendre compte que j'ai trop longtemps tourné le dos à ce qui pouvait me rendre heureuse.
- Tu ne peux pas fuir éternellement, je souris timidement, et je veux que tu sois heureuse.
- Parfois être heureuse n'est pas aussi facile que ce que nous croyons.
- Être avec la personne que l'on aime, je lève mon indexe, faire ce que l'on aime, je poursuis avec mon majeur, et s'amuser, je conclue en dressant mon annulaire. C'est facile.
- Et toi, tu es heureuse Rae ?
- La plupart du temps. Je suis heureuse en ce moment. Je suis heureuse de passer ces quelques jours avec vous tous. Je suis heureuse quand je répare des moteurs que tout le monde pense perdu. Je suis heureuse quand je mange. Je suis heureuse, je souris, la plupart du temps.
- Et qui aimes-tu ?
- Pardon ?
- Tu as dit qu'il fallait être avec la personne que l'on aime. Alors... qui aimes-tu ?
- Personne mais pour le moment, ça ne me manque pas.
- Tu es déjà tombée amoureuse ?
- Je ne suis pas sûre. J'ai du mal à comprendre le concept. Il n'y a aucune logique, rien d'explicable ou de réel. C'est une simple chimie dans le cerveau. Et je refuse de vivre le même genre de défilé incessant que ma mère. Quand je trouverais la personne qu'il me faut, je me battrais pour elle, je ferais tout pour qu'elle reste. Ce sera aussi épique que la bataille Superman contre Doomsday sauf que moi, je ne compte ni perdre, ni mourir, me sacrifier peut-être mais rien de plus.
Anya sourit. Je cligne des yeux. Elle cache son sourire en tournant la tête légèrement sur le côté. Je vois que ses yeux pétillent de malice. Elle retire lentement sa main de la mienne. Je me surprends à vouloir la retenir. Elle passe sa main dans ses cheveux, le coin de ses lèvres toujours étiré. Je la vois être heureuse sans aucune retenue pour la première fois depuis que je suis arrivée. Elle est exactement comme dans mes souvenirs. Je suis satisfaite de la retrouver tel que je l'ai toujours connue. Elle est radieuse. Je suis subjuguée.
Encore plus que lorsque j'étais enfant.
Je ressers très légèrement la pression de mes doigts sur sa main. Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive. Je crois que je cherche à la retenir un peu plus longtemps avec moi. Je me sens tellement bien à cet instant. Je ne suis jamais aussi détendue avec les autres. Je pense que d'une façon ou d'une autre, Anya est indissociable à mon monde. Je ne peux pas évoluer sans elle. Je me rends compte que depuis dix ans, j'étais comme morte à l'intérieur, incapable de me développer. Je viens de passer seulement quelques heures avec elle et j'ai déjà la sensation d'avoir progressé. Je n'ai plus mille pensées à la seconde. Je suis simplement moi. Je n'ai jamais ressenti ce genre de sensation avec une personne.
Jamais... sauf avec Anya.
- Te extrañé, je souffle de nouveau.
- Tu as dit quelque chose ?
- Non, je secoue la tête, rien d'important. Il, je me mordille la lèvre et trouve une explication toute faite en regardant par la fenêtre, c'est simplement qu'il neige.
- Génial, grimace-t-elle.
- Tu n'aimes pas la neige ?
- Rien à voir, contre-t-elle immédiatement, je me dis juste qu'avec la neige, il est absolument impossible que les autres ne remarquent pas notre absence.
- Oh, je reprends déçue, tu veux rentrer ?
- Pas encore, m'assure-t-elle en s'installant de façon plus confortable sur la banquette, je suis bien ici avec toi et tu n'as pas fini ton, elle grimace, je ne suis pas certaine de pouvoir appeler cet amas un petit déjeuner.
- Je suis certaine que tu regrettes d'avoir seulement prit une salade de fruits, je la nargue en brandissant mon bacon, c'est succulent, je poursuis en mordant dedans.
- Oh mais je te crois.
- Vraiment ? Sur une échelle entre Pinocchio et le miroir de la méchante reine, à quel point tu me crois ?
- Une échelle quoi, rit-elle.
- C'est très sérieux, j'assure.
- Mais où est-ce que tu es allée chercher ça ?
- Bah... c'est évident, l'éminent et respectable Walt Disney. Tu veux goûter, je tends la fourchette vers elle, normalement je ne partage pas quand il s'agit d'Ali's mais tu me fais pitié avec ta pauvre salade de fruits.
- Non merci.
- Non merci ? Je m'offusque.
- Aussi incroyable que cela puisse paraître, mon estomac n'est pas un puit sans fond.
- Mon estomac n'est pas un puit sans fond, je bougonne.
- Ce n'était pas un reproche.
Je me sens sourire d'une façon incroyablement naturelle. Je m'apprête à lui répondre que si mon estomac doit être comparé à quelque chose autant que ce soit le tunnel d'Alice au Pays des Merveilles, là au moins, il y a une fin. Mais je suis brutalement coupée dans mon élan par la sonnerie du portable d'Anya.
Sans que cette fois je ne puisse la retenir, elle éloigne sa main de la mienne pour la plonger dans la poche de son manteau. Je n'avais même pas remarqué qu'elle le portait toujours alors que nous sommes dans le restaurant depuis un certain temps. Je fronce les sourcils en réalisant que la sonnerie ne s'arrête pas. Je reporte toute mon attention sur son visage en me demandant si les sœurs Woods ont un problème avec les smartphones que j'ignorais.
- Tu ne réponds pas ?
- Anya ?
- Hein ?
- Tu ne réponds pas ?
- Oh... si. Bien sûr que si,
elle décroche et porte l'appareil à son oreille. Allô ?
J'ai beau me concentrer, je ne parviens pas à entendre qui est son interlocuteur ou même des bribes de la discussion. Je me contente donc de reprendre ma dégustation en silence. Je suis contente qu'Anya n'ait pas choisi de s'isoler pour avoir sa conversation. J'aime vraiment passer du temps avec elle et il faut que je trouve un moyen pour en passer encore plus.
- Quoi, explose-t-elle subitement ce qui me fait poser violemment mes couverts, j'ai dû mal comprendre, reprend-elle avec une pointe d'agacement avant qu'un long silence ne s'impose, et tu croyais quoi que j'allais changer d'avis si tu venais ? Et bien non, s'énerve-t-elle, aussi incroyable que cela puisse paraître c'est une décision mûrement réfléchie. Je n'ai pas envoyé ma lettre de démission sur un coup de tête !
- Anya, je souffle.
- Je n'arrive pas à croire que tu puisses croire que, elle semble être coupée.
- Anya, je tente une nouvelle fois.
- Je ne suis pas en train de ruiner ma carrière puisque je ne suis même pas certaine d'en vouloir une !
Je commence à paniquer, tous mes efforts pour la rendre heureuse s'effondrent sous mes yeux. Je n'arrive pas à croire qu'une personne parvienne à lui arracher son sourire aussi facilement. Je suis mal à l'aise face à sa colère. Je ne l'ai jamais vu dans cet état.
Qu'est-ce que je peux faire ?
Certainement quelque chose de stupide et irréfléchi...
Je me redresse assez pour lui subtiliser son portable. Anya écarquille les yeux au possible. Pendant une seconde, j'ai l'idée saugrenue de vouloir plonger cet objet de malheur qui a arraché la joie d'Anya aussi facilement dans le pichet d'eau mais je me souviens que cette petite chose coûte une véritable petite fortune. Je fixe la blonde qui n'essaye même pas de récupérer son dû. J'entends une voix masculine l'appeler.
Je commence à comprendre que de l'autre côté, c'est certainement Nykolas. Je plonge un peu plus mes yeux dans ceux d'Anya. Je me noie dans son regard. Je m'y perds. Je suis à bout de souffle. Je ne peux pas croire que la personne qui est censée aimer Anya ait ruiné tous mes efforts pour lui rendre le sourire en une poignée de minutes.
Qui est-il pour ne pas se rendre compte qu'Anya se fissure de l'intérieur ?
- Désolée, je souffle à Anya et je raccroche.
Voilà, un nouveau POV qui se termine ! J'espère que ce nouveau chapitre vous a inspirer et qu'il vous a plus ! C'est assez noël pour vous ? Vous attendez plus ? Si oui, quoi donc ? J'attends avec impatience vos réactions.
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre ! Je continue de poster un chapitre par jour au alentour de 18h jusqu'au 25 décembre.
Je vous souhaite encore une fois un très bon réveillon, profitez à fond de votre famille et/ou amis ! C'est le moment de LA question, les cadeaux, vous les ouvrer quand ? Le 24 au soir ou le 24 au matin ? Aller, je vous laisses, bonne soirée ! Je vais m'équiper d'une longue vue pour ma mission annuel : essayer d'apercevoir Jack Skellington !
GeekGirlG.
