Salut ! Bienvenue dans cette fiction spéciale noël ! JE VOUS SOUHAITE UN JOYEUX NOEL !

Résumé : Les Griffin, Blake, Reyes, Woods et Green sont amis parce que leurs parents l'étaient, ils se sont éloignés avec les années. Pour la première fois depuis que les Woods ont été les premiers à déménager, tous les jeunes ont décidés de fêter Noël ensemble dans l'immense propriété secondaire des Griffin. Bien entendu, certains d'entre eux ont énormément changé. Alors ces quelques jours vont-ils les réunir définitivement ou découdre leurs liens pour toujours ?

Cette fiction est aussi toujours l'occasion pour moi de fêter mon anniversaire en tant que auteure sur Fanfiction. J'avais, en effet, publié le premier chapitre de Revenir le 26 décembre 2015 ! Donc voilà, quatre ans que je vis un rêve, un super partage avec vous et tout pleins de belles histoires (pas forcément celle que j'écris !) Donc, merci à vous d'être là, de lire, de commenter, de follower et pour tout le reste... MERCI !

Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Le personnages de l'univers de The 100 ne m'appartiennent pas !

Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.

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Les amis ne s'embrassent pas sous la neige

POV Lexa

J'avance, la main de Clarke dans la mienne. Je ne sais pas où aller, tout ce que je sais c'est que je ne veux pas rentrer avec les autres. Je dois passer plus de temps avec elle. Je me suis décidée. Je trouve cette décision terrifiante et quelque peu irréfléchie, mais je ne peux plus me mentir et par la même occasion continuer de tisser une toile de non-dit autour de notre relation.

Aujourd'hui. C'est aujourd'hui que je vais lui avouer mes sentiments.

J'entends nos prénoms être appelés par une voix masculine que je ne reconnais pas. Clarke ralentit, je ferme les yeux avant d'accentuer la pression de mes doigts sur les siens et de continuer d'avancer. La protestation ne met pas longtemps à venir mais je l'ignore. Qu'importe ce qui doit se passer par la suite, je dois lui dire. Je n'en peux plus de garder tout cet amour rien que pour moi. Je dois le partager et ne plus avoir peur. Il le faut. Qu'importe que mon pire cauchemar se réalise ou non après.

Si je dois perdre Clarke, ça sera aujourd'hui.

Jusqu'où je vais aller avant de m'arrêter et de trouver le courage de lui parler ? Je n'en sais rien. J'ai besoin d'un peu plus de temps, seulement un peu plus de temps. À chacun de mes pas un souvenir se réanime dans mon cœur. Ce sont tous les moments qui ont fait de Clarke la personne la plus importante de ma vie. Je sais avec exactitude le moment où je me suis rendue compte qu'il n'y avait plus seulement de l'amitié entre nous, mais que j'étais tombée amoureuse d'elle. Cette prise de conscience a été soudaine, comme un éclair au milieu de la nuit seulement je me suis rendue compte que mes sentiments ont évolués pour elle, comme une pluie d'été d'abord timidement avant de se transformer en véritable torrent.

Et c'est aujourd'hui que je vais lui révéler, qu'importe les conséquences.

Je suis fatiguée d'avoir peur. Je veux simplement retrouver un sommeil paisible. J'espère ne plus faire de cauchemar toutes les nuits. Je sais que je prends le risque de vivre définitivement dans un mauvais songe, pourtant je ne peux plus me résigner à garder tout ceci pour moi encore plus longtemps. Je dois lui dire. Correction, je veux lui dire. Je crois que c'est la première fois que je ressens ce besoin presque primaire de me dévoiler de la sorte. Je pense que je veux qu'elle comprenne qu'elle ne peut pas agir sans réfléchir. Je veux qu'elle sache qu'à chaque fois qu'elle me prend dans ses bras, mon cœur est sur le point d'imploser. J'aimerai qu'elle se voit à travers mes yeux pour qu'elle puisse enfin arrêter d'avoir peur du regard des autres. J'espère pouvoir continuer à la rendre heureuse afin de tenir cette promesse que je me suis fait quand j'étais enfant. Et si j'ai de la chance, je pourrai peut-être m'emparer de ses lèvres pour les faire miennes.

Clarke, depuis toujours c'était elle et aujourd'hui elle va le savoir.

- Lexa, il faudrait vraiment que nous rentrions maintenant.
- Non,
je refuse en continuant d'avancer.
- Je commence à avoir froid, soupire-t-elle, et les autres nous cherche.
- Je dois te parler.
- Je suis à peu près sûre que nous pouvons parler après une bonne douche chaude, avec des habits secs et au coin du feu.
- Non,
je secoue la tête, je dois te parler, maintenant.
- Dans ce cas, je t'écoute.

Je suis certaine qu'elle hausse les épaules et qu'elle retient un soupire d'exaspération. Je ne peux pas lui en vouloir. Je sais que je n'ai pas un comportement normal. Je le sais mais pour ma défense, avant cet instant précis, je n'ai jamais dû avouer à ma meilleure amie que je suis amoureuse d'elle. En vérité, je n'ai jamais dit à une personne que je l'aimais. Jamais. Parce que depuis que j'ai la capacité de savoir ce qu'est d'aimer, je n'ai été éprise que d'une seule personne.

J'ai essayé. J'ai vraiment essayé de ressentir cet amour pour quelqu'un d'autre. J'ai échoué, lamentablement. C'était un véritable désastre et je sais que si je veux avoir une chance de trouver de nouveau ce sentiment pour une autre personne, je dois d'abord accepter de peut-être me faire rejeter.

J'ai besoin d'entendre Clarke me dire que c'est impossible, d'avoir le cœur brisé pour passer à autre chose. J'ai imaginé ce scénario des millions de fois et il n'y avait jamais de happy end pour moi. Du moins, pas à court terme. Si je veux avoir la chance de trouver l'amour avec quelqu'un d'autre, je dois tout simplement accepter d'exposer mon cœur. Je dois arrêter de me cacher. Je suis terrifiée. Je ne veux pas perdre Clarke.

- Bon, Lexa sérieusement ! À quoi tu joues ?
- Je t'ai déjà dit que je ne jouais pas,
je m'agace en m'arrêtant net.

Clarke percute doucement mon dos en marmonnant. D'un geste tremblant, je relâche sa main. J'inspire profondément, je jette un long regard au ciel, je souris alors que la neige continue de tomber. Je ferme les paupières et trouve le courage de me retourner. Je fais face à Clarke et seulement, je laisse mes cils un peu plus lourds à cause des flocons s'élever. J'encre mon regard dans celui de ma meilleure amie. Je laisse tomber toutes mes barrières. Je la détaille comme j'aurai toujours aimé le faire, avec tout mon amour pour elle.

- C'est important que tu le comprennes Clarke, je ne joue pas.
- Tu as dû le répéter cent fois depuis hier, je crois que je commence à saisir.
- Très bien, pour commencer, je ne voulais pas venir passer mes vacances ici avec vous.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- Parce que je pressentais que ce moment finirait par arriver et qu'au final, je sais que je vais finir par partir et je ne voulais pas gâcher noël.
- Mais de quoi tu parles ?
- Je vais te dire ce que j'ai sur le cœur après je vais rentrer, prendre mon sac et repartir à Chicago.
- C'est hors de question Lexa ! Tu m'as promis que nous passerons les fêtes ensemble, nous avons tout organisé.
- J'ai fait beaucoup de promesse en effet. Je fais tout pour les tenir. Pourtant, il y en a une que je bafoue depuis si longtemps que c'est difficile de revenir en arrière, c'est comme un cercle vicieux. Plus j'essaye de m'en sortir, plus je m'y enfonce.
- Tu commence à me faire peur. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je t'ai menti.

Clarke recule légèrement avant de froncer les sourcils. Elle rompt notre regard en secouant la tête. Un soupire lui échappe quand elle reprend :

- Tu m'as menti ou tu as simplement omis de me dire quelque chose en plus ?
- Je t'ai menti.
- Tu ne m'as jamais menti Lexa. Tu es la seule personne au monde à ne pas me mentir. Tu es toujours honnête avec moi. C'est un accord tacite entre nous depuis ce jour-là.
- Le parc, je me souviens mais…
- Il n'y a pas de mais Lexa. Je ne supporterai pas que toi tu me mentes.
- Dans ce cas, j'ai négligé un détail qui n'a rien d'insignifiant.
- Est-ce que tu cherches à me pousser dans mes retranchements ? Tu veux que nous nous disputions ? Je refuse d'entrer dans ton jeu.
- Mais arrête de dire ça,
je hurle. Je ne joue pas !

Mon énervement fait écarquiller les yeux de Clarke au possible, elle me dévisage comme elle ne l'a jamais fait auparavant. Peut-être que si elle insiste assez, elle finira enfin par me voir. Je suis là, juste sous ses yeux depuis le début et pourtant c'est comme si je n'existais pas.

Je sens les larmes s'accumuler dans mes yeux. Je serre mes deux poings avec tellement de force que mon corps en tremble. Je suis tellement fatiguée. Je veux juste qu'il n'y ait plus ce non-dit entre nous.

- Je suis désolée, je reprendre plus calmement, je n'aurais pas dû élever la voix.
- Alors c'est ça,
elle replie ses bras sur son ventre pour se protéger, nous y sommes, n'est-ce pas ? Ton point de rupture.
- Je suppose que oui.
- Et bien, garde ça pour toi encore quelques jours,
balaye-t-elle, nous en parlerons à la fin des vacances.
- Non.
- Non ?
- C'est à mon tour d'être égoïste et je suis… beaucoup trop fatiguée.
- Lexa, je t'en pris nos amis nous attends. Qu'est-ce que nous allons le dire ?
- Tu pourras leurs dire la vérité.
- Que tu as pété une durite ?
- Okay,
je me frotte les paupières, cette conversation a très mal commencée.
- C'est parce que tu es sur la défensive.
- Je suis terrifiée,
je finis par avouer.
- Par quoi exactement, c'est juste toi et moi. C'est bien pour cette raison que tu nous as isolé, non ?
- Honnêtement, j'ai peur de te perdre.
- Me… me perdre ?

Cette fois, c'est une distance physique qu'elle établit entre nous pour se protéger. Elle recule de plusieurs pas dans la neige, manquant de trébucher en secouant la tête de droite à gauche. Je reconnais sans mal la torpeur naître sur son visage. Elle est tout aussi effrayée que moi, si ce n'est plus. Toujours sans un mot, elle fait volte-face, me tourne le dos et part.

- Clarke !
- Je refuse de t'écouter.
- Mais enfin Clarke.
- Tu es,
elle se retourne vivement vers moi, la personne la plus importante de ma vie, te perdre est inenvisageable alors oublie ce que tu crois devoir me dire, je vis très bien sans le savoir.
- Et bien pas moi.
- Mais pourquoi est-ce que tu cherches à ce point le conflit ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Je ne veux pas me disputer avec toi alors, je mets fin à cette conversation.

Clarke ne me laisse pas en placer une de plus. Je panique en la voyant partir rapidement. Je ne peux pas la laisser s'en aller sans avoir pu lui dire ce que j'ai sur le cœur. C'est inenvisageable. Je ne peux plus continuer sans lui dire.

Je ferme les yeux et force sur mes paupières en serrant mes poings. J'inspire profondément. Je dois arrêter de penser aux conséquences et simplement me lancer. C'est comme cette foutue histoire du pansement qu'il faut retirer rapidement, d'un coup sec. Je passe ma langue sur mes lèvres, j'ai la sensation que ma bouche, ma gorge et tout le trajet jusqu'à mes poumons est asséché comme dans un désert. Et pourtant après une poignée de secondes, j'ouvre grand les yeux et j'avoue haut et fort :

- Je t'aime.

Clarke s'arrête net.

- Mon amour à sens unique, je reprends difficilement, c'est toi. Celle qui ne me voit pas, c'est toi. Celle qui ne m'aimera jamais comme je le voudrais, c'est toi.

Clarke se retourne comme au ralenti, l'effarement se lit sans mal sur son visage.

- Je te l'avais dit, je poursuis, il est impossible de gagner un match en deux minutes avec dix points de retard.

Clarke écarquille les yeux au possible, ouvre la bouche une première fois mais aucun son n'en sort, une seconde fois et c'est un nouvel échec avant de secouer la tête et d'abandonner.

- Mon cauchemar, ma plus grande peur, ce qui m'empêche de dormir depuis que je suis entrée en lycée, c'est, je fais un geste vague vers elle, ça : ta réaction une fois que j'aurai enfin réussi à être honnête avec toi.
- Tu… tu… tu avais dit presque impossible.
- De tout ce que je viens de t'avouer, c'est ce que tu retiens ?
- Et bien,
elle n'ose même plus me regarder, c'est que…
- Je comprends,
je souffle. Je vais te laisser de l'espace.
- Quoi,
elle remonte son regard jusqu'à moi apeurée, je ne veux pas que tu partes.
- Et moi, je ne veux pas rester. Il faut que tu comprennes, c'est trop difficile.
- Mais pourquoi tu m'en parles seulement maintenant ? J'aurai pu,
elle se stoppe net dans sa phrase, des larmes s'accumulent dans ses yeux, mais comment c'est arrivé ?
- Tu me poses vraiment cette question Clarke ?
- Nous sommes amies depuis toujours, j'essaye seulement de comprendre comment… quand… enfin, tu vois.
- Il n'y a rien à comprendre. Je suis amoureuse de toi, c'est tout.
- C'est tout… c'est tout ?! C'est pour cette raison que tu m'évites depuis quelque temps ?
- À chaque fois que tu m'invites, tu ajoutes un : Wells et moi et très franchement, je ne suis pas prête à vous voir ensemble. C'est au-dessus de mes forces. Je ne veux que ton bonheur mais pas au détriment du mien. Je conçois que tu sois très heureuse avec lui, je l'accepte tant que je ne dois pas assister à vos échanges, c'est cool.
- Tu me demandes de choisir entre Wells et toi ?
- Jamais je ne ferai ça enfin ! Je veux seulement que tu me laisses du temps pour… accepter la situation.
- Je suis avec Wells depuis deux ans.
- Ouais… et je meurs d'envie de t'embrasser depuis cinq donc…

De nouveau Clarke écarquille les yeux au possible, je force un sourire avant d'avancer vers elle en priant pour qu'elle ne recule pas. Je lâche presque un soupir de soulagement en remarquant qu'elle ne cherche pas à s'éloigner. Je saisis doucement ses mains en me plongeant dans ses magnifiques iris azurs. J'inspire profondément avant de murmurer un simple :

- Je suis désolée, et d'embrasser doucement son front.
- Lexa…
- Je ne pouvais plus continuer à mentir.
- Pourquoi aujourd'hui ?
- Il le fallait,
je m'éloigne en relâchant ses mains, point de rupture, je force un sourire, et je crois qu'avec tout ce qui m'est arrivé ces derniers mois, j'avais besoin d'être enfin honnête avec toi. Tu comprends ?
- Être égoïste pour une fois,
sanglote-t-elle.
- Hum…
- Mais Lexa, je…
- Je n'attends rien de toi. Tout ce que je voulais c'était te le dire. Je vais te laisser maintenant.
- Je ne veux pas que tu rentres à Chicago,
me retient-elle en saisissant mon poignet.
- Je ne peux pas rester.

Je sens les larmes s'accumuler dans mes yeux alors que je tire sur mon bras pour qu'elle me lâcher. Plus j'essaye de me détacher d'elle, plus elle resserre ses doigts. Je m'entends l'implorer pour qu'elle me laisse partir alors que mes joues commencent à devenir humide. Je n'ai aucun mal à lire le choc de Clarke se dessiner sur son visage. Elle écarquille les yeux comme jamais avant de trembler et je sais sans le moindre doute que son état n'a rien à voir avec le froid.

Je n'ai jamais pleuré devant Clarke. Jamais.

Ce n'est pas une sorte de règle que je me suis imposée, seulement un fait. Je ne pleure pas devant Clarke. Je ne sais même pas pour quelle raison. Je crois que c'est depuis qu'elle a perdu son père, je me suis conditionnée pour la protéger donc il fallait que je sois forte en toute circonstance, au moins devant elle. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai tenu bon avant qu'elle ne s'éloigne et de courir vers ma sœur pour m'effondrer dans ses bras.

- Passe un joyeux Noël Clarke, je force un sourire en essuyant mes larmes sur mes joues.

Je me retourne en fermant les paupières ce qui fait redoubler mes larmes. J'effectue un premier pas en serrant les poings. Je me somme de ne pas me retourner. Je dois continuer d'avancer. Je sais que je dois m'éclipser, partir d'ici. Je ne pourrai pas en dire plus, ni affronter le regard de Clarke. Je vais simplement lui laisser du temps pour se faire à la situation, quelques jours, peut-être un mois entier et après je reviendrai doucement dans sa vie. Je tomberai certainement amoureuse d'une autre fille et j'arriverai à la regarder être heureuse avec un autre.

C'était la bonne décision. Je n'avais pas d'autre choix. Je ne pouvais plus continuer à mentir. J'avais besoin qu'elle comprenne ce que je vis.

J'avance d'un pas décidé en continuant de me convaincre de ne surtout pas me retourner. Je sais que si je le fais, je n'arriverai pas à partir et pourtant, il le faut. Je me mords la lèvre presque jusqu'au sang quand j'entends un pas de course derrière moi. Non, non, non. Clarke, ne fait pas ça, je t'en prie. Ne fait pas ça.

Mais il est déjà trop tard, j'ai à peine le temps de penser à accélérer le pas que Clarke me retient déjà. J'entends sa respiration chaotique, je sens ses doigts froids qui ont glissés sous la manche de mon manteau, au milieu de mon avant-bras. Elle tremble encore pourtant, je sens beaucoup plus de détermination à me retenir que tout à l'heure.

- Clarke, s'il te plait.

Ma voix tremble, elle s'efface derrière les battements assourdissant de mon cœur. Les larmes redoublent alors que je tire sur mon bras pour qu'elle me lâche. Je ne me retourne pas, pas même quand elle tire avec force pour m'y obliger. Je tiens bon. Je pleure simplement en silence en espérant qu'elle me laisse partir.

- Tu ne peux pas t'en aller, décide-t-elle.
- Clarke…
- J'ai besoin de toi Lexa !
- Arrête,
je tire vivement sur mon bras.
- Regarde-moi, s'il te plaît, ne part pas. Lexa, regarde-moi.

Je n'ai jamais dû affronter une situation qui m'a demandée autant de volonté. Je peine à croire que je parvienne à ne pas me retourner pour m'exécuter et la regarder. Je me suis forgée une armure de détermination pour résister à Clarke toutes ces années. Je suis fatiguée et je commence à manquer de ténacité mais je dois encore m'acharner, encore un peu, juste un peu plus.

- Non, ma voix tremble, non, les larmes redoublent, pas cette fois, je parviens à me libérer de son emprise, je suis désolée.

Et je m'éloigne aussi vite que possible. Mes pas rapides sont maladroits. Je glisse sur un sol verglacé. Je commence à apercevoir le manoir, je garde mes yeux rivés sur la bâtisse un peu trop longtemps ne regardant pas où je mets les pieds. Je trébuche et finis le visage dans la neige. J'ai envie de hurler, pas à cause de la douleur lancinante qui vient irradier ma cheville mais bien pour oublier celle insoutenable de mon cœur qui se brise en mille morceaux.

Je ressers mes doigts en un poing fort et l'écrase violemment dans la poudreuse. C'était pire que tout ce que j'avais pu imaginer encore plus navrant et cruel. Je suis ridicule. J'aurai simplement dû trouver un moyen d'arrêter de l'aimer. J'en ai été incapable. Maintenant je suis obligée de mettre de la distance entre la personne la plus importante de ma vie et moi. Je dois lui laisser de l'espace, nous donner du temps.

- Lexa !

Et merde…

- Tu t'es faite mal ?

Ses doigts glacés se frayent un chemin sur mes joues, encadrant mon visage dans une torpeur givrée. Je suis figée sur place, en apnée dans une bulle glacial. Mon palpitant ralentit feignant l'impassibilité quand finalement mes émeraudes finissent par croiser l'azur parfait des iris de Clarke. Je fais tout pour garder une certaine distance face à ce regard qui me laisse perplexe par sa complexité. Je me concentre sur ce vent sibérien qui ferait claquer des dents n'importe qui, pourtant un regard agrémenté d'une simple caresse du pouce sur ma joue et tous mon corps s'embrase, laissant l'environnement austère loin derrière moi comme un mauvais souvenir oublié. Il ne reste plus que la brûlure de la peau de Clarke contre la mienne.

- Lexa.
- Non,
je secoue la tête, arrête, je saisis ses poignets pour éloigner ses mains des mes joues, pas maintenant.
- Mais enfin, c'est ridicule.
- Clarke, est-ce que tu as ne serait-ce compris ce que je viens de te dire.
- Bien sûr que oui, je ne suis pas stupide,
se renfrogne-t-elle.
- Alors, tu comprendras que je n'ai pas du tout envie que tu me touches.
- C'est ridicule,
s'énerve-t-elle en retirant tout de même ses mains. Je ne vais pas arrêter de te toucher simplement parce que tu aimes les femmes.
- Je n'aime pas les femmes,
je grogne en me redressant non sans une grimace à cause de la douleur.
- Fais attention, réagit aussitôt Clarke en me soutenant par le coude pour que je ne m'appuie pas sur ma cheville.
- Clarke, je me perds dans ses yeux, je t'aime toi.

Cette fois, je vois sans mal comme quelque chose se briser dans son regard. C'est comme si elle comprenait enfin mes mots. Je suis soulagée et en même temps effrayée. Je sens de nouveau les larmes s'accumuler, jusqu'à ce que je ne puisse plus les retenir et qu'elles s'écoulent sans le moindre contrôle sur mes joues.

- Je suis désolée, je murmure alors qu'elle baisse les yeux pour éviter mon regard.

Je me retourne avec moins de détermination qu'un peu plus tôt. Je me suis rarement sentie aussi triste et seule. C'est étrange, voir même déstabilisant d'avoir la sensation d'être seule alors que Clarke est à quelques mètres de moi. Mais voilà, j'ai la sensation qu'elle est à des milliers de kilomètres à cet instant. Elle pourrait tout aussi bien être sur la lune et moi dans une autre voie lactée.

Je boitille sur quelque pas commençant déjà à regretter mon honnêteté. Je n'aurai pas dû lui dire. C'était une mauvaise idée. Les choses vont nécessairement changer entre nous même si j'essaye de me convaincre du contraire. À partir d'aujourd'hui, nous ne pourrons plus faire comme si de rien n'était. Clarke sera à jamais mon premier amour et elle le saura.

Ce genre de bombe provoque fatalement un bouleversement.

Tout ce que j'espère c'est que ces foutus sentiments incontrôlables n'auront pas raison de notre amitié parce que quoi je fasse, je n'arrive pas à imaginer ma vie sans elle.
Clarke dit avoir besoin de moi et bien il en est de même pour moi, peut-être même plus.

Je suis perdue dans mes pensées et dans une multitude de scénarios quand je me fais violemment retourner. Je n'ai le temps de dire un mot que les lèvres de Clarke sont sur les miennes. C'est comme un électrochoc, absolument tout mon corps réagit à ce baiser volé. Pourtant, je ne le laisse pas durer plus d'une seconde. Je m'éloigne vivement en essuyant rageusement ma bouche. Je ne pensais pas qu'elle aurait le culot de me faire un coup pareil.

Comment a-t-elle osé ?

Je suis folle de rage. Je suis effrayée. Je n'ai jamais été en colère contre Clarke. J'écarquille les yeux avec incompréhension et fureur quand elle commence à s'excuser. Elle m'assure qu'elle ne sait pas ce qui vient de lui passer par la tête. La révolte gronde en moi alors qu'elle s'étend encore et encore en excuses. Elle s'approche de moi, je n'avais même pas remarqué que je m'étais éloignée. Elle saisit ma main, je suis horrifiée en réalisant que j'ai une envie incontrôlable de l'embrasser à mon tour et elle, elle… elle continue de s'étendre en regrets vide de sens.

La violence du ressentiment que j'éprouve pour Clarke à cet instant précis est indescriptible. La révolte gronde en moi et de façon sournoise mon envie pressante de me saisir de ses lèvres se mue en un tout autre désir. C'est quelque chose qui me gêne, qui me met mal à l'aise et que je tente de rejeter mais il s'accroche à moi, s'accroît à chacune de ses fausses justifications.

Et, dans un moment d'égarement de frénésie j'explose. Ma main emporte avec elle toute la rancœur et l'incompréhension et vient se figer sur la joue de Clarke. Je ne contrôle pas mon geste, il devient l'objet de ma perdition, de cette hargne qui grogne en moi après que Clarke ait osé abuser de l'amour que je lui porte.

- Tu n'avais pas le droit.

Je ne reconnais pas ma voix. Je ne reconnais pas Clarke. Je suis perdue, complètement perdue.

D'un geste lent, Clarke vient toucher sa joue rougit et meurtrit de ses doigts. Son regard n'est pas celui que j'aurai imaginé. Il est compréhensif et encore… désolée.

Mais je ne veux pas de ses excuses.

- Je ne te pardonnerai pas ça, je lui assure en sanglot, jamais.
- Lexa…
- Tu n'avais pas le droit,
je hurle avant de partir en courant malgré la douleur vers le manoir sans me retourner.

Je franchis rapidement la porte de la cuisine, sous les regards interrogateurs et inquiets de mes amis. J'aurai dû savoir qu'ils seraient là, si j'avais encore toute mes capacités de réflexion, je serais passée par la porte d'entrée. Mais voilà : Clarke m'a embrassée.

Mes frères approchent, je les fusille du regard avant de me faufiler entre eux sans dire un mot. Ils m'appellent mais je les ignore. Je grimpe les escaliers en quatrième vitesse, claque la porte de ma chambre, récupère ma valise sous mon lit et la remplit avec irascibilité.

C'est un bon point qu'Anya ne soit pas là, c'est la seule qui aurait pu me convaincre de rester. Quoi que… je crois que cette fois, elle n'aurait pas trouvé les mots.

Je ne les trouve pas moi-même.

Je n'arrive pas à croire que Clarke ait osée ainsi trahir ma confiance.

Elle… c'est pire que tout ce que j'avais imaginé.

Elle… pire que tous mes cauchemars.

Elle…

Clarke m'a brisé le cœur de la pire des manières.

Elle… elle…

Elle a réduit en miette notre amitié.

oOoOo

Voilà, un nouveau POV qui se termine et c'est la fin de la publication quotidienne ! J'espère que ce nouveau chapitre vous a inspirer et qu'il vous a plus ! Que pensez vous de la grande révélation de Lexa ? De la réaction de Clarke ? Pensez-vous que leurs amitiés est véritablement réduite à néant ou qu'il y a encore un chance de sauver leurs relation ? Le baiser voler, aurait-il tout gâcher ?

Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre ! Je vous tiendrais au courant de la prochaine publication sur Fb.

Je vous souhaite encore une fois un très bon noël, profitez à fond de votre famille et/ou amis !

GeekGirlG.