Je reviens après des mois d'absences avec une nouvelle fanfic, ces derniers temps, la fièvre de l'écriture est revenue en un éclair. Je joue ÉNORMÉMENT à Identity V récemment, c'est un jeu mobile dont le gameplay ressemble à Dead By Deadlight. Mais le style graphique et les personnages sont si attachants et attirant. Eeeet je suis totalement sous le charme de Joseph. Ce magnifique gentleman.

J'avertis que j'ai pris des libertés sur le Lore de l'histoire de certains personnage. Par exemple Aesop n'a pas tout à fait la même histoire que ce qu'on peut découvrir dans le jeu. Après tout ceci n'est qu'une fanfic.

J'espère que vous apprécierez. Je vous souhaites une bonne lecture.


Vide.

C'est le mot qui pouvait le mieux décrire ce que Aesop avait toujours été.

Depuis tout petit, il était un enfant à part. Le genre d'enfant qui est un peu trop calme, un peu trop sérieux, un peu trop muet, un peu trop effacé.

Pourtant ses parents étaient normaux. Son entourage aussi. Sa vie et son enfance pouvaient même être considéré comme... Simple, sain. Il vivait dans une ville ni trop grande, ni trop petite. Ses deux parents travaillaient tout deux et ils vivaient confortablement même si ça n'était pas le luxe non plus. Et leur famille n'était en rien différente de celle des autres : ils ne côtoyaient pas les drames et vivaient plutôt au jour le jour, comme toute familles saines le ferait. Sa mère était un peu stricte, son père était un fanfaron, ils n'étaient pas parfait mais étaient-ils mauvais ? Non. En fait c'était comme ça et personne n'y pouvait rien.

Il allait à l'école. Une école normale avec des élèves turbulents et d'autres non, des professeurs sympathiques et d'autres strictes. Aesop était un bon élève, muet, qui se faisait remarquer par son comportement détaché de la réalité. La plupart des enfants s'étaient d'abord moqués de lui. Mais rien ne lui faisait chaud ou froid. Les professeurs avaient de nombreuses fois tenté de percer sa bulle, mais ne voyant que du néant derrière, plus personne n'avait osé l'approcher tout simplement, le laissant dans un isolement que tout le monde voyait comme problématique sauf lui. Pourtant tout semblait normal dans sa vie, tout était fait pour avoir une vie idéale.

Le problème c'est qu'il manquait quelque chose, et ça, rien ne pouvais l'arranger. Depuis tout petit Aesop sentait, il savait qu'il était différent. On le considérait comme l'enfant trop timide parce qu'il ne parlait pas du tout. On disait de lui qu'il était lugubre, effrayant, parce qu'il passait son temps à observer les gens ou le vide avec ses yeux gris et froids, parce qu'il s'isolait et que les passe-temps qu'il pratiquait tout seul étaient... Bizarres. Ses parents l'avait plusieurs fois emmené voir des médecins, que quelqu'un leur dise pourquoi leur fils avait-il ce comportement inapproprié.

Quand les médecins lui demandaient si il se sentait triste, il disait non. Il répondait la même chose si on lui demandait si il se sentait heureux. Et quand on lui posait la question de pourquoi ce mutisme, est-ce qu'il était timide ? Est-ce qu'il avait peur des autres, et bien il ne savait pas quoi répondre avec ses mots d'enfant mit à part qu'il ressentait '' une coupure '' '' un vide '' sans un soupçon d'émotion dans la voix.

Quand les médecins commencèrent à émettre des hypothèses sur un possible autisme, un possible problème psychologique, ses parents fermèrent les oreilles. Son père et sa mère n'avaient pas eu envie d'entendre que leur fils avait un problème mental sorti de nul part. Ils essayaient de s'auto-persuader que tout le monde avait tord, que leur fils était juste excessivement timide, car vraiment, ils ne comprenaient pas pourquoi cela devait tomber sur eux. Quelle genre d'erreur avaient-ils fait ? Ils faisaient pourtant de leur mieux.

Mais Aesop n'avait jamais été timide, il n'avait juste rien à dire. Car lorsqu'il côtoyait les autres, il ne ressentait rien. Pas le besoin de leur parler, ni de les écouter, il n'avait pas envie de se mêler à eux. Pourquoi ? Il ne le savait même pas. C'était juste instinctif. Si on lui avait posé la question, il n'aurait pas regardé ses pieds et balbutié des excuses. Non, il aurait juste haussé les épaules avec nonchalance. Mais après tout comment pouvaient-ils comprendre ce genre de manque de sensation ? Aesop n'avait jamais eu envie d'en parler parce qu'il ressentait à quel point ça aurait été inutile. Sûrement dans une intense lassitude, la même qu'il ressentait depuis toujours, il n'avait pas eu envie de gaspiller sa salive. De dire que son mutisme, que sa froideur ne venaient ni de crainte de l'autre, ni d'une quelconque puérile timidité. Juste d'un creux que lui seul avait. Comme un objet qui n'arrive pas à se connecter à un autre.

Il se sentait complètement étranger lorsqu'il côtoyait son prochain, même ses propres parents. il ne riait pas aux blagues de son père, il ne cherchait jamais à consoler sa mère si jamais elle se mettait à pleurer. Il ne comprenait pas comment leurs '' émotions '' fonctionnaient.

Tout le monde voyait son isolement comme un problème, mais pour lui, rester seul était bien plus simple. Il n'était pas comme les autres et personne ne pourrait le comprendre. Quand les autres enfants jouaient ensemble au ballon, Aesop lui regardait des livres de science et d'anatomie. Quand les garçons jouaient aux billes, il fouillait dans l'armoire à pharmacie pour regarder tout les produits. Quand les filles jouaient à la poupée, Aesop disséquait les petits animaux qu'il arrivait à attraper, pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur.

Personne n'aurait comprit que ses passes temps pouvaient être différents des autres enfants. Aesop ne savait pas quel interêt il y avait à jouer à des jeux sans importance. Lui, il préférait observer tout ce qu'il trouvait. Il observait les autres, le monde, la nature. Il essayait de se fondre dans la masse et de devenir une part du décors.

Regarder autour de lui et apprendre était au moins divertissant, et en présence de ce qui ne parle pas, il ne souffrait pas de cette frustration, celle de ressentir clairement une coupure entre lui et les autres membre de son '' espèce ''.

C'est dans cette optique qu'Aesop devint adulte. Il était un homme sérieux, droit. Mais aussi glacial et difficile à cerner.

Il était l'une des rare personne au monde à avoir pris de bon coeur le métier d'embaumer. Pourquoi les gens détestaient tant la compagnie des cadavres ? Ils étaient une bien meilleure compagnie que tout ses congénères vivant de son point de vue. Ils ne créaient aucune cacophonie incompréhensible dans sa tête en le bombardant de questions, ils ne le jugeaient pas.

Son métier était l'une des rares chose à le passionner. Au dépit de ne pas aimer la compagnie d'autre personnes, il trouvait extrêmement intéressant d'étudier le corps des gens. De voir comment ils étaient fait. D'observer qu'une fois silencieux, les traits humains avaient parfois énormément de beauté. Et Aesop considérait ses '' clients maccabés'' comme des toiles. Il faisait de son mieux pour les embellir, pour les faire resplendir. La mort rendait vraiment toute ses créations encore plus belles car elle apportait cette touche de tragédie délicieuse, de fragilité éphémère. Ses oeuvres étaient comme d'élégantes roses dorées qui flétrirait une fois le lendemain venu.

Pour résumer, Aesop Carl était '' L'embaumer ''. Un artiste froid, inquiétant, silencieux mais passionné. Il était un homme en gris dans un monde de couleur. Un être anormal né dans un monde normal, un erreur de fabrication.

Et puis un jour, il découvrit une lettre. Une lettre que tenait une femme morte dont il s'était occupé. Cette femme était décédée dans d'étranges circonstances et c'est dans le cabinet d'Aesop qu'elle avait atterrie. Cela pouvait en être une mais l'embaumer avait la sensation au fond de lui que ça n'était pas une coïncidence. Dès le moment où il prit la lettre et quand il vit le cacheton en cire, il eut un étrange secouement à l'intérieur de lui. Pour la première fois de sa vie, son coeur battait à la chamade. Il l'ouvrit et découvrit une invitation pour se rendre dans un manoir.

Cette lettre appartenait à cette femme, cette femme qu'il ne connaissait pas et qu'il n'avait jamais vu. Mais pourtant il avait l'impression qu'elle était pour lui. Il tremblait en tenant le papier dans ses mains. Lisant avec précaution chaque mots écrit d'une plume élégante. Il ne tremblait non pas de peur, en fait Aesop ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. C'était réellement la première fois qu'il se sentait ainsi.

Durant un premier temps, il tenta d'ignorer cette sensation pressante qui le rendait presque insomniaque. Il était déboussolé et extrêmement surpris car jamais ce genre de chose ne s'était manifestée chez lui. C'est comme si d'un coup, après avoir été éteint toute ces années, on lui avait mit une décharge électrique trop puissante qui frétillait partout dans son corps. Il ne tenait pas en place, ses pensées bouillonnaient. Il avait du mal à se concentrer, à travailler. Cette lettre... Que lui avait-elle fait ? Qu'est-ce que ce bout de papier avait-il bien pu réveiller chez lui ?

Il ne s'était jamais senti ainsi et il se sentait... vivant...

Mais il se sentait aussi extrêmement frustré. Frustré de lutter contre la curiosité qui le rongeait à cause de cette lettre. Frustré de ne plus rien comprendre à son propre comportement, frustré de penser encore et encore à l'invitation, à ce manoir... Oletus ...

Il en rêvait... Il rêvait désormais qu'il abandonnait son cabinet pour se rendre là-bas. C'était comme si son propre subconscient lui criait '' Tu dois y aller ! Tu dois y aller ! ''

Et puis une nuit, son destin bascula.

Il fit un rêve... Un rêve durant lequel il cédait enfin à la tentation pour se rendre là-bas. Au bout du chemin, vers le manoir, il y avait quelque chose. Quelque chose qui l'attendait. Il ne savait pas de quoi il s'agissait mais il savait que '' ça '' l'attendait, lui et seulement lui. Il avançait vers cette lumière. Il savait au plus profond de son être que ça n'était pas une menace, ni même un hasard. Il devait rejoindre ce qui l'appelait. Et plus il s'approchait, plus la lumière le traversait, il avait l'impression qu'au bout du chemin se trouvait un genre de paradis, et une douce chaleur s'emparait de son coeur. Une sensation qu'il n'avait jamais connue et qui l'avait complètement subjugué en un instant, quelque chose qui s'imprima en lui et qu'il était sûr de ne jamais pouvoir effacer. Il s'approchait et il tendait la main. Attiré vers cette chose inconnue comme si c'était l'amour de sa vie, comme si elle allait changer le cour de son existence grise et sans saveurs et enfin lui permettre d'être complet. Et quand il effleura cette entité du bout des doigts, il se réveilla et des larmes d'émotions coulaient sur son visage embrasé.

Ce fut l'élément déclencheur. Il sentait, il était persuadé qu'il devait aller là-bas. Aesop avait depuis toujours été une pièce de puzzle qui ne s'emboitait pas avec le reste. Peut-être qu'il n'était juste pas au bon endroit. Peut-être que ce manoir était '' son puzzle '' dont il était une pièce manquante. Peut-être que là-bas il trouverait sa place. Peut-être ... Peut-être que quelque chose l'attendait vraiment. Rien que d'y penser, son coeur s'emballait à nouveau. C'était si étrange : à la fois effrayant et euphorisant. Quand il repensait à ce rêve il ressentait... ce qui paraissait comme étant... de l'amour. Comme si il était tombé follement amoureux de quelque chose qu'il ne connaissait même pas et qu'il n'avait jamais vu. C'était terrifiant car une part de sa rationalité lui rappelait que ça n'était qu'un rêve. Et une autre part secrète en lui, sûrement son instinct, lui disait de partir sur le champs pour ne pas faire attendre plus longtemps cette chose qui patientait après lui.

Alors il rangea ses affaires et il parti en abandonnant complètement tout ce qu'il possédait du jour au lendemain. Il laissa tout à part sa valise et son matériel le plus essentiel. Il ne prévint personne et ne fit aucun au revoir. Les gens pensaient même qu'il avait subitement disparut.

Non Aesop était parti sans aucun remord. Il n'avait jamais rien ressentit donc il était si simple maintenant d'oublier absolument tout après avoir été si chamboulé de façon si soudaine pour la première fois de sa vie.

Le voyage dura quelque jours. Oletus était un manoir situé à l'autre coté du pays. Mais pas que. Cela avait été un vrai calvaire de trouver cette demeure. Les gens qui habitaient dans le coin où la bâtisse était censée être n'en avait jamais entendu parlé. Il y avait si peu de personne pour le renseigner qu'il avait faillit abandonner. Mais il ne renonça pas, tout simplement parce qu'il était persuader qu'il allait passer à côté de quelque chose et qu'il le regretterait amèrement. Alors il continua à chercher. Sa quête l'emmena dans une forêt peu fréquentée, un endroit sujet aux rumeurs et aux racontars de fantômes, de tragédie. Il s'enfonça dans le bois et marcha longtemps. Et finalement ses efforts finirent par payer.

Il arriva devant une vieille et immense demeure et la première chose qui le frappa fut le blason qui trônait sur le portail. C'était exactement le même que le cacheton en cire sur la lettre qu'il avait lut. Un pic d'espoir s'empara de lui et il se rua sur le portail en essayant d'appeler quelqu'un.

Le bâtiment semblait... vide. Depuis le portail, il régnait un silence glacial et peu rassurant et en observant à travers les barreaux, il ne vit personne, il s'attarda juste sur le fait que le manoir avait l'air très vieux, isolé et ... abandonné.

Tout en fronçant les sourcils, Aesop poussa le portail et commença à se balader prudemment aux abords de la demeure, puis quand il eu fait un rapide tour des environs, il s'approcha de la porte et il frappa une fois.

Personne ne vint lui ouvrir. Tout était toujours totalement silencieux. Il se mordit la lèvre et tenta de frapper à nouveau, la porte bougea sous l'effet du coup et s'ouvrit seule et lentement.

La porte d'entrée était donc ouverte... C'était comme si la demeure toute seule l'invitait à entrer. Il se demanda pendant une fraction de seconde si entrer sans permission était vraiment une bonne chose à faire, cela dit, il commençait à être vraiment persuadé que l'endroit était totalement vide. Il fallait qu'il entre et qu'il voit cet endroit de plus près.

Alors il fit un pas à l'intérieur de la maison, il referma doucement la porte et resta seule dans l'entrée sombre, grande et silencieuse. Il resta prostré debout pendant quelques instants. Observant la pièce dans laquelle il venait de pénétrer. Il était dévoré par la curiosité. Il était enfin là, dans cet endroit qui l'avait appelé.

Pour le moment, tout ce qu'il voyait, c'était un hall sombre, poussiéreux et saturé de toiles d'araignée. Il y avait plus de quoi s'inquiéter que de raisons de sauter au plafond. Mais Aesop savait qu'il y avait un secret dans cet endroit, alors sans perdre sa motivation, il commença à explorer.

Le reste du manoir était pareil: des pièces vides, sombres, froides. De la poussières, des vieux bibelots parfois cassés, des fenêtre opacifiées par la crasse qui s'était accumulée. On aurait juste dit le genre d'endroit où les petits rigolo squattait pour essayer de se donner des frissons entre amis.

Il finit son exploration dans un genre de salon, il avança d'un pas lent en balayant l'endroit du regard et finalement il se laissa tomber dans un vieux fauteuil en cuir au milieu de la pièce. Il était exténué et légèrement déçu par le silence qui régnait dans ce lieu. Mis à part le manoir, il n'avait pas trouvé grand chose. Mais bon...

Il était peut-être trop fatigué pour chercher. La route avait été longue et stressante. Son coeur n'avait pas arrêter de s'affoler à chaque fois qu'il s'était rapprocher de son but, les émotions fortes pouvaient être décidément épuisantes.

Il continuerait à chercher quand il serait plus en forme, c'était sûrement le plus raisonnable à faire. Alors il se laissa tomber mollement dans le siège en cuir et il finit par s'assoupir.


Durant son sommeil, il rêva à nouveau. Il vit des silhouettes troubles et fuyantes qui dans leur course, l'intimait de les suivre. Ils fuyaient tous quelque chose. Quelque chose qui s'approchait d'eux. Cela dit Aesop ne les suivi pas. Il restait là où il était en ne comprenant pas du tout pourquoi il devrait partir. En fait, le sentiment inverse l'emplit. Il se tourna vers ce que tout le monde fuyait et l'envie d'approcher lui sembla irrésistible.

C'est à ce moment de ce rêve qu'il fut réveillé par une main qui le secouait par l'épaule. Il ouvrit brutalement les yeux en se rappelant qu'il était censé être seul et il sursauta en repoussant la personne devant lui.

- Du... Du calmes ! Ne paniquez pas ! Tout vas bien... Lui dit une voix féminine.

Aesop recula en grinçant des dents et il se frotta les yeux rapidement avant de se retrouver nez à nez avec une jeune femme. Il fut sans voix.

- Vous allez bien ? Vous n'êtes pas blessé ? Ouf vous n'en avez pas l'air.

Aesop fronça les sourcil, l'incompréhension était totale. Il allait ouvrir la bouche pour poser une question quand un détail le figea de stupeur. Son regard se porta sur le reste de la pièce et soudainement il paniqua: La pièce semblait comme neuve. Plus de trous dans la tapisserie, plus de toiles d'araignées, ni de poussière d'ailleurs. Tout était propre et rangé. Alors qu'il s'était endormi dans un vieux salon délabré, voilà qu'il était à présent dans le même salon, mais tout semblait neuf et luxueux. La première chose à laquelle il pensa fut qu'il ne se trouvait plus là où il devait pourtant être.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Balbutia t-il. Qu'est-ce que ... Que m'est-il arrivé ? Où suis-je ?

La jeune femme le regarda avec un air suspicieux, elle posa son index contre ses lèvres en secouant légèrement la tête.

- Oh non... Un nouveau venu je présume.

Aesop la regarda et il se leva enfin.

- Un nouveau ... venu ?

Il s'approcha d'elle d'une façon un peu trop brusque, cela la fit reculer avec une pointe de crainte.

- Où suis-je ? Qui êtes vous ? Je ne me suis pas endormi dans cette pièce ! C'est... C'est impossible.

- Calmez-vous s'il vous plait... Lui demanda t-elle poliment et craintivement. Je sais au combien vous devez être déboussoler mais, paniquer n'arrangera rien.

Il regarda frénétiquement à gauche et à droite et commença à se ruer vers la porte. La jeune femme le retint par le bras.

- S'il vous plait calmez-vous. Il serait peut-être préférable que vous vous asseyez.

Mais il ne l'écouta pas et il sortit. En se ruant hors de la pièce, il découvrit rapidement que le reste du manoir avait lui aussi l'air neuf. C'était comme être dans une autre dimension. C'était les même pièces, les mêmes endroits qu'il avait exploré. Mais tout était neuf et rafraîchi. Quelqu'un lui faisait une mauvaise farce, ça n'était pas possible !

Il courut dans le hall avec pour idée en tête de sortir, mais alors qu'il allait attraper la poignet, une masse lui fonça dessus et le plaqua au sol. Il crut qu'il était en train de se faire attaquer, mais une voix gronda alors.

- Qu'est-ce qu'il te prend ! Il ne faut pas sortir avant le début de la chasse ! Tu veux qu'on meurt prématurément ou quoi ?

Aesop paniqua et répliqua d'un ton lugubre.

- Lâchez moi immédiatement !

L'homme au dessus de lui eut du mal à le retenir, il grogna.

- Arrêtes de te débattre... comme un diable... Calmes toi pauvre bougre !

La jeune femme qu'il avait vu plus tôt descendit les escalier et se rua vers eux.

- S'il vous plait jeune homme, calmez-vous. On ne veut pas vous faire de mal. Il faut juste que vous restiez calme. Nous sommes en danger. Pas seulement vous. Tout ceux qui sont dans ce manoir le sont.

Aesop arrêta de se débattre en la regardant d'un air complètement déboussolé.

- Mais qu'est-ce que vous racontez ? En danger ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

L'homme sur lui soupira et répondit.

-Petit je comprend que tu sois totalement flippé mais je te promet que si tu ouvres cette porte, tu prends le risque de tous nous faire tuer. Alors je te relâche mais promet moi de nous suivre et de ne pas t'approcher de la porte.

Le coeur d'Aesop battait à toute allure. Il ne comprenait rien à ce qu'il se passait. Il pensait qu'on l'avait peut-être enlevé, qu'on lui avait fait un mauvais tour. Il était agacé et stressé. Cela dit il commençait à avoir mal aux articulations à force d'être écrasé sur le sol.

- C'est bon... C'est bon. Je resterais tranquille. Lâchez-moi, vous me faite mal.

L'homme sembla hésiter, mais finalement son poids disparut et il se releva. La jeune femme s'approcha de lui et l'aida à se mettre debout.

- Tout va bien ? Venez vous asseoir. Tout ira bien.

Cela dit il la repoussa sèchement. Il lança un regard méfiant aux deux personnes en face de lui : C'était une femme brune qui avait sûrement la vingtaine, elle portait des habits d'infirmière, quand à l'homme, on aurait dit un voyou. Le genre qui traine dans les ruelles. Drôle de duo...Il demanda.

- Où sommes nous ? Je devais me rendre quelque part. C'était important ! Pourquoi je me réveille ici ?

Il attrapa sa tête, il avait quelque chose de précieux à trouver, il n'avait pas de temps à perdre !

- J'ai eu tant de mal à trouver le manoir d'Oletus, je ne devrais pas être ici ! Pas après avoir autant tourné en rond !

L'infirmière pencha la tête sur le coté.

- Le manoir d'Oletus ?

Aesop écarquilla les yeux.

- Exactement ! j'étais à Oletus! Que c'est-il passé ? Qu'est-ce que je fais ici ?

Les deux personnes s'échangèrent un regard désolé. L'homme répondit.

- Mon petit gars, va falloir que tu sois ouvert d'esprit. Je suis parfaitement conscient que c'est un truc de fou mais c'est bien la réalité pourtant.

- Qu...Quoi ?

L'infirmière répondit.

-Tu es toujours à Oletus. Tu n'as pas bougé d'endroit.

Aesop resta silencieux un instant.

- Ce n'est pas... Ce n'est pas le manoir dans lequel je suis entré...

Il sentait la frustration, l'agacement monter en lui.

- L'endroit dans lequel j'étais était délabré ! Comment cet endroit pourrait-il être le même ?

Ses yeux se plissèrent avec mépris, il vociféra.

- Vous vous moquez de moi n'est-ce pas ? Vous m'avez joué un tour ? Vous trouvez ça drôle peut-être ?

L'infirmière eut l'air mal à l'aise, quand à l'homme il fronça juste ses sourcils d'agacement. Soudainement une nouvelle voix s'éleva.

- On est enfin quatre ? Misère...

Aesop se tourna vers la source de la voix. Une autre femme en tenue d'officier avança vers eux avec un air dépité. Elle le regarda et s'approcha en lui tendant la main.

- Je m'appelle Martha Behamfill. On risque de devoir être obligé de se serrer les coudes donc autant faire un peu connaissance vu le peu de temps qu'il nous reste.

Il la toisa du regard un instant avant de regarder les autres. Martha sembla perplexe devant sa méfiance et son mutisme.

- Il est nouveau... J'imagine qu'il vient à peine de traverser la frontière. Répondit l'infirmière.

Les deux autres regardèrent Aesop avec surprise. Tout deux semblait... Embêtés par la situation.

- Un nouveau ? Mon dieu et la chasse qui pourrait commencer n'importe quand !

- La chasse ? Demanda l'embaumer en fronçant les sourcils.

L'infirmière s'approcha de lui et le regarda droit dans les yeux.

- Ecoutes... Je conçois que tu dois avoir peur, que tu dois être déboussolé. Mais la situation est critique. Tu es encore à Oletus et en même temps, tu n'es plus vraiment au même endroit. Considère les choses comme si tu avais traversé l'autre coté d'un miroir.

- Quoi ? Il recula en secouant la tête. Est-ce que cette femme était folle ?

- Et maintenant que nous somme quatre dans ce manoir, la chasse pourrait commencer n'importe quand. Le délais des quatre jours est déjà passé.

Il recula encore, il se sentit coincé par la présence de cette femme, '' Martha '' qui lui lança une autre ribambelle d'explications fantaisistes. Les trois personnes en face semblaient pressées et anxieuses.

- Le Hunter risque d'arriver et il ne faut pas qu'on se fasse attraper. Si il nous attrape, il nous enverra plus loin dans les limbes, et on restera prisonnier de cette dimension encore plus longtemps. Ils ne veulent pas qu'on s'échappe !

- Éloignez-vous de moi...

- Des lors que ça commencera, suis nous. Si tu fais n'importe quoi, il pourrait te blesser plus que nécessaire.

- Je vous ai dit de vous éloigner !

Aesop sentit la frustration monter en lui, il chercha à nouveau la porte des yeux. Il fallait qu'il s'éloigne de cette bande de fous.

- Il faudra décoder les machines. Et trouver très vite le portail.

- JE VOUS AI DIS DE VOUS POUSSER !

Il donna un coup d'épaule pour passer et il courut vers la porte avec pour objectif de s'enfuir. Sauf qu'au moment où il allait atteindre la poignet, un grand bruit retentit et fit trembler tout le manoir. La porte d'entrée s'ouvrit brutalement sans qu'Aesop n'ai eu le temps d'y toucher. Une bourrasque menaçante traversa le hall. L'embaumeur tomba en arrière. Choqué par cet évènement soudain, il regarda vers la sortie. Il vit le portail ouvert, le portail d'Oletus avec son blason. Donc il était bien toujours au même endroit n'est-ce pas ?

Il se releva doucement en marchant vers la sortie : Une étrange brume blanche c'était levée, et par delà le portail, la forêt avait disparue. Il n'y avait à présent, plus que des ruines, des caisses, des murets cassés. Il voyait au loin des antennes, des murs. Il ne comprenait rien, tout cela était irréaliste et illogique.

Les trois personnes qui étaient avec lui s'approchèrent.

- La chasse à commencée. Il faut que nous nous dépêchions.

Il vit l'infirmière et le voyou s'enfuir très rapidement tandis que lui, restait cloué là où il était.

Une main l'attrapa par le poignet. La femme officière lui dit en le trainant très vite.

- Restes avec moi, je vais t'aider. Surtout garde ton calme.

Peut-être acceptait-il enfin le fait qu'il ne comprenait pas la situation car il se laissa guider. Après avoir courut deux trois minutes à travers les ruines, dans cet air pesant et froid, ils se trouvèrent tout deux devant une étrange machine. Martha se tourna vers lui.

- Ecoute moi... euh...

- Aesop...

- Ok Aesop. Cette machine, c'est une machine à décoder. Il y en a plein d'autre sur ce terrain. On a besoin d'en rallumer cinq comme celle-ci pour ouvrir le portail. Si on ouvre le portail, on gagne la chasse et il ne nous aura pas cette fois-ci.

Elle commença très rapidement à frapper sur le clavier de la machine.

- Ce n'est pas compliqué, c'est juste un peu minutieux. Si tu m'aide on ira plus vite. Et surtout regarde bien autour de toi car il pourrait surgir n'importe quand.

Aesop commença à actionner un genre de levier rotatif sur le coté de la machine, en essayant de suivre les instructions de Martha. Il demanda.

- Qui ça '' il '' ?

- Le chasseur... Des fois on se retrouve face à un prédateur qu'on a déjà croisé, des fois on tombe sur quelque chose de jamais vu. Il faut y faire attention, il essaiera de nous attraper.

Il allait poser une autre question quand d'un coup, Martha lui plaqua la main sur la bouche et l'entraina dans un coin étroit. Il tenta de se dégager d'elle mais elle l'intima d'un geste rapide et nerveux de rester silencieux. C'est là qu'il le vit : d'abord une lumière rouge se répandit sur le chemin, elle balaya à gauche à droite. Puis la silhouette d'un homme trop grand pour être réel se dessina. La chose qu'il voyait devait bien faire plus de deux mètres et son visage était glaçant. D'ailleurs... Etait-ce vraiment un visage ? On aurait plutôt dit un masque. Un masque déformé et angoissant. Mais ce n'est que lorsqu'il vit la mains de la '' chose '', une main munie de griffes ressemblant à des poignards qu'il comprit au combien la situation était sérieuse, une sueur froide coula le long de son front.

La chose ne les vit pas. Elle se retourna et s'en alla en humant d'une voix élégante une petite chanson. Quand il vit que la chose était partie, il murmura d'une voix sérieuse.

- Qu'est-ce que c'était que cette chose ?

La femme soupira.

- Jack... J'ai déjà vu ce chasseur...

Elle se remit debout et se rua à nouveau sur la machine.

- Je vais finir de décoder. Surveilles les environs s'il te plait. Jack est capable de se camoufler avec un genre de brouillard, si je suis concentré sur la machine, je risque d'avoir du mal à le repérer.

Aesop déglutit. Il aurait peut-être protesté en temps normal mais, il savait qu'ils étaient tous vraiment en danger. Ce n'était pas le moment de continuer à chercher à en savoir plus. Aesop n'avait pas envie de mourir. Martha lui lança soudainement.

- Si tu as des capacités spéciales, n'hésite pas à t'en servir.

Des capacités ? De quoi parlait-elle ?

- Je sais que t'es nouveau et tout mais à partir de maintenant, tu dois accepter que tu es dans une autre réalité qui dépasse l'entendement. Ici, tu dois sûrement avoir un don dont tu dois pouvoir te servir pour qu'on s'en sorte. Tu as un objet spécial sur toi ? Quelque chose qui est important ?

Il ouvrit la bouche mais il ne dit rien. Il tourna soudainement les yeux vers la valise qu'il tenait depuis le début. Sa fameuse mallette qui contenait son matériel. Il la posa par terre et l'ouvrit. D'un seul coup, quelque chose d'inattendu arriva. Un flash lumineux se produisit et d'un seul coup un cercueil apparut, dressé et ouvert, avec à l'intérieur, un genre de marionnette. Quand Martha eu fini de décoder, elle se tourna vers Aesop.

- Qu'est-ce que ... Un cercueil ? Pas très rassurant ... A quoi ça peut bien servir ?

Aesop ne répondit rien, il était un peu dépassé par les évènements. Soudainement il aperçu une lueur rouge balayer le sol. Il se retourna très vite pour s'enfuir. Martha l'imita quasiment aussitôt, mais alors qu'ils s'engouffraient tout deux dans un genre de labyrinthe de murets en ruines, la jeune femme s'arrêta net et se cacha à toute vitesse derrières des blocs de pierre. Surprit, Aesop se figea et hésita un instant à reprendre sa course. Cela dit, le '' hunter '' l'aperçut immédiatement, la figure terrifiante de '' Jack '' s'approcha d'un pas menaçant vers lui. Il se remit aussitôt à courir, scrutant l'arrière avec angoisse. A un moment le Hunter sembla disparaitre et l'embaumer fit l'erreur de s'arrêter. C'est à ce moment que quelque chose le frappa violemment et qu'il se retrouva au sol. Sans même avoir le temps de comprendre ce qui était en train de lui arriver, il se fit soulever sans effort et emmener comme un vulgaire sac de course. Il commença à se débattre en frappant le hunter.

- Lâches moi... Bon sang...

Il hoqueta de surprise et de douleur quand il fut soudainement balancé contre une chaise et ligoté avec de solides liens. Le hunter le toisa de haut en bas et d'une voix grave il se moqua.

- Un nouveau hum... Trop facile. Ça n'est même pas drôle pour moi à ce niveau là.

Aesop tenta de se débattre, son coeur battait à toute allure. Et alors que le hunter se moquait de lui, il cria avec colère.

- C'est vraiment n'importe quoi ! J'étais juste venu chercher quelque chose, pourquoi vous vous en prenez à moi ?!

Jack le toisa avec surprise avant de rire. Le regard de l'embaumer se teinta d'un noir amer. Entre deux ricanement le hunter répondit.

- Pauvre gamin qui ne comprend pas ce qu'il lui arrive. Entre nous, je n'ai pas besoin de raisons pour m'en prendre à toi mis à part qu'un jeu est un jeu. Mais tu ne vas pas pleurer parce que tu as perdu n'est-ce pas ?

Aesop tiqua un instant à ses paroles. Un jeu ? Qu'est-ce que cela voulait dire ?

- Comment ça un jeu ?! C'est quoi cette histoire ?

Jack s'approcha silencieusement et avec une lenteur macabre, il susurra. On sentait qu'il souriait rien qu'en écoutant son timbre de voix.

- Voyons mon petit. Si tu es là c'est que tu veux quelque chose n'est-ce pas ? C'est le même motif pour tout le monde. Vous êtes tous venu ici pour avoir quelque chose. Pauvres petits êtres cupides.

Le jeune homme se calma et écarquilla les yeux. Si il était venu ici, c'est parce qu'il voulait trouver cette '' chose '' qui allait changer sa vie. Il savait que c'était réel, il le sentait au plus profond de son coeur.

- Tu crois que tu auras tout ce que tu voudras sans creuser un peu ? Il n'y a que les gagnants qui obtiennent leur récompense.

C'était donc ça ? Un jeu ? Il avait vu tant de chose irréaliste aujourd'hui... Mais alors cette chose qu'il avait rêvé. Existait-elle aussi ? L'attendait-elle réellement quelque part ici ?

Fallait-il... Gagner pour trouver ce qu'il désirait ?

Jack recula d'un pas d'un seul coup. Il observait la scène face à lui avec incompréhension : La rocket chair était en train de devenir noire, ainsi que le survivant assit dessus.

- Qu'est-ce que ? Qu'est tu en train de faire ?

Aesop regarda le hunter. Si c'était un jeu, il ne voulait pas perdre, il fallait qu'il retrouve ce qui l'avait appelé. Sa vision se brouilla doucement et la dernière chose qu'il vit fut le hunter qui se ruait sur lui... et puis soudainement, il fut éblouis par la lumière.

Il tituba doucement en observant les alentours d'un air hagard. Il aperçu la machine à décoder, la même que celle où il s'était arrêté avec Martha. Ce détail le fit hausser un sourcil. Puis il se retourna et la surprise le submergea : Il venait de sortir d'un cercueil. Celui qui avait jaillit du sol quand il avait posé sa valise. Comment c'était-il retrouvé la dedans ?

Il examina son propre corps pendant un instant, il ne souffrait d'aucune blessure et tout avait l'air normal. Il ne savait pas comment mais, il avait réussi à s'échapper.

Les mots de Jack lui revinrent en tête et son regard se para de détermination. Bien ! Il ne savait pas comment il avait pu s'échapper, mais il était libre et s'était le plus important. A présent, il fallait qu'il s'en aille.

Au même moment, une sonnerie stridente retentit et il aperçu au loin une grande porte dont le panneau brillait. C'était surement la sortie. Il se hâta dessus et examina l'interface numérique. Il semblait qu'il fallait juste taper une série de lettres à l'écran, il s'exécuta. Il fallait gagner. Si les monstres existaient, si les miracles existaient, alors ce dont il avait rêvé, cette chose qu'il voulait de toute ses forces existait elle aussi !

Il entendit des bruits de pas derrière lui, il jeta un rapide coup d'oeil et aperçut le reste des survivants qui courraient pour le rejoindre. Martha cria.

- Continus à coder ! Jack arrive !

Aesop déglutit et se concentra de nouveau, il avait presque fini. Au moment où Jack apparut dans le brouillard, la porte s'ouvrait. Il cria.

- Comment t'es tu échappé !?

Il ne se retourna pas et s'engouffra avec les autres dans la sortie, il répondit juste avec satisfaction.

- Je ne suis pas un perdant.

La porte se referma et la moitié des survivants tombèrent au sol en haletant. Emily, l'infirmière, se redressa en tremblant et observa ses compagnons.

- Vous... Vous êtes blessés ?

Les autres firent non de la tête. Quand a Aesop, il resta silencieux et repensa à ce qu'il venait d'arriver.

Un jeu... Et si il gagnait il finirait par trouver ce qu'il voulait tant. Comment faisait-on pour accéder à la récompense ? Comment fallait-il avancer ? Il regarda les autres. Savaient-ils quelque choses ? D'ailleurs, cherchaient-ils aussi quelque chose en particulier ?

- Aesop tu es blessé ?

L'embaumer la regarda. Elle tendait la main vers lui pour l'aider. Il déclina son aide et se releva seul.

- Non. Je vais bien.

Il essuya la sueur sur son front et fronça les sourcils.

- Par contre...

Il regarda les autres, tout le monde le fixait à présent.

- J'ai besoin d'explications au plus vite.