Salut ! Me revoilà avec un tout nouveau chapitre, j'avance doucement mais surement !
Résumé : Les Griffin, Blake, Reyes, Woods et Green sont amis parce que leurs parents l'étaient, ils se sont éloignés avec les années. Pour la première fois depuis que les Woods ont été les premiers à déménager, tous les jeunes ont décidés de fêter Noël ensemble dans l'immense propriété secondaire des Griffin. Bien entendu, certains d'entre eux ont énormément changé. Alors ces quelques jours vont-ils les réunir définitivement ou découdre leurs liens pour toujours ?
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Le personnages de l'univers de The 100 ne m'appartiennent pas !
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
Les amis ne s'embrassent pas sous la neige
POV Anya
Je suis face à une porte close. Je ne crois pas m'être déjà retrouvée dans cette situation avec Lexa. Rien de ce que je lui dis ne parvient à la rassurer assez pour lui donner envie de m'ouvrir. Je jette un regard noir à mes frères et tous nos amis qui attendent dans l'escalier que je parvienne à, au moins, faire réagir ma sœur. Mais rien.
Je serre un peu plus mon portable dans ma main. Je repense aux mots rassurant de Raven. Je ferme les yeux pour revivre ces quelques heures idylliques que j'ai passées avec elle. Je me suis rarement sentie aussi heureuse et apaisée qu'avec elle à mes côtés. Je me suis retrouvée en phase avec celle que je suis, ce qui ne m'est pas arrivé depuis une éternité.
Pour peut-être la centième fois en à peine quelques minutes, je frappe doucement contre la porte de la chambre dans laquelle Lexa s'est réfugiée. Je grimace en l'entendant sangloter. Je jure que si j'en avais la force, je défoncerai cette porte d'un coup d'épaule comme dans les films. Je commence à penser que le seul moyen de rejoindre ma petite sœur est de démonter cette foutue porte, pas de chance, notre seule mécanicienne est partie en mission de reconnaissance.
Je sens une main se glisser sur mon épaule. Je sursaute légèrement avant de me retourner pour faire face à Niko. Il me sourit avant de me prendre dans ses bras pour me rassurer. Rien. Je ne ressens rien du tout, aucune amélioration à mon état. C'est simplement le néant. Si j'avais besoin d'une preuve de plus, elle est là, se déroulant à cet instant précis. Je ne l'aime plus, c'est certain.
Vouloir encore prétendre le contraire serait aussi inutile que de vouloir remonter un court d'eau à contre-courant. Inutile et fatiguant. Je vais devoir lui parler et de toute urgence, mais pas maintenant. Là j'ai d'autre priorité. Je sais que je ne devrais pas faire passer ma famille avant mes propres besoins mais il s'agit de Lexa. Je ne me souviens pas l'avoir un jour vu aussi mal. Je ne sais pas ce qui l'a mis dans cet état et je ne peux pas l'aider sans cette information cruciale. Je suis angoissée à l'idée de ne pas pouvoir l'aider.
- Allez Anya, laisse-lui un peu de temps. Descends avec moi, prends une bonne camomille et retente ta chance juste après.
- Je sais que cette situation à des aires de fin du monde, mais je ne suis pas encore au stade de m'infliger de boire une foutue camomille.
- Une infusion de thym alors, sourit-il en relâchant son étreinte.
- Tu veux me tuer par empoisonnement ?
- D'accord, il vient m'embrasser sur les lèvres sans qu'encore une fois je ne ressente la moindre émotion, un café, il me caresse les joues, je te le prépare.
Il descend l'escalier et je remarque qu'il n'y a plus personne. Je l'observe un instant et ce vide qui m'entoure alors que je le détaille avec une telle insistance m'effraie légèrement. Je ne suis pas certaine de savoir quand j'ai arrêté de l'aimer. Comment ce genre de chose arrive ?
- Merde, je grince des dents.
Je n'ai pas envie de le faire souffrir, mais je ne peux pas non plus continuer à me voiler la face. Je ne veux plus ressentir cette sensation, celle de m'étouffer dans ma propre vie. Je ne peux plus le supporter. Maintenant encore moins qu'avant. Plus alors que j'ai pu avoir un vague aperçu de ce que peut être le véritable bonheur auprès d'une personne que j'aime véritablement.
C'est à se demander comment quelques heures, quelques instants qui semblent avoir été volé au temps lui-même peuvent à ce point nous changer.
Je ne sais pas si un jour Raven sera une possibilité pour moi. Pourtant, je ne peux pas continuer de me contenter d'une vie aussi insatisfaisante. Je veux être heureuse, véritablement heureuse. Je ne supporte plus de faire autant de compromis aussi bien dans ma vie professionnelle que personnelle. J'ai réglé le premier problème, il est temps de m'attaquer au seconde.
Je ne dois pas m'arrêter parce que c'est difficile ou douloureux. Je dois seulement le faire. Je vais rompre avec Nyko. Je sais que c'est horrible et que je vais lui briser le cœur. Pourtant, c'est la bonne décision. Je ne peux pas continuer à vivre avec lui et il a le droit au bonheur, d'être véritablement aimé. C'est un homme bien, peut-être le meilleur que je connaisse.
Je me retourne pour fixer de nouveau la porte. J'hésite à tenter une dernière fois de faire sortir Lexa avant de descendre. Je m'approche en me mordillant la lèvre inférieure. Je soupire. Je déteste savoir ma petite sœur dans cet état et ne rien pouvoir faire pour l'aider. Je me sens seule, inutile et impuissante.
Je roule des yeux en entendant une personne monter les escaliers deux à deux. Ils ne peuvent pas me laisser cinq minutes avant de revenir à la charge ? Je me retourne en pestant :
- C'est bon, j'arrive. Vous, je me stoppe net en découvrant que c'est Raven qui arrive. Tu es déjà revenue ?
- Comment vas-tu ?
- Je n'arrive pas à faire sortir Lexa de la chambre, je réponds tristement. Quel genre de sœur ça fait de moi ?
- Tu t'inquiètes trop. Je vais te dire exactement la même chose qu'à Clarke, laisse-lui un peu de temps et d'espace. Lexa reviendra vers toi quand elle se sentira prête à parler de ce qui l'a mis dans cet état et c'est toi qu'elle viendra voir, parce que tu es la meilleure des sœurs qui soit, elle conclut avec un sourire qui fait chavirer mon cœur.
- Okay, je souffle pour me calmer.
Raven me tend sa main que j'observe pendant un peu trop longtemps. Son regard est vissé sur moi et toute sa patience m'englobe. Je me sens tellement rassurer. Quand je trouve le courage de relever les yeux pour me plonger dans les siens, elle fait un léger signe de tête pour m'inviter à la suivre au rez-de-chaussée.
Comment elle parvient à faire ça ? Elle me touche au plus profond de mon cœur sans même prononcer un seul mot. C'est pas vrai... je suis vraiment foutue ! Je suis tellement amoureuse de Raven que s'en est presque ridicule.
- Pourquoi tu es aussi gentil avec moi, je ne peux m'empêcher de lui demander.
- Parce que tu es toi, Alma.
- C'est la deuxième fois que tu m'appelle par ce surnom. Je peux savoir ce qu'il veut dire ?
- Non, sourit Raven en glissant lentement sa main dans la mienne.
- Très bien, je soupire, je n'ai plus qu'à le Googler.
- Tu ne le feras pas, assure-t-elle non pour me provoquer mais de manière joueuse, y luego no entendiste.
- Rae, je fais semblant de m'offusquer du fait qu'elle s'acharne à parler espagnole, je t'ai déjà dit que je ne comprenais pas un traître mot quand tu t'exprimes dans ta langue natale.
- L'italien est et restera la plus grosse erreur de ta vie.
- Et tu comptes me le faire payer jusqu'à la fin de temps, je demande amusée.
- Exactement, elle rit et je sens que mes lèvres s'étirent légèrement, mission accomplie, ses yeux brillent de mille feux, tu souris de nouveau.
Je suis ébranlée par le fait de savoir que ce que cherchait Raven depuis le début était un simple sourire. Qu'elle puisse être à ce point concernée par une si petite chose, me rend fébrile alors que mes jambes se transforment subitement en coton, qu'un essaim de papillon est libéré dans mon bas ventre, mon visage surchauffe, mon cœur s'emballe et j'ai de nouveau cette envie folle de l'embrasser. J'aimerai savoir ce qu'effleurer les lèvres de Raven d'un baiser pourrait provoquer chez moi.
Mais je ne peux pas.
J'en meurs d'envie. Je suis prête à prendre le risque. Pourtant, je me retiens de le faire. Je respecte et j'aime bien trop Raven pour lui donner la place peu envieuse de l'autre femme. Je ne ferais pas d'elle une maîtresse, encore moins une aventure.
Si un jour, je dois l'avoir, elle sera tout entière à moi. Je ne supporterais pas de faire naître des insécurités en elle. Raven mérite bien plus que ce que je peux lui offrir pour le moment. Je dois rompre avec Nyko. Je le dois avant de pouvoir de nouveau m'imaginer emprisonner les lèvres de la femme que j'aime dans un baiser, tant voulu, désiré et espéré.
- Merci, je souffle dans un murmure si bas que je peine à m'entendre moi-même.
- Tu sais quel est le problème avec les Woods ?
- Je suppose que non, je réponds le cœur léger.
- Vous intériorisez tout en pensant que personne ne voit vos failles.
- Ce n'est pas...
- Pas de chance pour toi Anya Woods, me coupe-t-elle la parole, parce que je te vois, à nouveau ses mots me font vivre un véritable ascenseur émotionnel, et je ne compte pas te quitter des yeux, jusqu'à ce que je ne distingue plus les craquelures de ton cœur.
Les larmes remplissent mes yeux à une vitesse folle. Je cligne des paupières pour les retenir et tourne la tête sur le côté pour essayer de me cacher. Je crois que rien au monde n'aurait pu me faire plus plaisir que de savoir que je suis vue par la personne la plus importante à mes yeux. Je ressers encore un peu mes doigts à ceux de Raven. Et sur un coup de tête, mais aussi parce que je n'ai pas les mots, je m'avance pour embrasser sa joue peut-être un peu trop longtemps.
- Tu es tellement, parfaite, je pense ce mot mais je ne peux pas le prononcer, incroyable.
- Eres increíble, elle me sourit d'une manière qui me retourne, no te dejaré dudarlo más, elle s'avance à son tour et pendant une seconde, je crois qu'elle va m'embrasser. Mais ses lèvres finissent appuyées contre mon front, no te puedo decir todavia, elle prononce lentement en s'éloignant, pero, je la sens hésitante, creo que... te, Raven secoue la tête comme pour se reprendre avant de poursuivre avec un regard quelque peu noyée, realmente eres mi alma.
- Tu... je vais vraiment prendre des cours d'espagnole, je ris doucement.
- Je pourrai t'apprendre, son sourire en coin est absolument renversant, mais pas aujourd'hui.
- Pas aujourd'hui, je tique gentiment, et pourquoi ?
- Hay ciertas cosas que prefiero que no entiendas por el momento.
- Raven, le reproche est à peine voilé mais mon rire raisonne sans faux semblant.
- L'italien, soupire-t-elle de manière exagérée.
- Moi aussi je peux jouer à ce jeu, je m'amuse, mi piacciono le barbabietole.
- Je ne sais pas pourquoi mais d'instinct, je dirais que cette phrase a autant de sens que la réconciliation entre Batman et Superman dans l'Aube de la Justice. Je sens que tu es en train de me faire un gros fuck en mode Martha.
- Tu n'as pas totalement tort, je m'amuse, j'adore cette façon imagée qu'elle a de parler.
- Qu'est-ce que tu as dit ?
- Ah... parce que moi, je devrais me séparer de tout ce voile de mystère ?
- Si ça ne vaut pas le feulement d'un chat contre le rugissement d'un lion alors, oui. Ce voile de mystère n'a absolument aucun sens.
- D'où tout l'intérêt du mystère, je souris.
- Je suis sûre que c'est quelque chose de stupide.
- Je ne te permets pas, mes zygomatiques commencent à être légèrement douloureux.
Raven appuie son regard sur moi, semblant me disséquer pour avoir accès à mes pensées. Je me sens rougir et détourne le regard. Je me racle doucement la gorge. Je dois m'éloigner d'elle avant d'agir sans réfléchir. Je ne voudrais pas faire quelque chose que je regretterais par la suite.
Enfin... je ne suis pas certaine que regretter soit le terme approprié pourtant encore une fois par égard pour Raven, je me dois d'agir dans l'ordre. D'abord rompre avec Nyko, ensuite me déclarer en espérant ne pas me faire rejeter.
- Très bien, je souffle, j'ai dit : j'aime les betteraves.
Je suis faible...
- Pardon, s'esclaffe-t-elle, mais quand Diable as-tu réussie à placer cette phrase ? Non, elle fait de grands gestes qui provoquent un nouveau rire de ma part, mauvaise question ! Comment as-tu appris le mot : betterave ? Sérieusement, betterave, elle rit aux éclats, du chocolat, de la glace, du café, à la limite des carottes, je veux bien mais des betteraves, les larmes commencent à remplir ses yeux, des betteraves, elle se pli en deux. Pourquoi pas coloquinte pendant que tu y es, reprend-elle entre deux respirations. Non mieux, le topinambour !
- Je t'interdis de te moquer, je grogne en lui assénant un petit coup dans l'épaule.
- Tu m'interdis, elle rit de plus belle.
Ce magnifique son m'émerveille, il me transporte et m'électrise. Je ne peux plus m'empêcher de sourire. Je me mordille la lèvre inférieure pour me retenir de l'approcher plus alors que je ne l'ai jamais trouvé aussi belle qu'à cet instant. J'essaye de détourner les yeux, j'essaye vraiment mais comment je pourrai m'y résoudre alors qu'elle est aussi sublime ?
- Anya, cette voix me fait l'effet d'un électrochoc et en une seconde je reprends toute ma constante, qu'est-ce que tu fais ?
- Salut, Raven se retourne vers Nyko en lui faisant un signe de la main.
Le geste et l'intonation est joviale, pourtant je comprends sans mal que Raven ne l'est pas du tout. Le fait que son rire se soit stoppé net est un signe avant-coureur. Les éclaires qui semblent s'échapper de ses yeux en est un autre, mais le plus flagrant est la position qu'elle prend par rapport à moi. Elle s'impose entre Nykolas et moi, comme un mur infranchissable, pour me protéger.
Je crois qu'elle ne s'en rend pas compte mais Raven serre tellement ses deux poings que ses jointures en deviennent blanches. Je l'observe avec une certaine incompréhension alors que la même expression qui étire ses traits quand il ne reste plus qu'un seul donut de chez Ali's apparaît sur son visage. Elle est prête à entrer en guerre. Ce n'est pas la première fois aujourd'hui que j'ai le droit à cette attitude étrange. Tout à l'heure quand elle m'a subtilisé mon téléphone pour raccrocher alors que j'avais la sensation de perdre pied, il y avait cette même émanation qui s'échappait d'elle.
- Ton café refroidit, reprend Nyko avec une certaine hésitation.
- J'arrive, j'assure doucement.
- C'est ce que tu as déjà dit il y a déjà presque 20 minutes.
- Je suis désolée, je discutais avec Raven.
- Pourquoi tu t'excuses, reprends la brune clairement agacée.
- Rae, je souffle étonnée par sa colère.
- Il vient de tout gâcher encore une fois.
- Je viens de tout gâcher, reprend Nyko avec son visage fermé d'avocat en plein plaidoyer.
- J'ai réussi à la faire sourire et rire. Tu appelles, tu arrives et pouf, elle claque des doigts, tous mes efforts sont réduits à néant !
- C'est n'importe quoi, assène mon compagnon.
De mon côté, je suis bien obligée d'admettre que c'est terriblement vrai. Il y a pourtant un point que j'aimerai éclaircir. Pour quelle raison il semble si important pour Raven que je souris. Est-ce qu'il serait possible qu'elle ait des sentiments pour moi ?
- Je ne peux pas croire que la personne qui est censée aimer Anya puisse ruiner tous mes efforts pour lui rendre le sourire juste en apparaissant comme un foutu lapin d'un chapeau truqué. Qui es-tu pour ne pas te rendre compte qu'Anya se fissure de l'intérieur ?
Je détaille le visage de Raven avec beaucoup plus d'attention que depuis que j'ai eu l'occasion de la revoir. La détermination s'y lit sans mal. Je souris en réalisant que j'aime l'idée qu'elle puisse me défendre. Je me souviens qu'elle le faisait déjà quand elle était enfant. Je serai incapable de compter le nombre de fois où cette petite fille absolument adorable s'est mise en avant pour me soutenir. Je crois que c'est à cause – ou grâce – à ses très nombreuses interventions que je suis tombée amoureuse d'elle, malgré cette foutue différence d'âge qui à l'époque était un véritable problème. C'est pour cette raison que j'ai presque sautée de joie quand mes parents m'ont annoncés que nous allions déménager et que je n'ai plus jamais chercher à la revoir.
Je savais. Oui, je savais au fond de moi que si je posais de nouveau mes yeux sur elle, il ne faudrait pas plus d'une demi-seconde pour que mes sentiments renaissent.
C'est comme si durant tout ce temps, mon cœur s'était nécrosé alors que j'étais loin d'elle et son rire si envoûtant et magnifique l'a fait renaître de ses cendres, tel un phénix.
- Anya va très bien, élude Niko.
Un rire sans joie échappe à Raven. Elle s'avance vers lui et pendant un moment, je crois qu'elle va s'en prendre physiquement à lui. J'aurai dû savoir que ce n'est pas dans sa nature. Elle préférera toujours les mots. Elle est bien trop réfléchie pour succomber à la tentation de frapper son adversaire jusqu'à ce que mort s'en suive comme un animal.
- Tu es bien aveugle, grogne-t-elle. C'est une Woods, voit au-delà de ce qu'elle te laisse discerner.
- Mais enfin, je vois la panique naître dans les yeux de Nyko, il cherche mon soutien, je connais Anya. Je te connais, reprend-il plus doucement à mon attention.
- Tu n'aurai pas dû venir pour me convaincre que démissionner était une mauvaise décision, je souffle.
- Mais c'est une mauvaise décision, ta position dans le cabinet est plus que enviable et je ne parle même pas de ton salaire.
- J'étouffe, je réponds les larmes aux yeux, et ce n'est ni une position, ni un salaire qui va m'aider avec cette sensation d'asphyxie. Tu n'aurais pas dû venir.
- Mais... est-ce que tu as au moins pensé à ce que tu allais faire après ? Aux conséquences de la perte de ton salaire sur ta vie, notre vie.
- En effet, je n'ai pas réfléchi à ce genre de chose, je veux simplement respirer sans avoir la sensation d'être comprimée.
- C'est encore une décision que tu as pris avec ta sœur, soupire-t-il en roulant des yeux.
- Laisse Lexa en dehors de ça, ma voix se mélange parfaitement avec celle de Raven.
- Ou alors, à cause d'elle, il pointe Raven d'un indexe accusateur.
- Je ne l'avais pas revu depuis 10 ans, je m'exaspère, comment pourrait-elle être responsable.
- C'est évident, je t'influence depuis une tour télépathique depuis toute ces années, rit jaune la magnifique hispanique.
- C'est évident, je répète avec le sourire.
Nyko a un léger mouvement de recule que je ne comprends pas tout de suite. C'est en détaillant son regard avec plus d'attention que je réalise que ce qui le rend à ce point incertain, c'est mon sourire. Je réalise après coup, que je n'ai plus sourit de cette manière devant lui depuis une éternité. C'est un reproche qu'il a déjà formulé quand je me trouve avec Lexa, je suis plus... flexible, pour reprendre son expression.
Je suppose que de me voir dans cet état avec une inconnue doit être difficile pour lui.
- Je suis désolée Nyko, je ne peux pas m'en empêcher, je suis obligée de m'excuser, je ne veux pas lui faire de mal, vraiment mais j'ai besoin de changement.
- C'est complètement insensé.
- Tu m'étonnes, soupire Rae, parce qu'en plus de ne pas la voir, tu ne l'écoutes pas.
- Tu pourrais nous laisser discuter seul à seul, s'agace Nyko.
- Pour que tu la fasses pleurer, hors de question !
- Et tu ne dis rien ?
- C'est Raven Reyes, je hoche les épaules, elle ne fait que ce que Raven Reyes a décidé de faire. J'ai déjà essayé de la raisonner une fois, quand elle avait 8 ans, je le regrette encore. Ne compte pas sur moi pour réitérer l'expérience.
- Je me souviens de ce jour, s'amuse Rae, tu voulais m'obliger à aller voir le match de basket de Lexa alors que tu allais voir le crime était presque parfait.
- Ce n'était pas un film pour enfant, ça ne l'est toujours pas, je souligne. Je n'arrive pas à croire que tu m'ais convaincu de te laisser venir avec moi. Je crois que cette expérience m'a traumatisée.
- Tu as réussie à aller voir, un citoyen au-dessus de tout soupçon, sans moi.
- Et heureusement !
- Mais la musique est de Morricone, c'est du pur génie !
- Ce n'est pas une raison pour aller voir tous les films dans lesquels il a participé à 8 ans.
- Je ne vois pas pourquoi, je suis sûre que tu es passée par la projo' pour aller voir un citoyen au-dessus de tout soupçon, tu étais toi aussi beaucoup trop jeune pour le voir.
- Tu boudes parce que je ne t'ai jamais dit comment passer à côté des contrôles.
- C'était une vraie trahison ! Après ton départ, j'ai dû attendre d'avoir l'âge pour aller voir tous les films intéressants ! J'ai dû attendre d'avoir 16 ans pour voir Psychose, Rosemary's baby, Les yeux sans visage, Le silence des agneaux, Pulp fiction, Sueur froide, ...
- Je crois que j'ai compris l'idée, je la coupe en riant.
- Anya n'a jamais vu ces films, reprend Nyko sans grande conviction.
- Si tu me laissais t'emmener au cinéma de temps en temps, tu saurais que je suis complètement accro au septième art, le reproche est à peine voilé. J'ai partagé plus de moment autour de ma passion avec quelque que je n'ai pas vu depuis 10 ans qu'avec toi.
- C'est n'importe quoi, tu n'en parles jamais.
- Parce que je sais que le sujet ne t'intéresse pas. La seule chose que nous avons en commun, c'est notre boulot et cette soif de justice pour ceux que nous défendons.
- Est-ce que, je vois le choc se peindre sur son visage, est-ce que tu essayes de rompre avec moi ?
- Je crois que j'ai besoin de tout reprendre à zéro.
- Mais... nous sommes bien ensemble, je t'aime.
- Je sais et c'est pour cette raison que je dois te quitter maintenant, je ne peux m'empêcher de jeter un coup d'œil à Raven qui est tout aussi étonnée que Nyko, je ne veux pas te faire souffrir. Tu es quelqu'un de bien mais soyons honnête, notre relation ne mène à rien. Je ne m'entends pas du tout avec ta famille, ce milieu aristocratique dans lequel tu évolues me mets mal à l'aise et tu te sens comme un ours polaire en pleine forêt amazonienne quand nous sommes avec mes parents, mes frères ou ma sœur. Tu n'as pas réfléchi plus d'une seconde avant de dire que je devrais passer ces quinze jours dans le Maine sans toi et je n'ai pas essayé de te faire changer d'avis.
- Okay, Rae laisse traîner ce mot sur la longueur, c'est le moment pour moi de tirer ma révérence. Je te dirais bien de ne pas la faire pleurer mais Anya vient de te planter un couteau en plein cœur alors pour cette fois, je fermerai les yeux. Anya, elle se tourne vers moi, en souriant discrètement, elle ferme son poing et ne prononce plus un mot, usant de ce geste pour m'encourager.
Je la regarde s'éloigner avec un infime regret. J'aurai tellement voulu qu'elle reste, puiser dans cette confiance qui semble m'envahir quand elle est près de moi. Je fronce les sourcils quand je ne la vois pas aller vers le salon une fois qu'elle est en bas des escaliers. Je ressens son hésitation, c'est comme si elle s'apprêtait à briser une promesse qu'elle s'était faite. J'hésite, je suis prête à la rejoindre mais elle se dirige d'un pas décidé vers la porte d'entrée qu'elle claque. Je n'ai pas à attendre longtemps avant d'entendre le moteur de sa voiture démarrer, les pneus crisser et puis plus rien.
Je n'arrive pas à croire qu'elle soit partie sous les chapeaux de roues de cette manière avec ce temps. J'espère qu'elle sera prudente. Je ne supporterais pas qu'il lui arrive malheur.
- Anya, tu n'étais pas sérieuse... n'est-ce pas ?
Mon dieu... je sens que cette discussion va être plus que difficile. Je ne vais pas me défiler. J'en ai trop dit. Le tout, c'est de savoir par où commencer et de trouver les bons mots pour éviter de trop le blesser.
Voilà, un nouveau POV qui se termine ! J'espère que ça valait le coup d'attendre, que ce nouveau chapitre vous a inspirer et qu'il vous a plus ! Heureux de retrouver cette histoire ? Anya et les autres ?
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre ! La publication restera assez incertaine mais une chose est sûre, il y aura une fin, comme toujours! :)
GeekGirlG.
