Aesop fut réveillé par une voix douce.

- Réveilles-toi...Ah bon sang.

Une main lui secoua doucement l'épaule.

- Debout. Le soleil est déjà levé.

Aesop s'étira dans le fauteuil, frottant ses yeux éblouis avant d'apercevoir l'image angélique de Joseph éclairé par les rayons traversant les fenêtres. Il resta muet quelque secondes devant ce spectacle et il sourit.

- Bonjour Joseph.

Le Hunter recula en grimaçant.

- Ne me salut pas en faisant ces yeux de chiot. Aaaah tu n'es pas possible...

Il replaça ses cheveux derrière son oreille.

- Pourquoi n'es tu pas monté de couché idiot ? Tu vas avoir des courbatures.

Aesop se leva doucement en étirant ses bras, sans couper le contact visuel avec lui.

- Et bien tu... Tu n'es pas monté non plus...

Joseph hoqueta de stupeur et il grogna.

- Et parce que je ne suis pas monté, tu n'es pas allé te couché !? Ne me dis pas que tu t'es endormis ici volontairement pour rester avec moi ? Dois-je t'expliquer à quel point cela me met mal à l'aise ?

Aesop sourit et il déclara.

- Désolé !

Le Hunter tira une tête de trois pied de long. Il inspira et déclara.

- Je n'ai même plus les mots pour te sermonner. Je pensais pourtant avoir été clair. Tu es si agaçant...

Il releva la tête, plongeant son regard bleu dans celui d'Aesop.

- J'ai préparé un petit déjeuner. Tu devrais venir avant que le lait ne refroidisse.

Le survivant se leva, attendrie par la douce attention. Quand il vit que Joseph avait richement installé la table et déposé diverses pâtisseries, il fut surprit. Il avait même cueillit des coquelicots qu'il avait placé dans un vase.

- Tu... Tu n'aurais pas du faire tout ça tu sais.

Le Hunter se tourna vers lui, il ne semblait pas en colère, il avait plutôt l'air... Anxieux.

- Quoi ? Ça ne te plait pas ?

Les yeux d'Aesop se firent ronds comme des soucoupes, il s'empressa de nier.

- N...Non non non ! Ce n'est pas ça ! C'est extrêmement gentil. C'est... Trop gentil en fait. Tu n'avais pas a en faire autant.

L'anxiété du Hunter fut remplacé par de l'embarras.

- J'en ai trop fait ? Oh mince. Je dois avoir l'air complètement maniaque. Je ne voulais pas te mettre dans l'embarras.

Il secoua légèrement la tête.

- J'ai si peu l'habitude de partager le manoir avec quelqu'un donc... Je pense que c'est ce qui me pousse à en faire trop. J'espère que je ne perd pas mes bonnes manières avec le temps. Dit-il en se rongeant les ongles.

Cette attitude fit rire Aesop. Joseph devint rouge et il cria.

- Ne te moques pas de moi ! Mais quel toupet !

- Je ne me moque pas de toi. Je trouve juste drôle ta façon de t'inquiéter pour des manières. Je ne suis pas un roi de toute façon tu sais.

Le Hunter se pinça les lèvres.

- Il n'est pas question de ça ! Que tu sois noble ou roturier, jamais je n'irais manquer de respect à qui que ce soit. C'est bon pour les tyrans de changer de comportement selon la personne devant eux.

L'embaumeur le regarda sans dire un mot. C'était une façon de penser très galante, se dit-il avec admiration. Il prit une chaise et ajouta alors.

- Tu as parfaitement raison. Je n'aurais pas du rire alors. Excuses-moi.

Face aux excuses, Joseph sembla s'adoucir, il n'ajouta plus rien et il regarda ailleurs tout en s'asseyant lui aussi devant leur petit déjeuner. Alors qu'il se servait du café, Aesop demanda.

- Tu n'as pas l'habitude d'avoir de la compagnie ?

- Pardon ? Demanda son bien-aimé.

- Hé bien... Il coupa un morceau de pain et ajouta. Tu as dis que tu n'avais pas l'habitude de partager le manoir alors... J'en déduisais que tu passe souvent du temps seul.

- Oh.

Joseph regarda sur le coté avec un air un peu embêté.

- C'est que...

Il posa ses mains jointes sur la table.

- En tant que chasseur, je me retrouve seul en fin de chaque chasse et le manoir et quasiment toujours vide là où je me trouve.

Il prit sa tasse de thé et la porta doucement à ses lèvres.

- C'est déjà arrivé que je croise d'autres chasseurs. Mais c'est lorsque que '' le jeu '' décidait de se dérouler avec des règles un peu différentes. C'est quelque chose de rare néanmoins.

- Je vois. Mais et les autres chasseurs et toi... Il vous est déjà donc arrivé de cohabiter ?

- Hum oui...

Il fronça les sourcils.

- Mais peu d'entre eux sont le genre de personne que je fréquente. Evidemment il y a deux trois exceptions mais... Qu'importe. J'ai toujours eu le sentiment que le jeu était fait en sorte pour qu'on ne reste pas ensemble trop longtemps.

- Comment ça ? Demanda le survivant avec perplexité.

Joseph posa sa tasse et commença son discours.

- Hé bien... Les chasses commencent toujours après quatre jours. Vous les survivants vous vous retrouvez toujours ensemble, comme si le jeu voulait que vous vous mettiez d'accord durant ce temps sur un mode de coopération. Quand à moi personnellement, j'ai toujours finit par me retrouver seul dans le manoir.

Il ajouta avec un ton bas et morose.

- Seul à ruminer dans l'isolement. Je me demande sincèrement si tout cela est fait exprès.

L'embaumeur sembla confus.

- Mais pourquoi ? Quel est le but de faire ça d'ailleurs ?

Joseph répondit d'une façon lasse et dépité.

- Je ne sais pas.

L'embaumeur décela un genre de tristesse dans sa déclaration. Comme si c'était quelque chose qui le touchait mais qu'il n'osait pas avouer. Une question brûla les lèvres du survivant.

- Quel est le but des Hunter d'ailleurs? Vous avez vous aussi quelque chose à gagner dans ce jeu ?

À cette question, Joseph se figea. Il semblait très... Embêté. Voir sombre. Il se mordit la lèvre. Il formula une réponse brève d'une voix éteinte.

- C'est ce que certains croient.

Aesop resta muet et perplexe. Joseph secoua la tête, reprenant une expression grave.

- Il ne faut pas croire les promesses que ce jeu te fais, c'est juste un piège.

Quelque chose de douloureux résonna dans sa voix.

- Tu ne peux pas savoir comment, tu ne peux pas savoir quand... Mais ce qui se tapis dans l'ombre sait déjà qu'il te fera souffrir. C'est pour ça qu'il vaut mieux partir...

Le survivant resta silencieux. L'amertume lui monta dans la gorge. Avec ce qu'il venait d'apprendre, il avait la certitude que Joseph avait expérimenté quelque chose ici qui l'avait sûrement profondément blessé. Et le fait qu'il lui intimait de partir lui suggérait que peut-être il voulait lui éviter de traverser des expériences douloureuses. Mais l'embaumeur ne pouvait pas s'y résoudre...

- Pourquoi faudrait-il absolument que je m'en aille ? S'osa t-il a demander.

Le chasseur posa bruyamment sa tasse, avec agacement il répondit.

- As-tu compris un moindre mot de ce que je t'ai dis ? Il n'y a pas de récompense, seulement des pièges ! Vas tu réellement t'entêter à rester ici alors que tu met ta vie en danger et que tu n'auras rien ?

Aesop se redressa sur la table.

- Ce n'est pas vrai. Je t'ai trouvé.

- Je ne suis pas une récompense ! Répéta t-il d'une voix forte. Je t'ai déjà dis que tes sentiments ne sont rien pour moi.

- Ce... Ce n'est pas grave.

Joseph resta muet d'étonnement.

- Quoi ?

Aesop eut l'air triste mais il déclara avec honnêteté.

- Ce n'est pas grave si tu ne m'aime pas. Je veux juste rester. Je te promet que je ne te gênerais pas.

La lèvre inférieure de Joseph trembla. Il n'en revenait pas. Ce satané survivant...

- Et si je ne veux pas de toi ? Et si en ce moment même tu étais en train de me gêner ?

Aesop ne répondit rien. Ses sourcils se muèrent en une expression bouleversée.

- Je... Je me ferais discret. Je me ferais même oublier... Je t'en pris...

Joseph sentit un malaise profonds l'envahir. Était-il si désespéré de rester prés de lui, au point de se dévaloriser de la sorte ? Mais pourquoi ? Pourquoi faisait-il ces yeux là ? Joseph ne voulait pas porter ce genre de fardeau :

Il ne voulait pas être une récompense piégée. Il ne voulait pas porter le fardeau de la perte de cette personne. Même si il ne le connaissait pas, il avait les mains assez sales déjà.

- Je ne veux pas de toi dans mes pattes.

Il en avait assez. Il avait l'impression qu'il pouvait dire n'importe quoi, ce survivant s'entêterait à vouloir s'accrocher à lui. Pourquoi cela arrivait-il ? N'avait-il pas été assez punit par le jeu ? Fallait-il qu'il s'en reprenne une couche ? S'en était trop. Alors, sirotant sa dernière gorgé de thé, il finit avec froideur.

- De toute façon, la prochaine chasse finira par arriver et je ne compte pas t'épargner.

L'embaumeur rentra sa tête dans ses épaules. Un sentiment de culpabilité pesa sur les épaules du chasseur, alors faisant de son mieux pour garder une façade glaciale, il repoussa sa chaise et il parti sans un mot.

- Je ne suis pas ton bien-aimé. Je suis un monstre qui chasse des survivants, et tu n'es pas une exception.

La porte de la salle à manger claqua. Aesop se retrouva seul. Seul avec d'abominables sentiments. Joseph allait-il vraiment l'obligé à partir ? Il s'assit à nouveau sans rien avaler de plus. L'appétit était coupé.

Des larmes silencieuses tombèrent sur ses poings fermés. Il ne voulait pas partir. Il ne voulait pas !

Il repensa à sa vie auparavant. A cet être que tout le monde trouvait étrange, lui-même à présent, en repensant à ce qu'il avait été, se trouvait perturbant. Cet homme qui ne ressentait rien. Qui se levait le matin sans envie, sans désir, sans rien dans la poitrine. Cette personne qui agissait comme un robot. Qui se taisait par lassitude extrême de devoir répondre, interagir avec des gens qui ne lui procurait pas la moindre chaleur. Cet être cassé qui n'arrivait pas à éprouver le bonheur, ni même la tristesse, et qui n'avait aucun but si ce n'était être réglé sur mode automatique. Cet être qu'Aesop méprisait à présent pour être si anormal et si incomplet.

Avoir cherché ce manoir, avoir suivit l'aventure et avoir trouvé Joseph avait été les jours les plus heureux de sa vie alors que toute autre personne aurait eut l'impression de sombrer dans un cauchemar. Il ne pouvait pas retourner dans le monde sans valeur où son amour ne vivait pas. Quel sens cela avait-il de faire une chose pareille ?

Il ne voulait pas retourner vivre dans ce monde là, pas sans Joseph...

Le simple fait de finir cette aventure et de se retrouver à nouveau dans son monde sans avoir rien gagné, comme si il c'était juste réveillé trop vite d'un rêve trop beau, lui faisait horreur. Il refusait cette hypothèse. Il ne pouvait pas juste accepté et abandonner de s'accrocher à lui. Il ferait n'importe quoi. Même ramper comme un ver à ses pieds parce que si il devait partir alors...

Mieux valait encore mourir que de perdre l'unique but qu'il avait trouvé à sa vie...

Il parti de la cuisine, déambulant dans le manoir peut-être dans le but de retrouver Joseph. Cela dit, le Hunter semblait s'être enfermé dans un boudoir du manoir. Il retourna alors d'un pas las dans sa chambre qu'il ne quitta pas de la journée. Le désespoir qu'il ressentait actuellement était insupportable et il se sentait épuisé. Il se laissa tomber mollement sur le lit et se recroquevilla sur lui même. Il avait si froid, il se sentait seul. Il ne savait plus quoi dire ni quoi faire. Devait-il chercher Joseph et le supplier jusqu'à ce qu'il accepte ? Le chasseur allait-il le repousser encore plus ? Pourquoi ?

Est-ce que ... C'était ça sa récompense piégée ? Trouver l'amour de sa vie et savoir qu'il ne pourrait pas rester avec lui ? Mais dans ce cas... Plus rien n'avait de sens...

Il finit par s'endormir. Les paupières alourdies par la déprime. La journée avait été très courte et la nuit ne fut pas agréable. Pour la première fois de sa vie, Aesop fit un cauchemar. Il rêvait qu'il s'approchait de son but, qu'au bout d'un long chemin par lequel il était passé, il voyait l'amour de sa vie. Après avoir enduré des années d'une vie sans but, après avoir parcouru un chemin jonché d'obstacles et de secrets. Et au moment où ce qu'il souhaitait était à sa porté, il ne trouvait plus la force d'avancer. Il ne pouvait pas l'atteindre. Tout ça pour rien...

Il se réveilla avec la peur au ventre. Il fallait qu'il trouve un moyen de convaincre Joseph de le laissait rester. Il ne voulait pas mourir, il aimait tant le simple fait de respirer le même air que lui. Pourquoi n'avait-il pas le droit ? Si il restait muet et invisible, pourquoi cela aurait-il été un problème ?

Un nouveau matin s'était levé. Le survivant trouva la force de sortir de sa chambre et il descendit les escalier. Peut-être que si il lui racontait tout le chemin qu'il avait parcouru, peut-être que si il lui parlait de ce qu'il ressentait, il finirait par l'accepter...

Il se balada dans le salon, puis dans la cuisine. Il ne trouva pas la moindre trace de son ange. Cela dit, il savait qu'il s'était levé. Il avait à nouveau préparé un déjeuner pour lui, pensant sans doute qu'il finirait par pointer le bout de son nez. Il se redirigea vers le boudoir et il déglutit en s'osant à tourner la poignet. La porte était ouverte contrairement à la veille. En entrant, il vit Joseph installé sur un canapé, il crayonnait quelque chose sur un carnet. Il sursauta en le voyant entrer, cela dit il ne se fâcha pas. Il se concentra plutôt sur son carnet en disant.

- Tu n'es pas venu manger hier soir. Que t'es t-il arrivé ?

Aesop referma la porte, son cœur battait à la chamade dans sa poitrine.

- Je n'étais pas en forme.

Le chasseur sembla... légèrement morose. Comme si quelque chose le troublait.

- Est-ce que tu t'es mit dans de tel état à cause de ce que je t'ai dis ?

Il n'osa pas répondre. Son cœur battait plus fort. Joseph connaissait surement la réponse et Aesop s'en voulu, il n'avait pas envie de le faire culpabiliser. Mais... Il voulait tant rester avec lui.

Une chose assez inattendue se produisit : Joseph soupira et il commença d'une voix douce.

- Écoutes... Je vais répéter une dernière fois. Je ne pourrais pas être plus clair. Je...

Il baissa les yeux.

- Je ne dis pas ça pour dramatiser... Quand je dis que les récompenses sont des pièges. Ce qui se tapie dans l'ombre connait tes faiblesses, elle sait où appuyer pour te briser et...

Il inspira douloureusement.

- Et je te jure que ça fait mal... Alors...

Il leva les yeux vers lui.

- Si cette chose t'a amené jusqu'à moi en me présentant comme une récompense... Ça veut dire que je vais être responsable de ton désespoir. Je ne te connais pas. Je ne sais pas pourquoi il y a fallut que tu t'accroches à moi à ce point. Mais je...

Il posa son carnet et se leva.

- Je ne veux pas causer la perte de qui que ce soit. Je suis déjà assez sale comme ça.

Aesop le regarda avec peine, cela dit il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, un bruit strident retentit et fit vibrer les murs du manoir. Joseph se redressa promptement alors que la porte du boudoir s'ouvrit seule et brutalement.

- La chasse... Déjà ? C'est bien tôt je trouve.

Ils restèrent tout deux silencieux, Joseph finit par prendre l'initiative.

- Il faut y aller. Nous n'avons pas le choix.

Il se tourna vers Aesop.

- Viens. Lui demanda t-il doucement

Les deux hommes marchèrent l'un à coté de l'autre. Quelque chose était différent aujourd'hui chez Joseph. Comme si il avait laissé tombé un morceau de son masque. Il avait l'air si... Mélancolique. On aurait dit qu'il s'en voulait. Cette perspective mettait l'embaumeur mal à l'aise.

Ils se trouvèrent devant la porte principale du manoir, ouverte, dévoilant des ruines et un entrepôt au loin. Ils avancèrent dans le terrain de chasse et comme à l'accoutumée le manoir disparut.

Aesop lança un bref regard à son bien-aimé, ce dernier inspirait lourdement en faisant apparaître ses caméra d'un geste de main. Puis il resta silencieux. La nervosité monta chez l'embaumeur. Il avait bien dit qu'il n'allait pas l'épargner.

Cela dit.

Après quelques secondes Joseph déclara.

- Je vais t'accompagner et tu vas décoder les machines.

Le survivant fut très surprit. Il avait pourtant dit que... Qu'il comptait le chasser...

- Tu ne me chasses pas ?

Le Hunter soupira, puis il le regarda dans les yeux, d'une façon mélancolique.

- À quoi bon...

Il commença à marcher vers la direction d'une antenne, faisant apparaître son épée dans sa main gauche. Alors que le survivant le suivait, il ajouta.

- De toute façon je ne chasse jamais sérieusement, à quoi cela servirait-il de faire semblant de jouer au chat et à la souris avec toi ?

Aesop fronça les sourcils.

- Tu... Ne chasses pas pour de vrai ? Mais et la première fois quand tu m'as attrapé ? Et quand tu as blessé Martha ?

Joseph ferma les yeux en fronçant les sourcils.

- Je t'avais vu utiliser ton étrange pouvoir au début de la chasse. En examinant vite fait ton cercueil j'ai vite deviné qu'il te servirait à t'échapper. Et comme tu étais nouveau, je voulais que tu ais un peu peur.

Il lança un regard malicieux au survivant.

- Quand à cette demoiselle, je me suis vengé parce qu'elle m'avait tiré dessus.

L'embaumeur parut légèrement perplexe, Joseph fit un fin sourire et secoua la tête.

- Ah c'est bon ! Œil pour œil, dent pour dent. Et sache qui si je l'avais réellement frappé avec ce sabre, elle y aurait laissé un bras. Cette lame est plus tranchante qu'un rasoir et elle le restera car... Je ne frappe qu'avec le revers.

Aesop resta bouche bée tandis qu'ils arrivaient devant la première machine.

- Mais... Pourquoi tu fais tout ça ?

Joseph fixa le sol d'un air pensif.

- Parce que je veux dissuader un maximum de monde de s'approcher des ''récompenses''. En tant que Hunter je suis censé vous faire du mal, voir de vous tuer.

L'expression de son visage se teinta de tristesse.

- Mais je ne veux point cela. J'aimerais bien qu'un maximum comprennent qu'il n'y a rien de bon ici. Je... Je crois que d'une manière, j'essais de faire la dernière chose que je puisse faire de juste.

Il souffla.

- Décodes la machine s'il te plait. Je vais faire une ronde, voir un peu où se trouve les trois autres survivant.

Puis il le regarda partir d'un pas silencieux. La perplexités l'envahissant, il commença à décoder. L'esprit brouillé de pensées : Aesop voyait clair à présent dans son jeu. Il avait commencé à comprendre. Joseph n'était pas un cœur de pierre et cette situation devait sans doute être difficile pour lui. Il avait sûrement expérimenté une chose qu'il le poussait à essayer de sauver à sa façon les survivants qu'il croisait. Mais à quel prix ?

Une multitudes de révélations que son bien-aimé lui avait fait lui revinrent en tête et beaucoup de choses s'assemblèrent dans son esprit : Voilà pourquoi il l'avait épargné. Et pourquoi son comportement semblait si humain. Joseph n'était pas un monstre, il semblait comme... Piégé dans ce jeu. Il disait que le jeu semblait s'amuser à l'isoler. Était-ce fait exprès ? Était-ce la conséquence de sa '' rébellion '' contre le jeu ? Il ne tuait personne, il blessait le moins possible, il cherchait à pousser les survivants vers la sortie. Mais il n'y gagnait rien. Il était seul... Depuis longtemps.

C'était... Triste d'y penser. Personne n'allait le remercier où se rendre compte que ses intentions étaient bienveillante. Et maintenant qu'il y pensait, il se souvint de la tristesse dans son regard quand il parlait de son isolement en tant que Hunter.

Cela lui donnait encore moins envie de partir.

Il devait encore lui parler pour le convaincre de le laisser rester. Si Joseph avait décidé de ne pas le chasser, alors il avait du temps pour lui expliquer ce qu'il avait sur le cœur. Si il décodait les machines... Pouvait-il lui demander de venir avec lui ?

Il finit de décoder quand Joseph revint près de lui. Le chasseur déclara avec consternation.

- C'est très étrange... Je n'ai pas croisé les autres survivants et ... C'est bien trop silencieux.

Il regarda à gauche à droite avec méfiance.

- Je n'aime pas trop cette ambiance. Allons à la prochaine machine.

Quand ils se trouvèrent devant leur nouvel objectif, Joseph resta à coté de lui. Il surveillait les alentours. C'est le moment qu'Aesop choisit pour commencer à parler.

- ... Joseph.

Le Hunter se tourna à moitié vers lui.

- Qui a t-il ?

- Je... J'ai besoin de te parler.

Le chasseur lui coupa l'herbe sous le pied en déclarant.

- Ne te déconcentre pas et code s'il te plait.

Aesop se pinça les lèvres. Continuant à taper sur la machine. Il posa quand même sa question.

- Quand j'aurais fini de décoder, tu viendras avec moi ?

- Pardon ?

Il termina de décoder et resta immobile.

- Le portail... Tu le passera avec moi ?

Le chasseur sembla surprit par la demande, il souffla avec exaspération.

- Non Aesop ! Je te l'ai déjà dis. Je veux que tu partes !

Le survivant baissa les yeux avec tristesse. Joseph hoqueta avant de s'exclamer avec agacement.

- Ne fais pas cette tête ! Je te l'ai répété cent fois ! Je pensais avoir été clair !

Il ajouta plus doucement avec une pointe de douleur dans la voix.

- S'il te plait. Écoutes moi à la fin...

Il sembla bouleversé.

- Je fais ça pour ton bien...

Aesop sentit un mélange de culpabilité et de déni lui tordre la gorge.

- Mais je...

Joseph se redressa d'un seul coup, ses habits perdirent leur couleurs, ses yeux virèrent au noirs et s'ouvrirent brusquement. Sans crier gare il poussa Aesop sur le coté et brandit son sabre en donnant un coup sur une chose qui fonça alors sur eux.

L'embaumeur resta choqué quand à cet événement inattendu. Le photographe grogna avec rage, et avec force il repoussa son assaillant, adoptant une posture menaçante. Son visage se craquela sous l'effet de la colère tout en foudroyant du regard la personne devant lui : Il s'agissait d'un homme trapu, inquiétant, grimé en clown, l'une de ses mains était munie de griffes tranchantes et l'autre main tenait un genre de fusée. Le chasseur aux cheveux blancs cria.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que tu fais là toi ?

Le '' clown '' lâcha un ricanement sournois.

- Je te retourne la question. Cher petit photographe.

Il fit grincer ses griffes en acier.

- Je suis censé être le chasseur de cette partie, et qu'est-ce que je découvre ? Un terrain vide si ce n'est un collègue et un seul petit survivant. Le jeu nous ferait-il un petit caprice ? Nous as t-il concocté une nouvelle façon de jouer mmmh ?

Le photographe le toisa d'un regard sombre.

- Vas t-on devoir se partager le pauvre survivant sans défense ? Demanda t-il avec un soupçon de sadisme dans la voix.

- Je t'interdis ne serait-ce même que d'y penser. Il fit fouetter son sabre en crachant. Tu m'as toujours dégoûté avec tes façons de faire répugnantes !

Le clown ria à gorge déployé.

- Oh le petit prince photographe veut protéger l'ennemi ? Je suis sûr que le jeu te punira pour ça. Mais bon, avec le temps, on a tous deviné que tu devais surement aimer ça vu à quel point tu te permet de ne pas remplir ton rôle.

- Assez... Monstre grotesque. Vociféra t-il en se préparant à l'offensive.

- Huhuhu. De toute manière, je ne suis pas partageur, je vais d'abord me faire un plaisir de jouer avec toi avant d'aller dépecer pièce par pièce, ma proie.

Sur ces mots sombres, les deux chasseurs commencèrent à se battre violemment. Donnant coup d'épée et coup de griffes avec force et rapidité. Aesop regarda le spectacle bouche bée. L'énorme clown semblait avoir une force démesuré, il soulevait son espèce de fusée d'un seul bras et il tentait de balayer son bien-aimé. Joseph compensait l'écart de force par une vitesse et une agilité que le clown ne pouvait avoir avec un gabarit tel que le sien. Très rapidement, le clown se retrouva couvert de coupures alors que son cher amour se couvrait de poussière et de coups. Il se sentait impuissant et prit au dépourvu.

Il ne pouvait pas faire grand chose dans ce combat. Il n'était pas particulièrement faiblard mais, il n'avait aucune arme. Son cercueil ne servait à rien. Il ne possédait pas d'épée affûtée pour attaquer, il n'était ni immense, ni doté d'une force surhumaine. Pourtant il fallait qu'il agisse car Joseph se fatiguait et il risquait d'être blessé. Il ne pouvait pas laisser l'amour de sa vie se battre pour lui sans agir.

C'est pour cela que lorsque Joseph se retrouva projeté au sol et à la merci du clown, Aesop attrapa une pierre et la lui lança en pleine tête.

Le clown grogna de douleur et de colère. Il se tourna vers le survivant avec un regard noirâtre de haine. Il se rua vers lui, abandonnant sa précédente victime. Aesop recula maladroitement, impressionné par la masse qui lui fonçait dessus. Il se prit un coup de griffe sur le bras et il cria de surprise. Il pensa que son heure était venue quand très violemment, un palette posé contre le mur s'abattit sur le crâne du clown, le faisant tombé par terre, sonné.

La silhouette haletante de Joseph apparut derrière lui. Il sauta au dessus de la palette et tout en attrapant Aesop par la main, il courut entre les ruines en criant.

- Viens, vite.

Un soulagement s'empara d'Aesop, il avait réussit à secourir son bien-aimé. Son tendre bien-aimé qui n'avait pas hésité à se battre pour lui et qui à présent l'emmenait en le tenant par le poignet.

Il s'arrêta brusquement devant une caméra qu'il alluma promptement. Quand l'image lumineuse apparut. Il s'enfonça dedans en entraînant Aesop. Il s'éloigna un peu dans le monde de la caméra et il se tourna vers le survivant.

- Tu as mal ?! Demanda t-il avec inquiétude ?

Le survivant regarda sa blessure. Il avait de profonde entailles rougeâtre sur l'avant bras. C'était désagréable et le saignement n'était pas des moindre.

Joseph déglutit.

- Tu saignes trop. Quelle misère !

Sans hésitation, il saisit le ruban jaune qu'il avait dans les cheveux et tira d'un coup sec dessus, Aesop regarda avec fascination ses cheveux de neiges voler avec grâce et tomber en cascade sur ses épaule. Joseph enroula le tissus autour de son bras, serrant soigneusement autour de la blessure pour stopper l'hémorragie.

Le cœur du survivant s'emballa. Son bien-aimé prenait soin de lui. Il essayait de le sauver. Il faisait de son mieux.

- Joseph... Dit-il avec soucis et tendresse.

Le chasseur se releva et demanda avec empressement.

- Aesop, combien de machine a-tu décodé ?

- Oh... Deux.

- Deux ?

Il sourit, soulagé.

- C'est parfait ! Il faut qu'on trouve la trappe !

Il le reprit par le poignet et commença à chercher frénétiquement à travers les ruines.

- La trappe ? Demanda l'embaumeur.

- Oui ! En fait !

Il avala sa salive pour pouvoir dire d'une traite.

- Quand deux machine ont été décodé et quand il n'y a plus qu'un survivant en jeu, une trappe se déverrouille sur le terrain. Elle permet de s'échapper au même titre que le portail.

Il regarda très rapidement à droite à gauche.

- Smiley Face a dit que tu étais le seul survivant. Nous, nous sommes des chasseurs, nous ne comptons pas ! Donc logiquement, la trappe devrait être ouverte !

En apercevant une ouverture dans le sol au milieu de muret brisé, il s'écria avec joie.

- Grand dieu ! Elle est là ! Tu es sauvé !

Ils s'arrêtèrent tout deux devant la trappe, Joseph prit Aesop par les bras, le cœur du survivant trembla alors que son amour s'était approché de lui. Il débordait de soucis pour lui et rien que pour lui.

- Quand le monde caméra s'arrêtera, je veux que tu saute immédiatement. C'est compris ?

L'embaumeur déglutit.

- Mais... Et toi ?

Joseph resta muet et ses yeux s'arrondirent.

- Tu viendras avec moi ?

Le chasseur hoqueta et répliqua d'une voix épuisée.

- J'ai dis non ! Fais ce que je te dis par pitié. Je veux que tu t'en ailles.

- Et toi, tu vas rester ici avec ce monstre ? C'est hors de question ! Refusa Aesop.

- C'est un autre chasseur. Le jeu s'arrêtera surement quand tu sera parti ! Je t'interdis de te soucier de moi !

- Je ne peux pas m'en empêcher. Je ne veux pas.

- Tu vas partir Aesop ! Tu le dois !

- NON JE NE PARTIRAIS PAS ! Cria le survivant avec désespoir.

Joseph resta muet, son visage était tordu de crainte. Il se lamenta avec amertume.

- Mais pourquoi !? Je t'ai déjà dis que tu n'allais rien avoir ! Je ne veux pas être ta récompense ! Je ne veux pas causer ton désespoir... Je ne veux pas... Je ne veux pas.

Il tomba au sol, à genoux.

- Je ne veux pas que tu finisses comme moi...

Aesop resta figé devant l'effondrement de son bien-aimé. Le chasseur rentra sa tête dans ses épaules, le regard fixé sur le sol.

- Je ne le souhaite à personne. Je ne veux pas...

Une vague de compassion traversa Aesop. Il y avait tant de souffrance dans sa voix...

Il s'agenouilla lui-aussi, s'installant près de lui. Ses doigts glissèrent sur ses cheveux. Il avait tant envie de le prendre dans ses bras.

- Je ne te connais pas... Je ne connais aucun des survivants. Mais nous avons tous un point commun... Nous sommes des jouets, des jouets stupides dans un jeu qui s'amuse avec nous. Mais pour toi, pour les autres, il n'est pas encore trop tard. Vous pouvez encore partir sans avoir le cœur brisé.

Ses poings se serrèrent.

- Il n'y a rien de bon ici. Je te l'ai déjà dis, si je suis ta récompense alors tu vas souffrir à cause de moi. Je ne veux pas... Tu peux avoir tellement mieux. Tu peux avoir une vie normale. Tu peux aller où bon te semble... Tu as encore une chance d'obtenir un avenir idéal ! Moi je ne pourrais jamais quitter cet endroit ! C'est trop tard ! Arrêtes d'essayer de me faire croire que tu veux rester enfermer dans cette dimension cauchemardesque !

Il semblait au bord des larmes.

- Alors vas t-en je t'en pris. Ne m'oblige pas à te regarder te condamner tout seul alors que j'ai tant... Tant essayer de te faire comprendre !

Aesop resta muet. Il ne partirait pas. Il savait à présent que ses instincts avaient été correct. Joseph avait besoin de lui...La gorge serrée il répondit tout en caressant ses cheveux.

- J'ai bien comprit tout ce que tu m'as dis. Contrairement à ce que tu crois.

Il emmêla ses doigts dans une mèche soyeuse. Il était prés de lui, si prés de lui.

- Mais... Ne m'en veut pas d'être si agaçant. J'ai moi aussi des choses à te faire comprendre...

Il entre ferma les yeux en regardant le sol. Sa voix dit avec douceur.

- Le piège tu vois, de mon point de vu, serait de retourner chez moi.

Joseph releva la tête, le dévisageant de ses yeux humides.

- Je ne suis pas quelqu'un de normal Joseph. Je ne l'ai jamais été...

Il inspira.

- Me permet tu de te représenter l'être anormal que je suis. Pourquoi je suis venu ? Pourquoi je m'accroche autant ?

Devant le silence du chasseur il commença.

- Je suis né... Avec un problème. Je suis né cassé.

Il traça une croix sur sa poitrine avec son index.

- Il me manquait quelque chose ici. Enfant je... Je ne sais pas comment t'expliquer. Même moi à présent je ne comprend pas et ça me fait peur... Je ne ressentait rien du tout.

Les yeux du chasseur s'arrondirent.

- Je ne ressentais rien, ni pour mes parents, ni pour mon entourage, pas même pour moi. J'avais un problème. Mes parents ont eu beau chercher ce qui n'allait pas, j'ai été ausculté par de nombreux médecin. Mais il n'y avait rien à faire, il y avait une coupure. Un vide...

Il plissa les yeux.

- Je ne souffrais même pas. Je ne sentais rien du tout. J'ai même l'impression en y repensant aujourd'hui que tout cela était... Un rêve... Ou un cauchemar. Comme si je n'étais pas vraiment vivant. Comme si je n'étais pas ... Une vraie personne. C'est... Difficile à comprendre. Je ne saurais même pas moi même t'expliquer ce genre de sensation si ce n'est que décrire comme un vide sans fond.

Il ferma les yeux.

- Et puis un jour j'ai trouvé une lettre. La lettre qui m'a amené ici. Je n'ai même pas eu besoin de la lire pour sentir que quelque chose était en train de changer. C'était comme si je voyais en couleur pour la première fois. Je sentais que...

Il déglutit et déclara avec passion.

- J'ai sentis que quelque chose avait besoin de moi. Et que j'avais besoin de ce quelque chose. Ma vie à complètement changé, devant cette lettre, ce bout de papier ridicule j'étais... J'étais enfin vivant ! Quand je rêvais de cette chose qui m'attendais, mon cœur battais enfin !

Il le regarda dans les yeux, le visage rougit par l'émotion.

- Et quand je me suis retrouvé face à toi...

Des larmes perlèrent son regard.

- J'étais heureux... J'étais heureux à en devenir fou...

Joseph resta sans voix devant sa déclaration.

- C'est complètement dingue, je sais très bien que tu trouve ça totalement insensé ! Je le sais et je comprend ! Mais je t'aime ! Tu es la seule chose en ce monde que j'ai réussi à aimer ! Que j'aille immédiatement en enfer si mes sentiments ne sont pas de la plus profonde honnêteté !

Il prit la main de Joseph la serrant entre les siennes. Sa main... Il ne voulait jamais la lâcher. Jamais !

- Ne me demande pas de partir par pitié... Tu penses que j'aurais une vie en retournant chez moi mais c'est faux. Je n'ai rien dehors. Le monde d'où je viens à toujours été fade, morose, ma vie à toujours été insignifiante. Je ne vivrais pas là-bas. Pas si tu n'y es pas. Hier le simple fait de penser à te quitter me rendait complètement malade de désespoir.

Il supplia avec toute son âme.

- Ne me fais pas partir... Je t'en supplie... Que sera ma vie dehors ? En sachant que je pourrais plus jamais te voir ? En sachant que tu resteras seul dans ce manoir ? J'ai vu ta tristesse ! J'ai senti que même si tu ne voulais pas le montrer, tu hais être seul.

Le visage de Joseph se tordit en un grimace triste.

- Si je pars, je n'aurais rien, et j'aurais abandonné la seule chose qui donne du sens à mon existence.

Il termina d'une voix vide.

- Si je me retrouve forcé de partir... Alors...

Il regarda Joseph avec des yeux emplis de larmes, lui présentant un sourire triste.

- Je préfère encore l'alternative que m'offrait cet autre chasseur.

Les yeux du photographe s'élargirent avec horreur.

- Tu... Tu préférerais mourir ?

Aesop déclara.

- Je te le répète... Et je ne le dis pas à la légère.

Il serra une dernière fois sa main.

- Je n'ai pas de vie sans toi. Et après avoir ressentit tout cela, je ne supporterais pas de retrouver une existence dénuée de sens.

Le chasseur resta silencieux. Sans quitter le survivant du regard. Il se sentait perdu, bouleversé, inapte à réagir.

Le monde de la caméra se stoppa. Une ombre menaçante se dessina derrière Aesop. Les yeux de Joseph s'écarquillèrent.

- Je vous ai trouvé ! Ricana sombrement le clown en levant sa fusée, prêt à assommer le survivant d'un seul coup.

Tout se passa en un éclair.

Joseph repoussa Aesop d'un revers de main, il brandit son épée de l'autre. Son épée avec laquelle il prit un léger élan avant de la lancer sur l'autre Hunter, alors que ce dernier lui assénait un violent coup à la tête. Un coup qu'il avait prit à la place de l'embaumeur.

Le clown grogna en se retrouvant cloué au mur, l'épée enfoncée dans la main, tandis que Joseph s'écroula, inconscient. Du sang coula d'une blessure sur sa tête.

Aesop hurla le nom de son bien-aimé, se ruant sur lui en le soulevant entre ses bras. Il examina son visage en l'appelant avec panique. Ne recevant que du silence de la part du Hunter blessé.

Il releva les yeux et aperçut que le clown tentait de se dégager. Il ne prit pas plus de temps pour réfléchir et il souleva son cher et tendre avant de sauter dans la trappe en l'emportant. Cette dernière se referma et la chasse se termina.

Le survivant glissa dans un tunnel terreux, effrayé et tentant vainement de contrôler la vitesse à laquelle il glissait en serrant d'une façon protectrice dans ses bras, le photographe évanoui

Au bout de quelques secondes stressantes de glissade, ils tombèrent au sol. Dans une sorte de grotte dont l'entrée lumineuse se trouvait à quelques mètres.

Aesop se releva et attrapa Joseph à nouveau, il caressa son visage en l'appelant d'une voix tremblante.

- Mon amour !

Son cœur battait à tout rompre, il le serra dans ses bras encore et encore.

- Mon ange... Mon bien-aimé... Réveilles-toi...

Il lui caressa le visage, écartant ses cheveux en bataille. Il avait si peur, si peur.

Cela dit, Joseph hoqueta de douleur dans son comas. Avoir une réaction de sa part le rassura. Essoufflé mais sous le coup de l'adrénaline. Aesop le porta et se leva, marchant vers la sortie. Il fallait quitter ce maudit endroit. Il fallait qu'il soigne son ange.

La lumière du jour l'éblouis, il crut s'effondrer de soulagement en trouvant devant lui le manoir. Ils avaient... Réussit ?

Il reprit son souffle et marcha en direction de la grande porte. Soutenant son trésor dans ses bras comme si il était le plus précieux des objets.