Partie 4:
En reconnaissant la voix honnis de son ancien professeur, Harry se figea. Il avait clairement fait savoir qu'il ne la voulait pas dans les locaux mais malheureusement le crapaud avait encore des amis qui la protégeaient et Harry ne pouvait exercer ses pleins pouvoirs pour la renvoyer sans passer pour un tyran. La garce avait habillement dissimulé les preuves de ses méfaits. Or, sa propre loi était formelle : l'utilisation du véritaserum ne pouvait s'effectuer qu'avec des preuves à charge. Un accusation seule ne suffisait pas. Cela l'avait frustré au-delà de l'imaginable mais Hermione avait calmé ses ardeurs. Il n'aimait pas ça mais il lui faisait confiance quand elle disait que c'était une concession nécessaire pour faire accepter le changement à la population.
« Je me demandais, Monsieur le Ministre, minauda Ombrage, si je pouvais avoir un mot avec vous en privé.
- Qu'y a-t-il ? Grogna Harry sans se soucier de passer pour un malpoli.
- Je m'excuse de vous déranger, mais je dois insister pour vous parler en privé. Il s'agit d'une affaire délicate et en temps qu'ancienne Sous-Secrétait d'État, je pense que c'est mon devoir de m'entretenir avec vous à ce sujet, dit Ombrage de sa voix doucereuse alors que les employés observaient l'échange avec intérêt. »
Comprenant qu'il ne s'en débarrasserait pas facilement, Harry lui demanda de l'attendre dans la salle d'attente de son bureau. Elle paraissait outrée de devoir patienter mais il n'allait certainement pas lui faciliter les choses. Pendant qu'elle s'éloignait, il prit le bras d'un de ses aurors de garde pour lui demander de transmettre un message à Tonks et Shaklebolt. Il ne savait pas ce qu'elle voulait mais il voulait être prêt.
Dolores Jane Ombrage, ancienne Sous-Secrétaire d'état, ancienne Grande-Inquisitrice et Directrice de Poudlard ne s'était pas sentie aussi humiliée depuis longtemps. Potter la faisait attendre dans la salle réservée au simple employé ! Elle était habituée à pouvoir parler au ministre quand elle le souhaitait et si elle devait attendre en cas de force majeur, cela se faisait toujours dans la salle pour les hauts dignitaires. Quelle humiliation ! Comme elle haïssait le gamin insolent.
Finalement après trois heures d'attente, un elfe de maison entra.
« Dobby doit fouiller chaque visiteur du grand Harry Potter avant de les laisser entrer dans son bureau. Veuillez vous lever pour que Dobby puisse vous fouiller.
- Comment oses-tu sale petit…
- Vous préférez une elfe ? Dobby peut aller demander à une elfe si la sorcière rose préfère. »
Ulcérée, elle en perdit momentanément la voix avant de se déchaîner.
« C'est ainsi que tu t'adresses à moi saleté ? Vermine, sale…
- C'est S.A.L.E., la corrigea Dobby d'un ton joyeux. Société d'Aide à la Libération des Elfes. C'est l'amie du grand Harry Potter qui l'a fondé. Si la méchante sorcière refuse d'être fouillée par un elfe, alors ce sera par un auror.
- Tais-toi, aboya Ombrage. Je n'ai pas à être fouillée pour aller voir le ministre.
- C'est la nouvelle procédure. Le grand Harry Potter a dit à Dobby de penser à regarder vos plumes. Vous savez ce qu'il a voulu dire par là ? »
Rouge de colère, Ombrage se leva. Elle n'avait pas le choix, pour le bien être sa carrière elle devait parler au maudit gamin à la cicatrice. Fort heureusement, l'examen était moins intrusif qu'elle le craignait. En voyant qu'elle n'avait pas d'objet magique potentiellement dangereux en sa possession, elle fut conduite au bureau du ministre. La créature indigne bavardait sans arrêt au sujet du grand Harry Potter. De quel droit cette chose osait-elle s'adresser directement à une supérieure. Elle s'apprêtait à le frapper pour se venger de son humiliation lorsque la porte s'ouvrit, révélant Potter dans toute sa splendeur juvénile. Elle entra dans son bureau, ignorant le garçon idiot qui donnait une mornille à l'elfe en disant quelque chose à propos d'une chaussette pendant que l'elfe prenait congé.
Il avait beaucoup grandit depuis leur dernière rencontre et elle devait désormais lever la tête pour lui parler. A son grand plaisir, il était seul, cela allait être étonnamment facile. Elle regarda rapidement autour d'elle. Le bureau autrefois rempli d'œuvres d'art et de décorations montrant le bon goût et l'élégance de Fudge était à présent beaucoup moins grandiloquent. Potter avait installé une glace à l'ennemi sur le mur de gauche, elle vit également un balais exposé derrière lui. Ce n'était pas celui qu'elle avait confisqué il y a des années remarqua-t-elle distraitement. Sur le bureau, elle reconnu une photo de James et Lily Potter accompagné de Sirius Black. Ombrage peina à masquer son rictus de dégoût en pensant au prisonnier. A sa droite, elle reconnu le portrait permettant de communiquer avec le Premier Ministre moldu ainsi qu'un autre qu'elle ne connaissait pas mais qui la fixait attentivement au point de la mettre mal à l'aise.
« Soyez gentil, Phinéas, dit calmement Potter, elle n'a encore rien fait.
- Pour le moment, grogna le portrait sans la quitter des yeux. »
Ombrage le regarda avec colère. Elle devait admettre qu'elle n'avait pas prévu la présence des portraits. Du temps de son regretté Cornélius ils étaient à l'écart car il avait un bien meilleur goût que ce stupide Potter. Elle allait devoir être discrète.
« Monsieur le Ministre, je suis indignée, votre elfe m'a adressé directement la parole et m'a fouillée. J'exige qu'il soit puni !
- Mais il ne fait que suivre mon dernier décret. Vous savez tout sur les décret, n'est-ce pas, Ombrage ? Ajouta le jeune homme d'un ton sarcastique. »
Vexée, elle le foudroya du regard mais le morveux de broncha pas. Être ministre semblait lui donner l'illusion qu'elle n'avait aucun pouvoir sur lui. Elle allait devoir le détromper.
« Je n'ai pas toute la journée, dit Potter en s'installant derrière son bureau, de quoi vouliez-vous me parler. »
Ombrage ne pu s'empêcher de se hérisser. De quel droit ce gamin irrespectueux lui parlait-il sur ce ton ?
« En effet. Voyez-vous, je tenais d'abord à vous faire part de mes interrogations concernant votre décision de placer votre entourage aux postes clefs du ministère. Je comprends que c'est nouveau pour vous, mais la tradition veut que...
- Monsieur le Ministre, la coupa Potter. Je sais que cela doit vous rendre folle de rage, mais vous allez néanmoins vous adresser à moi avec le respect due à ma profession. Ensuite mes décisions concernant la façon dont je gère mon ministère n'ont pas à être approuvé par une simple citoyenne mais par le magenmagot qui a été, je crois, élu par les citoyens qu'ils représentent. Qu'est-ce qui vous fait penser que votre avis est plus important que celui de nos sénateurs et par extension de l'ensemble de nos concitoyens ?
- Je vois, dans ce cas Monsieur le Ministre, cracha-t-elle comme si c'était une insulte, je souhaitais vous informer du vol d'un héritage inestimable qui m'a été dérobé.
- Un vol ? Lequel ?
- Il s'agit d'un médaillon qui a appartenu à ma famille depuis des générations. Malheureusement, vos subordonnées ne prennent pas ma plainte avec le sérieux qui lui est due. C'est ce qui arrive quand on laisse des personnes incompétentes diriger un département sans savoir ce qui est réellement important. Cet héritage est inestimable et je souhaite que les aurors fassent leur travail ! Ces imbéciles n'ont même pas enregistré ma plaine ! »
Le bureau la masquait légèrement. Elle sortit sa baguette le plus discrètement possible. Bientôt ce sale gosse arrogant serait sous son contrôle et tout redeviendrait comme il se doit.
« Bien sûr, je vais immédiatement dire au Directeur Shacklebolt d'arrêter les interrogatoires des mangemorts pour se concentrer sur la perte d'un médaillon que vous avez acheté illégalement à Mondingus Fletcher, dit Potter d'une voix moqueuse.»
Sa surprise fut telle qu'elle faillit lâcher sa baguette. Comment savait-il ? Furieuse elle pointa sa baguette sur lui. « Imperio ! Vous allez m'obéir maintenant Potter ! »
Au même moment, elle sentit des cordes s'enrouler autour d'elle et elle tomba lourdement sur le sol, sa précieuse baguette s'échappant de sa main et roulant dans la pièce pour être arrêtée par le pied de la Chef Auror qui ôtait sa cape d'invisibilité d'une main tout en braquant sa propre baguette sur elle. Quand Ombrage tourna son regard vers Potter elle fut surprise de le voir arquer un sourcil moqueur.
« J'ai résisté à l'imperium de Voldemort lui-même et en comparaison le votre n'est rien de plus qu'un lumos lancé par un première année.
- Harry, sois gentil avec les premières années, le réprimanda gentiment Tonks. Je vous remercie de me faciliter la tâche, ajouta-t-elle en s'adressa à Ombrage. Je cherchais comment me débarrasser de vous. Vous avez fait beaucoup de mal à mon mari en le privant de ses droits.
- Vous perdez votre temps, personne dans le ministère n'acceptera de me condamner ! s'écria ombrage, ses yeux globuleux sortant presque de sa tête sous l'effet de la colère.
- Cela reste à voir, gronda Harry. Le véritasérum vous fera parler. »
Harry contourna son bureau et s'accroupit à côté d'elle pour la regarder dans les yeux.
« Vous voyez Ombrage, j'ai pris vos leçons à cœur. Le mensonge est interdit dans mon ministère. »
Il leva son poing où s'étalaient les cicatrices qu'elle lui avait infligé. Il se releva brusquement et retourna à son bureau en l'ignorant.
Ombrage fut emmené et Tonks prit bien soin d'utiliser les couloirs les plus emprunté pour l'humilier davantage en allant dans les cellules du ministère.
Être Ministre était à la fois merveilleux et épuisant. Harry appréciait de pouvoir enfin agir comme il l'entendait mais les politiciens l'horripilaient et il ne s'était pas gêné pour les remettre à leur place. Il était là pour gagner une guerre, pas pour protéger leurs seuls intérêts économiques. Très rapidement, il avait effectivement nommé son entourage aux postes clefs.
Arthur Weasley était le nouveau Sous-Secrétaire d'État. Sympathique et amicale avec tout le monde, Harry avait pourtant vu un sorcier deux fois plus grand que lui fondre en larme lorsque le père de son meilleur ami était en entré dans une colère noire. Arthur était lent à la colère mais une fois lancée, il était implacable. Et honnêtement, ne pu s'empêcher de penser Harry, à quoi pensait l'homme qui avait essayé de le convaincre de limiter l'accès à Poudlard pour les nés-moldus cette année afin d'éviter de froisser le Seigneur des Ténèbres ? Harry ne le connaissait pas, mais il allait falloir le surveiller.
Le nouveau chef du département de la Justice Magique était Kingsley Shacklebolt qui avait immédiatement fait des vérifications approfondies sur les allégeances de chaque personne sous ses ordres. Il avait également, en le faisant approuver par Harry, mis en place un protocole interrogatoire au véritaserum validé par le Mengenmagot. Il avait notamment fait certifier les potions qui serait préparées dans un endroit secret pour éviter tout risque de sabotage. Par ailleurs, toujours dans l'idée d'éviter les interférences de Voldemort dans les procès : l'interrogateur changeait d'un jour à l'autre car les aurors étaient tiré au sort avant le procès.
Tonks avait été promue Chef des Aurors malgré sa jeunesse et sa grossesse. Vexés, quelques aurors vétérans tentèrent de lui mettre les bâtons dans les roues, mais ils découvrirent rapidement pourquoi elle avait été la préféré de Fol Œil. Enhardie par les changements proposés par chaque membre de l'Ordre, elle avait mis au point un système de code de reconnaissance qui variait chaque semaine. Le but étant d'éviter de transmettre des informations à un mangemort sous polynectar et de repérer une personne placée sous imperium. Elle avait également envoyé ses aurors patrouiller régulièrement au sein du ministère pour surveiller les éléments perturbateurs.
Bien évidemment, Harry confirma Minerva McGonagall dans ses fonctions de Directrice et la laissa gérer l'école comme elle l'entendait. D'après ce qu'il avant entendu, elle avant engagé de nouveaux enseignants et avait demandé de l'aide au département des mystères pour fouiller le château en quête d'objets potentiellement utilisables par les mangemorts. Hermione avait confié à Harry que la nouvelle directrice ne décolérait pas de la présence d'une armoire à disparaître à l'école. Et elle n'avait pas tort, Poudlard était un endroit merveilleux qui pouvait parfois s'avérer dangereux. A regret, mais avec l'approbation sans réserve d'Hermione et de Lupin, Harry lui confia la carte des Maraudeurs, au cas où elle devrait faire face à un nouveau Malfoy.
Même s'il était le chef des deux organisations, Harry tenait à ce que l'Ordre demeure indépendant du ministère en raison des Horcruxes. Néanmoins, lorsque le Phénixor était lancé, les deux répondaient à l'appel. Le 31 août, ce fut le père d'Ernie McMillant qui lança le sort de détresse avant d'être assassiné. Une dizaines de mangemorts étaient chez eux et attaquaient avec des impardonnables. Ernie utilisa également le gallion de l'AD pour demander de l'aide. Aussi, les aurors, l'Ordre et les membres majeurs de l'AD combattirent pour la première fois côte à côte ce soir là. Les étudiants compensaient leur manque d'expérience par leur fougue et leur jeunesse là où les aurors et l'Ordre veillait à leur protection. En moins de cinq minutes, c'était terminé. Deux mangemorts avaient été tué et sept autres étaient les hôtes des cellules du ministère. Le dernier s'était malheureusement échappé.
Voir des étudiants combattre avait réveillé le grand public et il était désormais courant de voir la population participer à la chasse aux détraqueurs. Pour la première fois, Voldemort subissait de véritables pertes dans ses rangs lors de ses attaques. Sa tentative de destruction du cimetière de Godric's Hollow s'était complètement retournée contre lui car la population, les aurors, l'ordre et l'AD s'était interposé pour lui opposer une résistance acharnée. Le fils de James et Lily se révélait encore plus dangereux que ses parents et cela n'était pas prévu. Il avait pourtant vu le garçon à 11, 14 et 15 ans et absolument rien ne laissait présager cela.
Harry, Ron et Hermione, ne retourneraient pas à Poudlard, au grand dam de Mme. Weasley. Ils avaient décidé de continuer les recherches intensives sur les Horcruxes et dans le cas d'Harry, un ministre à l'école, c'était bizarre. Seule Ginny retournait à Poudlard, mais pas avant d'être finalement intronisée dans l'Ordre. Comme elle l'avait parfaitement expliqué à sa mère, sa famille entière était dans l'Ordre, et elle était une cible de choix en raison de sa proximité avec Harry : mieux valait qu'elle soit mise au courant des choses et capable de se défendre. En secret, le trio lui avait confié deux missions fondamentales : former les membres de l'AD avec Neville et Luna en utilisant ce qu'elle avait appris dans l'Ordre du Phénix, et faire des recherches sur la magie de l'âme et de l'esprit dans la bibliothèque de l'école.
Aussi, c'est dans cette atmosphère d'euphorie que la nouvelle de la tentative d'agression du Ministre Potter et de l'arrestation de l'ancienne Sous-Secrétaire d'état furent imprimés. Cela fit grand bruit. Harry n'avait jamais eut autant de soutien et il s'en délecta.
Le tribunal se réunit rapidement pour statuer sur son sort. Il ne l'admettrait jamais, mais voir son ancien bourreau contrainte de s'asseoir sur le siège des accusés où les chaînes s'étaient immédiatement enroulées autour d'elle, procura à Harry un immense sentiment de joie. Elle portait les mêmes vêtements que le jour de son arrestation mais elle paraissait plus maigre et ses cheveux décoiffés lui donnait un air dément qui montrait sa véritable personnalité. Ombrage était remarquablement pâle mais Harry était certain qu'elle pensait encore pouvoir s'en sortir. Elle était habituée à agir à sa guise depuis trop longtemps. A ses côtés se tenait l'avocat de la défense, Marcel Flint. Il était grand et maigre, son front dégarni brillait en raison de la lumière et de l'atmosphère étouffante de la pièce. Il ne semblait agacé de devoir être là et Harry se demandait s'il savait combien sa cliente s'était fait de nombreux ennemi. L'enquête de Tonks avait été pour le moins informative et Harry avait du mal à contenir son impatience. Shacklebolt s'avança pour présenter les résultats de l'enquête et les preuves devant le Magenmagot. Le fait que le Directeur de la Justice Magique tienne à intervenir en personne montrait toute la gravité des accusations, mais ce fut le regard plein de colère de Shacklebolt qui choqua le Magenmagot. Il s'était fait une réputation solide au Ministère où il était considéré par beaucoup comme inébranlable, aussi le voir se retenir physiquement de ne pas hurler ou frapper Ombrage était un choc.
« Mesdames et Messieurs membres du Magenmagot, nous sommes réunis aujourd'hui pour juger Dolores Jane Ombrage. Elle est accusée d'avoir tenté de soumettre notre ministre à l'impérium, d'avoir envoyé illégalement deux détraqueurs dans le monde moldu, d'être en possession d'objets de magie noire, d'avoir torturé des mineur, d'abus de pouvoir et enfin de détournements de fonds. Conformément à nos lois, Madame Ombrage répondra de ces accusations sous véritasérum.
- Objection ! hurla l'avocat d'Ombrage, où sont les preuves nécessaires à l'administration du sérum ?
- Je laisse la parole au Chef Auror Tonks, dit sombrement Shacklebolt. »
Et c'était mieux comme ça, pensa Harry. Il avait l'air prêt à jeter un Avada sur le crapaud à tout moment. Quoique Tonks ne paraissait pas mieux, songea-t-il en la regardant faire face au Magenmagot. Ses cheveux étaient inhabituellement noirs et elle portait son uniforme d'Aurors à col et aux manches noirs. L'uniforme du deuil que les Aurors portaient pendant deux semaines après avoir perdu l'un des leurs. Harry sentit son cœur se serrer. Il savait très bien pourquoi les aurors portaient le deuil, et si Shacklebolt obtenait ce qu'il voulait, cela deviendrait un uniforme permanent, pour ne jamais oublier.
« J'ai moi-même arrêté Madame Ombrage lorsqu'elle a jeté l'imperium sur le Ministre Potter. Bien sûr cela n'a eu aucun effet sur lui car l'accusée n'a pas les compétences magiques nécessaires pour lui faire face, ajouta-t-elle avant de pouvoir s'en empêcher. Un examen de la baguette de l'accusée a révélé que c'est effectivement le dernier sort qu'elle a lancé, comme vous pouvez le lire sur ce rapport fait par le département des mystères. »
Le rapport fut dupliqué et un exemplaire vola en direction de chaque membre de la cour. Comme chacun prenait connaissance du rapport, Tonks envoya également les copies de l'ordre illégal du baiser de détraqueur envers Harry.
« Malheureusement, ce n'est pas la première fois que Madame Ombrage a honteusement abusé de son statut au ministère. Voici une copie des rapports d'incidents et de plaintes à l'encontre de l'accusée qui avaient mystérieusement disparus et que nous avons trouvé chez elle. D'après notre psychomage, l'accusée considère ses actes d'intimidations comme des preuves de sa supériorité et collectionne ces rapports comme des trophées Le fait que les plaintes dont elle faisait l'objet n'ont jamais eu de suite a cimenté l'illusion qu'elle était intouchable, ce qui s'est renforcé avec son association avec l'ancien ministre Fudge de sinistre mémoire. Comme vous pouvez le voir dans le dossier, Madame Ombrage a activement participé aux détournements de fonds du ministère. Des rentrées d'argents d'origine inconnu apparaissent régulièrement sur son compte en banque durant toute la durée de son mandat de sous-secrétaire. »
La voix de Tonks sembla lui faire défaut et elle fit une courte pause pour se reprendre.
« En remontant la filière de ces rentrées d'argent, nous avons pu trouver d'où provenait cet argent qu'elle a partagé avec Cornélius Fudge. »
Cette fois-ci, la pause était seulement pour l'effet qu'elle savait que cela aurait immanquablement. Harry se tendit en préparation. Il pensait qu'il ne pouvait pas haïr davantage Ombrage, et pourtant il se trompait. Tonks pointa Ombrage du doigt et ses cheveux devinrent rouges vifs.
« L'argent était détourné du fond d'aide aux Aurors. Cette femme a détourné l'argent dont le but était d'aider la prise en charge des soins ou des funérailles des aurors blessés ou tués dans l'exercice de leur fonction. L'argent destiné à aider et soutenir financièrement les conjoints et les enfants de nos aurors ! L'argent destiné à des familles en deuil !»
La salle explosa en un cacophonie de cris de colère. Harry lui-même voulait jeter un sort ou deux. Cet argent était destinés aux familles comme les Longdubat, par à cette excuse pathétique pour une sorcière. Peu à peu le calme revint et Tonks reprit la parole.
« Concernant l'ordre du baiser de détraqueurs, les documents en question ont été trouvé aux domiciles de l'accusée et il est à noter que M. Potter était un mineur de moins 15 ans au moment des faits. Cette fois encore elle a honteusement abusé de sa position au sein de cette institution à seule fin de condamner un enfant à un sort pire que la mort. De quel droit ? De quel droit cette femme se permet-elle de se soustraire à l'autorité de notre institution ? La condamnation au baiser du détraqueur a toujours été exceptionnelle et donné dans des circonstances graves et particulières. Même si M. Potter avait un criminel, cela aurait quand même été illégal. Mais M. Potter n'était pas un criminel. M. Potter n'était même pas majeur. M. Potter était un enfant qui se remettait d'une épreuve terrible que peu d'adulte peuvent comprendre et encore moins imaginer. Et alors qu'il était victime du Ministre Fudge, de la presse, et des Forces du Mal, cette femme a décidé de lui envoyer les créatures les plus ignobles de notre monde alors qu'il essayait de nous prévenir du retour de Voldemort. Et ce n'est pas tout. Vous voyez, Mme. Ombrage déteste les enfants, en particulier ceux qui ne se soumettent pas à ses idées, et quand elle n'utilise pas des détraqueurs, elle les torture.
- Vous ne pouvez accuser ma cliente de torture ! s'écria Flint. J'exige des preuves ou je vous accuserai de diffamation. »
Tonks ne broncha pas et le regarda droit dans les yeux.
« Lorsque nous avons fouillé le domicile de l'accusée, nous avons trouvé ceci.»
Tonks sortit un sac et le posa sur la table des preuves où les rapports et la baguette d'Ombrage étaient déjà posés. Avec une lenteur calculée, elle y plongea la main et en sorti une plume noire qu'elle leva au dessus de sa tête pour que tout le monde puisse voir. Des murmures courroucés se rependirent dans la pièce comme une traînée de poudre. Tonks posa la plume avant de plonger une nouvelle fois sa main dans le sac pour en sortir une autre plume. Les murmures se firent plus forts et Harry pensa un instant que la moitié de la salle voulait jeter un sort à Ombrage. Aussi, il fut surpris par le silence consterné qui s'imposa sur le Magenmagot en voyant la main de la Chef Auror replonger dans le sac. La tension de la pièce était palpable alors qu'une à une, 15 plumes noires furent présentées sur la table.
« Les dossiers de détention de Poudlard coïncident parfaitement avec l'utilisation de ces monstruosités. Cette femme, envoyé par l'administration précédente, a utilisé des objets de magie noire pour torturer les étudiants.
- Objection ! Ces objets auraient pu être déposé au domicile de Mme. Ombrage par ceux qui veulent lui nuire, s'écria l'avocat de la défense.
- Le résidu magique de l'accusée a été retrouvé sur ces plumes, contrat Tonks.
- Des preuves ! Exigea Flint.
- Voici les rapports concernant le résidu magique de l'accusée et celui des victimes. Le sang laisse des marques, en particulier lorsque la magie de la victime se débat pour essayer de se défendre. En croisant les informations des résidus et les dossiers de détention de Poudlard nous avons pu contacter les familles des victimes. Les enfants ont accepté de témoigner sous serment magique en présence de leurs parents. Madame Ombrage se servait de son statut d'enseignant pour humilier, harceler, menacer et torturer les élèves qui n'étaient pas d'accord avec elle, ceux dont les parents n'approuvaient pas Cornélius Fudge ou encore les nés-moldus. Cette femme a laissé des cicatrices profondes dans leur chair. Vous trouverez les photos en question page 12, précisa Tonks en regardant les jurés feuilleter le dossier. Pour des raisons évidentes, l'anonymat des enfants encore mineur doit être préservé.
- Ce sont des enfants, comment pouvons-nous être sûrs qu'ils n'exagèrent pas leur propos, ils sont sûrement furieux d'avoir été en retenue et auront inventé des histoires en représailles, dit l'avocat. »
Bien que n'étant pas supposé intervenir, Harry ne pu s'empêcher d'ouvrir la bouche pour protester. Pourtant, un mouvement dans la foule l'arrêta. C'était Ron qui s'était levé de son siège dans la partie de la salle réservée au public.
« Je vous assure, Monsieur Flint, dit Ron avec un calme impressionnant quand on le connaissait, que nous n'avons pas scarifiés nos mains pour inventer une histoire. »
Sans un mot, il leva son poing montrant les cicatrices laides qui s'y trouvaient, et au quatre coins de la pièces l'AD se leva, chaque membre exhibant ses cicatrices. Harry n'était pas au courant de ce qu'ils avaient prévu et se sentit un peu vexé de ne pas en avoir été informé. Pourtant, il ne pouvait nier qu'il se sentait particulièrement touché devant cette démonstration de soutien et d'entraide de la part de ses anciens camarades. Il se leva à son tour et présenta sa propre main. Voir des enfants de 17 ans se tenir debout avec un air grave, montrant des cicatrices qu'ils n'auraient jamais dû avoir, encore moins en raison d'un professeur provoqua une vague de colère sans précédent .
« Donnez lui du véritasérum et qu'on en finisse, cria McGonagall en brandissant le poing en direction d'Ombrage.
- Du véritasérum ! Appela quelqu'un d'autre. »
En moins d'une minute, la foule puis le Magenmagot scandait le nom de la potion de vérité. Harry ne pu s'empêcher de sentir une immense joie le gagner en regardant combien Ombrage semblait ridiculement petite devant eux. Elle s'était ratatinée, et essayait de couvrir le bruit de sa voie mielleuse.
Ce fut l'auror Hestia Jones qui administra le véritasérum sous les applaudissements du public. Ombrage pâlit davantage si c'était possible mais ne pu rien dire. Sans appui, il lui était difficile de faire passer ses actes pour autre chose que ce qu'ils étaient : illégal et immoral et le sérum de vérité l'empêchait d'embellir les choses à sa manière.
« Votre nom ? Exigea Tonks.
- Dolores Jane Ombrage. »
Dénué de son insupportable intonation de petite fille la voix d'Ombrage paraissait soudainement grave. Harry se pencha en avant, impatient.
« Avez-vous déjà lancé le sortillège de l'imperium ?
- Oui.
- Sur qui ?
- Sur Harry Potter.
-Pourquoi ? Gronda Tonks
- Pour l'empêcher de faire n'importe quoi au sein du ministère et pour récupérer le pouvoir qui m'était dû.
- Qui vous était dû ? Comment ça ?
- Si Potter n'avait pas gagné les élections j'aurais été à la tête du département de contrôle des nés-moldus.
- Mme Ombrage ce département n'existe pas.
- Mais il aurait existé si Thicknesse avait été élu. »
Harry ferma les yeux, horrifiés. Ils avaient été tellement proche de perdre tout ce pour quoi ses parents et Sirius s'étaient battus pour protéger.
« Avez-vous ordonné à deux détraqueurs d'embrasser M. Potter ?
- Oui, le garçon le méritait, il était gênant pour Cornélius et moi. Il ne cessait d'attirer l'attention et dérangeait la tranquillité du ministère.
- Expliquez.
- Si les gens avaient cru à son histoire, ils auraient exigés plus d'aurors et donc l'argent du département aurait été plus surveillé.
- Donc vous reconnaissez avoir détourné des fonds publics pour vous-même ?
- Je le méritais plus que ces idiots. Ils n'avaient qu'à pas choisir une carrière dangereuse. »
Cette fois, des étincelles jaillirent de la baguette de Tonks et ses cheveu devinrent d'un rouge profond. La foule grondait et une insulte particulièrement colorée fut crié depuis les bancs des visiteurs. Harry aurait juré avoir reconnu le chapeau de la grand-mère de Neville dans cette direction.
« Possédez-vous des plumes de sang ?
- Oui.
-Combien ?
- Quinze.
- Comment les avez-vous obtenu ?
- Chez Barjow et Beurk.
- Vous les avez déjà utilisé ?
- Non. »
En entendant cela, Harry se redressa, furieux. Il y avait peut-être un problème avec la potion ? Mais Shacklebolt lui fit signe de se rasseoir pendant qu'il s'avançait à côté de Tonks.
« Avez-vous obligé quelqu'un d'autre à les utiliser ? Demanda-t-il de sa belle voix de baryton.
- Oui.
- Où et quand ?
- A Poudlard, quand j'étais Professeur. Potter refusait de se taire et je devais l'isoler et l'affaiblir pour qu'il arrête de mentir. J'ai fait de même avec ses amis et tout ceux qui s'opposaient à Cornélius pour qu'ils comprennent qu'ils ne pouvaient rien faire et devaient nous obéir.
- C'était des enfants, grogna Tonks en plaçant inconsciemment une main protectrice sur son ventre encore plat.
- C'est pour cela que je devais agir rapidement, ils étaient encore impressionnables. Ils devaient comprendre qui sont leurs supérieurs.
- Alors vous ne regrettez pas ? Demanda Shacklebolt.
- Non. Cornélius m'avait assuré que j'avais carte blanche, je ne risquais rien.
- Fudge était au courant de vos méthodes ?
- Non, mais il m'a dit de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour faire taire Potter.
- Dans ce cas passons aux dernières accusation. Avez-vous menacer et intimider vos collègues pour obtenir ce que vous souhaitez au ministère de la magie ?
- Oui.
- Qui ? »
Pendant qu'une liste remarquablement longue était généreusement fournie par l'accusée, Harry remarqua Dobby qui se faufilait à travers la foule, dans sa direction. Il reporta son attention sur le procès.
« Monsieur le Ministre, vous êtes une des personnes lésées dans cette affaire, souhaitez-vous vous exprimez à ce sujet ? Demanda Shacklebolt. »
Avec un calme qu'il ne ressentait pas, le jeune Ministre se leva pour prendre la parole.
« Je sais qu'en raison de l'état d'urgence, j'ai les pleins pouvoirs et je pourrais décider de la sanction à appliquer sans vous consulter. Pourtant, alors que Dolores Ombrage a voulu me condamner illégalement au baiser du détraqueur, moi je souhaite le faire en toute légalité. Pourtant, je reconnais que suis trop impliqué pour être impartial alors je m'en remets à vous et à votre décision. »
Hermione serait contente de lui, songea-t-il. Elle n'avait eu de cesse de lui répéter qu'il ne pouvait pas l'emballer et l'envoyer aux centaures ou la donner aux dragons de Gringott et qu'il devait se contenter d'un procès. Il fut cependant rassérénée lors du vote. Ombrage fut reconnue coupable et condamné au baiser. Peu importe combien elle implorait leur clémence, le magenmagot ne pouvait l'aider sans s'attirer les foudres des électeurs. Dobby était enfin à sa hauteur et Harry se pencha légèrement pour entendre ce qu'il avait à lui dire.
« Fudge a demandé à vous voir. Il est devant votre bureau et refuse de partir tant qu'il n'aura pas vu le grand Harry Potter Monsieur. Qu'est-ce que Dobby dois faire ? »
Avec un soupir, Harry regarda les aurors traîner une Ombrage folle de rage hors de la salle. Elle serait conduite à Azkaban avant de recevoir le baiser dans une semaine, en même temps que trois mangemorts qui s'étaient vantés devant le tribunal des blessures qu'ils avaient infligés à leurs victimes. Harry se leva en faisant signe à deux de ses aurors de le suivre. Fudge était un lâche alors Harry ne s'attendait pas à une confrontation avec lui. Mais puisqu'il était là cela signifiait que, de toute évidence, l'ancien ministre avait quelque chose en tête...
