Salut ! Me revoilà avec un tout nouveau chapitre !
Résumé : Les Griffin, Blake, Reyes, Woods et Green sont amis parce que leurs parents l'étaient, ils se sont éloignés avec les années. Pour la première fois depuis que les Woods ont été les premiers à déménager, tous les jeunes ont décidés de fêter Noël ensemble dans l'immense propriété secondaire des Griffin. Bien entendu, certains d'entre eux ont énormément changé. Alors ces quelques jours vont-ils les réunir définitivement ou découdre leurs liens pour toujours ?
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Le personnages de l'univers de The 100 ne m'appartiennent pas !
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
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Les amis ne s'embrassent pas sous la neige
POV Anya
Quand Lexa raccroche, je me sens complètement démunie et vide. Je n'ai pas su trouver les mots. Ma petite sœur souffre et j'ai été incapable de l'aider. J'ignorais même qu'elle avait des sentiments pour Clarke, elle s'est toujours bien gardée de m'en parler et je n'ai jamais rien constaté qui puisse me le faire croire. Je soupire en serrant un peu plus mon portable entre mes doigts, c'est comme depuis toujours... Lexa s'est oubliée, elle a fait passer les sentiments et le bonheur des autres avant le sien.
Je regarde de nouveau l'heure. Je sais que je n'arriverai pas à me rendormir. Je suis bien trop inquiète. Je repousse mes couvertures, sort du lit avant de déambuler dans la petite chambre que j'occupe pour tenter de me calmer. Je grogne en réalisant après quelque minute que tout ceci est bien inutile. Je saisis mon ordinateur et mes écouteurs, descend au salon pour être plus à l'aise et me lance L'Aurore de Friedrich Wilhelm Murnau. Je me plonge entièrement dans le film, ne remarquant pas immédiatement que je suis observée.
Puis subitement quelqu'un s'installe à côté de moi. Je m'apprête à protester persuader qu'il s'agit de l'un de mes frères. Puis on me retire un de mes écouteurs, rapidement je mets pause, fais volte-face, furieuse et réagit au quart de tour :
- Mais qu'est-ce que tu crois que tu... Raven ?
- C'est absolument scandaleux, elle sourit en glissant l'écouteur subtilisé dans son oreille.
- Je te demande pardon ?
- Tu n'as pas le droit de regarder le plus beau film du monde, sans moi.
- Qu'est-ce que tu fais réveillée ?
- Nos chambres sont voisine, me répond-elle sans me regarder, ses yeux rivés sur l'écran, j'ai entendu ton portable sonner, ta conversation et faire les cent pas. J'étais inquiète quand j'ai réalisé qu'il n'y avait plus de bruit.
- Raven...
- ... je suis désolée d'avoir laissé Lexa partir, me coupe-t-elle. Mais je pense sincèrement qu'il ne servait à rien d'essayer de la retenir.
- Lexa vient de me dire qu'elle avait avoué à Clarke qu'elle l'aimait. Tu le savais ?
- Je l'avais deviné et je ne sais pas si tu l'as remarqué, mais quand Clarke a exigé que je l'emmène à l'aéroport, sa joue, Raven fait un geste circulaire près de son visage, était particulièrement rouge. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais pour que ta sœur perde le contrôle, j'en connais une qui a bien foirée.
Raven appuie un peu plus sa tête contre le canapé en se laissant glisser. Je remarque qu'elle continue d'éviter mon regard. Je ne sais pas pour quelles raisons elle s'impose subitement une distance entre nous mais je refuse qu'elle continue. J'observe son profil silencieusement, j'essaye de comprendre chacune de ses mimiques ou expression.
Je pourrai remettre le film et profite de ce moment encore une fois. Je devrais me contenter de sa présence et faire comme s'il me suffisait. Raven croit me devoir des excuses alors que tout ce qu'elle mérite ce sont des remercîments. Je ne me suis jamais sentie aussi bien que depuis qu'elle est arrivée. Je suis consciente qu'elle m'a bousculé, qu'elle m'a poussé à prendre des décisions plus vite mais je lui en suis vraiment reconnaissante parce que j'avais besoin de tous ces changements.
Nykolas est partit après notre discussion. Il a fait ses bagages sans un mot. Je voyais dans son regard qu'il était blessé et peut-être même en colère. Je n'ai rien réussi à dire ou faire qui aurait pu le rassurer ou le consoler un peu puisque toutes mes pensées étaient dirigées vers Raven. J'étais terriblement inquiète, peut-être plus que pour ma sœur. Je l'avais entendu partir sur des chapeaux de roux alors qu'il neigeait encore et près de deux heures après ce départ dangereux, elle n'était toujours pas revenue.
J'ai rarement ressenti un tel soulagement que lorsqu'elle a de nouveau franchis la porte d'entrée. Clarke s'est jetée sur elle pour lui dire le fond de sa pensée. Je suis restée à l'écart malgré mon envie presque dévastatrice de m'assurer qu'elle se portait bien. C'est au cours du dîner que j'ai commencé à remarquer qu'elle évitait de me regarder. Et quand le lendemain matin elle m'a annoncé avoir confié sa voiture à Lexa, je sais que j'aurai dû être en colère contre elle mais en vérité, j'ai été terriblement reconnaissante que ma sœur puisse avoir une si bonne amie et que Raven ait pu privilégier la sécurité de Lexa a son amour pour sa voiture.
C'est pour cette raison et un tas d'autres que je préfère taire pour le moment que j'avance ma main vers la sienne. Je la saisis doucement et serre mes doigts. Je l'appelle doucement et peut-être pour la première fois depuis qu'elle est revenu après ma conversation avec Nyko, elle me regarde. Je lui souris, soulagée de retrouver toute cette complexité qui anime ses yeux quand elle les pose sur moi.
- Tu n'as rien fait de mal, je lui assure.
- J'ai quand même donné mes clefs à Lexa...
- Parce que tu as compris que rien ne pourrait la retenir.
- Si j'étais venue te chercher peut-être que...
- Raven, je la coupe, tu as fait ce qu'il fallait en tant qu'amie.
Quelque chose d'étrange semble se briser dans ses yeux et de nouveau, elle se détourne, refusant de me regarder. Je souris tristement. J'ai vraiment du mal à saisir son changement de comportement. Je ne sais pas comment l'atteindre c'est terriblement frustrant.
- Tu ne veux pas reprendre le film ? Me demande-t-elle.
- Je n'en suis pas sûre. J'aime bien discuter avec toi. Qu'est-ce qui t'arrive Rae ?
- Comment ça ?
- Tu es... bizarre depuis que tu es partie après ma dispute avec Nyko.
- Il t'a fait pleurer ?
- Il a eu des mots blessants, je choisis de ne pas lui mentir, mais je suis celle qui a mit fin à notre histoire, nous étions ensemble depuis un peu plus de cinq ans donc je crois que s'il n'avait pas eu ce genre de propos... je ne sais pas, ce ne serait pas normal, non ?
- Je déteste les disputes.
- Je sais.
- Ah oui ?
- Tu venais toujours te réfugier chez nous quand il y avait un conflit chez toi. Tu restais parfois plusieurs jours. Tu étais peut-être encore une enfant mais je doute que ce genre de mécanisme de défense s'évanouisse comme par magie. Où es-tu allée ?
- Je...
Elle ferme ses paupières avant de retourner sa main que je tiens toujours. Je sens une partie de mon cœur se briser en mille morceaux avant de sentir ses doigts glissés entre les miens. Elle se mordille la lèvre inférieure en tournant la tête vers moi. Quand elle ouvre de nouveau les yeux, je découvre quelque chose de nouveau caché au milieu de ses iris, une étincelle étrange que je ne reconnais pas.
- ... quelque chose de stupide. J'ai fait quelque chose de stupide.
- J'ai du mal à imaginer Raven Reyes faire quoi que ce soit de stupide, je souris.
- Les personnes sous ce toit, Lexa, toi, vous êtes mon accalmie mais parfois, elle passe sa main libre dans ses cheveux, mes démons me rattrapent. Tu... tu as toujours été une des seules personnes à tout arrêter, elle se tapote le front, quand je suis avec toi... toutes ses pensées et ses idées qui peuvent me ruiner la vie, elles s'arrêtent toutes. Je, elle secoue la tête de droite à gauche les larmes aux yeux, je ne veux pas te gâcher la vie.
J'entends ses mots comme une véritable déclaration. Je sais que je ne devrais pas pourtant c'est plus fort que moi. Je crois qu'il est possible que Raven m'aime mais qu'elle ne le saisisse pas, simplement parce qu'elle ne reconnaît pas les signes.
- Raven.
- Il faut que tu arrêtes de me regarder comme tu le fais Anya.
- J'ai déjà essayé, j'avoue dans un souffle.
- Essaye encore.
- Hors de question.
- Je ne suis pas ce genre de personne. Tu ne sais pas qui je suis vraiment.
- Je crois au contraire que je suis une des rares capable de te voir malgré tout ce que tu peux faire pour dresser une barrière entre toi et les autres. Je t'ai vu pleurer avant même que ce soit triste devant La Vie est Belle, rire aux éclats devant Ariane je crois plutôt bien te connaitre. Tu es vraie dans les moments et pour les personnes qui ont de l'importance à tes yeux.
Raven marmonne une réponse que je ne saisis pas. Je relâche doucement sa main en m'appuyant un peu plus dans le canapé. Je tends le bras pour attraper un plaide et je nous glisse dessous. Je sens le regard de Raven me brûler la peau. J'essaye... je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour oublier cette envie qui ne cesse de grandir au fil de minutes : celle de l'embrasser.
- Je peux remettre le film, si tu préfères.
- Rassure-moi, tu ne t'es pas disputée avec Nyko à cause de moi.
- Bien sûr que non. Pourquoi tu crois ça ?
- J'en sais rien, elle se gratte nerveusement l'arrière de l'oreille, tout le monde à l'air de penser que vous formiez le couple parfait. Personne ne comprend ce qu'il a bien pu se passer et comme vous avez commencé à vous disputer quand j'étais là et que j'étais énervée contre lui, j'ai pensé que peut-être... je ne sais pas, j'avais dit ou fait quelque chose qu'il ne fallait pas.
- Tu n'as absolument rien à voir avec ma décision de quitter Nyko, je ne l'aime plus. Après ton comportement protecteur m'a peut-être poussé à agir plus vite mais j'aurai mis fin à notre relation avec ou sans ton intervention.
- Il n'y a rien que je puisse faire pour arranger les choses ?
- Il n'y a rien à arranger, je la rassure en replaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille, rien du tout, je t'assure. C'est si j'étais restée avec lui que j'aurai été malheureuse.
- Tu en es certaine, parce que...
- Raven. Je ne l'aime plus.
- Comment peut-on arrêter d'aimer quelqu'un ?
- Je... c'est quelque chose qui t'effraie ? C'est pour cette raison que je n'ai jamais entendu Lexa dire que tu étais avec quelqu'un ?
- Non, elle semble pensive.
- Je suis toujours amoureuse de mon premier amour, je révèle. Je crois que c'est pour cette raison que mon histoire avec Nyko était vouée à l'échec.
- Ton première amour ?
- Hum...
Raven se lève brusquement. Je ne cherche pas à la retenir quand je comprends qu'elle se dirige vers la cuisine. Je souris plus que de raison lorsque j'entends la bouilloire et que je vois la magnifique hispanique revenir avec deux tasses. La tisane sent divinement bon, elle me tend le récipient chaud et reste assise sur la table basse à côté de mon ordinateur.
- C'est une histoire à la Francesca et Robert dans Sur la route de Madison, à la Rose et Jack dans Titanic, à la Emma et Dexter d'Un Jour ou Jenny et Forrest de Forrest Gump ?
- Aucun, je réponds en plissant le nez, du moins, j'espère.
- Donc tu espères encore une fin heureuse, elle sourit. A la Allie et Noah de N'oublie Jamais ?
- Pourquoi tous les films que tu cites ont une fin triste ?
- N'oublie jamais n'a pas une fin triste.
- Je crois que nous n'avons pas vu le même film.
- Okay... mais est-ce que tu as pensé à tous ce qui s'est déroulé entre le moment où ils se sont retrouvés et la fin, c'est tout ce que nous ne voyons pas qui rend cette histoire d'amour si belle.
- Tu veux savoir ce que je pense vraiment de mon premier amour ?
- Oui.
- Une fois, j'ai lu quelque chose à propos de la théorie des dominos mais à l'envers.
- Ça n'a aucun sens, elle rit.
- Bien sûr que si, au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever. C'est ce que j'ai toujours ressentie à propos de, j'hésite, la regarde, elle n'est pas prête, mon premier amour.
Toi. Absolument tout hurle ce simple mot. Toi, c'est toi que j'aime depuis toujours. Je voudrai pouvoir lui dire. Toi, avec qui je me suis un jour imaginer un avenir. C'était effrayant et déplacer pourtant c'était ma réalité. Toi, avec qui je comparais toujours Nyko. Toi, simplement toi.
- Mauvais timing, j'ajoute en écho à notre conversation sur la cassette.
- Quel genre de mauvais timing ?
- Il y a plusieurs mauvais timings, je veux savoir quelque peu amusée.
- Évidemment ! A la 5 Seconds of Summer, comment c'est déjà, elle réfléchit avant qu'un sourire si incroyable étire ses lèvres que mon cœur s'emballe complètement, Ever since the day that we met I could get you out of my head, There was always something about you, Every chance that I seem to get Finds a way to end in regret, There was always something about you, elle arrête de chanter en riant, je suis subjuguée, après je ne sais plus, elle grimace, puis il y a ce passage : But I'm always too late I'm always too late I see you but I always hesitate 'Cause I'm always too late Don't wanna be too late To have you by my side and I can't wait' Cause never is too late. Ou il y a la version de Westlife, elle n'arrête pas de sourire, attend ça y est, je l'ai : If I could turn back the time I would put you first in my life And I would risk it all for you To prove my love is true I'll build a wall around my heart That would only break a part for you Can't change the way I feel So tell me what's the deal Don't say Don't say it's too late. Phil Collin, elle poursuit, Somewhere out there lie his dreams A story with no ending And till he finds his answers He won't be going nowhere For him, it's not too late It's not too late For some it's never too late. Norah Jones, elle claque des doigts, attends, attends je l'ai ! Comment c'est déjà ? Blablabla, elle fait tourner son index en meumeumant la musique, But it's not too late, not too late for love, Raven sourit de plus en plus, il y a un tas de mauvais timing !
Anya, ne le dis pas, ne le dis pas, ne le dis pas ! Je ne sais pas comment, mais ne le dis pas ! Bordel, Raven arrête de me regarder comme tu le fais ! Ne le dis pas, ne le dis pas, ne le dis pas. Putain, Raven arrête de sourire comme tu le fais. Ne le dis pas, ne le dis pas, ne le dis pas...
- Anya ?
- Hum...
- Allez, son sourire continue de me renverser, je suis sûre que toi aussi tu as une chanson en stock, et moi, je suis sûre qu'une collision avec un bus est moins violente, je t'écoute.
- Je...
- Je ne peux pas avoir un meilleur répertoire que toi, son rire m'électrise, c'est impossible !
- C'est, je soupire, non ?
- Aller Anya, elle se rapproche, se penche vers moi, ses cheveux détachés dégringolent la rendant encore plus belle, elle saisit mes deux mains et son regard malicieux s'ancre dans le mien, je t'écoute !
Anya Woods, je t'interdis de prononcer ces prochains mots ! Oublie tout de suite les paroles de la chanson It's Never too Late de Brenda Lee, sort-les de ta tête immédiatement ! Ça suffit ! Non, non, I Love You More Than You'll Ever Know, de Donny Hathaway ce n'est pas mieux ! Et par pitié, arrête de regarder les lèvres de Raven comme si tu allais te jeter dessus ! Putain Anya, arrête de déconner, Kiss You Inside Out de Hadley, sérieusement ? I Love, You Love... John Legend, bordel de merde !
- Hum-hum, je murmure difficilement, aucune chanson ne me vient spontanément.
- Je ne te crois pas !
- Rien de rien, j'assure.
- Non, Raven plisse les yeux en se rapprochant encore, je ne te crois pas, mon cœur va exploser si elle continue, tu mens, je suis foutue, et très mal en plus.
- Raven...
- Une chanson, sa moue est la même que lorsqu'elle me demandait l'autorisation de m'accompagner chez le disquaire ou au cinéma, une seule, elle m'a eu, comme toujours, rien qu'une, s'il te plait.
- Je te jure que je suis à court d'idée, je tente le tout pour le tout.
- Anya !
- You and Me, je prononce rapidement en m'enfonçant de plus en plus dans le canapé, You and Me, je répète en espérant qu'elle s'éloigne pour que je reprenne mes esprits, je choisis You and Me.
- Je savais qu'il y avait une chanson, s'amuse-t-elle avec un sourire encore plus démesuré, il y a toujours une chanson, conclut-elle en ré-instaurant une distance normale entre nous. Cela dit... je ne crois pas la connaître.
- C'est bien dommage, je me ressaisis difficilement. C'est une très belle chanson.
- Allez, ne me laisse pas comme ça !
- Je ne chante pas, je refuse.
Un rire moqueur lui échappe. Je fronce les sourcils ne comprenant pas sa réaction. Elle croise ses jambes en tailleurs sur la table basse, appuie ses coudes sur ses genoux, se penchant de nouveau vers moi. Anya Woods, ses yeux sont en haut, en haut ! Surtout, ne dévie pas le regard !
- Te haré hablar.
- Et... tu parles de nouveau en espagnol.
- Soy tu primer amor ?
- Raven, s'il te plaît. Arrête.
- D'accord, elle baisse les yeux, Lexa m'a dit quelque chose d'étrange avant de partir. J'y ai pensé toute la journée. Et quand je dis toute la journée, c'est vraiment toute la journée. Je...
Raven s'arrête net, les yeux toujours baissés, sa main serré en poing vient frôler ses lèvres. Elle réfléchit certainement pour trouver les bons mots. Elle relève lentement la tête, ses doigts se déplie sous son geste avant de glisser sous son menton. Son regard se vide avant qu'il ne trouve de nouveau un point d'ancrage dans le mien. Je ne sais pas d'où me vient la sensation pourtant, elle est bien là et me foudroie. Je m'apprête à vivre un moment très important.
- Je ne fais pas ça pour vous embêter, parler en espagnole. C'est vraiment plus facile pour moi. Je... c'est comme si les mots avaient plus de sens dans cette langue.
Un nouveau silence s'immisce entre nous. Je m'apprête à m'excuser. Je n'avais jamais réalisé que c'était une simple question de facilité pour s'exprimer.
- Ne fait pas avec elle comme avec les autres, laisse-lui une chance, elle prononce cette phrase, si bas que je la devine plus que je ne la comprends, Lexa a ajouté que je comprendrais le moment venu. Donc, ses yeux semblent chercher quelque chose dans les miens, soy tu... pardon, je... pardon. Est-ce que, elle fronce les sourcils, est-ce que je suis ton premier amour ?
Merde...
- Anya, je sursaute presque, dit quelque chose.
- Je... je... non ?
- Tu mens vraiment très mal, elle rit, très, très mal.
- Raven, je ne...
- Eres increíble, elle me coupe la parole avant de débiter le reste à une vitesse incroyable, no te dejaré dudarlo más, no te puedo decir todavia, pero, creo que te, realmente eres mi alma.
- C'est... c'est ce que tu m'as dit l'autre fois, non ?
- Hum... et je suis prête à te le traduire.
- Je ne vois pas ce que...
- Tu es incroyable, Raven sourit, je ne te laisserai plus en douter, mon cœur manque un battement, je ne peux pas encore te le dire, elle penche la tête sur le côté, mais je pense que tu es vraiment mon âme. Voilà, c'est ce que j'ai dit. Mot pour mot.
- Est-ce que tu... tu as des sentiments pour moi ?
- Je pense que tu es la seule personne capable de me faire ressentir ce genre de choses, déjà quand j'étais qu'une gamine de 12 ans. Et je me rends compte que j'ai continué à me construire autour de toi et même à avoir des projets qui te concernaient comme le cinéma parce que... je ne sais pas... yo quería tenerte, no te olvides.
- Raven...
- ... je voulais te garder, ne pas t'oublier.
- Il faut que tu arrête de dire des choses comme ça ?
- Pourquoi ?
J'hésite. Je me plonge dans ses yeux. Je ne veux rien dire de stupide ou qui pourrait l'effrayer. Je m'avance et décide de jouer la carte de l'honnêteté :
- Parce que je meurs d'envie de t'embrasser !
- Oh, elle sourit en se mordillant la lèvre inférieure, je vois à la façon des Beatles : Don't wanna kiss you But I need to.
- Par pitié, je ris, tais-toi !
- Hum... à la Gerald Levert alors : I was made... made to love you My lips to kiss you.
- Raven!
- À la Jack Bugg, elle plisse le nez, I hope someday you'll be mine I hope someday you'll be by my side I wanna hold you and kiss you.
Je lui frappe gentiment l'épaule, en riant plus que de raison. Raven pense que je suis incroyable, mais c'est elle, elle... qui est incroyable.
- Donne-moi une chanson, elle murmure alors que son nez frôle le mien, et je t'embrasse.
- Est-ce que c'est du chantage ?
- Non, disons un échange de bon procédé.
- Je ne chante pas, je refuse.
- Dans ce cas, je sens son souffle sur mes lèvres, nous avons un problème.
- Tu as créé ce problème, je lui rappelle.
- J'en suis consciente mais tu me dois toujours une chanson.
- Je ne chante pas, je réitère.
- Dommage, soupire Raven en s'éloignant brusquement.
Je sens presque ma mâchoire en tomber. Je n'arrive pas à croire qu'elle puisse parvenir à jouer aussi facilement avec moi. Je n'aime pas du tout son regard, il est clairement provocateur. Pourtant, je parviens aussi à lire dans ses yeux que l'envie de m'embrasser la dévore tout autant que moi. Je crois que ses nombreux coups d'œil qui dévie jusqu'à mes lèvres est un indice très peu subtil.
Une chanson, elle veut une chanson. J'en connais des centaines et des centaines. Pourtant, au fond de moi, je sais qu'il n'y en a qu'une qui convient. Je reste pourtant prudente. J'ai une peur que je peux qualifier de stupide, celle qu'après avoir prononcé ces paroles, après qu'elle m'ait embrassé je sois complètement à sa merci.
Raven aura mon cœur entre ses mains et elle pourra le broyer à tout moment sans que je ne puisse rien faire pour l'en empêcher. C'est terrifiant.
Et en même temps... elle a toujours été la seule capable de me briser en mille morceaux. Il n'y a jamais eu personne d'autre qu'elle. Je suis tombée amoureuse et plus rien n'a jamais eu autant d'importance.
J'entends les escaliers craqueler. Je suis paralysée à l'idée que ce moment puisse être avorté avant même que je ne puisse obtenir ce que je désir si ardemment depuis une éternité. Raven aussi est attirée par les bruits dans le couloir, des conversations sourdes la pousse à regarder ailleurs. J'en profite pour me rapprocher, j'encadre son visage entre mes mains légèrement tremblantes. Son regard a changé, elle paraît vraiment surprise que j'ose me lancer.
- Hors de question, je souffle, je vais t'embrasser Raven Reyes.
- Comment ?
- Je n'arrive pas à le croire, je soupire.
- Dis-moi comment, elle sourit alors que son regard reprend son va et vient entre mes yeux et mes lèvres, comment Anya ?
- Tamia, je murmure alors que nos lèvres se frôlent, I think I wanna say, I'm falling in love with you I'm so feeling all of this Baby I'm praying that your... My last first kiss Baby want you be my last time kissing somebody, et je l'embrasse.
oOoOo
Voilà, un nouveau POV qui se termine ! Je sais qu'il y a parmi vous des grands fans du Ranya donc je n'ai qu'une chose a demander : satisfait ? Plus sérieusement, j'ai adoré écrire ce chapitre avec toutes les références et surtout les chansons. J'ai dû faire pas mal de recherche pour trouver LA chanson qui convienne à chaque situation (sauf pour la dernière qui était évidente) mais je me suis éclatée, j'espère que vous aussi.
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
Durant le confinement, je me suis constituée un programme d'écriture (pour m'occuper, franchement, les journée sont bien longue...) qui devrait me permettre de vous publier 1 ou 2 chapitres de "When I See You Tomorrow" par semaines. En parallèle, je continue de publier NMRP tous les vendredi et 2 ou 3 chapitres de "Les amis ne s'embrasse pas sous la neige" par semaine. Prenez soin de vous !
GeekGirlG.
